FEMMES
Femmes de fermiers. 4 Occupées au ménage. 41
Journalières......... 29 Couturières......... 8 Dentellières......... 4
Cultivatrices proprié- (Hi PE AES 9 Cabaretières ........ 3 Femmedebasse-cour. 1 Impotentes.......... 3 Total. 95
Total : 178 individus occupés.
Habitants sans profession (enfants compris) : 80.
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Sur cette statistique, nous voyons apparaître les cabareliers, le boucher, lescantonniers, l'instituteur,lefacteur. La commune de Vendes, à elle seule, possède donc 6 fonctionnaires (4 cantonniers; l'instituteur; le facteur), sept même jusqu'en 1905, si l'on considérait le desservant comme un fonctionnaire.
Une profession, celle de berger, a disparu l’année dernière. Onze ouvriers travaillent aux fours à chaux; c'est là une industrie très importante pour la commune (1).
Les bancs de calcaire s'étendent sous plus de la moitié du territoire de Vendes, à l'ouest, aussi l'emplacement a-t-il été facile à choisir. Le premier four à chaux fut établi au commencement du XIX‘siècle (2), tout près de la cantine actuelle. Les carrières s'étendaient vers le sud ; bien entendu, ce four était alimenté par du bois. Trente ou trente-cinq ans plus tard, un second four fut construit plus au centre du village, non loin de l'école communale. À ce moment, on employait pour l’alimenter des charbons venant de la mine de Littry (3).
En 1859, le four fut transporté tout près de l'endroit où l'on avait primitivement construit le premier, sur l'emplacement qu'il occupe aujourd'hui. Un second four fut créé plusieurs années après. Les charbons anglais, introduits à Caen en 1852, devinrent abondants vers 1865, et la mine de Littry ayant cessé de fonctionner en 1872, les fours à chaux furent approvisionnés par des charbons que les voitures allaient chercher à Caen. Depuis l'ou-
(1) Les autres ouvriers travaillant aux fours à chaux viennent des communes voisines.
(2) En 1812, nous trouvons sur le registre de l'état civil mention d'un Madeleine, « faiseur de chaux ».
(3) Près de Bayeux. Cette mine a cessé d'être exploitée vers 1872. Jusqu'à la fin, le charbon de Littry s’employait mélangé aux charbons anglais, plus gros et plus fumeux, on l’utilisait surtout le soir pour entretenir la combustion pendant la nuit.
verture de la ligne de Caen à Vire par Aunay, les charbons sont expédiés par wagons à la gare de Noyers, distante de 4 kilomètres, où les bannes viennent les chercher. L'industrie de la chaux eut sa période de pleine expansion vers 1860, à l'époque de la prospérité agricole de toute la région; ce qui s'explique facilement, car, bien qu'excellente pour la construction, c'est surtout pour l'amendement des terres que la chaux de Vendes était expédiée. À cette époque, la production annuelle dépassa 15.000 Lonnes; cinquante à soixante ouvriers travaillaient aux fours et aux carrières. La crise agricole d'une part, la concurrence de l'autre, car des fours importants furent créés à Monts, commune voisine, par l’ancien propriétaire des fours de Vendes, ont amené un ralentissement notable dans la fabrication. Le grand nombre des engrais chimiques, de plus en plus employés par les cultivateurs. a également été pour beaucoup dans la diminution de la Consommation et, partant, de la fabrication de la chaux. Pour les constructions, dans bien des cas, le ciment a remplacé la vulgaire chaux. Il se fabrique actuellement 2.000 tonnes environ par an. Les fours (1) et-les carrières occupent de seize à trente ouvriers. selon la saison; la moitié à peine de ces travailleurs appartient à la commune. |
Nous sommes persuadé que, dans un avenir prochain, malgré la difficulté de la main-d'œuvre, nos cultivateurs reviendront à la chaux. Déjà, bon nombre d'esprits avisés S'aperçoivent qu'elle est très utile, sinon indispensable, dans nos terrains, aussi calcaires que pauvres en carbonate de calcium, comme le prouvent les analyses de terres faites par l'Institut agronomique de Caen. Les chaux
(1) Les fours de Vendes ont été longtemps exploités par M. Pézeril. + puis par la Société des Carrières du Calvados: maintenant, le fabricant est M. G. Mai.
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de Vendes bénéficieront particulièrement de cette reprise, parce qu'elles sont plus riches en acide phosphorique que celles des communes voisines. D'après lestravaux du docteur Louïse, directeur de la Station agronomique de Caen, les chaux de Vendes contiennent en général (1): entre 13 et 18 °/ kilos d'acide phosphorique. Il est intéressant de noter que. bien avant l'aide de la chimie, les agriculteurs de toute la région reconnaissaient aux chaux de Vendes des qualités qu'ils ne rencontraient pas dans celles provenant d’autres lieux. Comme il arrive souvent, la science est venue confirmer et doser pour ainsi dire cette appréciation toute empirique.
Les carrières sont situées au nord-est des fours. La partie précédemment carriée vient d'être remise en exploitation. Elles sont éloignées d'environ 400 mètres des fours. Une voie Decauville, sur laquelle circulent des wagonnets trainés par des chevaux, les réunit. A côté de ceux-ci existe une cantine appelée vulgairement « Cassin ». Beaucoup d'ouvriers mangent à celte cantine qui à l'autorisation de débit et fournit également à boire. De cette facon, et sans que l'on puisse incriminer en rien le cantinier. la plus grande partie des salaires donnés aux ouvriers retourne à la cantine, en paiement des repas et des consommations prises, d'autant plus facilement que l'on se sert du système déplorable des jetons (2). La cantine des fours est également le bureau de tabac de la commune.
Parmi les autres industries où commerces, nous n'en voyons guère quisoient lrès particuliers à Vendes. Les cabaretiers sont également épiciers, bon prétexte pour la ménagère qui, en achetant quatre sous de sel, trouve
(1) Cela varie suivant les bancs calcaires calcinés. (2) Ce n'est pas autre chose que le « truck-système », condamné avec raison par nombre d'économistes éminents.