‹ Monographie des Dènè-Dindjié [microforme]Chapitre 4 sur 31 · SE · texte numérisé non relu

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de la voyelle à, et son futur par celle de la particule L’é, l’'ey ou Li. Ex :si-"yin, moi-jouer, moi-content; i-si"yin, ai-moi-content ; l'éyesilyin, serai-moi-content, Toutefois les particules à et l'ey ne sont point des auxiliaires et n'ont aucune signification prises isoiément; ce sont des mots intraduisibles. Cette forme est inconnue dans les autres dialectes.

Enfin, un grand nombre de noms propres dènè-dindjié ont la plus grande ressemblance avec les noms chinois. Ils se forment comme eux de monosyllabes juxtaposés sans aucun lien entre eux. Tels sont les noms Si-tà-jen, Ki-yin, Tsa-tchon-ya, Si-ta-ka-ya, Tehun-ya, Kko-jya, Kk:a-'on-kha, Nin-kon, Khwi, Bœr-l'u, Va-yun, Tsa-ttsi, Klo-kwa, Ta-lal, Lyen, ga-tchi, Va-lun, Tdka-'ig, ete.

Les langues touraniennes connues également sous les noms de langues ouralo-altaïques, tartares, mongoles, se divisent en idiomes ougro-finois, samoiëde, ture ou tartare, mongol et tongouse-mandchou. Voyons quels sont les caractères du Déné-Dintjié qui conviennent à cette famille,

Comme les langues touraniennes, le dènè-dindjié présente un grand nombre de mots formés sans aucun lien, par agglutination,en conservant leur individualité respective. V.g. de t'a eau, vague, et de l'er fumée, nous avons l'a-'léré eau-fumée, C'est-à-dire brouillard ; de ya ciel, de tsén crasse, et de l'emphatique un, nous obtenons ya-unten tempête ; de dziné jour et de nalsi fondant, nous formons pel-dzini glace faible, récente, c'est-à-dire celle qui fond durant le jour ; de tsan-tsané métal et du même adjectif naloi, nous avons tsan-lyèni plomb, métal fondant ; la racine la, bout, extrémit”, ajoutée au mot homme, déné, forme dén-inla (main, homme-bout): hée au mot maison yé. elle fait celui de toiture, de faîte, yé-ola, (maison-bout) ; ajoutée au mot montagne, chiw, elle signifie sommet, cime, chiw-la, (mont bout); enfin jointe au mot eau, l'a, elle veut dire embouchure, t'a-tla, (eau-bout), etc.

La construction du dénè-dindjié est constamment inverse et rétro-

grade à l'instar des langues touraniennes ; mais les mots n'y sont pas soumis au genre de suflixation qui existe en Esquimau, quoique tous ceux qui expriment des rapports entre les membres d'une phrase soient postpositionnels et non prépositionnels. Les postpositions y sont fort nombreuses, mais ne se lient pas aux pronoms et aux noms comme suflixes, parce que ceux-ci conservent leur originalité propre. Ils en sont distincts et séparés, et toutefois on ne peut retrancher une postposition sans changer totalement la signification du verbe.

Les exemples de ce mode de construction sont d'autant plus abondants qu'on peut dire qu'ils constituent le fond de la langue déné-din-

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djié. V. g. sur terre : nni-ohkè (terre-sur) ; dans ta maison : né-kuné yé (toi maison dans) ; viens avec moi : s'el' annétté (moi avec fais) ; le bateau arrive ici: t{si djian yukgozin (bateau ici venir) ; je l'ai abandonné : bé-pa l'iya (lui-de je suis parti) ; pourquoi es-tu arrivé sans moi ? Etla-kza sé-edin nni-ninya? (quoi-pour moi-sans terre-toi-venu ?). Nui, qui signifie terre, est ici employé comme afflixe pour représenter l'idée d'accostage, d'arrivée, de même que la particule {”, citée plus haut, exprime l’idée du départ, parce qu'elle vient du mot l'unlu, chemin, sentier, Je t'ai écrit avec de l'encre, édinklé-t'u el né-ttsen édéz= yiklé (noircissante-eau avec toi-à j'ai noirci). Le pronom je n’est exprimé ici que par une forte aspiratic sur le, que je surmonte d’un accent circonflexe,

