‹ Monographie des irritations intermittentes ou traité théorique et pratique des maladies périodiques ... et ... de tout ce qui offre de l'intermittence ou de la périodicité en pathologieChapitre 13 sur 79 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

HÉMORRHAGIES INTERMITTENTES EXTERNES.

Quoique T intermittence en ait moins imposé sous forme hémorrhagique que sous les autres formes de maladie , sans doute parce qu’on était déjà habitué à voir des écoulements sanguins périodiques dans l’ordre physiologique ou compatibles avec la santé, cependantplusieurs médecins sont également tombés dans l’erreur à cet égard : les uns, en ne voyant dans toute hémorrhagie intermittente que le résultat de l’influence des astres, et en particulier celui delà lune, comme Darwin et Reil ; les autres, tels que Sioll et Médicus , en les faisant toujours dépendre du mauvais état des premières voies; car c’est là, selon eux, que réside le foyer unique et général de toute espèce de maladie périodique.

D’autres médecins croient aussi qu’une fièvre intermittente essentielle peut se cacher sous le masque d’une hémorrhagie périodique! C’est ainsi que Lordat, à l’occasion d’un fait de ce genre, observé par Fabrice de Hilden, et que nous rapportons sous le n° 70, agite sérieusement cette question: or L’effort hémorrhagique était-il l' effet du génie intermittent y et la maladie n’était-elle qu’une fièvre double quotidienne masquée (1)? » Le docteur Puccinotti va plus loin encore , et, dans un ouvrage italien, publié en 1824, reconnaît une fièvre intermittente pernicieuse sous la forme d’une épistaxis périodique. Il lui donne le nom de fièvre pernicieuse épistaxique (2) ! Enfin, en 1837, M.le docteur Dufour de Saint-Sever a envoyé à l’ Académie royale de médecine une observation d’hémorrhagie intermittente (no79), dont il veut faire, dit-il, une espèce de fièvre pernicieuse hémorrhagique, sans doute parce que cette forme ne se trouve pas encore dans le grand tableau des fièvres pernicieuses da professeur Alibert ! Comme nous, M. Dubois d’Amiens , rendant compte de ce fait à l’illustre Société , s’étonne de cette tendance à vouloir créer de nouvelles entités fébriles.

L’intermittence des hémorrhagies a été de tout temps reconnue.

(1) Traité des hémorrhagies.

(2) Histoire des fièvres intermittentes pernicieuses , observées à Rome,

de 1819 à 1822.

HÉMORRHAGIES 1 N TER M ITTEN TES

Elle existe dans l’état physiologique comme dans l’état pathologique, car personne n’ignore la parfaite régularité des évacuations menstruelles , et de certaines hémorroïdes nécessaires à la santé des individus qui y sont habitués depuis long-temps. Il y a peu ou point d’affections dont la manière d’être et le siège s’adaptent mieux avec le type intermittent. Il semble que , par sa nature meme , une hémorrhagie ne doi . e pas durer long-temps, parce que le stimulus local qui l’entretient s’épuise par le fait même de l’écoulement du sang.

L’irritation intermittente hémorrhagique ne paraît être qu’une dépendance ou une modifie nion de l’irritation inflammatoire; du moins il est certain qu’il y a beaucoup d’analogie entre elles. Dans l’une comme dans l’autre, il y a appel de fluides sanguins; toutefois la lésion locale qui constitue une hémorrhagie périodique, ainsi que les phénomènes morbides qui en sont ie résultat, diffèrent sous plusieurs rapports de ceux d’une phlegmasie intermittente; il y a entre elles analogie et non point identité de maladie.

Dans la plupart des hémorrhagies intermittentes, le sang est versé sur une surface exhalante ou sécrétoire , et à quelque distance des vaisseaux sanguins d’un gros calibre. C’est ordinairement dans le système capillaire que se passent les phénomènes hémorrhagiques; c’est là que semble avoir lieu tout-à-coup l’appel d’une quantité surabondante de fluide sanguin; c’est là qu’il se fait un travail morbide particulier dans lequel les vaisseaux exhalants sont en quelque sorte conviés sinon forcés à lui livrer passage au dehors. Il n’est donc pas étonnant que ce soient les organes où prédomine le système capillaire sanguin, comme les membranes muqueuses , qui présentent le plus souvent les hémorrhagies périodiques externes. Aussi n’est-il pas rare de les voir se développer à l’embouchure des conduits par lesquels les membranes dont il s’agit viennent communiquer avec la peau. De là la fréquence des hémorrhagies nasales et gencivales. Elles peuvent également avoir lieu sur la conjonctive, par le conduit auditif externe , à la surface de la peau, soit par suite d’une lésion particulière ou d’une aberration de fonctions des exhalants cutanés qui fournissent du sang à la place de l’humeur perspiratoire ; soit par suite d’une vésication, d'une érosion ou d’une plaie quelconque ; soit par suite de varices ou de certaines lésions dans lesquelles le système capillaire sanguin prend un

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développement tel qu’il en résulte tantôt des réseaux vasculaires plus ou moins saillants , tantôt des espèces de mamelons et de tissus érectiles, d’où la moindre cause irritante peut provoquer des écoulements sanguins assez considérables pour constituer des hémorrhagies, comme dans les observations sous les n^s 81 , 8i , 87 , et 91 . D’autres fois, le sang paraît être versé à la surface cutanée de la même manière que sur les membranes muqueuses, comme dans l’exemple rapporté sous le n» 73. Quoique ces dernières membranes soient le siège le plus ordinaire des hémorrhagies intermittentes, les faits prouvent qu’on peut les rencontrer ailleurs, et même qu’il n’est aucun point de la surh\ce du corps d’où le sang ne puisse être ainsi exhalé ou versé sous forme hémorrhagique.

