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établie et raisonnée, ure forme quelconque de gouvernement. Tout y est tronqué, mélangé, diffus et difforme. °
Avec le fétichisme et malgré le fétichisme, nos Déné-Dindjié ont la connaissance primordiale d’un Etre bon qui se trouve placé audessus de tous les êtres. Il a une foule de noms que l’on trouvera dans mon dictionnaire. Le plus ordinaire, dans les trois principaux dialectes, est Béttsen nu-unli (celui par qui la terre existe), Nautsé (fait-terre ou créateur) et Til’ié (père des hommes).
Les Peaux de Lièvre et les Loucheux disent leur dieu trine. Cette triade se compose du père, de la mère et du fils. Le père est assis au zénith, la mère au nadir, et le fils parcourt le ciel de l’un à l’autre. Un jour, en s’y promenant, il aperçut la terre; alors étant retourné vers son père, il lui diten chantant (et ce chant est soigneusement conservé intact par les Peaux de Lièvre): — « O mon père assis en haut, allume « donc le feu céleste, car sur cette petite île (la terre, que les sauvages « croient être une île ron&e), mes beaux frères sont depuis longtemps « bien malheureux. Vois-le donc, Ô mon père! Alors descends vers « nous, mon père, te dit l’homme qui fait pitiéf. »
On a dit avec raison qu’un dieu-trine n’a pu être naturellement connu des païens?. Mais lorsqu'il s’y joint une tradition aussi formelle, et une foi aussi claire dans l'attente et dans la venue d’un rédempteur. il n’y a plus à hésiter : ou bien les Dénès ont conservé très-pure l’antique croyance, où hien ils ont reçu la connaissance de l'Évangile à une époque que nous ignorons et qui est déjà loin, bien loin de nous. Toutefois aucun culte n’est rendu à ce créateur.
Sur la demande que je fis à ma narratrice Peau de Lièvre, la vieille jongleuse K’atchôti, si les Dônés avaient vu ce feu céleste et s'ils avaient oui dire quele fils de Dieu fût descendu sur terre. « Oui, me répondit- « elle, longtemps avant la venue des hlancs, ma mère me disait qu’une « étoile avait paru dans l'ouest-sud-ouest et que plusieurs de notre « nation s'y étaient transportés. Depuis ce temps-là nous nous sommes « tous séparés, Les Montagnais ont gagné dans le sud; leurs flèches « sont petites et mal faites Les Loucheux se sont dirigés vers le nord;
1. Voici les paroles de ce chant en Peaux de Lièvre : « Sél'a laÿilay, yèta « odéyinkpon, tédi nnu yazé kke tchaëk’é k’el'édatti lonnié kka-néunt'a. Ek'u « sép'a ni-nondja, sèl'a, nendi déné él'unéllinén. » Comme les anciens peuples, les tribus du bas Mackenzie ont consacré les passages les plus remarquables de leurs traditions par des formules chantées et comme stéréotypées, tant elles sont immuables,
2. Eusèbe (de Preparat. évang, liv. X, ch. 1, et liv. XIII, ch. x) prouveen effet, dit Migne, que ce que dit Platon de Dieu et de son Verbe, et ce que dit Trimégiste : « Monas genuit monadem et in se reflexit ardorem, » ils l'ont tout emprunté de Moïse et des croyances hébraïques.
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« leurs femmes sont maladroites; mais nous, nous les hommes véri- « tables, nous sommes demeurés dans les Montagnes-Rocheuses, et il « y a fort peu de temps que nous sommes arrivés sur les bords du « Mackenzie. »
Ce récit, dont je garantis la véracité, m'a éloigné de mon sujet. J'y reviens.
