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céanie, ni même la Nouvelle-Hollande, ne nourrissent pas des Lions. On n’en a point trouvé à Java ni à Sumatra , et il est probable qu’ils n’existent point dans la grande île de Bornéo.
Tout porte à croire que le Lion est une espèce isolée dans laquelle on peut énumérer quelques légères variétés , ou races , sous les climats différons: celle décrite sous la lettre c, variété de Perse, prouve, ce me semble, que les Lions sans crinière, d’Olivier, qui se trouveraient sur les confins de l’Arabie, pays trop rapproché de la Perse pour le supposer peuplé d’auti-es grands Chats que ceux connus dans cet empire, n’existent point. Il serait au-dessus de mes moyens d’ajouter quelques données intéressantes au sujet de ce grand carnassier : la matière a été traitée à fond par M. Cuvier;, elle ne laisse rien à désirer. C’est à la page 4o8 et suivantes du tome 4 des Recherches sur les ossemens fossiles, now. édit. , qu’on est invité de recourir pom* les détails ultérieurs.
Le Lion choisit pour demeure le voisinage des fleuves et des fontaines où le gros gibier vient se désaltérer; il saute brusquement et du premier élan sur sa proie, la met à mort et la déchiie pour s’en nourrir. Repu , il est rare qu’il attaque les autres aniiqaux ; sa férocité ne s’exerce à la rapine que pour satisfaire, à ses besoins.
On voit, dans les musées de Paris, des Pays-Bas et de Vienne, des mâles et des femelles des deux premières races mentionnées, et dans le premier établissement, une série de jeunes individus d’âge et de sexe différens. La variété <^e Téhéran, en Perse, est vivante à la ménagerie d’Exceter-Cbange , à Londres., L’un des Lions de Barbarie, du musée des Pays-Bas, a été rapporté de Tunis par M. le major Humbert ; ce dernier est d’une taille énorme ; il fut tué par un Arabe dont il avait terrassé une vache qu’il emportait sur son dos.
FÉLIS, TIGRE ROYAL (r) — FELIS TlGRlS.
Taille à peu près du Lion \ pupille diurne ; formes à peu près les mêmes j la tête du Tigre est plus arrondie, ses membres sont plus grêles, et il est plus bas sur jambes; queue deux tiers de la longueur du corps et de la tête , son extrémité aboutit au garrot ; tout le coi’ps, les membres et la tête rayés de longues bandes transversales; queue annelée , point de tacbes rondes sur aucune partie. Voyez les crânes du Tigre royal, mâle et femelle, Cuv., Ossem. ,fos., noiw. édit . , tom. , pl. ,Jig. 5 et 6 , et l'Ct 2.
Tout le pelage composé de poils soyeux , courts et serrés excepté sur les côtés du cou et des joues où ce même poil est long et forme une sorte de fraise. Tout le corps est barré transversalement de noir sur un fond roux jaunâtre aux parties supérieures du corps , et sur un fond blanc aux parties inférieures. La face interne de l’oreille et l’extrémité de la face externe, le tour de l’œil, surtout à sa partie supéiâeure , le bout du museau , les joues , la gorge , le cou , la poitrine, le ventre, la face interne des membres et le bout des doigts sont blancs. La quene est couverte de quinze anneaux noirs, sur un fond blanc jaunâtre; le mâle du Tigre royal a des bandes plus larges , plus régulières et moins espacées que dans les femelles , son pelage est aussi un peu plus doré.
Les jeunes ont la robe peinte de^ mêmes couleurs , mais ils diffèrenr des adultes par les nuances. Le blanc est mêlé de gris, le noir de brun , et le jaunâtre d’une teinte plus obscure ; le pelage est plus long , plus mêlé et paraît moins régulièrement peint.
Synonymie. FelisTigrxs , Gmel., Linn. , i, pag. 76, sp. 1. — C’est le vrai Tigre ou Tigre royal. Buffon., Quadrup. , vol. 8, tab, g. — Geoff. et F. Cuv., Ménagerie du Muséum et la belle lithographie d’une femelle dans ÏHist. nat. des mamm. ~ La figure,
(j) Selon M. Reinwardt , Madjvn gedé en langue javane, et Arimau besaar en malais : l’un et l’aulre signifient Grand tigre.
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composée pai' Sclireber, Saugt , vol. 3 , tab. 98 , donne une fausse idée des couleurs du pelage et de la distribution des bandes. Cette planche est au-dessous de la critique. — Encycl.y mamm. , pag. 33 '], pi. 91 , fig. 2 et 92 ,Jîg. I. Voyez aussi pour les indications des anciens 5 Cuv. Ossem. fossil. , nouv. édit. , tom. 4 5 4 ^ 4 -
Patrie. On commence à trouver cette espèce en Asie, au delà de rindus dans les parties méridionales de la Cbine , mais l’Indostan paraît être son berceau. Sumatra, Java, et selon toutes les probabilités , Bornéo nourrissent ce carnassier ^ on le dit moins farouche à Java que dans l’Indostan. Il ne vit point en Afrique. Les lieux de sa demeure sont les vastes forêts dans le voisinage des rivières et des eaux, où il exerce ses rapines sur l’homme et sur les gros animaux dont il fait une grande destruction j il grimpe facilement aux arbfes , y surprend sa proie et la guette au passage ; sa poursuite est jdIus opiniâtre que celle du Lion ^ une proie , manquée du premier élan , n’échappe que rarement à ses tentatives réitérées. Aussi susceptible de docilité dans la captivité que le Lion , on le voit obéir de même à la voix de son maître et donner des preuves d’attachement.
Des dépouilles de Tigres de l’Indostan, et leurs squelettes, font partie des musées de Paris et des Pays-Bas, ce dernier possède aussi le squelette , plusieurs têtes et les dépouilles de sujets tués à Java. Un mâle -d’Asie fait partie du musée de Vienne.
FÉLIS GUÉPARD (i). — FELIS JUBATA.
Taille du Tigre jaguar (Felis onca) ^ mais les formes plus élancées et plus grêles 5 queue plus courte que le corps , son extrémité aboutit à l’omoplate 5 ongles de tous les pieds ,• forts , point rétrac-
(0 Cette espèce serait connue à Sumatra sous le nom de Rimait mangin, si toutefois la description succinte de M. Raffels n’a pas rapport à un autre Chat. Chitlah, dans l’Inde , selon Pennant, ce serait le Youse des Persans, si leur Youse n’est pas j comme Je le présume, notre Félis léopard.
T. I. la
tiles ; la nuque et l’échine pourvus d’une courte crinière ; une large bande d’un noir profond allant de l’angle antérieur des yeux à la moustache J museau obtus.
Pelage d’un jaune légèrement teint de couleur d’ocre ; la tête d’une teinte plus fauve et le dessous du corps isabelle. Les poils de la nuque et de l’échine longs , droits et durs ^ ceux du corps et du dessus de la queue courts et lisses; mais ceux du dessous du corps et du dessous de la queue plus longs.
Le corps, les quatre extrémités et le dessus de la queue, sont d’un jaune couleur d’ocre , marqué partout de taches rondes pleines et d’un poir parfait ; ces taches sont un peu plus grandes et plus rapprochées sur le haut du dos qu’aux flancs et aux membres ; les plus grandes n’ont guère plus de lo ou de 8 lignes de diamètre; quelques taches beaucoup plus petites sont réparties dans les intervalles des grandes ; la plus grande partie de la queue en est couverte, et cette partie est terminée par trois ou quatre anneaux irréguliers et noirs. Ces taches, qui couvrept la tête, sont petites et très-rapprochées ; une série de ces petites taches , disposées à la file , forment une bande qui va du bord inférieur des yeux sur les joues , et aboutit à quelque distance en dessous de l’oreille. Une large bande , d’un noir plein , couvi’e, les côtés du museau et s’étend du bord antérieur des yeux aux moustaches. Les oreilles sont courtes, rondes, noires extérieurement et cendrées intérieurement.
Longueur totale prise sur un individu de grande taille , 5 pieds ; la queue a 22 [;ouces; hauteur 2 pieds; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez, , 2 pouces 3 lignes.
Synonymie. Felis jubata , Linn., Exleb. — Schreb., Saugt , t&h. ïo 5 ,Jig. rendant très-mal les formes élancées de ce Tigre, mais assez bien enluminée.' — Buff. , Hist. nat. supp. , 38 , sous le faux
nova. <\.e Joguar ou de Léopard. — Encycl. mamni., pag. 221, esp, 341 , pL 93 , fîg. 3 , calquée sur celle de Schreber. — Cuv , Reg. anim. , pag. 16 1. — Id. Ossem. fossil. , nouv. édit.^ vol. 4 ?
