‹ Monographie de la rageChapitre 80 sur 120 · MORTS PAS DE · texte numérisé non relu

MORTS PAS DE

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1855 21 11 D 4 PTE

Dans une enquête postérieure, portant sur huit années et comprenant 203 cas, M. le docteur Proust, membre de l'Institut, a constaté des résultats d'un grand intérêt. Pour ces 203 cas, la mortalité moyenne, sans cautérisution, à été de 60 pour 400 ; par la cautérisation 2mmédiale, au fer rouge ou au beurre d’antimoine, la mortalité tombe à 20 pour 100.

D'après une autre communication faite à ce même Conseil d'hygiène par M. Bouley, après la cautérisation énergique, la mortalité est de 33 pour 100; sans cautérisation, ou cautérisation insuffisante ou tardive, la mortalité s'élève à 81 pour 100.

105. — Le journal la Santé publique (novembre 1877) appuie par les deux faits suivants l’efficacité de la cautérisation.

« Dans les Hautes-Alpes, seize personnes et une ànesse sont mordues, sans provocation, par un chien reconnu enragé. Toutes les personnes furent cautérisées, quelques-unes immédiatement et par un médecin, d’autres plusieurs fois de . Suite avec le fer rouge ou des caustiques. Aucune d'elles n’a été atteinte de la rage. Mais l’änesse, qui n'avait pas été cautérisée, ni l’objet d'aucun autre traitement, devint seule enragée et mourut.

« Un loup enragé mordit 47 personnes, dont 45 moururent de la rage. Les deux autres furent pré-

— AS — servées par une cautérisation immédiate faite avec du beurre d'antimoine. Ce fait a été communiqué par le docteur Michel de Salie à M. Camescasse, médecin sanitaire en Egypte. »

J'ajouterai l’observation suivante qui m'a été communiquée, en 1877, par M. le D' Saintives, médecin-vétérinaire au 6° dragons, à Chambéry:

€ Il y a près de trois ans, un chien enragé, appartenant à M. Lucien Rey, d’Albertville (Savoie), s'enfuit à la Rochette, petite ville distante de 30 kilomètres environ de la première. Soit en route, soit à la Rochette, ce chien mordit sept personnes, dont trois enfants de 8, 10 et 12 ans. Ces malades furent tous cautérisés dans la première heure avec du beurre d’antimoine, par le docteur Anselme, médecin à la Rochette ; ils eurent tous de la fièvre après la cautérisation.

« Le même chien en mordit sept autres et une vache; cette derniére fut cautérisée au fer rouge. L'animal, auteur de toutes ces morsures, fut tué, et l’autopsie en fut faite, par ordre du préfet de la Savoie, par le docteur Saintives, qui constata les symptômes caractéristiques de la rage. L’estomac renfermait des morceaux de pommes de terre crues, des feuilles de saule, de la paille, de l'herbe, tous objets qui accusent d’une façon irréfutable l'aberration du goût de tous les chiens enragés.

« Aucune des personnes mordues et cautérisées

n’a été prise de rage, et voilà quatre ans que ce fait s’est produit. »

. Par tout ce qui précède, on voit manifestement paraître les funestes conséquences de la non-cautérisation des morsures faites par les animaux enragés, et de la cautérisation tardive, c'est-à-dire de celle qui n’est opérée que plusieurs heures après l'inoculation, alors même qu'elle serait faite par les plus puissants caustiques.

On ne saurait donc trop répéter que le seul refuge contre ce mal redoutable est la cautérisation immédiate, et que tout autre moyen compromet l'avenir par la perte irréparable des seuls moments où le traitement préventif est applicable.

406. — Si l'expérience proclame l'utilité de la cautérisation dans les premiers instants de la morsure, jusqu'à quelle époque peut-on compter sur son effet, et quand n'est-il plus permis d'y compter? On ne peut répondre d’une manière positive à cette double question; mais la prudence exige que, quelle que soit l'époque à laquelle on est appelé, l’on doit essayer dece moyen jusqu’à

l'apparition des premiers symptômes de la rage.

Quand il y a des doutes en faveur d’une si triste réalité, ne vaut-il pas mieux faire subir un traitement douloureux, inutile peut-être, mais toujours rassurant, que d'attendre la naissance et le développement d'accidents auxquels il est alors impossible de remédier ?

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