Indépendamment de la triade créatrice et des animaux-génies ou Eiloné, les Dénè-Dindjiè reconnaissent un Esprit mauvais qui porte aussi plusieurs noms. Mon dictionnaire les fournissant, sous la rubrique démon, je m’ibstiens de les donner ici. Les plus vulgaires sont yédariyé-slini (puissant-mauvais); éftsoné (loutre, esprit-mauvais) ; édzé (cœur) ; yal’énontay (venu du ciel, ou qui a traversé le ciel); éttséni (esprit); "onné-ttsen (rejeté, repoussé). Les Indiens en ont grand’peur et en font l’objet de leur magie noire, car ils distinguent plusieurs sortes de magie. La plus inoffensive est la curative, c’est-à-dire celle qui est employée en cas de maladie. Son nom est elkkézin tsédjien (on chante l'un sur l’autre). La seconde est inquisitive, et se fait dans le dessein de recouvrer les objets perdus, de savoir ce qu'est devenue une personne absente, de hâter l’arrivée des barques. On l’appelle inkhkszanzé, c'est-à-dire l'ombre, la silhouette. La troisième est opérative et n'a pour but que la gloire de faire des prestiges. Les Indiens avouent, qu’elle n’est qu’un jeu, et pourtant ils la nomment la médecine forte, inkkzanzé tta natser (i. e. l'ombre qui est forte). La quatrième est maléfactive. C'est le sort ou maléfice de nos sorciers du moyen âge. On l'appelle nanlyéli (ce qui se jette, ce qui tombe), et inkksanzé dénè kkè olté (l'ombre qui tue l'homme). Les Peaux de Lièvre et les Loucheux lui donnent le nom du démon lui-même, le déchu, le rejeté (yal’è nontay), ou encore celui de thi, kfwi, qui signifie téte.
Enfin, ces mêmes Indiens ont une cinquième espèce de magie appelée ék’é-tayitls ou tayéllin (le jeune homme bondissant ou lié). Ils la pratiquent dans le double but de se procurer un grand nombre d'animaux à la chasse et de causer la mort de leurs ennemis. A cet effet, ils lient étroitement l'un d’entre eux, le suspendent dans la loge par la tête et par les pieds et le balancent d’un côté et d'autre.
Les sorciers esquimaux et sauteux se font également lier avant de se livrer à leurs prestiges. Il paraît que de tout temps cette pratique a été en usage et que les Hébreux. eux-mêmes reconnaissaient que l'Esprit, soit bon, soit mauvais, a coutume de lier ceux qu’il possède, car seint Paul, pour exprimer que l'Esprit-Saint le pousse vers la ville déïcide, écrit ces paroles : « Et nunc ecce alligaius ego Spiritu vado in Jerusalem. » La fuble nous dit aussi qu’il fallait lier Protée pour l’obliger à rendre des oracles,
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se vért- 4 Il n'y a point de religion sans prêtres. Le fétichisme, nagwalisme ou s,etil 4 chamanisme des Dènè-Dindjié, comme on voudra l’appeler, bien qu'il rds du 1 soit le degré le plus bas, le plus abject, mais ausssi le plus primitif à de toutes les croyances, a également ses initiateurs. Ce sont les jonjet. J'y | gleurs ou chamans, qui se nomment dénè inkkoanzé, inkkscné (ombres, î silhouettes); nat’é (rêveurs), nako"i (voyants); et en dindjié, tæzjien es ou 4 (magiciens, du mot schian magie).
i porte E Toutes leurs fonctions se réduisent à chanter et à rêver, ce qu'ont la ru- à toujours fait les magiciens de tous les pays, surtout les Orientaux ct os sont È tous les Sémites. Les Juifs eux-mêmes ne considèrent-ils pas le rêve 1vais) ; Ë comme la soixantième partie de la prophétie et comme un avis de Dieu? : éltséni | Les Dénè-Dindjié attachent au chant accc:2ragné du son du tambour, peur et 1 d’insufflations, d’attouchements et de passes une puissance magique usieurs \ incomparable. Les anciens, quelque doctes et civilisés qu'ils fussent, ne re celle le croyaient-ils pas également? « Carmina vel cœlo possunt deducere tsédjien lunam » chantait le cygne de Mantoue. (Bucol. Eglog, vu.) it dans Par le chant, nos Méné-Dindjié prétendent donc guérir, vaincre, char qu'est mer, tuer, prophetiser, ressusciter, converser avec les éléments et les n l'ap- animaux, quoique en réalité ils n’opèrent rien de tout cela et se ème est repaissent d'illusions et d’hallucinations toute leur vie durant. Les In- Quelque vraie qu’elle ait pu être jadis et dans son prinripe, la nent la magie, il faut bien l'avouer, a beaucoup perdu de son prestig”, et tout rte). La ce qu'on peut affirmer de la puissance de nos prétendus sorciers sau- Lorciers vages, c'est que, de leur propre aveu, ce sont des fourbes et des menabe), et teurs, qu’un simple prestidigitateur de province jetterait dans la stu- | Lièvre péfaction.
