‹ Monographie de la SaôneChapitre 31 sur 47 · IK · texte numérisé non relu

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DE LA SAOKE.

par la vapeur, pendant l’année 1850, a été, comparativement à l’année ISO, de 44,060 tonnes (1).

fne cliose reste à faire dans l’intérèl du transport des marchandises par la Saône, c’est i|ue cette rivière, améliorée dans sa partie supérieure, soit ouverte à son confluent par la traversée, de Lyon rendue praticable et continue.

L’on ne saurait trop alTranchir le commerce di^ la traction à point fixe qui, en soumettant la navigation a une sorte de monopole, t’entravera toujours, tant (|ue la Saône ne sera pas libre aux inuuvenients des remorqueurs.

aATCAOx A poua les voTAOttiM.

MM. Churc et Mathieu construisirent, vers l’année 1826, les premiers bateaux destinés aux voyageurs qui' naviguèrent régulièrement sur la Saône. Ils en tirent d’abord deux: l’un, ta Lyonnaise; l’autre, la Chàlonnaise. On les nomma les Paquebots de la Saône, (’.liacun de ces bateaux avait une longueur de 25 mètres, sur 6 mètres de largeur, non compris les tambours qui enveloppent les roues motrices. Ils avaient l’un et l’autre une machine construite à Londres, de la force de quatorze chevaux.

La durée du trajet par ces bateaux était de 15 heures à la remonte de Lyon à Châlon, environ 34 lieues; et de 9 heures à la descente de Chilon à Lyon ; encore ne pouvait-on pas naviguer toute l’année, à cause des hauts fonds qui se formaient sur divers points de la Saône. Par suite de leur trop grande calaison, les bateaux de MM. Oburc et Mathieu ne pouvaient pas franchir ces hauLs fonds, notamment pendant Jes mois de juillet août et septembre, époque, des basses eaux. Pour surmonter ces obstacles, la Compagnie des pa(iuebots Ut construire, en 1828,

(I) En 1849, bateaux 4 «a|>t:ur oui truuaporlè, «ur le Rhône, 395,966 lonnes de roarclMiidi^c». Le tran»|>orl cfTccliié eu 1850 a été de 335,045 tonne».

DK LA SAONE.

un troisii'me buteau, la Mâconruiise, qu’elle faisait naviguer pendant toute la durée des basses eaux, entre les points où existaient les hauts fonds, tandis que la Lyonnaise et la Chàlonnaise partaient des points extrêmes, pour aller verser leurs voyageurs dans la ildronnaise et recevoir ceux qu’elle avait à son bord. L’on avait ainsi trois transbordements à subir, et il n’était pas rare, en ce cas, de rester 24 ou 26 heures en route, pour se rendre de Lyon à Chùlon.

L’expérience ne tarda pas à démontrer qu’il convenait de développer une plus grande puissance motrice dans la navigation. C’est ce qui eut lieu d’abord sur le HhOne, où l’on plaça, en 1829, des bateaux de la force de 25 chevaux, pour chaque machine, sans se laisser décourager par l’affreux événement du bateau Derrheitns, dont la chaudière avait éclaté le 4 mars 1827, horrible catastrophe dans laquelle périrent plus de trente personnes.

L’ancien service des bateaux de la Saône pour les voyageurs, dénommés les Diligences, traînés par des chevaux, lutta encore avec énergie pendant environ quatre ans contre les paquebots à vapeur, en cherchant à augmenter la vitesse de la marche et en apportant, dans le matériel de ce service, de notabies améliorations pour la commodité des voyageurs.

Sur tous les bords de la Saône où la navigation de cette rivière sert chaque jour aux riverains de spectacle et d’agréable distraction, l’on faisait de nombreux paris pour ou contre les paquebots, dont quelques personnes aimaient i présager le succès ù venir, et dont plusieurs autres se plaisaient à prédire la ruine certaine, en traitant obstinément la vapeur de téméraire et folle entreprise. Pendant plusieurs années, les paquebots de la Saône tantôt dépassèrent les chevaux de la Diligence, et tantôt furent dépassés par eux.