43 o. — Felis GUTTATA. Herm., figuré par Schreb. Saugt.,
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iüb. io5. , B. supp. (i), donne une idée assez nette de ce Tigre. Le portrait , publié par M. F. Cuvier, sous le nom de Guéparb, mamm., litliog. , est pris sur un jeune individu du Sénégal. — Huntino Léopard. , Pennant, p. 284 , tab- 56, figure au-dessous de toute critique.
Patrie, lüous savons par des preuves certaines que l’espèce habite les côtes occidentales de l’Afrique , elle est peu commune dans la partie méridionale, ce qui est confirmé par le témoignage de Thunberg , Mémoires de V Académie de St.-Pétersb. , tom. 3 , pa^. 299 , et par M. le professeur Lichtenstein, qui a vu un chef de horde de Caffres revêtu d’une peau de Guépard. Elle est très-répandue dans l’Indostan , où on la dresse à la chasse. Les forêts de Sumatra en sont peuplés; ses dépouilles ne nous sont point encore parvenues de Java. L’histoire de ce Tigre mérite de fixer l’attention des voyageurs ; ses mœurs sont très-probablement différentes de ceux des autrés Chats ; réduit en domesticité on croirait pouvoir lui attribuer les mœurs du Chien sous les formes extérieures des Chats , et ses pieds à ongles non l’étractiles , font préjuger des hatitudes qui tiennent le milieu éntre celles des Chats et dés Chiens.
Le musée des Pays-Bas possède la dépouille montée du plus bel individu connu dans les collections; il a été apporté du Bengale;
( I ) M. Cuvier cite celle gravure avec une au Ire du même ouvrage, Ann. dû Mus . , vol. 1 4 , pag i5i , où ce savarrLdil : « Le Felis chafybeata el le Felis guUala , lires du calniiet de Hermann y ayant été nouvellement examinés par mou frère, se sont trouvés, l’un un Scrval, l’autre une jeune Pan/Aère, mais tellement défigurés par le dessinateur, qu’on ne les reconnaîtrait jamais à leurs images;
Supposé qu’il en soit ainsi , dans quel but le peintre aurait-il donné à la figure du Felis g-n/mm que nous discutons, une ressemblance plus on moins vraie de notre Guépard, s’il avait, en effet, pris uti jeune lAopard pour modèle? et s’il eut eu un Serval sous les yeux, pourquoi donner à la figure du Felis cbaljrbeata les formes de notre vraie Panlhhre-, et , par l’enluminure, une idée grossière de la couleur du pelage de ce Tigç^e? J*ai vainement cherché les sujets identiques de ces deux tigres à Strasbourg; ils u’exisleut plus. La' description de feu Hermann , de son Felis chaljbeata , Observât, de Zool. ,pag. 36 , et celle du Felis guttata, ib.,pag 38, ne laissent aucun doute. La'prèmière a été faite sur un Serval, et la seconde sur un jenne Léopard. Mais comment se fait-il que les figures données par Sclireber, et communiquées par ce même Hermann , ressemblent, rune à 'ma Panthère, et l’autre au Guépardl
deux autres sujets , l’un du Sénégal et l’autre de l’Inde , font partie du nausée de Paris. Celui du cabinet de Vienne est originaire de l’Inde. On voit un Guépard vivant dans la ménagerie du Jardin du Roi, à Paris.
FÉLIS LÉOPARD (i). FELIS LEOPARDüS.
Taille des Adultes moindre que la Lionne y queue de la longueur du corps seulement, son extrémité aboutit aux épaules 5 la couleur du pelage d’un fauve jaunâtre clair ; celle de la partie intérieure, des taches en rose plus foncé ou d’un jaunâtre plus vif que le fond du pelage ; les nombreuses taches assez distantes \ celles en roses de 16 à 18 lignes au plus en diamètre^ 22 vertèbres à la queue. Voyez les crânes. Qssem. fossil.^ nouv. édit. , vol. 4, pl. 34 ^j^g'. 5 et 6,
variété noire, mais sur une tête d’un jeune individu 9 et 10. Voyez aussi notre pl. g , fig. i 2.
Pelage bien fourni , de médiocre longueur ; la couleur du fond est d’un jaunâtre clair sur le dos , plus pâle aux flancs , et blanc au ventre et à la partie inférieure de la queue. Toutes les taches qui couvrent cette fourrure sont bien prononcées, jamais contiguës, mais exactement séparées des taches voisines par le fond jaune clair du pelage; les taches en roses qui couvrent les flancs , une partie de l’omoplate , la croupe et une portion de la queue , sont composées de trois ou de quatre taches noires , formant un cercle imparfait qui ceint une tache jaune, toujours plus foncée que le fond du pelage ; le haut du dos, la tête , le cou, les quatre extrémités et les parties inférieures du corps, sont couverts de grandes et de petites taches pleines , d’un noir profond et de forme ronde ou ovale ; les taches pleines du corps ne sont jamais en bandes , et les taches en roses des flancs n’ont jamais un plus grand diamètre que de 16 à 18 lignes au
(i) C’est le Felis pardalîs des anciens. Le Félis- pardalis de Linné , Gmel. , est un composé de mon Felis macroura et du Pardalis. Voyez les synonymes, l.es Javanais désignent ce Tigre et le suivant sous le nom de Madjan toetoel , ce qui signifie Tigre tacheté. C’est le Faahd des Arabes.
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plus (i). Sur la face interne du haut des janihes sont quelques bandes noires , transversales et vers le bout de la queue deux ou trois cercles imparfaits , divisés par des cercles blancs bien plus étroits j les oreilles sont rondes, noires à leur base etf jaunâtres au bout; les rangées des moustaches sont blanches , elles prennent leur origine sur des lignes noires disposées transversalement sur les lèvres.
Longueur totale des adultes , 5 pieds 8 pouces , sur laquelle la queue occupe 2 pieds 7 pouces ; hauteur sur ses jambes à peu près 2 pieds ; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez , 3 pouces 6 lignes , dimensions prises sur des sujets montés.
Les jeunes de cette espèce ont souvent été pris pour des espèces distinctes. J’en ai vu. dans les cabinets, étiquetés sous les noms de Pardalis , àe Panthère, d’once, de Guépard et même de Jaguar. La fourrure des jeunes est toujours plus longue , d’une nature plus cotonneuse , même un peu crépue, les taches pleines plus ou moins contiguës , et les taches en roses moins distinctement marquées, souvent comme effacées ou plus claires qu’à l'ordinaire ; le tout suivant la longueur des poils , constamment en rapport avec l’âge des individus. Toutes les taches de la robe des jeunes sont plus claires et le fond du pélage un peu plus terne que dans les adultes. Il résulte de cette disposition des taches et de la nature du poil que ces jeunes tigres sont difficiles à rapporter à leur type. Au reste, il est toujours plus difficile de distinguer les dépouilles des jeunes animaux Comparativement aux dépouilles d’animaux adultes. Cependant le jeune Léopard est aisé à reconnaître de la jeune Panthère ; la longeur de la queue , en proportion du corps, doit servir à lever le doute.
J’ai sous les yeux un jeune Léopard dont les dimensions sont, longueur totale , 3 pieds 8 pouces , sur lesquels la queue mesure 1 7 pouces 7 lignes , distance du bord antérieur de l’œil à la pointe
(1) J’insiste sur ces caractères reproduits dans les dèscriptions de toutes mes espèces, puisqu’ils servent à distinguer au premier coup d’œil non-seulement les différentes dépouilles complètes des' grands Chats des deux continens; mais que par ce moyen, on ne peut manquer de reconnaître les peaux mutilées qui circulent dans le commerce des pelleteries.
et le P ardus du même auteur. Voyez Annales du Muséum, vol. i4, pag. i48, où ce savant dit au n". 6 , que son Léopard est plus petit que sa Panthère , ce qui est erroné ; car le Léopard adulte est environ d’un cinquième plus grand que la Pantliere dans le même état. Au reste, il n’existe aucun doute que l’indication du Felis pardus de Gmelin doit être l’apportée à ma Panthère de l’article suivant 5 car , dans la Diagnose , il est dit : Cauda. elok- OATA , et à l’article du Felis leopardus , il est dit : Cauda meniocKi , ce qui convient à notre Léopard, mais point à la Panthère de l’article suivant. Le caractère emprunté du nombre de taches en rose, par ligne transversale, dont M. Cuvier se sert, presque avec exclusion de tout autre indice, pour distinguer nos deux tigres de l’ancien çontineut, m’a paru peu satisfaisant dans l’emploi que j’ai voulu en faire 5 car, indépendamment des différences que l’âge opère sur la forme et le nombre de ces tacbes, j’ai trouvé que ce caractère n’est pas applicable à toutes les dépouilles des individus du même âge, et que le nombre de ces taches en rose varie du plus au moins *, il est encore bien difficile de dire avec précision , si telle tache placée aux extrémités de la ligne doit être énumérée parmi les taches en rose ou bien parmi celles dites pleines. M. Cuvier observe, en dernier lieu, à l’article des grands Félis vivans , Recherches sur les ossemens fossiles j nouv. édit. , yol. 1^, pag. 4 ^^» ^ long-temps cru qu’on pourrait
reconnaître ces deux Félis à des taches plus ou moins nombreuses ; mais j’ai vu, dit ce savant, tant de variétés à cet égard, que je n’ose plus insister sur ce caractère.
