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palion. Plus (nrd, tnus ces s: mp (‘m s se d -s'pTnf, et il ne reste qu’un peu il’en^^ourdissi men! à la j >110.
I,e huitième jour, M. Esmein -‘'ss's'e eu d^but de racrès, et observe du malaise , des bâill ments et du fi 'sson. Ayant plusieurs fois observé les beujeiix effets des émissions sanguines da^s les infl immat ons inlermittenies les inconvénients du quinquina , il fai! appliquer, deux heures avantl’ap- .parilion présumée de raccés, quinze sangsues au côté du cou correspondant à la joue malade, des sinapismes aux jambes, et donne à l’i dérieur des bois- Æ.ons émollientes. L’accès se réduisit à une chaleur momentanée, et une douceur comme électrique dans la joue droite. Le jour suivant un pédiinve sinapisé fut prescrit, et l’accès ne se manifesta en aucune manière. De[)uis ce moment celle dame n’a pas ces«é de jouir d’une parfaite sanlé, et M. Esmein ^’esl contenté de la tenir pendant quelques jours à un régime doux et à l’usage des pédiluves sinapisés. ( JoMrnaü w/iinersef des Sciences médicales , iome XVIII.)
Congestion inflammatoire des seins sous type tierce.
No51 . L’épouse d’un cordonnier, demeurant rue Noire-Dame, aux Chartrons, fulalteinte, trois ou quatre jours après ses couches, de gerçures aux deux ■mamelons. Les topiques qu’on employa pour en obtenir la guérison ne produisirent aucun soulagement; le mal, au contraire, fi; de nouveaux progrès, «t la mamelle droite devint le siège d’une inflammation très intense, qui fut comballue sur-le-champ par une saignée d i bras, des cataplasmes émollients, une diète sévère et des boissons rafraîchissantes. Le lendemain, 29 mai 1825, l \ tuméfaction du sein était toujours la mém^'; vingt sangsues furent appliquées sur cette partie ; les piqûres donnèrent jusqu’au soir. Le 30, la phlogose avait pour ainsi dire totalement disjiaru. Le 3 juin suivant, im engorgement semblable au premier se déclara dans la mamelle gauche. Quinze sangsues suffirent pour en procurer la résolution. Le 12 du même mois, la phlegmasie du sein droit se renouvela; mais cette fois elle était accompagnée d’envie de vomir, d’une soif inextinguible; la langue était rouge sur ses bords; le pouls dur, fréquent et serré; en nn mot, tous les lignes de la gastro-entérite s’étaient joints à ceux de l’affection primitive. .Persuadé que l’irritation des voies digestives ne s’était dévelopiiée que sous -l’influence de celle des mamelles, je crus que je pouvais me borner à n’attaquer directement que cette dernière. (Vingt sangsues sur le lieu enflammé; laissez couler le sang ju'qu’à cequ il s’arrête de lui-rnéme; diète, limonade.) Le 13, on remarquait à peine quelque*? traces de congestion ; les envies de vomir n’exislaient plus, mais le pou's n’avait presque rien perdu de sa fréqtienee ; la soif surtout semblait aussi vive qu’auparavant (Vlérne prescription que la veille , à l’exceptiou des sangsues. ) ' e 14, vers quatre heures du .soir, le sein gauche devint ronge, tendu, fort douloureox ; la malade éprouva en outre un froid cons'dérable , auquel succéda une chaleur des plus violentes. ( Douzo sangsues , dicte , tisane d’orge ; nn lavement pour remédier à la con.stipation qui durait depuis long-temps , et que le séjour du lit ne faisait que rendre plus opiniâtre , Le 15, le sein n’offrait plus qu’une légère rou- ,genr; la fièvre avait presque entièrement cessé. ( décoction d’orge, trois bouillons, qtielques pruneaux, un lavement.) Le 16, la mamelle droite se .gonfle; un froid subit se déclare: trois hpures après survient une chaleur br fl anto; vers minuit, nue sueur générale couvre tout le corps (Dié^e frévère, méme-lisanei) Le 17,apyrexie complète. (Gelée de riz, fruits cuits, etC'.)Le t8, Inflammation du sein gauche, désordres absolument semblables à ceux des
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jours précédents. La marche de cetle maladie ne me permettant pas de douter qu’elle n’eûl pris un caractère intermittent , je crus que je n’avais rien de mieux à faire que de la combattre par les fébrifuges. En conséquence, lorsque Je calme fut rétabli, et six heures avant l’époque où devaient avoir lieu les phénomènes pathologiques dont Je voulais empêcher le retour, je fis prendre en quatre ou ciuq fois, et par doses décroissantes, une polion'composée avec 12 grainsdesulfate de quinine, trois onces d’eau distillée et uneonce desirop de cannelle. L’accès fui retardé de quatre heures. Encouragé par celle apparence de succès, j’adminislrai de nouveau sous la même forme et avec les mêmes précautions, dix grains de sulfate de quinine ; j’espérais que par ce moyen je réussirais à prévenir l'accès du 22; mais, contre mon attente, il reparut troison quatre heures plus tôt, avec une intensité qu’il n’avait pas eue jusqu’alors; les douleurs du sein droit étaient portées à un si haut degré, qu elles occasionnèrent une défaillance assez longue , qui alarma beaucoup les assistants. Comme j’avais la certitude qu’on s’élait parfaitement conlormé à mes ordonnances, je ii’liésitai pas à attribuer celte recrudescence à la substance médicamenteuse que j’avais prescrite. J’y renonçai donc snr-Iechamp, et je revins aux antiphlogistiques. Celle dernière médication m’inspirait d’autant [)lus de confiance, que les résultats avantageux que j’en avais déjà obtenus et la nature du mal semblaient m’engager ày recourir. Deux applications de quinze sangsues chaque firent disparaître , en effet, et les symptômes de la gastrite et la phlegmasie locale qui jusque bà s’élail constamment reproduite tous les deux jours, en passant alternativement de l’une à l’autre mamelle. (Bonnet, Traité des fièvres intermittentes, 1835.)
Barbette parle d’une inüammalion périodique du cou chez le fils d’un médecin ; on la faisait cesser par la saignée et les purgatifs ; elle revenait de deux jours l’un ( sous type tierce ); on lui opposait les mêmes moyens ; elle cessait pour revenir encore. (Médicus, Traité des maladies périodiques.)
Tumeur phlegmoneuse périodique , type quindécimane.
No 52. Madame p***, âgée de trente-deux ans , après avoir eu plusieurs enfants dont elle est accouchée heureusement, éprouva, immédiatement après la naissance du dernier, une diminution sensible dans l’écoulement menstruel, et devint sujette à de fréquentes indispositions. Cet étal dura environ deux ans , au bout desquels il se forma, pour la première fois, dans le vagin , à un demi pouce de distance de la vulve, une tumeur phlegmoneuse qui s’ouvrit le troisième jour, après avoir occasionné les douleurs les plus vives, et acquis le volume d’une grosse noix. Sa suppuration, assez abondante d’abord, fut presque nulle le troisième jour.
La malade passa les onze jours suivants dans une tranquillité parfaite. Le 12, il se forma un nouveau phlegmon qui suivit la marche du premier. Depuis lors les mêmes phénomènes se so-it renouvelés de la même manière et toujours aux mêmes époques , c’est-à-dire que la malade éprouvait dans l’espace d’un mois la formation de deux abcès.
Retenue par un excès de pudeur, madame P*** ne voulut d’abord parler de son affection à aucun homme de l’art ; ce ne fut qu’aprés cinq à six mois , pendant lesquels les souffrances avaient sensiblement altéré sa constitution, qu’elle prit enfin le parti de faire appeler un de nos confrères. Ce médecin ayant vainement employé les saignées générales et les purgatifs , tourna son attention du côté de la périodicité de l’affection, et prescrivit e quinquina à fortes do-^es. itiais en peu de temps l’état de la malade se trouva considérablement aggravé; elle perdit le repos; le moindre bruit, le plus léger mou-
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vement devenait pour elle un sujet de douleur; on ne pouvait déplacer un de ses membres, même en usant des plus grandes précautions, sans lui faire pousser des cris; elle éprouvait de violentes céphalalgies ; le pouls était fé^ brile, le délire commençant.
Appelé à cette époque, mon premier soin fut de calmer celte surexcitation générale par le moyen des adoucissants et d’une diète absolue ; on donnait auparavant du bouillon toutes les trois heures. Le quinquina, comme on le pense bien, ne fut point conlinué. Dés lors les symptômes d’irritation commencèrent à diminuer d’intensité; le pouls , qui était dur, fréquent et concentré, ne tarda point à se développer; on observa en peu de temps un soulagement.
Trois jours avant l’époque de la formation habituelle du phlegmon , Je fis une première application de six sangsues à l’endroit même où se formait la tumeur Celle application fut réitérée le lendemain elle surlendemain ; on laissa le sang couler pendant cinq, et jusqu’à dix heures de suite.
Chaque jour la malade prenait un bain de siège, et plusieurs fois dans la journée des pédiluves d’un demi-quart d’heure seulement.
Les prétendus signes d’embarras gastrique, pour lesquels les purgatifs avaient élé prodigués sans succès, disparurent par l’usage des adoucissants. C’est en insistant sur un pareil mode de traitement que nous avons eu la satisfaction, dans l’espace de deux mois, de voir notre malade entièrement; délivrée de celle cruelle affeclion.il y a aujourd’hui deux ans passés que nous n’avons eu à traiter chez madame P. . . qu’une indisposition produite par le chagrin que lui occasionna la perte d’un de ses proches. (Caraven, Journal univ. , tome xxx.)
M. Régnault fait observer, en rapportant ce fait , qu’il y a aussi des exemples de furoncles périodiques.
Tumeurs phlegmoneuses périodiques ^ types mensuel et annuel.
No. 53. Lentilius a observé un nœud périodique au bas-ventre chez une femme de soixante ans; celte affection revenait tous les mois. La partie dure et engorgée présentait la largeur de la main; elle s’étendait derrière le dos, et formait comme une bande ou un cercle parfait. Casimir Médicus, qui cite ce fait, dit qu’il y a plusieurs autres exemples de celle bande phlegmoneuss périodique (Dec. 3, ann. 5 et 9.)
Gabriéli a également observé un battement douloureux , qui revenait périodiquement à la région lombaire droite, chez une femme de quarante ans. A chaque récidive , il s’élevait une enflure assez marquée sur la partie malade ; celle enllure, au bout d’un quart d’heure , se montrait de la largeur de la main ; elle était dure et sensible au toucher. Après plusieurs heures de durée, l’enflure, le battement cessait et tout rentrait dans l’état naturel. (Dec. 3,ann.4.)
Dupuy de Bcllegarde rapporte un exemple d’inflammation périodique de la gorge avec suppuration , formation d’un abcès qui se crève et soulage le malade qui ne larde point à être guéri , et qui ne ressent plus rien jusqu’à l’année suivante, à la même époque. Alors celle affection revient, et disparaît encore de la même manière et en suivant le même cours. {Journal de médecine, tome 55, année 1781.)
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AlFECTIONS RHUMATISMALES ET GOUTTEUSES INTERMITTENTES.
Arthrite rémittente quotidienne. (Fièvre rémittente arthritique.)
No54.Uar)s lesmois de décembre et de janvier, de 1782 à 1783, narsuite de fréquentes variai ions atmosphériques, de Mertens a vu régner à tienne , en Autriche , une fièvre rémittente dont les accès ou les exacerbations avaient lien chaque jour vers le soir, et étaieul spécialement caractérisés par des douleurs aux jointures qui alUiienl tellement en augmei t ml jusqu’à minuit ^ qu’elles arrachaient des cris aux malades. Ensuite ces douleurs allaient en d minuant ju>qn’au malin, alorselles cessaient presque enlié ement durant la plus grande partie de lajournée. Pendant tout ee temps on observait à peine quelques légers mouvements fébriles chez les malades, et iiourvu qu’ils restassent Iranquiilesdans leur lit, ils n'épronvaient aucune doulptir jusqu’au moment du retour des accès fébriles et arthritiques. 11 y avait en même temps iiiapiiélcnce cl sym[)tômes gastriques.
Le camphre , le soufre doré d'aniimoine , la bardane , la salsepareille et le quinquina ne furent que d'un faible secours. Le moyen qui réu.'^sil le mieux au praticien dont il s'agit, furent les bains arlifit iels de Baden, ptéparés avec une partie de foie de soufre et deux parties de chaux vive, rué és sur un feu doux On en mettait une livre et demie dans un hain ordinaire Le bain était d une ou de deux heures; lorsqu’ils en sortaient , les malades étaient essuyés avec deï linges chauds , cl on les plaçait dans des lits très chauds. Ce moj en réussit à guérir la plupart des malades.
Autre rhumatisme avec type quo'idien et tierce. (Fièvre larvée ou dissimulée de Morton, fièvre pernicieuse de M. Alibert.)
No 55. ün teinturier, après s'être souvent exposé an froid, fut attaqué d’une douleur rhumatismale qui se faisait sentir çà et là dans pre.'jque loutes les articulaiious. Ces douleurs devinrent si intenses que le malade fil appeler Morton. Ce grand praticien ayant observé que les urines du malade étaient rouges et laissaient déposer un sédiment briquelé, ayant appris des assistants que les douleurs revenaient à des époques fixes, et qu’elles avaient coutume de s’exaspérer régulièrement, tantôt tous les jours, tantôt tous les deux jours , jugea que ces douleurs étaient dues au venin caché de la fièvre intermittente, quoiqu’il ne vil dans le pouls, ni dans l’état du malade, des indices de fièvre.
Dans le dessein de modérer les douleurs du paroxysme actuel, Morton fit pratiquer une saignée de douze onces au bras, et prescrivit un vomitif à prendre six heures après. Le calme ne tarda point à renaître ; mais pour attaquer le mal jusque dans ses fondements, ce médecin ordonna de prendre loutes les trois ou quatre heures un gros de quinquina avec quelques gouttes de laudanum. Le malade n’eut pas plus tôt pris une once et demie défeette écorce, que, sans autre remède, les douleurs rhumatismales cessèrent; l’appétit revint; les urines reprirent leur couleur naturelle, et le malade fut assez bien , si ce n’est qu’il lui resta pendant quelque temps un air de stupéfaclion causé, dit Morton, plutôt par l’action du laudanum que par celle du venin fébrile. L’application d’un vésicatoire fit disparaître ce symptôme. Le malade était déjà délivré de ses douleurs depuis quatorze jours, lorsqu’il en fut at-
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taq«é de nouveau; mais celtes. ccdèKcntvasseÆ promptement, sans qu’on eût recours à d’autres moyens qu a la saignée et au quinquina. ( Opéra oinnia.)
Autre fémittent quotidien. (Fièvre larvée.)
IVo’56. Le même auteur a vu un homme âgé de quarante ans qui , ayant été .souvent expo.'é au froid, fut pris, L- 15 mai 1690, d’une douleur variable, 'mars qui oecupait spécialement le célé droit du corps. Lorsqu’il fut appelé auprès du malade, cette douleur étaibsi vive, qu’il ne pouvait presque plus se -tourner d’un côté à l’autre; il était couvert de sueur et rendait des urines rouges et briquetées; la langue était sale et aride, la soif violente, le pouls fréquent et l’insomnie opiiiiâlre.
