CHAPITRE VI
LE TEMPLE D'LVGGHUS GYAMITÉS.
Nous reconnaissons, avec Kruse(l), remplacement du temple de Cyamitès dans les fondations helléniques bien caractérisées d'un édifice plus considérable qu'un tombeau, qui se voient, avec un puits antique, à droite de la route, à Fendroit où les deux petits ruisseaux descendant du mont Gorydallus s'unissent en un seul pour traverser la Voie Sacrée, Fauvel, au commence-r ment du siècle, y a positivement constaté l'emplacement et les débris d'un petit temple (2).
La manière dont Pausanias parle du sanctuaire de Cyamitès ofTre un curieux exemple des réticences et des tournures embarrassées dont l'auteur de la Description de la Grèce enveloppe sa pensée, toutes les fois qu'il arrive à un sujet oii la doctrine mystique se trouve engagée. « îî y a là le tombeau de Mnésithée. « C'était, dit-on, un excellent médecin, qui dédia « plusieurs statues, parmi lesquelles était celle d'Iac- « chus (|y o£ç xaî lœ^^x^c, TTETTor/iTOt). Sur le bord de la « route est bâti un petit temple consacré à Cyamitès. « Je ne puis pas dire positivement si ce personnage n est celui qui a le premier semé des fèves (ku^^ouç) ou
(1) îldlaz, t. lï, p. 174.
(2) if a(/osin encyclopédique, 1806, t. lîl, p. 117,
« si Ton a donné ce nom à quelque héros, car on ne <( pouvait pas attribuer à Cérès l'invention des fèves. « Celui qui a assisté aux mystères d'Eleusis ou qui a lu « les livres Orphiques sait ce que je veux dire, » ourtç
o?(5ey 'kiy(ù (1).
Nous comprenons facilement le sens de la première réticence et l'intention dans laquelle Pausanias indique, sans motif plausible apparent, cette statue d'Iacchus dédiée par Mnésithée. Moins discret que le périégète, Hésychius(2) nous apprend que ce héros Cyamitès, mentionné encore par le Pseudo-Plutarque (3) et par Fauteur du Leœicon rhetoricum publié dans les Anecdota de Bekker (4), n'était autre qu'Iacchus. Pausanias n'osant pas le dire ouvertement, par crainte superstitieuse, l'a donné à deviner au lecteur attentif, en parlant d'Iacchus dans la phrase qui précède immédiatement celle oti il nomme Cyamitès.
En revanche, nous sommes réduits aux conjectures pour deviner la pensée dissimulée sous les allusions mystérieuses aux initiations d'Eleusis et aux livres orphiques que contient la dernière phrase.
La fève était considérée comme impure dans le culte de Déméter, -avaiiov [àIv ouv, Icp ôtco ix-n ■aoiBccfov ûvai vopj^ouaivoairptov : c'est ce que nous dit encore Pausanias (5) quand il nous raconte la tradition de Phénée en Arcadie, d'après laquelle Cérès aurait donné aux habi-
(1) Pausan. I, 37,3.
(2) V» Kuanet-CYiç.
(3) Yii. dec. orat, p. 837.
(5) Vlll, 15, t.
tants les premières semences de toutes les plantes où l'homme trouve une nourriture, excepté de la fève. Dans les poésies attribuées à Orphée on remarquait ces deux préceptes, dont le premier était conçu dans une forme évidemment mystique,
et
Cette défense était d'origine égyptienne (3) et avait passé dans tous les mystères (4)* Pythagore l'avait aussi imposée à ses disciples (5), et jusqu'à une époque postérieure à l'hégire, les Sabéens de Harrân, qui avaient conservé la plupart des observances des anciennes religions orientales , s'abstenaient de fèves et d'oignons (6).
Mais quelle était la cause d'une semblable défense? Ainsi que toutes celles du même genre dont on retrouve la trace dans les cultes du polythéisme, elle n'avait pas, comme les abstinences chrétiennes, sa source dans une idée de mortification, inconnue aux anciens, mais
(1) Plutarch. Symposîac. II, 3. — Didym. Geopon. II, 35. — Lyd. De mens. p. 7G. — C'iem. Alex. Stromat. III, p. 435. — Lucian, Gall. 4. ~ Athen. II, p. 65. — Euslath. ad Homer. lliad. N, p. 948. — Cf. Lobeck, Agîaopham. p. 251 et suiv.
(2) Didyra. Geopon. Il, 35. — Aul. Gell. Noct. attîc. II, 11, — Gregor. Naz. Orat. XXUI, p. 535.
(3) Herodot. II, 37. — Diod. Sic. I, 89. — Plutarch. De Is. et Osir.b.— Porphyr. De abstin. carn. Il, 26.
(4) Plutarch. Quaest. rom. 95. ~ Artemidor. Oneirocritic. I, 65.
(5) Plutarch. Symposiac. II, 3; VIU, 8. — Cic. De divinat. I, 30 — Porphyr. Vit. Pythagor. 44. — Clem. Alex. Stromat. III, p. 521, éd. Potier. — Diogen. Laërt. VIII, 34.
(6) Chwolsohn, Die Ssabier md der Ssabismus, t. II, p. 10 et 109,
dans certaines idées religieuses qui s'attachaient à cette plante.
