‹ Monographie des irritations intermittentes ou traité théorique et pratique des maladies périodiques ... et ... de tout ce qui offre de l'intermittence ou de la périodicité en pathologieChapitre 11 sur 79 · PHLEGMASIES INTERMITTENTES DE LA PEAU · texte numérisé non relu

PHLEGMASIES INTERMITTENTES DE LA PEAU

E ry thème périodique^ revenant plusieurs fois par jour.

No 29. Wolphius rapporte qu’il fut appelé pour voir une femme noble qui éprouvait des douleurs et des ardeurs dans les extrémités, non en même temps et d’une manière continue, mais intermittentes, et tantôt dans une partie, tantôt dans une autre. La douleur et l'ardeur attaquaient, par exemple, le bras droit qui se couvrait de petites taches d’un rouge intense, comme dans l’érysipèle. Cet état durait un quart d’heure environ; quelque temps après, le mal passait au bras gauche, de là à la cuisse , puis au bras premièrement affecté , etc. Après avoir observé ce phénomène singulier un certain nombre de fois, ce médecin s’occupa des moyens de le guérir. Il fit venir un chirurgien , puis ayant attendu que le bras droit fût affecté de manière à faire présumer que la plus grande partie du sang, ou de toute autre matière peccante, était arrivée dans le membre, il fit appliquer une ligature bien serrée à la partie supérieure de ce bras prés de l’aisselle, fit ouvrir la basilique droite, et tirer une quantité assez copieuse de sang; ou

externes.

ôta ensuite la ligature ; les taches disparurent peu à peu, et les autres parties ne furent ensuite affectées que légèrement. Enfin on dissipa les restes de cette humeur effervescente par les sirops incrassants et par les rafraîchissants. {Ex propriâ observât, ep.4.)

Erysipèle qui disparaît et revient rapidement.

No 30. Au mois d’avril 1826, madame C..., d’une forte constitution et jouissant habituellement d’une bonne santé , fut prise de fièvre et d’un érysipèle au nez et au front. Je la vis le second jour de la maladie : la fièvre était assez forte , l’érysipéle augmentait; la malade n’avait pas dormi pendant la nuit. Je lui proposai une saignée , elle l’accepta sans crainte. J’allais pratiquer la piqûre , lorsque tout-à-coup l’impression du froid de ma main sur le bras de la malade détermina une syncope accompagnée de ralentissement du pouls et de la disparition de l’érysipèle. La syncope se dissipa , la fièvre et l’érysii'éle reparurent. Je me disposai de nouveau à pratiquer la saignée , les mêmes effets se renouvelèrent; mais cette fois , la syncope dura plus longtemps, cinq à six minutes à peu près; la fièvre et l’érysipèle ne reparurent pas. La malade garda le repos le reste de la journée; le lendemain, elle se portait parfaitement. (Martin-Solon, art. fluxion, du Dict. de méd. et de chir. prat.)

Eruption urticaire avec type biquotidien. (Fièvre urticaire ou

érysipélateuse de l’auteur. )

N» 31. Un homme robuste , à la fleur de son âge , tondeur de draps de profession , d’un tempérament sanguin , s’aperçut d’abord, pendant cinq à six jours, que son appétit diminuait; ensuite il lui survint une éruption à la peau, présentant des exanthèmes plats, de figure assez irrégulière , d'une largeur qui pouvait aller depuis celle d’une lentille jusqu’à celle d’un grand ongle , de couleur blanche , et accompagnés d’une forte démangeaison , par conséquent pareils aux ampoules que nous excite la piqûre des orties; comme celles-ci, ils devenaient rouges, lorsque le malade ne pouvait résister au désir de se gratter. Ces petites pustules sortaient de six heures en six heures; elles subsistaient environ trois heures , et puis disparaissaient.

Leur sortie était précédée d’accablement du corps et de faibîeise d’estomac. La première éruption se fit d’abord au poignet, et s’étendit ensuite sur tout le bras du côté droit ; la seconde occupa , en outre, les mêmes parties de l’autre côté. Les symptômes précurseurs furent si considérables au troisième accès , que le malade tomba dans une lipothymie qui dura un quart d’heure, au bout duquel l’éruption se déclara , mais par tout le corps; ce qui détermina le malade à me faire appeler. Trouvant le pouls agité , je commençai par une saignée au bras ; je prescrivis des poudres absorbantes. Ces remèdes lî’empêchérent pasie retour du paroxysme ; l’annonce en fut seulement moins effrayante. Une seconde saignée, le lendemain, ne produisit pas plus d’effet; il en fut de même d’une décoction purgative, qui ne fit que retarder un peu les attaques.

Le défaut d’appélil, joint aux menaces de défaillance qui annonçaient chaque accès, me porta à prescrire un vomitifqui procura trois vomissements copieux de matières glaireuses, et cinq à six selles abondantes. L’attaque revint plus tard qu’à l’ordinaire : elle ne fut précédée d’aucune faiblesse sensible ; l’éruption ne se fit que dans quelques endroits, au lieu d’être universelle comme auparavant; la démangeaison fut plus supportable; ensuite /

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n’est plus rien survenu à la peau, le malade a eu seulement à se plaindre d’une douleur d’estomac qui a duré quelques jours. (Godard, Journal de médecine J tome X, année 1769.)

Scarlatine avec type quotidien. (Febris larvata. )

No 32, Un homme , ayant été saisi par le froid , était un peu indisposé depuis huit ou quinze jours, lorsqu’il lui survint des nausées, des vomissements, de la tristesse, et une éruption tout-à-fait semblable à la scarlatine , qui se Répandit sut toute la peau, en faisant éprouver au malade un sentiment de démangeaison et de chaleur inflammatoire très incommode : cette éruption revenait régulièrement tous les jours vers le soir, et durait chaque fois pendant quatre heures.

Il y avait déjà quatre jours que le malade était sujet à l’éruption dont il s’agit, lorsqu’il se confia aux soins de Morton, qui, ayant vu les urines du malade rouges avec sédiment briqueté , pensa que cette phlegmasie cutanée était due à une fièvre intermittente ainsi déguisée. Ce praticien , après avoir fait pratiquer une saignée de douze onces au malade , lui administra le quinquina , à l’aide duquel il fut bientôt délivré des nausées , du vomissement et de l’éruption cutanée. (Morton, Opéra omnia , hist. 4.)

Autre phlegmasie cutanée quotidienne. (Febris larvata.)

No 33. Storck dit avoir vu plusieurs malades à qui il survenait tous les jours des taches livides par tout te corps ; leur développement était précédé d’horripilations , de fréquence du pouls et d’une grande soif. Ces taches causaient une vive démangeaison.

