‹ Monographie de la Commune de VendesChapitre 37 sur 78 · AM · texte numérisé non relu

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tendance à se relever. Des baux passés en 1906 et 1907 dans les communes voisines en font foi. Il est bien probable que cette hausse ne tardera pas à se faire sentir à Vendes, les terres de cette commune figurant parmi les meilleures de la région.

Ces variations du prix des terres et de leur taux de location tiennent à diverses causes d'ordre général (1) sur lesquelles nous ne croyons pas devoir insister, nous signalerons seulement.une cause purement régionale : la culture du colza. Bien que cette culture se fit surtout dans la plaine de Caen, elle exista aussi à Vendes et suffit à modifier profondément le prix de la terre. En 1854, le colza était en pleine vogue et cela correspond aux loyers élevés des terres labourables. A cette époque, il se vendait 38 à 40 francs l'hectolitre et rapportait au Calvados près de 50 millions ; il était cultivé sur plus de

(1) Notamment : à partir de 1850 production d’or considérable faisant hausser les prix; modifications dans les débouchés, dans les frais de production; grand développement des voies de communication. (Cf. les ouvrages de MM. Cauwès,de Foville, Levasseur, Arnauné.) Actuellement il est probable sinon certain que les terres (et par le fait même le taux de location) vont augmenter de valeur, car non seulement les diverses causes que nous venons de signaler agissent toujours, mais de plus, par suite du « développement continu des rachats d’obligations par les grandes Compagnies de chemin de fer, dont les concessions expirent entre 1950 et 1960, du doublement à partir de 1908 des rachats annuels de la rente 3 °/, amortissable, puis du triplement de ces rachats à partir de 1926... etc. » (Leroy-Beaulieu: Économie Française, 10 mars 1906), il y aura réduction du taux de l'intérêt, bien entendu sauf catastrophe nationale, et alors les terres offriront aux capitaux d'excellents placements. Les demandes affluant, le prix des terres s’élévera. De plus, les pays comme les États-Unis, qui exporaient d'énormes quantités de blé, voyant chaque jour leur population s’accroître, en exporteront de moins en moins. Nous croyons qu'une ère prospère va commencer pour l’agriculture. La hausse des prix protègera tout naturellement nos cultivateurs qui peut-être deviendront libres échangistes, par la force des choses !

30.000 hectares dans le département. En 1862, le prix de cette graine diminue un peu, mais il élait encore cependant de 32 francs l'hectolitre. La concurrence des graines étrangères et surtout l'emploi de matières minérales, comme le pétrole pour l'éclairage par exemple, précipita la baisse, et en 1885, le prix tomba à 18 et 17 francs. Si l’on recule ces dates de 9 ans (durée d'un bail) l'on voit qu'il y a’corrélation avec le prix de location des terres. Ajoutons que maintenant, le colza n'est plus cultivé à Vendes et que dans tout le département cette culture ne couvre pas plus de 1.800 hectares (1).

(1) Rapport sur le mouvement agricole par J.-B. Martin, professeur départemental d'agriculture. Assises de Caumont, 1903, > vol.. p.249.

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