Trois causes bien simples servent à expliquer les sources des erreurs qui ont répandu de l’ obscurité dans les descriptions auxquelles on doit attribuer le peu d’exactitude des figures publiées sous les noms , tantôt bien, tantôt mal appliqués de Léopard et de Panthère. La première, c’est qüe j’ai lieu de douter de l’existence de la Panthère en Afrique ; la deuxième , c’est que la véritable Panthère ne se trouve point à Paris parmi les animaux montés de la galerie du Jardin du Roi , et qu’il est assez probable que la ménagerie n’a ja-
mais possédé ce Tigre vivant; la troisième enfin consiste en ce que les naturalistes il’ont pas pris soin d’établir les différences qu’ils signalent d’après des individus d’un âge à peu près égal. Le plus grand nombre des descriptions de Buffon ont été prises sur de jeunes individus. On a voulu rapporter ces descriptions à des dépouilles ou à des animaux vivans, parvenus à l’état parfait , et l’on n’a pu manquer de tomber dans les erreurs les plus graves. L’origine ou la patrie de ces animaux ayant souvent été indiquée comme très-accçssoire, une confusion complète a du nécessairement en devenir la suite.
On a été assez long-temps dans le doute au sujet du prétendu Tigre noir ( Felis mêlas) de Pérou, considéré par les uns comme simple variété accidentelle du Léopard , et que d’autres , à l’exemple de Pérou y ont regardé comme une espèce distincte. IVos voyageurs viennent de mettre un terme à ces doutes : M. le professeur Reinwardt dit , et mon défunt ami Lubl assure , dains sa correspondance, que le Tigre noir n’est qti’uiïe variété noirâtre du Léopard. Cette circonstance est bien connue à Java, où les indigènes savent , par expérience, qù’ on trouve assez fréquemment dans le repaire du Léopard , des jeunes individus, l’un ^clieté comme la mère , l’autre noirâtre et pareil au prétendu des Catalogues méthodiques.
Nous possédons à la ménagerie un Léopard noir pris jeune dans le repaire d’un couple de ces animaux, couvert de la robe jaunâtre.
La robe du Léopard noirâtre est teinte de marron , ou couleurbai très-foncé, distribuée par nuances plus ou moins sombres ou noirâtres ; cette couleur est répandue sur tout le pelage; le marron pur règne sur les parties inférieures du corps : au museau , aux deux faces des quati’e extrémités , et au bout de la queue ; un marron noirâtre, très-intense, est répandu sur toutes les parties supérieures du corps et de la queue, ainsi que sur le sommet de la tête et aux oreilles. Les taches distribuées sur cette fourrure sont d’un marron noirâtre aux parties inférieures et sur les quatre extrémités, et d’un noir profond sur le dessus du corps ; ces taches en rose, et celles dites pleines sont formées et distribuées de la même manière que sur les peaux ordinaires de Léopard. Les taches du dos et de la
queue sont peu distinctes 5 elles paraissent cependant, et sont bien marquées , lorsque les rayons du soleil éclairent cette robe.
Les synonymes de cette variété se réduisent à des indications trèssuccintes. C’est le dixième des Chats dont parle M. Cuvier, Ann. du mus . , vol. i4, p . i 52. — Felis melxs. Cuv. , Regn. anim. , vol. ï , p . 161 . — JSouv. Dict. d’hist. naU , vol. 6 , p . io4 , où il est rangé avec les Chats de moyenne taille, appai’emment d’après l’individu l'apporté par Pérou , qui est jeune. — Panthère noire de Lamétherie, Journ. de physiq. , 33, pag. 45, avec une figure calquée sur celle de la Panthère de Buflfon, et noircie. Le muséum des Pays-Bas possède l’individu conservé à la Tour , à Londres, probablement le même que M. de Lamétherie a vu. — C’est le Rimau- RUMBANG de Sumatra, indiqué par sir Stamford-Raffles dans les Transactions linne'ennes , vol. i ^, part . i , pag . afio.
Patrie. Les pays habités par cette espèce sont le nord et le midi de l’Afrique, et probablement toute l’étendue de cette vaste partie du monde. L’Inde et les îles de la Sonde , Java et Sumatra. J’indique les pays mentionnés avec certitude , puisque j’ai reçu les dépouilles du Léopard de ces contrées ; ces peaux m’ont toutes fourni les memes caractères; tandis que les différences observées dans les dépouilles et sur les individus vivans de l’espèce suivante , ou de notre Panthère^ se sont trouvées constamment les mêmes.
Le musée des Pays-Bas possède des individus d’âges différens, ainsi que le squelette envoyé de Java, accompagné de la peau du même individu , deux Léopards noirs et plusieurs crânes de cette variété. Le muséum de Paris possède plusieurs dépouilles de l’adulte , des squelettes et un Léopard noir, rapportés par feu Pérou : cet individu est jeune. Les Léopards du nord et du nàidi de l’Afrique ne diffèrent point entre eux; ils ressemblent, sous tous les rapports, aux individus de l’Inde et à ceux de Java. Les sujets du musée des Pays-Bas en fournissent la preuve.
On voit, dans les galeries du musée de Paris, cinq individus mon-
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tés de l’espèce du Félis léopard. Le, n“. aS.o, sous le nom de Panthère. , est un Léopax’d.
FÉLIS TAmnmE-r- FELIS PARDUS ( Ljnn. Gstel.) (1).
Taille des adultes moindre que le Le'opard, queue aussi longue que le corps et la tête, son extrémité aboutit à la pointe du museau ; la couleur du pelage d’un fauve jaunâtre foncé , celle de la partie intérieure a des taches en rose de la même teinte que le fond du pelage j les nombreuses taches très-rapprochées 5 celles en rose de 12 ou i4 lignes au plus en diamètre (2)5 28 vertèbres à la queue. Voyez le crâne réduit de moitié , pl. 9, figures 3 et 4 ? servant de moyen comparatoire pour constater la différence avec le Léopard , dont le crâne , également, réduit de moitié , est figuré sur cette planche. Dans le choix des deux crânes , celui dn Léopard a été figuré sur un sujet adulte , de taille moyenne , et ayant toutes les sutures bien prononcées. Le crâne de la Panthère , fig. 3 et 4 ? est d’un individu très-vieux , parvenu au iiiaximum du développement et à sutures à peu près oblitérées. Le ci’âne est au total plus long'et plus comprimé dans la Panthère que dans le Léopard. La ligne de la face est la même \ mais celle du crâne diffère. Les arcades zygomatiques sont beaucoup plus écartées dans le premier que dans le second , et la face est plus obtuse dans le Léopard que dans la Panthère 5 le frontal est plus large et rectangle chez ce dernier , mais ses apophyses 'post-orbitaires sont moins fortes.
Pelage bien foui'ni , de médiocre longueur ; la couleur du fond est d’un jaune d’ocre clair , mais tout le dessous du corps et de la queue , ainsi que les côtés du ventre , sont d’un blanc pur. Toutes les taches qui couvrent cette fourrure sont bien prononcées , très-
(1) Il me paraît clair que Graelin a indiqué maPanthère dans son Felis pardus, car il dit expressément cm/iiae/ong-aia, caractère qui , parmi les espèces de grands Chats, convient exclusivement à celle décrite dans lé présent article. Les Javans lui donnent , ainsi qu’à l’espèce pré-^ cédente, le nom de Madjan toeloel , Tigre tacheté.
(2) On ne peut énumérer, parmi les caractères existans, celui du nombre des rangées de taches , ni celui également vaj-iable pris du nombre des taches en roses par ligne transversale.
