FEUS JURAT J
Un peu moins grand que le Caracal y queue moitié longueur du corps seulement , une bande brune tout le long de la ligne moyenne de cette queue, dont l’extrême pointe est noire; Oreilles courtes, arrondies , sans pinceaux de poils ; pelage très-court et lustré.
Toùt le pelage des parties supérieures, les flancs, la tête et la queue d’un roux-bai très- vif, et sans aucune tache sur les parties supérieures , mais parsemé , tout le long des flancs , de petites taches peu distinctes, et d’une légère teinte plus foncée que le reste du pelage ; parties inférieures d’un blanc roussâtre marqué de grandes et de petites taches d’un brun marron ; la gorge blanche ; les oreilles d’un noir parfait à l’intérieur, et roussâtre en dedans; les quatre extrémités d’un roux doré ; la partie supérieure de la queue est marquée d’une bande roussâtre, plus foncée que la couleur dominante du pelage ; la fine pointe de cçtte queue est terminée de noir.
Longueur totale , 3 pieds 4 pouces , dont la queue prénd 1 2 pouces 4 lignes ; hauteur au garrot.
Synonymie. L’espèce n’a point encore , été indiquée.
laq^uelle on attend des renseignemens nouveaux. Un dessin envoyé de l’Inde à M. Cuvier , parM. Duvaucel, semble coufirmer l’identité de cè carnassier du Bengale avec notre Caracal. Et ce qui rendrait cette réunion encore plus probable, c’est que M. Cuvier dit que le premier Caracal de BulFon avait la queue tronquée.
122 monographies
les yeux et le museau qui est cendre, marqué d’une raie noire; le bout des oreilles , et les petits pinceaux dont leur pointe est terminée, sont d’un noir parfait; la poitrine, le ventre et la face interne des membres sont d’un jaune d’ocre très-clair.
Longueur totale, 2 pieds 8 ou 9 pouces, sur laquelle 8 pouces pour la queue ; hauteur moyenne , i4 pouces 6 lignes. Distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez, i pouce g lignes. On trouve des individus de 3 pieds en longueur totale, et il paraît, par l’examen des peaux , que ce Félis a des dimensions encore plus fortes.
Félts ,chaus , Guldenst. , Comm. acad. Petrop . , iom. 20 , pag. 4^^ tab. 1 4, et le portrait très-fidèle publié par Scbreb. , Saiight., iom. 3, pag. 4i4j ^^b. iio, B. Toutes les autres descriptions sous ce nom de Ckaus doivent être rapportées à notre Felis caligata, ou le Chat botté de Bruce.
Patrie. Le Chaus, ou Kirmyschak, habite les bords du Nil jusqu’en Nubie. Guldensted dit qu’on le trouve dans les marais et dans les landes boisées près de la mer Caspienne et sur les bords des fleuves qui s’y jettent; on ne le voit point près du Volga, mais il est commun en Perse. Il chasse de nuit, pour surprendre les oiseaux, les petits rongeurs et les poissons; il monte rarement aux arbres, et supporte difficilement la contrainte et la captivité.
J’ai vu , dans le commerce , des peaux plus ou moins mutilées de ce Félis. Le seul individu parfait et bien monté qui existe dans les collections fait partie du musée de Francfort ; c’est aux soins de M. Ruppel que cet établissement en doit la possession.
Synonymie. Nous citons seulement
DE MAMMALOGIE.
ia3
FÉLIS BOTTÉ {i).—FELIS CALIGATA.
L’adulte plus fort de taille que notre Chat sauvage; queue beaucoup plus longue et plus grêle ; oreilles longues , pointues , extérieurement d’un roux vif, à pinceaux bruns très-courts \ plante et partie postérieure des pieds d’un noir parfait; le milieu du ventre et la ligne moyenne du cou et de la poitrine d’un roussâtre clair. Les sexes different, par les couleurs du pelage, à peu près de la même manière que dans notre Chat sauvage.
Le mâle adulte a une teinte grise bleuâtre mêlée de poils cendrés , et le pelage plus ou moins zébré de noirâtre. La femelle, plus pâle, ou d’un fauve jaunâtre , marqué de raies ondées d’un roussâtre clair. Les jeunes plus distinctement zébrés ou marqués de bandes noires, qui se perdent en raies ondées peu distinctes dans un âge plus avancé. La robe du mâle constamment d’une teinte plus foncée que celle de la femelle.
