‹ Monographie des Dènè-DindjiéChapitre 6 sur 25 · J'ai cité l'un et l'autre à la page · texte numérisé non relu

J'ai cité l'un et l'autre à la page

« core d'un brave homme, par manière de proverbe : tchin-Va-gotlinè « yadiutté : il pratique les observances comme un habitant des a bois 1. »

« Un jour un vieillard nommé Tcltané zéiê (le vieux chauve), entreprit un voyage dans l'est et parvint jusqu'au bord d'un grand cours d'eau, qui fut nommé Naotcha (terre ou rive géante) ^. Il y tendit un filet, y prit une quantité de poissons et s'en retourna tout joyeux pour raconter sa découverte à ses compatriotes. Un grand nombre d'entre nous se rendit alors sur les bords du fleuve et s'enfonça même dans les déserts qui bordent le grand lac des Ours et la mer Glaciale. Mais les autres demeurèrent dans les Montagnes-Rocheuses. »

« Ce même Tchanè zélé fit une autre découverte. Le long de la rivièi'e Ué-kota-la-délin, affinent du Mackenzie, il aperçut une substance dure et rouge , semblable à la fiente de l'ours noir frugivore ; c'est pourquoi il l'appela sa-tsonné (fumées d'ours). » C'était du fer oligiste. Jusqu'alors les Dènè s'étaient servis d'armes et d'outils de pierre; toutefois ils devaient connaître le métal, car leur tradition dit que jusqu'à la trouvaille du vieillard , ils n'en avaient point vu sur le nouveau continent. De ce fer ils se fabriquèrent des aiguillettes ou alênes de la longueur du petit doigt, qu'ils vendaient pour dix peaux d'orignal aux Esba-t'a-ottiné de la rivière des Liards.

« Enfin, longtemps, après les Européens arrivèrent et les tirèrent de l'extrême misère où ils se trouvaient. » Tel est le sommaire du récit des Peaux de Lièvre relativement à leur origine.

Dans cette tradition nous ne voyons pas le moindre fait fabuleux, à l'exception de la nature semi-canine, .semi-humaine des Têles-pelées. C'est de l'histoire toute pure, voire même le fait de cette viande miraculeuse, qui pourrait bien être une réminiscence traditionnelle de la manne.

Maintenant voici le même récit présenté sous forme d'apologue et accompagné de chant, sans doute afin que le souvenir s'en gravât mieux dans la mémoire des enfants. Tous les peuples anciens en ont agi de la sorte. Cette méthode a du bon. Malheureusement lorsque le fait historique tombe dans l'oubli et qu'il ne reste plus que des paraboles et des chants, il n'est pas facile d'en tirer des inductions irréfragables.

1. Cette épithète de Tchin-t'a-gollinà est le nom même que se donnent certaines tribus Kollouches de la Colombie britannique, les Tchw-kki-ttané. Nous avons dans cette étymologie la contirin.ition ih; la lua-Lie de ce ri'cit qui concerne la marche des Peaux de Lièvre de IVjucsl a l'est. (iV. de l'aut.)

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