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Ce moyen, dont on doit l'initiative à

l'Amérique, est déjà employé à Rome, Naples et Florence. Le gaz dont on se sert est sans doute l'acide carbonique, comme étant très peu coûteux et d’une facile préparation. Il s’agit,

pour cela, de construire une chambre en plan-

ches, ne donnant par aucun point accès à l’air extérieur, et d'y adapter un appareil produisant de l'acide carbonique. L'animal, introduit dans cette chambre, y succombera bientôt sans souffrances au moins apparentes, sans convulsions, absolument comme les personnes qui se donnent la mort au moyen de charbon de bois allumé dans

une pièce dont on a bouché toutes les issues.

On trouve, dans le royaume de Naples, un assez grand nombre de grottes renfermant de l'acide

carbonique. La plus connue est la grotte du chien,

près de Pouzzole, célébre par les récits merveilleux auxquels elle à donné lieu. Ce qu'il y a de vrai, C’est que cette grotte ne contient ordinairement qu'une couche d'acide carbonique de quatre à six décimétres d'épaisseur ; par sa pesanteur spécifique, plus lourde que celle de l’air, ce gaz occupe toujours le fond de la grotte, de sorte qu'un homme peut y pénétrer sans danger, et qu’un chien y est bientôt asphyxié.

143. — Déjà, soit ensuite des discussions que j'ai provoquées sur ce sujet, ainsi que les nombreux délégués, français et étrangers, des sociétés

protectrices des animaux, au Congrès inlernational d'hygiène de Paris, soit de la publicité qui leur a été donnée, soit enfin des lettres que j'ai adressées à diverses municipalités françaises et étrangères, en les accompagnant d’un exemplaire de la table des matières de cet ouvrage, on a cherché à seconder nos vues dans l'examen et le choix de procédés meilleurs, plus humains, pour capter les chiens errants, les conduire en fourriére et les mettre à mort. La voie est ouverte, le succès est proche et se généralisera.

L'ensemble des moyens usités en France et à l'étranger, et que j'ai décrits en en faisant ressortir les avantages et les imconvénients, forme un faisceau de renseignements utiles, qui permettra au gouvernement, aidé du Conseil d'hygiène du département de la Seine, d'édicter des mesures générales, devant être partout appliquées, et comprenant les points principaux que J'ai résumés et commentés (120 à 142).

Je m'estimerai heureux d’avoir pu contribuer ainsi à la solution d’une aussi intéressante question, qui ne touche pas moins à l’homme qu'aux animaux.

Description de la chambre d'asphyxie pour faire périr les chiens,

construite par la Société protectrice des animaux, dans l'établissement des abattoirs publics, à Florence.

143 dis. — Cette partie de mon ouvrage était déjà imprimée, mais non encore tirée, quand m'est parvenu le Bulletin de la Société protectrice des animaux, à Florence, et dont j'ai précédemment parlé (124 bis). J'y trouve, sous la signature du docteur Bosi, une description de la chambre d'asphyxie créée à Florence; je la reproduis, traduite de l'italien, dans le but de faciliter les vues des municipalités, et elles seront nombreuses, je l'espère, qui prendraient la louable décision d’adopter ce genre de mort si humanitaire.

Suriniendance de l’abattoir public.

« Florence, 6 août 1878.

« Le système usité en cette ville dès l’année 1874, pour tuer les chiens attrapés par le service de la police municipale, est celui de l’asphyxie par le gaz acide carbonique , qui, de préférence aux autres méthodes pratiquées jusqu'à présent, a mieux réussi, tant sous le rapport économique, que (ce qui importe et intéresse le plus) sous le rapport des moindres souffrances possibles pour amener la mort.

« L'opération de l’asphyxie se fait dans une pièce, annexée à l’abattoir, qui contient, suivant les différentes tailles, douze à dix-huit chiens. De forme rectangulaire, elle est construite avec des briques et de la chaux, longue de deux mêtres soixante-dix centimêtres, haute de un mêtre cinquante, et large de un mêtre trente centimètres, avec le plan inférieur légèrement incliné, et le plancher à voûte.

« Cette chambre a une petite porte mobile avec le battant tout doublé autour de caoutchouc, qui est appliqué au châssis muré aux parapets de la partie antérieure de la cellule au moyen de boulons. Dans la partie supérieure du même châssis, il y a une petite fenêtre munie d’un double cristal.

« À l’intérieur de la cellule, à la distance de quarante centimètres environ, se trouve un petit barreau mobile, en fer, fixé à la paroi latérale qui s'ouvre en direction opposée à l'entrée de la petite chambre, qui, se repliant au besoin sur lui-mèême, sert à séparer les chiens des brasiers qui contiennent le charbon en combustion.

€ Dans la partie latérale longitudinale externe se présente, libre au visiteur, une petite fenêtre, munie, elle aussi, d’un double cristal, et fournie à l’intérieur d'une grille en fer. Comme dans les parties supérieure et postérieure de la même cellule, qui aurait en commun le mur avec le chenil, il y à une autre ouverture ou fenêtre avec serrure mobile, couverte, elle aussi, d’un double cristal,

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qui est fixée en place par des boulons, et avec le battant garni de caoutchouc pour avoir une fermeture hermétique ; et ces trois petites fenêtres servent à donner du jour à la chambre d’asphyxie, où l'on voit très bien les chiens et les brasiers.