Un autre caractère touranien du déné-dindjié, c'est qu'il est soumis à la Loi de l'harmonie des voyelles. C'est le dialecte dindjié qui nous en offre les exemples les plus fréquents. En vertu de cette loi, comme on le sait, toutes les voyelles du même ordre s'attirent et se réclament ; l'oreille, frappée du charme phonetique de la cadence qui en résulte, guide elle-même Îa voix à repousser toute vocalisation qui ne serait pas euphonique. Dans ces langues, la vocalisation peut donc être considérée comme une sorte de flexion grammaticale, ce qui a lieu également dans les langues sémitiques ou araméenues.

En voici des exemples. Ils sont d'autant plus curieux qu'ils se présentent dans un idiome dont un dialecte où deux sont seuls passibles de cette loi, d'une manière presque aussi constante que dans le turc; tandis que les autres dialectes ne demandent la tr'ansmutation des voyelles que dans certains verbes et d’un temps à un autre seulement,

Je le retire : vœpa yé tiñésétchet. ..... Voyelle dominante, ê.)

Je Pai retiré : vœgsa yé tiñisitchil...., ï. [Je vais le retirer : vœu ye lœteysælcha. — œ. Je le redresse : ttehi djidhitehi. — — y \Je l'ai redressé : ttchi djedhéythéy — — CE Je vais le relresser : {tchi l'adhcytha., — — a. Je souffre : nal’'nday,.,............. — a.) \J'ai souffert : nédhilndjék ...,......, — — CA Je vais souffrir : nt'al'nday......... — — (LE Je suis solide : onénéysættehat. ...... — — é.) \J'étais solide : oninisitichat,,.,...,... — — On

(Je serai solide : ol’énéysætlchat..,... — ë.,

és VE

(Je l’écarte : "an væ nil'tchit........., Voyelle dominante. :

Je l'ai écarté : "an væ nel'tchet....... — é, (Je l'écarterai : "an væ t'altcha....... a, {Je ferme : kité tininil'ehi, ...,...,,... i. J'ai fermé : k'ité ténénélnén...,.,.... — ë. Us vais fermer : kité l'œténalshæl .... œ )

Enfin, une corrélation du peau-de-lièvre, dialecte déné, avec l’ostiak et le vogoule, cité par la Revue de Philologie, consiste en ce que nos Indiens donnent le nom de goë, qui signifie doigt, aux affluents des grands cours d'eau. Ainsi ils appellent les doigts de leurs mains ou de leurs pieds inla-s0ë, ék'é-soë, et les petites rivières, goë, ongoë, kosoë, les confluents k'édinsoë, ksayésoë, comme si l’on disait : ils se joignent comme les doigts, ils doigtent.

Avec les langues araméennes ou sémitiques, le déné-dindjié présente les rapports suivants :

1° Dans les mots racines, les consonnes sont préfixes et caractérisent l’idiome, tandis que la vocalisation change d’un dialecte à l’autre. Exemple :

Lièvre, lapin : k’'a en montagnais, k'é en loucheux, k'o dans l'Alaska et à l'ouest des Montagnes-Rocheuses.

Terre: nni en montagnais, nno idem (en composition), n=né en peaude-lièvre, nœn en flanc-de-chier en loucheux.

Sur, dessus: kkè en montagnais, kka, kko en peau de lièvre, ki, Kkié en loucheux.

Bout, extrémité : la, lan en montagnais, {li, lon en peau de lièvre, llé, llën en loucheux.