Cependant les Messageries nationales, c'est-à-dire MM. Calline qui étaient propriétaires des diligences de la Saône, reconnaissant la supériorité des moyens de transport de leur concurrent, firent construire, en 1830, deux bateaux à vapeur qu’ils nommèrent Hirondelle n" t et n“ 2. Ils apportèrent dans leur

I>E 1.4 SAONE.

construction des perrectionnements tels qn’ils gagnèrent h la remonte près de deux heures sur la marche des paiiuebots. Ce succès était dû surtout à ce qu'ils donnèrent plus de légèreté à la coque de leur bateau, à chacun desquels ils adaptèrent deux machines jumelles, chaque machine étant de la force de huit chevaux.

Les Hirondelles n" t et n“ 2 avaient une longueur de 34 mètres sur une largeur de 4 mètres 49 centimètres et pouvaient contenir environ 250 voyageurs. Les machines furent fabriquées en Angleterre par M. Jackson de Lceds. I.es coques qui étaient en buis furent construites à Vaise par H. Miller.

A dater de ce moment, une lutte d’émulation s’établit entre les deux entreprises rivales et c’est de cette lutte surtout qu’est sorti le merveilleux progrès de la navigation sur la Saône, que l’on constate aujourd’hui.

Dès que la Conqiagnie des paquebots se vit dépassée par la Compagnie des Hirondelles, elle mit sur le chantier une nouvelle coque plus légère que les autres, et elle installa à bord la machine de la Chdlonnaise. Le bateau qu’elle construisit, dénommé r Bslaffelte, avait une longueur de 30 mètres et une largeur de 4 mètres 40 cent. Son tirant d'eau était moindre ; aussi sa marche fut, à peu de cliose près, celle des Hirondelles. Il y avait en cela perfectionnement.

Soit (]ue la Compagnie des Hirondelles voulut avoir la supériorité sur sa rivale, soit qu’elle reconnut le besoin d’un nouveau bateau, elle tu construire, en t834, l’ Hirondelle «‘>3 et elle la munit de deux machines de la force chacune de 15 chevaux. I.a construction de ce nouveau bateau fut un grand progrès, car il obtint sur la durée du trajet un avantage d’une heure et demie, en sorte que désormais l’on ne fut plus astreint à naviguer la nuit.

La Compagnie des Paquebots, jalouse du succès de delle n“ 3, Qt iminédiateinent construire le Télégraphe, auquel elle donna une force de. 24 chevaux. I.a forme de ce bateau, jointe è d'autres améliorations, compensa la différence qui existait dans la force des machines des autres bateaux, et sa marche fut è peu près celle de l'Hirondelle ir 3.

DE EA SAONE.

tl3

V Hirondelle n“ 3 descendait de ChAlon à l..yon en sept heures et demie, et remontait de Lyon à Chftlon en onze heures ot demie.

De cette époque, c'est-à-dire à partir de 1835, l’afTIuence des voyageurs fut très grande sur les bateaux à va^ur de la SaOiie ; les recettes devinrent considérables; l’opinion publique les exagéra même, ce qui amena la création d'une nouvelle Compagnie, celle des Abeilles, composée en grande partie d’actionnaires riverains. Son matériel, construit par M. Perret, se composait de deux bateaux, Ie8/4àei//csn° 1 et n° 2, dont les dimensions étaient semblables à celles de t Hirondelle n° 3 , mais qui marcliaientà une très haute pression (cinq atmosphères).