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rapprochées les unes des autres , quoique séparées ; les taches en rose qui couvrent les flancs , une partie de l’omoplate et la croupe , sont Composées de trois ou quatre taches noires , formant un cercle imparfait qui ceint une tache jaune d’ocre , absolument de la même teinte que le fond du pelage 5 le haut du dos , la tête , le cou, les quatre extrémités, la queue et les parties inférieures du corps , sont couverts de grandes et de petites taches pleines , d’un noir profond et de forme ronde ou ovale ; les taches pleines du corps ne sont jamais en bandes, et les taches en roses des flancs n’ont jamais un plus grand diamètre que de 12 lignes ou de 1 4 lignes au plus, sur la face interne des jambes et à la partie inférieure du cou sont quelques bandes noires transversales , et , vers le bout de la queue , plusieurs grandes taches noires divisées par des cercles blancs très-étroits ; les oreilles sont aussi grandes que celles àn Léopard , rondes, noires à leur hase et d’un cendré blanchâtre au bout \ les rangées des moustaches sont blanches , elles prennent leur origine sur des lignes noires , disposées transversalement sur les lèvres.
Longueur totale adultes, 5 pieds, si ou 4 pouces, sur laquelle la queue porte 2 pieds 8 pouces distance du bord antériéur des yeux à la pointe du nez , 2 pouces 5 lignes 5 hauteur , étant sur les jambes, 16 à 17 pouces. Dimensions; prises sur deux individus morts dans la ménagerie et sur des peaux.
Synonymie. Je n’en connais point d’exactes, ‘Les naturalistes qui ont parlé des grands Chats emploient les noms àé Panthère , Pardalis , et vraie Panthère, - sans indiquer cette vraie de
manière à ne pouvoir confondre l’espèce ayec celle du Léopard. M. G. Cuvier, dans soü mémoire , Recherches sur les grands Chats (1) , n’a point atteint ce but. Dans les nouvelles notices publiées par ce savant , en tête du mémoire qui traite des ossemens fossiles des grands Chats, je ne trouve point notées les réflexions que je communiquai dans le temps à M. Cuvier sur l’identité des deux
• (0 Annales du Muséum, vol. i!^,pag. i48, citées égaleinej|t à l’article du Léopard.
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lOI
Chats indiqués par lui sous les noms de Léopard et de Panthère. Le crâne d’une de mes Panthères , qui avait vécu plusieurs années dans la ménagerie, a été soumis à l’examen de M. Cuvier, qui l’a reconnu pour espèce distincte de celles qu’il indique.
A juger par les planches de Sclireher, Saught loi , C, j’aurais été enclin à voir dans ce Chat ma vraie Panthère ; la pose , son peu d’élévation sur jambes , et la lougue queue^ me font croire que cette ligure, toute mauvaise qu’elle est, reposesur le dessin d’une Panthère. Mais ce Felis chalyheata de Hermann devi’ait être retrouvé à Strasbourg, où cependant il n’existe point , ce dont je me suis assuré sur les lieux. Croire, avec M. F. Cuvier (voyez mémoire sur les grands Chats, ^/7n. du mus., ), que cette figure ait été faite sur
un Serval, ce serait porter au dessinateur et à la mémoire du professeur Hermann un soupçon de mauvaise foi trop décidé. J’en dis autant du Felis guttata , de Hermann , Schreb. , tab. îo5. B, que l’on dit avoir été faite sur une jeune Panthère, tandis que j’y vois une figure passablement bien rendue du Guépard ( Felis jubata ). Voyez cet article.
Patrie. Deux individus vi vans nous ont été envoyés de Java; un assez grand nombre de peaux, plus ou moins mutilées, nous arrivent de cette contrée. J’en ai vu qui avaient été envoyées du Beogale, et on assure que l’espèce vit aussi à Sumatra. Il est certain que je n’en ai jamais vu dans les cargaisons nombreuses de peaux de vrais Léopards d’Afrique , et que les peaux de de Java «et de
l’Inde ari’ivent par le commerce, en- bien plus grande quantité que celles de la PûfniAè/’e, qui est toujours plus rare.
Le musée des. Pays-bas possède deux beaux individus montés , et deux squelettes d’adulte ; l’un de ces squelettes est d’un individu qui a vécu pendant dix ans dans une ménagerie ambulante. Les Tigres étiquetés dans le musée de Paris, sous le nom de Panthère, sont tous des Léopards ; il n’existe point aujourd’hui de peau montée de' la vraie Panthère dans cet établissement , et je n’ai pas vu de squelette de ce carnassier dans le cabinet d’anatomie.
FÉLIS LONGIBANDE(.). MJ CROC ELIS.
Taille moindre que la Panthère de ce mémoire ( Felis pardua ) de Java; queue de la longueur du corps et une partie du cpu; Vexti-émité de cette queue aboutit à la nuque ; tête petite , obtuse ; plus de noir à la robe que dans les autres espèces. Dea tachés longitudinales sur toute l’étendue des flancs et du cou.
Six. bandes d’un noir profond , dont deux sont très-longues , couvrent toute la partie supérieure et les côtés du cou : ces deux bandes ont leur limite vers les épaules, où elles sont terminées en demicercle. De grandes taches pleines, d’un noir parfait, -couvrent la région des omoplates; suV- la face externe des pieds antérieurs sont trois grandes taches , exactement encadrées par une bande noire ; l’intérieur de ces grandes taches est d’unn teinte fauve , marquée de zigzags noirs et de petites taches, très-irrégulières; le long de l’épine et à la croupe sont des bandes longitudinales très-rapprochées qui s’étendent de l’omoplate à l’origine de la queue; on voit aux cuisses un petit nombre de. taches en rosaces imparfaites, dont le centré est marqué d’une où, plus rarement, de plusieurs petites taches noires; toutes les autres taches des quatre membres et des parties inférieures sont d’un noir plein; elles se trouvent disposées sur un pelage fauve-jaunâtre, et cette teinte existe aussi entre les gi-andes taches des épaules et les bandes longitudinales du dos, séparées entre elles par des intervalles très-étroits ; la tête est marquée de taches pleines.
La queue est très- irrégulièrement marquée de taches pleines d’un brun noirâtre, séparées par des intervalles très-étroits d’un fauvejaunâtre ; toute cette partie est couverte de taches , et n’a pas les anneaux dont la queue du plus grand nombre des Tigres est terminée. Longueur totale , 5 pieds 6 pouces , dont la queue porte i pieds 6 pouces.
(i) Soa nom, en langue malaye, à Sumatra, est, selon M. Raffles, Arimau dahan ; M. Râffles écrit Riman , mais c’est une faute d’orthographe. - ' ■
DE MAMMÀLOGIE. ro5
Patrie. Cette espèce est indiquée très-succinctement par M. Raffles, dans le catalogue des mammifères de Sumatra , Transact. linn. society , vol. i3 , pag. 25o. Il y est dit que ce Tigre porte, chez les Malais, le nom de Riman clalian; qu’il est à peu près de la taille du Léopard, mais que la couleur de sa robe est plus foncée, et que les taches sont moins iegulières. Il griinpe aux arbres à la poursuite des oiseaux , dont il fait Sa nourriture. Les naturels rapportent qu’il dort dans l’enfourchure des grandes branches. On le trouve aussi à Bornéo, où les Daiakkers , peuplade sauvage et sanguinaire de cet île, emploient sa peau pour en faire des jacquettes, dont ils garnissent les bords de plusieurs rangs de coquillages blancs (i). Une peau à laquelle il manque les pieds et tout le crâne a été envoyée de Siam, ce qui prouve l’existence de cette espèce sur le continent de l’Inde.
Serait-ce la même espèce que celle indiquée par M. Cuvier, Osseni. foss . , tom. 4 ? p^g’ 4^7 7 6t envoyée par M. Diard ? S’il en est ainsi , on s’est trompé en indiquant, l’île -de Java pour demeure. Notre Tigre longibanâe ne se trouve pas à Java.
Je n’ai vu jusqu’ici qu’une peau non mutilée ou endommagée. On ne voit point de sujet complet monté dans les musées. Les' peaux plus ou moins endommagées font partie des musées des Pays-Bas, de Paris et de la compagnie des Indes, à Londres.
FÉLIS SERVAL ( 2 ). — FEUS- SERVAL et CAPENSIS.
Les adultes de forte taille sont à peu près de la grandeur de la Panthère (Felis pardus). .On en voit plus souvent de taille riioins forte. Queue médiocre , plus de la moitié moins longue que tout l’animal ; les oreilles grandes, pointues, rayées de noir et de blanc; quatre bandes sur la nuque et cinq entre les épaules. Toutes les taches pleines et d’un noir profond.