Après deux on trois heures , les malades suaient, les taches disparaissaient et le pouls revenait à son état naturel. Plusieurs de ces malades furent guéris seulement par l’usage des boissons délayantes et adoucissantes ; mais quelquefois , la fièvre larvée ne cédant pas assez promptement à l’emploi de ces moyens, et les malades s’affaiblissant parla répétition trop prolongée des accès , ce praticien leur donnait le quinquina , à l’aide duquel les taches et la fièvre disparaissaient pour ne plus revenir. {Annus medicus secundus , pages 167.)

Eruption ortiée avec type quotidien.

No 34. M. Orlery, âgé de trente huit ans , d’un tempérament bilioso-sanguin , très irritable, après avoir mené depuis long-temps une vie sédentaire, va habiter une maison de campagne sur le bord de marécages, où il se livre avec excès aux travaux de l’agriculture. Il lui survient bientôt une diminution sensible d’appétit, avec saleté de la langue , altération du goût, éructations ; puis une légère affection catarrhale à la suite d’un violent orage auquel il fut exposé le 10 août 1807. Après quatre ou cinq jours d’indisposition, il se rend à pied , le 15 août, à Montpellier pour consulter M. Golfin, médecin de cette ville. Il éprouve durant la route des frissons vagues et de la céphalalgie. A son arrivée , la langueur et l’accablement l’obligent à se mettre au lit, où peu de temps après il est pris d’un grand froid qui dure deux heures ênviron. Une chaleur intense succède, et avec elle paraissent la rougeur de la surface du corps et l’éruption de pustules très élevées qui , d’abord discrètes, se multiplient bientôt au point qu’en beaucoup d’endroits elles sont confluentes. Celte éruption occasionne au malade une cuisson et une sensation

prurigineuse très violente. Les pustules présentent la même forme que celles qui sont produites par la piqûre des orties ; elles persistent tout le temps des deuxième et troisième périodes , et ne disparaissent entièrement qu’avec la sueur qui est très abondante. L’accès dure environ douze heures ; après sa terminaison , la peau reprend sa couleur et son poli naturels.

Le soir, intermission parfaite.

M, Golfin attribua cette éruption à la gastricité ; et comme la présence, des matières saburrales bilieuses était démontrée à un très haut degré par la couleur de la face, l’état de la langue , le dégoût , les rapports , les fréquentes envies de vomir, et un sentiment de pesanteur à l’épigastre , le 16, on adpiinistrç un émétique qui fait évacuer des matières bilieuses par le haut et par le bas ; durant la journée , julep antispasmodique, boissons émollientes et calmantes, apyrexie complète. Après midi, le malade se sent si bien qu’il se lève pendant trois heures et montre beaucoup de gaieté. Au milieu du calme le plus rassurant du physique et du moral , le malade est subitement pris d’un accès violent; il commence par des frissons réguliers, une céphalalgie intense et des vomissements bilieux; le froid devient universel , très violent, et dure trois heures; une chaleur considérable lui succède avec l’éruption ortiée ; la peau devient d’un rouge très vif et se couvre de pustules grosses, dures au toucher et confluentes. L’éruption exanthématique est plus prononcée que celle du premier accès ; la cuisson est insupportable, le malade se dévore avec les ongles, l’épiderme est détaché en plusieurs endroits ; le malade est plongé dans une agitation extrême; il pousse des cris et se trouve comme dans un brasier ardent. Le pouls est petit, fréquent, parfois inégal , la respiration pénible, la langue sèche , les yeux égarés ; il y a surdité. Le malade refuse toute espèce de boisson. Ce n’est que le lendemain à dix heures qu’il y a un amendement bien marqué des symptômes , que la moiteur et les sueurs s’établissent, que l’éruption elles autres symptômes se dissipent. A mesure que l’éruption disparaît, on observe, d’une manière plus prononcée, la diminution et la disparition de tous les divers symptômes de l’accès. A sept heures du soir, tout rentre dans l’ordre, l’apyrexie est complète.

M. Golfin ne balança plus à considérer l’éruption ortiée comme un symptôme très grave qui cachait une fièvre pernicieuse. La fureur que ce paroxysme déploya à l’instant de l’appariiion de l’exanthème confirma son diagnostic ; il se hâta de recourir au quinquina; on en fit prendre d’abord deux gros délayés dans un verre d’infusion de feuilles d’oranger; on répéta cette dose toutes les trois heures.

Le 18, le malade avait passé la nuit sans sommeil, mais il fut tranquille. Il avait déjà pris dix gros de kina , lorsqu’on en suspendit l’administration, parce qu’il avait causé un peu d’irritation. Le 19, nuit calme; le malade dort un peu; on prescrit encore deux prises de quinquina. Le 20, 21 et 22, le malade va de mieux en mieux, et se trouve bientôt parfaitement rétabli. (Golfio, Journal de Sédillot, t. lv.) *

L’auteur appelle cette observation une fièvre intermittente pernicieuse ortiée, et ajoute ainsi une variété à l’espèce de fièvre intermittente essentielle dite pernicieuse exanthématique (1).

(i) Quoique nous nipperions celle observation parmi les phlegmasies intermittentes de la peau, noussommes loin de regarder ici, et sous les 3l, 37 et 38, l'éruption cutanée comme l’alfeclion principale ; nous voulons, au contraire, prouver qu’il y a des phlegmasies intermittentes cutanées qui ont unecause interne , ou qui sont essentiellement liées à d’autres phlegmasies des viscères , comme on le voit fréquemment sous le type continu.

PHLEGMASIES INTERMITTENTES

Urticaire intermittente quotidienne,

N® 35. Le 7 décembre 1825, est entré à rhépital Saint-Antoine un homme Sgé de trente-neuf ans, d’un tempérament sanguin. Un matin, après avoir éprouvé beaucoup de contrariétés, et s’être abandonné à une violente colère, il fut pris d’un sentiment de picotement dans les membres inférieurs qui se répandit rapidement sur toute la surface du corps. Survinrent ensuite sur le tronc et les membres une multitude de taches élevées, de plaques blanchâtres ou d’un rose pâle, accompagnées d’une horrible démangeaison. Jusqu’au 8 décembre, cinquième jour de l’éruption , le malade a été en proie , surtout pendant la nuit, à un prurit agaçant et très douloureux. Le 7, saignée de quatre onces. Le 8 au matin, l’examen de la peau fait voir un grand nombre de taches très larges, irrégulières, rouges ou rosées , non élevées au-dessus des tégumens, faciles à confondre, si elles étaient isolées des autres circonstances concomitantes, avec des taches de roséole. Suivant le dire du malade, ces rougeurs exanthémateiises constituaient il y a deux jours de véritables élevures beaucoup plus pâles. On aperçoit en outre aux membres inférieurs, aux avant-bras, et sur la partie antérieure de l’abdomen, plusieurs plaques d’un rouge faible. La face est considérablement bouffie, très injectée; céphalagie intense, langue naturelle , légère sensibilité abdominale, pouls un peu fébrile. (Lait, pédiluves sinapisés, saignée de seize onces, diète.)