La mise en navigation de ces deux bateaux, en 1835, fut, entre tes Compagnies qui exploitaient la Saùne, le commencement d’une concurrence des plus vives. Il n'y avait sorte de manoeuvre qui ne fut employée pour attirer les voyageurs. L'on vit alors tomber à 50 centimes le prix d'une place de voy ageur de Lyon à Cbàlon qui se payait 8 fèancs. Cette lutte se continua pendant près de quatre ans, c'est-à-dire jiisqucs au moment où le matériel des Abeilles se trouvant usé, nécessita des réparations si considérables que les actionnaires de ces bateaux se décidèrent à abandonner leur entreprise.

En 1836, l’on vit paraître sur la Saône, un bateau à vapeur d'un système tout à fait nouveau. C'étaiL à l'exemple de ce qui existait en Amérique, un steamer, dont la co<|ue était entièrement en tôle et dont la construction avait été dirigée, avec le plus heureux succès, par M. Colladon, professeur distingué de Cenève, et par M. Coubayon qui avait fait dans ce but un voyage à Rotterdam, où se construisaient alors trois bateaux en tôle destinés pour les Indes orientales.

Comme cela arrive pres<iue toujours pour les meilleures innovations, l'on commença d'abord par se moquer beaucoup de la substitution complète du fer au bois, dans la construction des bateaux à vapeur ; puis on tarda peu à comprendre tous les avantages de ce système qui fut ensuite exclusivement adopté. La Buhstilulion de la tôle au bois dons la coque de.-; Ii.xteaux'à

DE LA SAONE.

vapeur, con&Ütuc en eOet l’une des principales améliorations «otroduites dans leur construction, en ce que la I6le donne au bateau beaucoup plus de légéreté, avec plus de solidité.

I.e premier bateau à vapeur qui Tut placé sur la Saône, porta le nom de Vapin. Il fut d'abord destiné à la remorque des marchandises. Ce bateau avait deux machines, de la force de 35 chevaux qui fhrent fournies par M. Maudslax de Londres, et la chaudière, par M. Seguin de Paris, ta coque fut construite à Vaisc par M. Mauriac.

Le Papin navigua pendant deux ans sur la Saône, comme remorqueur de marchandises, et fut ensuite, en 1838, alTecté au transport des voyageurs, après qu'on y eut placé des chaudières de Speuler. Il remontait de Lyon à Ch&lon en doute heures environ. Sa dépense, en combustible, était la même que celle de tous les bateaux de cette époque, c’est-à-dire de six kilogrammes de houille pérat par force de cheval et par heure.

la Compagnie des paquebots, qui s'était fondue dans In Compagnie générale des bateaux à vapeur du Rhône, Qt, à son tour, une coque en tôle , et y adapta les machines du Télégraphe. Ce bateau nommé la Colombe obtint, malgré une moindre force, une vitesse égale à celle de CHirontlelle n“3.

Tous les bateaux construits jusqu'alors pour la Saône avaient une longueur de 30 à 34 mètres au plus et tous laissaient beaucoup à désirer sous le rapport de l'élégance et de tout ce que réclamait la commodité des voyageurs. M. Louis Breittmayrr aîné fut le premier qui, eu 1839, plaça sur la Saône un bateau dénommé T Aigle, d’une bien plus grande dimension que tous ceux qui avaient navigué sur cette rivière et dont l'intérieur présentait aux premières places la distribution tout-à-fait nouvelle d'une salle à manger, d’un salon et d’un arrière petit salon, le tout fort élégamment orné. L'ameublement de ce bateau, tout en soie et en bois précieux, richement décoré de glaces et de dorures, semblait en quelque sorte rappeler le fameux bateau sur lequel s'embarquaient, te 13 avril 1701, le duc de Bourgogne

UE LA SAONE. 115

vl le duc de Berri, et dont une relation du temps nous a conservé la pompeuse description (1).

(1) Elirait de la Htlauon Ue ce qut i'tU /ait ù L\/on aa puttage de Kodee»gntur le duc de Bourgogne ei de Monueigneur le due de Beny , député le 9 <t avril jM$gu*au 13 du même mou 1701.