(1) Nous avons reçu plusieurs vêtemens des Daiakkers, et un grand nombre de leurs'us-
tensiles et ornemens. La peau, de ce. Tigre paraît leur servir de vêtement principal. ^
(2) C’est ‘le Tjger-bosch-kat'dçs co\oiis du cap de Bonne-Espérance; le Chal-ligra des fourreurs.
io4 MONOGRAPHIES
Le pelage est gënëralement long et touffu ; des poils très-longs couvrent les flancs , l’intërieur des quatre extrëmitës et la base de la queue. La couleur des parties supërieures èst d’un jaune d’ocre plus foncë le long de l’ëpine qu’ailleurs 5 toutes les parties infërieures et l’intërieur des membres sont d’un blanc pur. Les taches de la nuque et du bas sont longitudinales , et celles du ventre et des jambes plus ou moins arrondies. A la face intërjeure des pieds de devant sont deux grandes plaques noires qui forment des bandes transversales. La bande latërale delà, nuque forme un croissant, dont les extrëmitës sont tournëes en dehors ; mais la bande aux ëpaules forme le croissant en sens inverse 5 la queue porte le plus souvent Sept anneaux noirs , quelquefois huit , et le bout est ëgalement terminë de noir. Les jeunes individus ont le pelage plus long et moins rëgulièrement marquë que l’adulte. Les taches sont aussi plus ëcartëes. *
Longueur totale d’un individ.u de forte taille environ 4 pieds j queue , i 3 pouces 6 lignes longueur des oreilles, 2 pouces 6 lignes; hauteur au garrot i 5 pouces. J’ai vu des individus adultes ,' dont la longueur totale n’excëdait point 3 pieds.
Synonymie. Félis serval et capetxsis. Linn. ,Gmel. , Syst. , pag. 81, sp. 16 eAi 4 . — Feus cAPENsis , , Cimelia phys. ,
'tab. figure grossièrement enluminëe , la tête de grandeur naturelle très-exacte.— Thunb. , Méin. de Pétersb. , vol. 3 . — G est bien certainement le Chat-Pard de MM. de l’Acadëmie. Perrault, pag. 82, tab. i 4 > — Le Serval. F. Cuv., Ménag. du Mus., par Maréchal, figui’e parfaite.- — Buff., Quadrl, vol. 3 , pog. 4 o 5 ,, tab. 38 , — Schreb. , , eo/. 3 , pag. l^àS, t'ab. 108, copiée sur celle
de Buffon , et enluminée d’après la description. — Gëoff. , Catalog. , mam., pog. 118. — Le Serval. F. Cuv. , Hist. nat. .des mamm. , un portrait fidèle. — Les descriptions àn Félis serval , Chat-pard *et Félis du Cap de Y Encyclopédie reposent sur des notices plus ou moins exactes du Serval d’Afrique ; celle du Felis capensis est fondée
FÉLIS CERVIER {i). — FELIS CERFARIA.
Taille à peu près du Loup ( Canis lupus ) ; queue plus longue que la tête , plus mince à la pointe qu’à la base , terminée par un grand espace noir; moustaches labiales , d’un blanc pur, depuis la base jusqu’à la pointe; pinceaux des oreilles très-courts ou nuis; des favoris de longueur médiocre aux joues ; museau un peu allongé. Je n’ai pas trouvé d’occasion pour établir une comparaison entre le crâne de cette espèce et celui de l’espèce suivante ; il est même rare de trouver des peaux qui ont encore une portion des mâchoires. La différence dans la longueur du museau fait préjuger une légère disparité dans la forme totale des crânes.
Pelage très-long , très-touffu , particulièrement aux jambes et à la plante des pieds ; fournu’e très-fine et soyeuse, couverte, dans le premier âge, de taches brunes et noires , et dans l’adulte, de grandes et de petites taches d’un noir parfait. • '
Les poils très-fins et soyeux du dos sont à peu près longs de deux pouces ; leur base est d’un gris très-clair, le milieu d’uii beau roux clair , et la pointe , d’un blanc grisâtre-argentin ; les taches noires , dont la robe est couverte , sont tigrées de roussâtre à la base , avec la longue pointe d’un noir parfait. Cette distribution donne à la robe un£ teinte de gris-roussâtre lüstré , marqué de taches- rondes et un peu oblongues d’un noir parfait. Les favoris sont blanchâtres , marqués d’une grande tache noire formée par un large pinceau de poils noirs placé au milieu des poils blancs ; une bande noire, demi-circulaire, part de l’angle postérieur de l’œil, et se dirige sur les joues; un Cercle noir entoure les yeux, et une tache noire couvre la région lacrymale; les taches noires du dos sont un
(t) Getté belle et précieuse fourrure «sc connue dans le commerce sous le nom de Loup cervier, ou iyriar moscovite; elle arrive par petites cargaisons des marchés de Moscou , et le commerce de' cette ville les reçoit, dit-on, du .fond de l’Asie. Les peaux de l’adulte à taches très-noires, sont du prix de 100 à 1^0 et i 3 o francs; le plus bas taux des peaux de qualité moyenne est de 80 francs.
DE MAMMALOGIE. »o;
peu oblongues , et séparées par de grands intervalles ÿ elles sont rapprochées sur les flancs , et plus encoi’e à la face externe des membres, où leur forme est arrondie. La région du tibia et la face interne des membres n’ont point de taches \ la base de la queue a quelques taches transversales , et la petite moitié vers le bout est totalement d’un noir parfait 5 le devant du cou, la poitrine et le ventre sçnt couverts d’un poil très-long et blanc. L’oi'eille est peinte à sa face extenié par une bande noire fox’mant un angle, à l’extrémité duquel naît le petit pinceau très-grêle du bout de l’oreille.
Tel est l|jSignalemént de la robe des individus à l’état adulte. Les jeunes , de taille environ moitié moindre que l’adulte , ont un pe-, lage blanc-jaunâtre sale , marqué de petites bandes plus longues que larges , d’un jaunâtre un peu plus foncé que le fond du pelage j ces bandes, plus ou. moins distinctes, sont encadrées par du brun noirâtre. La face externe des .membres est marquée de taches brunes, de forme arrondie. Toutes les autres parties sont colorées comme chez l’adulte; mais la robe est toujours- plus jaunâtre et plus irrégulièrement variée. Les peaux d’individus, dans le passage d’une livrée à l’autre , sont marquées d’un plus grand nombre de taches d’un bninnoirâtre; ces taches sont quelquefois irrégulièrement dessinées, et plus ou moins réunies; les bandes transversales de la queue sont brunes.
La robe des vieux individus est à peu près peinte de la même manière que celle du Félis serval du Cap , avec cétte différence , que les taches noires, chez ce dernier, sont placées sur un fond jaune-roussâtre , et chez notre Félis cervier sur un fond gris-argentin. La fourrure da l’adulte est de toute beauté.
L’adulte porte , en longueur totale , 3 pieds 4 ou 8 pouces ; la queue seule prend 7 ou 9 pouces ; hauteur au garrot , 2 pieds 6 ou 7 pouces; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez, un peu plus de 2 pouces. J’ai vu des peaux dont les dimensions sont un peu plus fortes, et un grand nombre à dimensions moins grandes ; ces dernières n’ont point les taches d’un noir plein, et leur pelage est plus varié. Les jeunes , au terme moyen de l’âge , n’ont guère plus de 2 pieds 4 ou 6 pouces en longueur totale.
io8 MONOGRAPHIES
Synonymie. Je n’en connais point qu’on puisse en toute assurance citer à cet article. Le Kattlo (i) des Suédois pourrait bien être notre espèce , et il serait possible qu’elle ait été vue et tuée en Suède ; mais il est certain que l’espèce n’y est pas très-nombreuse , puisqu’on ne voit point les peaux de ce Félis dans les cargaisons que le commerce reçoit des ports de la Baltique. La fourrure du Ijoup-cervier exportée de Suède consiste en peaux de Lj-nor ordinaire et eii peaux de Lynx polaire. Lès descriptions fournies du Lynx du Canada des auteurs n’ ont rien de bien caractéristique 5 les diagnoses sont vagues; on n’a pas été soigneux à détenmner, d’une manière .précise , l’origine des individus/ et le nom de Lynx du Canada peut avoir été donné à un sujet venant de Suèd^, ou fourni par le commerce avec la Russie. Le Lynx du figuré par
Buffon , me semble ^ d’après la planche eü noir, un individu, âge moyen , de mon Félis polaire. Je n’ai pas retrouvé dans les galeries du Jardin du Roi , à Paris , le sujet qui a servi à cette planche des œuvres de. Buffon , ce qui me met dans l’impossibilité de décider la question. Les descriptions laissent matière au doute *, on n’a pas eu égard à la nature du pelage, à la couleur du îeutre, à la forme de la tête, aux proportions relatives de la queue, enfin, à la manière dont l’extrême pointe est terminée et colorée. Les moyens de vérifier les différepees , ou de constate!* l’identité, n’existant plus , nous restons dans le doute s’il faut réunir le Lynx du Canada des auteurs à l’espèce suivante ou bien à celle-ci. J’opinerais pour la réunion avec mon Félis polaire. , si l’expérience ne m’avait prouvé trop souvent le peu de confiance qu’il faut ajouter aux indications de patrie chez les auteurs du siècle passé.