Le 9, on tire eniîore douze onces de sang, et on ordonne plusieurs bains frais. Depuis le 8 jusqu’au 12, le malade n’a éprouvé du soulagement et du calme que pendant le jour ; les nuits ont toutes été pénibles et marquées par des accès de taches rouges , de plaques assez proéminentes et prurigineuses, de chaleurs cuisantes sans frissons ni sueurs. Ces accès, pendant lesquels le malade dit qu’il se grattait et se remuait comme un démon, commençaient à sept heures du soir, et se prolongeaient, en diminuant graduellement d’intensité, jusqu’au matin. Dans la journée, la peau offrait à peine des traces de l’éruption.

Le 12 , huit grains de sulfate de quinine, illico \ bouillon de (veau. La nuit du 12 a été bonne ; il n’y a eu aucune explosion d’urticaire. Le malade n’a ressenti que de légers fourmillements.

Les jours suivants, m.éme traitement, aucune nyctopathie. Le 17, on supprime le sulfate de quinine, et jusqu’au 25, jour de la sortie du malade, l’amélioration de l’état général et la guérison complète de l’éruption se sont maintenues. (M. Rayer, la Lancette française, 1829. t. ii.)

Engelures quotidiennes^ et intermittentes annuelles,

^ No 36. Lucile B..., âgée de seize ans, d’une constitution sanguine et pléthorique, présentant un teint rouge très marqué et qui passe au violet par le moindre froid , est depuis trois ans sujette à des engelures aux talons et sur la moitié postérieure du bord externe de la plante des pieds. Déterminées la première fois, au commencement de l’hiver de 1826 , pendant qu’elle était dans une pension où elle eut beaucoup à souffrir du froid aux pieds, ces engelures ont continué à reparaître régulièrement chaque année à la même époque. Les moyens employés, tels que l’usage de chaussures fourrées et très chaudes, lavages avec de l’eau salée, avec de l’urine, des applications astringentes , acidulées , de la neige , etc., ont paru plutôt favoriser qu’empêcher le développement de cette affection. Enfin quelques précautions qui aient

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été prises par celte jeune personne pour se préserver d’une maladie qui, sans être dangereuse, présente de si grands inconvénients pour se chausser et marcher librement ; à l’aide de ces précautions, et particulièrement d’un long repos au lit, elle parvenait souvent à rendre les engelures moins intenses, à empêcher la peau de se déchirer et de se transformer en ulcère comme la première fois , où elle eut à en souffrir pendant plus de deux mois.

C’est assez régulièrement au commencement de novembre que les premiers indices de la réapparition des engelures se font sentir d’abord par une grande démangeaison, ensuite par un sentimenlde chaleur et de cuisson àla moindre gêne des chaussures, et à la suite d’une marche même peu prolongée ; cependant les douleurs n’en furent jamais bien vives ; elles étaient souvent bornées à une sorte d’impatience, de démangeaison, de chaleur et d’engourdissement local. La couleur de la partie affectée présente d’abord une teinte rosée luisante; elle passe promptement au rouge brun; puis, quand l’engelure est bien prononcée, la peau devient chaude, lisse, sensible, et d'un rouge vif analogue à celui d’une érysipèle commençante , toute la partie affectée et le pied lui-même se trouvent un peu gonflés de manière à être très gênés dans une chaussure auparavant très ample.

J’ai été à même de suivre attentivement cette affection périodique en 1829. La jeune personne était chez ses parents, chaudement et librement chaussée, parfaitement à l’abri des intempéries de l’atmosphère et des vicissitudes de froid et de chaud ; cependant elle commença à éprouver quelques démangeaisons les deux ou trois derniers jours d’octobre; ces démangeaisons allèrent en augmentant malgré les soins et les précautions hygiéniques ; et le 5 ou le 6 novembre, les engelures étaient déjà développées aux deux talons et se prolongeaient plus ou moins le long du bord externe des pieds. Chaque malin , au lever de la malade , la chaleur, la tuméfaction , la rougeur, la démangeaison, tout avait disparu complètement; elle pouvait se chausser comme à l’ordinaire et marcher librement; mais à peine arrivait-on vers les cinq ou six heures du soir qu’ellé était obligée de quitter sa chaussure ; les talons étaient chauds, gonflés, rouges ; elle ne pouvait rester debout sans qu’il lui semblât que ses engelures fussent sur le point d’éclater. Pareille scène se renouvelait chaque jour et régulièrement aux mêmes heures.

En admettant une disposition des talons aux engelures par suite de leur développement répété antérieurement, la disparition et le retour quotidiens de cette congestion érysipélato-phlegrnoneuse étaient faciles à concevoir par la constitution de la jeune personne et par la régularité qu’il y avait dans sa manière de vivre journellement : elle était d’un tempérament très sanguin; quoique bien réglé , l’écoulement menstruel fournissait peu de sang; la jeune personne présentait un état de pléthore et d’embonpoint très marqué; les pieds, les talons étaient arrondis et pourvus de beaucoup de tissu cellulaire graisseux ; se couchant de bonne heure , un long séjour au lit dans une position horizontale ne pouvait manquer de ramener l’équilibre dans la circulation des fluides, et la disparition de la congestion locale; tandis qu’au sortir du lit elle passait la plus grande partie de la journée sur ses jambes et dans une position à favoriser une nouvelle congestion. Quoi qu’il en soit, pensant que tout cela tenait à l’état de pléthore sanguine et aux habitudes de la malade, nous n’hésitâmes pas à prescrire une saignée copieuse du bras, puis l’application de dix sangsues sur les parties latérales de chaque talon, c’està-dire, autour des engelures. Les pieds furent placés pendant une heure dans un bain d’eau chaude pour faciliter l’écoulement du sang. Un régime lacté et Tégétal, des boissons délayantes, le repos au lit pendant quelques jours de

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suite, la précaution d’envelopper les talons et la moitié postérieure du pied dans une bourse de toile cirée, des stations debout moins prolongées, des chaussures point trop chaudes, mais bien adaptées à la forme du pied, la précaution d’éviter dans la maison la chaleur d’un foyer ardent, pour le moins autant que le froid et l’humidité au dehors; tous ces soins amenèrent une guérison à la fois prompte et complète.