« Le Mercredjf ireicieme du noie, le teoipa te iroueant encore parfaile' ment beau, Metaclgneora let rrincet allerenl k rii beuret et demie du matin eoteodre la Mette dant l*EgIiie des Céleitint. Toiitct let ruet par oà Ht dévoient petter depuit la porte de leur Palait jatqaei au lieu de rembarquement étoîent bordéet d’une double baje de la Beurgeoiiie, au oombre de tept mille hommes, tant compter Ica Ofrtoiera, et taut y comprendre let Compagnies particulières dont on a parlé daot toute celle Relation.

« Le batleau dant lequel s'embarquèrent Ueateigneurt les Priocet avoit eoTÎron 65 pieds de long, 1i do la^e et 9 de liaut. Le talon pour let Gardes, qui avoit 10 piedt de long, étoit tapissé de brocalcl avec deui grandes formes couvertes de même et matelauéet. La chambre des Priocet de t6 piedt de longueur étoit garnie d'un elamat rouge cramoiti, et ornée de deu\ canapés avec ses carreaut è houppes d'or, de té perroquets, de deux fauleuilt , de deux chaises , déni tables , le tout de velours cramoisi , avec let crapinet et let roolctet d'or. Les porlioret éloient de damat avec des crépines d'or. La ebemiuée ou cbauffe-panse étotl blanche et or, avec sa corniche dorée. Il j avoit dans la chambre cinq fenêtres de trois pieds et demi de large cbacuoe, toutes i panneaux de glace avec des rideaux de lafTeta» bbne ; la cheminée occupoit la place de la aixicme ^ Ircitc miroirs placés «atre let fenêtres, à cêté des portes et sur la cheminée, achevoicut de donner à cette chambre tout ragrémeni qu'on pouvoit souhaiter. Let portes, qui étoient de glace et avec les chattit dorés, avoient huit pied» de haut et qualio de largo. Le cabinet des Valets de cbambro avoit dix pieds de long, il éluil tapissé de brocatcl, et les autres meubles éloient de la même étoffe ; l'on y avoit pratiqué un escalier pour monter au dessus du luiteau.

« Tout le dessus de la barque étoit couvert d'uo drap d’écarlate bordé d'un galon d'or, et U balustrade qu'on voyoil ornée tout autour de Blelsd'or, sur un fond blanc, ti'éloit pas le moindre agrément de ce batteau. La maooauvre et let cordages n'ayant pat permit d'y faire un pavillon , on y avoit suppléé par deux parasols de damas garuia de gaiout et’de franges d'or. Le grand mit portoit un pavillon l>lanc orné do trois dcursHle-lyt, et le mil d’arricre un pavillon bleu avec uu liou d'or. Enfin on avoit eu toute ralteu*

DR LA SAONK.

VÀiÿlf. avait une longueur de 53 inètrcB et une largeur de A mètres. I.a force de scs deux machines était de ^0 clievaux. M.

lioo inftgtoablt & n« rien oublier de ce <|ui pourroii contribuer à m eùrelè, , à l'igrénenti 1 U comioodité et eu boo goûl de ce bàlitncnl.

• Ce balleau de MeMcigneurt les Princes, outre celui de U Musique qu’il uToit à ses c&lési éloît accompagoc de irois autres diligeuccs partagées eo deut ehambres chacune et toutes tapissées à neuf. La première do ces diligences éloit pour Tèquipsge de Monseigneur le Doc oi Booaoocac , la seconde pour celui de Monseigneur le Doc sa Beaar « et la troisième pour celui de Mousicur le Maréclial Duc de Noaillcs: outre ces quatre dili* genecs r il j avoit trois graodes barques pour le bagage » pour les Suisses et pour les autres Domestiques; une peur le carrosse du Corps, une peur la cuisine arec ses cbemiuées et tous ses fonrs difTérents, et oae k ofrtè pour le gobelet et pour la fruiterie, et qui fiûsoil en tout dis berques ou diligences, pourrucs arec profusion de toutes sortes de pièces de gibier, de venaison, de liqueurs, de vins, et géocralerocnl de toutes les maniérés differentes de rafralcbisseraens dout on avoil p& s’aviser.

