Chapitre VII
Propriétés chimiques et physiques des eaux minérales de
Wiesbadcn.
Les progrès que les sciences naturelles ont faits dans les temps modernes, n’ont pas été perdus pour 1 étude des eaux minérales, dont les éléments constitutifs, ainsi que le dtgié de force, nous ont été révélés par les perfectionnements de la chimie analytique et de la physique expérimentale. Au jourd’hui, les superstitions, les erreurs traditionnelles se sont dissipées, les propriétés de nos thermes ont été ramenées aux lois de la nature, leurs effets sur l’organisme humain ont reçu une explication rationnelle et la balnéologie est de
venue une science véritable et positive.
L’antique renommée des eaux de Wiesbaden ayant attire de bonne heure l’attention du monde savant, des chimistes
et des physiciens essayèrent de les analyser et furent constamment encouragés dans celte entreprise louable, par la gratitude du public et du gouvernement. Nous possédons, par conséquent, sur nos sources thermales, des études et des travaux anciens, tels que les comportait la science d’alors. Aussi, tout en nous bornant à relater dans leur entier les annalyses les plus récentes, les seules qui aient pour le médecin un intérêt pratique, nous nous réservons de mentionner les résultats des travaux antérieurs, lorsqu’ils nons paraîtront remarquables, soit par leur grande conformité, soit par leur différence choquante avec ceux de la science moderne. Nous nous en servirons également, quand nous le jugerons utile à la complète intelligence de notre sujet.
Nous allons examiner, successivement, les propriétés de nos eaux sous le rapport de leur température, de leur électricité, de leur poids spécique, de la substance organique qui y est contenue, de la couleur, de l’odeur et du goût qui leur sont propres et nous terminerons le chapitre par la matière la plus importante, par l’analyse des principes chimiques qu’elles contiennent.
Tenip éi'atur e.
Les recherches les plus récentes sur cette matière, sont dues à Mr. le professeur Fresenius, disciple de Liebig, dont les travaux sur la physique et la chimie jouissent d’une grande réputation dans le monde scientifique. Voici un passage tiré de l’opuscule de ce chimiste, concernant la température des eaux du Kochbrunnen:
„Je ne pus mesurer d’abord la température du Kochbrunnen que dans les deux orifices (Sprudelbecken), où se rendent les eaux et les gaz de la source proprement dite, située au tond de la galerie, à droite de l’entrée de la fontaine. L expérience fut faite à l’aide d’instruments sûrs et comparés avec le plus grand soin, et répétée dans toutes les saisons, par une température atmosphérique élevée, moyenne et basse.
Les degrés furent observés sans que le thermomètre changeât de place; méthode préférable à celle que j’employai d’abord et qui consistait à faire l’observation sur un thermomètre qu’on retirait de la source, plongé dans un vase rempli d’eau. Je trouvai par ce procédé, à l’orifice de la source, 55° R. ou 68,75 0 C. Dans les bassins, la température est en moyenne de 54° R. ou 67,5 C.44
Les mesures obtenues antérieurement s’accordent avec celles-ci, sauf de légères variations qui proviennent de ce que les expériences ont été faites, tantôt sur les eaux à l’intérieur de la source, tantôt à l’orifice ou bien dans la galerie de la fontaine.
Température dans la source même.
Ritter, 1802 ..... —
Kastner, 1821 . . . . 56,1° R.
Jung, 31 Juillet 1837 . . —
Temper. Temper. du Koch-
à l’orifice, dans la ga- Iminnen, sans autre lerie. désignation.
Kastner, 12 Mai 1838 . 55,9°
Thomae, 1843 .... —
Casselmann et Sandberger,
Juillet et Août 1846 , 55,4° ,,
F. Lade, 1847 ... . —
Fresenius, 1849 et 1850, dans toutes les saisons —
tO
Fresenius n'a mesuré que la température du Kochbrunnen. Celle des autres sources a été constatée par des expériences antérieures. Nous nous bornerons à en indiquer Ipc cnivantps
' Ritter trouva pour la température de l'Aigle 48» R. pour celle du Schützenhof, 38,5"; pour celles des autres sources,
. , T Qfl source de l’Aigle mesure 52°, celle des
Quatre-saisons, 48»; delà Chaîne, 42»; du Schützenhof 38 5 Thomas prit la peine de mesurer la température trois sources thermales et consigna les résultats obtenus dans un tableau que nous transcrivons ci apiès.