Eruption ortièe avec type tierce.

N** 37. Durant le mois de mai 1760, Tonneau (François), cordonnier, âgé de trente ans, d’un tempérament bilieux et pléthorique, fut attaqué d’un léger accès de fièvre avec quelques traces d’éruption pustuleuse, pour lequel il se fit saigner le lendemain.

Le jour suivant, à la même heure, il ressentit un malaise inexplicable, des anxiétés terribles , des envies de vomir; en même temps le malade éprouva une démangeaison très vive par tout le corps, et vit se développer l’éruption pustuleuse qui avait déjà paru durant le premier accès. Cette éruption présentait des ampoules assez semblables à celles que l’on voit après s'être ortie ; toute la surface du corps paraissait s’enfler considérablement.

Ayant alors vu ce malade, je lui trouvai de la fièvre , que quelques frissons presque insensibles avaient accompagnée dans son principe. Peu de temps après , le malaise et tes anxiétés étaient en partie calmés; il avait le pouls plein , tendu , et les autres symptômes de la fièvre avec des signes manifestes d’une saburre des premières voies.

Je n’avais d’autres indications à remplir que d’évacuer; mais avant, je jugeai qu’il était absolument nécessaire de répéter la saignée pour désemplir les vaisseaux, et faciliter l’effet d’un vomitif qui devait être administré immédiatement après.

Le malade évacua abondamment, et l’éruption disparut avec la fièvre, qui se termina par une sueur universelle, après avoir duré huit heures environ.

Le lendemain j’insistai sur les évacuants, qui produisirent des déjections copieuses. Le malade se trouva assez bien ce jour-là.

Le jour suivant, à la même heure, la fièvre reparut avec la démangeaison et les ampoules, dont les unes étaient larges et très grosses, et les autres petites. Elles rougissaient parle grattement qu’on ne pouvait empêcher ; elles disparurent bientôt, ainsi que la fièvre, comme dans les accès précédents. Il ne restait ni malaise, ni anxiété, ni aucun des symptômes de l’accès. Je jugeai à propos de m'opposer aux progrès de celte maladie par l’administration du quinquina, qui fut donné en bols à la dose de six gros en vingt heures. On ne négligea point les remèdes délayants et les tempérants nitreux.

Le lendemain, apyrexie. Le jour de l’accès, le malade ne ressentit aucun des symptômes qui le constituaient. Je lui fis répéter les bols. Sa convalescence fut heureuse et fut terminée par une potion purgative.

Je vis le même cas, au mois de juillet de celte année , dans la personne du nommé Cauvin, aubergiste du lieu, que j’ai traité et guéri de la même façon. (Planchon, Journal de médecine, tom. xvii, année 1762.)

Urticaire intermittente tierce.

No 38. Un jeune homme de dix-neuf ans, d’une forte constitution, me fit appeler, le 23 juin 1829, pour lui donner des soins. Je le trouvai faisant les plus grands efforts pour vomir, et ayant déjà rejeté par le vomissement une pleine cuvette de matière verdâtre qui contenait une certaine quantité de bile. Le jeune homme avait le tronc et les membres presque entièrement re-

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couverts d’une éruption de plaques confluentes, d’un rose pâle, dont un grand nombre étaient entourées d’une auréole rouge. Les plaques, qu’on faisait momentanément disparaître en les comprimant, étaient irrégulières et de moyenne grandeur; elles causaient une grande démangeaison; la peau était tuméüée , chaude et humectée de sueurs ; le pouls fréquent et dur. Au rapport du malade, les symptômes dont nous venons de parler avaient été précédés d’un accès de fièvre qui était revenu trois fois en six jours, constamment vers minuit. Il y avait d’abord un frisson; la peau se couvrait bientôt après de taches rosées ressemblant à des piqûres d’orties; il survenait de la chaleur, de la sueur, avec céphalalgie, soif, vomissement opiniâtre. Cet appareil de symptômes persistait avec plus ou moins d’intensité jusque vers midi, ce qui faisait un espace de douze heures. Les vomissements cessaient les premiers, l’éruption disparaissait ensuite, ainsi que la céphalalgie et la fréquence du pouls ; il survenait alors une apyrexie complète qui durait trente-six heures, et pendant laquelle le malade n’éprouvait aucune souffrance.

Je reconnus facilement l’urticaire périodique décrit par quelques auteurs sous le nom de fièvre ortiée intermittente. Comme l’épigastre était très sensible à la pression, je prescrivis d'abord d’appliquer vingt-cinq sangsues sur cette partie, la limonade pour boisson, et une diète absolue.

Le 24, apyrexie pendant la journée, sommeil sensible la nuit précédente, bouillons et potages clairs pour toute nourriture.

Dans la nuit du 24 au 25, point de sommeil, rêvasseries, retour de l’accès fébrile, de l’éruption ortiée et des vomissements , qui sont toutefois moins intenses que les jours précédents ; mais la fièvre et la céphalalgie n’ont rien perdu de leur intensité; tous les accidents se dissipent au bout de douze heures environ. (Même boisson, diète absolue, lavement émollient.)

Le 26, apyrexie complète ; le malade a bien dormi ; nulle trace d’éruption ; le malade se sent beaucoup plus faible et plus accablé que la veille ; langue blanchâtre, bouche pâteuse, dégoût pour la boisson. (Infusion de camomille pour boisson ; huit grains de sulfate de quinine en deux paquets, à prendre à une heure d’intervalle.)

Le 27, l’accès delà nuit a totalement manqué; il ne s’est manifesté ni éruption, ni vomissements ; le malade a dormi profondément. (Je prescris six nouveaux grains de sulfate de quinine en deux paquets pour le lendemain.)

Le 28, point d’accès ni d’éruption; sommeil profond.

Le 29, le malade prend des aliments et (entre en convalescence. (M. Bricheteau, Journal complémentaire, tom. xxxvii.)

Pemphigus intermittent , type tierce.

No 39. Polakowski, âgé de vingt-huit ans, fut pris, le 12 juillet 1826, dans l’après-dîner, d’un fort frisson d’une heure, qui fut suivi de chaleur et d’une éruption très douloureuse sur tout le corps. A la chaleur, qui dura neuf heures, succéda une forte transpiration particulière, et en même temps la fièvre et l’éruption disparurent. Le 13, le malade fit appeler le médecin, qui ne trouva plus aucune trace de tous ces symptômes; et à peine voyait-on, par ci parla, quelques taches rouges. Comme il existait quelques phénomènes gastriques, on donna le tartre stibié, qui fit évacuer par le haut et par le bas une pinte de mucus et de bile.