Pelage des parties supérieures d’un fauve nuancé de grisâtre et parsemé de quelques poils noirs qui sont en plus grand nombre à la nuque et sur la ligne moyenne du dos; toutes les parties inférieures d’un roussâtre clair. Les cuisses marquées de bandes peu distinctes d’un brun clair; les oreilles d^un roux vif en dehoi’S, blanches en dedans , et terminées par un très-petit pinceau de poils d’un brunnoirâtre (2). Muséau blanchâtre ou fauve, marqué, sur les joues, de deux bandes d’un roux clair; quelques taches cendrées et rousses au-dessus des yeux. Quelquefois les poils de la barbe et la gorge d’un blanc pur; le devant des quatre membres d’un fauve ou d’un gris cendré clair ; leur partie postérieure d’un brun noirâtre , ou d’un noir parfait; la base et la partie supérieure de la queue à peu près de la même couleur du dos; le dessous blanchâtre, depuis moitié
(1) Connu au cap de Bonne-Espe'rance sous les' noms de TVilde-kat ( Chat sauvage) , on Gramve-kat ( Chat cendré ).
(2) Ces pinceaux, dans quelques individus , paraissent à peine au-dessus de rextrémité des oreilles.
de la longueur jusqu’à rextréme pointe, qui est noire. Trois ou quatre demi-anneaux vers le bout , sépares par des intervalles d’un blanc plus ou moins pur. Les bandes circulaires aux pieds plus ou moins distinctement marquées 5 et les dernières, s’oblitérant dans l’adulte, sont au nombre de deux ou de trois anneaux aux pieds de devant, et de quatre ou de cinq aux cuisses. Des bandes roussâtres ou noirâtres, plus ou moins ondées, plus ou moins distinctes, selon l’âge, servent à donner dés nuances différentes à la robe de ce Félis. J’en ai vu à pelage gi’is roussâtre, gris cendré, brun roussâtre, et même à fond du pelage noir ou brun noirâtre. Mais , quelque puisse être la couleur de la robe , on distinguera facilement l’espèce au roux vif des oreilles, à la forme et à la couleur de la queue, et aux raies noires sur le derrière et au bas des jambes : ce dernier caractère existe aussi dans le J^elis chaiis.
Longueur totale , 3 pieds , dont la queue prend 1 3 pouces 5 ou 6 lignes. Ceux de taille nmyenne ont 2 pieds 6 pouces, dont ir pouces 8 lignes pour la queue. Les plus forts que j’ai vus ont 3 pieds 3 pouces en longueur totale.
Synonymie. C’est en premier Heu le Lynx botté de Bruce, Voy. vol. 5 , pag. 173, pl. 3 o, figure très-exacte 5 mais les pinceaux des oreilles un peu trop longs. — Geoffroy , Catal. de mam., png. 1 19, où cette espèce a été réunie avec le Felis chaus de Guldensted. — Fblts lybicus, Oliv., Foy. en Egypte y pl. 4t. — Cara- CAL DE Lybie, Buff. , Supp . , vol. 3 , pag. 232 , indication trèsexacte. C’est encore ici, et non avec le véritable Felis chaus de Guldensted, qu’il faut réunir les indications de MM. Geoffroy, Cuvier et Desmarest de leur Cbat appelé par erreur Felis chaus : toutes ces descriptions reposent sur l’examen des individus du Lynx botté àoul Bruce a le premier fait mention, et que les naturalistes mentionnés ont cru devoir réunir au Chaus de Guldensted. Nous laissons à ce Félis de Guldensted , très-bien figuré dans Scbreber, le nom de Chaus ÿ et nous proposons, pour celui de cet article, le nom de Felis caligata. Il convient encore de réunir sous ce nom
DE MAMMALOGIE.
les dépouillés du Chat rapporté du Cap par de Lalande, dont parle M. G. Cuvier, page l^i'] (i) , et , avec quelque doute , ce Chat noir, Felis undata, rapporté par Péron, qui mérite un examen plus exact avant de l’admettre , soit comme espèce distincte , ou bien comme simple variété noire de celle-ci. Nous possédons des peaux du Félis botté , dont le fond du pelage est noir ou noirâtre, et la face externe de l’oreille d’un roux brun très-foncé.
