‹ Monographie de la dent de six ansChapitre 11 sur 22 · AU · texte numérisé non relu

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Nous pensons à une carie de cette dent de six ans, malgré le trismus très intense, accident qui ne vient généralement pas compliquer la carie des premières grosses molaires inférieures. Ce trismus nous empêche de faire un examen sérieux de la bouche; quant à l’empâtement sous-angulo-maxillaire, il ne nécessite nullement une intervention immédiate. Nous nous contentons de prescrire des lavages antiseptiques répétés de la bouche et des dents.

Le soir (à notre contre-visite), le malade se trouve déjà mieux, son trismus a légèrement diminué, sa température n’est que de 38%5. ;

Le lendemain matin, l'état général est un peu moins mauvais. Il ouvre un peu mieux la bouche. Celle-ci une fois nettoyée, nous pouvons en faire un examen minutieux. Le malade a toutes ses dents sans la moindre carie. Une seule est douloureuse, quoique un peu moins que la veille, c'est la première grosse molaire inférieure droite. D'ailleurs toute la face externe du maxillaire inférieur du côté droit est douloureuse à la pression et le malade continue à éprouver les mêmes irradiations, quoique un peu atténuées. Quant à l'induration sous-angulo-maxillaire, elle n'a ni augmenté, ni diminué.

L'examen de la bouche étant négatif au point de vue done nous inspectons l’isthme du gosier et constatons que l’amygdale droite est très rouge, très gonflée. Le malade accuse d’ailleurs une très grande gêne pour déglutir.

Voici alors comment, par l'interrogatoire, nous pouvons reconstituer son histoire : cinq jours auparavant, amygdalite aiguë droite très violente, adénite sous-maxillaire consécutive. Cette adénite est assez aiguë pour provoquer une péri-adénite, d’où l’'empâtement sous-angulo-maxillaire. En même temps l'inflammation s'étend au périoste externe du maxillaire inférieur à droite. C'est à cette périostite consécutive que sont dus les symptômes pseudodentaires de trismus avec névralgie du nerf dentaire inférieur, irradiations dans l'oreille et localisation dans la première grosse molaire inférieure droite. Nous nous expliquons cette localisation par le voisinage du point d'émergence du nerf au niveau du trou mentonnier, probablement situé dans le cas particulier un peu plus en arrière que d'ordinaire.

Quant à l’histoire ultérieure de K., nous n'avons plus à nous en

ne dre

occuper, son état général et local s'améliore très rapidement et dix jours après il quitte le service guéri (x).

PRONOSTIC. — Sans adopter d’une façon absolue les conclusions du D' Andrieu, en ce qui concerne le pronostic de la dent de six ans, nous devons cependant constater qu'en raison des anomalies de structure superficielles et profondes, la marche de la carie est rapidement envahissante.

« On pourrait presque ériger en principe, dit l’auteur » de Ja monographie, bien qu’il y ait cependant des » exceptions, qu’une dent de six ans qui se carie entre » dix et onze ans, quelque soin que l’on prenne pour la » conserver, se carie de nouveau, peu à peu, soit autour » de l’obturation déjà faite, soit en d’autres endroits, et » se trouve par cela même vouée à une destruction » certaine.

» Que si encore elle se détériorait seule, il n’y aurait » que demi-mal, mais cest qu’il n’en est pas ainsi. Se » carie-t-elle sur sa face contiguë antérieure? Comme » la carie, malgré les soins les plus méticuleux, n’en » continue pas moins ses ravages, il est presque certain » que la deuxième bicuspidée s’altèrera par voie de » contact. Se carie-t-elle sur sa face contiguë postérieure ? » C’est la deuxième grosse molaire qui se prendra à son » tour. »

(1) Cette observation est très analogue à deux autres que nous avons lues, le 17 juin 1893, à la Société de Stomatologie, mais la localisation douloureuse avait lieu sur la deuxième bicuspidée.

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