Le 14, dans l’après-midi, la fièvre revint, ainsi que l’éruption, de forme moitié ronde et moitié angulaire, semblable à celle qui est produite parles cantharides ; elle commença par un sentiment de brûlure, puis une démangeaison intolérable. Cette éruption existait surtout aux avant-bras, au bas-

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ventre et aux extrémités inféreures, moin« à la poitrine et au dos; on vit deux ou trois vésicules dans la cavité buccale; on n’en remarqua pas à la tête, à la plante des pieds, et aux mains. Elle était survenue immédiatement à la fin du frisson, et déjà deux heures apiés la chaleur elle était complètement développée, c’est-à-dire que les vésicules étaient remplies d’une matière aqueuse, lymphatique , diaphane ; plusieurs étaient entourées d’une auréole rouge ; les plus petites étaient de la grandeur d’une épingle, les plus grandes de celle d’un gros pois. Déjà, à la fin de la chaleur, elles devinrent plus petites, et pendant la sueur elles disparurent complètement, sans laisser de croûtes ou de taches marquantes ; pourtant le lendemain matin, après la seconde éruption, on revit encore quelques taches rouges, mais qui disparurent aussi. L’épiderme ne se délacha pas , les phénomènes gastriques avaient disparu. On prescrivit : poudre de quinquina, un demi-gros ; nitrate de bismusth , deux grains ; cannelle, huit grains. Le malade prit six paquets de ces poudres, et fut guéri sans éprouver de récidive. {Eûhlbrand, Wochenschrift fur die Gesammte hcilkunde )

Erysipèle avec type tierce.

No 40. Mestral, cuisinier, âgé de quarante-deux ans, d’un tempérament lyraphatico-sanguin, pléthorique, et ayant habilueilemenl la face un peu bouffie, fut pris de céphalalgie , de lassitude et de fri.xson à la suite d’un travail plus long et plus accéléré que de coutume; il survint bientôt un érysipéle qui occupa toute la face du côté droit, et s’étendit un peu bas sur le cou du même côté. Le malade souffrait depuis vingt-quatre heures, lorsque je le vis le 12 février 1817. Il présentait un peu de fièvre ; la langue était chargée ; il y avait insomnie, dégoût, malaise général et anxiété très grande; les yeux étaient vifs et brillants; le pouls était fort et fréquent ; la face était très gon fiée, rouge^ brûlante. Je prescrivis une large saignée, un lavement purgatif, un bain de pieds sinapisé , des boissons délayantes, acidulées, et la diète. Le lendemain, amélioration sensible, mais la langue continue à être chargée, avec dégoût, anorexie. Je fais prendre trois grains d’émétique, qui font vomir beaucoup de matières bilieuses. Vers le soir, l’érysipèle avait presque entièrement disparu; la tête était seulement un peu lourde. Le malade dormit bien toute la nuit; et, le lendemain 14, se trouva comme en parfaite santé.

Comptant sur son entière guérison , cet homme voulut sortir dans la journée du 15 par un temps très froid ; l’érysipèle revint presque instantanément, et occupa non seulement le côté droit de la face et du cou, mais s’étendit encore sur une grande partie du côté gauche de la face jusqu’au front. Il vomit les aliments qu’il avait pris dans la journée. Le soir, insomnie, agitation, et même un peu de délire. Appelé le lendemain malin, je trouvai à peu prés tous les symptômes indiqués précédemment. L’érysipéle occupait seulement une plus grande étendue. L’état du pouls me fit prescrire une nouvelle saignée; je fis mettre les pieds et les jambes dans l’eau chaude ; j’ordonnai la diète , le petit lait édulcoré avec du miel et un lavement purgatif. Vers le soir, amélioration sensible ; l’érysipéle est borné au côté droit ; il n’y a plus de gonflement; la rougeur et la chaleur sontmoins marquées; durant la nuit , le malade sue beaucoup et dort paisiblement. Le 17, il ne reste plus de traces de l’inflammation ; il y a de l’appétit; toutes les fonctions se font bien. Le malade veut reprendre son ouvrage le] lendemain, et l’érysipéle reparaît à peu prés vers le même temps de la journée que la dernière fois. Il n’y a pas de fièvre, cependant l’inflammation est bien caractérisée ; elle est seulement moins intense et moins étendue qu’à l’ordinaire; mais elle gagne bientôt

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l’orellIe et fait éprouver vers cette partie des douleurs très vives. Ayant reconnu le caraclére périodique de celle alTeclion, je promis au malade que je lui donnerais le quinquina, après que celte attaque serait terminée. En attendant, je prescrivis un rninoralif acidulé , pour faciliter les évacuations alvines qui rravaient pas eu lieu depuis deux jours. On continua le pédiluve et les boissons délayantes. Vers le soir, les douleurs étaient si vives du côté de l’oreille que le malade n’avait aucun repos; je fis placera la nuque un vésicatoire volant qui diminua beaucoup les douleurs de l’oreille , cl qui , à l’aide d’une potion calmante, permit au malade de dormir un peu durant la nuit; les symptômes inflammatoires se firentencore remarquer le lendemain, mais à un moindre degré, et le soir même de ce jour, le malade se sentit très bien ; il n’y avait plus de douleur, on distinguait à peine quelques traces de rougeur.

Le 20, santé parfaite. Je fis prendre quatre gros de quinquina en poudre dans la journée, et le lendemain malin encore un gros, trois heures avant le retour de l’affection érysipélateuse qu’on attendait vers les dix heures; ce ne fut que vers midi qu’on vit de légères traces de rougeur, qui restaient au côté droit de la mâchoire, prendre beaucoup plus d’intensité, et s’étendre sur le cou du même côté, au lieu de monter à la face. Le retour de cette légère phlegmasie fut seulement précédé d'un peu de dégoût, de malaise et de lassitude; il n’y eut ni frisson, ni fièvre, et ce fut plutôt un érythème qu’un véritable érysipéle; je ne lui opposai que le régime et du petit lait laxatif. Le lendemain , il ne restait qu’un peu de rougeur vers la partie inférieure du cou. Le 23 , état de santé. On administra six gros de kina. Le jour suivant , rien de nouveau ; on continue le quinquina , et celte affection n'a [)oint reparu. Cette observation nous a é:é communiquée par le docteur Georgiadi.

Kaiman a vu un érysipéle récidiver de même périodiquement au bras d’une femme. {Act. mat. curios,, t. 3.)

Affection érysipélateuse avec type quintane et mensuel.

N'o 41. Constant (Charles ), âgé de seize ans, d’un tempérament lymphatique, ayanH’élatde chandelier, avait toujours joui d’une santé assez bonne, quoiqu’il portât, dès son enfance, un engorgement assez considérable des glandes du cou.