Aulu-Gelle (1) nous met sur la voie de ces idées en soutenant que ce n'était pas des fàves que Pytliagore avait défendu l'usage à ses sectateurs. On aurait, selon lui, inexactement interprété, dans la règle pythagoricienne, le mot KÙa^ioi par fève, tandis qu'il y désignait le testicule des animaux. Il est positif que les anciens avaient été frappés d'un rapport de forme entre la graine de la fève et le testicule humain, et que ce légume représentait h leurs yeux une image obscène (2). Aussi racontait-on des histoires étranges sur la métamorphose qui s'opérait de fèves enfouies sous un fumier puissamment fécondant, et d'où sortaient des hommes (3), croyance fabuleuse à laquelle Jean Lydus attribue Tassimilation faite entre les fèves et des têtes humaines (4). La fève était donc considérée comme un réceptacle de génération delà plus grande puissance, et c'est ce qu'indique encore Plutarque (5) en assimilant la défense, faite par les Orphiques et par Pythagore, de manger ce légume avec celle que les mêmes législateurs avaient portée de manger des œufs^ àpy/jv ^yovfjLEvot
(1) Noct. Attic, IV, 11.
(2) Voy. MaurjTj Histoire des religions de la Grèce, t. III, p. 358.
(3) Lyd. De mens. p. 76.
|4) Il importe de comparer ici toutes les traditions relatives aux têtes des victimes humaines, dévouées dans l'origine de la religion italiote à Pw, à Hadès, à Saturne, et remplacées, avec l'adoucissement des mœurs par des têtes de pavots, destulbes d'ail, qu'on y assimile entièrement, ou des masques de liège (oscilla) ; Macrob. Saturn. I, 7. ~ Lactant. Div. instit. 1, 21.— Dionys. Halicarn. I, 38.'- Steph. Byz. v ÀSopiYïveç.— Arnob. Jdv, gent. II, C8. — Euseb, Praep. evang. IV, 17. — Cf. Gh. Lenorraant, Nouvelle galerie mythologique, p. 43.
(5) Symposiac. II, 3.
En môme temps on attribuait à cette plante un caractère funèbre et infernal. On jetait des fèves comme offrandes sur les tombeaux (1). Nous lisons dans Festus : Fabam nec tangere nec nominare fiamini Diali licet^ quia creditur ad mortuos pertinere; nam et Lemuralibus jacitur larvis et parentalibus ad-hibetur sacrifwiis (2). Après les observations que nous avons eu l'occasion de faire dans notre chapitre iv (3), cette association des idées de génération et de mort n'a plus rien qui doive nous surprendre. Elle est complètement marquée dans ce que dit un des scholiastes d'Homère, que les prêtres ne mangeaient point de fèves noires {[Kilavac, jtua/ijtouç); parce qu'elles étaient le symbole de la montée des âmes lorsqu'elles quittent la demeure d'Hadès pour revenir à la lumière, dvaQa^ixQv i\ Afôao ^d//wv oiay ctOyàç zicavimaiv (4). On sait que cette montée des âmes jouait un rôle important dans la fête des Anthestéries (5), si étroitement liée avec le culte d'Eleusis. C'est évidemment à la signification symbolique indiquée par le scholiaste que se rapportent les couronnes d'or imitant le feuillage de la fève, que l'on trouve assez fréquemment autour de la tète des morts dans les tombeaux de l'Italie (6).
(1) Lyd. Démens, p. 77. — Voy. Lobeckj Aglaopham. p. 264.
(2) Le même caractère funèbre était attribué à d'autres légumes de nature voisine, aux lupins (Caipurn. Eclog. III, 82), aux pois chiches (Plutarch. Symposiac. II, 3) et aux lentilles (Plutarch. Crass. 19).
(3) P. 259 et suiv.
(4) Schol. Vict. ad Homer. Iliad. N, v. 689.
(5) Hesych. etPhot. v° Mtapà ifiixépa, —Cf. Preller, Demeter wid Persephone, p. 121, 229 et 390. — Guigniaut, Religions de l'antiquitéy t. 111, p. 1175.— Gerhard, Ueber die Anthesterien, p. 154.
(6) Catalogue des bijoux du Musée Napoléon HT, n°' 8, 10, 11, 12 et 13,
Ainsi la fève est une plante dont l'origine est attribuée à îacchus, et on la lient- en même temps pour impure, elle réveille Tassociation des idées de destruction et de renaissance. Souvenons-nous maintenant que l'on expliquait Tabslinence du fruit du grenadier imposée aux femmes athéniennes dans lesThesmophories, en ce que ce fruit était censé né du sang de Dionysus Zagreus répandu à terre (1). De même, dans les mystères des Corybantes, les prêtres ne pouvaient pas manger de céleri, parce que cette plante passait pour avoir été engendrée par le sang d'un des Corybantes (2). Ces deux prescriptions jettent, croyons-nous, une précieuse lumière sur l'origine mystique attribuée à l'abstinence des fèves dans les Éleusinies. La fève devait être comptée au premier rang parmi les plantes produites par le sang fertilisateur d'Iacchus ou Dionysus Zagreus après que les Titans avaient déchiré ce jeune dieu (3).
