‹ Monographie de la voie sacrée éleusinienne [microform] de ses monuments et de ses souvenirsChapitre 13 sur 48 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

(3) Journal des savants, septembre 1842.

qu'il représente dans notre phrase, nnïD, « le cippe, »■ en y ajoutant Fépithète dSv, «éternel, » et la phrase incidente iinn, « de mon vivant. »

Vient ensuite un verbe qui est à la troisième personne du singulier, t^jiai, avec l'addition de ih, «pour moi, » dans la quatrième athénienne, le mort continuant à y parler dans la seconde phrase. Notre inscription et la deuxième citienne le mettent à la première personne, que caractérise encore plus spécialement le pronom -jjn, écrit immédiatement après dans notre inscription. Notons, du reste, une difîérence d'orthographe entre ces deux textes. Notre inscription écrit ^nNJtan, avec le i final qui est en hébreu le suffixe régulier de la première personne du singulier ; dans la deuxième citienne ce i final est supprimé, nNJia^. C'est là l'orthographe ordinaire des textes phéniciens ; ainsi dans l'inscription d'Eschmounézer (1) nous voyons, à la ligne 4, rua pour l'hébreu ^nija, et à la ligne 19, ni?v3 pour l'hébreu "tvhvB, Cependant on connaît un autre exemple phénicien ou ce ^ suffixe est exprimé; c'est dans la première des inscriptions rapportées d'Oum-el-Awamid par M. Renan (2), à la ligne 4, où le mot injD. est évidemment l'hébreu irii^a, «j'ai construit. »

Mais quel est ce verbe? Dans la forme in^^^ian que fournit notre inscription, et où le n initial nous semble incontestable, on reconnaît avec certitude un hiphil causatif tout à fait régulier et semblable à celui de la

(1) Duc de Luynes, Mémoire sur le sarcophage d^Esmunaaar, roi de Sidon, Paris, 1856.

(2) Journal asiatique, i862, pi. I.

conjugaison hébraïque. Le petit nombre de formes causaiives qu'on avait trouvées jusqu'à présent dans les inscriptions phéniciennes avaient un i en tête au heu d'un n. Ainsi dans la quatrième athénienne et ladeuœième citienne le verbe que nous étudions se présente sous la forme b^JiDi ; dans Finscription sidonienne publiée par M. le comte de Vogtié (1) on lit n^yy^ correspondant à l'hébreu -j^Scn. Mais de notre stèle de la Voie Sacrée on doit désormais conclure que les Phéniciens, dans le paradigme de leur verbe, possédaient deux formes causatives, l'une en Sivsn, semblable à celle de la grammaire hébraïque, et l'autre en hvti\ C'est une précieuse addition à ce que nous savons de la grammaire phénicienne.

Le verbe njid, dont la stèle d'Antipater fournit le hiphil, la quatrième athénienne et la seconde citienne le yiphel^ se trouve au kal dans l'inscription n° 90 du recueil de celles que M. Davis a rapportées de Carthage au Musée Britannique; il se trouvait aussi probablement vers le milieu de la première ligne de la célèbre inscription de Marseille (2). C'est une racine particulière au phénicien, qui manque dans les autres idiomes sémitiques. Sa signification, que les érudits étaient parvenus à déterminer conjecturalement d'après le rôle qu'elle joue dans les inscriptions, devient maintenant incontestable par la correspondance dans les deux textes, phénicien et grec, des mots ïH2inr\ et dvBmzv.

Après ce verbe viennent les noms de celui qui a

(1) Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des Inscriptions, t. VI, pi. V.

(2) Journal asiatique, novembre-décembre 1847. — Judas, Étude de la langue phénicienne, pi. XXVII.