Ou n’a-vait point, dit Morton, reeonnn avant son arrivée rexislence de la fièvre larvée rUumatique dont ce malade était atteint, et qui ,i>r< s 'niait tous les soirs une exaeei b.ilion bien marquée, dette douleur rhuinatisiuale ii’était -poiiil accompagnée de gonflement à rexlérieur. L’usage du kiua ne la fil pas disparaître eulièremeitl ; fnaL> il survint, une semaine après qu’on avait «commencé à l’eiiqiloyer, des aphtes et une salivation critiques qui achevèrent la guérison du malade. ( Opéra omnia, hist. xni et xxii. )
Rhumatisme quotidien . (Fièvre larvée.)
57.. Le docteur Bagué rapporte qu’une f 'mme , vivant dans un canton iinaréeageux, et sujette deftuis lung-leinps à des fièvres intermittentes, fut ►prise de douleurs dans liscliion , qui revciiaiertt tous les jours, à la mêm« fheure, . aux e virons du muscle m.vte externe. Ces douleurs étaient accom- ..pagnées d’ujie chaleur fébriie, et se terminaient par des sueurs. Ai>rés que rcette femme avait sué abondamment, elle se trouvait en éla» de se livrera ^ses occupations. On la fit vomir et on la purgea; on lui fit prendre ensuite -du quinquina auqnel on associa l’elixir de vitriol et les atUispasnjodiques. '.Ces moyens ne taidéreiil point à amener la guérison de celle malade. [Essais d’Édimbourg^ t. vi.)
Autre affe( tion rhumatismale avec le même type. (Febris larvata.)
No 58. Une femme, âgée de trente-sept ans, durant un voyage qu’elle faisait en automne , fut prise d’une douleur très violente qui se faisait sentir dans l’ischion. Ou fit à l’extérieur des applications émollientes qui soulagèrent tellement la malade , que le lendemain elle put se remettre en route, liais l’espoir qu’elle avait d’élre guérie ne fut pas de longue durée, car la douleur reparut au même lieu avec autant d’intensité que la veille. On employa an vain les remèdes auxquels on avait eu recours la première fois. La donieur continua à se faire sentir vivement pendant plusieurs heures. Plu- - «sieurs autres remèdes furent employés. Les douleurs -se calmèrent, pour revenir ennore avec la môme régularité. Le médecin ayant alors reconnu la res- 'semblance de cette affection avec un paroxysme de fièvre intermittente f{-quoiqu’il n’y eût point de fièvre ), prescrivit l’emploi du quinquina qui ne -•tarda point à la guérir sansK retour. [Act. nat., déc. 3, ans vu et viii )
phlegmasies intermittentes
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Autre rhumatisme quotidien.
No 59. Le doctfurHivard r'’pportr qu’un laboureur âgé de cinquante ans, Tobus’c, epri'S s éire beaucoup latigué pendant la moisson , éprouvait tous les jours , depu s cinq hcuri'S du malin jusqu’à sept , une douleur Irés vive à l’épaule ; celte douleur paraissait avoir son siège dans le muscle deltoïde. Oa employa inutilement contre celte douleur tous les moyens usités contre les affeclions rhumatismales ordinaires; elle persista en conservant sa marche périodique jusqu’à ce qu’on eût recours à l’usage des amers et qu’on les eût continués pendant un certain temps, alors elle disparut. ( Thèse sur le rhumatisme, fructidor an xii. )
Rhumatisme périodique quotidien. (Fièvre intermittente pernicieuse, rhumatismale de l’auteur.)
No60. Dans l’aprés-midi du 1^'' février 1826, je fus pris sans cause connue d’un violent frisson le long du dos, de douleurs passagères dans les membres, les lombes, et de quelques crampes. Deux heures après le frisson cessa, ainsi que la douleur des extrémités ; mais celle du dos devint de plus en plus forte, et s’étendit insensiblement aux muscles des épaules et du cou , de manière à rendre presque impossibles les mouvements de flexion du corps et ceux de rotation de la tête ; je dinai néanmoins, mais légèrement, à cinq heures. Peu de temps après, la douleur du cou ayant gag lé toute la partie postérieure de la tête, me sentant d’ailleurs abattu par la fièvre, je me couchai : la nuit fut très agitée. Le mal continuant à parcourir d’arrière en avant toute l’étendue du muscle oceipito-frontal , il me fut impossible de goûter un instant de repos. Le 2, vers les six heures du matin , la douleur ayant diminué, je m’endormis, et à neuf heures, lorsque je m’éveillai, j’étais en sueur, mais exempt de toute souffrance. Je me crus guéri, pensant que mon Indisposition était une simple suppression de transpiration que son rétablissement avait dissipée. Quoiqu’un peu fatigué de la mauvaise nuit que je venais de passer, je vaquai néanmoins à mes affaires une grande partie de la matinée du 2; mais vers les trois heures de l’aprés-midi , je fus pris comme la veille de bâillements, de pendiculalions, d'un violent froid qui dura environ une heure, et fut immédiatement suivi d’une chaleur insolite à la peau, de soif , de fièvre et d’une douleur très vive qui s’étendit progressivement , comme le jour précédent, depuis les lombes jusqu’aux attaches du muscle occipilo-frontal. Arrivée à la tête, elle devint si violente que je manque d’expressions pour la qualifier; elle était tantôt poignante, tantôt déchirante , et isochrone aux battements des artères qui sillonnent le cuir chevelu, battements dont la force me paraissait plus que décuplée. A chaque contraction du cœur, dont le nombre s’élevait de qualre-^ingl-cinq à quatre-vingt-dix par minute, la douleur était exaspérée au point que, quel que fût mon courage, je ne pouvais m’empêcher de pousser des cris; je croyais à chaque instant rendre le dernier soupir; cependant la pailie malade n’était ni rouge ni tuméfiée, elle était seulement plus chaude. La pression exercée avec les deux mains, ou par un bandeau circulaire, ou la seule compression des artères temporales, occipitales et auriculaires postérieures, diminuaient sensiblement mes souffrances ; mes yeux étaient rouges et saillants, mon visage animé, tout mon corps brûlant. Au milieu de cette grande agitation , mon estomac restait calme; point de soif; la pression même un peu forte de cette région u’éveillait aucun
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sentiment pénible ; la langue était pâle, humide, bien épanouie ; seulement elle était couverte d’une légère couche muqueuse. Aucune autre fonction de l’économie ne souffrait ; tout mon mal résidait à l’extérieur du crâne. Soit que je fusse épuisé par la violence de la douleur, ou que celle-ci eût un peu diminué, vers les trois heures du matin je m’endormis, et lors de mon réveil, trois heures après , il ne me restait plus qu’une rude fatigue générale et une grande roideur du muscle sterno-cleido-mastoïdien droit , accidents qui se dissipèrent en partie dans la matinée par quelques légères sueurs chaudes, mais fugaces.
J’aurais dû profiter du calme dont je jouis toute la matinée pour prévenir le retour d’un nouvel accès , je n’en fis rien ; je me contentai de garder la diète, de me mettre à l’usage de la limonade, de prendre quelques lavements et un bain de pieds, dépensai payer cher ma temporisation, car le 3, vers les quatre heures après midi, le frisson revint , et immédiatement après la douleur de la nuque et de'la tête Mais celte fois elle fut si violente que je soutiens que l’homme le plus robuste ne pourrait l’endurer pendant douze heures sans succomber. Chaque contraction du cœur était un coup de poignard pour ma tête; les artères de celle partie du corps battaient avec tant de force qu’à chaque systole elle était soulevée de dessus l’oreiller; il me semblait qu’avec des milliers de pinces on m’arrachait autant de fils nerveux ; je n’osais ni me moucher, ni éternuer, ni tousser; à peine si j’osais respirer ; j’étais comme anéanti ; mon pouls battait quatre-vingt-huit fois par minute ; mon visage et mes yeux étaient rouges et étincelants. Dans ces souffrances inouïes, mon estomac restait tranquille; il était insensible, quoique tout mon corps fût comme dans un brasier. Vers les cinq heures du matin enfin, les douleurs s’apaisèrent, et je pus goûter deux heures de sommeil ; mais, à mon réveil, mes forces étaient tellement épuisées et ma figure tellement changée, qu’à me voir on aurait dit que je venais de faire une maladie de vingt jours.
Mieuxéclairé sur la nature démon maUjeme décidai à prendre douze grains de sulfate de quinine en quatre doses, à la distance d’une heure l’une de l’autre : leur effet répondit à mon allente, car l’accès fut retardé de quatre heures, et les symptômes furent si faibles, en comparaison de ceux que j’avais éprouvés la veille , que dans la nuit je pus tousser, me remuer, dormir un peu; et, dés le malin, après quelques légères sueurs, je pus me lever et prendre derni-once de crème de tartre qui me procura six selles L’ingestion du sulfate de quinine n'occasionna ni chaleur ni sensibilité, et rien qui pût faire soupçonner l’existence d’une irritation du tube digestif. La crème de tartre ne changea pas davantage l’é at normal des voies gastriques , car la langue resta humide, bien épanouie, et seulement couverte d’une légère couche muqueuse.
Le 5, je fus tranquille jusqu’à quatre heures; alors retour de l’accès, réapparition de la douleur et de la roideur des muscles de la nuque et de la tête, et peu après, fièvre , chaleur, etc.; mais tous ces phénomènes présentèrent un degré d’intensité infiniment moindre. A minuit je m’endormis, et à mon réveil, le 6, je trouvai ma tête et mon cou libres, desortequejenc sauraisaffirmer au juste quelle fut la durée de l’accès.
A mon lever, le 7, ma bouche était pâteuse, la langue couverte d’une épaisse couche muqueuse, sans rougeur prononcée sur les bords ; je n hésitai pis à prendre six grains de sulfate de quinine, étendus dans une potion a ilispasmodique. Le 8 , point d accès; l’appétit renaît. Enfin, le 12, je jouissais de la plénitude de mes facultés.
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
Ce n’est pas pour la première fois, ajoute M. Costa, que je suis afTecté d’une maladie semblable : en mai 1822, étant déjà médecin du grand lazaret des 'Pyréïïées-Orientales , j é[»rouvai une maladie qui, à l'intensité prés , offrit les mêmes caractères. Une forte saignée du pied, pratiquée pendant le troisième paroxysme, ayant diminué sensiblement la violence et la longueur de l’accès, je me déterminai le lendemain , avant l’apparition du quatrième, à me faire appliquer vingt-cinq sangsues aux malléoles, lesciuelles terminèrent heureusement mon mal. Voilà donc une affection rhumatismale périodique combattue (>ar (les moyens diamétralement opposés, et qui cependant ont produit les mêmes résultats [Nouvellu bibliothèque médicale, t. iv, 1826.)
lihumalisme intermittent ^ type quotidien et h’erce.’( Fièvre
pernicieuse i humaiismale. )
N'’ 61. M. L...., âgé de vingt-six ans, d une constilnlion sèche , nerveuse, il’un tempérament bilieux, habitant un village situé au fond d'un vallon et entouré d’eau, se mouilla beaucoup, le 2 mai 1834, pend mt une longue marche. Depuis cette éixtqne, inappétence, refroidissement d ns tous ‘tes m mbres et lassitude, qui allèrent en augmentant jusqu’au 6, jour de ma pu mière visite. Je le trouvai dans l’état suivant : membre inférieur driàit deni rfléchi, avec impossibilité de l'étendre, et tellement doutonreux au-dessus. .'iu-dessous du genou, le long de la face externe de la cuis e, et enfin visà-vis de tous les tissus fioreux, que l’on tie pouvait y appliquer le bout du doigt sans faite grimact r le malade. D’ailleurs ventre météorisé, dotdourenx à l'épigastre, irtappé ence , lassitude générale extrême , insomnie, auore,\i€, peau un peu halitiieuse , pouls mou et irrégulier.
Prenaut la maladie pour un rhumatisme sriietdaire aigu, je proposai la ijaigtiée qui , foi t henreusen ent, réjuigna au malade. On lui appliqua Ironie sangsues toco dolcnti, et il prit un bain qui le fatigua beaucoup. (Diète, infusion sudorifique.) Le 7, le prétendu rhurnali-rne envahi! le membre gauche: exacerbation vers le soir; nuit agitée, soubresauts des tendons. (Yingl-cinq sangsues loco d()lenti \ diète, même tisane.)
Le 8, le rhumatisme passe à l’articulation larso-métatarsicnne, et de cellelà à d’autres. Le malade n’ayanl point rendu de selles depuis long-temps, on lui administra un peu de sulfate de magnésie qui lui fit faire quelques selles bilieuses et atigrnenla le mal. (Cataplasmes sur les articulations malades: infusion sudorifique, diète.)
Son état ne fit qu’empirer jusqu’au 13 mai, jour où la maladie se dessina nettement par un accès bien caractérisé, avec frisson, chaleur, sueur et rhumatisme articulaire qui disparaissait dans l’apyrexie. Je n'ai point remarqué s’il y avait rougeur et tuméfaction des articulations envahies. (Sulfate de quinine, diète ) Le 15, autre accès qui dura dix huit heures , suivi de sudamina au creux épigastrique; urines briquetées, fétides. (Même prescription.)
Le 17, autre accès marqué par un simple changement de couleur et une décomposition éphémère de la figure, quelques soubresauts dans les tendons, sommeil encore troublé. par des rêves sinistres. (Potage matin et soir; soluL fébrif. ) Le 19, point d'accès de rhumatisme ni de fièvre. ( Voisin, Gazefto médicale de Pari&, 1836. )
Autre rhumatisme avec le type tierce.