L'image obscène que les anciens reconnaissaient dans la fève était même particulièrement appropriée à une plante à qui l'on attribuait semblable origine. Sur le tombeau du jeune Dionysus^ dans la représentation de la pannychis sacrée, Apollon plaçait Vomp halos (J^), qui marquait l'emplacement de la même sépulture à Delphes (5), symbole de la virilité, on^^atVoçf 6 kaziv dv^pdx (6), et image déguisée du phallus, qui se
(1) Clem. Alex, Proirept. II, p. IG, éd. Potter.
(2) Ibid. p. 15.
{•■>) Voy. Maury, Histoire des religions de la Grèce, t.UI, p. 329.
(4) Ch. Lenormant, Mém. de VAcad. des Inscr. t. XXIV, part. I, p. 437.
(5) Talian. Orat. adv. Graec. 13,
(6) Origen. Philosophumen. V, 20.
M. Guigniaut, il est vrai (Mdm. de l'Acad, des Inscr. t. XXI, part, II, p. 76),
retrouvait SOUS une forme également déguisée dans la pierre dressée sur tous les tombeaux antiques pour y exprimer l'idée de Tenchaînement continuel des successions de la mort et de la vie (1). Clément d'Alexandrie (2) rapproche avec raison le mythe d'Iacchus déchiré par les Titans de celui dans lequel les Gabires, après avoir tué leur frère, enfermaient son phallus dans une ciste et le portaient à Fadoration des peuples de la Tyrrhénie. Enfin, pour compléter les indications de l'idée dont nous apercevons ici la trace, nous ne devons pas oublier le rôle du phallus dans l'histoire de la descente de Dionysus aux enfers, forme euphémique de la mort, la passion qui le saisit de remplir sur le
a proposé de corriger dans ce passage ô (paXKb<; pour ôpicpaXôç , et cette opinion était aussi celle de M. Hase. Mais mon père me paraît avoir donné des raisons décisives pour maintenir, malgré deux autorités aussi puissantes, laleçon des manuscrits.
(1) Panofka, Ann. de VInsL arch. t. 1, p. 309 et suiv.
On voit la stèle sépulcrale figurée absolument comme un phallus, sur la devant du sarcophage d'un jeune enfant publié par Gualtani : Notiaie per Vanno 1786, mai, pi. III.
Ross {Ârchœologische Âufsœtse, t. I, p. 2C) fait remarquer que les tombeaux de la Béolie sont très-fréquemment surmontés du phallus et que les stèles rondes, si.multipliées à Athènes, reproduisent le même symbole sous une forme très-peu déguisée.
On connaît les cippes funéraires, très-multipliés en ômbrie et en Étrurie,. qui ne sont autres en réalité que des images de la même espèce : Gorl, Muséum etruscum, t. III, p. 20.— Lanzi, Saggio di lingua ctrusco, t. II, p. 336 et suiv. — Zoëga, JDe origine et usu o'beliscorum, p. 216. -—Gerhard, De religione Hermarum, notes 9 et 17; Ann. de l'Inst. arch. t. XIX, p. 330.
Un cippe de ce genre, conservé à la Villa Albani, est décoré tout autour d'une danse bachique en relief (Zoëga, Bassirilievi, t. 1, pi. XXXIV), ce qui le met directement en rapport avec les phallophories et l'histoire de Pro*symnus.
Sur un tombeau découvert à Rome, auprès de la Porte Latine, on lit: CVSTOS • SEPVLCHRI • PENE • DESTRICÏO • DEVS — PRIÂPVS • EGO • SVM • MORTIS-ET'VITAI'LOCVS (Jahn, Spécimen epigro,phicum., p. 27, n" 28.- Henzen, Inscr, lat. sélect, n" 576G a).
<2) Protrept. II, p. 15, éd. Polter.
tombeau de Prosymnus la condition convenue avec lui, et le rapport établi entre toute cette histoire etTinstitution des phallophories (1). La mort du Dionysus mystique déchiré par les Titans rappelle forcément, à ceux même qui repoussent le plus vivement toute idée d'influence égyptienne originaire dans les mystères d'Éleusis et qui voient dans le personnage d'îacchus ou de Zagreus une addition postérieure faite par les Orphiques au fond primitif de ces mystères (2), la mort d'Osiris coupé en morceaux par Typhon (3). On sait qulsis , comme Apollon dans la légende grecque, rassemblait les membres dispersés de son époux. Le phallus seul, avalé par le poisson oxyrhynqu6(4), ne peut pas être retrouvé et la déesse le remplace par un phallus en bois, type de celui des phallophories (5). Or, dans les bas-reliefs du temple de Philœ (6), le premier signe de renaissance que donne Osiris étendu sur le lit funèbre est la manifestation de la pétulance ithyphallique, exprimant ainsi sous une forme brutale la doctrine que chez les
(1) Clem. Alex. Protrept. II, p. 29 et 30, éd. Potter.— ktnoh» Âdv, gent. V, 28, — Tzetz. ad Lycophr. Cassandr. v. 212. — Nonn. Synagog. histor. II, 37. — Hygin. Poef. astron, II, 5. — Phavorin, v Èvdpx"n<;. —Firm, Matern. De error. profan. relig. p. 428 et 429, éd. Gronov. — • Cf. Schol. ad Aristophan. Acharn. v. 242. — Lucian. De deaSyria, 16.
