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(1) Unedited antiquities ofMtîca,-gL I.
moitié restitué, de ce qui en subsiste encore. L'édifice, comme il est facile de le voir, avait la forme d'un petit temple, ce qui correspond parfaitement aux récits rapportés plus haut des auteurs anciens sur l'héroiim dans lequel Harpalus avait établi le culte d'Aphrodite Pythionice. Le mur du fond de la celîa est conservé encore à plus d'un mètre de hauteur, avec les commencements des deux murs latéraux. Les parements extérieurs ont disparu, mais à l'intérieur les murailles sont revêtues d'un stuc de la plus admirable finesse, imitant un bel appareillage isodome en blocs du marbre noir bleuâtre d'Eleusis. Au pied de la paroi intérieure règne une petite marche de 25 centimètres de largeur, recouverte d'un stuc qui imite le marbre rose. Du reste, la magnificence de décoration que révèle ce stuc^ et qui se rapporte d'une manière fort exacte aux indications antiques, paraît n'avoir été qu'extérieure et les murs eux-mêmes, autant qu'on en peut juger dans leur état actuel et avec les réparations de date postérieure qu'ils ont évidemment subies, étaient d'une mauvaise maçonnerie mêlée en certains endroits de blocage, comme on n'a commencé à en faire en Grèce que vers l'époque d'Alexandre. Le contraste est frappant entre ces murs et leur revêtement. Mais le langage de Plutarque (1) ne devait-il pas faire deviner d'avance que semblable circonstance se rencontrerait dans les ruines du tombeau de Pythionice? Le sophiste de Chéronée, assez souvent mauvaise langue, dit en effet que ce monument ne méritait pas les 30 talents réclamés à Harpalus par Ghariclès comme
(i) Phoc. 22.
prix des soins qu'il avait donnés à la surveillance de sa
COnstructiODj ijirièh lym Twv Tpta/ovw raXavTWv a&ov, ôcja
L'édifice découvert par M. le colonel de Vassoignes était un héroûm^ c'est-à-dire à la fois un tombeau et un temple. Aussi, autour de cet édifice, comme autour de tous les temples et en général de tous les monuments dont la destination sacrée et la masse imposante étaient de nature à attirer l'attention, avait-on groupé de nombreuses dédicaces honorifiques. Les fouilles de 1854 (1) ont produit deux statues de femmes debout, de grandeur naturelle, dont le travail indiquait l'époque romaine et qui représentaient de simples matrones. Nous ignorons ce qu'elles sont devenues, ainsi qu'un buste trouvé dans les même travaux et qui portait, dit-on, une inscription sur son socle antique.
Les mêmes ïouilles de 1854 ont encore fourni deux inscriptions.
La première est trop mutilée pour qu'on puisse en essayer une restitution :
OHKAITAPI
La seconde, en revanche, est des plus curieuses au point de vue de l'histoire :
kA22ANAEi2TniAETni2TE0ÂNn52TE0ANOY2mMArNHTnN AMYPEI2TOY2ENirrOBOTOi2ITEAEYTH2ANTA2
Suivent deux autres lignes martelées avec soin. Audessous est sculptée une couronne (2).
(1) Archxologische Zeiiung. t. V, p. 119*.
(2) Archœologische Zeitung, t. V, p, 119\
Nous lisons sans la moindre difficulté les deux lignes préservées ;
Toùç sv urnio^oxolat zù.z\jzriacx.vxaç>'
Avant de donner la traduction de ce texte, il est nécessaire, pour y donner une base, de faire quelques observations, tant géographiques que philologiques.
KA22ANAEI2 est évidemment pour Kaaravaer*; ; ce sont les habitants de Gastanœa (1) ou Gasthaneea (2), ville de Thessalie située sur la côte de la péninsule magnésienne, et dont le colonel Leake (3) a cru reconnaître l'emplacement dans le petit port moderne de Ta/Jiouxdpi. Quant aux Âfj.vpétc, ce sont les gens d'une autre ville thessalienne, Amyrus (4), sise aux bords du lac Bœbéis, à l'embouchure d'une rivière du même nom qu'elle (5), et dans une plaine appelée i|7,upaov7r£^£ov (6). Le colonel Leake (7) l'avait cru reconnaître dans la localité de Sakhalar sur la rive Ouest du lac. Mais notre inscription, rangeant les Amyriens parmi les Magnètes (8), prouve que M. Kiepert (9) a eu raison de ne pas suivre en cet endroit la conjecture du savant
(1) Lycophr. Cassandr. v. 907. — Etym. Magn. et Steph. Byz. v Katr- •cavate.