No 62. Une femme Agée de soixante-dix ans éprouva un frisson fébrile* Le lendemain, rien de particulier. Le troisième jour, fièvre commenf;ant par
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un frisson suivi de chaleirr et de douleurs très vives à l’épaule et au hras gauches; le lendemain, ces douleurs disparaissent presque entièrement; il survient seulement un peu de tuméfaction à la main gauche. Le jour suivant, retour de la ûévre accompagnée de douleurs très vives aux deux main.s el aux pieds, et revenant ainsi avec une nouvelle intensilé tous les deux jours, pendant qu'il y avait une rémission bien manifcite les jours intermédiaires» [Éphéni. des cur. de la nat., an. viii, obs. 46 <)
Rairn-Fortis a observé une affection arthritique avec le type tierce, qui avait été occasionnée par la suppression des hémorroïdes. (Sauvages, Nosologie méth., l. II. )
Rhumatisme goutteux sous type tierce,
63. Le 29 juin 1824, Thiroux , chasseur du lO'* léger, fait une chute dans Fun des fossés des forliOcalions de Thionvilie ; il eu résulte dans, le genou gauche un go: flernent iiiO.immatoire qui s’étend jusqu'au tiers i-nfé“ fieur de la ciiis>e et au quart supérieur de la jambe. Cet homme est cjs^voyc de suite à l’hopilal militaire, où je suis provisoirement chargé en chef du service chirmgical, et je lui prescris le régime et le traitement indiqués en pareil cas ; j’insisle particulièrement sur les énti'sions sanguines locales» Le 11 juillet, treiziéme jour de sa chute, les ac( ideuls iuflammaloires pa» laissent dissipés; il ne reste dans l’arliculation qu’un peu de roideui jointe à une légère douleur, qui augmente quand le blessé vent fléchir la jambe. L’é- Jlat du genou reste le même jusqu'au 18. Dans cet intervalle, un léger catarrhe pulmonaire et un peu de conslipaliou viennent c’>mf)li(juer lu première affection. Le IraiU nient est modilié en conséquence : je n’r iuploie pour topique que le liuiment camphré opiacé. Le 18 au soir, le malade ressent dans l’articulation une douleur vive qui, une demi heure après, C-t suivie d’un accès de t é re bien prononcé. Tous les jours pairs, un accès sernbiable, précédé de la même douleur locale reparaît à peu prés à la même heure, jusqu’à la lin du mois. Je ne doute jtasque la fievre ue soit uîiecouséqueuce de rirritalion intermittente de l’arliculalion fémoro-tibiale; c’est pourquoi, le 31 , jour d’apyrexie, je prescris quart, œufs et pruueaux, matin et soir, deux litres d’oxjciat, deux potions acidulées, un dem -.}aiu tiède, et un cav îaplâsme émollient arrosé de teinture d’opium. Le soir, je fais appliquer vingt sangsues autour de la rotule; il en résulte quinze piqùresqui saignent une partie de la nuit.
L’accès que le malade attend le lendemain n’a pas lieu, et tous les phénu» ménes se bornent à une très légère horripilation. Je continue le même régime elle même traitement, à l’exception de ia saignée locale.
Le 3 août, l'accès manque encore, Thiroux me prie de lui accorder la demie, et je cède à ses instances: il se promène dans la journée. Le 4, au malin, douleur dans l’articulation (frictions locales avec le liniment opiacé), accès de fièvre d’une demi-heure , à huit heures du soir. Le 5, application d’un cataplasme émollient , arrosé de teinture d’opium, à renouveler trois fois dans la journée ; je recommande au malade de ne plus marcher.
Le 6, au matin, La douleur locale se renouvelle, et l’accès de fièvre a.lieu à uno heure après raidi. Le 7 , je réduis les aliments au quart. La langue a toujours été large et blanchâtre, sans rougeur au pourtour. (Même médication que cidessus, plus deux oncesde vin de quinqHina.)Le8,aGeésde fièvre à onze heures du matin. Le 9, je fais friclionner le genou avec le Hniment opiaeé; jele fais envelopper deflanel le imbibée de décoction émoi lienle.(Miême8 médicaments à l’intérieur.) Lu léger -paroxysnïe adieu le 10 , vers^ huit 'heures du malin t
1 lü
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
je double la dose du vin de quinquina. Depuis lors , plus de mouvement frébrile , plus de douleur locale , et aujourd’hui , 16 août , le malade en pleine convalescence, peut se promener sans béquilles. (Deleau. Annales de la médecine physiologigue, t. III.)
Affection goutteuse avec le type tierce, (Fièvre pernicieuse ,
arthritique de l’auteur. ]
No 64. M. D .., âgé devingl-huit ans, avait éprouvé quelques accès de goutte dont il ne s élait pas ressenti depuis environ trois ans. I n 1816 , à la suite d’un voyagedans le Midi et de l’usage de quelques médicaments un peuâcres, il fut atteint d’une cardialgie que des boissons et une diète adoucissantes avaient dissipé depuis peu, lorsque le 21 octobre il survint un frisson violent, accompagné de tous les autres symptômes qui caractérisent un accès de Oèvre , eide plus un gonflement du pied droit, qui semblait annoncer qu’un accès de goutte voulait se développer. Une sueur abondante rétablit le calme , et la tuméfaction du pied disparut. Le malade fut en pleine sécurité jusqu’au 23 , époque à laquelle un second accès , semblable au premier, mais beaucoup plus intense, inspira des craintes aux personnes qui l’entouraient. Je fus appelé auprès de lui. Le. visage élait rouge, la langue humide et dans l’état naturel , la céphalalgie (rés vive, le pouls dur et serré; il y avait un léger tremblement des lèvres et un peu de délire. (Eau de poulet, avec la fleur de tilleul , potion calmante.)
Le 25j le malade se crut guéri ; mais la journée du lendemain fut marquée par un accès qui ne laissa point de doutes sur la nature de l’inflammation ; le pied commença par devenir douloureux et gonflé; les frissons survinrent bientôt, avec délire furieux , soubresauts des tendons, regard égaré, etc. (Sinapismes aux jambes ; demi-once de quinquina en trois prises dés le commencement de l’apyrexie ; plus tard, un lavement avec l’infusion de camomille et vitigl grains de camphre).
Le 27 , rac( ès fut borné au gonflement du pied et à un léger mal de tête ; ce qui persuada au malade que la goutte allait reparaître, et lui fit apporter beaucoup de résistance à prendre une seconde dose de quinquina égale à la première Les accès ne rei)anirent plus ; les forces abattues se relevaient rapidement , lorsque , le sixième jour de la convalescence , par un temps froid , le malade alla se promener dans la campagne ; à son retour, il éprouva quelques frissons et une douleur assez forte dans le pied droit. J’insistai inutilement sur l’administration du quinquina. Le lendemain , la douleur du pied fut plus vive, et le frisson régulier, accompagné d’un grand mal de tête. Trois verres de décoctions de quinquina , données par jour, suspendirent les accès pendant trois fois vingt-quatre heures. Le malade les cessa deux jours, et il reparut un accès que le quinquina arrêta encore ; ce médicament , continué pendant huit jours, assura la guérison. (J. L. Brachet, Journal complémentaire , t. 111.)
Rhumatisme articulaire , type rémittent , quarte et quotidien. (Fièvre inlermittente , pernicieuse , ischiatique de l’auteur.)
N« 65. BernardoT.., âgé de soixante-quatorze ans, menant depuis quelques années une vie commode, mais demeurant sur les bords de l’Anza dans un moulin à amalgamer l’or, où la température ne s’élève pas, mêmeen juillet, audessusde6o R., éprouva au commencement d’oclobrede l’année dernière, des douleurs vagues aux reins, puis aux régions sacrée et coxale gauches. Le mé-
decin appelé pour lui donner des soins, voyant dans celle affeclion un cas de rhumatisme simple, conseilla racnpunclure. le malade s’y refusa el préféra les sangsues et les fomenlalions d’eau froide que l’on y substitua; il en résulta de l’amélioration. Le malade, pour réparer la perle de sang, crut bien faire de boire une certaine quantité de vin. Retour de l’exacerbation fébrile, qui fut calmée par le régime et des frictions avec la pommade stibiée sur le point douloureux. Deux jours se passèrent assez bien, puis la fièvre le reprit, et l'accès dura six heures. A sa visite le médecin trouva le pouls mou, un peu fréquent, signes d’embarras gastrique, constipation depuis deux jours, urines rares et colorées, douleur de la cuisse violente, augmentant au moindre mouvement. (Deux onces d’huile de ricin, décoction d’orge nilrée, abstinence de vin, panade.) Mieux pendant trois jours ; la douleur reparaît, et avecellela fièvre, accompagnée de frissonet d’une soifardente; pouls fréquent el petit ; douleur à l’épigastre, langue blanchâtre , urines rares et sédirnenteuses, constipation, douleur de la cuisse très vive ; l’accès dure huit heures, et seterminepar des sueurs. (On reconnaît une fièvre intermittente rhumatismale, et l’on prescrit quinze grains de quinine en trois prises ; vésicatoire sur l’endroit douloureux ) Exacerbation de la douleur, nuit agitée, insomi.ie, pouls moins fréquent et môme lent , douleur d’estomac , angoisse ; cet état dura tout le jour. (On ajoute aux deux doses de quinine qut restent à prendre, un demi-grain de sulfate de morphine.) il en résulte un peu de calme ; le vésicatoire rend abondamment , et la douleur rhumatismale est apaisée.
Le lendemain malin, elle revient avec fureur (toujours dans la région sacrée et coxale ) ; agitation, rigor suivi de chaleur intense, pouls très fréquent, angoisse , difficulté de parler , vomiturilions , syncopes , léger délire , tremblement des extrémités, urines rares, ventre tendu. Neuf heures après, rémission, sueur abondante^ le pouls sc ralentit. (Vingt grains de sulfate de quinine en cinq prises, de quatre en quatre heures.) Amendement dans l’aprés-dîner ; dans la nuit insomnie; à deux heures retour de l’agitation, syncopes. (Quatre autres grains de quinine et un de sulfate de morphine, autant le soir el à la quatrième heure de la nuit.) Calme, sommeil paisible de trois heures , puis un nouvel accès de fièvre plus violent que le précédent ; api es onze heures de souffrance, terminé par la sueur. (On prescrit six grains d’émétique dans une livre d eau , la moitié à prendre en une seule dose, le reste par onces de deux heures en deux heures.) Le malade prend le tout en deux fois à peu de temps d’intervalle , el favorise le vomissement par de l’eau tiède ; une sueur modérée survient ; quatre selles , puis sommeil assez pai^ible.
Le lendemain, six grains d’émétique à doses fractionnées. Après les premières prises, vomissements, sueurs, deux selles, nausées continuelles; l’état général s’améliore après les suivantes.
Le jour suivant, il [irend encore trois grains d’émétique, la fièvre ne revient point, et la douleur rhumatismale se dissipe. (G. Fanlonelli, Jlnnaî. univers, di medicina, t. lx )
Rhumatisme articulaire avec le type quarte,
N» 66 Gendron, charpentier , âgé de quarante-huit ans, d’un tempérament sanguin, d’une constitution athlétique, était depuis long temps sujet à des douleurs rhumatismales qui revenaient à des époques indéterminées, et qui variaient beaucoup pour leur siège et leur intensité. Il les avait éprouvées particuliérement dans les lombes, dans l’arliculalion iléo-fémorale, dans les genoux ell épaule gauche.
Au commencement du mois d’octobre 1819, Gendron ayant été exposé à
PIILEGMASfES INTERMITTENTES
la pluie, et ayant consprvj'^ [x'ndant prés d'une jor.rriée ' les 'habils mouillés qu’il [)orlait, éprouva des fri>sons, des lassitudes, un malaise général, du dégoût pour toute espèce de nourriture, et des douleurs violentes dans le genou gauciie ; ces douleurs prirent bientôt un accroissement tel que le malade 'fut obligé de rester au lit , et me fit apj^eler le 6. Je le trouvai en |)roie à des douleurs cruelles et comme lancinantes dans le genou gauche. Celle ai ticulatioii était tuin fiée, très chaude et un peu rouge ; le pouls était fébrile, l’appétit nul, la soif vive ; il n'élait pas allé à la selle depuis quelques jours. Un peu de douleur qui s’était fait sentir dans le principe an genou droit avait disparu. .le prescrivis la diète, une boisson rafraîchissaule et diurétique , un lavement, l’a pp! ica lion de vingt sangsues et d'un cataplasme émollient sur le genou rnalarle. Les douleurs furent promptement arrélces ; le gonflement et la gêne eédcrenl aussi dés le lendemain ; de sorte qne, le 8 , Gendron se crut parCaitemenl guéri. Il reprit ses travaux le 9 ; mais le lendemain de nouvelles douleurs se font sentir au même genou ; il continue à travailler ; les douleurs devienneul bientôt si violentes qu’il est forcé d’abandonner son travail. Il survient, comme auparavant, de la gène, du gonflement et une chaleur tels, dans rarticulalion dont il s’agit, que le malade ne pétilla remuer sans éprouver les douleurs les plus aiguës ; application de quinze sangsues cl continuation des autres moyens indiques. Les douleurs diminuent vers la fin de la journée, et cessent entièrement durant la nuit, à 1 aide de sueurs générales très abondantes ; il ne reste, le 11, qu’un peu de gonflement ; mais les douleurs se portent sur le genou droit. Comme elles sont supportables, le malade se contente de rester au lit, et le lendemain toutes ces nouvelles douleurs disparaissent encore.
Le 12, il ne souffre nulle part ; toutes ses articulations sont libres ; il se lève et marche facilement.
Le 13, même état. Je croyais cet individu entièrement guéri ; je ne l’avais plus revu depuis le 10, vu qu’il était éloigné d’une lieue environ de ma résidence. Mais le 1 4,je fus appelé de nouveau ver.s les onze heures du matin, et je trouvai mon malade livré à des douleurs cruelles qui avaient commencé dés la pointe du jour, heure à laquelle il avait voulu se lever pour aller à son travail C’était encore le genou gauche qui en était le siège. Celle articulation n’offrait point à l’extérieur d’autres signes d’inflammation qu’un peu de gonflf'menl; mais on ne pouvait la presser ni la remuer sans faire éprouver au malade des douleurs insupportables. Le pouls éiait dur, fréquent; il y avait du dégoût , de 1 inappétence, et plusieurs phénomènes syntpalhiques. Je pratiquai une saignée ; j’ordonnai l’application de huit sangsues et d’un large cataplasme émolücnlsur l’a rliculatioti malade, une décoction d’orge et de chiendent édulcorée et nitree, puis la diète. Le malade n’étant pas allé à la selle dejuiis plnsieurs jours, et n’ayant pas la facilité de jjrendre des lavements, je prescrivis nn léger purgatif. Dans cet accé.'^, comme dans le précédent, les douleurs quil lércnl promptement le genou gauche pour se porter sur le droit Elles se firent sentir dans ce dernier avec tant de violence durant tonte la nuit, que le malade ne put fermer l’œil ; le lendemain, celte arlieiilation était goi fiée, rouge, et si douloureuse, qu'on pouvait a peine la toucher .'•ans faire jiousser des cris au malade. J’y fis applifjuer douze songsjies et im cataplasme émollieul ; du reste, mêmes »no\cn.s. Le sang coula durant toute la journée par la itiqûre des sangsues, et les douleurs furent si peu rttarquées vers le soir, que le malade put doi ntir presque toute la nuit. Le 1 6, il sort de son lit, se proméiii* et ne sent de mal nulle part.
Frappé du caraclére périodique de celle affeclion, je m’empresse de près-
EXTERNES
crire six gros de quinquina en poudre, à prendre, par dîTérentes doses, dans la journée du 17. L'état de l’estomac est tel, que l’appétit est augmenté, loin d'étre dérangé par l’administration de ce médicament Le 18, t’aflcction rhumatismale revient, mais elle change de place, et les (Idnlenrs se •’ont sentir dans l'épaule gauche. Les douleurs étant si!}>portahlcs, et le type intermittent de cette affection bien constaté, je tjégligeai tous Icsmoyests locaux^ je prescrivis simplement le repos au lit et quelques boissons délayantes. Les douleurs de l’épaule ne tardèrent poiîit à disparaître; et dés le lendemain, ii n’y avait jilus qu’un 1)6!) de gêne dans cetie articulation. Le 20, litierté de tous les organes, intégrité de toutes les fonctions. Même état le 21 ; le maade prend une once de quinquitta. Le 22, retotir de qtielques douleurs au genou droit seulement ; elles disriaraissent dans la jouriîée, saiis autre moyen que le repos. On continue l’usage du quinquina , et l’afieclion rhumatismale n’a point reparu.