N'oublions pas que si Dionysus joue un rôle passif -dans cette histoire, il prend un caractère actif par rapport au même symbole lorsqu'il est adoré à Thèbes sous le nom de Stylos (Clem. Alex. Protrept. IV, p. 40, éd. Polter). Il devient alors lui-môme le dieu phallus.
(2) Voy. Maury, Histoire des religions de la Grèce, t. III, p. 326.
(3) Diod. Sic. I, 22. — Origen. Philosophumen. V, 7. — Damasc. ap. Phot. BiUioth. p. 335.-- Firm. Matern, De error. profan. relig. p. 428, éd. Gronov.
(4) Vlutaich, De Is. etOsir. 13.
(£) Ihid. 18.
(6) Champollion, Monuments de l'Egypte et de la NuUe, 1. 1, pi. XC.
Grecs l'image de Tomphalos rendait d'une manière détournée (1).
L'étrange assimilation des fèves à des têtes humaines établie dans le précepte orphique
îaov tôt jcoijxooç ts çayeiv îcscpaXàc "ce toxtJwv,
n'est pas non plus sans une sérieuse valeur. Si à la place de la légende des Gabires nous considérons la légende entièrement analogue des Gorybantes, que Clément d'Alexandrie (2) rapproche également de celle de Dionysus Zagreus, nous y voyons la tête jouer le même rôle que; tout à l'heure \q phallus. Après avoir tué leur frère, les Corybantes emportent sa tête et vont l'ensevelir au pied du mont Olympe, où elle devient l'objet d'un culte (3). Et ceci nous
(1) Plutarque [De Is. et Osir. 19) dit qu'Osiris mort féconda Isia et que de celte étrange union naquit Harpocrate.
C'est ce que raconte aussi une stèle de la Bibliothèque Impériale, datant de laXVIII" dynastie, dont les importantes inscriptions ont été traduites par « M. Chabas : a Isis, y est-il dit, fit les invocations de l'enterrement de son « frère ; elle emyorta les principes d'Osiris, en exprima Vessence et refit un « enfant qu'elle allaita d'un seul bras. » {Rexiue archéologique, t. XIV, p. 76 et 208.)
(2) Protrept. II, p. 15, éd. Potter.
(3) Minuc. Fel. Octavian. 21. — Lactant. Biv, inst. U 13. -- Arnob. Âdv. gent. V, 19.
Comparez la cérémonie annuelle des fêtes d'Adonis à Byblos, où les femmes allaient recueillir la tête de l'amant de Vénus, apportée par les flots de la mer dans un vase d'argile ou dans une corbeille de papyrus ; Lucian. De dea Syr, 7, et Schol. a. h. l— Piocop. ad Esai. XVIII, p. 258, éd. de Paris, 1580. ~ S. Cyrill. Alex, ad Esai. t. II, p. 275, éd. Auberti.
Ici encore nous nous trouvons en présence d'une tradition et d'un usage d'origine égyptienne.
Plutarque (De Is. et Osir. 15-18), d'accord avec Etienne de Byzance et le Grand Étymologique (v° Bù6Xoç) , raconte que lorsque Typhon et ses complices eurent mis à mort Osiris et eurent coupé son corps en morceaux, ils enfermèrent ces restes dans une caisse et la jetèrent à la mer.
ramène à toute une série très-importante de mythes, étudiée par mon père dans la Nouvelle galerie my-
Poussée par les fïots, la caisse arrive à Byblos et est jetée sur le rivage au pied d'un tamarlsque, qui grossit subitement et l'enveloppe. Le roi du pays, nommé Malcandre (peut-être pour Melkarth), admirant la beauté extraordinaire de cet arbre, le fait couperpour en faire une colonne dans son palais. Sur ces entrefaites, Isis arrive à Byblos et se met au service de Malcandre, pour pouvoir mener le deuil auprès de la colonne qui renferme les débris ignorés du cadavre d'Osiris. Je passe sur les incidents de son séjour, qui m'entraîneraient trop loin ; mais après un certain temps Isis demande au roi la colonne comme payement de ses services. Elle l'emporte, en tire la caisse et dispose sur le lit funèbre le corps taillé en pièces de son époux. Celui-ci, pendant qu'elle le pleure et le couvre de baisers, reprend tout à coup l'activité génératrice et rend Isis mère d'un fils aux jambes tortues et débiles.
