‹ Monographie des BuprestidesChapitre 16 sur 251 · OL HA · texte numérisé non relu

OL HA

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GENRES

|Callipyndax .

Melibæopsis .

Pseudagrilus Sambus.

Samboides

| Cryptodactylus .

Toxoscelus Evimantius Alvssoderus Eupristocerus Polyonychus.

Diadora

| Paradora Epimacha..

Nastella Planidia Demostis Mundaria .

Asymades.

Belgaumia Cisseicoræbus Cisseoides.

Amorphosoma Amorphosternus Hypocisseis Phlocteis Anadora Cyphothorax.

Report.

À reporter.

NOMBRE D'ESPÈCES PAR RÉGION

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STATISTIQUE. — La famille des Buprestides compte, suivant les tableaux qui précèdent, 6,098 espèces, réparties entre 232 genres, soit environ 26 espèces en moyenne par genre.

Chacune de ces régions compte :

l’'Américaine, 1,782 espèces réparties entre 80 genres; la Néarctique, 263 » ù » 32 »

la Paléarctique, 834 » ) NES 5 l’Africaine, TyAt 24 ») ») » SI »

l’'Indo-Malaise, 1,151 » » DT O l’Australasienne, 944 » ) RNCS

Examinant ensuite les coupes génériques au point de vue de leur dispersion dans les différentes régions, on remarque que sur les 232 genres :

> sont cosmopolites ; 7 sont communs à Cinq régions ; 6 se répartissent entre quatre régions ; 12 se retrouvent dans trois régions ; 43 sont représentés dans deux régions, tandis que

159 genres sont spéciaux à une seule région.

Les genres cosmopolites sont : Buprestis, Melanophila, Anthaxia, Chrysobotkhris et Agrilus.

Parmi les genres communs à cinq régions :

3 le sont à l'exclusion de la région Australasienne : Acmæodera, Ptosima, Psiloptera ;

1 l’est à l'exclusion de la région Américaine Chalcophorella ;

2 le sont à l'exclusion de la région Néarctique Sphenoptera, TracRYs;

1 l’est à l'exclusion de la région Paléarctique Polycesta.

Sur les 6 genres communs à quatre régions :

3 le sont à la région Américaine, à la Néarctique,

à la Paléarctique et à l’'Indo-Malaise : Chalcophora, Dicerca, Pachyschelus;

2 le sont à l'Ancien Continent, à l'exclusion de l'Amérique : Coræbus, Aphanisticus ;

1 l’est à l’Américaine, à l'Africaine, à l'Indo- Malaise et à l'Australasienne : Amorphosoma.

Sur les 12 genres communs à trois régions :

4 le sont à la Paléarctique, à l’Africaine et à l’'Indo-Malaise : Julodis, Melibæus, Cylindromorplus, Janthe ;

4 le sont à l’Africaine, à l’Indo-Malaise et à l’'Australasienne : {ridotænia, Dicercomorpha, Belionota, Discoderes ;

1 l’est à l’'Américaine, à l’Africaine et à l’Australasienne : Anilara ;

1 l'est à l'Américaine, à la Néarctique et à l’Africaine : Actenodes ;

1 l’est à l’Américaine, à la Néarctique et à l’Indo- Malaise : Brachys ;

1 l’est à la Paléarctique, à l’Indo-Malaise et à l’Australasienne : Lampra.

Sur les 43 genres communs à deux régions :

9 sont purement américains, c’est-à-dire qu'ils se trouvent dans la région Américaine et dans la Néarctique : Tyndaris, Thrincopyge, Halecia, Agrilaxia, Engyaulus, Rhæboscelis, Paragrilus, Taphrocerus, Mastog'enius ;

10 sont communs à l’Africaine et à l’Indo-Malaise : Sternocera, Pseudocastalia, Sponsor, Chrysochroa, Agelia, Evides, Sambus, Toxoscelus, Cisseicoræbus, H ypocisseis ;

11 le sont à l’Indo-Malaise et à l'Australasienne : Castalia, Chrysodema, Paracupta, Cyphogastra, Haplotrinchus, Melobasis, Diceropygus, Cisseis, Brachycoræbus, Anthaxomorphus, Endelus ;

3 le sont à la Paléarctique et à l’Indo-Malaïse : Polyctesis, Capnodis, Eurythyrea ;

4 le sont à la Paléarctique et à l’Africaine Steraspis, Aurigena, Chalcogenia, Diplolophotus ;

r l’est à l’Américaine et à la Paléarctique

Latipalpis ; 1 l’est à la Néarctique et à la Paléarctique : Pœcilonota ;

2 le sont à l'Américaine et à l’Australasienne Curis, Cynira ;

2 le sont à l'Américaine et à l’Africaine : Colobogaster, Stenogaster.

Les 159 genres qui ne se trouvent que dans une seule région se répartissent comme suit :

A8 genres sont propres à la région Américaine : Acherusia,Ancylotela, Pelecopselaphus,Chrysesthes, Agæocera, Mixochlorus, Hypoprasis, Euchroma, Pasiphae, Hilarotes, Ectinogonia, Trachykele, Chalcopæcila, Pygicera, Peronæmis, Pterobothris, Tylauchenia, Isophænus, Aglaostola, Trigonog'enium, Tetragonoschema,Chalcangium, Conognratha, Pithiscus, Dactylozodes, Hyperantha, Corydon, Pareumerus, Euamyia, Amyia, Callipyndax, Diadora, Amorphosternus, Cyphothorax, Trypantins, Autarchontes, Omochyseus, Paradomorphus, Agriloides, Geralius, Velutia, Bergidora, Cylindromorphoides, Lius, Leiopleura, Callimicra, Micrasta, Exæsthetus.

7 genres seulement sont propres à la région Néarctique : Chrysophana, Glyptoscelimorpha, Dystaxia, Schizopus, Hippomelas, Xenorhipis, Eupristocerus.

6 genres sont communs à la région Paléarctique : Cyphosma, Yamina, Paratlassa, Phænops, Kisarnthobia, Clema.

4x genres sont exclusifs à la région Africaine : Amblysterna, Paraphrixia, Paracastalia, Notomorpha,Chrysaspis, Chalcophoropsis, Scaptelytra, Para-

tænia, Chalcoplia, Lampropepla, Lachesis, Icarina, Œdisterna, Evagora, Armenosoma, Rethia, PBulis, Aristosoma, Exagistus, Pseudactenodes, Megactenodes, Coræbastus, Strigulia, Entomogaster, Neocoræœbus, Chloricalla, Melibaeopsis, Pseudagrilus, Evimantius, Alyssoderus, Paradora, Nastella, Asymades, Phlocteis, Anadora, Mychommatus, Kamosia, Stenianthe, Pseudianthe, Sponsorinus, Ankareus.