(2) Herodot. VII, 183 et 188. — Nicandr. Alexipharm. v. 271 — Strab. IX, p. 438 et 443.- Plin. IV, 9, 16.
(3) Travels in northern Greece, t. IV, p. 384.
(4) Steph. Byz, v°"AîJiupoç. — Schol. ad Apollon. Rhod. Argonaut. I, V. 596.
(5) Hesiod. ap. Strab. IX, p. 442. — Val. Flac. II, 12.
(6) Polyb. V, 99, 6.
(7) Travels in northern Greece^ t. IV, p. 448.
(8) Sur ce peuple, v. Herodot. VII, 132.— Scyl. PenpL p. 25. ~ Poli' b. XVIIÏ, 29, 6; 30,6. — Slrab. I, p. 28; IX, p. 429, 436 et 44 1.
(9) Allas von Hellas, pi. XVI,
topographe anglais et de mettre Amyrus sur la rive orientale, au lieu où s'élève maintenant un village du nom de Kdarpi (1). Le lac Bœbéis formait en effet la limite entre les deux provinces de Pélasgiotide et de Magnésie.
Quant à l'expression kv knoBozoïai, le sens en est, je crois, fourni par les passages d'Hérodote et de Plutarque où nous apprenons qu'à Ghalcis d'Eubée la classe supérieure des citoyens portait le nom d'mTuoêorat, et se composait d'hommes riches et de bonne naissance qui, comme les mrteïç dans la République athénienne, devaient à l'État, en cas de guerre, le service dans les rangs de la cavalerie. Une première fois cette aristocratie fut détruite, lorsque les Athéniens, entre l'expulsion des Pisistratides et les Guerres Médiques, firent la conquête (te l'île d'Eubée: 4,000 cléruques venus d'Athènes furent établis dans les biens des hippobotes : vuriaavxzc, èk y.ai toutouc, TeTpa/aoj^tXt'oui; vlrr poù^ou; hl Twv tTTTToêoTewv T/j x^PV '^■^^'^ovaL' ol èe It:t:o^qtoci haliovTo ot Tra^esç twv Xal-/.idio)v{2). Un peu plus tard elle se reconstitua, mais Périclès la détruisit encore et en exila tous les membres, lorsqu'il réprima la révolte de l'Eubée, quelques années seulement avant laGuerre du
Péloponèse : xaî XaXjtt^écov ph Tovç tTîTroêoraç leyo^évovc,
ttAoutco y.où èôl-ç âtacpépovTac, klsËcclev (3). Notre inscription fait connaître pour la première fois l'existence de cette classe supérieure des citoyens dans la constitution des villes de la Magnésie thessalienne. Rien de plus natu-
(1) Cf. Forbiger, Handbuch der alten Géographie, t. l'I p 880
(2) Herodot. V, 77. Cf. VI, 100.
(3) Plutarch. Pericl. 23.
rel, du reste, que Fimportance prépondérante de Tordre équestre dans les cités de cette Thessalie, dont les cavaliers avaient une si grande réputation et faisaient toute la force du pays.
Nous traduisons donc :
« Les habitants de Castanœa honorent de cette court ronne, parmi les Magnètes, les Amyriens morts jians « les rangs des cavaliers. »
La forme des caractères est celle du siècle d'Alexandre. Aussi ne devons-nous pas hésiter sur la circonstance historique à laquelle se rapporte l'inscription trouvée dans les fouilles de M. le colonel de Vassoignes. Cette dédicace faite sur le territoire d'Athènes par une cité de la Thessalie, en l'honneur des cavaliers d'une autre cité du môme pays tués sur le champ de bataille, ne peut être attribuée avec certitude qu'au commencement de la seconde année de la Guerre Lamiaque et doit être mise en relation avec les événements de cette courte mais sanglante guerre, dans laquelle Athènes se mit à la tête de la Grèce pour tenter de reconquérir la liberté. Si on lit en effet, dans Diodore de Sicile, le seul récit antique quelque peu développé qui nous ait été conservé sur la Guerre Lamiaque, on y voit les cavaliers thessahens jouer un rôle important.
