‹ Monographie des Dènè-Dindjié [microforme]Chapitre 8 sur 31 · HAE · texte numérisé non relu

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beauté d’un paysage; mais avant toute chose, il pense à vivre commodément, et choisit d'ordinaire, pour y planter sa tente, un lieu où l'eau et le bois mort abondent. Ce ne peut être naturellement un site enchanteur. Si le bois sec devient rare, l’Indien n'hésite pas un instant, il sacrifie la beauté à la nécessité en mettant le feu à la forêt. L'incendie gagnera du terrain, il ravagera la contrée sur un parcours de plusieurs lieues. Peu lui importe. « Quel beau pays ! s'écriera-t-il quelques an- « nées après, on le traverse sans que les branches vous crèvent les « yeux, et nous y avons de quoi nous chauffer pendant longtemps. »

Les animaux qui forment la nourriture de nos Dé.é-Dindjié sont le renne des déserts, le grand renne des bois ou caribou, l'orignal ou élan d'Amérique, le bison, le bœuf musqué ou ovibos, l’argali ou antilochèvro des Montagnes-Rocheuses, le bighorn ou mouflon des montagnes, le castor et l’ondatra ou rat-musqué. On voit que la liste est bien fournie.

Ils chassent le renne de plusieurs manières : à courre, c’est-à-dire en le poursuivant à pied et à la raquette dans la neige, sur les grands lacs, dans les bois et les steppes ; au lacet dont ils garnissent de vastes enceintes palissadées vers lesquelles ils pourchassent cet animal au pied léger, lequel vit toujours par grands troupeaux.Ce mode de chasse est identique à celui que les Cris et les Assiniboines emploient pour capturer le bison ou buffalo, et les Yakamas de la Colombie britannique pour forcer le chevreuil. Certaines peuplades africaines le mettent aussi en usage pour se rendre maîtres de l'antilope et du zèbre, d’après le grand voyageur Liwingstone. L'esprit inventif de l’homme lui suscite de partout les mêmes moyens pour parvenir aux mêmes fins.

En été et en automme, les Déné-Dindjié guettent le renne à certains détroits que l’animal a l'habitude de traverser en bandes, dans ses migrations périodiques de l'Océan glacial à l’intérieur, et viceversé. Lorsqu'un troupeau s’est jeté à la nage, il est aussitôt entouré et massacré par tous les bras et par toutes les mains, voire même par celles des enfants et des femmes. C’est une boucherie qui jette l’abondance dans une tribu pour plus d'un mois. Mais que de gaspillages ont lieu dans ces occasions opimes! Les Dènè nomment le renne élié, éthen, ékfwen, c’est-à-dire viande, nourriture, pâture.

Le mouton et la chèvre se chassent à l'affût, et il en de même du castor et de l’orignal. Ces deux derniers animaux ont l'oreille si délicate, et ils sont si rusés que l’Indien a besoin de toute son adresse pour ne pas leur donner l'alarme. Un castor et un élan manqués sont ordinairement perdus pour le chasseur.

Celui-ci dépèce lui-même les animaux qu'il a tués, à moins qu'ils

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