Il serait possible que Pontoppidan indiquât cette espèce dans le Lynx qu’il décrit, d’ un blanc gris , clairsemé de taches foncées. L’espèce , suivant Buffon , serait répandue , non-seulement en Europe , mais dans toutes les provinces du nord de l’Asie. Ce pourait être, suivant \ Histoire générale des Voyages, le Félis ap-
(i) Corpore albido, maculis nigris, Linn. , Faun. suec. , Retz. , Faun. suec.;pag. i8.
Iio MONOGRAPHIES
rure moins fine et plus rijde que dans l’espèce pre'cédente; tout le pelage onde sans aucune tache distincte.
Les poils du dos à peu près longs d’un pouce et demi 5 ils sont d’un brun fonce depuis la base jusqu’aux trois quarts de leur longueur , et leur pointe est annelée de gris et de brun 5, la fourrure des flancs est grise à la base, rousse au milieu , et blanchâtre à la pointe. Cette distribution donne à la robe une teinte grise , ondée de brun sur le dos et de blanc-roussâtre au ventre. On ne voit aucune tache distincte sur la robe des jeunes ni sur Celle des vieux ; la réunion des bouts noirs des ^oils du dos forme , sur cette partie , une bande plus ou moins interrompue et ondée qui suit la ligne moyenne de l’épine dorsale. Les pieds , et partic.ulièi’ement la plante , sont abondamment garnis d’uu pelage très-touffu. La queue est d’un roux blanchâtre ondé, sans taches ni bandes; elle est comme tronquée au bout , et l’extrême pointe, obtusC est couverte d’une rosace noire ; les oreilles sont bordées de noir et terminées par des pinceaux d’un pouce et demi en longueur ^ les favoris aux joues sont longs et marqués d’une grande tache noii’e ; les poils de ces favoris ont trois pouces; ils pendent de chaque côté delà mâchoire inférieure. La poitrine, le ventre et la face interne des membres sont d’un blanc terne. On voit des individus nuancés par ondes cendrées et fauves, blanchâtres et rousses , ou blanchâtres ondés de brun , le tout suivant la longueur des poils annelés vers leur pointe de ces couleurs , et suivant que leur base, brune ou rousse, est plus ou moins à découvert.
Longueur totale de l’adulte, 2 pieds 7, 8 ou 9 pouces; la queue seule porte 5 pouces ; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez, i pouce 6 lignes. Je n’ai jamais vu des individus de 3 pieds.
Synonymie. Il me paraît que c’est en premier lieu le Chat du Canada, indiqué par M. Geoffroy, Cdtal. des Mamm. , pag. 120 , esp. S , sur des sujets du musée de Paris, n". 258 et 25g. — Il est probable que l’article additionnel de Buffon a rapport à ce Félis. ÎVous avons discuté, à l’article du Félis cervier, la figure, tab, 44 >
DE MAMMALOGIE. iii
qui accompagne cette description : c’est Lien certainement le Lynx du Canada de M. Cuvier, Ossem. foss . , nouv. édit., vol., l\, pag. 443 ; mais je ne partage pas son opinion au sujet du Ijynx du Mississipi , Suppl. , vol. 7 , pl. 53 , que nous réunissons avec le Felis rufa. Les diagnoses placées en tête de nos descriptions peuvent servir de moyen pour reconnaître, au premier coup d’œil, les dépouilles des espèces dont le signalement a été fourni d’après l’examen de plusieurs centaines de peaux.
Patrie. Les contrées polaires des deux niondes. Le commerce reçoit des cargaisons très-fortes des ports des États-Unis. L’Angleterre tire cette pelleterie des factoreries de là Laie de Hudson. La Suède en expédie un grand nOmLre dans lés marcLés dés contrées méridionales de l’Europe; elles passent par cLargemens en CLine. Cette fourrure est Lien moins estimée que ceWe ào. Félis cervier. Les peaux les plus estimées du Félis polaire ont une teinte cendrée , légèrement ileuâtre, et sans aucune tacLe distincte sur la roLe ; celles d’un prix très-élevé de l’espèce du Félis cervier sont d’im gris Liane faiLlement teint de rose, couvert d’un lustre Lrillant, et parsemé de grandes et de petites tacLes d’un noir parfait.
On voit des sujets du Félis polaire dans lés niusées des Pays- Bas, de Paris et de Vienne. ■
FÉLIS LYNX (1). — FÆAZS ZFiVX .
Corps |ros, assez élevé sur les jamLes, qui sont, très-fortes ; tête grosse, arrondie; oreilles pointues, terminéés par un pinceau de longs poils. Queue de la longueur de la tête , sa petite moitié , vers leLout, entièrement noire; quatre ou cinq petites Landes ondées
(i) J’ai dit, à l'article du Félis baiâes États-Unis de l’Amérique , que'Ies peaux de Lynx , de quelque espèce qu’ils puissent être, portent, en terme de pelleterie, le nom de fourrure de Loup-cervier , du nom latin Lupus cervarius , donné par Pline à l’espèce vulgaire ou à notre Ljnx , répandu autrefois dans toute l’Europe , aujourd’hui refoulé, par suite de la ci-
11^ MONOGllAPHlES.
sur les joues 5 moustaches labiales blanches, placées sur quatre ou ■ cinq raies noires. Point de petite molaire antérieure ou fausse molaire à la mâchoire.
Pelage court en été, un peu plus long en hiver, également fourré sur toutes les parties du corps ^ la plante des pieds dégarnie , et les doigts pourvus d’une fourrure courte; des pinceaux noirs aux oreilles.
Robe généralement d’un roussâtre foncé , marquée sur les flancs de petites mèches ou taches oblongues d’un roux brun , et sur les membres de petites taches rondes de cette couleur; toutes les parties inférieures et la face interne des membres blanches : toutes ces parties marquées de petites mèches noirâtres, peu distinctes. Oreilles extérieurement noires , mais couvertes d’un espace angulaire coloi’é de cendré lustré ; yeux entourés d’un cercle blanchâtre , avec une tache blanche, longitudinale au-dessus des yeux, et se dirigeant de chaque côté sut le chanfrein. Jamais de bande noire sur la ligne moyenne du dos.
Pelage d’été court ; les poils bruns à la base , et d’un roux vif à la pointe ; le pelage d’hiver est plus long ; tous les poils ont leur pointe extrême colorée <16 blanchâtre ; les poils soyeux , plus nombi-eux et plus longs dans cette saison font que la fourrure hivernale est colorée d’un roux cendré ou blanchâtre qui fait place en été à un roux plus décidé et mieux marqué de taches brunes. Ce changement dans la couleur de la robe du Lynx et de tous les Félis des contrées tempéi’ées et boréales du globe, est produit par la chute d’une partie des poils soyeux, et par l’action de l’air et du jour joint à l’usure que le frottement opère sur le bout des poils.
Les variétés sont rai-es ; on en remarque cependant quelques-unes parmi les grandes cargaisons de peaux en circulation dans le commerce ; la plus remarquable est celle que je dois attribuer à la ma-
vilisation, dans les parties encore boisées èt mon tueuses des contrées Tes moins peuplées de notre Europe.
Quoique toutes les fourrures de soi-disant Lou/j cervier se trouvent réunies souS une même dénomination , . on fait cependant dans le commerce une distinction très-marquée entre ces fourrures, et le prix courant de cette denrée varie suivant les espèces et selon la localité dont elles sont originaires. Les peaux de Lynx ordinaire valent de 5 à i5 et 20 francs.