24 œenres sont spéciaux à la région Indo-Malaise: Phrixia, Xenopsis, Polycestella, Polycestoides, Callopistus, Philocteanus, Epidelus, Asemochrysus, Periorisma, Cyalithus, Pseudhyÿperantha, Cardiaspis, Philanthaxia, Metasambus, Samboides, Cryptodactylus, Polyonychus, Epimacha, Planidia, Demostis, Mundaria, Belgaumia, Corægrilus, Paratrachys; enfin

33 genres ne se sont retrouvés jusqu'ici que dans la région Australasienne : Julodimorpha, Prospheres, Blepharum, Microcastalia, Xyroscelis, Cyria, Epistomentis, Diadoxus, Chalcotænia, Pseudotænia, Callistroma, Pleiona, Neobuprestis, Melobasina, Nascio, Nascioides, Astræus, Bubastes, Euryspilus, Torresita, Briseis, Merimna, Notographus, Neocuris, Calodema, Metaxymorpha, Stigmodera, Syneckhocera, Alcinous, Ethon, Cisseoides, Paracepkhala, Germarica.

[1 résulte de ce qui précède que la grande majorité des genres se trouve confinée dans une seule région, ce qui donne à chacune de celles-ci son caractère propre.

En examinant la répartition des genres communs à plusieurs régions et celle des genres cosmopolites, on remarque que parmi ces derniers, le genre Buprestis (Ancylocheira Eschs.), qui compte 51 espèces, est fort inégalement réparti ; le Nouveau

Continent possède 25 espèces, l'Ancien 26, c’està-dire 9 espèces dans la région Américaine, 16 dans la Néarctique, 18 dans la Paléarctique, 1 dans l’Africaine, 6 dans l’Indo-Malaise et 1 dans l’Australasienne ; 43 espèces sont donc propres à la zone tempérée septentrionale, soit en Amérique, en Europe, dans la Sibérie ou au Japon, et des 6 espèces propres à la région Américaine, 5 habitent le Mexique. Il y a donc lieu de le considérer comme un genre appartenant à la grande faune Néo-Paléarctique et il pourrait, comme certains autres genres, servir d'argument en faveur de la réunion de ces deux régions.

Le genre Melanophila est plus répandu dans le Nouveau que dans l'Ancien Continent, où l’on ne trouve que 8 espèces propres à la région Paléarctique, 2 à l’Africaine, 2 à l’Indo-Malaise et 4 à l’Australasienne, tandis qu'il en existe 24 dans la région Américaine et 10 dans la Néarctique.

Le genre Anthaxia est, à peu de choses près, dans les mêmes conditions générales que les Buprestis, mais avec cette différence qu’il est plus franchement européen; il est, comme lui, plus répandu dans la grande zone tempérée septentrionale que dans la zone tropicale et sur les 174 espèces aujourd'hui connues, 101 habitent la région Paléarctique, 29 l’Africaine, 19 l’Indo-Malaise, 8 l'Australasienne et 17 seulement l'Amérique, dont 9 au nord et 8 au sud.

Le genre Chrysobothris, au contraire, tout en étant répandu d’une façon fort inégale sur toute la surface du globe, est plutôt un genre propre à la faune intertropicale. Sur les 319 espèces actuellement décrites, 60 seulement sont propres à la zone tempérée septentrionale avec 49 espèces Néarctiques et 11 Paléarctiques, tandis que la majeure partie

6o MONOGRAPHIE DES BUPRESTIDES

des espèces habite le Mexique, l'Amérique centrale et la Méridionale, l'Afrique, l'Indo-Malaisie et l'Australie. Il est à remarquer en outre que le faciès des espèces intertropicales diffère sensiblement de celui des formes spécifiques qui habitent la zone tempérée septentrionale et que, parmi les espèces tropicales, celles de l'Amérique n’ont pas non plus le faciès de celles de l'Afrique, qui diffèrent elles-mêmes de celles de l'Inde et de l'Australie.

Le genre Agrilus, dont on connaît près de 1,100 espèces et qui est loin d’être recensé dans son entier, est, toutes proportions gardées, également et presque dans la même proportion que le précédent, plus nombreux en espèces intertropicales (902 contre 178 de la zone tempérée septentrionale). Celles de la zone tempérée ont leur faciès propre et il n'y à guère que l’Europe dont le contingent en Agrilus soit presque entièrement établi.

On voit donc que les genres cosmopolites, tout en étant répandus sur l’entièreté de la surface du globe, le sont d’une façon fort inégale et qu’il existe toujours une zone où une région qui peuvent être considérées comme le noyau de densité des espèces de chacune de ces coupes génériques.

L'examen des genres communs à 5 régions, qui pourraient à la rigueur être considérés comme cosmopolites, mais que, pour plus d’exactitude, on pourrait nommer subcosmopolites, va confirmer ce fait.

Le genre Acmiæodera comprend à peu près le même nombre d'espèces dans la zone tempérée septentrionale que dans la tropicale (171 contre 170) : 45 et 125 respectivement dans la région Néarctique et dans la Paléarctique, 71, 91 et 9 dans l’Américaine, l’Africaine et l’'Indo-Malaise. II est toutefois

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE Gr

à remarquer que la majeure partie des espèces américaines est propre au Mexique et que celles de l’'Indo-Malaisie sont propres à sa partie continentale, à l’exclusion des îles de l'archipel Malais. Il appartiendrait donc à la zone tempérée, s’il ne s'étendait par toute l'Afrique, jusqu'au cap de Bonne-Espérance et même à Madagascar.

Le genre Polycesta, bien que commun à 5 régions, pourrait, par l'examen de la dispersion des espèces, être considéré comme un genre commun aux deux seules régions Américaine et Africaine; 21 espèces habitent la première de celles-ci, 11 la deuxième, tandis qu’on ne trouve, jusqu'ici, qu'une seule espèce dans chacune des régions Néarctique, Indo- Malaise et Australasienne.

Le genre Ptosima, très peu nombreux en espèces, puisqu'il n’en comprend que 14, paraît avoir été supplanté par les Acmæodera qui précèdent. On en connaît 2 espèces américaines, 2 néarctiques, 1 paléarctique, 2 africaines et 7 indo-malaises. On dirait qu'il représente les restes disséminés d’un genre qui s'éteint, absorbé par l’envahissement du précédent.

Le genre Chalcophorella, que j'ai établi aux dépens du genre Chalcophora, manque dans la région Américaine. Sur les 14 espèces qui en font partie, 2 sont néarctiques, 3 paléarctiques, 6 africaines, 1 indo-malaise et 2 australasiennes. Son centre de densité est donc l’Afrique.

Le genre Psiloptera appartient à la faune tropicale, attendu qu'il est plus spécialement répandu dans l'Amérique du Sud (89 espèces) et en Afrique (250 espèces), tandis qu'il est très restreint dans la région Néarctique (3 espèces) et dans la Paléarctique (2 espèces). La région Indo-Malaise possède 20 espèces. Dans ce beau et nombreux genre vient

se ranger la série des Polybothris dont la forme est excessivemont variée et qui sont confinés à Madagascar.