Antipater les avait d'abord forcés à marcher dans ses troupes, comme sujets directs du roi de Macédoine, ce qu'ils étaient en effet depuis le règne de Philippe. Mais après la bataille livrée à Héraclée auprès des Thermopyles, quand l'armée des Grecs eut passé le Sperchius et quand Antipater, vaincu, se fut vu contraint de chercher un refuge dans les murs de Lamia, où Léos-
thène le tint étroitement enfermé, les Thessaliens passèrent avec armes et bagages dans les rangs des soldats de la liberté (1). Ils combattirent au premier rang pendant tout le reste de la guerre, et Diodore remarque que ces cavaliers étaient la principale force de l'armée grecque et constituaient ses meilleures espérances de succès, à cause de leur bravoure et de la nature du pays où ils avaient à combattre, h oïc, pa-
liaroc dyjiv ràç xric, viy.Yiç, sAviidaç^ dtd te ràç, tCùv «i^i^pcov àperàt; ■Aoà dià rô Tre^ivv^y vitoKelaBoti yjhpav (2). Après la mort de
Léosthène et la levée du siège de Lamia, quand Antiphile eut été nommé général, ce furent eux qui, sous la conduite de leur hipparque Ménon, gagnèrent la bataille dans laquelle périt un des meilleurs lieutenants d'Alexandre, Léonnat, accouru d'Asie au secours d'Antipater (3). Ils furent moins brillants,. il est vrai, quelques mois après, dans la bataille de Crannon oîi s'anéantirent les dernières espérances de liberté de la Grèce (4). On les y vit prendre la fuite avant tous les autres. Mais à ce moment l'élan des premiers jours n'existait plus ; l'armée d'Antiphile était en partie débandée. Les succès du début delà guerre avaient éveillé chez les Grecs une présomptueuse confiance, qui les perdit et les fit succomber devant la froide discipline des Macédoniens.
Nous voyons dans la dédicace des gens deCastanœa un monument consacré à la mémoire d'une partie des
(1) Diod. Sic XVIII, 12.- Polyœn. Stratagem. IV, 6, 2. - Cf Drovsen GescJnchte der Nachfolger Jlexanders,-^. u ' '"^^"-"^
(2) Diod.Sic.XVIlI, n;cfXVIII, 15.
(3) Diod. Sic. XVIII, 15. - Justin. XIII, 5.
cavaliers thessaliens morts dans le combat où Léomiat fut vaincu et tué (1). Ces premières victoires avaient excité un enthousiasme sans égal dans la Grèce. On croyait déjà voir renaître la liberté des grands siècles d'Athènes et des autres cités helléniques. Aussi les villes honoraient- elles avec une splendeur inaccoutumée ceux de leurs citoyens qui venaient de tomber pour la délivrance commune. Léosthène, dans ses funérailles, fut traité comme un héros où un demidieu (2)j et nous possédons aujourd'hui la splendide oraison funèbre (3) dans laquelle Hypéride célébra les louanges de ce général et de ses compagnons (4). Rien de plus naturel que de voir, à ce moment, une des villes de la Thessalie qui avaient embrassé le parti de Tindépendance, décerner des honneurs et un monument commémoratif aux guerriers d'une ville voisine et confédérée, qui venaient de mourir si glorieusement pour la liberté de tous. Rien de plus naturel aussi que de lui voir choisir alors pour y dédier ce monument le territoire d'Athènes, qui venait de donner aux autres républiques grecques l'exemple de la lutte et qui dans cette guerre avait repris sans contestation son ancienne hégémonie. Enfin c'est seulement dans cette circonstance , et par les honneurs héroïques dont parle Diodore
(t) Cette bataille avait eu lien dans le second mois de l'an 322 av. J.-C. Voy. Droysen, Geschichte der Nachfolger Alexanders, p. 78.
(2) lîpwixwç, Dlod. Sic. XVlli, 13.
(3) The funeral ovation of Hyperides over Leosthenes and his comrades in Ihe Lamian war... edited hy Churchill Babington, Cambridge, 1858, in-fol. — Dehèque, L'Oraison funèbre d'Hypéride en l'honneur du général Léosthène et des soldats morts dans la guerre Lamiaque, Paris, 1858, gr. in-8'>.
