‹ Monographie de la rageChapitre 59 sur 120 · AUS · texte numérisé non relu

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3e section. Il y a été fait, en outre, d'autres objections dont il faut tenir compte : Comment et par qui se fera la vérification et l’émoussement des dents? Les dents émoussées ne reprendront-elles pas, après quelques années, leur état primitif ?

Quoi qu'il en soit, 1l faut louer M. Bourrel de son courage et de son dévouement ; c’est ainsi qu'on arrive à enrichir la science de faits nouveaux et uüles.

Notre regretté compatriote, le docteur Caffe, partageait l'opinion de M. Bourrel. « La section partielle. des dents canines et des incisives du chien, réduirait ainsi cet animal à des molaires qui ne pourraient plus causer que des meurtrissures sans déchirure de la peau. J'ai déjà vu pratiquer cette opération qui demande moins de quelques minutes en se servant d’un sécateur approprié ; les dents, ainsi raccourcies, continuent à rendre à l'animal à peu près les mêmes services. » (Journal des Connaissances médicales, 30 juin 1868.)

C'est aux gouvernements des pays sujets à la rage à s'emparer de cette importante question, et à voir s1 l’émoussement des dents de tout chien, dans son bas âge, ne pourrait pas devenir l’objet d'une mesure obligatoire.

76. — En attendant, examinons les autres moyens préventifs que la terreur inspirée par cette affreuse maladie a suggérés et peut encore suggérer.

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Cette question est sans contredit celle qui offre l'intérêt pratique le plus considérable, et sur laquelle il est le plus utile que l’opinion soit éclairée et fixée.

Quelle est l'efficacité relative des moyens destinés à empécher le développement de la maladie chez les personnes mordues par des animaux enragés ?

La commission d'enquête a fait ressortir toutes les difficultés qui s'opposent malheureusement à ce qu'on puisse acquérir sur ce point une certitude complète, et faire exactement la part des causes diverses qui peuvent influer sur les conséquences des morsures virulentes et en neutraliser les effets. Dans le cas où un individu mordu par un chien enragé a été soumis à l'emploi de quelques moyens préventifs, et n’est pas devenu lui-même malade de la rage, il peut toujours rester un doute sur la réalité de la contagion. La preuve de l’efficacité des moyens préservateurs résultera donc moins de ces faits négatifs que des cas où, soit la négligence, soit le retard qu'on aura mis à les employer, auront été suivis du développement de la rage et de la mort des victimes de l'inoculation rabique.

117. — La rage ne se manifeste pas constamment chez toutes les personnes mordues par un chien enragé. Le virus s'éteint et s'annihile quelquefois totalement ; il en est de même pour d’au-

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tres virus. Certains individus, d’après le docteur Caffe, seraient même réfractaires à ce mode d’intoxication. Quand plusieurs personnes sont successivement mordues par le même animal enragé, la contagion ne s'exerce pas également sur toutes ; un certain nombre d’entre elles échappent par des causes diverses à la transmission du mal sans avoir été soumises à aucun préservatif.

Nous avons dit précédemment (29) que les peux TIERS, et quelquefois davantage, des individus mordus échappent à la contagion ; il faut pour cela que l'influence morale, la terreur, regardées comme des causes très puissantes, ne Ssolent pas venues provoquer l'explosion du mal. Si ces privilégiés ont eu recours à de prétendus remèdes secrets, ils leur attribuent alors leur guérison : circonstances qui expliquent la croyance si vulgaire aux panacées contre la rage.

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