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Aussitôt après avoir été mordu, le

Comité d'hygiène de Paris et quelques professeurs de nos écoles, conseillent de pratiquer une ligature

modérément comprimée au-dessus de la morsure, quand la situation de la blessure le permet.

On suce ou on fait sucer fortement et longuement la plaie sans rien avaler, la succion , déjà recommandée par Celse il y a dix-huit cents ans, ne présentant aucun danger quand la bouche ne contient pas d'excoriation, puis on la soumet à de larges lavages faits avec de l’eau ordinaire, de l’eau salée, et même de vinaigre. On la fait ensuite saigner pendant un temps convenable, soit en la comprimant, soit en y appliquant des ventouses, ce qui vaut mieux.

À cet effet, on introduit dans un verre à liqueur ou un petit verre de table, suivant la blessure, un peu de coton imbibé d'esprit de vin, ou à défaut d'eau-de-vie. On met le feu au coton et on renverse promptement le verre sur la plaie, en appuyant, pour que l'air ne puisse y pénétrer. Quelques instants après que le coton a fini de brûler, on recommence deux ou trois fois.

Quand la plaie ne saigne plus, si sa nature l'exige, on en met à découvert le fond au moyen d'incisions faites avec un canif ou tout autre Instrument coupant bien, ou en emportant avec des ciseaux les lambeaux, les parties contuses, de manière à pouvoir pénétrer dans toutes les sinuosités de la blessure, et qu'aucun atome du virus n'échappe. — Il y a bien moins d’inconvénient à brûler trop que pas assez. La douleur est bien

moins forte qu'on croit; des enfants même supportent patiemment l'opération.

109.— Pendant ces préliminaires, on a mis au feu un morceau de fer, autant que possible un peu arrondi à l'extrémité qui doit opérer, on le fait rougir à blanc et on l'introduit promptement le plus avant possible dans la plaie, afin de brûler tout le trajet qu’aura parcouru la dent de l’animal.

Les morsures anciennes devront être traitées de la même manière, quand même elles seraient déjà cicatrisées, tant que les accidents précurseurs de l'accès ne se sont pas manifestés. Dans ce cas, on rouvre la plaie avec un instrument tranchant avant de cautériser.

Cette opération effraye plus qu'elle n’est douloureuse , et elle l’est d'autant moins que le fer est plus rouge ou plus fortement chauffé.

110. — Si l’on éprouve, ce qui peut arriver, de la difficulté à pénétrer dans les sinuosités de la plaie, on atteint alors mieux le but en se servant d'un caustique liquide, de beurre d’antimoine de préférence, quand on en a sous la main, ou, à défaut, d'acide nitrique, d'ammoniaque ou de poudre à canon.

Pour les caustiques liquides , on en imbibe un petit morceau de bois , une grosse allumette par exemple, et on l'introduit à plusieurs reprises

dans les plaies, en l’imbibant chaque fois du même liquide.

Pour la poudre à canon (de la fine), on en introduit dans les plaies et au dehors, et on y met le feu; on recommence une seconde fois si l’on voit que la brûlure n’est pas bien marquée ou assez profonde.

111. — Après la cautérisation, on panse la plaie avec un Corps gras, cérat, huile d'olives ou, à défaut, avec de l’eau froide dont on imbibe des compresses que lon maintient sur les parties cautérisées.

Quand la plaie est étendue, grave, quelques praticiens, au nombre desquels le docteur Louis Bonjean, mon frère, médecin à Rio de Janeiro, au Brésil ‘, appliquent un vésicatoire et entretiennent la suppuration de la plaie au moyen d’un onguent suppuratil.

Si la blessure amène de la fièvre, on prescrit le repos, des boissons délayantes, une diète sévère; et si le malade se laisse moralement et physiquement abattre, 1l faut le rassurer, lui faire croire que l'animal dont il a été mordu n'était pas enragé, et le ranimer par un cordial qui ne soit pas échauffant.

? Voyez : Soins à donner aux malades en attendant l’arrivée du médecin. Brochure in-8°, 1852, par le docteur Bon3EAN, membre de l’Académie impériale de médecine de Rio de Janeiro, chevalier de l'Ordre de la Rose de ce gouvernement et des Saints Maurice et Lazare d'Italie.

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