(4) Diod. Sic. XVllI, 13.
de Sicile, que peut s'expliquer le fait entièrement insolite, présenté par cette inscription, de l'honneur d'une couronne décrété par la \'ille à des morts, quand cet honneur était, dans les habitudes ordinaires, toujours destiné à récompenser des vivants(l). Les habitants de Gastanée avaient pensé sans doute que la couronne des triomphateurs et de ceux qui avaient bien mérité de la patrie appartenait par un droit légitime à ces morts courageux qui, selon la belle expression d'Hypéride, (( avaient fait présent à tous les Grecs de la liberté et « consacré leur gloire à la patrie comme une couronne « immortelle, » ymI xi]v ph lAeuGepiav îk to vtotvov iraaiy YMzBmoLVy xr,v è'evèoliotv «tto tcov Trpa^swv didiov atécpavov ty) TTarptSt dviBrtv.oiv (2).
Le martelage systématique, et exécuté avec un soin tout particulier, des deux dernières lignes de l'inscription s'explique aussi d'une manière naturelle par les événements de l'époque à laquelle nous l'attribuons. Ces deux lignes parlaient probablement de la cause pour laquelle étaient morts les cavaliers d'Amyrus et de la liberté de la Grèce ; les Macédoniens y étaient peut-être traités de barbares, comme dans l'Oraison funèbre d'Hypéride (3). Après la défaite des soldats de l'indépendance, après la capitulation d'Athènes et l'établissement de la garnison macédonienne, une inscription de ce genre ne pouvait demeurer exposée en public. On en fit effacer la moitié, celle probablement qui contenait les expressions jugées
(1) Voy. Westermann, De puhlicis Alheniensium honoribus etpraerniis, §14.
(2) Hyperid. Orat. funebr. col. 8.
(3) Col. 14.
les plus inconvenantes par les agents d'Antipater. Le respect constant des Grecs pour les monuments élevés en l'honneur des morts et pour tout ce qui avait un caractère funéraire, empêcha seul la destruction complète de la stèle élevée par les gens de Castanée. Ce qui la fit d'ailleurs respecter et la mit à l'abri de toute autre entreprise que du martelage de certaines de ses parties, fut sans doute aussi que Castanée avait été dans le nombre des villes thessaliennes qui s'étaient empressées, après la bataille de Crannon, de faire chacune séparément leur soumission, et qui avaient obtenu des conditions très-douces du général macédonien, dont toute la colère s'était concentrée sur Athènes (1).
La découverte de cette dédicace à côté du tombeau de Pythionice n'est pas une circonstance absolument indifférente. Hypëride s'indigne des atteintes que l'influence prépondérante des Macédoniens avait apportées à la pureté de l'ancien culte d'Athènes, « sacrifices en « l'honneur de simples mortels, statues, autels et tem- « pies des dieux négligés pour le culte d'un homme, « et jusqu'à des esclaves qu'on nous force d'honorer (( comme des demi-dieux (2). » Mais on devait se montrer plus indulgent pour le culte d'Aphrodite-Pythionice, comme pour tout ce qui se rapportait à la mémoire d'Harpalus. La haine contre la tyrannie de Philippe et d'Alexandre éveillait sans doute quelques sympathies pour cet homme, qui le premier avait osé se mettre en rébellion contre le vainqueur des Perses.
(1) Diod. Sic. XVUMT.
(2) Orat. funebr. col. 9.
