‹ Monographie de la rageChapitre 83 sur 120 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Adjuvants à la cautérisation.

112. — Tout en accordant à la cautérisation l'immense valeur que les faits lui ont reconnue, en insistant sur ce moyen qui devra {oujours être conseillé et appliqué, il est sage et prudent de laisser le malade recourir en outre à l'emploi de cer- . tains remèdes ou moyens préconisés dans l’espêce, et dont les vertus, supposées ou réelles, ont passé à l'état de croyance populaire à l’aide de nombreux faits pratiques qu'il n’est pas toujours possible de contester.

Ne serait-il pas cruel de priver les malheureux mordus d’un remède auquel ils ont foi, et ne doiton pas leur conserver, par ce moyen qui ne présente aucun inconvénient, la tranquillité d'esprit si nécessaire à la guérison? En agissant différemment, on aurait à redouter les conséquences terribles de la frayeur et de la crainte, qui, seules, on le sait, peuvent développer l'hydrophobie non contagieuse (38 à 41).

M. Sanson lui-même, l’habile professeur déjà cité, a reconnu à ces sortes de remèdes cet avantage immense, la sécurité qu'ils peuvent faire naître. Il ne pense pas, et je suis de son avis, qu'il faille s'opposer à leur administration, pourvu que,

ainsi que nous le recommandons nous-même, toutes les blessures, par lesquelles la salive à pu être inoculée, aient été PRES et profondément cautérisées.

Au nombre de ces moyens de traitement préventif, on peut mettre en première ligne le remède de Balmonnet, de Lucey (87), le xanthium spinosum, etc. (9%).

Le remède de Balmonnet est trop enraciné dans la confiance des habitants de sa commune et autres lieux circonvoisins, trop de faits, mal recueillis peut-être, semblent parler en sa faveur, pour qu'il ne lui soit pas tenu compte des vertus qu'on lui attribue à tort ou à raison. Il s'agirait, comme je l'ai déjà dit, de le soumettre à une enquête officielle sévère dans une école vétérinaire; nous appelons sur ce sujet toute la sollicitude du gouvernement.

Quant au xanthium, aux centaines de guérisons opérées par un honorable médecin, peut-on opposer les deux cas négatifs obtenus à l’école d’Alfort? Nous répétons que de nouvelles expériences sont nécessaires pour se prononcer définitivement sur un point si délicat de cette grave et humanitaire question.

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