‹ Monographie de la voie sacrée éleusinienne [microform] de ses monuments et de ses souvenirsChapitre 12 sur 48 · AI0NY2I0Y · texte numérisé non relu

AI0NY2I0Y

IVIIAH2IA

Sur une stèle ronde en marbre bleuâtre de FHymette.

Les deux noms, du père et de la fille, se rapportent directement au culte de Bacchus. Méthé, V ivresse^ est une appellation bien choisie pour la fille d'un Dionysius. Méthé faisait partie du thiase bachique : à Élis elle était la parèdre de Silène (2); elle était aussi représentée dans une peinture de Pausias à l'hiéron d'Épidaure (3). Comme nom propre de femme l'emploi de l'appellation de cette Nymphe est nouveau, du moins à notre connaissance.

(1) XIII, p. 567.

(2) Pausan. VI, 24, 8,

(3) Pausan. II, 27, 3.

HP0AnP02

TIIVIHN0P02

PAIANIEYS

Bpôèoùpoc, Ti/xrjvopo; Ilatavteuç.

Sur une stèle ronde en marbre bleuâtre de rHytneite.

La situation du dème de Peeaniee au lieu aujourd'hui nommé Asgotts?;! est Tun des points les plus certains de la topographie de FAttique.

A ces monuments nous devons joindre deux autres petites stèles rondes en marbre bleuâtre de l'Hymette, qui ont été trouvées tout auprès renversées, mais qui proviennent évidemment de la même ligne de sépultures.

En voici les inscriptions .'

ri2YXIÀ HPIPHTIS

Eavx^'oi B7:{zi)pmLç (1).

La faute d'iotacisrae Bmpmic, pour HTrstpwnç se retrouvera plus loin dans une autre épitaphe provenant des mêmes fouilles. Le nom propre Hauxta est déjà dans Plutarque (2).

AN0I2 AiriNHTIS

kvQiç, AlyivmiQ (3).

(1) É<pri(J.. àpx- nouv. sér. t. 1, p. 299.

(2) Nie. J3.

(3) Revue archéologique, nouv. sér. t. VIII, p. 180. — È<fr[^. dpy. nouv. sér. t. I,p. 299.

Le nom AvBi^ est dans Athénée (1) celui d'une courtisane.

Après cette suite de stèles rondes, toutes du même type, on voit la partie inférieure d'un tombeau carré en maçonnerie revêtu de stuc peint, semblable à celui dont nous avons déjà signalé les restes auprès du tombeau au chien, et dont les parties supérieures ont été de même détruites. Puis en approchant de l'extrémité de la butte on distingue, toujours en suivant le même alignement, les massifs centraux de trois autres monuments funéraires d'une certaine importance dépouillés de leurs marbres et de leurs ornements, soit dans l'antiquité, soit de nos jours, car en cet endroit le sol a été plusieurs fois fouillé, et le propriétaire de cette portion de la butte , nommé Eassandjis , déclarée y avoir, il y a quelques années, trouvé un bas-relief considérable, qu'il a vendu et dont il ignore le sort actuel (2).

Tous les monuments qui viennent de nous occuper appartiennent au côté gauche de la Voie Sacrée. Le côté droit est indiqué par le massif du sépulcre d'Anthémocrite sur lequel est bâtie l'église de VÀytx Tptaç, lequel est distant de 25 mètres des tombeaux de la famille d'Agathon. Nous apprenons ainsi à connaître la largeur de la voie antique, qui était, on le voit, celle d'une de nos anciennes routes royales. Il n'a pas encore été fait jusqu'à présent de fouilles autour de l'église de VÀyU Tptàç, mais il y a trois ans on découvrit un peu plus loin, sur une longueur d'une quarantaine

(1) XIII, p. 686.

(2) Ètp7){j.. àpx. nouv. sér. 1. 1,, p. 296.

de mètres, la ligne des tombeaux qui bordaient la Voie Sacrée du côté droit.