Le genre Sphenoptera n'est pas, à proprement parler, un genre subcosmopolite. La découverte d’une seule espèce en Amérique et d’une autre en Australie peut être due à leur introduction accidentelle ou plutôt maritime. C’est indiscutablement un genre propre à l'Ancien Continent, à l'exclusion des îles de la Malaisie; sur les 438 espèces qui en sont connues, 254 appartiennent à la région Paléarcetique, 138 à l’Africaine et 44 à l'Indo-Malaise. Le noyau de densité des Sphenoptera est la sousrégion Méditerranéenne et la Caspienne, d’où ils se répandent en Afrique et dans l'Inde.

Le genre Trachys enfin est également propre à l'Ancien Continent, bien qu'on ait découvert 5 espèces en Amérique. Il comprend 27 espèces paléartiques, 47 africaines, 164 indo-malaises et 19 australasiennes ; son centre de densité est la Malaisie et comme pour le genre Agrilus, il y a lieu d'admettre que nous ne connaissons qu'une faible partie des espèces existantes. L’extrême exiguïté de leur taille, jointe à la faculté qu'ils ont su acquérir de se laisser choir au moindre bruit, en rend la capture très difficile et souvent accidentelle.

Si des genres cosmopolites et subcosmopolites nous passons à l'examen sommaire de ceux qui sont communs à quatre, à trois ou à deux régions, nous remarquons que parmi les premiers les genres Chalcophora et Dicerca ont leur noyau de densité dans l'Amérique du Nord, tandis que les Pachyschelus, au contraire, sont plus abondants dans l'Amérique du Sud (137 espèces) avec quelques espèces disséminées dans la région Néarctique (4), dans l'Afri-

caine (1 à Madagascar) et dans l’Indo-Malaise (5); que les genres Coræbus et Aphanisticus sont propres à l'Ancien Continent, et que les Amorphosoma sont propres à la zone torride, avec 4 espèces dans la région Américaine, 4 dans l’Africaine, 8 dans l'Indo-Malaise et 1 dans l’Australasienne, mais avec la même réserve que pour les Agrilus et les Trachys relativement aux découvertes ultérieures.

Parmi les deuxièmes, c’est-à-dire les genres communs à trois régions, neuf d’entre eux sont exclusivement propres à l'Ancien Continent. Parmi ceux-ci, cinq ne se retrouvent pas en Australie : Julodis, Lampra, Melibæus, Cylindromorphus et Janthe; ils ont respectivement leur noyau de densité en Afrique pour le premier, le troisième et le cinquième, dans l’Indo-Malaisie pour le second, dans la région Paléarctique pour le quatrième. Les quatre autres, au contraire, sont exclusivement tropicaux et s'étendent sur l'Afrique, l’Indo-Malaiïsie et l'Australie : Iridotænia, Dicercomorpha, Belionota et Discoderes. Quant aux genres Anilara, Actenodes et Brachys, ils sont plutôt américains et l'un d’eux, le deuxième, tout en étant très répandu sur le Nouveau Continent, présente un second noyau de densité à Madagascar avec des espèces à faciès différent.

Les derniers enfin, c’est-à-dire les genres communs à deux régions, ont également presque toujours leur centre de densité dans une seule région.

C’est d’abord une série de neuf genres communs à l'Amérique; ils appartiennent en majorité à l’une ou l’autre des deux régions qui la divisent, et lorsqu'ils se retrouvent dans les deux, dans la plupart des cas leurs espèces habitent alors leurs limites ou les territoires avoisinants, comme les T'hrincopyge etles Halecia; parfois ils s'étendent du nord

au midi sur tout le continent, comme les Agrilaxia, les Taphrocerus et les Mastogenius, parfois encore ils offrent un caractère sporadique, comme les Tyndaris et les Rhæboscelis.

Des genres qui sont représentés à la fois en Afrique et dans l’Indo-Malaisie, les uns sont plus nombreux en espèces dans la première, les autres dans la seconde de ces régions. C’est ainsi que les Sternocera, les Pseudocastalia, les Sponsor, les Ag'elia et les Evides sont plus répandus en Afrique que dans l’Inde, tandis que le contraire existe pour les Chrysochroa, les Sambus et les Toxoscelus.

Parmi les genres communs à l’Indo-Malaisie et à l’Australasie, les uns sont plutôt indo-malais : Castalia, (hrysodema, Haplotrinchus, Anthaxomorphus, Endelus, et se rattachent à cette faune, tandis que les Paracupta, les Cyphogastra, les Melobasis, les Diceropygus, les Cisseis et les Trachycoræbus ont un caractère nettement australien.

Les quatre genres Steraspis, Aurigena, Chalcogenia et Diplolophotus se trouvent à la fois dans la région Paléarctique et dans l’Africaine, mais seul le genre Aurigena est plutôt propre à la première de ces régions; les autres sont essentiellement africains.

Le genre Latipalpis, qui ne possède que trois espèces, en détache une au Chili, alors que les deux autres sont européennes. Je n’ai jamais vu le type de l'espèce chilienne, mais il est bien possible qu'elle appartienne au genre dans lequel son descripteur la range, car la faune du Chili offre certaines affinités avec celle de l’Europe, ainsi qu'on le constate par la présence du genre Carabus, très répandu en Europe et inconnu dans l'Amérique du Sud, sauf au Chili.

Les genres Curis et Cynira rattachent la faune

de l'Amérique du Sud à celle de l'Australie, tandis que les Colobogaster et les Stenogaster unissent l'Amérique du Sud à l'Afrique tropicale. J’ai pour-. tant des doutes quant à l'unique espèce, de ce dernier genre, signalée par son descripteur comme provenant de l'Afrique. C’est avec une excessive réserve qu'il faut accepter les indications géographiques des anciens auteurs et je suis porté à croire que le Buprestis planus Fabr., s’il est réellement un Stenogaster, pourrait bien provenir de l'Amérique, bien qu'il soit incontestablement établi que la seule espèce africaine du genre Colobogaster provient réellement de l'Afrique tropicale.

Quant au genre Pæcilonota, il est, sinon néarctique, du moins propre à la zone tempérée septentrionale.

RÉGION AMÉRICAINE. — Nous avons vu que la région Américaine, dans les limites qui lui sont assignées, comprend Ia partie méridionale du Mexique, les Antilles, les États de l'Amérique centrale et toute l'Amérique du Sud.

C’est la patrie des lourds et massifs EFuchroma, les géants de la famille, qui correspondent aux Catoxartha de la région Indo-Malaise, comme les brillants Halecia représentent, sur le Nouveau Continent, les Chrysodema de l'Ancien. Les Psiloptera Y sont nombreux, avec une série d'espèces à saillie prosternale avancée sous le menton, constituant une coupe spéciale dans le genre. Les Conognatha à la coloration éclatante et claire, verte, bleue ou dorée entremêlée de points, de taches ou de bandes d'un jaune mat et clair, y représentent les Stigmodera de l'Australie ;

Les Hyperantha de l'Amérique, à faciès et à coloration uniques, n’ont de représentants dans nulle

autre région, et les Colobogaster, géants des Chrysobotrines, y sont largement représentés.

