‹ Monographie des Dènè-Dindjié [microforme]Chapitre 5 sur 31 · TER NS · texte numérisé non relu

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Hébel, vanité, faiblesse en hébreu ; débété, tépé'é faible, mince, en dèné (racine bel).

Béden, ventre en hébreu ; bed, ber, pœt, væt, ventre en déné-dindjié.

Samech, soleil en hébreu; sin, soleil en assyrien ; su, suga en malais; sa, soleil en dénè ; sié en dindjié.

Zoar, un point, un petit objet en hébreu ; zané, zié, idem en déné.

Tag, dag, poisson en hébreu, en syriaque; ttaë, poisson bleu en dèné; un-lagé, on-da, un-tayé, brochet en déné (i. e. celui qui a l’habitude (un) d'être au-dessus (tagé) de l’eau). On sait que le brochet aime à se chauffer au soleil.

Le déné-dindjié offre même quelques points de ressemblance avec les langues aryiennes, et voici en quoi ils consistent:

Ses verbes simples ont la même aptitude que les langues inflectées à combiner étroitement le radical avec les éléments personnels de la forme, de manière à ce que ceux-ci et celui-là perdent toute individualité distincte, La seule différence qui existe sur ce point entre le déné-dindjié et les langues inflectées, consiste en ce que dans ces dernières la flexion se fait dans la terminaison du verbe, qui reçoit les suffixes p'onominaux, au lieu que dans le déné-dindjié la terminaison des verbes est la racine verbale elle-même, laquelle est presque toujours invariable, tandis que la flexion formelle se trouve au commencement du verbe par le moyen des créments personnels.

Exemple : boire, Libo, en latin; esdan et éton, en dènè; et elidjil', en dindjié,

LATIN. MONTAGNAIS. PEAUX DE LIÈVRE. LOUCHEUX. Je bois bi-bo es-dan ë-ton ell-djil Tu bois bib-is né-dan né-ton ñan-djil Il boit bib-it é-dan é-ton an-djil Nous buvons bib-imus i-dan i-ton à-djil Vous buvez bib-itis u-dan â-ton ô-djil Ils boivent bib-unt daè-dan k’é-ton k'a-djil Boire bib-ere zé-dan tsé-ton tsa-djil

L'ordre est renversé, comme on le voit. mais le procédé est le même;

les pronoms subjectifs n'existent point eu dehors du verbe, ils s'incorporent avec lui. Ici la racine les suit, en latin elle les précède,

2% Comme le grec, le dèné-dindjié possède une particule privative; c'est tantôt u, tantôt ê, a,o ou duinitials qui participent à cette faculté. Ces voyelles placées devant les mots équivalent à la particule française in, comme dans inséparables.

V.g. J'ai peur, nelldjét; je suis intrépide, é-nelldjét. Je suis rassa-

\ison

nen-

sié, énidjia; je suis insatiable, 6 énidjia; à ulawiyété alti. J'ai perdu le sentier, g'é 6-tsécha; l'uçgullu à tchisindjig. Je suis assis, shila; je me tiens debout, 6 shita. Je suis, «slt; je n'existe pas, w-es!i.

Je Comme dans le grec et le sanscrit, les V, dénè-dindjié entendre, écouter et résouner ont la même racine, ou plutôt sont le même verbe. V. g. wérékkwon, sonore, retentissant; uwékkwon, j'entends, je comprends; duldhul, sonore; udhultihan, écoutez, entendez; tthè, écho; técdhi, sonore ; nni édadhidhi, écho (la terre entend ou résonne); édhilthè, j'entends, Entendre se dit donc résonner, retentir, dans cette langue. Ne serait-ce pas la même racine que le sanscrit s'rudhi ou le grec #vû, écoutez, dont parle Max Müller, Faites silence! écoutez! se dit en Montagnais tuldhi!