Telle est la légende racontée par Plutarque et dont nous n'avons pas besoin de faire ressortir les relations étroites avec les cérémonies que nous venons de signaler dans les fêtes d'Adonis à Byblos. Son authenticité comme légende égyptienne remontant aux plus anciennes, époques, ne saurait être contestée^ M. Théodule Devéria {Bulîet. de la Soc. des Âniiq. de France, p. 133) a signalé sur un bas-relief égyptien déjà publié par M. Prisse (Monuments égyptiens, pi. XXXIII) la représentation de cette amï'^e d'Osiris (ce sont les termes mêmes employés dans l'inscription hiéroglyphique). On y voit la caisse contenant les restes du dieu, déposée au pied du tamarisque, que désigne l'inscription : L'arbre du coffre. Il y est fait allusion d'une manière moins précise, mais cependant difficile à méconnaître, dans le bel hymne à Osiris traduit par M. Chab^s d'après une stèle de la Bibliothèque impériale qui date de la XVIII' dynastie (Revue archéologique, t. XIV, p. 75 et 207). Enfin nous ne devons pas oublier les indications précieuses que le même M. Chabas (Revue archéologique, t. XIV, p. 69) a su tirer à ce sujet du titre de « résidant dans la région de l'arbre Ner, » donné à Osiris sur plusieurs monuments remontant au moins jusqu'à l'époque des Aménophis et des Thouthmès. ,
Un vase très-important et d'un ancien style, qui fait maintenant partie des collections du Cabinet des Médailles, et qui n'a été publié que fort mal dans le recueil de Caylus (t. I, pi, XXXII), représente sur une de ses faces Isis-Lune (ce dernier caractère est précisé par le disque de l'astre nocturne placé à côté d'elle dans le champ de la composition) pleurant auprès du corps d'Osiris enveloppé de bandelettes et couché sur le lit funèbre, exactement comme le Rituel funéraire égyptien la décrit (Lepsius, Dçis Todtenbuch der JEgypter, chap, XVIII, 1. 33; chap. XIX, 1. li; chap. XX, 1. 6) aussi bien que Plutarque. L'autre côté montre un dragon, qui doit être rapproché de l'Apophis des Égyptiens et représenter comme lui l'adversaire infernal d'Osiris, appelé Typhon par les Grecs; tout auprès on voit le crochet,
thologique{\)^ où la tête d'un dieu est représentée comme concentrant en elle toute la puissance divine et tenant la place du dieu lui-même, mythes qui à Rome formaient la base primitive du culte de Jupiter Capitolin.
Des considérations que nous venons d'exposer, il nous semble résulter assez manifestement qu'Iacchus Cyamitès ou le héros Cyamitès, producteur des fèves, n'était autre qulacchus mort et déchiré par les Titans,
symbole de cohibition et de gouvernement dans les monuments pharaoniques, au-dessus duquel est posée lune chouette, animal sacré de la Neith de Sais, représenté avec le même crochet et le fouet, symbole égyptien d'impulsion, sur quelques médailles des souverains Acliéménides frappées dans des villes de la côte de Phénicie soumises évidemment à de grandes influences religieuses venues des bords du Nil (Mionnet, Descr. de méd. ant. t. V, p. 645 et suiv. n"' 16-24.— Ch. Lenormant, Numismatique des rois grecs, pi. LXV, n°' 6-13). La ligure de la chouette ne s'est pas encore rencontrée avec un emploi religieux sur les monuments égyptiens, mais on a trouvé des momies de chouettes dans les catacombes d'animaux sacrés à Thèbes (Wilkinson, Manners and customs of ancient Egyptians^ 2" sér. t. II, p. 211). Sa présence sur notre vase rappelle d'une manière frappante ce que dit Plutarque {De Is. et Osir, 16) que, chez Malcandre, Isis se transformait chaque nuit en oiseau pour se lamenter sur la mort de son époux. Une allusion manifeste à cette métamorphose se remarque dans l'hymne traduit par M. Chabas (Revue archéologique, t. XIV, p. 76 et 207). Sans nous laisser aller encore ù déplus amples développements, n'est-il pas permis d'en rapprocher l'histoire des oiseaux mèmnonides, qui, suivant une tradition conservée sur les bords de l'Hellespont, s'abattaient chaque année sur le tombeau de Memnon, qu'ils nettoyaient avec soin, et purifiaient en recueillant sur leurs ailes l'eau du fleuve iEsépus (Pausan. X, 31,2. — Ovid. Metam. XIII, v. 576-619. — Serv. ad Virg. Mmd. I, v. 751)?
En tous cas le vase du Cabinet des Médailles prouve d'une manière irréfragable que dès le commencement du v" siècle avant notre ère, date à laquelle il faut nécessairement attribuer ce monument, le mythe de la mort et de la résurrection d'Osiris avait passé d'Egypte en Grèce, non-seulement par une dérivation médiate et indirecte, mais par une communication immédiate et sous sa forme même; que de plus il s'y était assez répandu pour prendre place sur les monuments figurés dans les colonies de l'Italie, où le vase a été fabriqué. C'est un fait de l'histoire des religions de l'antiquité assez important pour justifier l'étendue de cette digression.
(1) P. 40 et suiv.
dont le sang fécondait toute la nature. Ce dieu ou ce héros avait un autre temple à Athènes (1), probahlement vers le Céramique, auprès duquel se tenaient des prostituées (2). Peut-être était-ce le laccheîum, évidemment distinct de celui dont parle Pausanias (3), auquel, d'après Plutarque (4) et Alciphron (5), étaient attachés des devins. Dans cette hypothèse Fassociation des devins et des courtisanes auprès du temple d'ïacchus mort rappellerait d'une manière frappante l'association semblable que nous avons signalée autour du tombeau du devin Scirus, au début de la Voie Sacrée, lieu oîi, d'après les vases peints, cette association s'est montrée à nous (6) avec des indices d'un caractère évidemment dionysiaque.
