MIMÉTISME ET RESSEMBLANCE PROTECTRICE
passifs, tels qu’un goût désagréable ou une odeur nauséabonde.
Les cas de mimétisme sont excessivement fréquents chez les insectes : l'observation en révèle chaque jour de nouveaux, bien que leur étude doive se faire sur les lieux de capture dans le milieu environnant, et présentent pour cette raison certaines difficultés.
Beaucoup de Buprestes sont verts, ce qui leur permet de se dissimuler en se confondant avec le feuillage environnant; d’autres sont d’un bronzé verdâtre ou brun, ce qui rend leur découverte difficile sur les trones et les branches des arbres. La plupart d'entre eux sont couverts d’une pulvérulence retenue par une villosité plus ou moins épaisse qui leur couvre le corps et qui est concentrée dans des fossettes ou des impressions variées du pronotum, des élytres ou de la région inférieure du corps.
I1 doit exister une corrélation entre le dessin formé par cette poussière ou pulvérulence qui recouvre la majeure partie des espèces et les objets qui avoisinent les Buprestides; fixés au tronc des arbres, ils doivent se confondre avec les reliefs de ceux-ci ou avec les lichens qui y croissent. La plupart des Polybothris, vus en dessus, ont un aspect particulier donnant lillusion d’une nodosité végétale. Un Sphenoplera immobilisé sur la terre nue, recouvert de sa pulvérulence brune ou jaunâtre, pourrait céler sa présence à l’œil le plus exercé.
Le nombre des naturalistes voyageurs de l’envergure d'un Darwin ou d'un Wallace est rare; les questions les plus intéressantes sont souvent négligées par ceux qui auraient l’occasion de les élucider. Actuellement, nous ne pouvons que pressentir certains faits sans arriver à les expliquer,
mais il n’est pas douteux que la pulvérulence qui se remarque chez les Buprestes, comme chez beaucoup d'insectes des autres familles et même des autres ordres, n’est pas due, comme on l’a cru longtemps, au pollen des fleurs. C’est une sécrétion, probablement de même nature que Ia soie ,des larves et des araignées, et, par conséquent, une protection. Il serait intéressant d'étudier l'évolution de cette pulvérulence, qui doit naître à l’état liquide et se solidifier au contact de l'air, et il ne paraît pas impossible qu'elle puisse varier de couleur dans une même espèce et devenir blanche, brune ou rougeâtre, suivant les exigences du milieu et suivant l'opportunité de prendre le ton des objets avoisinants, et il y a lieu de remarquer que, recouvert de cette pulvérulence, dont la nuance varie du blanc jaunâtre, couleur des graminées desséchées, au brun clair se rapprochant de celle des feuilles mortes, l’insecte parvient à passer inaperçu dans le milieu qui l'entoure; c’est ainsi que l’on trouve des Julodis et des Sphenoptera, spécifiquement les mêmes et couverts d'une pulvérulence plus ou moins claire, passant du jaune au brun.
Mais cette étude ne pourrait être entreprise que sur des insectes vivants et d'une taille permettant la récolte d’une quantité de matière suffisante pour les analyses et les expériences, chose impossible à tenter dans notre région, où l’on ne trouve que quelques Anthaxia, des Agrilus, deux Trachys et un, peut-être deux Aphanisticus, c'est-à-dire des Buprestes minuscules.
Le brillant coloris de certaines espèces, les dessins vifs et clairs, jaunes, dorés ou rouges, tranchant sur un fond bronzé ou cuivreux éclatant, les nuances rutilantes pourraient être autant de protections. On sait qu'en général, l'enveloppe exté-