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3 Enfin le déné-dindjié revêt des formes multiples et possède des caractères propres aux quatre classifications de langues dont il a été parlé plus haut, Nous allons en faire la comparaison.
Comme les langues monosyliabiques, le chinois entre autres, le Dénédindjié n'a ni genre ni pluriel, et ilexprime ce nombre par les adverbes tous, beaucoup. Dénè, un homme; dèné-l'an, les hommes, beaucoup d'hommes; déné ore!yon ékza daëdi, les hommes disent ainsi. Les pronoms personnels subjectifs n'existent pas davantage, Ils sont remplacés par une lettre, par une aspiration, même par une sorte de hiatus qui indiquent la personne qui fait l’action.
Les pronoms possessifs et les pronoms complétifs sont les mêmes; ils n'ont ni genre, ni nombre, et siguifient simplement me, te, le, nôtre, vôtre, leur.
Le déné-dindjié renferme un très-grand nombre de racines monosvllabiques invariables, qui, au moyen des éléments pronominaux dont je viens de parler, se convertissent en verbes simples, sans aucune flexion terminale, ou bien s’allient par juxtaposition à d'autres racines pour former des mots composés. Ex. pash, cicatrice; essash, je ronge; shagash, bouche cicatrisce; désash, rongeur; Lés-sash, couteau à raser, à gratter, {sel-sashi, démangeaison, etc.
Quelque considérable que soit le nombre des monosyllabes, il n'est tel que parce que plusieurs d'entre-eux sont écrits par nous dans une orthographe qui indique, autant que faire se peut, la divergence de prononciation de mots qu'en français nous écririons tous de la même mauière. C'est ainsi que {sa signifie en déné: castor, couvre-chef, cache à viande, sec ; {sé: femme, mal, bouton, clou, immondice, pus, pleurs, démon, péché, rebut, aperture ; tsi: pore-épic, vermillon, neige poudrante, glace en aiguilles ; {50 : lichen, cnique, verge, ete, Tout dépend de l'accent ou esprit que l'on donne aux consonnes et du ton qui accompagne la prononciation, Par exemple, sha, prononcé sur un ton élevé, signifie longtemps, tandis qu'il veut dire martre lorsqu'on le prononce sur un ton plus bas.
Cette parvreté fournirait malière aux quiproquos les plus bizarres si les Dèné-Dindjié cultivaient les jeux de mots. Sé tsalé signifie en mème temps ma fille et mon crapeau; sé linyé ma fille et mon chien ; sé tchuné mon filset mon oiseau ; sé klélé mon batte-feu et mon basventre, ete,, ete, Pour éviter l'amphibologie qui naîtrait de cette similitude de termes, les Déné-dindjié disent sé linyé en parlant de leur fille, et sé linyé-l’in (mon chien-chien), ou sé ttsin l'in (moi-à chien), en parlant de leur caniche, Bær veut dire également : estomac, viande et ventie ; {chan : ventre et pluie ; sa : soleil, lune, mois, montre, ours, bien,
st
dom
EC
bon, pour moi ; ga : bâton, oie du Canada, cartes à jouer, fardeau, crépuscule, poil, ete., etc.
Plusieurs de ces monosyllabes sont les mêmes en chinois, si l’on tient compte toutefois de la flexion vocale. Ainsi, chesh, chiu, chi, chië, chia (F), chow (P), qui signifient également montagne, élévation, en dénè-dindjié, se disent : chan, chou en chinois, et chong en moqui (Nouveau Mexique).
Té, téyé, ti, tié, tiyé (terre), en déné-dindjié, se disent : ti, tien en chinois ; t{a en coréen ; {lati en japonais ; ti en tagal ; tamo en Tète-Plate, et {ana en malais de Batan.
Kuné, kguni, k'iné (maison, demeure, pavillon, tente), en déné-dindjis, se rendent par : kung, ki, kiosk en chinois; kiouk en Yokoulta ou Tète-longue; Ko, kouë en dahoméen; kainga en maori. — kon, kson, konsh est un netit intérieur en déné-
dindjié, tel que carquois, fourreau, gaîne.
Mon, émon, éman (mère), en dènè-dindjié, s'expriment par : ma en chinois; om en coréen; gma en malais, omm en arabe.