De même aussi, le mot latin anfrum, caverne, et le sanscrit, an, ontar, signifiant entre, en, dedans, d'après le même auteur, présentent homophonie et synonymie avec an, anzé, on, oni, an qui veulent dire également antre, caverne, terrier en déné-dindjie. Précédés de zou de k, racine qui exprime contractibilité, nous obtenons l'idée de petite cavité, d'intérieur, de réduit: fansh, kon, carquois, kson, matrice, kune, loge, tente, C'est ainsi que, d'après l'auteur déjà cité, des racines précédentes on a fait les mots entrailles, entera en grec, antra en sanscerit.

40 Un autre rapport de nos verbes simples avec le grec, c’est la faculté qu'ils ont de changer de signification en se faisant précéder des aflixes na, ana, de nouveau; anna, en revenant; sata, decçi delà; kata, difici-

bitude; nan, non, un, on, qui expriment la perfection, ete,

lement; "an, on'an,"onnëè, qui marquent le rejets uné, qui marque l'ha-

Enfin quelques mots déné-dndjié ont beaucoup d'aflinilé avec certains termes de langues iuflectées, tels sont :

Min, mois, en déné, qui se dit aussi de même en grec ww,

Kakos, cygne, en déné, qui se dit xx en grec, kouk en arabe ct kouku en syriaque.

Éyunné, yénnénè, femme épouse, en déné, qui se dit qui en grec (les lettres g et y sont convertibles en déné).

Sas, ours, en déné; rhsas, ours, en sanscrit,

Étuni, atchen, étranger, en déné et en dindjié; «ôves, peuple, en grec, ethnicus, payen, en latin.

Toa, tongé, tsiègé, trois, en déné-dindjié, et pets, raix, en grec; ler, en latin; tri, en sanscrit, en celtique, en persan; thri, en anglais, ete.

Klo, herbe, en déné, et 213%, herbe, en grec.

Ka, il faut, il importe, il convient, en déné, et yzn qui a la même

siguificaiion en grec.

san aisele ve.

3 EE pr,

Tone atte

Kota, préposition déné, qui marque mouvement de haut en bas, et xara en grec, qui a la même signification.

Déssi, je dis, en déné, et dixi, j'ai dit, en latin.

Adi, il a dit, en déné et en français; etc., etc.

Je ne prétends pas que ces rapprochements divers soient des preuves de la communäuté d'une origine immédiate; mais assurément ils militent en faveur d'une origine primitive entre nos peuplades améri- ‘aines, les Asiatiques et les Européens, et par conséquent ils établissent l'unité de la race humaine,

J'en viens enfin aux langues polysynthétiques où américaines. On a dit qu'elles consistent à réunir plusieurs idées en un seul et long mot, ayant la valeur d'une phrase,

IL est certain que le déné-dindjié présente un grand nombre de verbes formés par ce procédé de synthétisation qui semble gouverner les idiomes algique, esquimau et bien d'autres encore, Prenons, par exemple, le verbe aimer. Je l'aime, se dit en montagnais né gan yéni-gesl'an. C'est un composé de plusieurs mots particules ayant chacun un sens propre, une qualification déterminée, et qui expriment une idée complexe. Aualysons :

Né, te ou toi, prenom complétif de la seconde personne du singulier,

Opan, à, vers, postposition, ici éminemment liée ou pronomet ne pouvant être retranchée du verbe sans que le sens de celui-ci n'en

soit modifié.

Yéni, locution adverbiale, composée elle-même de yé, dedans, et de inni, pensée, c'est-à-dire ce que contient ma pensée, ou bien en pensée.

sa ou k'a, racine qui marque la traction, v. g. pasl'i, j'attire, saslé, j'arrache.

É, particule euphonique servant à lier à la racine verbale le pronom personnel qui est :

$ (pour si), je ou moi, sujet du verbe,

T'i, racine verbale qui marque la force tractive, d'où résulte est'i, je m'efforce, verbe actif dans sa forme simple et qui se décompose ainsi: {, racine marquant la surrection; », racine expri mant la traction; 4, voyelle qui caractérise la force soit mentale, soit nerveuse.