Sur l'emplacement où nous conjecturons qu'a dû se trouver jadis le temple d'Iacchus Gyamitès indiqué par Pausanias sur les bords de la Voie Sacrée, j'ai découvert en retournant quelques pierres et dessiné un fragment de bas-relief de petite dimension, auquel je n'avais pas sur le premier moment attaché beaucoup d'importance ; il a été emporté par un jeune aspirant de marine de la frégate la Zénobie, qui m'accompagnait ce jour là.
Ainsi qu'on le voit, ce petit bas-relief représentait un génie ailé tenant un lièvre à la main. Bien que sur
(1) Phot. Lexic. v° KuatiC-cn;.
(2) Demosth. Pro coron, p. 270, où l'on a depuis longtemps indiqué la correction -napà Ttp KuatitTTfi ^pwï, au lieu de Ka'Xaji.ÎTiji.
(3) Voy. Lobeck, Aglaopham. p. 253.
(4) Àristid. 27.
(5) III, Epist. 69.
(fi) P, 188 et suiv.
l'arc de Septimé-SéYère à Rome(1) des ailes soient données aux génies des quatre saisons, dont l'un, celui
de l'automne, porte assez souvent un lièvre (2), nous n'hésitons cependant pas à y reconnaître, au lieu d'un
(1) Bellori, Veteres arcus'Augustorumtriumphis insignes^ pi. XIY.
(2) Millin, Galerie mythologique, pi. XXVIII, n° 91. -- Ch. Lenormant, Iconographie des Empereurs Romains, pi. XXXVIII, n" 1 ; pi. XXXIX, n" 8 ; pi. LI, n" 9.
de ces génies, Éros, représenté sur plus d'un vase peint tenant cet animal à la main (1) ou le poursuivant (2). Une peinture fort intéressante, décrite par Philostrate (3), et les remarques dont l'auteur grec accompagne sa description fournissent un commentaire certain pour toutes les représentations du même genre. Le tableau dont parle Philostrate représentait une chasse au lièvre dans laquelle intervenaient plusieurs Amours. L'un d'eux cherchait à intimider l'animal par ses cris, un autre en battant des mains, un troisième en agitant sa chlamyde; les uns volaient au-dessus de lui, d'autres poursuivaient à pied ses traces ; mais ce qui nous importe surtout, c'est qu'aucun des Amours ne lançait de flèche sur le lièvre, mais qu'ils cherchaient tous à le prendre vivant, comme la victime la plus chère à Aphrodite (4). Ce sujet de la chasse symbolique du lièvre
(1) Mon. inéd. de l'Inst. arch. t. I, pi. VUI. —Museo borionico, t. V, pi. XX.
Le même sujet est représenté par une petite figurine de bronze découverte à Herculanum : Bronizi d'Ercolano, t. II, p. XXXVII.
Voy. encore une pierre gravée du Cabinet de Berlin : Tœlken, Gemmensammlung m Berlin, p. 151, n" 584.
Enfin il faut citer un admirable fragment de peinture murale, conservé actuellement au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Impériale.
(2J Caylus, Recueil d'antiquités , 1. 1, pi. XXXIV, n" 2.— Raoul Rochette; Mon. inéd. pi. XLIV, n° 2. — Gerhard, Ântike Bildwerke, pi. LV et LVI. — DeWitte, Catalogue Durand, n° 45. — Museo Borbonico, t.VlII, pi. XX. — Panofka, Bilder antiken Lebens, pi. V, n° 5.— Cf. Minervini, Bullet. arch. Napol. nouv. sér. t. I, p. 74.
Nice remplace quelquefois Éros dans la poursuite du lièvre. Ch. Lenormant et De Witte, El. des mon, céramogr. 1. 1, pi. G.
Une pierre gravée du Cabinet de Berlin montre Éros dans un char que traînent deux lièvres : Tœlken, Gemmensammlung au Berlin, p. 151, n» 686:
(3) Icon. 1,6.
(4) Sur le caractère aphrodisiaque du symbole du lièvre, voy. encore : Lucerne d'Ercolano, p. 106, note 3.— Creuzer, Symbolik, I. Vil, ch, V, § IVj t. m, p. 345 et suiv. de la traduction de M. Guigniaut. — Panofjka, Ann.
par les Amours se retrouve sur un bas-relief publié par Millin (1). Le présent d'un lièvre était le prétexte dont se servaient, suivant le témoignage de Philostrate, les amants qui n'avaient pas employé les moyens de douceur, afin de voiler quelque peu décemment la violence de leurs entreprises ; il formait ainsi comme le symbole d'une espèce de persuasion, ol ^è aroTroi twv Ipaarôîv
Y.ai 7re£0û5 zlv<x IpwrwJîy h avzôô v.axi'jV^(soLv t ^laico réyyYi xcc 'KaiàyA 3"y]pdî)//£vot (2). Aussi plusieurs peintures de vases
de l'Inst. arch. t. V, p. 272. — Ottfr. Mùller, Handhuch der Archseologie, §397, 6.~ Gerhard, Âuserlesene Vaisen'bilder,t. I, p. 186.— Roulez, Nouv. Ann. de Vlnst. arch. t. H, p. 267. — Minervini, Bullet. arch. Napol. t. I, p. 104.— Jahn, Ânn. de Vlnst. arch. t. XVII, p. 370.
