‹ Monographie de la rageChapitre 58 sur 120 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Moyens préventifs

DESTINÉS A EMPÊCHER LE DÉVELOPPEMENT DE LA MALADIE ° EMOUSSEMENT DES DENTS.

15. — Le meilleur moyen et en même temps le plus sûr de prévenir la rage, serait certainement celui qui rendrait toute morsure de chiens inoffensive. La chose est-elle possible ?

M. Bourrel, vétérinaire, s’est demandé si, en donnant artificiellement aux dents du chien une forme qui se rapprochât de celle des dents des herbivores, on ne réaliserait pas ainsi la condition de rendre moins dangereuses, même inoffensives, les morsures faites par cet animal, quoique la salive fût virulente. Il ne s’est pas contenté de formuler le problème; il a fait, pour le résoudre, des expériences très courageuses, qui prouvent Combien est sincère la foi qui l'anime.

Sur trois chiens en plein accès de rage, M. Bourrel. a osé pratiquer l'opération de l’émousse-

ment des dents, opération redoutable dans ses préliminaires et dans ses différents temps, au point de vue des inoculations que l’on encourt. Cela fait, six chiens d'expériences ont été livrés à ces enragés, qui se sont jetés sur eux et les ont mordus avec fureur, mais sans que, sur aucun, la peau ait été entamée. Ces chiens mordus furent surveillés pendant six mois, la rage ne se déclara sur aucun d'eux.

Ce n’est pas tout. M. Bourrel, convaincu que la dent émoussée du chien ne saurait pénétrer à travers un vêtement, poussa sa conviction dans l'efficacité du moyen jusqu’à livrer sa main revêtue d'un gant à l’un des chiens enragés dont il vient d'être parlé.

IL y à plus de 20 ans, maintenant, que M. Bour-

rel a commencé à préconiser son procédé pré-

ventif; et, depuis lors, il n’a pas discontinué ses

eflorts pour en généraliser le plus possible l’application. Ce moyen est bon, il procède d’une idée juste, et les expériences faites témoignent de son efficacité. Mais il ne faut pas s'étonner si, dans l'application, cette mesure rencontre de grandes résistances, dont la principale est sans doute celle qui s'appuie sur le sentiment affectueux des possesseurs de chiens pour leurs animaux.

C’est l'opinion qui à prévalu au Congrès internalional d'hygiène de Paris, où la question de

la rage à été longuement traitée et discutée dans la

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