An, particule qui marque la perfection par l'habitude, et spécifie aussi le passé.

En prononçant ce long mot: nésan yéni-sest'an, nous avons donc en réalité toute une phrase qui exprime la pensée suivante : « Vers toi

3, et

uves y minéri- \blis-

jadit mot,

erbes iomes ple, le . C'est

sens | com-

ulier.

e pouin'en

et de ‘bien

com-

Kpri= men-

cifie

s toi

« ma pensée est attirée fortement, habituellement et parfaitement, » ou bien « je m'efforce vers toi en pensée » N'est-ce pas là un des effets de l'amour. Où pourrait-on trouver une plus grande convenance de termes?

Autre exemple. Esl'él'unittinen : nous avons pitié les uns des autres. Si ce verbe, qui équivaut à toute une phrase, n’était pas formé en vertu du principe d’incorporation synthétique, on devrait dire nuuni-est'éél'é-nitti (nous malheureux nous considérons mutuellement), car en analysant cette phrase nous avons en effet :

Est'é, mot qui signifie malheur, malheureux, pitoyable. Il est formé du crément très-antique es, que les Montagnais ont perdu sauf dans les verbes simples, mais dont l'usage est constant parmi les Indiens des Montagnes-Rocheuses, et de la racine dé,t'i, lié, l'iw, qui est emphatique et marque la valeur, l'intensité, la grandeur, le poids, la souffrance ; de là it'ini, nt'i-djôw, la mort, la maladie, le serpent; derl'i, cher, coûteux; int'i, pesant ; nall'ié, souffrant ; nagél'é, brisé, cassé, etc,

L' pour él'é, l'un envers l’autre, l’un l'autre. C’est l'élément du mutuel réciproque.

U, particule qui exprime la durée de l'acte et son habitude.

Nüiti, verbe voir à la {re personne du pluriel. Tti seul est racine et marque la vision. N est une lettre copulative s’alliant avec à qui est ici l'élément pronominal subjectif de la {re personne plurielle.

Nén, cheville qui finit la phrase. Elle ne se retrouve pas d--d'autres dialectes.

Autre exemple. Je jui donne à boire: bédha nâuresksay En décomposant: bé, pronom qui est à la fois possessif et personnel complétif; ilest intraduisible en français, rendons-le ici par sa; ska, bouche, au génitif bédha, sa bouche; na, qui exprime , comme le grec ana, la réitération; u, qui marque la continuité de l'acte; re pour de, particule copulative s’alliant avec la consonne $ qui représente ici la {re personne du singulier qui fait l'action; Kay, racine invariable qui convient à tout récipient contenant un liquide; v. g. deskzay, je porte un vase plein. Le nom de l’eau n’est nullement exprimé dans cette phrase qu'on peut traduire par : (à) sa bouche encore et longtemps je porte un vase rempli d'un liquide.

Voilà autant d'exemples du langage polysynthétique propre aux Dènè-dindjié comme aux Algonquins, aux Esquimaux, etc,

Il y a pourtant des différences que je dois signaler entre la construction montagnaise et celle des langues polysynthétiques que je

viens de nommer. 1° C'est que dans celles-ci les mots s'incorporent par la suflixation, un suflixe étant ajouté à un autre. En dénédindjié, au contraire, à moins que le verbe n'ait une flexion terminale propre à chaque temps et indépendante du système synthétique. cette terminaison est invariable, et l'incorporation se fait par des affixes médiants ou initials.