«Celle petite flotte fut beureusemeni tirée par près de quatre cents chevaux qu’on avait choiûs avec soin dans tout le Gouverncoieat, et qui dans le temps du départ se trouvèrent tons i la fois postés depuis la route de Ljoo jusques k Châlon , pour se relajrer de deux en deux lieues.

« Moaseigneurs les Princes, étant arrivés avant huit heures au Port Neufville, qui étoil le lieu de leur embarquement, furent reçus par le Consulat eo Corps et en babil de eérémouie k l’entrée du batteau , où il eut l'booneur de les coudoire, et ce fut dans ces derniers momeos qu’ils reçurent avec toute la bonté imaginable les deroieres et sincères marques de respect qu’il s’empressa de leur douner. Dans oel instant, toute rarüllerie de Pierre<sciie et toutes les boites de la Ville tirercol ; l'air retentit d’une infinité d'acclamations de Frve U Aoy, cl d'uo million de vœux qu’on faisoit pour leur prospérité. Doute Prisonniers que le Consulat avoit fait mettre eu liberté , en pajaol leurs dettea k l’arrivée des Princes, se présentèrent pour remercier leurs augustes Libérateurs. I.et Bateliers se b&terenl de signaler leur télé par quelques joAles nouvelles, et Mluercni les Princes ensejetlaot tous ensemble dans la Itiviere dès qu'ils fos virent partir : on vit même sur le rivage un grand nombre de personnes fondre eo larmes en les perdant de vue , et le Ciel qui avoit josquet- là favorisé de ses plus beaux jours le tête et l'empres- »cment des Ljoooois, changea un moment après leur départ, et il commença à pleuvoir, comme U faisoit avaul l’arrivée des deux grands Princes. •

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Louis Breittmayer avait fait construire à Marseille la coque, moitié en bois et moitié en tôle, d'après un système mixte pour lequel il avait pris un brevet. Ce bateau qui se rendait de Lyon à Cbalon eu 1 1 heures obtint rapidement une préférence marquée sur ses concurrents. Pendant la première année, il ne transporta pas moins, en moyenne, de 300 voyageurs par jour.

Vers la lin de la même année 1839, la Compagnie générale fit naviguer sur la SoOne le Cygne, de la force de 40 chevaux, dont la coque en tOle fut construite à Valse par M. Mauriac. Ce bateau fut établi sur le modèle de V Aigle, sous tous les rapports d'élégance et de confortabilité. Aussi vit-on ces deux bateaux partager entre eux le transport de la plus grande partie des voyageurs, jusqu'en 1842, époque où la Compagnie des Hirondelles flt marcher {'Hirondelle n° 5 qui remontait de Lyon A Chaton en 9 heures et demie.

Depuis lors, chaque année a vu paraître sur la SaOne un ou plusieurs bateaux nouveaux dans la construction desquels l'on a lutté avec persévérance pour accroître la vitesse de la marche et diminuer la dépense du combustible.

Grèce aux importants travaux exécutés par l'administration des ponts et chaussées pour améliorer le lit et les rives de la Saône, la navigation de cette rivière ne fut plus désormais arrêtée par les sécheresses; immense progrès. I.e Papin n° 3 fut le premier bateau à vapeur qui naviguât, en 1842, par les basses eaux, sans interruption de service.

