CHOIX DU CAUSTIQUE
107. — Ilest bien entendu, si on le peut, qu'il faut se hâter de recourir à l’homme de l’art, faire appeler le médecin le plus voisin ou se transporter chez lui pour suivre exactement ses conseils ; le médecin saura toujours, suivant les circonstances, se servir d’un caustique plutôt que d’un autre.
Mais, à défaut de médecin, et il y a vingt mille communes en France qui en sont privées, voici comment on devra agir.
Les caustiques dont on peut faire usage sont : Le fer rouge.
Le chlorure ou beurre d'antimoine.
L'acide nitrique (eau forte ).
L'acide sulfurique (huile de vitriol ).
L'acide phénique liquide au dixième.
L'ammoniaque ou alcali volatil,
La poudre à canon, etc.
Les acides précités, comme le beurre d'antimoine, ne se rencontrent presque jamais chez
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l'habitant des campagnes; l'ammoniaque et la pou-
dre ne s’y trouvent que par exception. Il faut donc
donner la préférence au moyen qui, à la portée de
tout le monde, se rencontrant partout, est aussi
l’agent le plus actif, le plus sûr de la cautérisation. Tel est le fer.
407 bis. — Le 15 juillet 1878, le Conseil d'hygiène du département de la Seine a adopté une instruction relative aux chiens errants, et rédigée par deux de ses membres, MM. Bouley et Proust. On y lit : « La cautérisation étant jusqu'ici l'unique moyen connu de la prophylaxie de la rage, la seule chance de salut qui soit offerte aux personnes mordues, consiste dans la cautérisation la plus prompte et la plus complète des plaies virulentes.
« De tous les caustiques, le meilleur est le fer rouge, et la cautérisation est d'autant moins douloureuse que le fer est plus fortement chauffé. »
Comme je l’ai déjà dit au commencement de cet ouvrage, 1l s’est tenu à Paris, du 4e au 40 août 1878, au palais du Trocadéro pour les séances du . Soir, et au palais des Tuileries pour les séances du matin, un Congrès d'hygiène international, où la rage a été traitée sous toutes ses faces dans la 3° section, composée de 80 membres environ.
M. Bouley, qui a eu le premier la parole, s’est prononcé pour l’emploi du fer rouge ; j'ai soutenu cette opinion dans une communication que j'ai
faite à la suite de la sienne. Il n’y a pas eu, dans les nombreuses discussions qui ont suivi, une seule opposition, et pourtant cette section comptait les professeurs les plus distingués de nos écoles vétérinaires, ainsi que des médecins français et étrangers d'un grand renom.
Cette préférence est motivée.
On sait que, en cas de morsure par un animal enragé, le succès de la guérison dépend de la promptitude des secours apportés: la cautérisalion.
Le beurre d’antimoine, ainsi que les acides que j'ai précédemment cités , jouissent tous d’une action caustique suffisante en l'espéce, et le choix en est laissé à l’homme de l’art qui peut les avoir sous la main. Mais on ne les trouve que chez les pharmaciens et chez quelques médecins exerçant dans des localités privées de pharmaciens. Répétons icique vingt mille communes, en France, étant privées de pharmaciens et de médecins, l’on ne saurait plus contester au fer rouge la préférence qui, dans ce cas, lui est généralement accordée sur les autres caustiques.