Sur les 8o genres existant dans la région, il en est 48 qui lui sont spéciaux et qui constituent la caractéristique de sa faune. Sur les 32 genres restants, 22 se retrouvent dans l'Amérique du Nord et parmi ceux-ci 9 ne se trouvent que dans la région Néarctique.

Bien que la région Américaine soit susceptible d'être subdivisée en sous-régions nettement délimitées, l’ensemble de sa faune, au point de vue des Buprestides, est suffisamment caractéristique. Même dans certains genres cosmopolites il est possible, à première vue, avec un peu d'habitude, de reconnaître au faciès les formes américaines. A l'inverse des autres régions tropicales, au point de vue de la coloration, la nuance dominante est le vert métallique plus ou moins sombre, le bronzé obscur et le noir, et l’on ne trouve d’exceptions que dans quelques groupes, comme les Conognatha et les Hyperantha, qui rivalisent parfois avec les espèces les plus éclatantes de l’Inde. Cette coloration est toutefois généralement moins sombre que celle des Buprestes africains. Au point de vue de la taille, toutes les dimensions, maxima et minima, sont représentées, depuis les grands ÆEuchroma jusqu'aux minuscules Mastogenius, les plus petits Buprestides connus.

La région Américaine se subdivise en cinq sousrégions, suffisamment caractérisées par le nombre de genres spéciaux qu'elles comptent.

C’est d’abord la sous-région de l’ Amérique centrale, dans les limites fixées par les auteurs de la Biologia Centrali Americana et comprenant le sud du Mexique, les États de l'Amérique centrale et la partie septentrionale de la Colombie et du Véné-

zuéla. Elle se rattache à la région Néarctique par les genres Ptosima, Chalcophora, Dicerca et Buprestis. Les Polycesta, les Acmæodera, les Agæocera, les Halecia, les Cinyra, les Melanophila, les Chrysobothris et bien d’autres y sont très nombreux, et parmi les genres qui lui sont spéciaux, on remarque surtout des Agrilines.

La sous-région des Antilles, qui vient ensuite, est encore peu connue. Peut-être y aurait-il lieu de la rattacher à la faune de l'Amérique centrale, avec laquelle elle a de grands points de ressemblance. Seul, le senre Hilarotes lui est spécial et parmi les espèces du genre Acmæodera, celles de cette sousrégion ont un aspect particulier.

La sous-région Brésilienne, qui comprend les Guyanes, le Brésil et les territoires situés à l’est des Cordillères, appartenant à la Colombie, à l'Équateur, au Pérou et à la Bolivie, est la vraie région tropicale du Nouveau-Continent. C’est la plus riche en Buprestides, au point de vue des genres et du nombre des espèces, et sa faune est à peine connue. L'immense bassin du majestueux Amazone est la patrie des Pasiphae, Pachypyge, Corydon, Pareuméerus, Amyia, Callypindax, Amorphosternus, Geralius, Micrasta et d’autres encore, tous spéciaux à cette sous-région, qui possède aussi le plus grand nombre de genres propres à l'Amérique.

La sous-région des Pampas ou de la République Argentine est relativement pauvre en Buprestides et le faciès de ses espèces se rapproche de celui de la zone tempérée septentrionale. Elle s'étend du 25° parallèle sud au cap Horn, à l’est de la Cordillère des Andes.

Enfin, la sous-région Chilienne comprend les territoires situés sur le versant occidental des Cordil-

lères ; elle possède une faune distincte et bien des espèces qui l'habitent présentent une grande affinité avec celles de l'Australie. Les genres Ectinogonia, Chalcopæcila, Pygicera, Curis, Conognotha, Pithiscus, Dactylozodes, Hyperantha lui sont, pour la plupart, spéciaux et présentent un faciès particulier. Les Curis y sont représentés en séries d’espèces formant un parallèle intéressant avec celles du même genre habitant l'Australie.

RÉGION NÉARCTIQUE. — Limitée, comme nous l'avons vu, au sud par le 25° parallèle nord environ, cette région comprend en conséquence le nord du Mexique, les Etats-Unis en entier et les territoires du Canada situés au sud de l’isotherme 0°.

Elle offre des analogies frappantes avec la région Paléarctique et présente en même temps une grande affinité avec celle de l'Amérique du Sud, sans pouvoir toutefois être confondue avec l’une ou l’autre de ces régions. Elle possède un très petit nombre d'espèces qui existent également dans l'Amérique du Sud, mais qui appartiennent à des territoires confinant à la région Américaine; par contre, elle ne possède qu'une seule espèce propre à l’Europe : Anthaxia salicis Fabr.

Au point de vue de la taille, les espèces n’excèdent guère 0",03 et sont, en général, au-dessous de la moyenne; quant à la coloration, elle est plus sombre que celle des Buprestides de l'Amérique du Sud : le noir et le bronzé obscur y dominent.

C’est la région la plus pauvre en Buprestides relativement à l'étendue de son territoire, puisqu’elle ne comprend que 262 espèces réparties entre 32 genres. Parmi ceux-ci, il en est 25 qui sont représentés dans la région Américaine et 12 dans la région Paléarctique ; 7 genres seulement sont spé-

ciaux à la région Néarctique. Numériquement, elle tient plus de la première que de la seconde et pourtant le faciès de ses espèces la rapproche davantage de l’Europe que de l'Amérique.

Parmi les genres qui lui sont spéciaux : Chrysophana, Glyptoscelimorpha, Dystaxia, Schizopus, Hippomelas, Xenorkhipis, Eupristocerus, il en est qui ressemblent bien peu à ce que l’on trouve dans les autres régions; trois d’entre eux constituent à eux seuls une tribu spéciale, établie par Le Conte et Horn, les Schizopines, confinés dans la partie occidentale au Texas et en Californie et remarquables en ce qu'ils ressemblent, à s’y méprendre, à des Chrysomélines; les Xenorhipis, seuls de toute la famille, nous présentent une disposition particulière des antennes, qui sont fortement flabellées chez le mâle, tandis que la femelle les a simplement pectinées.

La région Néarctique peut se subdiviser en quatre sous-régions :

La sous-région Canadienne, pauvre en Buprestides à cause de la rigueur de son climat.

L’Atlléghanienne, qui comprend la majeure partie du vaste bassin du Mississippi et du Missouri.

La Californienne, située dans le bassin de l’océan Pacifique et séparée de la précédente par les montagnes Rocheuses.

La Texienne, qui comprend le Texas occidental et le nord du Mexique.

C’est la deuxième de ces sous-régions qui présente la plus grande affinité avec la région Paléarctique, tandis que les deux dernières en ont davantage avec l’Américaine.

