Presque tous les auteurs qui ont écrit
. sur la matière s'accordent à dire que le lait d’une
vache enragée est aussi complétement inoffensif, surtout s'il à subi l’ébullition. Il n’est virulent ni pendant que la rage est déclarée, moins encore pendant la période d’incubation. En voici quelques exemples :
« Dans les premiers jours de novembre 1873, dit M. Cézard, déjà cité, J'ai été appelé à Avocourt pour donner des soins à une vache malade depuis deux jours ; j'ai constaté qu’elle était affectée de la rage. Le premier jour de la maladie, son lait avait encore servi à faire le déjeuner de deux enfants et de leur mère ; pour rassurer celle-ci qui était affreusement inquiète, J'ai bu en sa présence un peu de lait bouilli qu'elle avait extrait ellemême de l'animal, le troisième jour de la maladie, vingt-quatre heures avant la mort. »
« Le professeur Gellé, de l'école vétérinaire de Toulouse, envoyé en mission dans la commune de Gagnac par le préfet de la Haute-Garonne, pour constater un cas de rage, a rapporté que plusieurs personnes ayant bu chaque jour du lait d'une
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vache enragée, depuis le début de sa maladie méconnue jusqu’à sa mort, n’en éprouvèrent aucun accident, malgré la frayeur extrême dont quelquesunes d’entre elles furent saisies lorsqu'elles connurent la nature de la maladie à laquelle avait succombée la vache dont elles avaient bu le lait. » (H. Bouley, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, 1875, 3 série, t. IL.)
Des expériences directes faites en Allemagne par Baumgarten et Valantin, et en France par Renault et autres vétérinaires distingués, ne laissent aucun doute sur la complète inocuité du lait provenant de femelles atteintes de la rage.
74 bis. — Renault à constaté que la rage ne s'était pas développée chez de jeunes chiens qui avaient tété leur mére avant et après la manifestation de la rage. Ces chiens ont été conservés en observation pendant plus d'une année.
« On doit donc, dit M. Bouley, tenir pour suspects, au point de vue de leur signification réelle, les cas peu nombreux que l'on a rapportés de la transmission de la rage par des chiennes nourrices aux petits qu'elles allaitaient. »
J'ajouterai que la preuve de l’inocuité du lait de nourrices soit avant, soit après la déclaration de la rage, a bien moins pour but d'engager à boire
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