Autre rhumatisme avec le type quarte.
No 67. Senac a observé un homme à qui il survenait, tous les trois jours régulièrement, une douleur très violente d uis la région sous-scapulaire ou^ dans rarticulatinn scapulo-hmnérale ; cet habile praticien, ayant administré le quinquina au malade, le délivra très promptement de celte afrection rhumatismale, qui présentait le type quarte. {De recondita fehr. intermitt. na~ turâ, pag. 1 36 ).
Musgrave a observé des douleurs arlhriliqnes qui revenaient tous les trois jours à la suite d’une fièvre inlermitlenle quarte. (De arthritide regul. cap. 9).
Morton, ouvrage cite, parle de deux exemples de goutte intermittente, qui ont succédé à des fièvres quartes.
Autre rhumatisme intermittent.
Ne 68. Une femme de trente-six ans, accouchée depuis un mois, et qui venait de perdre son nourris.'^on, fut reçue à la clinique interne de la faculté de Strasbourg, dans les premiers jours de juillet 1818. Elle avait les cxtrérnilés sn[>érieures et inférieures extrêmement enflées , ronges , douloureuses , à ne pouvoir être lonchées en aucun point ; elle ne Irouvait aucune position bonne ; les mamelles et une partie delà poitrine étaient pareillement enflées et donlourenses; fièvre en même temps très vive, et cépb.alalgie ; selles cl urines supprimées, ou ne s’exerçant qu’avec peine. Elle nous avoua que , vu l’extrême chaleur, elle n’avait point pris de précaution pour sc couvrir après avoir cessé de nourrir. Une méthode anliphlogisliq e très active fui employée immédiatement, puis des fomentations cmollieriles , et dos fi ictions avec de l’huile camphrée. Le troisième jour, les principaux symptômes avaient déjà cessé; des pilules antimoniales furent alors adminisliées à assez forte dose, et le gonfl •ment des membres abdominaux ayant disparii, celte femme put com.mencer à se lever. Siiccessiverrrenl les donleur.s elle gorflernent des membres pectoraux diminuèrent aussi ; cl nous croyions la malade [)rocbe de la guérison , lorsque tout à-coup les genoux devinrent er flé'-, comme la f)remiére fois , puis les talons, les orteils , ensuite les deux coudes et les doigts. Nouvel amendement et nouvelle rechute , ce qui alleruait suivant que l’atmo.'phére était sereine ou tïébuleuse. Je renonçai alors à l’antimoine,, pour adminislror le quinquina, qui m’avait déjà réussi contre des rln!mati.smes .sem- 'blables, sujets à des retours-périodiques. La malade en ayant pris une 'demi-
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
once par jour en quaire prises, alla de mieux en mieux, el ne s’aperçut plus des changements de temps. Après des chaleurs très fortes, l’air se refroidit toul-à-coup, el il tomba de la pluie dans les premiers jours du mois d’août. Je permis à la malade , pour l'éprouver, d’aller se promener en ville; elle n’eul point de rechute. Elle sortit de la clinique, parfaitement rétablie, le 10 août, apres avoir pris sept onces de quinquina. {Foderé.)
Affection goutteuse avec le type d'abord quotidien , puis double-
quarte. (Febris larvata.)
No 69. Une femme âgée de quarante ans, dont les régies avaient toujours été peu aho ridantes el irrégulières , dont le corps était un peu enflé , éprouvait surtout tous les malins de l’inappétence, des envies de vomir ou des vomissements bilieux , et des douleurs très marquées dans les articulations.
Celle femmeavail été guérie, par le moyen du quinquina, d’une fièvre tierce assez intense ; mais n’ayant point continué l’usage du quinquina aussi longtemps qu’il aurait fallu, et ses règles s’étant supprimées à cause de son âge, elle fut prise, l’automne suivant, d’une fièvre continue avec une goutte erratique dont quelques ignorants, dit Werlhof, attribuaient la cause au quin*^ quina dont elle avait fait usage deux ans auparavant.
La malade ayant pris pendant trois semaines des remèdes adoucissants , diaphorétiques , et ayant observé un régime convenable, son affection prit une marche régulière et se présenta sous le type double-quarte Werlhof profila alors de la rémission bien sensible qu’on observait dans la fièvre et les douleurs arthritiques, pour administrer le quinquina dont la malade, plus docile à ses avis, continua l’usage à certains intervalles déterminés et sous diverses formes convenables; par celle précaution, l’affection goutteuse et la fièvre furent guéries sans retour.
On vil alors les régies couler plusieurs fois encore ; l’appétit se rétablit peu à peu ; le vomissement du malin cessa entièrement ; les forces de la malade se rétablirent el sa constitution s’améliora. (Weulhof. Observationes de fehribus. )
Knii)hof a observé une affection arthritique qui récidivait tous les ans chez un marchand, et se montrait ponctuellement le meme jour. [Acta. nat. curios., vol. V, obs. 18.)
Nous venons de rapporter bon nombre de faits qui ne laissent aucun doute, ce nous semble, sur l’existence des phlegmasies intermittentes des membranes muqueuses oculaire , nasale , auricula’re , sur les inflammations périodiques des tissus cutané , musculaire , fibro-séreux des articulations , et meme du tissu cellulaire , sous forme de fluxions sanguines et de tumeurs phlegmoneuses. Il y a, parmi les auteurs dont nous avons recueilli les observations , des noms trop connus , des praticiens qui ont vécu à une époque trop éloignée de nous , pour qu’on puisse dire qu’ils aient conspiré en faveur de la doctrine physiologique! Morton, Werlhof, Storck, Wolphius, Hoffmann, Strark,Musgrawe, Senac, Van-Swiéten , Conrad Gmelin, Medicus, Vander-
EXTERNES
monde, Lorry, Lordat, de Mertens, Fodéré, etc., nous ont laissé dos faits dont les symptômes indiquent manifestement des phlegmasies intermittentes externes.
Plusieurs de ces faits, il est vrai, surtout les plus anciens , manquent de détails satisfaisants, mais ils ont cela de commun avec la plupart des autres observations rapportées par les mêmes auteurs, quel que soit d’ailleurs le genre , quel que soit le type des maladies dont ils nous ont transmis des histoires particulières. Tout médecin qui a un peu lu sait très bien qu’anciennement on n’attachait aucune importance à ces détails de faits, exigés aujourd’hui pour de bonnes raisons. Le manque de détails ne peut donc raisonnablement être un motif de réprobation pour les affections intermittentes qu’autant qu’il en sera un également pour toutes les autres maladies. Or, quel médecin de bonne foi récusera jamais le témoignage de l’antiquité? Son langage, quelque simple et laconique qu’il soit dans l’exposition des faits comme en toute chose , ne semble-t-il pas porter avec lui le sceau delà vérité? Quand des Hoffmann, des Yan-Swiéten, des Strark nous apprennent qu’ils ont vu des ophthalmies périodiques dans lesquelles ces grands observateurs ont reconnu des symptômes inflammatoires , puisqu’ils les attaquent par la saignée et les antiphlogistiques , comme le fit , par exemple, Van-Swiéteii dans l’observation sous n« 2 , peut-on nier de tels faits ou récuser de pareils témoignages? Quand Hoffmann nous apprend qu’il s’est formé sur fœil de son malade une taie, pensera-t-on que cette taie soit la suite d’une affection nerveuse? il en est de même à cet égard de l’observation suivante: etquandun Stoll reconnaît des ophthalmies ou des coryzas intermittents , nos 4 et 21 , quand ce grand praticien , si peu partisan de la saignée et des sangsues en général , et si disposé à ne voir partout que des affections bilieuses , surtout dans les fièvres intermittentes ; quand, dis-je, Stoll traite une ophthalmie intermittente par des applications de sangsues, un coryza périodique par les émollients et la saignée, avant d’en venir à l’administration des évacuants , on peut bien croire que Stoll avait bien vu de véritables phlegmasies. MM. Rayer et Bailly nous diront-ils que ces faits manquent de détails et d'importance ; que ces affections périodiques n’étaient pas inflammatoires ; qu’elles n’étaient pas primi/it-rs, mais sous la dépendance d’une fièvre d’accès ou d’une irritation cérébrospinale? Mais les observateurs dont il s’agit savaient distinguer
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
aussi les affections nerveuses ; ils cnont vusous type intermittent, ei ne les ont pas confondues avec les précédentes; ils ne nous disent pas non plus qu’ils les aient recueillies, ces phlegmasics périodiques, pendant une épidémie de fièvres d’accès; quelquefois meme elles u’éiaienl pas accompagnées de fièvre ; comment donc concevuii* l’influence ou la dépendance d’un être imaginaire, d’un être fébrile ou nerveux qui n’existe pas !
Quant aux détails, quant au nombre de symp’ômes suffisants pour caraciéi-iser des ophihalrnies et des coryzas intermittents , si les faits anciens ne conviennent j)as, ou ne sont pas de nature à satisfaire toutes les exigences , peut-il en être de même, et n’at-o.i pas presque Vcmbarras du choix, dans les observations qui ont été r cueillies depuis celte époque? C’est ainsi qu’Arloing , sous n« 13, nous dit qn’il a recoin*. u dans l’inflammation de l’œil un ché i.osis qui cachait presque la cornée transparente, qui causait des élancements très vifs au fond de l’orbite , et qui ressei rait tellement les paupières qu’on ne pouvait les écarter pour examiner l’œil , d’ailleurs très sensible à la moindi e lumière , etc. 0.1 Voit, dans l’observation sous l’i, une jeune personne san- -guine chez qui la conjonctivite est occasionnée par la suppression de ses règles, et qui guérit par le retour de cette évacuation sanguine. Doutera t-on do la nature inflammatoire de cette ophîhalmie dont les symptômes locaux étaient d’ailleurs très caracléribliques , comme il est facile de s’en assurer? Cependant elle présentait le type tierce, et les intermissions étaient si complètes que la jeune personne pouvait s’occuper à lire le jour quelle n’avait pas d’accès ophthalmiques. On ne peut pas davantage douter delà nature et du type des conjonctivites quotidiennes, tierces et quarte , rapportées sous les n^sG , 7 , 8, 9 , 10 et 15 ; puisque dans toutes ces observations les symptômes inflammatoires sont exposés avec détail , puisqu’il y a même des médecins qui , pour mieux s’assurer et de la nature et du type de l’inflammation dont il s’agit, ont attendu plusieurs accès inflammatoires avant de leur opposer les moyens convenables et de les combattre par le sul.^ate de quinine ; par cette attente , ils ont même été obligés , avant la terminaison du dernier accès ophthalmique qui fut très violent, d’en venir à des applications de sangsues avant l’emploi déjà projeté de l’anti-périodique, comme dans l’observation sous n® 7. Il en est de même des autres faits que je viens de citer, dans lesquels les praticiens qui les ont observés ont parfai-
EXTERNJES.
tenient reconnu une inflammation de l’œil et des paupières, qu’ils ont combattue d’abord par la sa-gnée , les sangsues et les autres moyens antiphlogistiques appropriés, croyant n’avoir affaire qu’à une phlegmasie ordinaire ; mais ayant constaté l’insu fFisance de ces derniers moyens et le type intermiileat de roj)hthalmie , tous en prévinrent le retour par radminisiraiion du quinquina ou du sulfate do quinine.
Nous ne dirons que deux mots des observations sous nos lî et 12, d’iriliies intermiuentes , dont la dei n’ère éiait survenue à la suite de l’opération de la cataracte par abaissement. Ces inflammations, comime il convient en pareil cas, furent d’abord attaquées par un traitement antiphlogistique très énergique, surtout de la part de M. Bourjot-Sainl-Ililaire, qui, ayant reconnu pourtant riïjsuffisai ce des saignées, des applications de sangsues et de tous les lévulsifs possibles , et ayant remarqué le type intermiiieiii de l’iriiite, essaya l’emploi du sulfate de quinine selon la méthode endermique. Ce dernier emploi n’ayant pas réussi complètement, on l’administra en lavenmiiis, qui furent presque nuisibles et occasionnèrent un violent priapi me. Alors iM. Bourjot-Saint-Hilaire eut riieureuse idée de faire aspirer le sulfate de, quinine par le nez, en poudre, comme du tab ;c ; de cette maîiière il obtint un succès plus marqué. L’usage de la belladone, qui a été conseillé en pareil cas, est plus nuisible qu’utile, parce que son effet se bornant à dilater la pupille , les douleurs iralgiques se trouvent plutôt augmentées que diminuées: c’est un traitement antiphlogistique très actif, ce sont les adoucissants locaux et généraux qui conviennent le mieux. Il est bien à regretter que ces deux observations manquent de détails propres à faire mieux connaître l’inflammation de l’iris. M. Quadri, en sa qualité de professeur d’oph.thalmologie à Naples , eût été bien à môme de décrire les modifications éprouvées par l’iris et les autres parties intégrantes de l’œil pendant l’inflammation de la membrane dont ii s’agit. Comme dans l’observation de M. Quadri, ou a remarqué que l’iritile, toutes les fois quelle se trouvait en partie sous l’influence d’une affection vénérienne, présentait presque toujours, sinon un type intermittent absolu, du moins des exacerbations nocturnes parfaitement régulières. MM. Fournier etBégin, dans le^ intéressantes notes qu'ils ont ajoutées au Traité des maladies des yeux de Scarpa,nous ont paru suppléer aux détails qui manquent dans les faits que nous avons rapportés : «La elouleur locale, Taversion pour
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)) la lumière elle larmoiement, disent-ils , paraissent plus consi- » dérables que ne l’indique la violence de l’inflammation de l’iris.
» Il se manifeste presque touj ours une douleur fixe, profonde , qui » paraît avoir son siège dans l’os frontal, qui occupe le sourcil et la x> partie supérieure et antérieure du crâne. Cette douleur revient » tousles soirsy s accroît jusqu à minuit , etse dissipe graduelle-s ment au commencement du jour. Chaque accès est accompagné » de rougeur plus intense au globe de l’œil et d’un accroissement » manifeste des symptômes de rinflammaiion. Après que le f) calme est rétabli, la vue demeure affaiblie pendant quelques » heures , etc. »
Les observations de conjonctivites périodiques , sous 16 et 17, sont remarquables d'abord par leur type octane , qui est assez rare. La première présente encore cela de particulier qu’elle revient plusieurs fois à de longs intervalles, toujours en présentant le même type octane sur l'œil droit; tandis que , du côté gauche, l'inflammaiion de l’œil, y ayant été produite accidentellement par une violente contusion , fut continue comme à l’ordinaire; et tant que celle-ci dura , l’ophthalmie périodique de Tœil droit fut suspendue; puis, elle revint comme auparavant quand la phlegmasie continue fut dissipée. Cette alternative d’inflammation d'un œil à l'autre est assez remarquable aussi dans le second fait, observé par M. Meynier, dans lequel les deux yeux sont affectés, chacun deux fois successivement et toujours avec le type octane. Dans les réflexions dont il accompagne ce fait, le médecin dont il s’agit nous confirme qu’il n’y avait pas de fièvre chez sa malade , point de frisson au début , point de sueurs à la fin : « Le symptôme principal (l’inflammation) était si saillant, i) il effaçait tellement tous les autres que, sans une investigation » attentive, dit-il, ceux-ci eussent pu nous échapper, alors je V ny aurais vu qu'une phlegtnasie absolument locale. » On voit que ce médecin est encore dominé par le prestige de l’intermittence , et que, à l’exemple des anciens , il ne peut concevoir ce phénomène sans sa compagne ordinaire, la fièvre; et celle-ci n’étant pas survenue ou n'ayant pas existé dans l’ophthalmie périodique qu'il a observée, il la suppose; aussi caractérise-t-il ce fait une fièvre oijhlhalmique octane !