Dans l'hiver de 1861 , un ingénieur français alors au service de Grèce, exécutant le grand boulevard , aujourd'hui encore presque sans une maison , qui s'em> branche sur la route du Pirée à la hauteur de l'usine à gaz et conduit de là jusqu'à la place de la Concorde, enleva toute la moitié occidentale du monticule de FAytalptàç. Dans ces travaux on rencontra une série de monuments funéraires antiques, encore en place, disposés sur un seul rang dans l'alignement de l'église et de l'édifice qui lui sert de base, en prenant, bien entendu, une direction parallèle à celle de la ligne de tombeaux découverte en 1863. La façade de tous ces monuments était tournée du côté opposé à celui des tombeaux que nous venons de décrire ; c'étaient donc bien incontestablement ceux qui étaient placés le long de la Voie Sacrée, à la droite du voyageur qui sortait d'Athènes. Rien n'eût été plus facile que de conserver dans son intégrité cette précieuse trouvaille, qui, jointe à celle de 1863, eût donné, à la porte de la capitale du royaume hellénique, un spécimen de route antique bordée de ses sépulcres, comparable à la Voie des tombeaux de Pompéi. Il suffisait pour cela de faire dévier très-légèrement la direction du boulevard projeté. Mais les ingénieurs des ponts et chaussées se laissent peu toucher par les considérations d'art et d'archéologie ; amoureux de la ligne droite, ils n'admettent pas d'autre intérêt. Celui surtout qui dirigeait ces travaux avait une manière à lui de traiter les monuments, et il a laissé sur ceux d'Athènes les traces ineffaçables de son passage. C'est lui qui a complète-

ment gâté l'aspect du temple de Thésée, en l'entourant d'une sorte de jardin anglais, au milieu duquel il apparaît comme un joujou de bois de Nuremberg; qui, en disposant sur le côté Sud du même édifice une e^splanade pour l'exercice des soldats de la garnison, Ta bordée en guise de parapet d'une rangée de fragments antiques, statues et inscriptions, quelques-uns de la plus grande importance et jusque-là soigneusement conservés dans l'intérieur du temple, aujourd'hui à moitié enterrés, presque inaccessibles à l'étude, exposés aux injures de l'air et aux jeux destructeurs des enfants; qui, pour régulariser une sorte d'esplanade déserte autour du temple de Jupiter Olympien, a fait arracher tous les vestiges de la face nord du péribole, que l'on pouvait suivre en entier jusqu'alors à la surface du sol ; qui, sans raison aucune, dans les ruines de ce temple a fait enlever la grille qui protégeait la colonne renversée par l'ouragan de 1850, aujourd'hui en butte au marteau des touristes anglais j qui a mutilé d'une manière irréparable l'Arc d'Hadrien, en faisant briser les grandes dalles de marbre dressées dans les entre-colonnements de l'étage supérieur; qui enfin, dans un rapport au démarque d'Athènes que nousUvons eu entre les mains, se vantait, pour faire apprécier du magistrat municipal le mérite de ses travaux, d'avoir, en créant la rue du Stade, détruit par la pioche ou par la mine 15,000 mètres cubes de maçonneries antiques provenant des murailles de la ville. Le rouge nous monte au front lorsque nous pensons que le souvenir de ces actes d'inexcusable vandalisme s'attache au nom d'un Français, dans un pays auquel nous ne cessons de recommander le respect pour ses monuments,

patrimoine de la chilisation européenne tout entière. Mais c'est la plume d'un Français qui doit avant toute autre les flétrir, de même qu'il appartenait à lordByron de stigmatiser avec le fer chaud de sa poésie les mutilations de lord Elgin et d'écrire sur les colonnes du Parthénon : Qîiod non fecerant Gothi^ fecit Scotus.

Voyant que l'on se préparait à renverser les tombeaux mis au jour pour faire passer le bouleyard sur leur emplacement, les archéologues d'Athènes protestèrent avec vivacité et attaquèrent par la voie de la presse les projets de ringénieur. Mais celui-ci était soutenu par le gouvernement qu'avait saisi la contagion du goût des boulevards, à l'exemple des édilités de nos grandes villes de France. On préféra la rectitude de l'alignement aux antiquités ; gain de cause fut donné à l'ingénieirr, et les archéologues durent se contenter de déplorer une destruction qu'ils ne pouvaient pas empêcher. On avait bien décidé que les monuments, enlevés de la place qu'ils occupaient depuis plus de dix-neuf siècles, seraient soigneusement transportés dans le dépôt d'antiquités du Temple do Thésée. Mais l'opération fut faite si brutalement et avec un tel défaut de surveillance que la plupart furent brisés ou plus ou moins gravement mutilés dans le cours de l'enlèvement. En outre on ne dressa aucun plan des découvertes, de telle manière quo l'on ne peut plus connaître aujourd'hui que la direction générale de la ligne d^s tombeaux et que si, à l'aide des notes insérées à l'époque de la trouvaille dans les recueils scientifiques de Rome (1) et d'Athènes (2), on parvient à retrouver

(1) BulUt. de l'inst. arch. 1861, p. 140 et suiv.