chu, le N'importe, le chamanisme, tel que nous le retrouvons chez nos Dénée. ‘adj, existe identiquement le même parmi une foule de peuples vie ap- ami: cains et asiatiques, chez les Esquimaux, dans toute la grande ). Ils la «xls ougro-finaoise, dans l’Indoustan, en Syrie, en Afrique, etc. A à d'ani- 1! ‘6 uivergences près, le fétichisme a été l'erreur de tous les peuat effet, p'é& v'rce qu’il a commencé dans le paradis terrestre, le jour même ge par uw. ‘prit des ténèbres se fit serpent, la bête la plus vile et la plus méprisable ; et où l’homme, par faiblesse pour sa femme, crut à ce faux it de se dieu, à ce dieu-animal, à cette bête, au i‘eu de croire et d’obéir au eaété seul ot véritable Dieu, le Dieu pur esprit, lunidrs et vérité. Esprit, Que le démon continue à se manifester réellement et visiblement aux hr seint chamans ; qu’il obséde même l'esprit et l'imagination de certains chreléicide, tiens afin &c reconquérir sonempire, non-seulementnousle croyons, mais Jeru- uous en avons eu des preuves évidentes. Toutefois c’est dans le rêve, obliger i ’exaltation d’une démence passagère, voulue et acceptée, et par-
-ant coupable, que ces manifestations ont lieu. Tout est là. L'Esprit
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qui se livre à l’homme sous la forma du féliche, c'est ce qu'au moyen Age on appelait incube ou succube. 11 a une existence illusoire en ce sens qu'il ne s'impose que dans le songe seulement. C'est une ombre, une silhouette, une image, un suppôt; car inkkzanzé veut dire tout cela, comme le mot Sue, d'où est venu idole, idolâtre et idolâtrie, le signifie aussi. Mais cette nature fantastique du fétiche, ce caractère d'ombre, d'image reconnu par les jongleurs de toutes les nations, les Indiens n’ont pas la sottise de les nier comme le font nos matérialistes. Ils avouent que leur todem, leur powakan, leur manitou. leur élloné ne leur procure que des jouissances illusoires, tout au plus des satisfactions désavouables. Jusque-là, ils sont dans le vrai. Le mal est que non-seulement ils : prêtent à ces révélations de la bête par le serge, mais qu'ils s’attrik ; me une puissance dans l’ordre physique, une sorte de divinité (yédu et la prophétie, que le fétiche ne leur communique pas plus que l'aucien serpent ne rendit Adam clairvoyant et semblable à Dieu. Et c’est en cela qu'ils s’avouent menteurs et que leur dieu l'est en effet. C’est là en quoi consiste la différence entre la magie et la vraie religion. Tout est illusoire et mensonger dans l’une, tout est réel dans l’autre. « Les théraphins n’ont dit que des vanités, « et les devins n'ont vu que le mensonge, » disait le prophète Zacharie aux fétichistes de son temps et de son pays.
Voilacomments’exercesur nos Indiens la puissance magique du démon. Il arrive assez bien à ses fins en prenant l’homme par des rêves, comme laraignée prend des mouches, avec une frêle toile, sans qu’il lui soit nécessaire de recourir à des prestiges. Qu'il réserveces grands moyens pour des hommes d’une intelligence supérieure, soit; mais je ne l'ai jamais vu en user parmi nos sauvages. Il en vient à hout par des moyens plus simples et plus puérils. Chez les Dènè-Dindjié, comme chez les‘Phéniciens, il est toujours et avant tout Béelzébub, c'est-à-dire le prince des mouches. Et c’est pourquoi l’homme est plus inexcusable de se laisser leurrer par uu tel dieu et de se donner à lui. Otez ce caractère à l’esprit mauvais et il cesse d'être l'esprit menteur ; et on pourrait reprocher à Dieu de ne point donner à l'homme assez d'intelligence ni de force, pour distinguer et repousser des instigations qui outrepasseraient l’humaine nature. S'il peut produire quelques effets physiques, tout au plus, par des efforts extraordinaires et avec la permission de Dieu, peut-il singer les œuvres du Créateur ? Voyez la différence qui existe entre la pensée toute puissante, sublime et créatrice du Dieu de Moïse, de notre Dieu, et cette ridicule et puérile puissance des fauxdieux de l’Olympe de Brahma, avouée par ses prêtres eux-mêmes. Au bout d'une année et par la plus profonde méditation, faite en considérant attentivement leur nombril, ils vinrent à bout de créer... quoi? une
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vache! Les traditions de nos Dindjié ont plus d'esprit que les Védahs.