Dans les observations de rhinites intermittentes, rapportées par Deschamp et Carron , sous m* 23 et 24 , la phlegmasie de la membrane pituitaire n est pas bien évidente ^ dit-on, ou se trouve
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accompagnée de symptômes fébriles et gastriques qui constituent la principale maladie ! Mais que ces rhinites soient primitives ou secondaires , toujours est-il vrai quelles ont existé aussi bien que celle observée par Stoll, dont nous avons déjà parlé , puisque cesphlegmasies ont été reconnues par les praticiens dont il s’agit, qui étaient bien à même, sans doute, de distinguer des coryzas de toute autre maladie. D’ailleurs, si l’on était de bonne foi , que manquerait-il dans ces deux faits pour caractériser des rhinites bien tranchées? puisque Deschamps nous dit qu’il y avait un état de' sécheresse , de pesanteur et de douleur dans la membrane muqueuse , qui tapisse les fosses nasales et les sinus , pendant l’accès ; tant que celui-ci durait, tous ces symptômes étaient très intenses et accompagnés de la suppression du mucus nasal dont la sécrétion ne se rétablissait que vers la fin de l’accès et durant l’intermission. Garron nous parle d’une douleur très vive avec des tiraillements, des élancements dans la narine et le sinus maxillaire, d’un enchifrènement très marqué, suivi de Xécoulement d'un mucus puriforme. Aurait-on d’autres symptômes pour caractériser des rhinites sous le type continu ? Remarque singulière ! encore aujourd’hui, comme nous l’avons déjà vu , quand il n’y a pas de fièvre chez un individu atteint d’une phlegmasie intermittente externe, ou quand celle-ci n’est pas assez intense pour provoquer des phénomènes sympathiques, comme dans les exemples de coryzas rapportés par Vandermonde et par M. Chomel sous n°* 22 et 25, on veutque^la fièvre soit cachée ou dissimulée ! Ce professeur, d’ailleurs si instruit et si bon observateur, ne nous dit-il pas à propos de ce fait : (( qu'on aurait pu croire à l'existence d'un rhume de cerveau ? Mais ces accès revenant tous les jours , cet accroisse- » ment régulier, cette durée des accès égale à celle des accès » d’une fièvre intermittente, nous ont fait découvrir une analo- » gie marquée, et nous ont indiqué une fièvre masquée ou lar- » vée l » Fièvre larvée qui n’empêche pas ce praticien distingué de reconnaître des symptômes inflammatoires chez son malade , puisqu’il prescrivit une saignée et la diète, en attendant qu’on put lui administrer le quinquina. D’où vient donc qu’on veut aujourd’hui ressusciter les fièvres larvées des anciens? En aurait-on besoin pour jeter quelque prestige sur les affections intermittentes , ou pour détourner les yeux des inflammations de même type qu’on est fort disposé à nier, ou sur I. 6
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la nature et l’existence desquelles on provoque mille doutes, dans la crainte qu’avec de tels faits on achève de renverser l’antique échafaudage des fièvres essentielles qu’on veut maintenant, sinon conserver intact, du moins rajeunir assez pour le rendre viable, ne fût-ce que pour quelques années encore?....
Parmi les phlegmasies intermittentes externes dont nous avons rapporté des exemples, plusieurs constituent des affections purement locales, sans agitation du pouls, sans symptômes généraux ou sympathiques , en un mot sans fièvre. On ne peut pas dire alors que ces affections ne soient qu’une dépendance ou qu’un effet de la fièvre, puisque celle-ci n’existe pas. Plusieurs de ces faits n’offrent également aucun symptôme gastrique : l’état de la langue et des fonctions digestives était excellent ; on ne peut pas les attribuer à un surcroît de bile ou à une lésion quelconque des organes digestifs , puisque rien n’indique le trouble de leurs fonctions. L’on ne peut pas davantage les placer sous l’influence d’une irritation de la moelle épinière et du cerveau, puisqu’il n’y avait point de céphalalgie, de frissons, de bâillements etc. Il faut bien se résoudre à ne voir que ce qu’il y a de visible; et puisqu’il s’agit de maladies accessibles à nos sens, doit-on y voir autre chose que ce qui se présente à leur investigation? et peut-on, dans l’étiologie et le diagnostic des maladies dont il s’agit, peut-on décemment renouveler aujourd’hui la supposition d’une fièvre larvée ou d’un principe morbifque caché dans les premières voies ? Il faut donc dans les phlegmasies intermittentes externes , comme dans toutes les autres, il faut, dis je, s’en tenir à ce qu’on voit, à ce qu’on touche. D’ailleurs quel autre plus sur argument? quelle plus forte preuve que celle-là? Combien de maladies continues dont l’existence, nullement douteuse, est loin pourtant d’offrir une preuve aussi convaincante! Or, tels sont les cas de conjonctivites, d’iritites, de rhinites, d’otites, d’inflammations cutanées, rhumatismales et goutteuses observées par Morton, Strack, Yan-Swiéten, Vandermonde, Senac, Gesner, Arloing, Richerand, Ghomel, Quadri, Hunter, Burnier-Fontanel, Lasserre, Meynier, Cazenave, Havard, sous les n°® 2, 3, 5, 6, 11, 12, 13, 14, 16, 17, 18, 19, 22, 26, 41, 55 et 59. Ces phlegmasies intermittentes ne sont point précédées, accompagnées, ni suivies de fièvre ; elles ne «ont caractérisées que par des symptômes locaux : ce sont, pour l’ophthalmie, une douleur locale aiguë, le larmoiement, la
rougeur de la conjonctive , parfois avec picotement et sensation d’un corps étranger, quelquefois élancement dans l’orbite et saillie plus considérable du globe de l’œil ; pour le coryza, mal de (été correspondant à la racine du nez, sentiment de gêne, de chaleur, de sécheresse dans les fosses nasales, dans les sinus frontaux, douleurs plus ou moins vives dans ces parties , et presque toujours suivies d’un écoulement de sérosité âcre et limpide ; pour l’otite , une douleur aiguë , d’abord su* perficielle, puis plus profonde, devenant tensive et insupportable dans l’oreille, accompagnée d’élancements , d’un sentiment de chaleur et de gêne dans le conduit auditif; pour le rhumatisme, un sentiment local de tiraillement, de roideur ; parfois douleurintense, profonde ou superficielle, avec ou sans chaleur et tuméfaction, survenus dans un muscle ou dans une articulation par suite d’intempéries atmosphériques, ou d’impressions réitérées du froid, et qui rendent les mouvements de ces organes difficiles ou impossibles sans une augmentation sensible des douleurs locales. Que faut-il donc de plus pour caractériser les phlegmasies dont il s’agit, et quels autres symptômes a-t~on pour les reconnaître lorsqu’elles sont continues ?
Nous venons de signaler des phlegmasies intermittentes sans symptômes généraux, fébriles ou gastriques, dont on puisse accuser l’influence dans le développement delaîésionlocale ; voyons maintenant des inflammations où ces symptômes existent. Elles se présentent sous deux catégories bien tranchées: ou bien les phénomènes fébriles et gastriques ne se manifestent qu’après plusieurs répétitions de l’irritation inflammatoire externe , au troisième ou quatrième accès par exemple , et seulement depuis qu’elle est devenue plus intense ; alors ils apparaissent chaque fois avec elle, augmentent avec elle, diminuent et disparaissent avec elle. Dans cette première catégorie, qui comprend les n- 7, 8, 9, 10, 15, 20, 23, 24, 28, 36, 39, 40, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 54, 60, 61, 62, 63 et 68, l’on ne peut pas douter que les symptômes fébriles et gastriques ne soient dépendants de la phlegmasic externe , dont on voit , dont on peut suivre le développement, l’intensité, la disparition et le retour ; ces symptômes ne sont ici qu’accessoires et essentiellement liés à rirriiation inflammatoire externe, puisqu’elle a commencé sans eux , fini sans eux, et qu’ils ne sont venus se joindre à elle que quand son intensité a exercé des influences sympathiques sur l’estomac, le cœur, le
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cerveau , les poumons. Ainsi , pour cette première catégorie de faits, nous n’avons encore qu’une affection intermittente externe, ayant ses propres causes , et parfaitement indépendante de l’action des viscères; ou si quelques troubles se manifestent dans les fonctions de ces derniers, ce n’est évidemment que par suite de l’irritation périodique externe, alors quelle est assez intense et assez aiguë pour exercer au loin des influences sympathiques.
IMais si la phlegmasie, abandonnant son siège primitif, se porte tout-à-coup dans les viscères gastriques , alors il peut en résulter un nouvel accès en tout semblable à ceux de la fièvre intermittente ordinaire, comme on en voit un exemple sous le no 28. M. Bailly, en rappelant ce fait, dit (1) : a qu’il n’est pas le résultat d’une inflammation locale franche (2) , parce qu’il n’est point fait mention d’un gonflement local !» Mais depuis quand a-t'il fallu un gonflement local notable dans la membrane qui tapisse le conduit auditif pour constituer une inflammation franche? Sans doute M. Bailly ne s’est pas rappelé qu’il a dit lui-même (3) : « Quelque qualité qu’on donne au gonflement, il sera toujours possible de citer de cas reconnus inflammatoires par la masse des médecins ^ et qui n’auront pas celte qualité. » D’ailleurs , que fallait-il de plus dans l’observation dont il s’agit pour constituer une otite véritable? puisque nous lui trouvons pour cause prochaine les intempéries de l’air , pour cause éloignée la cessation d’un flux hémorroïdal, puisqu’à chaque accès le malade éprouve des douleurs tantôt déchirantes , tantôt sourdes dans l’oreille, douleurs qu’il compare à des coups de marteau, à des tiraillements, à une chaleur brûlante. Le moindre mouyemcnt, le bruit le plus léger est pour lui un supplice; le pouls est fréquent, la peau brûlante , la figure animée ; les yeux sont brillants , les muscles de la face du côté malade visiblement rétractés. Que faut-il de plus pour faire reconnaître la nature inflammatoire de cette affection auriculaire? Le praticien qui en a été témoin l’a traitée par deux applications de sangsues derrière l’oreille, et une autre au fondement; puis par les fumigations , les injections émollientes et narcotiques , dans le conduit auditif externe. Ces moyens ne suffisant pas pour guérir le ma-
(1) Traité anatomico patholoc/ique des fièvres intermittentes , p. 286.
(2j Le mot franc est sans doute synonyme du mot véritable, employé en pareille circonstance par M. Tommasini,commenous l’avons vu précédemment.
(3) Ibid., p. 98.
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lade , et M. Bourgeois ayant reconnu dans cette affection une intermittence réglée en double tierce, prescrivit le quinquina à î’aide duquel les douleurs d’oreille étaient devenues très légères. On continuait l’emploi de ce médicament, quand on fut obligé de le suspendre par l’invasion d’un accès complet de fièvre intermittente ordinaire pendant lequel les douleurs d’oreille furent presque nulles. M. Bailly conclut de cette dernière circonstance, que le système abdominal était primitivement malade , comme cela a lieu y dit-il , dans tous les cas de fièvre locale ou fièvre larvée. Tout lecteur impartial jugera si c’est là une observation qu’on puisse invoquer en faveur de la théorie de Médicus, adoptée par M. Bailly, et qui fait dépendre toutes les maladies périodiques d’une lésion abdominale. Nous avons cité précédemment bon nombre de faits qui prouvent manifestement l’existence des phlegmasies intermittentes externes sans aucuns symptômes généraux, fébriles et gastriques; nous pourrions encore préciser différents cas dans lesquels la lésion locale inflammatoire est assez vive et assez intense pour exciter un mouvement fébrile et quelques symptômes nerveux, sans cependant déterminer aucuns symptômes gastriques, comme dans les observations sous Iesn°" i, 6, t5, 23, 47 et 60. Cette dernière est remarquable sous plusieurs rapports : d’abord le praticien qui en a tracé riiistoire est lui-même le sujet de la phlegmasie périodique externe dont il s’agit, par conséquent il lui était difficile de se méprendre sur la nature et les véritables caractères de cette affection -. a Ici, dit M. Costa, la fièvre était moins la cause que la conséquence des douleurs que j’éprouvai dans les muscles des régions dorsale et cervicale... Ma maladie était un rhumatisme, c’est-à-dire une affection des muscles ; la douleur émanait sans doute à la fois d’une irritation de la fibre motrice et de la fibre nervale ; car si l’intensité de la douleur indiquait que le système nerveux était affecté, d’un autre côté, les muscles étaient durs , contractés , incapables de mouvement ; donc il existait en eux une irritation que le moindre mouvement ou la seule dilatation des artères exaspérait... Tout mon mal résidait à l’extérieur ; il n’était point symptomatique d’une affection des voies digestives , car , au plus fort de l’accès rhumatismal, mon estomac restait calme; point de soif ; la langue était pâle, humide et bien épanouie , etc. » Voilà donc une observation tout-à-fait en dehors de la théorie de Médicus et de Bailly, et qui prouve incontestablement qu’un
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véritable rhumatisme peut présenter le type intermittent , et peut sous Oô lypv s ^ intensité telle qu’il en résulte des
infiuenccÉî Sympathiques très graves du cèté du cerveau et de fa moelle épinière , bien qu’il s’agisse d’une affection purement locale et étrangère au tube digestif.