élevé la stèle et de son père, séparés par le mot p, « fils, » et suivis de l'ethiiique bien connu dans les inscriptions ijiï, « Sidonien. » Ces deux noms sont en grecAo//(jaAà)çAoptavâ), et en phénicien ><jnD5n pnSxair^, Dd'mtsaloh fils de Dd'mchanna. On voit que le grec est la pure et simple transcription du phénicien. Les composantes finales de ces deux noms propres entrent dans la composition de beaucoup de noms propres sémitiques. Dans le premier, c'est la racine nS^% bene processit, successum habuit, qui, combinée avec différents noms divins, produit le n^2?JDU7K, quem Esmun {Msculapiiis) prosperavit, de la quatrième athénienne, et le nbïbyi , quem Baal prosperavit, transcrit en grec BoclaCkl-nXi de l'inscription trilingue de Leptis (1). Dans le second, c'est Njn, dérivé de la racine pn, propitius fuit, favit, lequel se trouve sur plus d'un monument employé isolément comme nom propre et entre dans un certain nombre de noms composés. Quant à l'élément initial commun, dî?t, c'est une racine que Ton ne retrouve dans aucune langue sémitique, qui apparaît ici pour la première fois en phénicien et dont, par conséquent, le sens demeure inconnu. Voici la conjecture que propose à ce sujet M. Gildemeister : « Quum çiUali « illud, uti in nomine Aslimunçillali, cumDei nomine « conjungi soleat, et etiam alterum vocabulura channâ « tali usui non adversetur, conjectare possis, numen (( aliquod divinum in voce latere; sed talis nominis « nullum alias vestigium est. »

Le travail d'analyse auquel nous venons de nous livrer nous permet de lire avec certitude, dans le texte

(1) Judas, Élude, pi. Yll, nM.

phénicien de la stèle d'Anlipater d'Ascalon, deux phrases correspondant exactement au texte grec et présentant entre elles ce parallélisme qui est si caractéristique dans les littératures sémitiques :

Ego Schemat filius Ebedaschthoreth, Ascalonius.

Id quod ponere feci ego Do'mtsaloh filim Do'mchanna^ Sidonius.

Au-dessous de l'inscription bilingue est un cartel en creux dans lequel se voit un petit bas-relief. Il représente un cadavre étendu sur le lit funèbre; derrière sa tête un lion se dresse comme pour le dévorer, tandis qu'un homme debout aux pieds du lit semble s'efforcer d'éloigner l'animal féroce et de défendre le cadavre. Derrière ce dernier personnage est dessinée la proue d'un navire. Le style du bas-relief est plus que médiocre et le travail fort grossier. Des vers placés plus bas expliquent cette scène étrange.

MHOEISANGPnnnNOAYiVIAIETnEIKONATHNAE

OSnEPIMENMEAEnNnEPlAHnPniPHKTETANYSTAI

HAOErAPEXOPOAEnNTA!VlA0EAnN2r.PA2AI

AAAAOIAOITHIV1YNANKAIMOYKTEPI2ANTA0ONOYTH

OY2EOEAON*IAEnNIEPA2ArONH02IONTE2

0OINlRHNAEAIPONTEIAEXGONI2nMAKEKPYNMAI

Cette épigramme a déjà été l'objet des études de M. Wachsmuth et de M, Rhousopoulos, dont M. Henzen a résumé les conjectures dans les Annales de l'Institut archéologique. Prenant dans les lectures de ces deux érudits ce qui nous paraît le plus admissible, et surtout

ce que la collation du monument original nous a montré pouvoir s'accorder avec les traces visibles sur la pierre, nous établirons' ainsi le texte :

MïiQsk àvOptiitwv 2raop.a^é.Tto eix,(5va xiijvSe^ iiç irepi {J,£V [JLS Xiwv, -Képi 8' -î) Tcpu&pT) 'xxsxàvuffTat. HXOs "fàp I^OpoXéuiv •cà|j,à EréXuiv (nt[a]pào'at, AXXà tpCXoi x' 7)[xuvav xa( [xou xxspiaav xàcpov ouxy^, Ouç IôeXov cpiXéoùv, kpaç «ko ^r\oç tovxEç.

<i>oiv{x7)V §e XiTTÔv x{7Î)8£ )(^8ov^ (îW[ji,a xé)cpu([x){ji,ai.

La langue de ces vers est barbare; mais, comme le dit M. Wachsmuth, Phoenixgraece balbutit; la syntaxe y reçoit à chaque pas des entorses, enfin les lois de la poésie ne sont guère plus respectées, puisque nous voyons deux hexamètres suivis d'un pentamètre, après lequel reviennent trois hexamètres.