A la suite des troubles qui eurent lieu, dans la capitale, vers le milieu de juin 1820 , Constant eut une violente frayeur, et reçut même quelques coups dans un rassemblement au milieu duquel il se trouvait ; le samedi 16, il rentra chez lui, vers dix ou onze heures du soir, encore tout effrayé, et ressentant de la démangeaison par tout le corps; il dormit peu à cause de celte démangeaison, qui devint encore plus forte durant la nuit, et à laquelle s’ajouta un sentiment de chaleur si ardent qu’il fut obligé de sortir de son lit pour prendre le frais Le 17 au matin , Constant fut tout étonné de se trouver le corps couvert d’un grand nombre de taches rouges plus ou moins étendues, et d’autant plus multipliées qu’elles se rapprochaient davantage de la partie supérieure du tronc. Il éprouvait en même temps un peude lassitudeel de malaise général, de l’inappétence et de la soif.

Le 18 , Constant fut reçu à l’Hôtel Dieu et placé dans la salle Saint-Charles; ses taches s’étendirent et se multiplièrent les premiers jours de leur apparition, puis s’effacèrent peu à peu en commençant par la face et le cou: le malade était au régime et faisait usage de boissons rafraîjbissantes. Après quatre à cinq jours, la peau reprit son état naturel; l’appétit revint, elCons-

PIÏLEG3IA.SÎE3 INTERMITTENTES

tant sortit de Khôpital paiTaÜrment guéri. Il s'était écoulé trcntejours depuis sa guérison, loi-.'^qu’iin samedi , aux rt émes heures ( c’était la nuit du 21 au 22 iuillel ), Eonslanl se réveille fort surpris de se voir encore la surface du corjjs re{'onv('iTe d’un grand nombre de petites plaques érylhémateuses qui lui fais lient éjuouver, comme auparavant, un sentiment de chaleur et de dcmangeai.son iré.s vives; il pas.'^e deux jours chez lui, [leudant lesquels l’affection culanée devient pltts intense el p'iis générale.

Le 24 , il rentre à l îlôtel-îlien ; sou cor[)s était couvert de taches ronges plus on rtioin."-. rapprochées les unes dis lUl ri's, assez nombreuses sur le tronc et sur les exirémilés siipéi ienres , exe» p'é le poignet, plus rares aux extré mités inféi ieures ; on n’en voyait aucune à ta partie inférieure des jambes etaux pieds, (|'îi préset taieni un gonllernenl œdémateux; les mains éta-ent aus.^i un peu ci Oécs et la figure était boufrm. Les glandes du cou [irésenta-ient un engorgemei t beaucoup [dus considérable qu’à l’ordinaire, de manière que la 1 c.'^iiii alion en était gênée. On prescrivit la diè'e^ les boissons, adoucissantes, des sangsues autour du cou et un bain. Sous l'influence de ce traitement el du repos, riMigorgcmeot du cou revint à son [uemier étal ; le gonflement des extt émiîés (ll.xpai nî ain - i que l’éry I béme.

Le 2ü , le malade éuiit a peu pté.s guéri ; l'ajifiélil était bon. Il passa encore quelques jour.- à l'bôpilal pour savoir si -a maladie ne reviendrait point. L’érythème revint, en effet , durant la nuit du 30 au 31 juillet, ne laissant que quatre jour.'- d iolerrnil lence ; mais il fut plus léger, et seulemenlaceornpagné. de déniangeai.son. Li* 3 acûl , il u'en existait ^,lus la moindre trace ; le malade étarit resté encore (luelqiies jours à l’iidjiital, el s'étant occupé le 7 à faire" quelque ouvrage dans l’iittérieur, plusieurs taches se firent de nouveau remarquer sur la poitrine el sur le ventre. On lui fit prendre un bain ; elles disparurent prompt! meut , el Constant sortit de l’hôpital vers le 1 2. Sa santé se maintint jusqu’au vendredi 25 août , époque à laquelle la même affection reparut encore dorant la finit cl aux mêmes heures, (Cet accès fut à peu piès semblable à celui du 21 juillet , dont la terminaison datait d’un mois. )

Constant rentra le 28 à l’Holel-Dieu. L’éry thème était encore bien marqué sur le bra> et la poitrine ; il y'avail tous les autr *s si mpfômes indiqués On prescrit la diète, les boissons délayantes et un lavement; le mardi 29, il n’y a plus que quelques traces de rougeur, le gonflement des extrémités a beaucoup diminué: le mercredi , on prescrit de |iius une saignée, à cause de l état pléthorique du malade; l’érythème disparaît entièrement, et dés ce jour, retour à la santé. Il sort, peu de temps après, de rhôpital.

Conrad-Gmclin a observé une femme qui était sujette à un érysipèle qui attaquait principalement le côté droit du visage cl qui récidivait régulièrement toutes les six semaines.! Cor, un. iitter. 1737, p. 60. )

Eruption pétéchiale gui remplace des phénomènes fébriles et gastriques , et ejui récidive environ tous les quinze jours.

No 42 Lordat a observé , eu l'an viii , dans la maison de la Force , une maladie qui attaquait particuliérement !i s femmes el qui débutait par les symptômes suivants : frisson, suivi d’une fièvre intense avec abattement , ma! de tête , tristesse profonde , angoisses à l'épigastre , rougeur de la face , langue blanche, muqueuse , urines chaudes el en petite quantité , constipation. Cet état persiste pendant trois jours ; le quatrième jour il survient des effusions sanguines qui ont lieu presque toujours en meme temps par le nez et par Tulérus. Les symptômes diminuent, la fièvre s'atfaiblit à mesure qu’une érup-

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lion p^l(^chiale commence à se faire apercevoir; les premières paraissent au cou, sur la poitrine et à la partie supérieure des bras ; bientôt elles deviennent assez abondantes pour couvrir le troue et le visage; elles sont toujours plus rares aux exlréinilés que dans le reste du corps. A()rés l’éi option il surviefit un calme général , la fièvre cesse, la peaudevienl IVaîche, le poids plus rare que dans l’état de sa'dé. Quelquefois ii survient des douleurs aiguës aux exlrérni'és au moment où la fièvre cesse , et les malades qui présentent ces symp'ômes sont moins sujettes aux rechutes que les autres

C’est ordinairement vers le neuvième jour que les taches de la peau pâlissent et se résolvent. Après quelques jours de convalescence, i! y a une récidive qui ressemble en tout à la maladie, si ce n’est que les stades en sont plus courts; ces récidives se multitiliimt plus ou moins; on en a vu jusqu’à quatre avoir lieu successivement chez les mêmes personnes. Dans chacune, !a couleur des taches est plus foncée que dans la précédente et i'élendue ea <îst sensiblement plus considérable.

