‹ Monographie de la voie sacrée éleusinienne [microform] de ses monuments et de ses souvenirsChapitre 10 sur 48 · I. îj · texte numérisé non relu

I. îj

d'après laquelle le Denys enterré auprès de la porte Dipyle aurait été le généraV athénien qui fut envoyé pour poursuivre Antalcidas et l'empêcher par la force d'aller trahir les intérêts de la Grèce à la cour du roi de Perse, mais qui ne parvint pas à ratteiMre,(l).

Le n'aos dont les inscriptions viennent de nous occuper longuement est adossé à un massif élevé jnais peu profond, composé dé plusieurs ass^isesd'a^^^ hellénique, qui complète l'ensemble de la sé|)uïtiire de Denys. Ce massif, en blocs réguliers d^ un calcaire nx)ir compact et presque marraaroMe, est couronné: d'uiie forte corniche en marbre pentélique d'un profil ti'èssimple, formant piédestçil He st^ue/ L^,sicmime|; en présente, en effet, un trou d'encastrement de forme allongée, dans lequel était fixée^ nqn une sMue équestre, comme Ta cru M. Wescher, mais une figure de taureau de grandeur naturelle, qui a été trouvée renversées t brisée auprès de la base (2). Elle est d'un très-beau style, mais n'a jamais été complétenient achevée. L'a-r

nimal y est représenté <^<?r^^^«Jt7^^^,ç'est-à-dire la tête baissée, labourant le sol de ses cornes. C'est Fattitude même qui est donnée au taureau dionysiaque (3) sur la célèbre pierre d'Hyllus, l'un des plus précieux joyaux de notre Cabinet des médailles (4), ainsi que sur plusieurs autres intailles antiques (5). On sait, en effet.

(1) Xenoph. Hellenic. V, 1, 26.

("J) Écp-ojx. àç>X' nouv. sér. t.,I, p. 295.

(3) Voy. OUfr. Mûllcr, Handbuchder Jnhseol. § 383, 9.

(4) Mariette, Pierres gravées, paît. ï, n° 42. — U^T^erU Dactyliothek écrin 1, n° 231.— Ottfr. Mùller, Denkmœler der AU. Kmst,t. Il, p]. XXXIII, n° 382.

(6) Prodrom. icon, sculpt. gemmar. Basilid. mus. Capeni (Venise, 1702), n° 188.— Raspe, Catal. der Tassieschen Gemmenabdr. pi. XXXVI, n°i3082.--

que le taureau était un animal spécialement consacré à Dionysus (1), surnommé (Bouyevy;? (2), iSou/ipwç (3),

Taupoftopcpoç'(4), Taî)|30(;, raupcoTro;, (5r/epwç (5). De là dans

Euripide (6) Finvocation ^izvrj9t taiipoç, et le refrain de l'hymne des femmes Éléennes conservé par Plutarque (7) : Â|t£ Taupe , u'iie xocope, dans lequel le mot a^toç, jusqu'à présent expliqué d'une manière imparfaite par les commentateurs, nous semble avoir le sens de « vigoureux, vaillant, » non inscrit dans les lexiques, mais conservé jusqu'à nos jours dans l'usage vulgaire.

Cette figure de Panimal sacré de Dionysus surmontant l'ensemble de la sépulture nous paraît contenir une allusion manifeste au nom de ^mvaioç.ll n'est pas très-rare, en effet, de rencontrer sur les tombeaux antiques des images qui constituent comme le symbole du nom du défunt. Une célèbre stèle funéraire d'Athènes, avec le nona AeW Iimizevc, porte, sculptée en bas-relief, là figure d'un Iwn (8). A Rome, le musée du Capitole renferme le bas-relief funéraire d'un nommé T. Statiiius Aper, où ce personnage est représenté debout, ayant à ses pieds un sanglier; aper, allusif

Kœhler, Dèscrip tion d'un camée du cabinet de l'Empereur de toutes îesRussies, pi. III. — Otlfr. Mûller, Denkm. der Alt. Kunst, t. II, pi. XXXIII, n° 383.

(1) Creuzer, SymhoUk, 1. VII. ch. II, § 1 ; t. II!, p. 63 de la traduction de M. Guigniaut.— Gerhard, Griechische mythologie, §450, 1 .— Braun, ilfî/thologie, §356,— Preller, GHechische mythologie, 1. 1, p. 442.

(2) Plutarch. De Is. et Osir. 35.

(3) Plutarch. Quaest. graec. 36.

(4) Alhen. XI, p. 476.

(5) Voy. Schwenck, Etym. myth. Andeutungen, p. 165.

(6) Bacch. V. 1017.

(?) Quaest. graec. 36.

(8) Écpviii. àpx. n° 394.— Rhangahé, Ànt. hellén. n° 1985.

à son nom (1). L'inscription, conçue en vers, précise ot développe ce jeu dé mots assez puéril :

ïnnocuus aper* ecce ja'ces; non virginis ira, Nec Meleager atrox perfodit viscera ferro ; Mors tacita ohrep&it BuMio,' fecitqiœ ruinam.