Le préfet du Rhône, dans son Rapport du mois d'août 1843, au Conseil général de son département, constatait ce qui suit :

l.a plupart des passes difllcilcs de la Grande-Saine sont aujourd'hui rectifiées. Ici les draguoges ont creusé le thalweg en même temps que le lit était rétréci par des clayonnages que soutient un solide empierrement; lù, comme à Couzon, ù Albigny, aux Iles Royes, des digues submersibles barrent les faux bras de la rivière et rejettent dans le bras principal, du côté du hallage, les deux tiers environ des eaux basses qui, autrefois, se IHirdaient sur la rive opposée.

Les cons)'x|ucnces ne se sont |>as fait attendre : bien que la

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SaAne soit descendue celte année au plus bas étiage, les paquebots qui, autrefois, dans ^des circonstances analogues, étaient pour longtemps obligés de suspendre leur marche, n’ont pas perdu un seul jour de navigation (page 76J.

La Situation des travaux des ponts-et-ehaussées imprimée parle ministère des travaux publics, en 18d4, constate à la page 270 et suivantes ce qui a été exécuté dans la traversée de Chftion, au passage de la Benne-la-faux, le long des quais de Micon, le long du bourg de Saint-Laurent, aux passages contigus de Taponas, deBelleville et de l'Ile de Montmerle , à ceux de la Pradellc et des Trois-Pierres, près de Trévoux, au passage de l'Ile Benne et eniln à Cnuzon, à Albigny et aux Iles de Royes. Rien de plus intéressant à consulter que ces précieux documents.

Dans le compte-rendu de la Situation des travaux, compterendu publié en 1847,00 lit : « Les résultats obtenus par les travaux de ta Grande-Saine sont remarquables et frappent de plus en plus les nombreux voyageurs qui parcourent journellement la distance de Cbélon à Lyon. Ainsi, le 17 juin 1844, le nouveau paquebot, la Duchesse de Nemours, de 90 chevaux, a pu faire en un jour ce double trqjet de 68 lieues, les eaux n'étant qu'à 4 centimètres au dessus de l’étiage, alors qu’en 1836, dans les mêmes circonstances, la navigation était interdite aux bateaux à vapeur d'une force de quinze chevaux. La sécheresse extraordinaire qui a fait baisser le niveau des eaux jusqu’à 27 centimèlrcs au dessous de l'étioge a sanctionné, pour ainsi dire, ces heureux résultats.

En 1826, il existait deux paquebots sur la Saône pour les voyageurs; — en 1830, 4 paquebots; — en 1840, 6 paquebots; — en 1843, 9 paquebots.

En 1849, le nombre des bateaux à vapeur destinés aux passagers, sur la Saône, a été de 13.

En 1850, le nombre de ces bateaux s’est augmenté de 4, savoir! Parisiens 1,2, 3 et Hirondetlr b" 7.

UE LA EAO^E.

>OMBRE, LO.NGUEUH, PURGE ET VITESSE. UES BATEAUX A VAPEUR AYANT NAVIGUÉ SUR LA SAÔNE ET SUR LE RHÔNE EN IH50.

Ia! nombre total des bateaux & vapeur qui ont navigué sur la Saône, en I8ô0 a été de 26 dont 9 pour les marehandises et 17 pour les voyageurs, présentant tous ensemble une Torcc de 1770 chevaux.

Ia) nombre des bateaux à vapeur qui ont navigué sur le Rhône en 18Ô0 a été de ôé, présentant une Torce de 7,860 chevaux -, eu sorte qu’avec les 26 bateaux de la Saône, I.yon possède aujourd'hui 80 bateaux de la Torce totale de 9,630 chevaux.

VEole et le Corsaire sont les deux bateaux de ta Saône qui ont la plus longue dimension. Le premier a 77 mètres et le second 76 mètres de longueur. Sur le Kbône, les bateaux l'Océan et la Midilerrance ont une longueur de 133 mètres.

Le Parisien n» 2 est le bateau de la Saône qui présente le plus de puissance. .Sa force est de 120 chevaux. Sur le Rhône, l'Occan et la Méditerranée présentent une force de 320 chevaux.