Autre éruption cutanée , type mensuel.

I\’o 43 bordai dit qu’il a été consulté par une dame sur une indisposition de sa fille, âgée de quatorze ans, qui , tous les mois , à ta même époque, éprouvait un sentiment de chaleur dans diverses par.ies de la peau, acconrtpag é d’un prurit incommode, suivi d’une rougeur intense cl même d’une vériiable éruption. Pendant ce temps, dont ta rlui ée était de quelques jours , la malade était sai s aiipétll et avait un penchant invincible à la tri.stesse. Cette fille, quoique grande et fiien développée, n'élail pas encore réglée; il u’éiail pas difficile de voir qu’il y avait dans ce cas un effort liémorrhe.gique ( ou plutôt inflammatoire), et l’on conçoit d'où se tirait celle induction. {Traité des hémorrhagies , pag 133 )

Affection p^orique mensuelle.

N" 44. Melch. Fribe rapporte qu’une fille avait tons les mois, à des époques fixes, une éruption semblable à la gale. Celle éruption se maniresta tout le temps que ses ordinaires ^ qui avaient été supprimés , ne reprirent pas leur cours habituel ; après que le temps, durant lequel ils avaient coutume de couler était passé , les pustules se desséchaient , et l’éruplion galeuse disparaissait. On lui fit faire usage de remèdes propres à dépurer sang; on la purgea deux fois, on la saigna deux fois au pied; enfin on rappela , par le moyen des remèdes convenables, récouh ment metistruel , dont le retour procura une guérison radicale à cette fille. [Collect. acad., tom. ni.)

Ilagedorn a guéri un jeune homme sur le corps duquel il s’élevait, pendant tout l’été , et à certains jours de chaque mois , des taches rouges , allongées , élevées , qui lui causaient beaucoup de démangeaison, eldisparalssaicnl quelques jours après. ( de Scrut. nat., pixrl. 3, pag. 96. )

No 45. Lorry a connu un homme, sain d’ailleurs, qui, deux fois dans l'année , (lai! atteint d’rrysipclc vers l’époque de l’uii et de l’autre équinoxe. Dans les premiers accès, la fièvre fut v-olente , la peau se leva , et sa couleur parut uii p'‘u livide ; l’èrys pèle ne di; parut qu’au quatorzième jour ; mais les années su.vanles il ne s’étendit guère au-delà du septième jour ; il ne fut

point précédé par un mouvement Tébrile marqué, mais seulement par un frissonnement avec des anxiéiés , et il ne paraissait qu’une rougeur légère, tantôt sur une partie, tantôt sur une autre. Cet homme, dont la santé était chancelante avant qu’il fut sujet à cet érysipèle périodique, a joui, depuis cette époque, d’une santé vigoureuse. (Lorry, De Morbis cutaneis.)

L’on rapporte, dans les Éphérnérides des Curieux de la nature, qu’une tille avait tous les ans deux fois , et régulièrement au printemps et en automne, des taches rouges sur toute la peau , accompagnées de démangeaison , de serrement de poitrine , et qui disparaissaient quelque temps après. {Acta nat. curios. dcc.^ 3 an 1.)

Erysipèle intermiltent annuel.

No 46. Yscrahle , soldat au 4e régiment de cuirassiers, âgé de vingt-huit ans, d’un tempérament hilioso-sanguin , était affecté, depuis sept ans, il’une inflammation érysipélateuse à la jamhe gauche , qui se renouvelait chaque année au printemps. Vers la fin du mois de mars 1814, elle se déclara à la même épofiuc qu’à l’ordinaire, et détermina une fièvre légère avec tous les sjmptôrnes hilieux qui caractérisent un embarras gastrique. Les années précédctites , ces phénomènes morbides se continuaient, malgré le traitement, jusqu’au dix-huiiiémc ou vingtième jour. Cette année, le malade ne voulut pas entrer à l'hôpital de Caen, craignant d’étre Infecté par la maladie qui y régnait, et continua de panser son cheval jusqu’au .sixième Jour, à dater de l’invasion de la phlegmasie. ; mais il fut obligé de le quitter ce jour meme , parce qu’il reçut un coup de ])ied à la jambe malade, qui lui fil une plaie d’un pouce de long, au centre de l'érysipèle. Cet accident, loin d’étre funeste, fut avantageux; car le surlendemain la plaie entra en pleine suppuration, l’ii flarnmation de la peau se supprima, et avec elle tous les symp'ômes bilieux; de sorte que cette maladie qui, les années précédentes , mettait quinze à vingt jours pour parcourir ses diverses périodes , fut guérie cette fois en dix jours. Cependant le traitement que j’ai employé n’a consisté que dans le régime et des boissons acidulées.

« On voit que cet érysipele, vrai, périodique, annuel , n’élait pas dti à la présence de la bile dans l’estomac, puisque cet organe a été entièrement ilébarrassé sans évacuants.» (Deleau, Aperçu sur l’abus du vomissement, etc- , p. 72.)

INFLAMMATIONS PHLEGMONEUSKS INTERMITTENTES.

fluxion inflammatoire avec le type rémittent hi~quotidien .

(Fièvre larvée.)

No 47. Madame âgée de trente-six ans , fortement constituée, d’un tempérament sanguin , portait une carie à la troisième molaire gauche de la mâchoire supérieure qui la faisait souffrir quelquefois. Le 10 avril, la douleur se manifesta non seulement sur la dent gâtée, mais sur toute l’arcade dentaire du même côté. La joue était extrêmement gonflée, rouge, tendue, comme il arrive dans ce qu’on appelle vulgairement une fluxion. Il y avait un peu de fièvre, de la soif; la bouche exhalait une odeur désagréable; la langue était nette , et la malade conservait son appétit. On employa jusqu’au 18, des bains de pieds , des fumigations émollientes, des cataplasmes anodins qui ne produisirent qu’une légère diminution dans le gonflement de la joue. Je découvris bientôt le caractère périodique de cette

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âlTection, qni présentait deux redoublements bien marqiiés dans les vingtquatre heures. Le premier avait lieu à une heure après-midi , et durait jusqu’à six heures; la rérniitence des douleurs qui survenait alors durait jusqu’à minuit ou une heure. Des douleurs violentes succédaient jusqu’à six heures du matin ; la malade souffrait peu le reste de la journée , jusqu’à l’heure du paroxysme Elle n’éprouvait ni froid, ni lassitude à l’invasion de chaque redoublement; mais le gonflement et la rougeur de la joue augmentaient considérablement. Je prescrivis dix-huit grains de sulfate de fer, dissous dans huit onces d’eau , à prendre pendant la rémittence de chaque redoublement ; la première dose prise à midi pesa sur l’estomac et donna quelques nausées. Le redoublement, qui vint une heure a[)rés, fut très violent; la joue devint très rouge et fort gonflée. Une seconde dose fut prise à dix heures du soir; l'accès de la nuit manqua totalement. On continua la solution martiale les 19, 20 et 21, et la joue fut entièrement désen üée. Les douleurs revinrent encore à certains intervalles, et l'emploi du sulfate de fer les dissipa bientôt sans retour. (Arloing, Journ. gén. de méd .

t. LVIII.)