90 En déné-dindjié les affixes ne se mutilent pas et conservent toute leur individualité, ce qui nous permet de scinder ces longs mots en plusieurs membres, comme serait né-san yéni-sesl'an, esl'è l'u-nittinén, bé-dha na-uresksay. Par le fait ce sont des phrases et non des mots. D'ailleurs, plus on monte vers le nord et plus le langage polysynthétique devient lâche et susceptible de démembrement,

Je m'abstiens maintenant de tirer en cette matière des conclusions restrictives et trop particulières. Je ne suis point un savant ; il me serait donc téméraire de conclure que le déné-dindjié lire son origine première de telle ou telle famille de langues, La question serait bien plus facile à résoudre si le déné-dindjié ne présentait que les caractères tranchés et homogènes d’une seule des grandes catégories reconnues; mais il n'en est rien. Il se compose des éléments grammaticaux les plus hétérogènes, qui accusent au moins un mélange sinon d'idiomes, du moins de procédés dans la formation et l'agencement des mots,

On a dit avec vérité « que les mêmes familles d'hommes parlent les « mêmes familles de langues, parce que celles-ci sont des variétés du «a langage, attribut de l'humanité, comme les hommes sont des varié- « tés de l'humanité, » Si donc on peut avancer qu'en vertu de ses éléments polysynthétiques, le déné-dindjié est une langue qui s'est constituéé en Amérique, parce que le procédé d'encapsulation est propre aux Américains , je crois avoir prouvé aussi qu'iltire son origine première de l'Asie, parce qu'il présente un grand nombre d'autres éléments particuliers aux langues asiatiques ou qui sont sorties de l'Asie.

C'est donc à celle conclusion générale que j'en demeure. Elle concorde avec l’enseignement de la Bible et suffira, je l'espère, pour détruire l'erreur de l'autochtonie absolue des Américains. Etant prouvé qu’une ou deux grandes familles de Peaux-Rouges septentrionaux ont immigré en Amérique, par l'Asie, il suffira de chercher des aflinités linguistiques entre cette famille et d’autres Peaux-Rouges méridionaux pour établir parfaitement que la variété américaine tire en grande partie son origine de l'Asie.

Eh bien, ces affinités j’ai eu l'occasion de les constater, en 1865, entre la langue déné-dindjié et celle de la nation des Apaches, tribu des Na-

\COrpo= n dénètermiétique.

saffixes

it toute nots en ittinén, , mots, olysyn-

Jusions Lsilme origine ait bien s caraci l'OCONe mmatie sinon icement

lent les étés du s varié de ses ui s'est ion est nn oli= iombre ui sont

e conur déprouvé ionatix afliniiridio=

rande

entre 18 Na-

bajos, par la lecture d'un ouvrage américain !. J'y trouva: des fragments de vocabulaires indiens dus à des religieux espagnols et cités par l'auteur, auquel je fis l'emprunt des mots nabajos qui suivent.

Les Nabajus sont, comme on le sait, une des quatre tribus apaches qui habitent les villages indiens nommés Pueblos dans le Nouveau- Mexique. Par la comparaison que j'en fais il me parait que leur langue est identiquement la même que le déné-dindjié et constitue seulelement un dialecte différent, uni à certains mots inconnus aux Dénés, et qui proviennent sans doute du mélange des Nabajos avec les peuplades Peaux-Rouges parmi lesquelles ils sont enclavés,

Si j'osais émettre une opinion, je dirais même que les Nabajos et les Tanos, nation à laquelle ils se rattachent, sont aussi etrangers au reste des Apaches, les Piros, les Téguwis etles Kiréres, avec le, Zuni et les Moqui, que les Sarcis, autre tribu dèné de la haute Saska:chewan, sont étrangers à la nation des Pieds-Noirs, qui les a adoptés, et dont ils ont pris les habitudes,

Les Nabajos du Nouveau-Mexique etles Sarcis des pa aivies de l'ouest, qui leur servent de trait-d'union avec le corps de la nation des Léné et des Dindjié, seraient done comme les avant-coureurs, les sentinelles avancé: : de cette grande fomille vers Le sud, Mais qui sait si les nations du Mexique et du Pérou n'ont pas aussi une grande aflinite avec nos Déné et nos Diündjié, puisque les Mabajos ont été considérés comme des Aztèéques où Mexicains par plusieurs ethnologues ?

