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voyage pour le succès duquel nous poumons, à l'exemple du chœur des Grenouilles d'Aristophane, invoquer l'escorte et le secours du Génie des mystères :
IIpoç xr,v S'sôv, YMi ètï'EùV, w; aveu ttovou UoUyiV odov TrepaJvetç (1).
Pour nous et pour nos lecteurs, bien plus encore que pour les raystes du poète comique, cette
route sera longue, car nous la suivrons avec la plus grande lenteur et nous y ferons plus d'une fois l'école buissonnière. Nous nous arrêterons devant tous les débris du passé, même les plus informes, comme je le faisais réellement lorsqu'il y a trois ans je parcourais chaque matin cette route, au risque de faire rire les gamins aux dépens de « ces fous de Francs (TpeXAocppayxoi) qui « n'aiment que les vieilles pierres. » Nous nous souviendrons de ce que Gicéron disait d'Athènes et de ses environs : Id quidem infaitum est in hae urôe; c/iiacumque enim ingredimur, in aliquam lustoriam vestigium ponimus (2). Nous rechercherons toutes ces histoires et nous nous occuperons d'é-
(1) Aristophan. B.an. v. 400-403.
(2) Cic. De fin. V, 2.
€Îaircir soigaeusement les difficultés qu'elles peuvent présenter, sans nous restreindre dans les limites d'aucune époque, car nous croyons que rien ne doit être négligé ou méprisé dans les annales de l'humanité. Les faits les plus obscurs, les âges les moins brillants, sous le regard de la critique, ont toujours quelque chose à nous apprendre. Notre but sera, du reste, atteint si le lecteur ami de l'érudition et de l'histoire ne s'est pas trop ennuyé après nous avoir suivi jusqu'au bout de ces deux volumes, et par-dessus tout, si, sur quelqu'un des points que nous y examinons, nous parvenons à contribuer, dans la limite de nos faibles forces, à l'avancement de la science.
En terminant cette préface, je dois exprimer ma profonde reconnaissance à tous ceux qui ont bien voulu m' aider, m'encourager, me conseiller et me corriger dans mon travail : à M. Vitet, dont le nom doit se trouver le premier sous ma plume en tête de la Monographie de la Voie Sacrée, comme en tête des Recherches archéologiques à Eleusis j et pour la même raison; à M. le baron De Witte, le plus ancien ami et le constant collaborateur de mon père, dont l'affectueuse bienveillance ne m'a jamais fait défaut et m'a permis de trouver toujours auprès de lui pour mes études des avis vraiment paternels; à M. Guigniaut, qui a consenti, avec une bonté dont je ne saurais assez le remer-
cier, à vouloir bien lire les épreuves de mes deux volumes^ que j'étais heureux de pouvoir soumettre à son jugement si plein d'autorité; enfin à mon ami M. Emmanuel Rey^ qui a eu Textrême complaisance de dessiner lui-même^ avec le talent qu'on lui connaît, en partie d'après mes propres notes et en partie d'après les levés topographiques de Tétat-major bavarois^ la carte qui accompagne cet ouvrage.
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