(2) É'fTiîJi. àpx. nouv. sér. 1. 1, p. 5-9; p. 20-22.

au Temple de Thésée les stèles provenant de cette portion de la Voie Sacrée, il est impossible de se rendre un compte exact de leur ordre antique et de leur position par rapport les unes aux autres.

Parmi les monuments découverts dans ces travaux de 1861 , le plus important au point de vue de l'art est un tombeau composé d'un édicule de la même forme que celui de Denys, présentant de même l'aspect d'un naos construit en marbre gris de l'Hyraette, avec les parois latérales terminées en avant par deux antes d'un profil élégant, supportant un fronton au-dessous duquel on lit l'inscription :

API2T0NAYTH2APXENAYT0AAAIEY2

AçjiazovavT-nq Apy^evaurou AAaieuç»

Cette inscription suffît pour indiquer la date du monument, qui doit être presque immédiatement postérieur à l'archontat d'Euclide, époque décisive dans Fépigraphie athénienne. Elle présente en effet déjà l'emploi de l'H comme voyelle selon l'usage ionien, et en même temps on y voit encore APXENATTO pour Âpx^vocvTov, conformément aux règles de la vieille orthographe attique. On sait qu'il y avait deux dèmes du nom de Halœ, Halee JExonides de la tribu Gécropide (1) et Halse Araphenides de l'Égéide (2). C'étaient deux dèmes situés au bord de la mer. A des habitants

(1) Steph. Byz. \° klal.— Corp. inscr. graec. n°» 172 et 185. — Ross, Demen, n"» 6 et 6.

(2) Ibid.— Ihid. n"' 115 et iSS. — Ibid. n" 5.

de Funou de Fautre «onveiiaient donc parfaitement des noms relatifs à la profession de marin, tels que ceux d'Aristonantès et d'Archénautès, dont le premier est nouveau et le second très-rare.

Le fond du naos, au lieu d'être peint comme dans les tombeaux de Denys et d'Agathon, présente une grande plaque de marbre pentélique, d'où sort, sous l'abri du fronton, avec un relief tellement fort qu^il devrait être qualifié de ronde-bosse si la figure n'était pas encore attachée au fond par quelques points de sa partie postérieure, l'image d'un guerrier dans une attitude de combat. Ses traits sont jeunes encore; il porte une cuirasse modelée sur les formes du corps et audessous de laquelle passe une courte tunique ; une chlamyde militaire de dimensions exiguës est jetée sur ses épaules. Sa tête est armée d'un casque que décoraient des ornements rapportés en bronze ; car on voit encore les trous qui servaient à les fixer. Son bras gauche est armé d'un large bouclier de forme ronde, tandis que le bras droit, aujourd'hui brisé, devait tenir Fépée. Le corps est légèrement incliné et de trois quarts, maintenant son poids entre la jambe gauche, portée en avant, et la droite placée en arrière, toutes deux légèrement infléchies pour donner plus d'assiette au corps, comme chez un homme qui fait des armes. Cette attitude, exactement inverse de celle que nous prenons dans les leçons d'escrime, n'est pas une attitude de marche, comme Font cru beaucoup d'archéologues peu experts en ces sortes de matières ; c'est une position de combat. C'est précisément celle que, d'après la nature de leur armement, les anciens devaient prendre lorsqu'ils combattaient à Fépée ; car, tandis

que dans un cas sembable nous portons en avant le bras droit avec lequel nous tenons Fépée qui nous sert à la fois pour Fattaque et la défense, ils devaient présenter à l'ennemi l'épaule gauche, année du bouclier dont ils se couvraient, quitte à changer de position en portant vivement le pied droit en avant lorsqu'ils se fendaient pour frapper leur adversaire. La position de notre guerrier, dans ce système d'escrime, est la parade contre un ennemi placé debout devant soi ; celle de Thésée combattant, du musée du Louvre, la parade contre un adversaire attaquant à cheval. La figure d'Aristonautès est de grandeur naturelle. Le style confirme la date que l'inscription nous a paru révéler. Le travail est excellent, plein de souplesse, de mouvement et de feu. En un mot c'est une sculpture qui mériterait une place d'honneur dans les meilleurs et les plus riches musées.