Patrie. Le nord et le midi de l’Afrique, et, les parties méridionales de rinde. Très-abondant aux environs du cap de Bonne-Espérance et le long de toute la côte. On le dit très-commun sur toute la côte barbaresque, où il est réputé très-farouche, même plus ou moins à craindre pour le voyageur. Bruce a tué son Lynx botté en Abyssinie; il paraît que l’individu était jeune. M. Geoffroy a rapporté un individu adulte tué dans une. des îles du Nil. On dit que ce Félis dévore les charognes et les proies abandonnées par les grands carnassiers. Il chasse aussi au gibier : sa principale nourriture est les pintades; sa manière de vivre ,'au Cap , est absolument la même que celle de notre Chat sauvage. Il se cache dans les buissons et dans les cavernes , et monte aux arbres. Toutes ses formes tiennent plus du Chat que du Lynx.
Le musée des Pays-Bas possède une série d’individus ; le plus grand vient de la baie d’Algoa ; im jeune mâle provient du voyage de M. de Lalande. On voit aussi une belle série de ce Chat dans les galeries du musée de Paris ; le plus grand eSt d’Égypte. Trois ou quatre individus ont été envoyés de l’Inde par MM. Diard et Duvaucel ; les autres sont du Cap : ceux-ci paraissent plus jeunes que les premiers. Ceux de Pondichéry ont a pieds 9 pouces ; celui d’Égypte a 3 pieds, et le plus grand de nos individus du Cap a 3 pieds 3 pouces. Les dépouilles arrivent rarement par cargaison; On en voit peu dans les magasins de fourreurs.
(i) Les dépouilles rapportées par feu M. de Lalande sont de jeunes individus; parmi le nombre se trouve un mâle adulte.
FÉLIS Œ\T. — FELIS CATUS.
Varie plus ou moins par la grandeur, suivant les contrées qu’il habite : ceux du Midi ne sont guère plus forts que le Chat domestique; ceux d’Asie et des vastes forêts du milieu de l’Europe ont une taille beaucoup plus forte ; queue grosse ; la base et la pointe égales en circonférence, de longueur médiocre, son extrémité aboutit à un pouce de l’omoplate ; face externe des oreilles d’un cendré fauve ; le poil soyeux très-long; la plante des pieds seulement noire.
Pelage doux, très-long; les poils soyeux rares, mais très-longs; d’un blanc parfait; ceux du corps peints, dans le milieu, d’un anneau noir. Les individus de race franche ont la face d’un roux jaunâtre ; autour du museau une bande noirâtre ; les moustaches labiales jaunâtres ou blanches ; chanfrein brun ; la tête grise, marquée de deux raies noires, passant devant et derrière les oreilles; dos, flancs et membres d’un gris foncé , plus ou moins pur, marqué de bandes plus ou moins distinctes , suivant l’âge des individus , toujours plus pâles sur les flancs et presque nulles vers les parties inférieures. Les bandes noires sont réunies ou très-rapprochées sur la nuque et sur le dos, où elles forment une raie longitudinale qui suit la ligne moyenne de cette partie. Une grande tache blanchâtre dessine la poitrine ; la ligne moyenne du ventre est aussi de cette teinte ; sa grosse queue, de forme obtuse à la pointe, est de la couleur du corps ; trois bandes noires , demi-circulaires , couvrent sa moitié postérieure , et l’extrême pointe est noire. L’extrémité des quatre membres est d’un gris jaunâtre; la plante des pieds toujours noire. Ce signalement sert à distinguer le mâle.
La femelle est moins forte dans toutes ses dimensions. Tout le pelage est nuancé de cendré, légèrement teint de jaunâtre et quelquefois de roussâtre très-clair; les bandes sont moins distinctes, ce qui fait que les femelles ont en général un pelage gris-blond , et les mâles gris-cendré , plus ou moins varié de bandes et de taches noirâtres. Les jeunes ont les bandes mieux dessinées et plus foncées que
gueur ainsi que par la forme de la queue de l’espèce sauvage. Nous avons ci’u reconnaître une autre origine dans ces animaux réduits à la domesticité : les idées sur lesquelles cette opinion est basée font partie des généralités sur le genre Félis. La race du Chat de Chypre, ou Chat zèbre, à pelage brun-grisâtre, ou bleuâtre-cendré , marq;ué de nombreuses bandes, transversales , et dont les femelles ont un pelage fauve , est celle qui paraît s’éloigner le moins du type sauvage. La race des Chats à poils longs et soyeux , dite d’ Angora , est sans doute originaire d’une espèce sauvage qui nous est encore inconnue. A l’exception de ces deux races, et peut-être d’une troisième, ou race tricolore , toutes les autres se ressemblent par la queue longue , un peu grêle et mince vers le bout. L’Amérique ne produit pas de race domestique différente de celle de nos Chats ; le midi de l’Afrique , dont les forêts sont peuplées d’une espèce particulière de Chat sauvage , notre Félis botté, voit pulluler nos rades européennes de Chats domestiques. Les archipels du midi de l’Asie n’en ont point d’autres, et le Chat domestique, rapporté très-récemment du Japon , ressemble , sous tous les rapports , à ceux que nous nourrissons dans les maisons.