Castor : {sa en montagnais, fsé et {si en loucheux, {so dans les Montagnes Rocheuses, {su à Alaska.

20 Les formes verbales sont peu nombreuses ; on peut même dire que toutes les conjugaisons se réduisent en une seule, celle du verbe substantif étre, comme modèle; mais les verbes se distribuent en transitifs et intransitifs, réflectifs, itératifs, intensitifs, causatifs, réduplicatifs, postpositifs, locomotifs, etc.

Toute la difference de l’intransitif au transitif consiste en ce que ce dernier mode a, de plus que le premier, l'addition d’un {aux pronoms subjectifs. Le réflectif demande le pronom réfléchi édé; l’itératif se fait précéder de l’aflixe na, de nouveau; l’intensitif, de l’emphatique u, uné; le réduplicatif, des affixes añna ou na-na, nané, nani; l'impulsif, de l’aflixe t'è ; le postpositif exige que les pronoms complétifs soient suivis des postpositions vers, contre, pour, sans, faute de, de, malgré, en faveur

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de, etc. ete. Ex. : de t5az, pleur : ne-tsag, tu pleures ; nel-tsag, tu le fais pleurer; édé-san nélsaz, tu pleures sur toi-même; ne-né-tsas, tu pleures de nouveau ; uné-tsag, tu pleures sans cesse ; L'éné-tsap, tu pleures en partant ; t'i-né-lsas, tu pleures eu sortant ; bé-kkè nelsag, tu pleures sur lui, etc. |

3 Les verbes ont trois nombres : singulier, duel et pluriel; mais les pronoms n'en ont que deux et les adjectifs n'en ont point.

4 Les cas ne peuvent se produire qu'à l’aide des postpositions. Le ginilif ne se forme que par une inversion, comme les génitifs anglais, et le vocatif ne s'emploie guère que pour les noms de parenté. Mais il existe une flexion possessive pour les noms.

o Ce langage est très-pauvre en particules conjonctives, tandis qu'ilest riche en adverbes et en postpositions. Les préposilions n'existent pas. Si je conserve ce mot, c'est afin d'être mieux compris des personnes qui ne sont pas encore initiées aux langues sauvages,

La période n'existe pas non plus, le langage étant coupé par petites phrases dans lesquelles les conjonctions et, alors se montrent fréquemment, comme dans la phraséologie biblique,

6° Les synonymes abondent ainsi que dans Parabe ; mais, comme dans cette langue, les mots changent un peu d'acceplion d'un dialecte ou d'une contrée à un autre dialecte ou à une autre contrée, Ainsi ehon, tehan, qui signifient pluie, eau tombante en montaguais et en peau de lièvre, signifient simplement eau en loucheux, tehion. Tsu, qui signifie castor dans l'Alaska, veut dire martre dans les montagnes Rocheuses; tandis que {si, qui veut dire porc-épie en montagnais, signifie castor en loucheux. Délié, qui dési.ne une variété de poisson blanc, en montagnais, signifie l'Inconnu dans les moutagnes Rocheuses : kiè, Kolloné, qui veut dire anima!, r'nne, en peau de lièvre, est restreint au seul élan en Esclave, Les Porteurs nomment kk:ay le bouleau qui, dans tous les autres dialectes, s'appelle kksi, tandis qu'ils Gonnent au saule le nom de Faune, kksé 3 à leur tour, les Loucheux Alaska appellent kkék le bouleau et kk3o laune

7. Enfin les consonnes s'y classent par catégories ayant entre elles une affinité telle que loutes celles qui jouissent de cette parenté sont susceptibles de conversion où de permutation.

Voici maintenant quelques similitudes de mots entre le dénë et les langues araméennes :

Tag, signifie montagne, élévalion dans les langues orientales, et en haut en dènè-dindjié.

Séh, petit de tout animal pur, en hébreux; sé, petit enfant, en déné ; sié, tsié, tsig, petit d’un ruminant.

aù

es | À

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