Dans la jonglerie maléfactive, les prétendus magiciens Déné et Dindjié = dépouillent de leurs vêtements, entourent leur tête et toutes leurs articulations de liens et de franges en poil de porc-épic, animal très-colère, placent des cornes sur leur front, quelquefois une queue à leur dos: et, ss tenant accroupis dans la posture d’un animal, ils chantent, hurlent, roulent les yeux, maudissent, commandent à leur fétiche, et se démènent d'une manière hideuse et bestiale. Les Sioux et les Algonquins en usent également de même et ornent leur front de cornes de bison. Nous pouvons croire que c’est là une vieille pratique des partisans du chamanisme, car nous voyons dans le livre des Rois, que le devin Sédécias, voulant prévaloir contre le prophète Michée devant l’impie Achab, il se fit des cornes de fer dont il surmonta sa tête. Les franges (thal”, elttsay) de nos Jongleurs n’offrent-elles pas aussi des rapports avec les thephillins et les hylacières, dont les Juifs s’entouraient la tête et les doigts avant de prier, et que Notre- Seigner leur reprochait comme une addition coupable ou puérile à la loi de Moïse?
On ferait un livre bien intéressant de l'étude approfondie des Déné- Dindjié; mais nous devons nous contenter d'ébaucher chaque trait de leur caractère.
Outre la blouse de peau blanche ou jaune ("i, "ie, "ig) à queues décorées de franges et de breloques métalliques, qui fut le costume primitif des Déné-Dindjié et que portent encore les Loucheux, ceux-ci ainsi que les Peaux de Lièvre y joignent un pantalon de même matière et aussi richement orné (kla-"i), qui est cousu avec la chaussure. Il est porté par les femmes comme par les hommes. Les tribus plus méridionales remplacent le pantalon par les cuissards ou mitasses (shel'), que des jarretières retiennent aux jambes, et par un pagne oblong d’une étoffe quelconque.
La robe des femmes est très-courte et décorée d’une profusion de franges, de houppes de laine, de verroteries et de breioques sonores. La chaussure générale est le mocassin (k'é), ou soulier de peau molle qui emprisonne et dessine le pied comme un gant le fait de la main. Durant l'hiver, le renne, le castor et le lièvre arctique sont mis à contribution pour fournir à l'habitant du désert des vêtements aussi chauds que légers et commodes.
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LI Le tatouage se réduit chez eux à quelques petits traits parallèles ann que les femmes portent sur le menton, aux commissures de la bouche di ou sur les pommettes. Les hommes sont rarement tatoués, mais ils se M peignent de vermillon les joues, le menton, le front et le nez. Cependant les Montagnais ont depuis longtemps abandonné tous ces singuliers F1) usages, et se vêtissent même à l’européenne comme les tribus du Mac- AIR kenzie. Les peuplades qui habitent les Montagnes-Rocheuses sont demeurées les plus sauvages; toutefois, l'usage de se percer le septum pour y porter des ornements en os est tombé en désuétude parmi elles comme chez les Loucheux et les Peaux de Lièvre. Mais les Babines et
les Kollouches ont conservé cet apanage de la sauvagerie.
Le port d’une large tonsure que nous voyons passé en coutume chez | les Esquimaux et, je crois, chez les Botocudos du Brésil, est aussi une i mode montagnaise. Jadis, hommes et femmes partagaient leurs cheveux sur le front, pour les laisser pendre de chaque côté du visage. De nos jours, il n’y a plus que les vieillards qui ont conservé cette mode nazaréenne. Les jeunes gens se modèlent en tout, pour la coupe de leur chevelure comme pour celle de leurs habits, sur les métis franco-canadiens qui desservent les postes de commerce anglais.
Peuple nomade de chasseurs, de trappeurs et de pècheurs, les Déné- Dindjié habitent sous des tentes de peaux d’élan ou de renne, garnies de poil ou sans poil, côniques ou demi-sphériques. Ils les nomment nanbali, nonpalé, nivia, nijyé, étchiédé, suivant les dialectes, Ces loges ou boucanières circulaires reposent sur des perches réunies en faisceau ou sur des cerceaux plar és en terre. Une ouverture ménagée au som- | met laisse échapper la fumée d’un feu qu’on y entretient sans cesse. 4 Certaines tribus plus apathiques ou plus endurcies à la rigueur du És | climat, se contentent de cahuttes en branches de sapin décorées pom- Le peusement du titre de maisons proprement dites (hounti kowa).