Diagnostic. — On pense assez généralement que c’est par la voie des vaisseaux exhalants , intermédiaires entre les artères et les veines, que s’opèrent les écoulements sanguins qui consti^ tuent les hémorrhagies intermittentes. Quelquefois cependant elles paraissent avoir lieu directement par les artères et les veines d’un certain calibre, car elles seules peuvent fournir tout-à-coup une aussi grande quantité de sang que celle qui caractérise les accès hémorrhagiques observés sous lesn°® 70, 71 et 85. r

Dans la plupart des hémorrhagies intermittentes, il y a congestion sanguine analogue à celle qui annonce le commencement d’une inflammation. Mais la congestion hémorrhagique diffère de la congestion inflammatoire en ce que , dans la première , le sang afflue en plus grande quantité à la fois et si brusquement, qu’il n’a pas le temps de pénétrer la structure intime des tissus, de s’identifier avec eux, et d’en modifier l’organisation, comme cela a lieu, d’une manière peu sensible il est vrai dans une simple congestion sanguine, mais à un degré toujours assez marqué dans l’inflammation proprement dite. Enfin, la congestion hémorrhagique diffère de l’inflammation en ce que celle-ci provoque presque toujours des phénomènes généraux ou sympathiques plus ou moins remarquables et proportionnés à son intensité, tandis que l’hémorrhagie, même la plus active, ne met en jeu que peu ou point de sympathies du côté du cœur, du cerveau, de l’estomac , des membres, etc. Tout au plus si dans quelques cas il y a un léger mouvement fébrileetun malaise général dépendantd’un état pléthorique qui ne tarde point à se dissiper. Si l’on a vu des phénomènes généraux très remarquables durant un accès liémor-

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rhagiqiie, c’est qu’ alors il était lié sous forme de complication à une véritable fièvre intermiitenie, comme dans l’observation sous le 77, dans laquelle l’hémorrhagie avait lieu durant la période de froid d’une fièvre d’accès, et se dissipait dès que la période de chaleur commençait à s’établir d’une manière prononcée.

L’hémorrhagie périodique suppose une hématose très active jointe à une grande mobilité des capillaires sanguins ; aussi la marche de toute irritation intermittente hémorrhagique est-elle ordinairement brusque, rapide, quelquefois précédée de frisson, comme l’irritation inflammatoire ; mais elle n’est point comme celle-ci accompagnée de phénomènes généraux, fébriles et gastriques , c’est-à-dire quelle n’exerce que peu ou point d’influences sympathiques sur les principaux viscères. Son développement et sa terminaison s’opèrent en général beaucoup plus promptement que ceux de l’irritation inflammatoire, parce que l’écoulement du sang ne tarde point à amener en quelque sorte l’épuisement de la surexcitation qui provoque l’afflux de* ce liquide; puis cette surexcitation, par une cause quelconque, revient à une époque plus ou moins rapprochée ; de là aussi le retour d’un nouvel accès hémorrhagique.

Ce qu’on appelle atonie hémorrhagique ne nous semble qu’une abstraction ; car , tant faible qu’on suppose la partie qui devient le siège d’une hémorrhagie, toujourscelle-ci s’opère synergiquement et par suite d’un mouvement fiuxionnaire actif ; et quand même V activité de la fluxion hémorrhagique ne serait pas exactement démontrée, on ne pourrait pas supposer que l’écoulement du sang fut le résultat de la faiblesse des exhalants , parce que c’est toujours en vertu d’une action qui leur estpropre qu’ils reçoivent un fluide inaccoutumé, et parce que, tant que ces vaisseaux sont animés de vie, on ne peut pas supposer qu’ils restent inertes et passifs à l’égard du fluide qu’ils reçoivent, ou qui parcourt leurs conduits. On ne conçoit pas davantage qu’il y ait localement une impulsion mécanique quelconque qui les force à se dilater et à s’ouvrir pour donner passage au sang. 11 n’y a donc pas d’hémorrhagie intermittente passive , dans le sens qu’on attache généralement à ce mot, c’est-à-dire d’hémorrhagie dépendante d’une faiblesse organique. Ce n’est pas le propre de la débilité de provoquer un appel de fluides; celui-ci suppose toujours une surexcitation locale là où ils affluent en plus grande quantité

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qu’à l’ordinaire, et surtout avec une force telle qu’il en résulte expulsion ou épanchement hémorrhagique.