Si l’on considère enfin les genres qui lui sont communs avec l'Europe, on remarque que les espèces qui en font partie forment des séries en

quelque sorte parallèles de l’une à l’autre région, notamment parmi les Chalcophora, les Dicerca, les Buprestis, les Anthaxia et les Agrilus.

RÉGION PALÉARCTIQUE. — Telle qu’elle à été établie plus haut, la région Paléarctique, outre l’Europe et la Sibérie entière, comprend en Afrique les territoires cis-sahariens avec les déserts africains et, en Asie, le nord de l'Arabie, la Syrie, l'Asie Mineure, le Turkestan, la Perse, le Pamir, le Tibet, une partie de la Mongolie et l’île la plus septentrionale du Japon, Jesso. Les îles Madère et les Açores ainsi que les Canaries font également partie de cette région, qui est bornée au sud par la série ininterrompue des déserts qui commence en Afrique, au sud du Maroc, se prolonge jusqu'à l'extrémité de la Chine et constitue ainsi une vaste barrière séparant la zone tempérée septentrionale de la zone torride.

Si les limites de cette région sont encore indécises quant aux territoires situés à l'extrême Orient, c'est que nous ne connaissons encore, du Tibet, de la Mongolie et de la Chine intérieure que le produit de rares récoltes effectuées par quelques voyageurs isolés.

En Afrique, au contraire, la limite est mieux déterminée; elle part du cap Blanc, laissant le Sénégal dans la sous-région Éthiopienne de la région Africaine et suit la limite méridionale des déserts, laissant ces derniers dans la faune paléaretique, pour se diriger vers le nord, le long du Nil, jusqu'à Suez, d’où elle suit à peu près le 30° parallèle jusqu'à l'embouchure de l’Euphrate, laissant ainsi la Nubie, la Haute-Egypte et presque toute l'Arabie dans la région Africaine.

Le faciès des espèces du Sénégal est trop franche-

ment africain pour pouvoir admettre son territoire dans la région Paléarctique; il compte du reste moins d'espèces de cette dernière région que de genres et d'espèces nettement africains.

Quant au Japon, si l’on examine le catalogue de M. G. Lewis, on remarque (1) d'abord que toutes les espèces qui y sont mentionnées sont spéciales à ce pays et ne se retrouvent ni en Sibérie ni dans l'archipel Malais; ensuite, si l’on examine les genres cités, on remarque que certains d’entre eux représentent pour ainsi dire la caractéristique de la faune indo-malaise, tels que les Chrysochroa, les Chrysodema, les Sambus et les Cryptodactylus, que d'autres genres sont cosmopolites où communs à trois ou à quatre régions, et l’on peut admettre que des iles qui possèdent de nombreux représentants de genres tels que ceux qui viennent d’être cités ne peuvent appartenir à la zone circumpolaire, surtout si ces îles ne contiennent pas d'espèces communes à cette zone ou à leur propre territoire.

Du reste, dans un opuscule datant déjà d’une trentaine d'années, M. Edw. Saunders (2), après avoir dressé un tableau indiquant la répartition géographique des genres qui se trouvent au Japon, fait remarquer que sur les 14 genres cités, 13 se retrouvent dans l'Inde, 9 en Europe, 6 en Amérique, 5 dans les îles Philippines et 4 en Chine.

Il y a pourtant lieu de faire une exception pour l’île de Jesso, la plus septentrionale de celles du Japon. Les genres indo-malais y sont peu ou point

(1) On the Buprestidæ of Japan. — Linnean Soc. Journ. Zool., t. XXIV (1892).

(2) Descriptions of Buprestidæ collected in Japan by Georges Lewis esq. — Linn. Journ. Zool., t. XI (1853) pp. 509 et 510.

représentés et, par contre, les genres européens y dominent.

La région Paléarctique, tout en présentant son caractère propre, possède relativement peu de genres qui lui sont spéciaux. Ce sont les genres Cyphosoma, Eurythyrea, Phænops, Kisanthobia, Cylindromorphus, ayant en général un petit nombre d'espèces. Elle est riche en Julodis, en Capnodis, en Sphenoptera, en Anthaxia et en Agrilus, qui sont pour la plupart aussi, nombreux en espèces dans la région. La coloration dominante est en général bronzée ou verte, le plus souvent obscure, de même que chez les Buprestides de l'Amérique du Nord, sauf les Julodis et les Eurythyrea et quelques espèces du genre Anthaxia, qui sont excessivement brillants. Quant à la taille, elle ne dépasse pas sensiblement celle des espèces de la faune néarctique, sauf pour le genre Julodis dont la taille est audessus de la moyenne; une espèce du Turkestan atteint même jusque 0",067 (1).

Elle peut être subdivisée en plusieurs sousrégions dont deux seulement sont actuellement bien connues, les sous-régions orientales ayant été jusqu'ici trop peu explorées pour pouvoir en fixer les limites avec quelque certitude.

La sous-région Européenne, comprenant l'Europe moyenne ou centrale et la Sibérie, n’est bien connue que dans sa partie occidentale; on peut prendre pour base l'étude de Kiesenwetter sur les Buprestides de l'Allemagne (2), qui énumère g4 espèces réparties entre 19 genres, tandis que toute la région compte 834 espèces pour 54 genres. Mais cette sousrégion est, avec celle de l'Amérique du Nord, la

(x) Julodis Finchi Waterh.

(2) Naturgeschiche der Insecten Deutschlands, t. IV, pt. I (1857).

partie la plus froide du globe; on trouve done dans le climat la cause de la faiblesse numérique de la faune européenne.

Par contre, la sous-région Méditerranéenne est beaucoup plus riche que la précédente. C'est la patrie par excellence de beaux Julodis, à la seulpture variée, et d’une longue série de Sphenoptera; ces deux genres constituent la caractéristique de cette sous-région qui comprend en Europe la péninsule Ibérique, le midi de la France, l'Italie, la presqu'ile des Balkans au sud de ces montagnes; en Asie, le Caucase, l'Asie Mineure, la Syrie et le nord de l'Arabie, et en Afrique les territoires compris dans la limite méridionale de la région.

Les autres subdivisions ont leurs centres communs aux abords de la mer Caspienne, dans le Turkestan, au Tibet et en Mongolie, mais sans que l’on puisse encore les délimiter avec exactitude.

Il reste toutefois à décider si la Mongolie et le Tibet n’appartiendraient pas à la région Indo- Malaise. C’est l'extrême rigueur du elimat hibernal de ces territoires qui engage, pour le moment, à les comprendre dans la région Paléarctique. Les espèces provenant de ces contrées sont en nombre si restreint que l’on ne peut en déduire leur séparation de la région qui nous occupe ou leur annexion à l’une de ces deux régions dont elles forment la limite. Il serait prudent de s’abstenir jusqu’à plus amples informations, mais il y a lieu de supposer que la raison du elimat est suffisante pour comprendre momentanément ces pays dans la grande région Paléaretique.