Passons à la seconde catégorie de faits qui embrasse les observations rapportées sous les n^^ 4, 5, 21, 31, 3i, 35,37,38, 42, (}ï, C)5 et €9. Nul doute ici que les symptômes fébriles et gastriques ne jouent un plus grand rôle comparativement aux phlegmasics intermittentes delà conjonctive , de la peau, des muscles et des articulations ; celles-ci dépendent évidemment d’affections gastriques concomitantes ; il y a même des cas où les phénomènes fébrile et gastrique, qui indiquent la lésion de la muqueuse digestive , précèdent la phlegmasie externe, existent sans elle, et peuvent seuls continuer sans elle, comme sous les n°' 31 et Gl. Dans ces observations , la phlegmasie intermittente , soit de la peau , soit des articulations, no coïncide pas seulement avec la gastro-entérite do même type ; m.ais la première paraît être subordonnée à la seconde, comme cela a lieu fréquemment sous le type continu. En effet, combien de fois la variole , la scarlatine , la rougeole , les affections goutteuse et t'huma tismale continues , ne sont-elles pas sous la dépendance d’une gastrite ou d’une gastro-entérite! Cependant nous remarquerons à l’égard du rhumatisme intermittent, sous le n» Gl , qualifié par M. Voisin du titre de fièvre pernicieuse rhumatismale , qu’il s’agit d’un homme do vingt-six ans, habitant un lieu humide, et qui se trouve moiîilié pendant une longue marche; ici les causes éloignées et occasionnelles de l’affection rhumatismale sont évidentes. Cette affection paraît exister seule dans le principe , et sa nature ne paraît pas douteuse , puisque M. Voisin s’en tient au régime et à un traitement antiphlogistique local , puisqu’il poursuit le rhumatisme partout où il se déclare, et chaque fois qu’il revient, par force applications de sangsues loco dolenti. Mais le rhumatisme prétendu , comme il l’appelle, se trouvant ensuite accompagné de constipation et de phénomènes généraux, nerveux et gastriques, (ce qui n’est pas bien étonnant puisque le malade est d’un tempérament nerveux et bilieux ) , M. Voisin, qui, à l’exemple de Stoll, so fait gloire de voir beaucoup etsouvent des affections bilieuses, M. Voisin , dis-je , administre à son malade un purgatif qui augmente son mal. Cela n’éclaire point ce praticien sur le
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diagnostic de la maladie , car il avoue ingénument qu’il n’a pas remarqué s’il y avait rougeur et tuméfaction des articulations envahies par le rhumatisme, et qu’il prescrit constamment des boissons sudorifiques. Qu’arrive-t-il enfin sous l’influence du purgatif et des sudorifiques? G'èst que le rhumatisme et l’état du malade ne font qu’empirer jusqu’au moment où se déclare un accès bien caractérisé de fièvre intermittente; c’est-à-dire que l’irritation , d’abord sympathique des organes digestifs , devient prédominante dans ces organes qui exercent à leur tour des influences sur le système nerveux cérébro-spinal ; de là l’accès de fièvre dont il s’agit. Heureusement que l’intermission fut assez sensible pour permettre l’ingestion et l’efficacité du sulfate de quinine , qui guérit enfin et la fièvre pernicieuse essentielle eX le rhumatisme articulaire. Ce fait a beaucoup d’analogie avec celui deM. Bourgeois sous le n® 28. Dans l’un et dans l’autre cas, deux bons praticiens s’en laissent pourtant imposer par le phénomène de l’intermittence fébrile, sans se douter le moins du monde de leur erreur* car M. Voisin, par exemple, dans les réflexions dont il accompagne le fait qui lui est propre , ajoute : a On ne peut taxer d’erreur notre diagnostic ; c’est bien là un rhumatisme articulaire avec sa mobilité caractéristique , et servant à masquer une fièvre pernicieuse , reconnaissable aux sudamina , à la mollesse du pouls et à la comyjlication bilieuse! a
Quelle que soit donc la cause des phlegmasies intermittentes cutanées et articulaires dont nous venons de parler , que cette cause vienne du dehors ou qu’elle réside au dedans de nous, cela n’ôte rien à leur identité et à leur nature. Personne ne s’est jamais avisé de nier l'existence des phlegmasies continues externes , lorscju’elles sont provoquées par une lésion des viscères; personne ne conteste aujourd’hui la nature inflammatoire de la rougeole et de la scarlatine , du rhumatisme ordinaire , etc. Or, qu’y a-t-il de changé quand ces affections se présentent avec le type intermittent? Qu’y a-t-il de changé dans le diagnostic et la nature d’une scarlatine et d’un rhumatisme, quand ils reviennent périodiquement sous l’influence d’une gastro-entérite périodique ? Ne sont-ce pas toujours les mêmes tissus qui sont infectés? n’est-on pasjtémoin également de la rougeur, de la tension, de la douleur , en un mot , de tous les symptômes auxquels on reconnaît ces phlegmasies ? Quelque dépendantes et quelque peu importantes qu’on les suppose , ce sont toujours
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des phlegmasies qui apparaissent sous le type intermittent, avec les attributs qui leur sont propres. Ainsi donc , en dernière analyse, quelle que soit la cause, interne ou externe, prochaine ou éloignée, connue ou inconnue, d’une inflammation périodique, siégeant à la peau, dans les membres, les articulations, ou dans quelques points visibles du corps : pourquoi ne pourrait-on pas la placer au rang des maladies externes , comme l’a fait le professeur Pinel pour les affections continues? D’ailleurs, ce qui prouve que nous avons eu raison de placer les faits dont il s’agit au rang des phlegmasies cutanées, malgré les phénomènes fébriles et gastriques très remarquables qui les accompagnent, c’est que M. Rayer, qui s’est montré généralement si sévère à l’égard des observations que nous avions recueillies dans notre Essai sur lesirrilations intermiitenles, a jugé convenable, lui aussi, de rapporter celles sous les n^s 31, 3i et 37, comme des exemples bien caractérisés d’affections cutanées urticaires [1).
II est vrai que M. Golfin , professeur de Montpellier, qui est l’auteur de celle rapportée sous le n° 34 , réclame contre celte opinion : « Suivant M. Rayer, cet exanthème ( ortié) est de na- » ture inflammatoire, tandis que nous pensons (2), dit M. Golfin, » que la lésion vitale et organique qui le constitue consiste dans ï) une irritation des points de la peau qu’il occupe sous l’in- » fluence d’une affection sui generis , occasionnée par une » surexcitation générale qui quelquefois est très remarquable » dans le tube digestif , et par une altération humorale. Nous » ne pensons pas que cet exanthème constitue une phlegmasie » cutanée; sa marche , sa durée et sa terminaison sont directe- )) ment contraires à cette opinion. Une phlegmasie fra^iche et » bien établie , quelle qu’en puisse être la cause , a une durée » au moins de quelques jours... Or, l’apparition et la disparition JO diurne et complète de cet exanthème, etc., s'opposent à ce » qu’on le regarde comme dépendant d’un état inflammatoire... » Mon sentiment à ce sujet , ajoute-t-il , a été partagé par plu- » sieurs médecins estimables, entre autres par M. Mongellaz » et par M - Bailly de Blois. » Nous serions flatté de nous trouver d’accord sur ce point avec M. Golfin , mais ce qu’il vient de dire prouve seulement qu’il ne nous a point lu. Nous établissons
(1) Traité théorique et pratique desmaladies de lapeau.’^yoX. in-80. 1826.
(2) Éphémérides de médecine de Montpellier, t. ix, 1828.
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au contraire, d’après la théorie physiologique et d’après les faits, q\i' une phlegmasie franche et bien établie y quelle qu'en puisse être la cause, quel qu’en soit le type, continu ou intermittent, c’est-à-dire quelle dure quelques jours ou qu'elle apparaisse et disparaisse chaque jour complètement , constitue une rritation sanguine , un véritable état inflammatoire. Nous ne faisons point, il est vrai, de l’exanthème ortié dont il s’agit une affection purement locale ; nous pensons qu’il est en grande partie sous la dépendance dejirritation concomitante de la muqueuse digestive. Mais , quelle que soit la cause de cet exanthème, nous le croyons, comme M. Rayer, dénaturé inflammatoire, puisque nous l’avons placé au rang des irritations inflammatoires périodiques externes. Nous ne voyons pas trop en quoi l’opinion de M. Golfin, enveloppée dans les subtilités de l’École de Montpellier , diffère en réalité de celle de M. Rayer et de la nôtre ; car cette irritation des points de la peau qu'occupe Vérxjthème ortié, qu’est-ce donc si ce n’est pas une irritation sanguine on inflammatoire ? Quant à la lésion vitale , à V affection sut generis , à la surexcitation générale , à Y altération humorale y ce sont là les hypothèses qui constituaient jadis les fièvres essentielles l II peut se faire qu’un professeur de Montpellier ait encore foi à \o\xv essentialité , quoiqu’il soit assez généralement reconnu aujourd’hui que ces fièvres sont le plus souvent symptomatiques de cette surexcitation du tube digestif, qui, d’après M. Golfin lui-même , est quelquefois très remarquable. dans les circonstances dont il s’agit. Au reste, M. Golfin a autant de droit de nier aujourd’hui les phlegmasies intermittentes de M. Rayer, qu’en a eu ce dernier en 1826, quand il composa son article Intermittent du Dictionnaire de Médecine , où il employa si souvent à notre égard le facile argument dont il s’agit.
Nous rapportons sous le n^ 38 un autre exemple très bien caractérisé d’exanthème ortié sous type tierce. Il est dû à l’observation de M. Rricheteau, qui n’en a point fait, comme M. Golfin, une fièvre intermittente pernicieuse ; il l’appelle avec raison et tout simplement un urticaire périodique. Nous sommes agréablement surpris de cette conversion à la doctrine physiologique d’un écrivain distingué qui naguère soutenait encore qu’il n’y avait que peu ou point de phlegmasies périodiques , et surtout point de gastro-entérites intermittentes! qui soutenait que M. Bailly,
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dans son Traité anatomico-pathologique des fièvres intermittentes , ii’cn rapporte pas un seul exemple , et n'a jamais trouvé des lésions organiques dans le canal intestinal (1) , tandis que la très grande majorité des faits suivis d’autopsies et consignés dans l’ouvrage dont il s’agit nous font voir des gastro-entérites bien évidentes. M. Bricheteau rapporte encore dans le Journal complémentaire où nous avons puisé le fait rlont il s’agit, une autre observation à peu près semblable d’affection cutanée périodique. Dans l’un et l’autre cas la plilegmasic de la peau n’existe point seule ; elle se trouve en grande partie sous la dépendance d’une affection analogue de la muqueuse digestive. Dans ces deux exemples, la phlegmasie cutanée et l’irritation congestive ou inflammatoire du tube digestif sont l’une et l’autre périodiques , puisque tous les symptômes morbides, externes et internes, locaux et généraux ou fébriles, disparaissent pendant l’intermittence ; puisqu’il ne reste aucune trace d'éruption cutanée dans l’intervalle d’un accès urticaire à l’autre ; puisque l’apyrexie est complète, et que le malade n'éprouve aucune souffrance pendant les trente-six heures que dure l’intermission.
Sous quelques régions du globe et par quelques médecins qu’aient été observées les affections cutanées intermittentes , presque toujours et en tous lieux elles sont accompagnées ou précédées de phénomènes fébriles et gastriques chaque fois qu’elles présentent une certaine intensité dans les symptômes locaux inflammatoires qui les caractérisent. C’est ainsi que dans les cas de pemphigus, observés en Allemagne par M. Kuhlbrand, jp 39, c’était après un frisson d’une heure et au commencement du stade de chaleur de la fièvre , que se développait la phlegmasie cutanée : c’était une éruption de forme moitié ronde et moitié angulaire , avec soulèvement vésiculaire de l’épiderme comme par suite de l’application des cantharides ; plusieurs de ces vésicules , dont les plus grandes étaient comparables à de gros pois , se trouvaient entourées d’une auréole rouge. Déjà peu inar(}uée à la fin de la période de chaleur, qui durait de huit à neuf heures, l’affection cutanée disparaissait entièrement pendant lasueur, sans laisser ni croûtes, ni taches marquantes. Cette affection était-elle simplement accompagnée de phénomènes gastriques
(1) Archives rjénérales de médecine j t. xvi.
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quelle provoquait sympatliiquement , ou ceux-ci étaient-ils primitifs? Toujours est-il qu’on attaqua d’abord ces derniers par le tartre slibié avant d’en venir à radministration du quinquina pour prévenir les accès et combattre la périodicité du pemphigus dont il s’agit. Ce fait vient sans doute mal à propos donner un démenti à M. Rayer, qui soutient que les inflammations exanthéinateuses , dont le peraphigus est exclus selon lui , sont les seules inflammations de la peau qui soient susceptibles de se reproduire par accès et de présenter de véritables intermissions (1). Nous ajouterons que cet écrivain n’a pas été plus heureux en soutenant que les phlegmasies cutanées intermittentes étaient toujours sous la dépendance d’une fièvre d’accès ou d’une gastro-entérite , puisque le seul fait de ce genre qu’il a été dans le cas d’observer plus tard, et que nous rapportons sous le n® 35, est dans le cas de former une exception à sa règle générale; tant il est vrai qu’en médecine tout ce qui est exclusif est rarement l’expression de l’exacte vérité 1
Toutes les réflexions que nous venons de faire sur les urticaires intermittents observés par MM. Golfin etBricheteau, sur lepemphigus de M. Kuhlbrand, etc., nous pourrions les appliquer également aux affections arthritiques et rhumatismales observées à Vienne en Autriche par M. de Mertens, sous le n^ 54, et plus tard par le docteur F antonetti en Italie, et dont nous rapportons une des observations sous n® 65. Il s’agit, d’un homme de soixante-quatorze ans, qui jouit de toutes les commodités de la vie, mais qui depuis plusieurs annéeshabiteunlieu froid ethumide sur les bords d’une rivière. On conçoit tout de suite en pareille circonstance, le développement d’un rhumatisme continu , rémittent ou intermittent ; mais ce que beaucoup de médecins ne concevront pas facilement et n’admettront pas volontiers aujourd’hui , c’est le développement d’une fièvre intermittente pernicieuse ischiatique essentielle l Telle est pourtant la maladie que M. Fantonetti a cru reconnaître sous les apparences d’un rhumatisme qui occupait la région sacrée coxale gauche, et qui éprouvait des exacerbations périodiques et fébriles. La preuve qu’il ne s’agissait réellement que d’une affection rhumatismale, c’est que le médecin qui fut d’abord appelé pour donner ses soins au malade ne reconnut en lui qu’un cas de rhumatisme simple y pour lequel il conseilla l’a-
(l) Traité théorique et pratique des maladies de lapeau^ 1. 1.