Nous même, dans les ruines deThespiesj nous avons observé sur un cippe carré, dont l'inscription , déjà connue (2), enregistre avec la formule béotienne ordinaire le nom d'un défunt appelé Alexandre,

AAEZANAPWHPCOI

AXe^av^pcp vfpcot^ un bas-relief représentant Alexandre le Grand sur Bucéphale lancé au galop, la chlamyde flottante, conformément au type consacré sur les médailles frappées dans la Macédoine en l'honneur du héros, sous le règne de Caracalla (3). Nous pourrions beaucoup multiplier les exemples, mais ceux-ci nous paraissent suffisants (4).

Entre la sépulture de Denys et le groupe de celles d'Agathon et de sa famille, on remarque encore l'emplacement de deux tombeaux infiniment moins somptueux, que signalaient de petites stèles plates en marbre pentélique. Celles-ci ont été trouvées brisées et ren-

(1) Mm. Capitol, t. IV, pi. IX.

(2) Dodwell, Tour in Greece, t. ], p. 253.

(3) Mionnet, Description de médailles antiques, 1. 1, p. 554, n°' 578 et 579; p. 559 et suiv., n°» 620-635; Supplément, t. III, p. 224, n°' 412-415 j p. 226 et suiv., n"^ 430-438.

(4) Sur les allusions de ce genre, voy. Visconti, Dissertation sur un vase peint, dans Panofka, Antiques du Cabinet Pourtalès, p. 15 et suiv. — R. Rochettc, Deuxième mémoire sur les antiquités chrétiennes, p. 68. .

versées à côté de cet emplacement. La première n'a qu'un simple nom propre :

:2<î>PAri?

XPH2TH

La seconde porte une inscription, en partie métrique (ï) :

'^' ie.

m I N k \^ Cl A I B Y O 2

Cl A 1 B

EIïrsIOAÛSrErONENXJPHSTïïrrNHHAEErûEIMI nP.OSTEAIKAIpSr.HNKAIT0ISAAAOISINAnA2IN OrSAAEToiArTHXAPINÔrAïl^AIÀNi^EkoiVIISMAI ; GTTEnAPÛNÛilMHNO^TEAnOAAIMONror

TEIÛSAnOMeTPOSEMHSKAinATPOSAniMI

nT40IASX4PITASM()IAnEAÛKA.

AiPATÛNnAIAÛNROMISESeAI

Les deux premières lignes, tracées en plus grand caractères que les autres, contiennent le nom de la femme enterrée dans ce tombeau, avec Tépithète banale de xpvi(îT>7, « labonne, » dont l'origine tenait aux idées des anciens sur la rémunération dans l'autre vie (2), mais qui est appliquée ici avec une intention plus spéciale qu*à l'ordinaire, comme le prouve la suite de l'inscription :

MivaxcJ) Ai'êuoç y^pwzr)'

(1) Le fac-similé de cette inscription a été donné dans rÉcpriiJ.eplç «px^^o^ >*0Yi)f?i, nouv. sér. t. I, pi. XLIV, n° 4.

(2) Aristot. ap. Plutarch. Quaest. rom. 62. •— Cf. Le Bas, Expédition de Morée, Monuments d'architecture, t. II, p. 137; p. 206 de l'extrait.

Le nom propre Mti/ax-w est nouveau, et probablement cr origine étrangère.

Yient ensuite une épigramme, qui ne saurait entrer en comparaison avec celles du tombeau de Denys et tenir de même une place honorable dans un supplément à l'Anthologie. On y remarque les plus étranges irrégularités de syntaxe, et quant à la métrique elle en est aussi fort capricieuse, puisqu'après deux hexamètres, dont le premier renferme de grossières fautes de quantité, nous y voyons un distique, composé d'un hexamètre et d'un pentamètre, après quoi viennent de nouveau trois vers hexamètres, qui devaient être suivis d'un ou de plusieurs autres, car le texte est évidemment incomplet. On remarquera que le lapicide a écrit intégralement toutes les syllabes dont la quantité réclame l'élision : HAE pour ^'â' au premier vers, GITE pour ouV au quatrième et MOI pour p.' au sixième.

La nature de cette épigramme est tellement particulière, joignant des plaintes sur la conduite des parents de la morte à son égard aux plaintes ordinaires sur l'injustice du sort, que nous n'osons pas proposer de restitution pour les vers dont le commencement a disparu. Mais malgré ces lacunes et celle de la fin le sens général demeure fort clair :

El Ttç oXtOi; yk'^ovs,^ -^pticx-i] ^ov/j, y]8' èyco elfJLi Hpot; T£ 8i/,at.0(T<j[v]Tf)V xal 'zôi<; otXXoicriv ànaaiv 03c7a 8è zoiaû'ci) yjx.pi'^ où Siy.a(av xôX(5[i.ta[ji,at , OuTS Trap' ôv ^(J.iQV, out' «Trô Saijxovfou.

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