Le tombeau que nous avons décrit était encore debout lorsqu'on le découvrit en 1861. La figure du guerrier ne présentait que deux légères mutilations, au bras droit et à la jambe gauche. Rien n'était plus facile que de l'enlever pièce à pièce avec soin et de le reconstruire quelque part. Au lieu de cela, on l'abattit si brutalement que plusieurs de ses parties furent brisées et que quelques-unes ont même aujourd'hui disparu. Puis quand les débris en furent portés au dépôt du Temple de Thésée on n'eut même pas la précaution de les rassembler. Tandis que la tête de la figure d'Archénautès était déposée dans l'intérieur du Temple, le reste des fragments prenait place dans cette rangée de débris antiques que, comme nous l'avons dit plus haut, on avait la déplorable idée de disposer tout au-

tour de l'esplanade que l'on créait au Sud du Temple de Thésée. En y cherchant bien, on arrive après une étude patiente, à retrouver ici rimage du guerrier à moitié enterrée (autrement cette figure, brisée dans le transport, n'aurait pu se tenir debout), là les antes, ailleurs l'entablement et le fronton, ailleurs encore la base, à laquelle tiennent les pieds de la figure d'Aristonautès. Heureusement le Journal archéologique d'Athènes (1) a public du monument un dessin fait avant sa destruction par M. Lysandre Kaftandjioglou , dessin précieux en ce qu'il fait connaître les dispositions de l'ensemble, s'il ne donne pas l'idée du beau style de la figure. Nous-même, après avoir fiait mouler à Athènes les diverses parties du tombeau d'Aristonautès , nous en avons dirigé le rétablissement dans les galeries de l'École Impériale des Beaux-Arts. Espérons que le nouveau gouvernement qui vient de s'installer en Grèce montrera pour les arts et les antiquités plus de sollicitude que celui qui Fa précédé, et qu'il se décidera à faire enfin construire le musée, dont les fonds, dus à la générosité de M. Bernardakis, demeurent déposés à la Banque depuis une douzaine d^années sans qu'on les emploie ; nous y verrons alors ce magnifique spécimen de l'art athénien un peu avant l'époque macédonienne, placé comme il le mérite et réellement rendu à l'existence par le rapprochement de ses parties dispersées. Mais on ne pourra malheureusement pas le remettre entièrement dans son état primitif. Lorsqu'il fut découvert, le monument sépulcral d'Aristonautès portait des traces nombreuses des pein-

(i) ÈcoYiix. àpx- nouv. sér. 1. 1, pi. VIII.

tures dont il avait été décoré ; sur les moulures supérieures des antes, sur la corniche et sur les rampants du fronton on remarquait des ornements d'une grande finesse, des rais de cœur et des pirouettes, dont on peut voir le tracé dans le dessin de M» Kaftandjioglou ; le bouclier du guerrier était peint en rouge, et sur le fond du relief apparaissaient encore des vestiges du ton bleu dont il était originairement recouvert (1). Tout cela a disparu au contact de l'air et sous l'action de la pluie. On doit reconnaître la même valeur artistique à une autre sculpture funéraire, brisée en quatre morceaux, dont les figures ont le même relief que celle d'Aristonautès et sont également de grandeur naturelle (2). Le travail n'en est pas très-fin, mais dans l'ensemble, dans le rendu des draperies, dans le mouvement et la disposition des figures, il révèle la main d'un artiste habile de la bonne époque. Cette sculpture retrace une des scènes d'adieux si fréquentes sur les stèles d'Athènes. Un vieillard assis à la gauche du spectateur, sur un siège à dossier, tend la main à un jeune guerrier, casqué, vêtu d'une cuirasse et portant au flanc une courte épée, lequel se tient debout en face de lui. Une figure de femme, placée au second plan, occupe le centre de la composition. Nous avons fait mouler cette sculpture pour les collections de l'école des Beaux- Arts. Elle était placée au fond d'un édicule semblable à celui du tombeau d'Aristonautès, décoré de même de deux pilastres d'antes et surmonté d'un fronton. Sur l'entablement on lit l'inscription mutilée :

(1) Ë<p-o[x. àpjj. nouv. sér. 1. 1, p. 21.