Shay, sha, chey, cha (sable), en déné-dindjié, se rendent par cha en chinois.
K'é, ki, ksey, signifient pieds, souliers, en dénè-dindjié. Kioh en chinois et siki en mala'*, ont la même signification.
Bœr, Lœd, pæ, bo, væt veulent dire ventre en dénè-dindjié, comme en coréen pok ; en malais prut; en tagal budek, et en maori Ko pu.
Éné! énén ! ñahen t veulent dire 6 mère ! en déné-dindjié ; comme iné en malais, ina en tagal et en suluk, et inahan en bissayan.
Yé, yi, yu, 3jé, niyé, signifient demeure, contenant, intérieur, vêtement en déné-dindjié, comme iyé en japonais, yi-kien-yu en chinois.
Del, tel, édéèlé, ta, veulent dire sang en dénè-dindjié, comme dara en malais et daru en tagal.
Éta, œndé en déné-dindjié, ta en malais et mala en tagal, signifient également œil.
Oga, koka, kukëè (oie) en déné-dindjié, se rendent par ga, en japonais, ngo en chinots, gansa en malais, kéyu en coréen, etc.
Je cite ces corrélations de termes pour accompagner celles bien plus capitales que j'ai dit exister dans la grammaire. D'ailleurs Klaproth, cité par Migne, ditque c’est de la comparaison des mots et des formes que résulte le rapport le plus essentiel des langues, et non des pures simili-
au,
en
ne
tudes de formes grammaticales, On sait que les deux opinions sont également soutenables pourvu qu'on établisse, dans les mots comparés, synonymie de signification en même temps que homophonie.
Un très-grand nombre de verbes déné-dindjié ont la forme la plus simple qui se puisse concevoir. Elle consiste à juxtaposer sans aucun lien le pronom personnel à un mot, à un adjectif ou à un adverbe, Ex. : être content:
s'inniyé : moi-content. nuk’inniyé : nous-contents. n'inniyé: toi-content, nu£'inniyé : vous-contents. L'inniyé : lui-content, ub'inniyé : eux-contents,
dènè-nnivé : homme (on)-content,
Et notez que sinniyé, ete. n'exprime pas le contentement tel que nous concevons cette idée en français. Rigoureusement il faudrait traduire ma-pensée-dans. Dans d'autres tribus, on dit ma-pensée-sur (s'intik'é) ; d'autres disent s'inni suntilawé (ma pensée gaiement demeure, ou se meut en tournant).
Le passé se forme par l'addition de la particule ni, qui n’a aucune signification pris isolément, où par l’affixe à qui en a encore moins. Le futur, par la particule wali ou ali.
Des adverbes tels que yuksozin, yéen (venir) et koïtli, tthè (bruit entendu), s'emploient également avec toutes les personnes et à tousles temps, sans avoir d'équivalents en français. Ainsi on dit dénè yukzosin (homme-venir), pour quelqu'un vient ; dénè koitli (homme-entendre), pour on entend quelqu'un, é3il” tthè (on crie-bruit) pour on entend une clameur, ete.
Les racines verbales (lesquelles forment toujours la terminaison des verbes) peuvent se dégager des éléments personnels, s'isoler en quelque sorte en perdant toute leur individualité, afin de s'unir à des mots auxquels elles la communiquent à titre de modifications adjectives. Ex. : elkkèsh, ça détonne, détonner ; t'el-kkedhi, bâton-détonnant (fusil) ; nezun, il est bon, dziné-zun, jour bon (beau-jour) ; delzen, il est noir; sas-zen, ours noir, dekay, il est blanc; déné-kay, homme blanc, ete. Toutefois les monosyllables adjectifs kkédh, sun, zen, Lay, ne peuvent exister séparés du mot qu'ils qualifient, Les noms ont la faculté de précéder le verbe comme aflixes modificatifs et de prendre alors la valeur d’adverbes,
En terminant ces rapprochements du dénè-dindjié avec les langues monosyllabiques et isolantes, auxquelles il participe beaucoup, comme ou le voit, je dois citer une forme verbale très-commune en Loucheux. Elle fait son présent comme sinniyé, par la juxta-position du pronom complétif à une racine verbale, son passé par l’affixation
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