V Hirondelle n° 7, dont la force est de 80 chevaux, est le liateau de la Saône qui marche avec la plus grande vitesse. Son parcours est à la remonte de i mètres 7 centimètres par seconde et de 7 mètres à la descente. Kn d'autres termes, V Hirondelle »“ 7 parcourt à la remonte 244 mètres 20 centimètres en me minute, — 14,652 mètres en une heure ; c'cst-.'i-dirc t kilomètre en 4 minutes 3 secondes et une lieue de 4 kilomètres en 17 minutes 20 secondes.

A la descente, ce bateau parcourt 420 mètres en une minute ^ — 2.5,200 mètres en une heure, c'est-à-dire 1 kilomètre en 2 minutes 23 secondes, — et une lieue de 4 kilomètres en 9 minutes 32 secondes.

Partant, Y Hirondelle «" 7, en s'arrêtant aux diverses sla-

UE LA SAOKE.

lions (I), parcourt i la remonte les 136,000 mètres qui comprennent le trqjet de I.yon ù Chàlon, en neuf heures ilix-sept minutes; — et, à la descente, en cinq heures vingt-quatre minutes. — Depuis 1851, ce bateau Fait, pour le chemin de Fer de Paris à Lyon, le trajet de Lyon à Chalon, en moins de 7 heures, et de Chàlon à Lyon, en moins de cinq heures et demie, en n'opérant qu'un seul debarquement à Mâcon.

Les bateaux à vapeur du Rhàne qui marchent le plus rapidement, tels que le Missouri, {'Océan, les Papin n“ 1 et n° 2, etc. parcourent , à la remonte, 2 mètres 5 centimètres et à la descente 1 1 mètres par seconde, en sorte qu'à la descente, il Faut à ces bateaux 1 minute pour parcourir 660 mètres; — 1 heure pour 39,600 mètres, d'où il suit qu'ils Font le trajet d’un kilomètre en 1 minute 30 secondes et de 1 lieue de 4 kilomètres en 6 minutes.

NOmillE DES PASSAGERS TRANSPORTÉS PAR LES BATEAUX A VAPEUR SUR LA SAÔNE ET SUR LE RHÔNE EN 1849 ET EN 1850.

I.es bateaux à vapeur de la Saône ont transporté, pendant l'année 1849, 324,510 voyageurs, et, en 1850, 449,736, d'où il résulte que l’excédant des voyageurs transportés, en 1850, sur la Saône, comparativement à 1849, a été de 125,220 (1).

Le nombre des voyageurs transportés sur le Rhône ayant été, en 1849, de 106,600, et en 1850, de 199,690; l'année 1850 a

(f ) Lieut de» lUlioDs établie» sar la Sa6oe ;

Toarnu*.

7 Honlmerle.

13 TrévOD».

Pleurrillc.

8 RiTière.

13 Neuville.

M&com.

9 Beauregard.

14 Fontaine».

Saiot-Ronaiii.*

10 Frans.

15 La Colouoe*

Thoiââcj.

1 1 Saiul Bcruanl.

16 La Gare.

BeUcville.

(t) Voir i la (in

le» labicaax a** 3 cl 5.

DE LA SAOME. 131

présenté, comparativement à l'année 1849, un excédant de 93,090 voyageurs.

L'année 1831 avu apporter encore de nouveaux développements dans la navigation des voyageurs sur la Saône. Ainsi, au mois de mai dernier (1851), un nouveau bateau, V Avant-Garde, aété établi sur cette rivière, par la Compagnie des Gondolée, <\&m les meilleures conditions de célérité. Le premier voyage d'épreuve de ce bateau a eu lieu le vendredi 4 avril 1851. • Parti de Lyon à 9 heures 36 minutes du matin, l'Avant-Garde est arrivé à Chàlon à 5 heures 24 minutes du soir, après avoir consacré à ce trajet 7 heures 58 minutes et avoir fait 5 pontons. A la descente, le bateau parti de Chàlon à 5 heures 30 minutes , est arrivé à Lyon à 10 heures 39 minutes, en S lieures et quelques minutes, et après s'ètre arrêté à 8 pontons. Iji durée du trajet, aller et retour, a donc été de 12 heures 58 minutes. (Courrier de Lyon du 8 avril 1851/ •