DE MAMMALOGIE.
ii3
laclie albinos. On trouve, quoique très-rarement, des peaux d’un roux blanchâtre très-clair, marque de taches rousses •, le bout de la queue, la face externe des oreilles et les pinceaux d’une teinte brune roussâtre , et toutes les parties inférieures d’un, blanc jaunâtre j les peaux à fourrure sombre, et tirant au brun ti’ès- foncé , ou couleur mêlas des Félls léopard , once ^ et panthère , sont moins communes. Les jeunes ont un pelage plus long et moins lisse que les vieux 5 leur robe est un peu plus ondée et moins rousse, et les moustaches labiales sont le plus souvent mi-partie noir et blanc. Les peaux de Lynx que le commerce reçoit de la Russie sont plus estimées que celles provenant des contrées orientales de l’Europe; la fourrure des premiers est plus fine , plus longue , et le feutré plus serré et plus abondant; la teinte de la robe d’hiver est d’un roux blanchâtre trés-lustré.
Les dimensions de l’adulte sont , longueur totale , 3 pieds 2 ou 3 pouces; queue, 7 pouces 4 ou 6 lignes; hauteur au garrot, i pied 4 pouces 6 lignes ; distance du bord antérieui’ des yeux à la pointe du nez , i pouce 9 lignes. Les individus de la plus grande taille ont jusqu’à 3 pieds 6 pouces , et la queue , de 9 pouces. On en voit aussi de 2 pieds 6 pouces.
Synonymie. Félis lynx, Linh. (i), Gmel., Retz., Faun. siiec . , pag. 1'] ,sp. 12. — Schreb. , Saugth., vol. 3 , pag. 4 o 8 , tab. log; figure calquée sur celle des œuvres de Buffon, et enluminée de la manière la plus incorrecte , peut-être d’après un individu du Félis polaire , dont la figure citée fournit quelques indices par sa teinte généralement cendrée. — Le Lynx , Buff. , Hist. nat . , tom. 9, pl. 21. — Encyclop. mamm., pag. 223 , tab. 97 j 3 , autre calque de la figure des œuvres de Buffon. — • Cuv., Ossem. foss. , vol. 4 , pag. 44 t ? les deux derniers paragraphes. — Der Gemeine lùchs. Bechstein , Naturg-Deutschl . , pag. 678 ; mais sous le faux nom de Roihluchs , dénomination sous laquelle on connaît en Allemagne la fourrure
(i) Mais point le Félis iQfnx des anciens ; car leur Chat , sous ce nom , est notre Caracal, Félis caracal des modernes. '
ii4 MONOGRAPHIES
du F élis hay des Etats-Unis d’Amérique, espèce américaine que Bechstein a pu croire d’origine européenne , mais qu’on n’a jamais vue dans nos contrées. Les noms de Katzenliiçhs ou Kalberluehs , sont des termes de fourreurs par lesquels ils désignent les assortimens des peaux de Lynx ordinaire dans les états différens de l’âge. C’est d’api’ès Retz, Fcuin. siiec , le FF arglo des Suédois (r). Nilson distingue deux espèces , l’une sous le nom de FFar^lokalten qu’il rapporte au Lynx , l’autre sôus le nom de Kaitlo-ganse ; mais les indications sont trop vagues pour servir de moyen comparatoii’e; il pal'aît anssi que ces courtes diagnoses de Wilson ont été établies sur des sujets d’âge très-différent : le premier est bien certainement nn sujet très- vieux j le second paraît avoir été basé sur l’inspection d’un jeune sujet. Nous remarquons que, pour émetti’e un jugement critique sur les espèces vivantes des .genres Félis et Canis^ W faut préalablement établir des recbercbes dans les magasins de pelleteries , avoir vu des milliers de dépouilles de toutes les parties du globe et de différentes contrées d’un pays, et vérifier le résultat de toutes ces recherches sur les sujets déposés dans les collections d’bistoire natul'elle. Sur ce plan a été basé le inémoii’e que j’offre aujourd’hui au public ; et j’ai quelque espoir d’avoir l’éussi à fixer la détermination si difficile à établir dans les espèces de Lynx ou Loups cerviers. La comparaison du crâne des quatre espèces, que je reconnais dans l’ancien continent , manque encore comme moyen propre à donner à ces recherches un degré de précision plus satisfaisant.
Mes quatre espèces déterminées par des diagnoses soumises à des obsei^ations soutent répétées, ont été confondues jusqu’ici sous le nom de Lynx ou de Loup cervier. Les deux premières peuvent avoir été rangées sous l’article confus et embrouillé du Lynx du Canada. Ces quatre espèces de l’ancien continent sont désignées, dans cette monographie, sous les noms de Felis cervaria, horealis^ lynx et pardina. Les deux premières espèces sont confinées dans les limites
(q Mais point leur Kattlo , corpore albido maculis nigris , que je crois être mon Félis ce/vier, dénomination qui peut faire soupçonner l’existence de notre cervier en Suède, cè dont je n’ai pu obtenir une preuve certaine!
DE M AMMALOGIE. 1 1 ^
du cercle arctique^ la seconde vit dans les deux continens (i). La première est provisoirement^ pour moi, une espèce du nord de l’Asie ; la troisième est répandue dans les contrées septentrionales et tempérées ^ l’Europe et de l’Asie 5 la quatrième se trouve seulement dans les pays chauds de l’Eurojîe , et peut-être dans quelques parties de l’Asie. Le Félis hay, confondu quelquefois sous la laibrique de Loup cervier, est une cinquième espèce confinée dans les limites des régions tempérée's de l’Amérique septentrionale 5 elle paraît vivre en deçà du cercle polaire arctique.
Patrie. Le Lynx ordinaire était autrefois plus répan<iu sur une grande partie de l’Eürope 5 on le voit encore dans les pays boisés et montagneux de l’Allemagne ,, en Prusse, en Hongrie, en Pologne, dans le nord, en Italie, en Suisse, dans le royaume de Naples, et très-accidentellement en France. La population toujours croissante, et le défrichement des terres en Eui-ope, ont fait i-eculer ce carnassier vers les confins de l’Asie et dans le nord , où on le. dit très-nombreux. Il se trouverait aussi en; Afrique , si toutefois il est permis d’ajouter foi à l’origine indiquée sur un sujet monté du musée de Paris; le même, n°. afiy, qui a servi à la description donnée par M. Geoffroy, Cat. de manim., pc{g. 120, esp. 7. Le Lynx poursuit son gibier jusqu’à la cime des arbres. Sa proie ordinaire consiste en petits quadrupèdes et en oiseaux ; il attaque les faons de Cerfs et les Chevreuils ; il chasse aux Lièvres et aùx Perdrix ; on dit qu’il suce le sang de ses victimes et leur ouvre la tête pour manger la cervelle, après quoi il l’abandonne pour en chercher une autre. Les pays boisés et montueux sont sa demeure habituelle.
On voit des sujets dans, plusieurs collections : les individus mâle et femelle, et deux jeunes, du musée de Vienne, ont été tués en Autriche. Un individu adulte , attaqué de maladie albinos , est conservé dans les galeries du musée des Pays-Bas. J’en ai reçu de Suisse, d’Italie et de l’Allemagne.
(i) Peut-être que la première espèce, ou Felis cervaria, se trouve au^sî en Amérique; mais aucuue preuve certaine ne m’en est connue.
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FÉLIS PARDE (i). — ^LIS PÀRDINJ.
Taille du Blaireau d’Europe ( Meles taxus), mais ^us haut sur jambes j grandeur et forme de notre Félis bay; queue courte , mais proportionnellement à la taille, plus longue que dans le Félis lynx d’Europe. Des pinceaux bien distincts aux oreilles de grands favoris aux joues, la robe et toute la queue couvertes de mèches noires.
Pelage court , les poils laineux et les poils soyeux de la même longueur. Toutes les parties du corps , la face externe des membres et la base de la queue d’un roux vif et lustré, à peu près de la même teinte que dans le Caracal. Tout le pelage est parsemé de mèches ou taches longitudinales d’un noir parfait 5 ces taches sont un peu plus longues au dos qu’aux flancs et sur les membres 5 elles sont petites , et rondes à la base de la queue 5 la nuque est rayée de fines bandes d’un noir parfait ; ces lignes noires , disposées sur un fond fauve, couvrent aussi la face-, les favoris des joues, formant crinière , ont leur moitié supérieure composée de longs poils fauves et noirs, et leur partie inférieure de poils d’un blanc pur; les pinceaux à la pointe des oreilles sont noirs ; les lèvres , le devant du cou , la ligne moyenne du ventre et la face interne des pieds de derrière sont d’un blanc pur.