Aphrodite est figurée dans les peintures de plusieurs vases tenant cet animal sur ses genoux :
i° Cratère de la Basilicate représentant le jugement de Paris : Bullet. arch,, Napol. 1. 1, pi. VI.— Archseologische Zeitung, t. II, pi. XVIII.— Mon. inéd. de l'Inst. arch. t. IV, pi. XXIV.
2° Vase du Musée de Berlin représentant Adonis et Aphrodite entourés des Charités : Jlfon. inéd. de l'Inst. arch. t. IV, pi. XXIV.
Elle est semblablement représentée par une terre-cuite du Musée de Berlin : Panofka, Terracotten des Berl. Mus. pi. XXIX.
Là même, dans les monuments de l'art, où le lièvre paraît comme attribut des thiasotes de Dionysus, il garde encore et toujours cette signification, de telle manière que sa présence rappelle aussitôt une idée erotique. On peut citer comme exemple la peinture de vase, publiée par Creuzer [Ahhildungen :iur Sijmbolik, pi. VIII), où, à côté de Dionysus, est assise une bacchante, de laquelle s'approche avec empressement un satyre; tout auprès est un lièvre, dont l'intention symbolique a été fort bien discernée par l'illustre mythologue de Heidelberg. Il faut aussi se rappeler la belle peinture céramographique, où, à côté d'Hermès, qui est sur le point de tuer Argus, des satyres jouent avec un lièvre {Mon. inéd. de l'Inst. arch. t. II, pi. LIX. — Inghirami, Vasi fittili, t. IV, pi. CGC— Ch. Lenormant et De "Witte, El. des mon. céramogr. t. III, pi. Cl), allusion évidente au caractère erotique de l'aventure d'Io. Enfin le même animal figure avec la même signiflcalion sur l'important vase de Ruvo du Musée de Naples, représentant Térée qui poursuit Procné et Philomèle {Mon. inéd. de la sect. franc, de l'Inst. arch. pi. XXI).
(1) Galerie mythologique, pi. XXVI, n" llô.
(2) Cf. Eustath. ad Horaer, Iliad. A, p. 87.
montrent-elles des éphèbes qui reçoivent des lièvres da la main de leurs érastes(l).
Ce symbole amoureux était quelquefois mis en rapport avec les mythes éleusiniens, comme on le voit par une précieuse médaille de Cyzique, à laquelle Pan ofka a consacré un fort important commentaire (2). Nous y voyons, au revers de la tête de Goré-Sotira, Éros tenant un lièvre pris vivante la chasse. Le savant antiquaire prussien, et mon père après lui (3), ont rapproché de
(1) Ch. Lenormant et Do Witte, El. des mon. céramogr, t. I, p. 314. — Roulez, Vases 'peints du Musée de Leide, p. 71 et sùiv.
Voici l'indication des principaux monuments connus de cette catégorie :
1° Péliké de la collection Panclcoucke, aujourd'hui au Musée de .Boulognesur-Mer : Ch. Lenormant et De Witte, El. des mon. céramogr. t. I, p. 314, note 2.
2" Péliké du Musée de Berlin : Panofka, Sluseo Bartoldiano, p. 132.
3° Plat du Musée de Leide : Janssen, De Grieksche, Romeinsche en Etrurische Monumentenvan het Muséum van Oudheden te Leyden , p. 154, n° 1619. — Roulez, Vases peints du Musée de Leide, pi. XVII, n° 1.
4° Tesson dont le sort actuel est inconnu : Micali, ifowwm. ined, a illustr. deUa Sfor. degZi anf. jîop. liaî. pi. XLVI, n° 6.
5° Coupe du Musée de Berlin : Gerhard, TrinJtscliaaîen des Muséums zu Berlin, pi. XI et XII.— Panofka, Die griechischen Eigennamen mit KAAOS, pi. m, n° 10.
6° Autre coupe dont nous ignorons le présent possesseur : Musée étrusque de Lucien Bonaparte, p. 99, n° 1013.
7° Même désignation : Musée étrusque de Lucien Bonaparte, p. 125, nM425.
8° Amphore à figures noires de la collection Durand, puis du Cabinet Magnoncourt : De Witte, Catalogue Durand, n° 6*65; Catalogue Magnoncourt, n° 32.
9° Coupe du Musée Thorvaldsen à Copenhague : L. Mûller, Description des antiquités du Musée Thorvaldsen, t.], T^.S2.
Dans d'autres peintures, l'éraste qui offre un lièvre à. son éromène appartient à la classe des satyres : Minervini, Bullet. arch. Napol. t. XIII, p. 104. — Janssen, Monumenten van het Muséum te Leyden, p. 177, n° 1824.
Enfin il faut citer un vase sur lequel c'est à une femme que le présent du lièvre est fait par un jeune homme : Ànn. de l'Inst. arch. t. XV, pi, A.