(2) Bulkt. de l'Inst. arch. iSGi, p. 140.

ATOY APXIPPHMEIÏIAAOY nPOKAHSnPOKAEIAOY

AiriAlOOEN PP0KAEIAH2 AiriAIEHS

PAN0IAOY AiriAI..2

<xzo\) AtytXtôGej/.

Apj^iTTTry] Met^taâou.

npox.Xet^y]ç na(fjt.)cftXou AîytXt[eu]ç.

Upovlijç, npo/wXet'^ou Ar/tXtéûOç.

Chose étrange, cette inscription mentionne quatre personnages et l'on n'en voit figurer que trois dans la sculpture. En comparant celle-ci à l'inscription, il semble que le \ieillard soit Proclide, la femme Archippé, son épouse, enfin le jeune homme cuirassé son fils Proclès. Mais que vient faire le quatrième individu mentionné dans l'inscription, dont le nom a disparu tandis que celui de son père n'a laissé que les lettres ATOY? Dans quel rapport de parenté était-il avec les trois autres? Tout est extraordinaire dans sa mention, jusqu'au mot AiyihoQeVf qui désigne sa patrie à la place du mot Alyàievq, employé pour les autres et qui est en effet l'ethnique ordinaire des habitants du dème d'^Egilia. Etienne de Byzance (1) dit même que Fadverbe local était AlyihdBev et non AlyàiôQev, ce qui est conforme aux lois de la formation des adverbes de ce genre.

Mgïliâ, de la tribu Antiochide (2), est placée par Strabon (3) sur la côte du golfe Saronique, entre Ana-

(1) V° Al^iTvta.

(2) Harpocrat, v MyCKla. — Steph. Byz. a, h. v. — Corp. inscr. graee. n" 172.— Ross, Demen, n° 5.

(3) IX, p. 244.

TV

phlystus (aujourd'hui AvaÉvaao) et LampÊra inférieure (aujourd'hui (dwina). On peut donc en déterminer avec certitude la situation dans le fond de la petite crique qui est au pied du mont ÉXu/jiêoç ou 6Xu/^.7roç(l). Le nom de ce dème ne signifie pas, comme Fa cru M. Hanriot (2), un lieu que fréquentent les chèvres, mais un lieu où croît en abondance Vatyiloq, arbuste encore indéterminé (3), que Théocrite (4) et Babrius (5) font pousser avec le lentisque dans les lieux âpres et monta eux, oii les chèvres vont le brouter.

Si les deux tombeaux d'Aristonautès et de la famille de Proclide constituent la part la plus importante au point de vue de l'art des découvertes de 1861, pour l'archéologie le monument le plus précieux est une grande stèle en marbre pentélique, surmontée d'une palmette, qui porte à sa partie supérieure une inscription bilingue, grecque et phénicienne, ainsi conçue :

ANTirATPO2A0POAI2IOYA2KAA (6)

A0M2AAn2A0IVIANn2IAnNI02ANE0HKEN

(0 Leake, Demi, 2' édition, p. 61.

(2) Recherches sur les dèmes, p. 2t8.

(3) M. du Molin (Flore poétique ancienne, p. i80 et suiv.) a proposé d'y reconnaître le chèvrefeuille (Lonicera caprifolium, Linn.); mais sans produire aucune preuve décisive.

(4) Idyll. V, V. 128.

(6) Fab. III, V. 4.

(6) Cette inscription a déjà été publiée et commentée, le texte grec par M. Henzen, le texte phénicien par M. Glldemeister, dans les Ann. de l'Inst.

Le texte grec se lit sans difficultés :

AvTîWTpoç Acppoâtotou A.ayuûà[o)VLTri<;' Ao/jKjaXwç Ao^avw Itèwiot; dviB'WZV'

Le texte phénicien, que, conformément aux habitudes consacrées dans cette branche de l'épigraphie, on devra désormais désigner. par le nom àQ sixième athénienne, appartient à la classe de paléographie aujourd'hui généralement désignée sous le nom de sidonienne et reproduit d'une manière exacte le type de caractères déjà connu par les quatrième (1) et cinquième (2) athéniennes (3). Il n*y a qu'une seule lettre douteuse, à la première ligne, le marbre présentant en cet endroit une épauffrure assez considérable ; autrement elle se transcrit avec certitude en caractères hébraïques :

Dans la première ligne la lecture ne souffre pas de difficulté.