Ia: 39 du même moisd’avril 1851, V Hirondelle n» 7, transportant, par convoi spécial, les membres de laCommission du chemin de fer de Paris à Lyon, a fait le trajet de Chàlon à Lyon en 5 heures. De Trévoux à Lyon, j'ai fait partie de ce convoi, et nous n’avons mis que trois quarts d'heure pour parcourir les 24 kilomètres et demi qui séparent Trévoux du port de la Keuillée.

Le 2 septembre 1851, MM. Cauthier frères onl placé un nouveau baleau sur la Saône, le Dragon, qui le dispute aux meilleurs marcheurs de cette rivière.

D'autres bateaux s'exécutent en ce moment : l'un d'eux , le Riverain, avec une machine construite dans les ateliers de M. Clément Désormes, aura une force de plus de 200 chevaux. Un journal de Lyon annonçait récemment que ce bateau ferait le trajet de Lyon à Chàlon en six heures et demie, et en quatre licures de Chàlon à Lyon (I).

Il s'en faut bien, toutefois, que le dernier mot de la navigation à la vapeur de la Saône soit dit. On peut lui imprimer plus de célé-

(ï) Ucpuu c|uc CC4 ligne! miiI ccrilci, le Rn-eraim, eonslrutl par MM. Dupool cl VeiiloQ, mis en marrhe la. at octobre i85i.

DE LA SAUNE.

rité ; il convienl surtout de donner à ce service une réguiarité dont il manque tout-à-fait, et, parmi les perfectionnements à in- Irodnire , il est essentiel de trouver des moyens de brûler ou d'absorber la fumée qui se dégage et qui souvent retombe si incommodante sur les voyageurs.

Tel est le développement qu'a ref u la navigation de la SaOne, sous l'inlluence de la liberté dont elle jouit. Tels sont les merveilleux résultats sortis d'une émulation ardente à s'ingénier, non seulement pour multiplier les moyens de transport sur cette rivière, mais encore pour les rendre plus rapides, plus commodes et plus économiques.

En 1826, les premiers bateaux à vapeur qui transportèrent des voyageurs sur la Saône mettaient quinie heures pour faire le traqet de Lyon à Ch&lon à la remonte, et 9 heures à la descente. — En t85t, ils ne mettent plus pour parcourir ce trajet que 7 heures i la remonte et 5 heures à la descente.

En 1826 et jusqu'en 1839, les premiers bateaux à vapeur de la Saône ne renfermaient dous chaque compartiment qu'une seule chambre incommode, surtout en ce qu'elle servait pèle-mèlc tout à la fois de salon, de salle à manger et d'entrepôt pour les bagages. — En 1851, cliaque Irateau contient un magasin pour les etfets des voyageurs , une salle ô manger , un salon et un arrière-salon ; le tout disposé de la manière la plus confortable et ta plus élégante.

En t826, le voyage de Lyon ô Chalon coûtait 9 fr. par personne aux premières places, et 6 fr. aux secondes. — En 1851 , il ne coûte que 6 fr. aux premières et 4 fr. aux secondes ; et même, dans plusieurs bateaux, quatre francs aux premières et deux francs aux secondes.

En 1826, l'on comptait deux bateaux à vapeur seulement, navigumit sur ta Saône qui, avec les deux autres voitures d'eau, dites Diligences, transportaient à peine 60 personnes par jour.— En 1851, l'oif compte sur celte rivière t7 bateaux û vapeur transportant, |iar jour, en moyenne, plus de douze cents voyageurs.

DE LA SAONE.

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