ANUS
pluies fines et tièdes, la végétation y est vraiment luxuriante (1).
L'air est pur et sain, il n'y a aucune maladie endémique dans la commune; on a même remarqué qu'elle était préservée de certaines maladies épidémiques, telle que la variole qui fit des ravages dans la région en 1872. Il est probable que les vapeurs qui se dégagent des fours à chaux préservent des microbes nocifs. Vendes est entouré en effet par de nombreux fours à chaux: au sud, ceux de Monts; à l’ouest, les fours de Vendes; au nord et au nord-est, ceux de Tilly et de Fontenay; les vents soufflant presque toujours de l'ouest, du sud-ouest ou du nord-ouest, les vapeurs un peu âcres des fours se font fréquemment sentir; quant aux vents d'est, ils sont par eux-mêmes secs et froids, c'est-à-dire sains.
$ 2. — Le village. — Moyens d'accès. — Principales habitations.
Les maisons sont groupées en trois hameaux principaux: le hameau d'Étregy à l’ouest, le Landet, Landel ou Londel au sud, le val Fleury au nord-ouest. Outre ces trois hameaux, existent deux agglomérations qui forment, en somme, le village proprement dit. L'une, la plus importante, s’étage le long du chemin 217, dans la partie appelée autrefois « la rue de Vendes ». Non loin de là, du côté nord-ouest, l'autre groupement, sans doute le plus ancien, est dominé par l’église, entourée de son cimetière où poussent encore quelques pommiers maintenant plus rares et l'if traditionnel, au feuillage toujours vert, qui semble, depuis des siècles, vouloir défier les générations
{1} Grâce à ce voisinage de la mer et aux arbres qui la protègent des vents du nord, les camélias et les rhododendrons y vivent en pleine terre.
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qui passent... Je ne sais quel archéologue a remarqué que presque toutes les églises normandes étaient jolies, celle de Vendes ne fait pas exception à la règle. Les proportions heureuses de la nef, l'élévation du transept, la rendent intéressante.
Le chœur est la partie la plus ancienne; il est certainement de construction romane et date, par conséquent, du XIT° siècle; d'ailleurs, ce qui reste des fenêtres latérales et les chapiteaux des piliers le prouvent suffisamment. Des retouches successives l'ont complètement modifié; c'est ainsi qu'une fenêtre a été ouverte au chevet, postérieurement à la construction primitive; elle est maintenant bouchée, l'autel avant été placé devant. mais les ogives apparaissent derrière cet autel, et, se mariant avec la voûte, pourraient induire en erreur sur l’époque de la construction du chœur.
La nef est du XIII: siècle (1); elle a été voûtée il y a une vingtaine d'années ainsi que le transept, lors des travaux de réparation de la tour. Celle-ci date du XIV: siècle: malgré son toit en bâtière, elle est assez élégante. Vers 1880, elle menaçait ruine; elle fut complètement restaurée à cette date par les soins de M. H. de Longuemare, alors maire de Vendes, et sous la direction de M. Simil, architecte diocésain. Quoique assez effacées, les colonnettes et les sculptures qui entourent la porte d'entrée méritent une mention.
Le maître-autel, placé devant la fenêtre bouchée dont nous avons parlé, est à colonnes torses. dans le style du XVII siècle; ces colonnes entourent un tableau-retable représentant la Nativité. Deux statues en pierre de la même époque, saint Màrtin et saint Charles, patrons de la paroisse, sont à droite et à gauche de l'autel. Signalons encore un vitrail datant d'une vingtaine d'années: il
(1) De Caumont: Statistique monumentale, t. I, p. 356.
reproduit la scène classique de saint Martin à cheval, donnant à un pauvre la moitié de son manteau ; au bas de ce vitrail, l'écusson accolé de la donatrice (1), et, sur la porte d'entrée, un grand tableau dû au pinceau de M. le vicomte Maximilien de Blangy; il représente une scène de la peste de Milan et l'intervention de saint Charles Borromée.
A l’est de la commune est situé le hameau de Cairon, ou plutôt la terre de Gairon. Ge nom de Cairon ou Quéron pourrait être un nom celtique dont la racine serait Ker, Caer (demeure, château). Les autres noms de hameau ou de terre portés sur le cadastre sont tirés, ou de l’aspect du sol, comme les «Haies», les «Glayes »(lesglaises),les «Fontaines », les « Carrias » (les carrières), les « Carreaux » (la pièce en carré), ou viennent des noms de familles possesseurs du sol, usage répandu dans le Bessin. Les «Galots », les « Hiaumées » (2), le'« Chuquet » sont des noms de familles normandes : la famille Galot, la famille Chuquet (ou Chouquet, ou CGhoquet) (3), la famille Hiaumet (ou Heaumet, ou Héomet) (4).
Nous pouvons citer en outre (5):
Le clos au Chevalier, qui appartenait, au XV° siècle, à
(1) A droite : d'or: au lion de sable armé et lampassé de gueules; à gauche : d'argent à deux cotices de sable accompagnées de deux coquilles de gueules.
(2) Dans des papiers de l'abbaye d'Aunay on trouve « Hausnées ». Les Hausnés ou Aulnès seraient seulement le terrain où poussent les aulnes.
(83) Choketus, au XIIe siècle.
(4) En parcourant les contrats et actes du XVIIe siècle nous relevons encore les noms de terre suivants : « le champ Bourdet, la delle du Roquier, la delle de la Fournière, les Fourmillettes, les Picrrefites, Étregy, les Marettes, les Longrayes, Morte-Fontaine, le Landais ou Landet, etc. »; les six dernières de ces dénominations existent encore actuellement.
(5) Papiers de M. le comte de Labarthe.