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cuponcture. Le malade refusa ce moyen , et préféra les sangsues , dont il avait déjà probablement reconnu les bons effets contre ses douleurs rhumatismales. Quoi qu’il en soit, l’affection dont il s’agit s’amenda et revint avec une nouvelle intensité , ou plutôt présenta des exacerbations périodiques très sensibles, pendant lesquelles on observa les symptômes suivants : Pouls mou, peu fréquent, langue blanchâtre, épigastre douloureux, constipation , urines rares et sédimenteuses , douleur de la cuisse violente et s’augmentant au moindre mouvement. La régularité de ces exacerbations , qui commençaient par le frisson et finissaient par les sueurs et les urines briquetées , fît reconnaître une fièvre intermittente pernicieuse rhumatismale ow ischiatique ; c’est-àdire que , du moment qu’on eut fait attention à l’intermittence ou à la périodicité des exacerbations fébriles et rhumatismales, on ne vit plus chez ce malade que la fîèvre intermittente pernicieuse ! On l’attaqua par le sulfate de quinine, dont l’usage dut être plutôt nuisible qu’utile , parce qu’il n’y eut jamais apyrexie ou intermittence complète, parce qu’on envoya ce médicament dans un estomac peu disposé à le recevoir , parce qu’au lieu de combattre les symptômes gastriques par la diète et les applications de sangsues sur la région épigastrique où le malade éprouvait de la douleur , au lieu de poursuivre les douleurs rhumatismales par les antiphlogistiques locaux , on eut recours à l’huile de ricin , -on prescrivit des panades avec la décoction d’orge nitrée , et l’on n’opposa au rhumatisme que des vésicatoires ; par ces moyens et l’ingestion de trente-neufgrains de sulfate de quinine, les accès ou les exacerbations de la fièvre et du rhumatisme allèrent en augmentant. En définitive, on obtint la guérison par quinze grains d’émétique administrés en trois jours. Le succès d’une médication aussi hardie est sans doute étonnant, mais non point inexplicable: on conçoit que la muqueuse digestive, sur laquelle on avait envoyé pendant plusieurs jours un stimulant aussi énergique que le sulfate de quinine , ait été contro-stimulée par l’émétique en lavage, même à haute dose; on conçoit que l’irritation disséminée sur toute l’étendue du canal digestif et devenue sécrétoire, ait produit une dérivation critique dont la nature nous offre de fréquents exemples ; en effet , combien de fièvres ou d’irritations gastriques graves , combien de rhumatismes aigus se sont amendés et même dissipés par une diarrhée I Mais, de ce qu’un pareil succès se conçoit , nous sommes loin d’approuver le mode de
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traitement qui l’a déterminé , parce que c'est là agir au hasard , c’est jouer à quitte ou double et s’exposer aux accidents les plus funestes. N’aurait-il pas pu arriver , comme dans les exemples relatés à la fin de ce chapitre , que l’affection rhumatismale, en se portant dans les viscères, causât rapidement la mort du malade? Cet accident aurait pu d’autant mieux arriver dans le cas dont il s’agit, qu’il y avait déjà une irritation idiopathique ou sympathique très prononcée de l’estomac, en même temps que l’affection rhumatismale.
Cette complication ou cette coïncidence de phlegmasies cutanées et de gastro-entérites fébriles périodiques , est assez fréquente, surtout dans les pays chauds ; elle est même réciproque , c’est-à-dire que les affections cutanées s’y compliquent ordinairement d’affections gastricfues , comme celles-ci de phlegmasies cutanées. Lanzoni a observé dans le Ferrarais plusieurs épidémies de fièvres intermittentes , bilieuses ou gastriques, dont les accès étaient accompagnés d’une éruption scabieuse qui disparaissait avec eux. Ortica a vu régner épidémiquement , dans les États’ vénitiens , en 1761 , une fièvre bilieuse double tierce dont les accès étaient remarquables par une douleur rhumatismale très violente dans la région lombaire , douleur qui revenait et disparaissait chaque fois avec les accès fébriles.
D’autres fois la phlegmasie externe, loin d’être subordonnée à l’irritation des viscères , remplace au contraire celle-ci par une espèce de mouvement critique ; de façon que tous les phénomènes généraux , fébriles et gastriques , disparaissent entièrement au moment où la réaction a lieu à l’extérieur, par des affections goutteuses ou rhumatismales. Musgrave , Ballonius , Hoffmann, rapportent plusieurs exemples de fièvres intermittentes , dont la terminaison a été obtenue par le développement ou le retour d’un accès de goutte et de rhumatisme. D’autres fois c’est par des hémorrhagies et des éruptions cutanées que s’effectue le déplacement dont il s’agit , comme Lordat en a vu plusieurs exemples , et dont on trouve un exposé rapide sous n» 28. Lieutaud a vu également une éruption cutanée dont le développement fit disparaître entièrement une fièvre d’accès ; mais celle-ci reparut aussitôt que , par suite d’une exposition au froid de la part du malade, l’éruption fut arrêtée dans sa marche.
L’obscr r ation, sous le n® 30, de M. Martin-Solon présente une
grande analogie avec celle , sous le n» 29', de Wolphius. Il s’agit dans les deux cas d’un érythème qui présente une très grande mobilité dans l’apparition et la disparition des symptômes' locaux do l’irritation inflammatoire. Si nous les avons rapportées ici , bien qu’elles ne paraissent présenter qu’une régularité très peu sensible dans les retours successifs des phénomènes qui les constituent, c’est à cause de leur disparition presque instantanée chez les deux malades : chez l’une par une simple saignée du bras , et chez l’autre seulement par la crainte ou l’émotion quelle éprouve au moment où cette opération va lui être pratiquée. Quoi qu’il en soit, ces deux observations établissent un fait bien important et qu’on a tant de peine à concevoir, c’est-àdire la disparition instantanée et le retour non moins rapide d’un léger exanthème quelconque.
Ce qui prouve évidemment que les phlegmasies intermittentes ne sont pas aussi rares qu’on le croyait autrefois , c’est qu’on en a vu le nombre s’accroître sensiblement, depuis qu’on a donné une plus grande attention , et qu’on a mis plus d’exactitude à observer ce genre de maladie. Combien de faits absolument semblables à ceux qui parurent extraordinaires et meme incroyables, quand nous publiâmes, en 1821, V Essai sur les irritations intermittentes ; , dis-je, de pareils faits n’ ont-ils
pas été vus et recueillis depuis cette époque ! Telle observation , (ju’on était alors disposé à récuser , bientôt s’est vue appuyée et fortifiée par d’autres analogues qu’on s’est empressé d’admettre; en voici un exemple remarquable : peu de temps après que M. Boisseau , rendant compte de notre ouvrage dans le Journal universel des sciences 'médicales , venait de condamner le phlegmon intermittent de Barbette , et l’inflammation périodique do Dupuy de Bellegarde , comme des observations incomplètes ou peu caractérisées , on a vu paraître dans le même journal l’observation assez détaillée d’une tumeur phlegmonc-use parfaitement intermittente , et recueillie par le docteur Caraven. X l’occasion de ce fait, consigné sous le n» 52, M. Begnault, rédacteur principal du journal dont il s’agit , observe que ce fait n’est point extraordinaire , et qu’il y a aussi des exemples de furoncles périodiques.
Plus tard le docteur Esmein publia dans le même journal l’exemple d’une inflammation intermittente quotidienne de la joue droite, que nous rapportons sous le n® 50. Chaque accès coin-
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mencepar le frisson, soif, anorexie, bientôt suivis de tension, de rougeur, de douleur à la joue droite^ et d’une inflammation évidente sur celte partie, avec pouls dur, fréquent, etc.
Un fait absolument semblable a été observé par M. DuranÆ sous le n° 48, avec la différence que l’inflammation de la joue gagne l’oreille et s’élève plus ou moins haut sur la tempe du même côté; dans l’un comme dans l’autre cas il s’agit d’une fluxion inflammatoire de la joue qui se déclare chaque jour dans la matinée, précédée de frisson, de malaise général, de bâillements ; on ne peut pas méconnaître la nature de cette fluxion puisqu’elle est caractérisée par la rougeur, la tension , la chaleur et des douleurs locales plus ou moins vives. Dans les deux cas, cette fluxion survient presque subitement aux mêmes époques de la journée, se développe, et augmente graduellement pendant trois ou quatre heures, après lesquelles tous les symptômes locaux et généraux vont en diminuant; l’inflammation se termine brusquement par délitescence, à tel point que vers le soir tout a disparu ; plus de malaises, plus de fluxion; il ne reste dans la joue qu’un léger engourdissement. Chez l’une de ces malades, le traitement antiphlogistique local a suffi pour la guérir entièrement ; chez l’autre il a fallu recourir au sulfate de quinine pour prévenir le retour de l’inflammation périodique dont il s’agit. Une autre observation, n® 4fl, qui a le plus grand rapport avec les précédentes, a été publiée dans les Ephéînérides médicales de âîonîpellier par le docteur Lassalvy ; il s’agit d’une jeune femme, nourrice, chez qui tous les phénomènes locaux et généraux indiqués ci-dessus se développent et se terminent avec la même régularité sur le côté gauche de la tête; le type intermittent de cette affection conduisit à l’emploi du sulfate do quinine qui en prévint égalemeni le retour. Mais, de tous ces faits, le plus détaillé, le plus caractéristique et le plus important, peut-être le premier dans l’ordre des dates, c’est celui sous le n» 51 observé par M. Bonnet , qui, s’étant livré spécialement à l’étude des fièvres intermittentes, était mieux à mêm.e de bien voir et de donner l’histoire complète d’une affection locale qui, sous le rapport du type, présentait une analogie si frappante avec les fièvres d’accès. Il s’agit d’une femme nouvellement accouchée, dont les seins devinrent le siège d’une fluxion inflammatoire si violente d’abord, qu’elle nécessita une saignée générale , les boissons rafraîchissante’s, la diète, les cataplasmes émollients et les sangsues sur le sein en-
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flammé. Cette affection, après avoir attaqué le sein droit, se déclara quelque temps après sur le sein gauche, où elle se termina delà même manière, par résolution, à l’aide des sangsues et d’un traitement antiphlogistique local et général, moins la saignée. Bientôt le retour de cette affection, qui d’abord était purement locale, fut accompagné de phénomènes généraux, surtout gastriques, qui en auraient imposé et fait croire à l’existence d’une fièvre intermittente bilieuse ou gastrique à un praticien moins exercé ; mais M. Bonnet, persuadé que ces phénomènes étaient sous la dépendance de l’affection locale, se contenta de renouveler sur le sein enflammé l’application des sangsues, et s’en tint à un traitement purement antiphlogistique. Cependant le retour successif de cette inflammation, à des intervalles égaux et à des jours déterminés, ayant fait reconnaître son intermittence sous type tierce, on prescrivit le sulfate de quinine , dont la dose répétée réveilla bientôt cette grande susceptibilité gastrique à laquelle étaient dus les phénomènes généraux et sympathiques qui parfois étaient venus compliquer l’affection locale. Aussi M. Bonnet renonça-t-il promptement à l’antipériodique pour revenir aux applications de sangsues et au traitement antiphlogistique qui acheva et consolida la guérison. Tous ces faits, joints à ceux sous les n»® 47 et 52, prouvent d’un manière incontestable le type intermittent de l’inflammation phlegmoneuse, celle de toutes les plegmasies la moins susceptible de revêtir le caractère dont il s’agit.
Déjà les inflammations intermittentes de la conjonctive et de la muqueuse nasale sous les n°« 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 14, 15, 16, 17, ne laissaient aucun doute sur leur caractère et sur leur type, puisqu’elles sont aussi complètes et aussi authentiques qu’il est possible que soient de pareilles observations. Il en est de même des phlegmasies cutanées intermittentes sous les n®* 31,34, 35, 36, 37, 38 et 39. L’érysipèle à type tierce, sous le n» 40, présentait également sur la périodicité et sur la nature inflammatoire de ce genre d’affection, des détails qui ne’laissaient rien à désirer. Le docteur Georgiadi a très bien remarqué les phénomènes fébriles et gastriques qui accompagnent l’érysipèle chaque fois qu’il présente une certaine étendue et un degré plus ou moins élevé ; mais ces phénomènes ne sont ici que secondaires ou sympathiques de l’inflammation cutanée, puisqu’ils ne s’ajoutent à celle-ci que dans les moments où elle est très intense , et puisqu’ils disparaissent chaque fois avec l’intensité des symptômes locaux de l’érysipèle
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périodique. Hé bien ! à en juger par la manière tout-à-fait légère dont il a plu à un grave professseur (1) de rendre compte de ce fait, ne serait-on pas porté à le croire tout autre qu'il n'est réellement? (( Un cas d’érysipèle périodique sous type tertiaire, dont parle M. Mongellaz, ne présente pas les caractères de l’intermittence. En effeU cet érysipèle n’a jamais été entièrement interrompu dans sa marche ; il offrit seulement ces accroissements et ces diminutions qu’il est si facile de remarquer dans les affections phlogistiques de la peau. » Nous sommes peu disposé à croire qu’il soit si facile à M. Tommasini de remarquer des accroissements et des diminutions périodiques dans les phlegmasies cutanées, parce qu’il eût sans doute mieux apprécié le fait dont il s’agit; et , moins préoccupé de l’idée qu’il n’y a pas et qu’il ne peut y avoir des phlegmasies intermittentes, il n’eùt pas si légèrement avancé que cet érysipèle sous type tierce n'a jamais été entièrement interrompu dans sa marche, puisque le docteur Georgiadi nous dit positivement que le malade, après avoir présenté, le 12 février, les symptômes suivants, insomnie, dégoût, malaise général, yeux vifs et brillants, pouls fort et fréquent, face très gonflée, rouge, brûlante, etc., se trouva, le 14, comme en parfaite santé. Cet érysipèle revint presque instantanément le 15, et occupa non seulement le même coté droit de la face, mais s’étendit encore à gauche, etc. M. Georgiadi vit le malade le 16 au matin; il reconnut, comme la première fois, tous les symptômes d’un accès érysipélateux; l’étendue de l’inflammation était seulement plus considérable. Le 17, il ne reste plus de traces de l'inflammation ; il y a de l’appétit; toutes les fonctions se font bien. Le 18, l’érysipèle revient à peu près vers le même temps de la journée, etc. Je ne porterai pas plus loin l’analyse de cette observation. Cela suffit pour faire voir que M. Tommasini n’a pas jugé à propos d’y reconnaître une phlegmasie intermittente, sans doute parce qu’il lui était échappé de dire, c( que devant un fait avéré, quelque inexplicable qu’il soit, toute raison pathologique doit se taire. » Il en eût trop coûté au célèbre professeur dé Bologne de s’arrêter devant ce fait ou tout autre semblable, et sans doute qu’il a mieux aimé continuer ses savantes et ingénieuses réflexions opposées à la doctrine physiologique ! Au reste, nous nous plaisons à croire que c’est bien moins un esprit de contro-
{1 ) M. Tommasini, Traité de l’inflammation.
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verse qui l’a animé dans cette discussion, que le désir ardent d’en faire jaillir quelques lumières pour les progrès de la science et le triomphe de la vérité.