Au lieu de Tuspi â ri Trpwpy] \xzxih\}axai, qui est la

leçon de M. Wachsmuth, M. Rhousopoulos propose de lire Tiept ^£ Tipo^p' hzzzdivuami à la fin du second vers. Mais le marbre original ne permet pas cette lecture. nP()IPH y est incontestable, et quant aux premiers mots, un peu douteux, on ne peut y lire que IIEPIAH ou IIEPIAEI, ce qui ne s'expliquerait que par une faute d'iotacisme semblable à celle qu'offre le TEIAE pour THAE du dernier vers. Nous caractérisons en effet formellement ce TEIAE comme faute d'orthographe, car l'inscription n'est pas d'une date qui permette de supposer que le lapicide, par un reste de vieille habitude, se soit laissé aller à employer quelquefois des formes de l'ancienne orthographe attique, antérieure à l'archontat d'Euclide. Dans le vers 3 le composé èx^poXeW est nouveau, c'est un mot à ajouter

aux lexiques ; mais il se justifie par le composé analogue amlém, dont Théocrite a fait usage (1), et par plusieurs autres de la même espèce, dont M. Lobeck s'est occupé d'une manière spéciale (2). Le mot qui termine ce même vers a sa troisième lettre complètement effacée. Gela étant, nous avons préféré y lire avec M. Rhousopoulos aviocpdaxL pour GTïocpdclcxi, qui convient parfaitement au sens général de la phrase, plutôt que d'y voir, avec M. Wachsmuth, aîropa'cjat, d'un verbe (jTropaÇetv absolument inconnu, que ce savant suppose tiré de anopàç comme iv.iJ.d'C.ziv de ky^àc, et auquel il attribue le sens de dissipare, OTTH à la ligne 4 est certain sur le monument; on ne peut donc pas supposer oStoi, comme le fait M. Rhousopoulos. Ce mot, fort intéressant au point de vue philologique, a été, du reste, parfaitement expliqué par M. Wachsmuth : Ovtyi nove pro xam-ri dictum est, quod métro ut satisfieret, inventum videtur; liabet tamen ex parte quodefendatur; ou enim dip/ithongum in omnibus casibus servavit (sed semper t Uttera miteposita) vulgarisGraecorum lingua (3). Le vers 5 nous offre ensuite le verbe y^ispitsiv employé tout à fait à faux , par un véritable solécisme. Ce verbe xTspt'Çeiv, qu'Hésychius explique parlvracpia^etv et qui est d'un emploi rare, exclusivement poétique, a toujours pour régime direct un nom d'homme, un pronom (4), ou tout au plus l'appellation d'une partie du corps humain (5).

(1) Idyl. XXV, V. 168.

(2) Paraîip. grammat. graec. diss. V, § 7 et 10.

(.3) Cf. MuUach, Grammat. der Griech. Vulgarsprach, p. 194 etsuiv.

(4) Homer. Iliad. A, v. 455; S, v. 33'»; X, v. 330. — Euripid. Helen. V, 1244. — Antonin. Libéral. 37.

(5) Phanoel. ap. Stob. Florileg. LXIV, 14, 18.

Oïl se sert de l'expression jtrepj'^ety Taq)w (1), et Simonide (2) a même écrit : Tovc, à' .... erç tacpo; ê^tTépiaev. C'est, on le voit, exactement remploi du français « ensevelir, enterrer. » Dire comme dans notre inscription KTEpt'Çstv Ta'cpov Ttvo; est une locution tout à fait barbare; on la reproduirait dans notre langue si, en voulant exprimer l'idée d' a ensevelir quelqu'un dans le tombeau, » on disait « ensevelir le tombeau de quelqu'un. » Ou; ËGeAov cptXeW, dans le vers suivant, est une expression intraduisible tant elle est mal tournée ; c'est évidemment une périphrase destinée à remplir le premier hémistiche et désignant les amis : comme le remarque M. Wachsmuth, barbare quidem dictum est, ita tamen ut intelligi possit. Enfin, dans le dernier vers, l'emploi de la forme Imov, c'est-à-dire du participe neutre mis en rapport avec a&^a , est entièrement contraire au génie de la syntaxe grecque ; régulièrement et élégamment il devrait y avoir :

Après ces observations philologiques nous pouvons traduire l'épigramme de la stèle d'Antipater, non pas en serrant rigoureusement le texte, ce qui serait impossible tant il est barbare, mais en en reproduisant du moins le sens général.