Patrie. Notre Chat sauvage habite en Europe partout où se trouvent de grandes forêts : celles d’Allemagne , et toutes les contrées boisées du milieu de l’Europe , en sont peuplées. Ceux de Hongrie , de Russie et des contrées asiatiques, sont d’une taille plus forte que les nôtres j leur fourrure est plus fine et plus estimée dans le commerce. On se sert assez généralement des peaux de Chat comme doublure de pelisses , et pour divers autres usages.
FÉLIS GKmK— FELIS MANICULATA.
■ Taille d’un tiers moins forte que notre Chat sauvage; les proportions à peu près les mêmes, quoique sur une échelle moins grande , et à l’exception de la queue qui est plus grêle et plus longue que celle du Chat sauvage. Oreilles sans pinceaux ; la plante des
DE MAMMALOGIE. 1:^9
pieds et la partie postérieure du métacarpe et du métatarse d’un noir parfait.
La nature du pelage et la distribution des couleurs , offrent certains rapports avec la robe de nos Chats sauvages femelles , mais la couleur dominante de notre Chat ganté a. cette teinte grise fauve ou cendrée-jaunàtre, répandue sur la l'obe du plus grand nombre des mammifères de l’Afrique septeutrionale (i). Les poils soyeux sont courts et le poil laineux assez rare.
L’occiput , la nuque , le dos , la face externe des membres et la quene sont d’un cendré jaunâtre nuancé de fauve et de noir, chaque poil étant annelé de ces différentes teintes. C’est par la réunion des poils à pointe noire, que sont produites sur l’occiput et sur la nuque sept ou huit fines bandes noires , arquées ; la même cause fait que la ligne moyenne du dos et le dessus de la queue ont une teinte noire , tandis que les flancs , la face externe des quatre extrémités et le dessous de la queue ont une teinte pâle , d’un jaunâtre cendré 5 deux anneaux noirs sont placés vers la pointe extrême et noire de cette queue *, les moustaches labiales et supercilaires sont blanches , mais les plus courtes ont une teinte brune j au-dessus des yeux une tache blanche séparée par une ligne moyenne fauve \ le museau , le devant du cou , la poitrine et les autres parties inférieures sont d’un blanc pur , mais la poitrine est faiblement nuancée de fauve ; une bande étroite couleur d’ocre va de l’angle postérieur des yeux s’aboutir au-dessous des oreilles 5 celles-ci sont blanches en dedans et grises à l’extérieur 5 la plaute des pieds et la partie postérieure du métacarpe et du métatarse ont une teinte noire , lustrée •, la face externe des pieds de devant porte quatre ou cinq petites bandes
(i) Il esl, en effet, remarquable que tous les animaux de l’Égypte , sans en excepter les oiseaux et les reptiles , ont, si je puis m’exprimer ainsi , i4ne leirüe locale. Les Chiens, si nombreux dans ces contrées, les Antilopes, les Gerboises , les Mirions , et plusieurs autres espèces de rongeurs ont un pelage couleur d’ocre fauve, grisâtre ou blanchâtre très-prononcée. Le Félis botté de Bruce, et notre Félis ganté, ont une robe peinte de ces couleurs ; elles semblent tenir en quelque sorte, à la couleur de la terre et surtout du sable des vastes déserts de ces contrées.
i3o MONOGRAPHIES
transversales d’un brun noirâtre , et la face interne , deux grandes taches noires ; cinq ou six petites bandes d’une teinte noirâtre sont disposées en anneaux sur les cuisses.
Longueur totale d’une femelle adulte , 2 pieds 5 pouces , dont la queue prend 9 pouces 2 lignes ; distance du bord antérieur des yeux à la pointe du nez , 1 pouce 2 lignes 5 hautem' au garrot , 9 pouces 6 lignes j à la croupe, 10 pouces 9 lignes.