« L’auteur des irritations intermittentes rapporte, dit M. Tommasini, un grand nombre de douleurs articulaires et membraneuses comme autant d’arthritis et de rhumatismes intermittents. Cependant il n’y avait là d’arthritique et de rhumatismal que la douleur. Morton et Musgravve, que l’auteur cite, ont rapporté des cas de fièvre périodique dont chaque accès s’accompagnait de douleurs articulaires. Dans ces cas, la douleur exprimait une dépendance morbide, mais non une maladie primitive, encore moins une inflammation intermittente. »
Nous avouerons bien volontiers qu’il est parfois fort difficile de caractériser la nature inflammatoire de certaines affections rhumatismales et goutteuses , parce qu’on ne peut pas voir les tissus affectés; mais si nous n’avons plus ici cet argument irrésistible que nous venons de produire pour caractériser d’autres phlegmasies intermittentes externes, nous avons du moins beaucoup de probabilités qui équivalent peut-être à la certitude si l’on fait attention qu’ elles sont fondées sur l’analogie, sur la connaissance des causes, sur la douleur pulsalive, lancinante, qui est propre à l’inflammation, et sur la difficulté des organes malades à exercer leurs fonctions, quelquefois même par le gonflement et la chaleur locale de toute l’articulation malade, comme dans les observations sous les n^® 5i, 60, 61, 6“2, 63, 6à, 65, 66 et 68. Tout ce que nous pouvons dire à M. Tommasini, c’est de lui offrir autant de preuves pour caractériser inflammatoires des affections goutteuses et rhumatismales intermittentes, qu’il nous en fournira pour leur reconnaître ce même caractère sous le type continu. Quant à l’opinion des anciens, de Morton en particulier, qui s’est le plus occupé des maladies périodiques, les œuvres de médecine qu’il nous a laissées doivent être les seules pièces du procès ; il est donc permis à chacun de juger qui, de M. Tommasini et de nous, a mieux compris la pensée du praticien anglais. Dans l’observation, sousn® 55, de rhumatisme quotidien, puisée dans les œuvres dont il s’agit, il n’est pas question du tout d’une fièvre périodique, puisque Morton lui-même nous dit positivement : (( Ut ex pulsu vel temperomento certa indicia febris deprehendere haud potuerim , rite decrevi spasmos dolorificos ortum suum duxisse ex venenato febris intermittentis fomite, etc. a
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C’est-à-dire que , n’ayant trouvé dans le pouls ni dans l’état général du malade des indices certains de fièvre (malgré
leurs violentés qüi se faisaient sentir dans les articulations à certaines heures de la journée), Morton jugea qu’un rhumatisme qui revenait ainsi aux mêmes heures et qui était accompagné d’urines briquetées, était dû au venin caché d’une fièvre intermittente ; de là le nom qu’il lui donna de febris intermiUens rheumatismum simulans. Il est bien évident pour nous que Morton avait reconnu là un véritable rhumatisme ; et, s’il en fait une fièvre larvée, c’est uniquement parce qu’il ne peut se rendre compte de l’intermittence dans une maladie quelconque sans le mot fièvre. Veut-on du reste savoir plus positivement quelle était la nature de ce rhumatisme périodique d’après Morton? prenons dans le Synopsis febrhim le caractère de la fièvre larvée rhumatismale ou rhiimatique que voici: Febris rheumatica cum dolore, tiimore, inf.ammatione versatili, nunc in uno, mine in altero muscido aut artu cojijuncta. Cela ne suffit-il pas pour nous fixer sur l’opinion de Morton, et nous faire voir qu’il croyait à l’existence d’une inflammation mobile et périodique?
c( Mais, continue M . Tommasini , quand même les douleurs des membranes fibreuses ou des articulations , constituant la maladie principale, disparaîtraient et reviendraient suivant leurhabitude ; quand même la partie douloureuse s’engorgerait un peu pendant l’accès , trouverait-on là les caractères d'une véritable inflammation , d’un processus phlogistique intermittent? Dans ces affections capables de s’effacer d’un moment à l’autre , et de passer d’une partie à une autre , je ne vois qu’une fluxion , une congestion ( angiodrsi ) semblable à l’intumescence et à la rougeur produites par l’action du feu, par un frottement rude, etc. )> On voit par cette dernière citation que le professeur de Bologne reconnaît des fluxions, des congestions périodiques; or quelle est la nature de ces fluxions, de ces congestions? Estelle inflammatoire ou sanguine , subinflammatoire ou lymphatique? Nous en appelons à la haute raison et à la bonne foi do notre célèbre antagoniste; les aveux qu’il vient de faire relativement à la périodicité morbide ne rendent-ils pas tout-à~fait oiseuse une plus longue discussion entre nous? Et de quoi s’agiraitil, si ce n’est d’une dispute de mots qui nous paraît ici hors de lieu et d’à-propos? Pour nous, il suffit que M. Tommasini reconnaisse le type intermittent des phénomènes organiques locaux ^
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qui peuvent donner lieu à une fluxion, comme celle relatée dans l’observation sous le n^ 47 , par exemple, à des congestions locales périodiques, comme celles décrites sous les n^^ 49^ 50^
51 et 52 , pour que nous soyons à notre tour très disposé à convenir avec lui que son processus phlogistique ( quand toutefois nous aurons bien compris ce que c’est ) ne peut pas avoir une marche périodique ou intermittente. Cependant nous sommes loin de partager l’opinion de M. Tommasini relativement aux douleurs des membranes fibreuses ou des articulations qui, selon lui, ne constituent point une véritable inflammation, alors même que la partie douloureuse présente un engorgement sensible. Comme nous il reconnaît que les douleurs rhumatismales et goutteuses pem eni disparaître et rrvrnir périodiquement, même quand elles sont accompagnées d’un engorgement local,* toute la question se réduit donc à décider quelle est la nature d’une affection rhumatismale ou arthritique continue , rémittente ou intermittente ; car il est généralement reconnu que le type ne change point la nature d’une maladie quelconque. Or si elle est jugée inflammatoire, M. Tommasini lui-méme sera forcé de convenir qu’il y a des inflammations intermittentes ou périodiques. Nous pourrions déjà invoquer en notre faveur un grand nombre d’autorités en rappelant que telle a été l’opinion des Bichat, des Pinel, des Chaussier, des Béclard; que telle est aujourd’hui l’opinion des Dupuytren, des Broussais , des Bicherand, des Boyer, Marjolin, Andral, Gendrin, Boisseau, Boche, Sanson, etc., qui tous ont placé la goutte et le rhumatisme au rang des phlegmasies. Mais que répondre aux écrivains qui , mettant de côté les autorités médicales et chirurgicales, affirment que ces affections sont nerveuses? Y a-t-il même quelque engorgement local, ils vous soutiennent, comme M. Gosse par exemple, qu’il s’agit d’une fluxion ou d’une congestion du fluide nerveux [i] 1 11 n’y a que l’anatomie pathologiquequi puisse juger d’une manière ostensible et irrécusable la question dont il s’agit. On conçoit bien que les faits d’anatomie pathologique relatifs aux affections rhumatismales et goutteuses aiguës dont il est ici question, soient infiniment rares, parce qu’il n’arrive point que de telles affections puissent seules faire succomber les malades ; mais il y a des cas de rhumatismes aigus dans lesquels les malades ont promptement suc-
(1) Des maladies rhumatoïdes-
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combé à une affection concomitante du cerveau ou des poumons, et alors l’observateur attentif a pu s’assurer positivement de l’état des muscles ou des articulations affectés de rhumatisme. Deux faits de ce genre sont à notre connaissance ; nous allons en exposer le résultat : dans le premier il s’agit d’une blanchisseuse âgée de quarante-huit ans, qui fut affectée d’un rhumatisme aigu d’abord du poignet et du genou droits, puis d’une douleur vive dans la région lombaire et dans toute la cuisse droite, avec fièvre intense et proportionnée aux souffrances de la malade. Dans les lombes la douleur seule révélait l’affection rhumatismale ; dans la cuisse et dans le genou il y avait de plus un peu de gonflement. Les saignées et les sangsues apportèrent beaucoup de soulagement. On n’insista peut-être point assez sur ces moyens; quoi qu’il en soit, le poumon du même côté se prit aussi d’inflammation et cette femme succomba. L’autopsie fit voir le muscle psoas droit d’une couleur rouge lie de vin, infiltré de sang noir, mou , facile à déchirer, et présentant entre ses fibres quelques fusées de pus. Vers la partie moyenne de la cuisse , le muscle droit antérieur était très ramolli , de couleur lie de vin ; il recélait dans son milieu un foyer contenant environ une cuillerée de pus sanguinolent. La face antérieure du triceps , dans toute son étendue et dans ses trois faisceaux, était très rouge, ramollie, et offrait une infiltration entre ses fibres , mais qui ne s’étendait pas profondément. L’articulation du genou contenait une assez grande quantité de sérosité opaque et floconneuse ; cependant la synoviale ne paraissait pas éloignée de son état normal (1).
Dans le second fait il s’agit d’une femme de trente ans, reçue, le 10 mars 1828, à l’hôpital delaCharité dans les salles deM. Lherminier. Elle se plaignait d’éprouver depuis quelques jours des douleurs dans presque toutes les articulations. 11 y avait une réaction fébrile assez intense ; la malade était d’une forte constitution ; on lui pratiqua deux saignées du bras. Les douleurs se fixèrent sur les articulations fémoro-tibiale gauche, et radio-carpienne droite; les jambes et le poignet se placèrent dans Inflexion; les mouvements étaient très douloureux. Une nouvelle saignée et des applications émollientes sur les parties affectées, calmèrent la violence des douleurs rhumatismales. Les parties molles qui
(1) Gendrin, Histoire anatomique des inflammations, t, ii, 1827.
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entoiirentles articulations malades étaient légèrement tuméfiées,sans rougeur et sans aucun signe d’épanchement dans la synoviale. Le 25, cette femme était regardée comme convalescente. Les articulations étaient fort peu douloureuses et à peine tuméfiées, seulement il lui restait un peu de fièvre. Le 27, la malade fut prise tout- à-coup de symptômes pulmonaires intenses; toux sèche, anxiété, fièvre forte, douleur dans le côté droit de la poitrine, oppression extrême. La marche de cette inflammation fut rapide; les moyens employés n’apportèrent aucun soulagement ; elle succomba le cinquième jour de cette pleurésie dont l’auptosie fit reconnaître des traces évidentes. La synoviale de l’articulation fémoro-tibiale gauche est rosée dans toute son étendue , d’un rouge plus intense au pourtour des cartilages articulaires; ceux-ci sont détruits dans plusieurs points et principalement à leur circonférence ; il n’existe aucun épanchement de pus ou de synovie dans l’articulation. La synoviale de l’articulation radio-carpienne droite était rosée dans toute sa surface , couleur que l’on appréciait bien en comparant les deux articulations analogues. Il existait des filaments rouges , pulpeux , qui se portaient de l’une à l’autre surface articulaire. Les cartilages n’étaient pas ulcérés, point d’épanchement. L’inflammation s’était propagée dans les articulations carpiennes et carpo-métacarpiennes. Les autres articulations étaient saines (1). Les anciens nous ont laissé quelques faits de ce genre, c’est ainsi qu’on trouve dans Morgagni l’exemple d’un individu qui avait succombé à la suite d’un rhumatisme, et dont les muscles qui avaient été le siège de la douleur rhumatismale , furent trouvés d’une consistance et d’une couleur insolites. (Epist. 57.)
Ces observations sont remarquables parce qu'elles nous font connaître positivement quelle est la nature de la lésion organique des rhumatismes musculaire et articulaire aigus , dans lesquels il n’y a pas d’autres symptômes locaux que la douleur, et parfois un peu de gonflement. Les deux malades dont il s’agit auraient certainement guéri, si l’inflammation ne se fut propagée dans des organes aussi indispensables à la vie que les poumons. Ce sont là des exemples frappants qui attestent combien l’on doit être attentif à surveiller l’état des viscères quand on traite des affections rhumatismales. Le second fait surtout nous ap-
(1) Clinique des hôpitaux , t.i, 1828.
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prend combien il importe de ne point s’en laisser imposer par une amélioration apparente. Le traitement antiphlogistique avait calmé la violence des douleurs rhiimastimales ; mais était-ce une raison suffisante pour s’en tenir aux premières saignées ? N’aurait-il pas fallu attaquer le mal par des antiphlogistiques locaux , par force applications de sangsues et de cataplasmes émollients, et ensuite par les moyens révulsifs les plus énergiques ? De cette manière on eut arrêté la marche de l’affection rhumatismale ou de l’inflammation fibro - séreuse des articulations ; on eût fait cesser cette agitation fébrile continue qui disposait la malade à toute espèce d’inflammation nouvelle , et peut-être aurait-on ainsi prévenu la pleurésie qui la fit succomber. Cette remarque nous rappelle un précepte de la doctrine physiologique qui mérite la plus sérieuse attention ; ce précepte, surtout dans le traitement des affections rhumatismales et goutteuses en général , consiste à ne jamais trop affaiblir les malades par des saignées répétées , mais à insister particulièrement sur les émissions sanguines locales. Celles-ci ont le double avantage de combattre plus efficacement les lésions organiques des tissus musculaire et fibro-séreux des articulations, de fixerja mobilité de l’irritation inflammatoire dont il s’agit , et de combattre sa tendance à se porter dans les viscères, pour peu qu’il s’en trouve quelqu’un disposé à la recevoir. Si de tels faits d’anatomie pathologique ne sont pas assez nombreux pour convaincre ceux qui sont d’un avis opposé au nôtre , nous leur demanderons, à notre tour, s’ils en possèdent beaucoup qui soient en faveur de leur opinion, et dans ce cas, qu’ils veuillent bien nous les faire connaître. Je sais bien que MM. Chorael et Louis soutiennent qu’à la suite des amputations des membres on ne trouve pas de traces évidentes de phlegmasies dans les tissus articulaires ; mais à cet égard ils ne précisent aucun fait; encore faut-il que les amputés aient été atteints pendant leur vie et peu de temps avant leur mort de rhumatismes goutteux articulaires , ce qu’on ne dit point. D’ailleurs pour trouver des traces matérielles et bien évidentes d’une inflammation articulaire quelconque , il faut supposer que celle-ci arrive à un développement considérable, qu’elle parcoure tous ses différents degrés, et qu’elle se termine par suppuration. Telle n’est point la marche ordinaire des affections goutteuses et rhumatismales, qui sont ordinairement aiguës, dont le développement est rapide , etqui’se terminent presque toujours par déli-
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tescence , comme la très grande majorité des' inflammations périodiques. Enfin la plus fréquente et la principale objection de MM. Tommasini , Ghomel et Louis , c’est qu’il n’est pas et qu’il ne peut être dans la nature d’une inflammation quelconque d'être mobile ! C’est à cause de sa mobilité que le rhumatisme pour eux n’est point une inflammation ; cependant M. Tommasini convient qu’il y a des fluxions et des congestions intermittentes et très mobiles j MM. Ghomel et Louis conviennent qu’il y a des espèces de clous mobiles, qu’il y a des engorgements de la parotide et du tissu cellulaire qui entoure cette glande , appelés oreillons'^ qui sont capables de disparaître subitement et de se porter sur les testicules ; or, peuvent-ils contester la nature inflammatoire ou subinflammatoire de ces fluxionsy con^ gestions, clous y et oreillons? D’ailleurs MM. Tommasini et Louis, qui, comme ils le disent, ne veulent pas sortir du domaine des faits , et s'en tiendront toujours aux faits rigoureusement démontrés , seront convaincus , d’après la plupart de ceux que nous venons de rapporter, lesquels sont aussi détaillés , aussi positifs et aussi rigoureusement démontrés qu’il soit possible , seront convaincus, nous l’espérons, qu’il y a des phlegmasies intermittentes et par conséquent très mobiles des membranes oculaire, nasale et auriculaire ,* qu’il y a des inflammations cutanées, phlegmoneuses , rhumatismales et goutteuses, qui représentent le type intermittent , quoique leur nature inflammatoire ne puisse , de bonne foi, être révoquée en doute, à moins de nier toute espèce de certitude en médecine.
HÉMORRHAGIES INTERMITTENTES EXTERNES.