RÉGION AFRICAINE. — Limitée au nord par les territoires africains de la sous région Méditerranéenne telle qu’elle a été établie pour la région Paléarc-

tique qui précède, la région Africaine comprend done toute l'Afrique, les îles du Cap Vert, Madagascar et ses annexes, les Comores, les Seychelles, les îles Maurice et celles de la Réunion. C’est la patrie des Sternocera, comptés parmi les géants des Buprestides, des Julodis à faisceaux de poils jaunes ou rouges, spéciaux aux territoires du cap de Bonne-Espérance, où ils vivent en colonies nombreuses, des Steraspis et des Chrysaspis, à la coloration rutilante, des Paratænia, plus sveltes, mais non moins brillants, des Megactenodes qui représentent, en Afrique, les Belionota des îles indo-malaises, d’un grand nombre de Pstiloptera, dont un groupe, spécial à l'île de Madagascar, est formé par une longue suite de belles et curieuses espèces, les Polybothris à faciès multiple et excessivement varié, le plus souvent uniformément sombres en dessus, avec quelques taches claires, mais d’une inconcevable richesse de coloris en dessous.

Sur les 8r genres représentés dans cette région, il en est 43 qui lui sont spéciaux et qui constituent la caractéristique de sa faune; comme les genres de la région Américaine, ceux de l’Africaine ont leur faciès propre; tout en étant généralement plus brillants et parfois d’une coloration plus claire, ils sont plus massifs et plus robustes que sur le Nouveau Continent. Le vert clair ou doré se marie au rouge feu brillant, le bronzé et le cuivreux du dessous du corps se mêlent harmonieusement au ton plus sombre du dessus. Bien que l'Afrique ne nous donne aucun Bupreste de la taille des Euchroma de l'Amérique ou des Catoxantha de l'Inde, c'est elle qui l'emporte, au point de vue du nombre des srandes espèces : les Sternocera, les Steraspits, les Chrysaspis et les Polybothris, spécifiquement nom-

breux, dépassent de beaucoup la taille moyenne des autres Buprestides.

Parmi les espèces de la région Africaine, quelques-unes y apparaissent pour venir attester l'existence de ce vaste continent Lémurien que l’on croit avoir existé autrefois et qui, suivant des hypothèses de moins en moins discutées, rattachait la côte de Mozambique à l'archipel Malais, de sorte que Madagascar, les Comores, les Seychelles, les Amirantes, les iles Andaman et celles de la Malaisie ne seraient, les unes que de vastes plateaux, les autres les sommets d’un continent immergé.

À l’appui de cette supposition, nous remarquons que le genre Pseudocastalia possède 2 espèces africaines contre 1 indo-malaise ; Sponsor, 12 africaines (spéciales à Madagascar) contre 2 indo-malaises; Iridotænia, 3 africaines (y compris 1 des îles Andaman) contre 38 indo-malaises; Dicercomorpha, dont on connaît 9 espèces, ne tient à la faune africaine que par une seule espèce, récemment découverte par M. Ch. Alluaud, aux îles Seychelles (x), alors qu'auparavant, l'espèce la plus occidentale connue provenait des îles Andaman; quant au genre Belionota, il possède 26 espèces, dont 4 africaines, 19 malaises et 3 australiennes, et l’une de ces espèces (2) se trouve en Guinée, à Mozambique, à l’île de la Réunion et dans tout l'archipel malais, jusqu'aux îles Philippines. C’est même un des rares Buprestides dont l'habitat s'étend sur trois régions.

Un grand nombre des espèces de l'Afrique se retrouvent à la fois au Sénégal, au pays des Somalis et jusqu'au cap de Bonne-Espérance ; il n’est peutêtre pas de région comprenant autant de formes

(1) Dicercom. Alluaudi Kerrem.

(2) Belionota prasina Thunb,.

répandues sur un aussi vaste territoire, et c’est ce qui caractérise surtout la faune africaine et lui donne une homogénéité inconnue, sous ce rapport, dans les autres régions du globe.

On peut provisoirement diviser la région Africaine en trois sous-régions : la sous-région Éthiopienne, la sous-région du cap de Bonne-Espérance et la sousrégion Malgackhe.

Si la dernière, qui comprend des îles, est bien délimitée, tant par le nombre des genres et des espèces qui s’y trouvent que par la forme toute spéciale qu'ils affectent, il n’en est pas de même des deux premières.

Le vaste bassin du Congo, ceux du Niger et du Zambèse forment la majeure partie de la sous-région Éthiopienne, dont les territoires occidentaux présentent des différences fauniques assez accentuées relativement aux orientaux. Il y aurait peut-être lieu d'en former, plus tard, deux sous-régions distinctes, comme il y aurait lieu de diviser en deux sous-régions distinctes, l’une occidentale et l’autre orientale, la sous-région du cap de Bonne-Espérance, qui est séparée de l'Éthiopienne par le désert de Kahalari et le Zambèse. La faune de la Cafrerie est, en effet, différente de celle du Bechuana, mais pour l’une comme pour l’autre des deux sous-régions précitées les limites sont encore trop indécises pour pouvoir établir des déductions précises.

RÉGION INDO-MATAISE. — En déterminant les limites de cette région comme elles ont été fixées plus haut, c’est-à-dire en les reculant à l’est de la ligne de Wallace de facon à comprendre dans la faune indo-malaise les Célèbes, les Moluques et les iles Timor, certains genres, et notamment les Chrysochroa, les Iridotænia, les Philanthaxia et

les Toxoscelus, se retrouvent en entier, sauf une espèce du dernier de ces genres, avec toutes leurs espèces, dans la région qui nous occupe.

Si l’on considère ensuite que nombre d'espèces se retrouvent dans la plupart des îles de l'archipel malais sans apparaître en Australie ni en Nouvelle- Guinée et si l’on remarque enfin que le faciès général des espèces ne commence à varier réellement qu'en dehors des limites que nous avons fixées, l’on admettra qu'il est préférable de ne laisser dans la région Australasienne que la Nouvelle- Guinée et ses annexes, Key et Arou.

C’est surtout dans l'examen des genres Cyphogastra et Dicercomorpha que l’on trouve des variations très sensibles quant au faciès des espèces, suivant qu'elles sont propres à l'Australie ou à la Malaisie. Celles du genre Cyphogastra n’ont plus, aux îles Key, Arou et en Nouvelle-Guinée, le même aspect que les nombreuses espèces de l'archipel Malais, et celles comprises autrefois parmi le genre Dicercomorpha sont si dissemblables que j'ai cru devoir fonder un nouveau genre (1) pour quelques espèces australasiennes et indo-malaises.