Nous avons d'abord le pronom bien connu de la première personne, "^jj^ , le mort étant censé parler luimême comme dans beaucoup d'autres épitaphes phéniciennes, entre autres dans la seconde citienne (4) et la quatrième athénienne. Viennent ensuite les noms du

arch. t. XXXllI, p. 321-327. Mais le fac-similé donné pi. M, n° 1, est fort inexact.

(1) Journal des savants, septembre 1842. — ÉcpYifj,. àpx- n° 574.— Ann. de VJnst. arch. t. XV, pi. C. — Judas, Étude de la langue phénicienne, pi. IV.

(2) ËtpYijj.. àpx- n°636.— Ann. de l'Inst. arch. t. XV, pi. D.

(3) On remarquera cependant la forme tout à fait insolite et nouvelle du 13 .

(4) Gesenius, Monumenta phoenicia, pi. XI, n" 9.

défunt et de son père, séparés par le mot p, « fils : » mnxiryTas; p iddut, Schemat fils d' Ebedaschthoreth. mnti7VT:i3?, « le serviteur d'Astarté, » est fort exactement rendu en grec par Âcppo^/ôioç. Le nom du fils de ce personnage est moins certain, car c'est dans ce nom même que se trouve la lettre presque eJBPacée. Cependant un examen attentif du monument original ne nous permet d'y reconnaître qu'un td.tdq^, si l'on adopte cette lecture, se rattacherait à la racine hébraïque 13 Q^ et signifierait demissus, remissus, correspondant ainsi exactement au nom propre "îot, sorti de la même racine, que l'on trouve plusieurs fois dans la Bible (1). Mais comment ce nom a-t-il pu être rapproché du grec ÂviiTraTpoç? Car toutes les fois que dans les inscriptions bilingues nous trouvons des personnages ayant de ces doubles noms, le grec est la traduction ou l'équivalent plus ou moins éloigné du phénicien. Ainsi nous voyons se correspondre :

Dans la première maltaise (2) : ^i- •

"iDNTHy —r- AioviSfftoç.

*iatt?nDN — SapaiTfwv.

Dans la première athénienne (3) :

nsrns,^ — ApTeixtSwpoç.

Dans la seconde athénienne (4) :

XÎ^TriJ:! — Noujxijvto;.

(1) f Paralip. 11,28; IV, 17.

(2) Ge&Qnms, Monumenta phoenicia, pi. I.

(3) Ihid. pi. IX.

(4) Ihid. pi. X.

Quant au dernier mot de la ligne, qui se restitue avec certitude ^jSptï^K, c'est l'adjectif ethnique dérivé régulièrement du nom de la ville d'Ascalon, tel qu'il est écrit dans la Bible, ]'\h^^i^ (1). Cet ethnique, identiquement sous la même forme plus le i quiescent, est employé dans le livre de Josué (2).

La deuxième ligne, formant une deuxième phrase, commence par une formule qui avec quelques légères différences se retrouve à la même place dans la deuxième citienne et dans la quatrième athénienne :

6" athénienne, -- "^JN "inNaiDn tî7N

2' citienne, ~ riNJTD^ ^^na ab[v] nava 4^ athénienne, — i'? NiiD-» wa

Le premier mot, qui est commun à la sixième et à la quatrième athénienne, a vu sa signification établie définitivement par M. Quatremère (3). Ce savant y a reconnu et a démontré qu'on ne pouvait y reconnaître qu'une première altération de la forme primitive 'Wïh du pronom relatif qui, quae, quod, lequel, en subissant un dernier retranchement, s'est réduit à la seule articulation ty, qui se rencontre très-souvent avec la valeur du mot complet tû;** dans les textes hébraïques. Tous les orientalistes, sans exception, ont adopté l'interprétation de M. Quatremère. Il est donc bien certain qu'il faut lire : « Ce que. » La deuxième citienne remplace le pronom relatif i^ par le substantif même

(I ) Jud. I, 18 ; XIV, 19. ~ I Sam. VI, 17.-11 Sam. I, 20.

La forme arabe actuelle est encore , tb^A^^c

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