« Que personne ne s'étonne en voyant cette repré- « sentation , d'un côté de moi un lion , de l'autre la « proue de mon navire. Car un lion ennemi est venu « de cette manière, voulant déchirer mon corps; mais (( mes amis, descendus du navire, m'ont défendu et

(1) Sophocl. Antigon. v. 264.

(2) Anthol. Palat. VU, 270.

<( nVont iei enseveli dans le tombeau. Venu de la Phô- « nicie, je repose maintenant dans cette terre. »

La forme des lettres indique le second ou le premier siècle avant l'ère chrétienne. Lisant le récit de cette étrange lutte des amis d'Antipater pour défendre son cadavre contre un lion qui voulait le dévorer, M. Rhousopoulos a pensé que l'on devait y reconnaître une preuve positive de ce que l'espèce du lion existait encore dans la Grèce, à cette époque de l'histoire. Ainsi se trouverait confirmé le célèbre passage d'Aristote (1 ) sur l'existence des lions en Europe, que quelques-uns ont cru copié sur ce que raconte Hérodote (2) des lions qui, en Macédoine, attaquèrent les bagages de l'armée de Xerxès. Mais nous ne saurions admettre cette conclusion. Hérodote dans son récit place les lions aux environs d'Acanthe, ville macédonienne dont le type monétaire constant est la figure de cet animal dévorant un taureau (3). Aristote, qui, croyons-nous, parle bien de ce qui existait encore de son temps, limite formellement le territoire où se rencontraient des lions à la région de montagnes et de forêts située au nord de la Orèce, entre l'Achéloiis et le Nestus, Pour la Grèce proprement dite et surtout pour une contrée aussi peuplée et aussi cultivée que Tétait l'Attique, les lions en avaient disparu dès avant les temps historiques, et le simple bon sens suffit pour faire comprendre que ces énormes animaux n'erraient plus dans le Parnès, dans le Pentélique et dans l'Hymette au second siècle avant Jésus-Christ. Cependant nous ne pensons pas, avec

(1) Hist. anim. VIU, 28, 6.

(2) Vni, 125.

(3) Eckhel, Voctr. num. vet. t.U. X). G'i.

M. Henzen, «que la teneur obscure de répigramme « doive faire admettre la possibilité de ce que le fait « raconté se soit produit dans un autre pays que celui « où était le tombeau (1). » L'inscription précise d'une manière qui nous semble positive le pays de la sépulture comme étant aussi celui où s'était passée l'aventure du lion. Pour nous, le fait qu'elle relate ne paraît possible à croire et à expliquer que si l'on admet que le corps d'Antipater d'Ascalon, déjà étendu sur son lit funèbre selon l'usage phénicien, fut dans le voisinage du Pirée en butte aux attaques de quelque lion échappé d'une ménagerie où on le gardait à titre de curiosité. Pareille aventure était surtout extraordinaire et digne d'être relatée sur un tombeau dans un pays où le lion n'était pas indigène. On sait les ravages que peut quelquefois exercer un animal féroce échappé d'une ménagerie ; telle était la bête du Gévaudan, qui fît tant de bruit dans le siècle dernier. Au reste, si l'inscription de la stèle d'Antipater nous apprend l'aventure d'un lion à Athènes 200 ans avant notre ère, la Morale en actions nous a fait verser à tous des larmes d'émotion dans notre enfance avec l'histoire du lion de Florence, arrivée de même à un animal échappé d'une ménagerie. Il faudrait conclure de cette histoire que les lions étaient indigènes à Florence sous les Médicis, si l'on admettait la conclusion que M. Rhousopoulos a tirée des vers de la stèle trouvée sur la Voie Sacrée en 1 861 . Une autre stèle de la même forme, en marbre pentélique, couronnée également d'une palmette et haute de 0'".92, portait une inscription en trois lignes, au-