Dans la hutte comme dans la loge, quelques menus rameaux É: de sapin recouverts de vieilles robes de renne, de bison ou d'élan, # forment à la fois la table, l'atelier, le siége et le lit du sauvage. Il s'y 3 assied jambes croisées et y repose sur la dure, côte-à-côte avec tous les membres de sa famille, les visiteurs, les intrus et une meute de | chiens de trait, eftrontés, tapageurs et gloutons. C’est sur cette terre glacée, à peine cachée par des haillons, sous ce ciel arctique dont rien ne lui dérobe la vue, qu’il est venu au monde, qu’il a préparé sa
Li couche nuptiale et qu’il rendra son dernier soupir, sans regret et L | presque avec indifférence. Ainsi le sauvage jouit de la faculté de dor- # mir toujours à la belle étoile, même dans sa maison, et d’être chez ë
lui partout où il plante sa tente. Il ne s'inquiète ni de questions terri- | toriales, ni de cute mobilière, ni de droits de chasse et de pêche, ni de À ES
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èles loyer, ni d'impôts sur les portes et fenêtres. Nul souci pour lui de ‘# iche payer le grand air qu’il respire, l’eau cristalline qui forme sa boisson, Ÿ. Is se le bois dont il se chauffe et qu’il brûle par grands bûchers, les anidant maux qu’il tue et dont ilse nourrit. Il va où il veut, il campe où bon iers lui semble, et mange quand il peut, mais toujours de bon appétit. fac- En somme, lorsqu'il a des principes religieux pour le consoler dans neu- ses peines, et de la morale, le Déné est l'être le plus heureux qui soit tum sous le soleil, parce qu’il n’a aucune attache sur terre. Toute sa forles tune consiste dans une tente, un fusil, un chaudron, un gobelet et un ss et traîneau pour transporter son ménage. Vous ne l’entendrez jamais se plaindre que le sol est pour son dos une couche trop dure, que le ‘ chez climat du cercle polaire est trop rigoureux, que son long hiver de À une neuf mois est intolérable, que son pays est stérile, sa nourriture trop { che- frugale et trop monotone. Il n’est point de nabab plus fortuné que lui. } . De Ne le plaignez pas car vous l’humilieriez singulièrement. Il se re- 1ode dresserait avec fierté et vous jetterait ces paroles sanglantes : « Mon | leur « beau-frère, je ne suis pas si malheureux que toi. Songe que c’est ana- « moi qui chasse pour toi et qui pourvois à ta subsistance. » l La femme sauvage n’a pas plus de sensiblerie que son mari. Fé- L Jéné- conde comme une Irlandaise, patiente comme une esclave, elle tra- k nies vaille jusqu’au dernier moment de son terme et met au jour son fruit k nent où que ce soit qu'elle se trouve, sans le secours d’aucun aide, sans cris, 5 oges sans défaillances. Elle donne elle-même au nouveau-né les premiers k eau soins que son état exige, puis elle l’allaitera pendant trois ou quatre ki om- ans, sans que sa sollicitude de nourrice l'empêche de vaquer aux Ê Psse. soins du ménage, de tanner les peaux, de préparer les fourrures, de du désosser et de boucaner la venaison, de piler les os pour en extraire Ù om- i la moëlle, de coudre, de laver et de raccommoder sans cesse. È Le lavage est une importation toute récente et européenne. Le Déné baux # et le Dindjié ne se lavaient jamais autrefois ; mais ils se nettoyaient lan, L les mains et le visage avec de la graisse ou avec un morceau de chair Ls’y U de poisson, ce qui vaut encore mieux. Aujourd’hui même, ils portent ous ” une chemise, quand ils en ont, jusqu’à ce qu’elle tombe en pièces ; s de x et lorsqu'ils veulent s’endimancher, ils en mettent deux ou trois parerre il dessus ia sale, sans prendre le soin de tirer celle-ci. La vermine les Hont ! dévore autant que la saleté les couvre. C’est là une plaie qu’il nous sera é sa “ difficile de guérir.
tet k Le sauvage est positif en toutes choses, sauf en ce qui a trait au Hor- * monde invisible et à l'existence à venir. Pour cela, comme nous l'avons hez vu, l’infidèle se repaît de fantômes. Quant à la poésie, il en ignore rri= Ÿ et le nom et la chose. S'il est admirateur de la belle nature, c'est i de ñ ce que je n’oserais certifier, car j'en ai rarement vu s’extasier sur la
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