(2) Ànn. de Vlnst. arch. t. V, p. 272 et suiv. {3) Nouvelle galerie mythologique, p,2ib.
ce type celui des médailles d'Agrigeiite où l'on voit un aigle (ou quelquefois deux) qui enlève un lièvre (1). Cyzique (2) et Agrigente (3), comme Thèbes dans d'autres récils (4), passaient pour avoir été données en dot par Jupiter à Proserpine. Mais ce que nous avons eu déjà l'occasion (5) de dire sur l'importance qu'avait dans la doctrine des mystères d'Eleusis l'union de Zeus avec Goré, tenant la place qu'avait dans la forme extérieure l'enlèvement de cette déesse par Hadès, nous explique clairement ce que donnent à entendre ces villes données en dot à la fille de Déméter.
La représentation d'Érbs tenant le lièvre, mise en rapport avec l'histoire des Grandes Déesses, contient donc une allusion directe h l'enlèvement de Proserpine par le dieu des enfers et à son union plus mystique avec son père. Mais le type des médailles d'Agrigente prouve que le lièvre n'y est pas simplement un symbole d'amour et d'enlèvement. Sur ces pièces, l'aigle représente Jupiter lui-même (6). Par conséquent, le lièvre figure la déesse enlevée (7). îci nous devons nous
(1) Torremuzza, Siciliae veteres nummi, pi. IV. n" 4, 10-14 ; pi. V, n»* 1 et 2; pi. VI, n<" 10-14; pi. IX, n°' 3-9, 14 et 15. pi. X, n" 1. 2 et 10; Auctarium, pi. I, n°' 4 et 6.
(2) Appian. Bell. Mithridat, 75.
(:}) Pindar, Pyth. XK, v. l. — Schol. ad P ndar. Olymp. 11, v. 14; VI, V. ICO; Pyth XII. V. 1 ; Nem. ], v. Ul. — Cf. Plutarch. Timol. 8.
(4) Schol. ad Euripid. Phœniss. v. G88.
(5) P. 302 et siiiv.; p. 3i8 et suiv.
(G) Voy. Ch. Lenorinant, Nouvelle galerie mythologique, p. 28 et 35.
(7) Au type d'Éros tenant le lièvre correspond aussi sur certaines médailles de Cyzique celui de Plulon enlevant Proserpine. Mionnet, Description de médailles antiques, t. II, p. 641, n" 188; Supplément, t. Y, p. 322, n° 254, et p. 332, n* 326.
Par suite du symbolisme que nous éludions en ce moment, la figure du lièvre était un emblème funèbre (R. Rochelte, Monuments inédits, p, 225). i. 23
souvenir i dasiitiiadëions ■ relatiyes à: la fcxiids^iôti-^ de Bœse en LaGonievisuivaiitileéq^elles ùtï lièvM^^ervànt de guideauxf rentiers habitants -de ceMé éitê^auràlt été se caclieE SOUS) un myrte? à^ l^ndroit ' même ou la» ville devaitétebâtie(j il) ^PausaMÎa&i ajoute qiiè lein^ sistait encore de son temps et qu'on y stdbrâlfc Artémis Sotira(â). Panofka a très^bien; VU que cette Artémis est celle dont|)arle Hérodote (3), d'après Eschyleyët^que^lés anciens; regardaient comme identique à la Goré des mystères d'Éleùsis. L'emplacement de la ville d'idriâs en Carie'avait dèf même été indiqué |yar un lièvre,^ et dans l'endroit où /cet ranimai s'était cacké on avait bâii ^ un temple kïfécsi&iLja/gmitts (4), laquelle n^est^ comme on l& voit, (p'nrie troisième ^^to Géré^ ët^ de
l'Arlémisldéjài ciléeu Si maintenant ^ôus interrogeons^ les traditionsLilocales; de Gyzique^ nous y trouvons uh récit; béroïquecdont le rapport étrbit avec laj^^eridè et le cuMeto&oserpine a déjà été étàbli<parPan:ofkâ;G'ést celuLyde* là) chasseresse Aura ^âoïil Ife n^mWfes féminin d^nne ides ^appellations du lièvre^ aii^oc, conipagneïd'Artémis, isurprise êt-violée par Dionysus'avec
C'est ainsi que nous voyons, cet amipal figurer sur un, gra.nd nombre l de sarcopBagès romains: Viscoiiti, liuseo Fio-Clementino, t, III, pi. XLIV. — Zoëgaj Bassirilievi, t. II, pi. C€VL— Zannoni, Galleria di Firenae, ser. IV, t. II, pl/XLV et XLVÎ.— "IVraffei, JfMSéMmTm^^
L'exemple le plus curieux est celui d'un sarcophage publié par Millin {Voyage dansïemîdi de la France, t II, pi. XXVI, n° 4) et où se voit, audessous de chacun des deux Génies de la Mort qui soutiennent le cartel de l'inscription, uri'7i(5m;' "' '[' \ '
(1) Pausàn.)lI;22,A „^^ . ,
(2) Spanheim (ad Callini^çh. .Ilymutin Dian.x. 2) a rassemblé quelques passages qui prouvent que le lièvre était consacré à Artémis.