Le fait est qu'ayant eu l'occasion de converser derniérement à Nancy, avec un savant linguiste de Lima, don G. Pachéco Zégarra, érudit dans la langue des Incas, le Quichoa, nous fûmes frappés tous les deux de voir que le quichoa et le déné-dindjié ont exactement le même alphabet très compliqué, riche de 60 à 65 sons qui requierraient autant de signes phonétiques. Les lettres doubles, les clapantes, les gutturales, les palatales, les dentales y sont si identiquement les mêmes, que nous demeurâmes convaincus que là seulement ne devaient pas se borner les rapports entre ces deux langues, J'ai eu le regret de n'avoir pu m'aboucher assez longtemps avec ce savant pour que nous ayions pu constater d’autres corrélations,

Je termine par un tableau comparatif du nabajo avec le déné et le dindjié.

1. New-Mexico and his people. by W,. W. H. Davis, attorney. New-York, 1857. On pense que les Panis du ‘lorado et les Paiwnies de l'Arkausas appartienneut aussi à la famille Apc:ie,

ë 4.14 Me

ie +:

NABAJO.

Gin. so 10H 0506000

Chien: Ras. ss

Cheval....... kli-cha ........

Blanc........ lakki....,0.0.

nachô (prononcez à l’espagnole) .......

Deux...,....

thlay .....,..., tin

Quatre.......

Dix « 5,00, NOZNAN so.

klô8 ose tu. — tuap Rires se klaj-ék tana,...,...,0.:

Herbe..,....., Eau

Vêtement ..….

Pantalon, ..…..

Homme Grand, gros., cha..,,,., ékka-chu ...., kli bé gel klazin...,..,.,.

Chandelle....

Selle NoOile ose.

Jaune...,,.,,. klitso, ..,

O mon ami!., sé kis!..,.,,,,..

Comment t’appelles-tu ?.. ta tolgé?,,.....,

DÉNÉ

(de divers dialectes),

la-kkè. — inl'a (une main)...

kli, = l'in.

tl'in...,......

kli-tchô. = l’intchôp..,.,.., l'é-kka (terre blanche) .....

nakhé.,

tpa. — toapé, — toané .,.....,

inl'ay. = inl'agé,

din-yi.—diné, =

klaié 60 dènè. — tènè. — danè., — dunè, chô. — tchô. — cha. — tcha..

ékkash-ksanné. .

l'in-tchô bé:élé. .

déklézé, dé= 3 LEE délthosé, = dékz= fwo...., sé gén! = akion!

étla ulyé?.,...,

DINDJIÉ.

inl’adk gwenllé.

l'én.

l'én tchp6.

dékkary.

nakpén.

tiiég.

inl'ég.

tan. — tan-keè,

klô.

tion.

"ik. = "ig.

klé"-ig.

dindjié.

tch:ô. — tschié.

ékkè-tchokkan.

l'en-tchpô sdha.

tiñéshækléj,

tœtso. — tœtho.

si k’i! (ômonfils)

ta vaño?

renllé.

DES DÉNÉ-DINDJIÉ

J'appelle du nom composé de Dénè-Dindjié une grande famille d'Américains à peau rouge qui peuplent les deux versants des Montagnes- 1 Rocheuses et les plaines qui leur font suite, entre le 54° de latit, nord % et la mer Glaciale, du sud au nord, la baie d'Hudson et les montagnes À des Cascades, près du Pacifique, de l’est à l'ouest,

Dans ce périmètre déjà si vaste ne sont pas compris les Sarcis de la Saskatchewan qui appartiennent à la même famille.

Les Lenè-Dindj'é peuplent done plu: de la moitié du territoire anglais du Nord-ouest, les trois quarts de la Colombie britannique et du nouveau territoire américain d'Alaska.

hié. Le voyageur Samuel Hearne a parlé le premier des Déné-Dindjie an. 4 qu'il nomme Indiens septentrionaux (Northern Indians). Sir Alex. Macha. 3 kenzie, Franklin, Hâles et Richardson leur donnent le nom de Tinnéh en même temps que celui de Chippewayans et d'Athabaskans, Les premiers franco-canadiens qui explorèrent le territoire du Nord-ouest les appelèrent Montagnuis-du-Nord, à cause de la similitude de leur carac- # tho. 4 tère doux et paisible avec les Montagnais du Saguenay; mais ceux-ci £: fils) 4 appartiennent à la grande famille algique. ge

