‹ Monographie de la voie sacrée éleusinienne [microform] de ses monuments et de ses souvenirsChapitre 20 sur 48 · A..OY · texte numérisé non relu

A..OY

Fragment de stèle plate à fronton, en marbre pen-

télique.

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Fragment de stèle plate à fronton, en marbre pen-» télique.

M. Rhousopoulos (1) signale aussi comme trouvée il y a quelques années à la surface des terres par le. nommé Kassandjis, au-dessus du tombeau dont le basrelief représente un repas funèbre, une stèle de marbre sur laquelle est sculptée l'image d'un soldat romain cuirassé, tenant une haste de la main droite et un sac de la gauche, le glaive suspendu au côté. Une inscription latine gravée au-dessous fait savoir que c'est un prétorien nommé Q. Statius Rufinus, mort à trente-huit ans après dix-huit années de service militaire. Malheureusement le savant éditeur du Journal archèolorgique d'Athènes n'a pas publié l'inscription elle-même, et nous ignorons oti se trouve aujourd'hui le monument original.

Les inscriptions que nous avons données plus haut sous les n''* 5-17 provenaient également des parties supérieures de la butte de Yk-^k Tptàç, et il est plus que probable qu'il en était de même d'une partie des

(I) È9Yi[X. àpx- nouv. sér. t. I, p. 296.

stèles rondes exhumées en 1861, spécialement de celles que nous avons enregistrées sous les n°* 55, 67, et 90.

Guidé par les indications qui ressortent de ces tombeaux et des traces d'ateliers de céramistes antiques, M. Rhangabé(l) a émis une conjecture consistant à voir dans l'enfouissement des monuments funéraires du voisinage immédiat de la porte Dipyle le résultat de la prise d'Athènes par Sylla, qui, pour entrer dans la ville, fît abattre, au rapport de Plutarque (2), la partie des remparts située entre la porte Dipyle et la

porte Piraïque, ro pieTa^v t>7ç Iletpaaiîç TTuXviç ytoù w<; ïepaç

y.aT(xay.dc^(Xç, y.où cvvopLalvvaq»

Nous adoptons volontiers cette conjecture, qui nous paraît fort bien s'appliquer à la nature des murs de la ville à l'époque de la guerre de Mithridate. Ces murs, relevés par Gonon (3) sur l'emplacement de ceux qu'avaient renversés les trente tyrans, réparés par les soins de Démosthène après la bataille de Chéronée (4), et d'une manière plus complète par les soins de l'orateur Lycurgue (5), n'étaient pas bâtis en pierres de taille dans toute leur hauteur. A l'époque où ils avaient été reconstruits, on avait constaté par l'expérience que les murailles de pierre souffraient trop des coups des machines, et, sauf dans les fondations, on employait la

(1) Dans l'Eùvoixto du 31 mai/ 12 juin 186:?.

(2) Syll. 14.

(3) Xenoph. Hellenic. IV, 8, 9-12. — Diod. Sic. XIV, 85. — Corn. Nep. Conon, 4; Timoth. 4. —Cf. Demosth. In Leptin. p. 477. — Plat. Menexen. p. 245.

(4 ) Demosth. Pro coron, p. 243, 266 et 325. — ^schin. In Ctesiph. p. 420. — Lycurg. In Leocrit. 44. — Pseudo-Plutarch. Vit. dec. Orat. 5, p. 203. (5) F'oy. Otifried Millier, De munimentis Âthenarum, disp. l\.

brique crue, 7uXiv9oç ù>ij.yi (1),TrXtv0oç yrMi (2), qui n'éclatait pas comme la pierre au choc du bélier et en amortissait la YÎolence. On avait ainsi découvert le principe , qui fait aujourd'hui préférer aux murailles de pierre, comme résistant mieux au boulet, des remparts entièrement en terre, tels que ceux que Todtleben avait élevés autour de Sébastopol. C'est dans ce système qu'Aristophane (3) fait construire les murs de sa cité fantastique de Néphélococcygie :

dpviOec;, ouSek aXXoç, oôx Al'^ùizxioç nXtv6ocp6po(;, ou XiôoupYÔç, ou Téxxtov irapïjv, âXX' auT^j^sipEç, dSoTS SraufxàÇetv è(JiÉ, Ev. {xév *^s AiêiSiQç -^xbv tbç •cpiafxiSpiat répavot^ S'S[i.eA£ou(; xaxaTîeTWxu'ïai XJQooç. To6touç 8' E-uiJXi^ov at xpsxeç xoiç pù^yeai^. ÉTispot 8' STtXt,v6o7ro(ouv ueXapYoî [x^piot.