(1) Nous devons cependant remarquer que cette opinion est aussi celle de M. Guigniaui, ce qui lui donne une grande autorité.

dessous de laquelle avaient été gravées après coup deux autres lignes, plus courtes. Mais cette double inscription a été dans l'antiquité martelée avec un tel soin qu'il nous a été impossible d'en rien lire. Au-dessous est un cartel en creux dans lequel on voit en bas -relief la scène ordinaire des adieux entre une femme défunte et son époux. Une figure de femme voilée a été ajoutée plus tard dans le fond de la composition. C'est probablement celle d'une fille de la première défunte, enterrée quelques années après à côté de sa mère et dont le nom avait été également ajouté à l'inscription (1). Cette stèle, conservée comme l'autre dans le Temple de Thésée ne mérite pas une grande attention et, par suite de la disparition de l'épitaphe qu'elle portait, ne nous apprend rien. Beaucoup plus intéressante est une petite stèle ronde en marbre bleuâtre de l'Hymette, qui nous offre une inscription métrique gravée après coup au-dessous du nom du mort de la manière suivante :

E I C I n N nPOOYMOY M I A H 2 I O 2

MOlPIAlOlKAniTHPeSin

nANAOYKTONANANKH

ZEYriVlEniAY2THNOI2

nAI2BPOTnNOEMENOI TOYMEXAPINnPO0YrONTAniKPANnAINATEKOY2H2 HrArETEIMEPTOYnPO20AO2HEAIOY N...ENTOICneiPA2INAin(ONAI(ONIAneN0H

eiKoceTHCcî>oiMeNcoNCTYr..n.A.

(1) Sullet. deVInst. arch. 18Gf, p. tiO..

La figure- de cette stèle a été publiée par M. Pillai iys (1). Mais le regrettable éphore des antiquités d'Athènes n'avait que fort imparfaitement déchiffré la partie métrique. Aussi quelque temps après M. Castorchis en a-t-il publié un nouveau fac-similé avec une excellente explication (2). Nous adoptons entièrement les lectures et les restitutions de cet habile professeur de l'Université hellénique, et nous n'adresserons qu'une seule critique à son travail, c'est que, préoccupé delà présence de lettres de forme lunaire, il nous paraît faire descendre trop bas la date de cette inscription. Nous la croyons, quant à nous, du premier siècle avant Tère chrétienne, et les formes paléographiques sur îesquelles M. Gastorchis a basé son opinion nous semblent tenir uniquement au caractère presque cursif de récriture employée pour la partie métrique (3).

MoipiStoi x^vwcT^psf;, lui, TtavàcpuxTov àvccYXï).

Zt\j^[x Inl SuaxTJvotç •naia[t] ppoxwv Srlf^evot, Toû \>.z )(àptv 'jrpocûUYÔvTa Trixpàv (o&ïva xsxoiSaris ■

É'^à'(zx' eifXEpxou irpoç cpaoç -fjsXioo'j N[ûv p.JévTot c'jTe{pacn Xmàv atcovta uévOr),

Ely-offeTTiç cf6i[JLévcov axù^l"/ 6]i:[ô] 8[ti(J(,âx' I6y)V .

Le lapicide a commis deux erreurs que les besoins de la quantité font facilement corriger. Il a écrit Ukll au lieu de naial et 2nEIPA2IN au lieu de afidpaau

,.■ , ■■-■■■■ -.— > — — ..II — M - . f

(i) Écpripi. àpx- nouv. sér. 1. 1, pi. VII, n» 38.

(2) Ibid, p. 62 et suiv.

(3) L'imperfection des procédés typographiques ne permet pas de juger de cette circonstance dans la copie que nous venons de donner; mais on peut la discerner dans le fac-similé du Journal archéologique d'Athènes. Les trois premières lignes sont gravées avec soin au ciseau; la partie métrique tracée grossièrement à la pointe sèclie.