1. J'ai donné, il y a à peu près dix ans, quelques appréciations de la fa- . mille Déné qui ont paru dans es « Missions catholiques, » sous le titre d'Etude

de la nation Montagnaise. J'y renvoie le lecteur qui désirerait en savoir plus

long sur le compte de ces indiens. Une monographie ne peut être qu une esquisse ; mais on pourrait remplir un livre de détails intéressants sur les Dènè-Dindijié.

Meudon er NS

page gens

sun DE de

Ï.e nom propre des indiens qui nous occupent est celui d'homme, qui se traduit, sans désignation de nombre, par les mots déné, ténè, dané, dunè, diné, adéné, adœæna, dnaïné, dindjié, dindjiteh, selon les tribus et les dialectes. Ces mots, qui sont identiques au nom d'homme en basbreton dén, en gaëlique dwñe, en nabajo tana, en tagal tano et peutêtre même en maori tangala, signifient ce qui est terre, terrien ou terrestre, de la particule de, ce qui est, et de la racine nné, nni, nœn, nan, terre,

En réunissant le mot dénè, qui convient aux Chippewayans, tribu la plus méridionale, à celui de dindjié que se donnent les Loucheur, tribu la plus septentrionale, j'ai renfermé sous un nom composé, que je crois bien approprié, l'entière nation encore si peu connue des Peaux- Rouges hyperboréens de l'Amérique,

Les Loucheux dont il est ici question sont les indiens que Alex. Mackenzie nomma Querelleurs et que Richardson crut avoir désignés sous leur vrai nom en les appelant Kutchin{., Ni l'un ni l’autre ne les considéraient comme appartenant à la même grande famille que les Montagnais proprement dits où Chippewayans.

Ce dernier mot, ou plutôt Tehipwayanarok, est le nom sous lequel Les Dénè-Dindjié sont connus de leurs voisins du sud, les Cris et Les Sauteux, Il signifie, d'après Mgr Taché, peaux pointues, de æayan, peau ct tchipwa pointu; wok étant le signe du pluriel, Cette étrmologie est d'autant plus plausible que les Dindjié portent encore pour vêtement

une blouse étroite en peau de renne où d'élan, munie d'une queue par devant et par derrière, à la manière du Poncho des Chiliens. Les Peaux de Lièvre m'out dit que tel était aussi leur vêtement avant la fusion opérée entre les tribus par le commerce et la religion. Il est donc probable que ce costume était originairement celui des Déné les plus méridionaux et les plus voisins des Algonquins. Les Kollouches du Paci-

1. Le mot Æullchin (et non pas kulchin) est impropre, parce que c’est un nom verbal générique signifiant habitants, peuple, nation, gens, Les Dindjié ne l'appliquent pas seulement à eux-mêmes, mais encore à tous les hommes; tandis qu'ils restreignent le titre de dindjié (homme) à leur seule ation ou tribu.

Il enest de môma des mots of{liné, qoltiné, villané, synonymes de kuttshin, mais dans des diaiectes plus méridionaux, Ce sont des substantits verbaux formés du verbe ostti, 6tti, qôtti où kwittchin (selon les dialectes), qui peut se rendre littéralement par le verbe anglais faire (40 do). Par extension on l'emploie pour demeurer, habiter: ainsi un Esclave dira : djian ostti illé (ici je fais non) c'est-à-dire : je n'habite pas ici Un Peau de Lièvre dira enê'i sé gôlti (je vole moi il fait) pour exprimer : il m'a porté à voler, Entin un Loucheux traduira cette méme phrase : je n'habite pas ici, par : nidzjen kuulchin kgwa. Mais ces mots n'ont jamais été les noms propres des tribus qui les emploient,

, qui dané, us et baspeut- | tor-

nan,

bu ja tribu crois

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