« Dans la partie postérieure opposée à l’entrée de la cellule, figurent une ou plusieurs poulies, suivant le besoin, fixées à une certaine hauteur de la paroi à laquelle la cellule est adossée. Sur les poulies on fait courir des cordes, dont un bout introduit par l'ouverture supérieure et tournant à l'intérieur de la petite chambre, est porté hors de la petite porte d'entrée, tandis que l’autre bout, passant sur la partie supérieure externe, est lié à

‘un clou courbé, fixé dans le mur, à la portée du

gardien. |

« Au moment où il faut pratiquer l’asphyxie, le gardien enlève des petites cellules contigues les chiens avec leurs chaînes respectives, les conduit, quatre ou cinq à la fois, prés de l'entrée de la cellule d’asphyxie, attache les chaînes auxquelles ils

sont liés à l'extrémité de la corde interne garnie

de crochets, puis il tire l’autre bout de la corde externe qui, courant sur les poulies, force à entrer les chiens, même les plus rétifs, poussés aussi par une main et par les pieds du gardien.

« En supposant qu'il y ait un autre groupe de

chiens à äsphyxier, le gardien répète l'opération

en faisant tourner de la même facon la corde d’une autre poulie; puis, lorsqu'il a terminé, il ferme | 14

le barreau de fer en l’assurant au mur avec un cadenas, il monte par une petite échelle de bois à chevilles au plan supérieur de la cellule, il tire à lui la corde ou les cordes internes auxquelles les chiens sont attachés, et leur Ôte les chaînes en laissant ainsi libre la petite fenêtre qu'il referme de suite avec toute la diligence possible.

« Il place ensuite le brasier ou les brasiers préparés d'avance et déjà flambants à l'endroit désigné, c'est-à-dire entre la porte d'entrée et le petit barreau interne de fer derrière les parapets de la même porte qu on ferme après hermétiquement.

« C'est alors que commence l'opération de l'asphyxie qui se fait dans un temps plus ou moins long, suivant la quantité plus ou moins grande d'acide carbonique qui pénètre dans la cellule.

« En 15 minutes, et avec 4 ou 5 kilogrammes de charbon, les chiens sont complétement asphyxiés; mais le temps des souffrances apparentes ou réelles se réduit, du moins d’après ce que l’on observe, à trois où quatre minutes environ. »

Le Médecin-Vétérinaire surintendant aux Abaltages publics, Signé : P. Bosr.

Les souffrances dont parle l'honorable docteur Bosi doivent être peu sensibles et de courte durée. On sait que dans ce genre d’asphyxie, c’est le cerveau qui se prend le premier; la respiration est d'abord rare et courte, on perd assez promptement

la connaissance de soi-même, et l'on meurt sans convulsion, sans agonie. Ce moyen constitue certainement, avec la noyade, les genres de mort les plushumains que l’on puisse pratiquer en l'espèce.

Dans une grande ville comme Florence, il faut une chambre d’asphyxie d’une certaine dimension et un peu compliquée dans ses rouages ; mais, dans les villes de bien moindre importance quant à la population, il sera facile d’en établir de plus simples et moins coûteuses.

Honneur à cette belle cité et à la Société protectrice des animaux créée dans son sein, pour avoir apporté autant de zèle et de dévouement à la défense des droits de l'humanité, si cruellement violés jusqu'ici par des procédés barbares dignes d’un autre temps!

Si c'est à l'Amérique que nous devons l'initiative de la création des chambres d'asphyxie pour tuer les chiens errants, il est juste de rappeler ici que ce fut M"° la comtesse Baldelli, la présidente morale et l’âme de la jeune Société protectrice de Florence, qui sut faire construire, d’après le plan américain, la première chambre d’asphyxie pour le but ci-dessus mentionné, en Italie, et peut-être en Europe.

« A cette noble Dame, dont l'énergie, le cœur et la haute intelligence sont au-dessus de tout

éloge, soit donc revenu l'honneur de cette œuvre méritoire, qui ne se limite pas à Florence; car, imitant son digne exemple, nous sommes heureux de dire qu’il nous est réussi d'obtenir de la municipalité de la ville de Rome la permission d’y construire également une chambre d'asphyxie pour l’extermination des chiens errants destinés à mourir.

« Les avantages que les chambres d'asphyæie offrent, sont tels, qu'il nous semble impossible de ne pas se rendre à leur évidence.

« Ces avantages sont :

« 1° Absence complête des souffrances morales et physiques pour les pauvres victimes ;

« 2° Entière suppression des brutalités préliminaires, des fractures, des éclaboussures de cervelles ensanglantées, — d’où résulte :

3° Une plus grande propreté dars le local ;

« 4° L'état intact des peaux à utiliser ;

« 5° Économie de labeurs, conséquemment économie de gages aux exécuteurs. » Ç

Ces lignes sont extraites d'un article intitulé : Quelques paroles sur les chambres d'asphyxie, adressées à la Société protectrice des animaux à Paris, publié dans le n° 3 du Bolletino della Societa prottetrice degli animali, à Firence, déjà cité, signé du pseudonyme Elpis Melana, qui est en réalité l'honorable et estimée baronne de Schwartz, qui a mis dans cet écrit, en faveur de

cette cause si digne de notre pitié, toute l'indignation et tout le cœur que peut apporter une femme, aux nobles sentiments, à la défense des droits de l'humanité si cruellement méconnus.

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