C'était seulement sur les exigences menaçantes d'Antipater qu'on l'avait chassé d'Athènes, et qu'on avait fait le procès aux hommes qui, comme Démosthène, étaient accusés d'avoir reçu ses présents. Dans l'ivresse des premiers succès de la guerre Lamiaque on ne pouvait pas oublier que c'étaient les trésors laissés par lui dans la cité de Minerve qui avaient fourni les moyens d'entreprendre cette guerre (1), ni que c'était lui qui, pour se créer une force contre son ancien maître, avait commencé à rassembler au Cap Ténare (2) le noyau de ces vétérans de la guerre d'Asie, dont Léosthène avait pris le commandement et dont il avait fait la base de son armée (3). En outre, quelque méprisable et révoltante que nous paraisse, à nous autres chrétiens et hommes modernes, la divinisation d'une femme telle que Pythionice, elle devait beaucoup moins scandaliser les anciens que le culte rendu à d'autres mortels. En sa qualité de courtisane de Corinthe, Pythionice était une personne sacrée et une sorte de prêtresse. C'étaient ses pareilles qui, dans les circonstances solennelles, étaient chargées d'offrir aux dieux les vœux du peuple de Corinthe (4). Lorsque Xerxès envahit la Grèce avec son armée, les courtisanes de Corinthe allèrent présenter dans le temple d'Aphrodite les prières et les offrandes de tous les peuples de la Grèce pour le salut commun (5). Quoi d'invraisemblable, après cet illustre exemple, que, dans une lutte que les Grecs comparaient à leur guerre contre les Perses, quelques-unes
(1) Diod. Sic. XVIII.9.
(2) Diod. Sic. XVII, 108.
(3) Diod.Sic. XVII, 111; XVIII, 9.
(4) ChamajI. ap. Athen. XIII, p. 573.
{^) Slmonid. et Theopomp; ap, Athen. loc. cit.
des cités soulevées contre les Macédoniens aient, pour ainsi dire, placé leurs armes sous la protection de la courtisane divinisée, qui avait été l'objet de l'amour de l'homme à qui l'on devait les principales ressources de la guerre, et aient choisi le voisinage de son héroUm pour y dédier un monument commémoratif à des guerriers morts dans les rangs de l'armée libératrice? Simonide avait bien eu soin de parler des courtisanes avec un respect religieux dans les vers qu'il avait placés au dessous de l'ex-voto des Corinthiens, après la défaite des Barbares.
Une fois l'emplacement du tombeau de Pythionice déterminé, nous devons en conclure avec certitude celui du dème d'Hermus. Plutarque (1) dit en effet, en parlant du tombeau, èiapAvu îu vvv h Ép^u yi jSa^t'Ço/^tsv k'i uazeoç elç ÉlzMOLva. Etienne de Byzance, Harpocration, Suidas et Photius mentionnent aussi ce dème, qu'ils appellent Épf>to<; et Ép/aot, et qui appartenait à la tribu Acamantide (2).
C'est à tort que M. Kiepert (3) a placé ce dème au point où nous avons cru reconnaître l'emplacement du temple d'Iacchus Cyamitès. L'espace y est trop restreint pour avoir renfermé un chef-lieu de dème, et les traces antiques n'y ont pas assez d'étendue. Le territoire des Herméens est nettement indiqué par la petite plaine triangulaire, qui s'étend immédiatement après l'endroit oii nous avons constaté le site du tombeau de Pythionice, entre la butte d'Aytoç HXtaç, d'un côté, et, des deux autres, les pentes de l'JEgaléos et du Pœcile.
(1) Phoc. .22.
(2) Corp. wscr. (/raec.n-M 38, 158, 19J, 192.
(3) Jtlas von Hellas, \)]. XI, Urngehung von Athenai,
Quant au bourg même d'où dépendait ce (erritoire, il n'était certainement pas sur le bord même de la Voie Sacrée, car Pausanias dans ce cas l'eût mentionné. De plus nous savons, par le témoignage de Zopyre (1), qu'il était baigné par un ruisseau nommé aussi Hermus. Ces deux conditions d'emplacement sont remplies par les ruines helléniques qui se voient à l'extrémité de la petite plaine dont nous venons de parler, à l'entrée du défilé qui, séparant la hauteur de saint Élie du Pœcile, débouche dans la plaine d'Athènes au-dessus du village moderne, aujourd'hui ruiné, de Xaïâapt. Ces ruines ont été omises dans la carte de Fétat-major français, mais elles figurent sur la carte de Gell (2) et l'on en trouvera l'indication dans celle quiestjointeàce volume. M. Grotefend (3) a déjà signalé sur ce point l'emplacement d'un dème, mais sans y attribuer de nom ; M. Kiepert (4) en a fait OEa, qui se trouvait ailleurs, comme nous le démontrerons plus tard dans le cours du présent travail; enfin M. Hanriot (5) y a reconnu, comme nous, le dème d'Hermus. On n'y dislingue aucun édifice reconnaissable. Au milieu des décombres, nous avons relevé un fragment d'inscription funéraire :