Dans les limites ainsi fixées, la région Indo- Malaise comprend 76 genres dont 24 spéciaux à son seul territoire. Sur les 52 genres restants 28 se retrouvent dans la région Australasienne, ce qui indique suffisamment les affinités des deux faunes. Parmi ces 28 genres, 9 sont malais relativement au nombre des espèces : Castalia, Chrysodema, Haplotrinchus, Dicercomorpkha, Belionota, Coræbus, Amorphosoma, Anthaxomorphus, Enrdelus, tandis

(1) Haplotrinchus, in Wytsman Genera Insectorum, Buprestides,

que 4 seulement sont plutôt australiens : Cyphogastra, Melobasis, Diceropygus, (issets.

Ces données ne concordent pas avec mes déductions de 1894 (1), qui ont dû nécessairement se modifier par suite des découvertes effectuées au cours de la dernière période décennale.

La région Indo-Malaise est la patrie des énormes Catoxantha, des grands et superbes Chrysochroa, des resplendissants Callopistus, des Chrysodema et des Cyphogastra et de toute une série de genres les plus beaux et d'espèces les plus brillantes. Rien n'égale la splendeur et la richesse de coloris des Buprestes de cette région; l'or, l'argent, le cuivre et le bronze, dans leurs tons les plus variés, se mêlent au rouge feu éclatant, à toutes les gammes des verts et des bleus. Les uns ont les élytres entiers ou sur une partie de ceux-ci de larges bandes d'un blane d'ivoire pur; d’autres, d’un vert doré clair, présentent des reflets bleus, violacés ou pourprés du plus vif éclat et toujours le mélange de ces nuances est d’une incomparable harmonie. Parfois ils présentent une vestiture d'apparence écailleuse dorée ou argentée et presque toujours, comme on le remarque généralement, du reste, chez les Buprestes des autres régions, durant la vie leur corps est couvert d’une sorte de poussière imitant le pollen des fleurs, le plus souvent jaunâtre, parfois rouge vif ou ocrée et qui s'agglomère dans les dépressions du corps. Comme dans l'Amérique du Sud, toutes les dimensions sont représentées dans l’Inde et dans la Malaisie, depuis les grands Catoxantha, plus allongés et moins massifs que

(1) Essai sur la répartilion géographique des Buprestides. — ANN. Soc. ENT. BELG., t. XX XVIII (1894), pp. 97-121.

les Euchroma, ayant jusque 0",075 de longueur, jusqu'aux minuscules Aphanisticus, en passant par tous les intermédiaires, et les Buprestes de grande taille y abondent autant que les petits.

Quatre sous-régions peuvent la subdiviser : la sous-région Hindoue, comprenant tout l'Hindoustan, le Béloutchistan et l'Afghanistan, où l’on signale particulièrement la présence des Sternocera et de quelques Julodis ; la sous-région Chinoise, qui comprend l’Assam, la Birmanie, le royaume de Siam, l’'Annamn, le Tonkin et le sud de la Chine orientale, caractérisée par les Chrysochroa; la sous-région Malaise, où dominent les espèces des genres CArysodema et Gyphogastra et qui comprend tout l’archipel malais, ainsi que la presqu'île de Malacca et, enfin, la sous-région Japonaise, caractérisée par les espèces propres à ces iles.

RÉGION AUSTRALASIENNE. — L'Australie et la Nouvelle-Zélande, la Mélanésie, la Micronésie et la Polynésie, avec leurs divers groupes d'îles, constituent cette région, qui, d'une part, tient à la région précédente par des liens très intimes et, d'autre part, à l'Amérique du Sud, par certaines affinités de formes suffisamment indiquées.

Bien que la faune de cette région présente une homogénéité bien établie et aussi tranchée pour les Buprestides que pour l’ensemble des autres animaux, on remarque toutefois une certaine variation dans la distribution des genres et des espèces, et chacun des nombreux archipels — on pourrait presque dire chacune des îles qui forment ces derniers — qui composent cette région en dehors du continent australien, possède sa faunule propre. C'est ainsi que la Nouvelle-Guinée présente des espèces et même des genres inconnus en Australie,

dont les Buprestes n’ont plus les mêmes caractères que ceux de la Nouvelle-Zélande. Les archipels de la Nouvelle-Bretagne, des îles Salomon, des Nouvelles-Hébrides et de la Nouvelle-Calédonie présentent, l’un envers l’autre, des différenciations qui se remarquent aux îles Viti, Tonga, Samoa, Carolines et Marianes. Bien que l’on ne connaisse qu'une partie excessivement restreinte de la faune de ces innombrables îles, le peu de documents que l'on y à recueillis permet de distinguer les différences signalées.

Sur les 65 genres qui habitent cette région, 34 lui sont spéciaux et sur les 351 genres restants, 29 se retrouvent dans la région Indo-Malaise. La plupart de ces genres présentent un faciès autant, si pas plus caractéristique que celui des autres régions. Il suffit de citer, en effet, les grands et superbes Julodimorpha, les Prospheres, les Blepharum, les Cyria, les Diadoxus, les Chalcotænia, les Pseudotænia, les Astraeus, les Neocuris, les splendides Calodema, l’infinie variété des nombreux Stigmodera, les Ctsseis, les Ethon et d'autres encore, déjà nommés dans le tableau statistique, pour constater que la faune australasienne est l’une des plus riches et des plus variées en Buprestides.

La coloration et la taille, bien qu'ici la note dominante soit le jaune fauve, l’orangé ou le rouge vif mélangés de vert doré clair, ne le cèdent en rien à la région Indo-Malaise, avec laquelle l'Australasienne a tant d’autres points d'attache, et certains senres ont leurs espèces qui viennent se ranger en séries parallèles avec celles de l’Amérique du Sud, tels que les Curis et les Conognatha, ces derniers étant les représentants des Stigmodera sur le Nouveau Continent.

La Nouvelle-Guinée et les îles de la Nouvelle-

Zélande pourraient former deux sous-régions distinctes de l'Australie proprement dite. Celle-ci, par ses climats divers, peut être également subdivisée en un certain nombre de sous-régions, dont les limites sont encore à fixer. Le centre du continent australien est presque aussi peu connu que celui de l'Afrique, mais il a plus de chances que celle-ei de voir s'élargir de jour en jour le champ des découvertes entomologiques, grâce à des groupes de naturalistes australiens très actifs et qui ont l'avantage de se trouver dans le voisinage immédiat de l’objet de leurs investigations.

Quant aux nombreux archipels qui constituent le reste de la région Australasienne, on ne saurait, pour le moment, faute de documents, les répartir en sous-régions bien distinctes.

Les cas de dimorphisme sexuel, fréquents chez certains Lépidoptères et chez divers groupes de Coléoptères, tels que les Lucanides, les Cétonides, les Coprophages et les Longicornes, peuvent également être constatés chez les Buprestides. Ce dimorphisme varie suivant les espèces et il suffit de citer les noms de certains Lépidoptères ou de Lampyrides pour avoir présente à l'esprit la forme larvaire des femelles, entièrement différentes du mâle.

Chez les Buprestides, c'est le plus souvent la structure du dernier segment abdominal qui caractérise morphologiquement la différence des sexes, ce dernier segment étant fréquemment échancré à

l'extrémité chez le mâle et avancé en un lobe arrondi chez la femelle. Mais à ce caractère viennent souvent s'ajouter d’autres particularités, variables de genre à genre et même, très souvent, d'espèce à espèce dans un même genre.