AU point de vue philologique nous ferons remarquer remploi insolite du participe ansi^avzeç, pour désigner îes parents. Imipeiv zénvot est, du reste, une métaphore que l'on rencontre dans Platon (1), dans Euripide (2) €t dans LycophYon (3). Sophocle a même dit : q; «S a sauEtpe (4), et : ô'JsvTrsp auto; kaizdcp^n (5). Euripide : ravt iv.zi h 'eaT:oc^'/iy.ev (6). Enfin Suidas, copiant un auteur plus ancien qu'il ne nomme pas, dans son article A^hm Ta^àp, emploie Fexpression cTrapejç Ik ITavoç. ToO, au commencement du vers 3, est employé pour zhoc,, comme dans Aristophane : eiretra toO §éei (7) ; Homère emploie de même izio : ÀrpstSy^? zéo è' aW Intpi/iJicpeat (8) ;

et reO : rev ^co/^iaQ' u(ùiÀai (9).

La portion métrique de Tépitaphe d'Ision de Milet forme, comme on le Toit, une épigramme de trois distiques, d'une grande élégance et tout à fait digne d'être admise dans les suppléments que Ton joindra à l'Anthologie. En voici la traduction :

«Pourquoi les fuseaux des Parques, qui placent, « hélas! sur les infortunés enfants des hommes un lien <( que la nécessité ne permet pas de secouer, m'ont -ils (( fait survivre aux amères douleurs de la mère qui m^en- « fantait pour m'amener à la douce lumière du soleil ? « Car maintenant après cela, laissant à mes parents

H),Leg' VIII, p. 8il.— Cf. Resfuhl. V, p. 4U0.

(2) Phœniss. v. 18 et 22.— Med. v. 663.— Orest. v. 7î)<).— Hippolyl. V.G08.

(•3) Cassandr. v. 472,

(4) Aj. V. 1293.

(5) OEdip.Tyr.y. 1498.

(G) Ion, V. 656.

(7) Plut. V. 827.— Cf. Phot. Lexîc. v° -coO.

(S) Iliad. B, V.225.— Cf. Iliad. Q, v. 128; Odyss. U, v. 305.

(9) Odyss. 0, V. 508.— Cf. û, V. 257.

« des regrets éternels, je suis descendu, âgé de \ingt « ans seulement, dans les tristes demeures des morts. »

Présidant à la destinée humaine, les Parques sont les déesses de la naissance aussi bien que celles de la mort ; c'est à ce titre qu'elles sont mentionnées dans notre inscription , c'est à ce titre qu'on leur donne quelquefois llithyie pour parèdre (1).

Au-dessous de l'épilaphe, la stèle d'Ision nous présente un petit cartel en creux dans lequel est sculptée l'image d'une amphore. Ce symbole se rencontre sur un grand nombre d'autres stèles et se ratlache évidemment à la même idée que le type de monuments funéraires sî multiplié dans l'Attique, où le tombeau est surmonté d'un grand vase en marbre à une ou deux anses, portant le plus souvent un bas-relief sculpté sur la panse (2). On sait aussi que les peintures de vases grecs emploient très- fréquemment l'image d'une hydrie ou d'une amphore pour indiquer l'emplacement d'une sépulture. Chose étrange, cet usage si généralement répandu à Athènes, au centre même de la vie et de la civilisation helléniques, n'est pas relaté par les auteurs anciens. Harpocration (3) et Pollux (4) disent seulement que les Athéniens plaçaient une hydrie sur la tombe des jeunes filles mortes vierges. Mais la notion qu'ils fournissent est bien incomplète, puisque le vase se rencontre à Athènes sur le tombeau d'individus de tout âge, de tout sexe et de toute condition.

(J) Pausan. Vlil, 2i, 2. — Plat. Stjmpos. p. 20(5.— Pindar. Oîymp. VI, V. 70; Nem. VI(, v. 1 — Antonin. Libéral. 29.— Cf. Bœltiger, Uithyia, p. i6.

(2) Sur les différentes varléfés de ce type de monuments funéraire?^ voy. Pervanogiou. Die Grahateine der altcn Gricchen, p. î5.

(3) V° AouTpo'fdpo;.

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