Dimensions des individus de forte taille, en longueur totale, 2 pieds '] pouces; de la queue, 5 pouces 3 lignes; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez, \ pouce 9 lignes. -
Synonymie. Il est probable que M. Oken indique cette espèce
(0 Les peaux de ce petit Félis sont bien connues dans le commerce sous le nom de Lynx de Portugal; on en voit rarement de grandes cargaisons. La fourr'urcest peu estimée, à cause du peu de longueur des poils, et probablement aussi, vu le peu de grandeur des peaux et la qualité du pelage. Des négodans m’ont assuré que cette pelleterie leur parvient aussi par le commerce du Levant. On voit très-rarement, sur des milliers de peaux , une seule intacte et propre à être montée pour les collections : la tête et les quatre membres manquent assez ordinairement. Le prix de ces peaux est de 6 à 10 ou i5 francs.
DE MAMMALOGIE.
sous le nom de I/ynx pardina, pag. io 5 i. — M. Cuvier en fait mention dans l’article du Lynx ordinaire, ou Loup cervier des fourreurs (i), Ossem. foss., vol. l\ , pag. 44i* Ou le distingue très-facilement à sa petite taille, à ses grands favoris, à son pelage régulièrement tachete' de mèches noires, à la teinte rousse trèsuniforme de sa robe , et à sa queue couverte de petites mouchetures noires sans anneaux ni extrême pointe noirs. C’est bien assurément le même animal dont Perrault fait mention sous le nom de Loup cervier, part, r, pag. Ç)!\ , tàb. 18 et 19, et que MM. de l’académie ont disséqué. -
Patrie. Les renseignemens qui m’ont été fournis par les négocians en pelleteries m’ont servi à établir la demeure du Félis parde dans les contrées les plus chaudes de l’Europe. Mes conjectures sur ce point sont , que cette espèce ou peut-être le Lynx ordinaire des contrées tempérées de l’Europe, peut avoir été exposé dans Rome , aux jeux du grand Pompée, L’espèce se trouve dans les montagnes du Portugal , puisque le commerce reçoit des peaux préparées de Lisbonne, et que M. le bai’on de Vioménil tua, en 1818, sur les bords du Tâge , à dix lieues de Lisbonne , un bel individu adulte, déposé aujourd’hui dans les galeries du musée de Paris. Je soupçonne l’existence de ce Félis en Sardaigne et en Sicile : les Lynx du royaume de Naples et ceux de toute l’Italie, appartiennent à l’espèce du Félis répandue dans les contrées tempérées.
Nous devons conjecturer encore, d’après les données fournies par le commerce, que le Félis parde se trouve aussi en Turquie et dans une grande partie du Levant. Nous" manquons de renseignemens sufûsans pour admettre son existence sur les côtes de Barbarie.
J’ai vu des pacotilles de ces peaux de Lynx chez les fouri-eurs de Londres et de Paris-, on en voit de montés dans les musées des Pays-Bas et de Paris.
(i) Nous avons dit que ce nom de Loup cervier est un terme usité dans le commerce pour désigner collectivement' les fourrures de toutes les espèces de Félis à oreilles panachées et^à queue courte.
YtLlS CkKPiCM: {i). —^FELIS CJRACJL.
Moindre que le Serval; taille à peu près du Renard-^ queue moitié de la longueur du corps et du cou, terminée en pointe*, oreilles longues , ternrinées par un pinceati de poils aussi long qu^ la conque (2). Pelage sans taches distinctes, maïs tacheté dans le jeune âge. . '
Les poils sont courts et lisses dans les adultes , mais plus longs et un, peu cotonneux dans lés jeunès j la plus grande partie du corps est d’un fauve Isabelle, sans aucun indice -de taches chez les adultes, mais marqué le long des flancs de taches un peu plus sombres que le fond du pelage.
La fête est d’une couleur Isabelle cendré noirâtre, provenant du mélange de poils noirs et fauves clairs \ la partie supérieure et inférieure du cerclé des yeux , et le bout de la lèvre Supérieure sont blancs; les moustaches naissent dans une tache noire; le reste du bord des lèvres , ainsi que toute la mâchoire inférieure et la gorge , sont d’un blanc pur; le devant du cou est isabelle; toute la nuque, le dos, les flancs, la queue, ainsi que la face externe et antérieure des membres, sont d’un isabelle rougeâtre, plus foncé sur le dos qu’aux flancs et aux membres , mais sans aucune tache distincte ; toute la ligne moyenne du ventre et la partie interne du haut des jambes sont d’un blanc pur; la queue est terminée en pointe et elle est parfaitement unicolore. La conque externe de l’oreille naît dans un grand espace noir; sa partie externe est couverte de poils noirâ-
(1; C’est le Ljnx des anciens au sujet duquel un a débité des choses extraordinaires. Pline en a fait un animal fabuleux. II est connu, dans le. Levant , sOus le nom de Gal-el-Khallah, selon Shaw. , voyag. Ces mots, suivant Brnce, signifient, Chai du désert. .Cest le Siagoush des Persans. Caracal est un abrégé de Karakalach. ou Noire-oreille des . Turcs. C'est le Roye-hat ( Chat rouge ) des colons du Cap.
(2) Les pinceaux de p^)ils aux oreilles très-longs , souvent en panache courbé, dans l’adulte, ne sont point un caractère propre à servir de moyen de distinction spécifique : les jeunes en sont privés-, et c’est dans l’état parfait du pelage que Ces pinceaux atteignent une grande longueur.
DE MAMMALOGIE.
très mêlé& de quelques poils cendi-és , et les pinceaux , très-longs et arqués qui forment l’extrême pointe, sont lioii’s dans les adultes, mais noirâtres èt plus courts chez les jeunes. L’iris des yeux est jaune. Les ongles sont d’un blanc jaunâtre.
Longueur totale de l’adulte, 2 pieds 10 pouces, dont la queue prend environ 10 pouces 5 hauteur moyenne, 1 4 pouces j hauteur des oreilles y 2 pouces 5 lignes.
Sjnonjmie. Félis cahacal, Linn., Gmel. , Sjst. i , pag. 82, sp. 18. — Guldenst., JSoy. comm. acacL Pétrop:., vol. 20 , pag. 5 oo.
— Thunberg, Actes de Pétersbourg , vol. 3 . — Le Caracai;, Buff,, Quad. , vol. 9, tab. 24? d’après un sujet à queue mutilée. — Geoff., Caiol. de rnomm. , pag. 118. — Hist. nat. des mamm. ^ avec une figure très-exacte, mais les oreilles et le pinceau mal colorés. — Encjcl. mammai., pag. 226, esp. 352 . — Guv., Ossem. foss. , vol. 4 , pag. 439. — PL 97 , j^g. 2 de V Encyclopédie . — Shaiv. , Zool.^ vol. I , pag. 374, tab. 91 . — Schreb. , Saugtli. , vol. 3 , pag. 4 i 3 , tab. 1 10. — Le Caracai de Nubie àe Bruce, et de Buff., Supp., tom. 3 , pag. 282 , pai’aît être Un jeune Cai'acaL ou bien un individu tué à l’époque de la mue. Le Caracai d’Alger, du même voyageur, et celui de Buffon , iom . 3 , pag. 23 1 , me paraissent être un Serval des mieux caractérisés. — Pêrsian cat. , Penn.., v'ol. pag. 3 o 5 .
— Le Lynx des anciens , NouV. Dict. cLhist. nat. ,yol, 6, pag. io 5 .-
Patrie. Nous savons positivement que cette espèce habite tout le Levant, la Barbarie, une grande partie des côtes occidentales d’Afrique, et la pointe méridionale de cette partie du monde; mais il est encore incertain si le Caracai du Bengale et de toute l’Inde est la même espèce (1). Les individus envoyés du cap de Bonne-Espévance, ceux du Sénégal et ceux de Barbarie n’offrent aucune différence entre eux. Cette espèce chasse en bande de plusieurs individus
(i) Le Caracai du Bengale, figuré par BufTon , Supp. , tab. 45, a la queue beaucoup plus longue que celui du nôtre. Nous n’avons point encore examiné uriedéppuille de ce Caracai originaire de l’Inde, que nous considérons provisoirement comme une espèce douteuse sur
réunis , poursuit et attaque le gibier à la manière des chiens sauvages ; elle est plus diurne que les autres espèces de Chats , mais elle dérobe aussi sa marche comme ceux-ci, et attaque pendant la nuit les oiseaux et le menu gibier.
Deux individus, Tun du Sénégal et l’autre du cap de Bonne-Espérance , font partie du Musée des Pays-Bas ; deux individus provenant de Perse font partie du musée de Vienne; ils ne diffèrent point de ceux d’Afrique. Les sujets du musée de Paris sont du Sénégal.