Synonymie. Cette espèce est inédite ; elle fait partie des découvertes intéi’essantes en histoire naturelle de M. Ruppel, qui en a fait l’envoi sous ce nom de Felis mcmiculaia.
Nous considérons ce Félis comme l’espèce primordiale ou le type des races de nos Chats domestiques. Voyez ^ sur cette matière, pag. 76 de cette Monographie.
Patrie. L’Afrique septentrionale^ trouvé par M. Ruppel, près d’Ambukol en Nubie. Nous n’avons aucune notice sur les mœurs de ce petit Félis. 11 est probable qu’on trouvera cette espèce dans quelque contrée du Levant. J’ai vu dans les magasins de pelleteries des peaux de Chats provenant d’une espèce plus petite que la nôtre et différant un peu par les couleurs du pelage. Ces peaux viennent du Levant, et je les jüge de la même espèce que notre Félis ganté.
Le musée de Francfort possède une femelle dont j’ai examiné la dépouille; le crâne et les os des quatre membres, m’ont fourni la preuve que cet individu est adulte , même très-vieux.
FÉLIS SERVALIN (r). - FELIS MINUTA.
Taille à peu près du Chat domestique , queue beaucoup plus courte, moitié de la longueur du corps; oreilles rondes; tour des
(1) C’est l’espree cotniue à Java sous le nom de huwuk. Elle porte à Sumatra, sélon M. Radies, le nom de Rimau-bulu ; mais son nom malais , à Java , est Arimau-kiiwuk,
DE MAMMALOGIE. i3i
yeux el le museau blancs-, des raies longitudinales au cou et au dos, de nombreuses taches sur le reste du corps et des membres.
Ce Félis, le plus petit d’entre les espèces dont la robe est tigrée, a le port et les formes de nos Chats domestiques, mais avec une queue plus courte et plus grêle , et des oreilles plus petites , placées à une plus grande distance des yeux \ la fourrure est douce et le poil assez long. Le pelage des parties supérieures , la tête , le cou, la face externe des membres et la partie supérieure de la queue sont d’un fauve brun-clair, moins foncé sur les flancs, où le fauve prend un ton cendré j toutes les parties inférieures , la face interne des membres et le dessous de la queue sont blancs; sur la fourrure des parties supérieures se dessinent des bandes et des taches d’un noir plus ou moins teintes de brun, le noir formant quatre lignes étroites et parallèles qui s’étendent du front aux épaules ; le long de l’épine se trouvent aussi quatre bandes parallèles , très-étroites , souvent entrecoupées et formant alors une série de taches longitudinales, qui sont toujours noires ; à quelque distance de la ligne moyenne du dos se trouvent quatre ou cinq rangées de petites taches d’un brun noirâtre , disposées assez symétriquement et à peu près à égale distance les unes des autres : ces taches sont plus rondes et moins grandes aux cuisses que vers les épaules; elles sont surtout trèspetites à la partie supérieure de la queue , qui en porte jusqu’à son extrémité; les régions dù métacarpe et du métatarse, n’ont point de taches; aux parties inférieures on remarque un croissant noirâtre qui entoure la gorge, et trois autres moins distincts sur le cou; le ventre est marqué de trois rangées de grandes taches noirâtres , mais l’abdomen et le dessous de la queue en sont dépourvus ; à la face interne des quatre extrémités se trouvent deux ou trois bandes transversales noires sur le fond blanc du pelage; les lèvres, les côtés du nez , le coin de l’œil et la partie externe de l’oreille sont marqués d’une tache blanche.
Les jeunes ont le pelage un tant soit peu plus roussâtre que les vieux , les taches sont moins bien marquées et ne sont point, si régulières ; la fourrure de la femelle est toujours d’une légère teinte
i32 monographies
plus claire que celle des mâles ; elle a la queue un peu plus courte.
Longueur totale , i pieds , dont la queue mesure 8 pouces 4 ou 6 lignes; hauteur, entre les 8 et 9 pouces; distance du bord anterieur des yeux à la pointe du nez, i pouce i ligne.