Les murailles de Mantinée (4) et de Platée (5) étaient faites de cette manière. Quant à celles d'Athènes, nonseulement Démosthène (6) et Yitruve (7) attestent que dans leur plus grande hauteur elles étaient faites de briques; mais nous possédons l'inscription relative à leur réparation sous l'autorité de Lycurgue (8) , laquelle fournit les plus amples détails sur la façon dont elles étaient construites. L'appareil en pierres brutes ,

(1) Paiisan. Vlll,8, 5.

(2) Xenoph. Anabas. VII, 8, 14.

(3) Av. V. 1136 et suiv.

(4) Xenoph. Hellenic. V, 2, \. — Pausan. VIII, 8, 5.

(5) Thucyd. III, 20.

(6) Pro coron, p. 325.

(7) De arcMtect. Il, 8.

(8) Bullet. de l'Inst. arch. 1835, p. 49 et suiv. — Oltfried Mûller, De munimentis Athenarum quasstiones historicœ, et tituli de instauratione scripH explicatio. Goettingue, 1835, in-4''. — Rhangabé, Ant. hellén. n° 771.

h^okoy/i^oiTot, taillées seulement sur leur face extérieure, ne s'élevait qu'à deux pieds au-dessus de la terre, v^ac, Tïoim UTTsp yHç, [XYi ïkaxTQv ^ SiTTo^ia/ai; , et tout le reste était en briqués séchées; au soleil. Les briques crues se désagrégeant dans la chute et dans l'iamoncellement, le renversement d'un mur ainsi fait ne peut produire qu'un simple amas de terre, que le temps rend de plus en plus compacte. Il y avait environ 280 mètres de distance entre la porte Dipyle et la porte Piraïque; la hauteur des murailles était de 40 coudées (1) ou 60 pieds grecs (2), la largeur de 16 pieds (3). La destruction de la partie de mur abattue par Sylla produisit do;QC une masse énorme de décombres de terre, qui ne furent certainement pas transportés au loin, et qui, ne pouvant tenir sur les rochers étroits et escarpés ot s'élevait l'heptachalque (4), durent glisser au pied de ces rochers en formant la butte de, l'Ây/a Tptàç, ainsi que les pentes déterre qui garnissent du côté de l'Occident la base des escarpements surmontés aujourd'hui par la chapelle de XaX-aovpi.

On pourrait, il est vrai, soulever des objections en s'appuyant sur ce fait que le monticule de VÀyU Tpiàç se compose exclusivement d'un sable fin et divisé, tandis que l'amoncellement d'une masse de briques crues produirait une butte de terres argileuses. L'ob-

(1) Appian. De tell. Miihridat. 30.

(2) Le pied en usage à Athènes, et d'après lequel sont calculées les mesures du Parthénon, était le pied olympique , long de 0'",30864. To^/. Vasquez Queipo, Essai sur les systèmes métriques et monétaires des anciens pewpZes, t. I, p. 386 et suiv. i

(3) Thucyd. I, 93. — Aristoplian. Av. v. 1126. — Cf. Ottfr. Millier, De munim. Athen. p. 8 et suiv.

(4) C'est le nom que Plutarque {Syll. 14) donne à l'endroit où Pausanias signale le monument du héros Chalcodpn.

jection est grave, mais quand même elle ferait rejeter l'opinion de M. Rhangabé sur ce point, ellq ne démentirait pas nécessairement l'idée que le, monticule a été formé lors de la prise- d'Athènes par Sylla.' Pour atteindre à la muraille avec ses machines, le général romain dut, suivant les usages militairies constants de ses compatriotes, élever un agger conduisant en pente douce du niveau de la plaine au sommet des rochers que couronnait à leur partie la plus haute l'héroum de Chalcodon. Nous avons donc dans la butte de l'Ayia Tptàç les restes de V agger de Sylla, sinon les débris de l'écroulement de la muraille d'Athènes.

En tous cas la formation de la butte ne saurait dater d'une autre époque. Pour quiconque connaît les usages antiques, l'enfouissement sacrilège d'une chose aussi protégée par la religion que des tombeaux ne peut avoir eu lieu qu'en vertu d'une nécessité militaire absolue. Le monticule de FAyta Tptà; n'a pas été formé dans un but de défense, car on aurait trouvé à son sommet quelques traces de la fortification avancée qu'il aurait supportée. Il n'a donc pu être créé que dans des travaux d'attaque. Or pendant les siècles de la, domination romaine il n'y a pas eu de siège d'Athènes dans l'intervalle entre celui de Sylla et l'entreprise des Goths sous Valérien, et l'on sait qu'alors h ville était déjà tellement réduite et ses remparts si peu en état de défense que l'on fut obligé de créer une nouvelle enceinte dont on a trouvé les traces au bas d( l'Acropole, ainsi que sur l'emplacement du Portique d'Attale. De plus, les tombeaux trouvés au sommet de la butte de l'Âyt'a Tptàç datent du premier et du second siècle de l'ère chrétienne, comme le prouve la forme

des lettres de leurs inscriptions. Le monticule existait donc dès cette époque, ce qui nous reporte encore pour sa formation au temps de Sylla.