Inflammation 'périodique (le la joue droite , type d'abord irrégulier , ensuite quotidien.

N’o 48. Le 1er avril 1822, Madame V***, convalescente d’une affection catarrhale de la poitrine, quitte Paris pour aller à Chartres ; elle voyage do nuit, et le lendemain matin à son arrivée elle se fait conduire chez elle en chaise à porteurs; durant le trajet elle se sent frappée au visage par l’air extérieur. Aussitôt elle éprouve un malaise général , accompagné de fièvre, mais qui disparaît promptement par l’emjiloi des boissons pectorales , dont Madame Y**^ faisait usage avant son départ de Paris.

Au bout de trois jours, le 4 avril, ellle éprouve, sans cause connue, une anxiété extrême, des frissons très prononcés au dos et sur les bras; bientôt une fièvre assez vive, accompagnée d’une forte douleur, avec tension à la joue droite ; cet état , après avoir duré quelques heures , se dissipe entièrement, mais se reproduit les jours suivants, sans qu’on puisse remarquer la périodicité fixe. Au bout de quelques jours les accès deviennent de plus en plus violents ; on observe qu’ils arrivent tous les jours à la même heure. Je suis appelé auprès de la malade le 11 avril, septième jour depuis l’invasion de la maladie.

Je trouvai la joue droite tendue et rouge, la malade y éprouvait des douleurs extrêmement vives qui s’étendaient à la tempe et à l’oreille de ce côté; la peau était brûlante dans l’endroit douloureux; le poids était fréquent et serré; la langue légèrement blanchâtre; il y avait peu de soif. Des boissons légèrement sudorifiques furent prescrites à la malade, et le soir tout ce que j’avais observé dans la matinée avait disparu; il ne restait plus à la joue qu’un léger engourdissement.

Le lendemain, à huit heures du malin, heure indiquée par la malade, je vis l’accès débuter par un grand malaise , des bâillements, des frissons ; puis la fièvre s’alluma , la joue redevint ce que je l’avais vue la veille. Les douleurs et la tension augmentèrent jusque vers le midi , puis le mal étant arrivé là au summum, diminua progressivement, et enfin sur les quatre heures après-midi l’accès était passé.

Dans l intervalle de cet accès à celui qui devait suivre, je fis prendre à la malade six grains de sulfate de quinine. Celui du lendemain fut moins violent. Cet accès étant passé , elle prit huit grains du sel employé la veille.

PHLtGMASIES IN TF H M ITTENTES

Le sucré' le plus complet suivit l'ndminislraiion de ce méd’cament. L’inflimmaliüu disparut ciitiérerrieut et pour Innjoiirs. !l resta «euU'ment, pendaut quelques jours, un léger eugourdisscrnenf et une dou'eur pareille peu intense, qui céilérent {)rompieme>’l à l'applica’ion de quelques sangsues à la tempe. (Durand , Journa/ compUm. deméd., f. xx.)

irrilation inflamm'itoire quoti Henné de la moitié gauche

du crâne et de la face.

N'3 49. Madame D***, âgée de vingt-deux ans, d’un tempérament sanguin et d’une conslilutioM vigoureuse, avait toujours joui d’une santé parfaite. Elle allaitait son enfant âgé de dix mois et très bien porta”t lui-niéme, lorsque tout-â-coup et sans cause cnnrtue elle fut prise d’un frisson qui ne tarda pas à être remplacé par de la chaleur et par une douleur vive qui n occuj)ait que la moitié gauche du crâne et de la face. Ces symplômes disparurent après quelques heures de durée, et en même temps toute la partie du corps correspondante se couvrit de sueur.

Le lendemain, une nouvelle invasion delà maladie eut lieu à la même heure , n)ais avec une intensité bien plus grande, et l’aceés, qui dura autant de temps que celui de la veille, se termina aussi de la même manière. M. Lassalvy fut témoin du troisième accès : a[)rés un frisson, qui partait du milieu de l’épine dorsale pour s’irradier dans les membres supérieur et inférieur gauches , et dont la durée fut d’un quart d’heure environ , il s’établit du même côté un mouvement de réaction avec cé'phalalgie , injection de la joue gauche , œil brillant, animé et larmoyant , tégument du crâne douloureux à la pression , légers mouvements convulsifs de la paupière supérieure et de la commissure des lèvres; langue rouge et sèche d’un côté, humide et naturelle de l’autre. La face offrait un aspect bien remarquable; rouge, tendue, luisante à gauche, elle se trouvait à droite dans l’état le plus parfait. La imitrine résonnait partout, mais l’auscultation faisait clairement entendre à gauche un râle crépitant; sans toux ni expectoration. La région épigastrique et l’abdomen étaient également douloureux de ce côté. L’accès, qui avait commencé à huit heures, et les symptômes, qui augmentaient jusqu'à dix, diminuèrent ensuite, et flrent place à une douce moiteur et à quelques éructations gazeuses, et cuti i à l'émission d’une urine rosée qui laissa j)récipiter un sédiment briqueté. Le sulfate de quinine fut administré, et sous l’influence de ce médicament, l’accès du lendemain fut très faible, celui du surlendemain fut à peine sensible, et il n eu survint pas davantage. {Ephémérid. médic. de Âlontpellier, iS21 ,)

I Inflammation périodique de la joue droite , type quotidien,

IS’o 50. Une dame âgée de 52 ans , convalescente d’une péripneumonie, éprouve lout-à-coup au visage l’imiiression d’un air froid. .4ussilôt malaise général , lièvre |)iécédée de frissons, violente douleur dans tout le côté droit de la tête, t’.et état ne fut que passager; mais trois jours après, et sans cause connue, retour des mêmes symplômes avec forte douleur tensiveâ la joue droite. Les jours suivants, nouvelle apparition de tous les symptômes indiqués. Le septième jour de la maladie, M Esmein est appelé et observe les symptômes suivants ; tension , rougeur, douleur et inflammation évidente de la joue droite , pouls dur et fréquent , langue blanchâtre à la base , rouge à.la pointe et sur les bords; légère moiteur générale, soif , anorexie , consti-

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