Remarque. T ai eu vivans pendant environ deux ans , une paire de ces jolis petits Chats; les proce'dés les plus doux n’ont pu leur faire abandonner leur naturel farouche ; toujours blottis et cachés dans le coin le plus obscur de leur cage , la faim seule était capable de les attirer ; ils se précipitaient alors sur la viande et déchiraient promptement les petits quadrupèdes et les oiseaux ; ils tâchaient aussi de s’élancer à la figure des personnes qui se présentaient à leur cage , mais ils se retiraient incontinent dans leur coin en soufflant continuellement à la manière des Chats; leur pupille, très-mobile et capable de se dilater beaucoup , est ronde. Ce que j’ai pu observer de ces deux Chats , s’accorde avec le témoignage de M. Horsfield (i) , qui dit que ces animaux, vivant dans les grandes forêts de l’île de Java , sè cachent dans les creux des arbres pendant le jour, et ne sortent de leurs retraites qu’à la nuit, lorsqu’ils se mettent en quête de la volaille dans les habitations voisines des forêts. — Si j^ai donné un autre nom à ce Chat que celui de Felis javanensis (2) , sous lequel M. Horsfield en a publié la description , c’est que , de nos jours, il ne convient plus de suivre cette manière excessivement vicieuse que les naturalistes anciens nous ont transmise, d’emprunter pour dénomination des animaux, les noms de pays, d’îles ou de contrées , puisqu’il est rare qu’une espèce se trouve confinée dans les limites de nos divisions géographiques ( 3 ). J’aurais désiré pouvoir changer également tous les anciens noms d’animaux formés
(l) Zooldgical researches in Java, number i.
(a) On trouve à Java, outre ce très-petit Chat, encore trois et peut-être quatre espèces différentes de Tigres, auxquels Jes noms de Felis javanensis ou. javanicus conviendraient égalotnent. >
(3j L’espèce. de cet article sert de preuve nouvelle pour constater ce que nous avançons; elle ne se trouve point exclusiverqent à l'île de Java , mais aussi dans celle de Sumatra.
ainsi , mais la crainte de donner matière au malentendu et d'embrouiller la classification par la multiplicité des noms , m’a fait adopter ces indications de pays pour toutes les espèces inscrites dans les systèmes. Le nom de Chat servalin dont j’ai fait choix pour cette espèce, lui a été donné vu sa ressemblance, quoique en diminutif, avec le Serçal d’Afrique.
Synonymie. Celle-ci se borne au nom de Felis javanensis , Horsf. , Zool. Researc. in Java , numb. i , avec une figure qui donne une fausse idée de la pose de l’animal ; l’enluminure en est peu exacte. Le même auteur en fait un double emploi dans l’ouvrage cité, numb. 2, sous le nom de Felis sumatra?ia, figure parfaite de l’adulte , bien dessinée et exactement enluminée. J’ai vu à Londres les deux sujets sur lesquels reposent ces figures 5 douze dépouilles reçues de nos voyageurs , deux individus vivans , et les sujets du musée de Paris servent à prouver l’identité de ces deux espèces nominales. Felis javanicus , Cuv. , Annal, du Musée ^ vol. i4j P^g' 1^9 i n”. 26, avec une notice très-succincte.
Peut-on rapporter provisoirement à cette espèce les indications du Bengal-cat de Penn., Quad., tom. i, pag. 292, et Shaw, Gen. Zool., vol. i, part. i,pag. 36 1 ? — Felis undata, Encycl. marnai. , repose sur une donnée vague de ce Chat , rapporté de Java par M. Lescbenault. Ce n’est point le Chat sauvage du Japon de Vosmaer, tab. i 3 .
Patrie. Les îles de Java et de Sumatra. Dans celle de Java on connaît l’espèce sous le nom de Kuwuk. Elle se nourrit principalement d’oiseaux ; mais , dans la disette , elle se jette aussi sur les charognes. En suivant les indications de Pennant et Shaw , on peut en induire que l’espèce vit aussi au Bengale ; je n’en saurais donner la garantie : du temps de Pennant on s’embarrassait peu de connaîti-e au plus juste la patrie des animaux , et l’ouvrage de Shaw est la plus servile compilation qu’on connaisse. L’existence de cette espèce dans l’Inde n’est pas constatée : la patrie a pu être mal indiquée.
i34 MONOGRAPHIES
Le musee des Pays-Bas possède une belle série de ce Félis , en individus montés et en squelettes. Les sujets du musée de Paris ont été rapportés de Java par MM. Leschenault, Milbert et Diard. Musée de la Compagnie des Indes à Londres et musée de Vienne.
DEUXIÈME SECTION