On sait que les portions de remparts renversées par le général romain ne furent pas relevées. L'état précaire dans lequel se trouva pendant longtemps la ville après les affreuses dévastations de cette lutte ne dut pas permettre d'entreprendre immédiatement un travail aussi considérable que l'enlèvement des masses de décombres produites par la chute des murailles ou la destruction àeVagger créé pour aborder le rempart. Et ceux qui ont vu l'insouciance avec laquelle les Orientaux bâtissent encore aujourd'hui sur des décombres, sans penser à déblayer d'abord le terrain, n'auront pas de peine à admettre que des établissements industriels, et même de nouvelles tombes, auront pu s'établir en cet endroit avant qu'on n'eût cherché à le dégager, et y auront rendu impossibles tous travaux ultérieurs.

Ainsi s'expliqueraient, et la merveilleuse conservation des tombeaux d'Agathon et de Denys, et le silence que garde à leur endroit Pausanias, si soigneux à noter tous les monuments funéraires ornés de peintures qu'il rencontre sur son passage. On ne les voyait probablement déjà plus de son temps. Seule la sépulture d'Anthémocrite , à l'endroit oii se montre aujourd'hui l'église de la Sainte-Trinité, sortait du flanc du monticule formé par l'écroulement des anciens remparts, dans lequel ses assises inférieures devaient être engagées.

Ce chapitre était achevé d'imprimer et les six feuilles composant la première livraison de notre ouvrage avaient déjà vu le jour, lorsque nous avons reçu le savant travail de M. Antonio Salinas, intitulé : [monumenti

sepolcrali scoperti neimesi di maggio, giugno e luglio 18(53 pressa la chiesa délia Santa Trinità in Atena, Turin 18C3, in-4°.

L'auteur y commente, avec de grands développements et une érudition ingénieuse, une partie des monuments qui viennent de nous occuper. Par une coïncidence que nous sommes Ueureux de constater, car elle nous semble la meilleure confirmation de nos conjectures, il s'est en plus d'un point rencontré avec nous, jusqu'à citer les mêmes passages à l'appui de ses idées.

D'excellentes planches accompagnent la dissertation de l'archéologue italien. Nous les recommandons à l'attention du lecteur, que nous aimerions à voir s'y reporter. Favorisé dans son pays d'encouragements gouvernementaux qui nous faisaient défaut, M, Salinas a pu se permettre sous ce rapport des dépenses dont nous avons dû nous abstenir, Aussi notre travail a-t-il le grave inconvénient de-ne pas être accompagné de figures qui l'éclaircissent.

Voici, du reste, l'indication des dessins reproduits par la photographie qui sont joints au méraioire publié à Turin :

Planche I. — Plan et élévation de l'ensemble des tombeaux de l'Agio. Tpià; tels qu'ils étaient au mois de juillet 18G3.

Planche II. ~ Monument de Déxiléos.

Planche III.— Détails de l'architecture et des ornements peints des édîcules d'Agathon et de Denys.

Planche IV, — A. Stèle d'Agathon.

B. Bas-relief du banquet funèbre,

C. Vase funéraire découvert auprès des tombes de la famille d'Agathon. D.E.F. Sarcophage simulé derrière le monument de Déxiléos, avec ses

ornements peints.

G. Brique ornée de peintures provenant d'un des tombeaux postérieurs à la formation du monticule.

, H. Figure de taureau cornupète qui surmontait le monument de Denys. L. Tombeau au molosse.

Planche V.— A. B, Plans topographiques du terrain autour du monticule de l'Âyto Tptdç.

Ç. Inscription de la stèle de CoralUon. M. Salinas y a relevé, au moment de la découverte, un détail qui a échappé aux autres observateurs. C'est un premier tracé fait au pinceau pour guider le lapicide, et ensuite abandonné. H comprenait seulement le nom

KOrAAAlON

en lettres plus grandes que celles de l'inscription définitive.

D. Inscription de la base du tombeau de Denys.

E. Inscription peinte du même tombeau. M. Salinas y a lu :

AlONrsiOSAAfJNO

Aiovtiaioç AXcf-tvou (?)

Le second mot avait absolument disparu lorsque nous avons vu le monument, en septembre 18G3.

F. Inscription du clppe de Mélis avec ses traces de peinture.

G. Stèle d'Hésyclîia l'Épirote.

H. Stèle d'Anthis d'Églne.

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