ESSAI
Par la comparaison que j'ai faite, dans l'avant-propos de cet ouvrage, de la langue des Dènè-Dindjiè avec celles de peuples qui habitent le continent Asiatique, d'une part; et par les aflBnités que la briôve esquisse qui précède a dû faire ressortir entre nos sauvages et ces mêmes peuples, d'autre part, je crois avoir donné quelques indications probables de Forigine asiatique des Dènè-DinJjié.
En recueillant de la bouche même de nos sauvages le récit de leurs traditions et de leurs coutumes, je n'étais guidé que par un goût naturel très-prononcé pour les études ethnologiques, spécialement pour celles qui concernent les Américains. J'étais si dépourvu de tout esprit de système, de controverse ou de contradiction, que je soutins mcme, il y a dix ou douze ans, l'autochthonie des Peaux-Rouges. Si j'ai dû désavouer ensuite ce que j'en dis alors, c'est que ces dix années d'expérience et de recherches consciencieuses m'ont instruit en cette matière, et ont produit en moi la conviction contraire. On peut donc recevoir avec confiance le résumé que je fais ici de toutes les preuves qui militent en faveur de Vorigine Asiatique des Dènè-DinJjié, parce que je n'ai aucun intérêt personnel à les avancer, et qu'en ce faisant je m'expose moins à l'approbation qu'à la critique de certaines gens.
Au reste, sur ce chapitre, comme sur tous les autres que j'ai parcourus, je crois n'avoir pas à me reprocher de généraliser. Je n'assimile point les Dènè-Diudjié à tel ou tel peuple en particulier. Je me contente de mettre en relief les points de ressemblance qu'ils offrent avec plusieurs peuples asiatiques, ou dont l'Asie fut iucontesta])IeiiK'nt
— sole berceau; laissant au lecteur le soin do juger de la convenance ou de la discouvenance de ces rapprochements.
Trois chefs concourent à établir l'origine asiatique des Dènè- Dindjié : i° leur propre témoignage ; 2° des légendes et des coutumes analogues soit à celles qui sont actuellement en usage dans l'Asie, soit à celles des Anciens; 3° enfin, des traditions et des observances identiques ti celles des Israélites, parmi lesquelles on pourra peut-être distinguer quelques vestiges d'idées chrétiennes, probablement importées d'Asie.