Des tribus entières, pourtant, ne présentent aucun cas de dimorphisme sexuel et notamment les Julodines et les Stigmodérines, chez lesquels l'identité des sexes atteint son plus haut degré; la forme un peu plus massive des femelles permet à peine de les distinguer des mâles. Il en est de même chez les Psiloptérites où, dans une longue suite d'espèces, les différences sexuelles sont nulles ou à peu près, le coup d'œil le plus exercé permettant difficilement d'apprécier le sexe et rien, pas même la taille, pas même le renflement abdominal — car il existe aussi bien des mâles que des femelles de petite taille, et l’on remarque des mâles ayant l'abdomen renflé, — ne permet de déterminer le sexe à première vue. Puis, à côté de ces groupes, dans une même tribu, parfois dans un seul genre, on remarque des espèces où l'extrémité du dernier segment abdominal commence à se tronquer ou bien s'’échancre plus ou moins.

Parmi les Polycestines, le dimorphisme est également peu accentué, sauf toutefois chez certains Acmæodera de l’Afrique, où le mâle est si différent de la femelle, que souvent on les a décrits comme espèces distinctes, sous deux noms différents, et je citerai notamment l'Acmæodera fascipennis, récemment décrite et provenant de Zanzibar, qui présente un dessin élytral totalement différent d’un sexe à l’autre. Souvent aussi, la coloration ou la taille

rarient au point, par exemple, que M. Ch.-0. Waterhouse, l’éminent entomologiste de Londres, me signalait tout récemment avoir pu déterminer que

les Acmæodera fraterna, aurolimbata, gamensis (cuprina), æneicollis et scintillans étaient respectivement les mâles de femelles décrites sous le nom de gibbosa, grandis Kerrem., nec Guérin, grandis Guér., viridiænea et aurifera (1).

Les Steraspis, tout en ayant le dernier segment abdominal échancré chez le mâle, qui à souvent aussi la face interne des fémurs velue et la pubescence pectorale est toujours moins accentuée chez les femelles ; par contre, les Steraspis,dont les caractères génériques diffèrent très peu de ceux du genre précédent, n’ont d'autre modification sexuelle que l’échancrure anale, qui se retrouve également parmi tous les autres Chrysochroines, à un degré plus ou moins accentué, quelquefois même à peine sensible, comme, par exemple, dans le genre Philocteanus.

La villosité fémorale et sternale se développe à un très haut degré chez les mâles des genres Euchroma et chez les Demochroa, sous-genre des Chrysochroa, tandis que chez certains /ridotænia, des bandes élytrales métalliques rouges ou dorées chez la femelle, deviennent d’un jaune fauve mat chez le mâle.

Les Sphenoptera, nombreux en espèces méditerranéennes, asiatiques et africaines, nous offrent un caractère sexuel nouveau : les tibias antérieurs sont assez fortement arqués chez le mâle, qui a souvent aussi les articles des antennes plus allongés.

Parmi les Buprestines, on remarque que le genre Buprestis présente, chez le mâle, une conformation particulière des tibias antérieurs, qui sont munis,

(1) Pendant l'impression de cette livraison, M. Ch. O. Waterhouse a publié (Ann. Mag. & Nat. Hist., octobre 19404) une notice dont les éléments seront utilisés au cours du présent ouvrage.

à leur extrémité, d'un erochet recourbé en dedans.

On avait décrit, il y à fort longtemps, et rangé dans ce même genre, deux espèces, dont l’une bleue à taches élytrales jaunes, l’autre, plus grande, rouge vif à taches élytrales bleues, provenant respectivement de l’Alzérie et du Maroc. M. Champion, le savant collaborateur à la Biologia Centrali-Americana, à tout récemment découvert dans ces deux insectes, recueillis en nombre à Gibraltar, les deux sexes d’une seule et même espèce.

Les Anthaxiles se différencient sexuellement par la coloration (Anthaxia nilida, nitidula,cichorti, ete.), ou par le renflement très accentué des fémurs (Cratomerus). Dans ce groupe viennent se placer les curieux Xenorhipis, des États-Unis, dont les femelles ont les antennes normales de tous les Buprestides, tandis que les mâles les ont excessivement développées et flabellées, comme celles de certains Rhiptcérides.

L'échancrure terminale de l'extrémité du dernier segment abdominal reste la caractéristique générale des espèces de la tribu des Chrysobothrines, sauf pour un genre, où la variation des caractères sexuels atteint son plus haut degré; en effet, chacune des espèces du genre Megactenodes possède un ou deux caractères sexuels différents; ici, ce sont les fémurs postérieurs qui sont démesurément développés et remarquables par le renflement qu'ils affectent chez le mâle et, en même temps, l’armature terminale du dernier segment abdominal est formée de profondes échancrures alternant avec des saillies angulaires très aiguës (Westermanni) ; là, c’est le front bossué et creusé, les antennes à articles médians élargis qui font reconnaître le mâle (laticornis); ailleurs, c’est la couleur brillante et claire du pronotum qui vient trancher sur la nuance noire

du corps (ebenina), tandis que chez une autre espèce (reticulata), on peut à peine distinguer les mâles des femelles.

Enfin, certains Agrilus mâles ont les antennes beaucoup plus grèles et leurs articles plus allongés que ceux des femelles, tandis que les Trachytes ne nous ont pas encore permis de découvrir, Jusqu'ici, des cas de dimorphisme sexuel.

Il est plus que probable que par la suite, nombre d'espèces, décrites comme telles, se réuniront à d'autres, pour n’en former qu'une seule, l’une étant le mâle et l’autre la femelle, et réciproquement. Le cas du Buprestis sanguinea, cité plus haut et élucidé par M. Champion, celui de plusieurs Acmæodera de l'Afrique, relaté par M. Waterhouse, doit être plus fréquent qu'on ne le suppose.

Ce rapide examen permet de nous rendre compte de la variation infinie qui réside dans la répartition des caractères qui différencient les sexes chez les Buprestides. Une étude plus approfondie de ces caractères à sa raison d’être dans la recherche des causes qui les ont produits. Si, par exemple, la présence d’une villosité au sternum et à la partie antérieure des fémurs des mâles sert à faciliter à ceux-ci l’adhérence à la femelle pendant laccomplissement de l’acte générateur, pourquoi tous les mâles ne sont-ils pas velus? Pourquoi n’ont-ils pas tous, pour la même raison, les tibias antérieurs recourbés ou munis d’un crochet? Si le développement antennaire de certains mâles explique le rôle olfactif attribué aux antennes, pourquoi celles-ei sont-elles, le plus souvent, semblables dans les deux sexes ?

Autant de questions posées, autant à résoudre encore et qui viennent démontrer la diversité d’études que nous offre l’entomologie.

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