On peut admettre comme loi générale que le sang ne saurait être appelé dans les vaisseaux capillaires d’une partie quelconque sans une cause stimulante qui en détermine l’irritation ; celle-ci devient hémorrhagique, quand, à l’afflux plus considérable du sang, se j{)int une disposition particulière des exhalants à livrer passage à ce fluide. Cette disposition ne consiste point dans une faiblesse ou un relâchement de leurs orifices, mais au contraire dans une augmentation d'action organique qui les dispose à admettre la partie rouge du sang et à lui imprimer un mouvement assez actif pour qu’il s’échappe à travers leurs orifices.

Le phénomène hémorrhagique (nous faisons ici abstraction des hémorrhagies occas'onnées par la section ou la rupture des vaisseaux) est identique dans sa nature. Il est toujours actif, il varie seulement dans son activité en raison du plus ou moins de force organique et de plénitude sanguine dans le tempérament des malades; puis en raison de la promptitude ou de la lenteur avec lesquelles leur sang est reproduit. I! y a des individus chez qui l’hématose est d’une activité prodigieuse. Alors le système sanguin devient extrêmement mobile; et la concentration locale est si facile que l’hémorrhagie est toujours disposée à s’établir par tous les points dont le siège et l’organisation se prêtent à ce genre d’irritation. Thomas Bartholin a vu une jeune femme, d’un tempérament sanguin, pléthorique, dont les règles étaient peu abondantes , et chez qui il s’établissait à chaque époque menstruelle une disposition si grande aux hémorrhagies , qu’il lui suffisait alors de se gratter certaines parties du corps, particulièrement les joues, pour en faire jaillir une certaine quantité de sang.

La disposition aux hémorrhagies intermittentes va en augmentant à mesure qu’elles se sont déjà répétées un plus grand nombre de fois. Et même, dans ces cas de fréquentes récidives hémorrhagiques, si l’on ne cherche pas promptement à l’arrêter ou à la modérer par des moyens convenables, cette disposition peut devenir très danger' use, et constituer ce que M. Broussais app 'lle avec ra’s )n une diathèse hémorrhagique. Les observations sous les n"‘ 71 et 76 nous en offrent des exemples frappants.

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Stahl pensait que toutes les hémorrhagies spontanées étaient dues à un effort salutaire de la nature qu’il fallait plutôt favoriser qu’arrêter dans son cours. Il y a, en effet, plusieurs afiéctions hémorrhagiques, surtout parmi les hémorrhagies périodiques externes, dont l’utilité est incontestable. Il y a également des exemples qui attestent qu’elles sont ou peuvent devenir nuisibles, si l’on néglige d’en arrêter le cours. Mais on peut établir, en thèse générale, que le pronostic des hémorrhagies intermittentes externes n’est point défavorable. Il est rare que l’écoulement du sang soit assez abondant et assez souvent répété pour faire courir quelque danger aux malades; d’autant plus que l’art peut facilement intervenir et lui opposer des moyens presque toujours efficaces puisqu’ils sont en quelque sorte mécaniques, et puisqu’on peut presque toujours s’assurer par la vue et le toucher de la force et de l’exactitude de leur application. Tl y a pourtant des cas de ce genre dans lesquels les moyens de l’art n’auraient point suffi à la guérison des malades, si la nature n’avait suscité un déplacement critique de l’irritation, hémorrhagique. Tel est l’exemple qui s’est présenté à l’IIôtel- I)ieu de Paris, et qu’a recueilli M. Senn, alors élève interne de cet hôpital; il s’agissait d’une épistaxis tellement rapide et abondante, que nul moyen mécanique n’avait pu parvenir encore à l’arrêter. La malade paraissait menacée d’une mort prochaine à cause de l’état de faiblesse et d’épuisement dans lequel cette femme était déjà parvenue, lorsque tout-à-coup on lui vit apparaître de nombreuses pétéchies sur le tronc et sur les membres. Alors l’épistaxis s’arrêta; et, à mesure que les forces de la malade se relevèrent, les pétéchies, à leur tour, disparurent.

Causes. — Les causes prédisposantes et déterminantes des hémorrhagies intermittentes externes sont à peu près les mêmes que celles des hémorrhagies continues, avec la différence que l’action de celles-là se répète souvent à des époques à peu près régulières ; et c’est l’intermittence des Ccvuses qui, le plus ordinairement , détermine l’intermittence des accès hémorrhagiques (1). Quant aux causes prédisposantes les plus influentes, ce sont, comme pour les hémorrhagies continues, la pléthore

(1) « Lordat pense, dit M. Rayer , qne le génie intermittent des effusions sanguines est provoqué par des impressions intermittentes externes. »

M. Rayer se trompe, car Lordat n’a jamais écrit cela, et s’il l’a pensé, nous demanderons à M. Rayer comment il a pu le deviner ! Ne serait-ce pas plu-

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sanguine, l’adolescence, le printemps, les longues marches, les exercices forcés ou les mouvements trop rapides du corps, l’omission d’une saignée indiquée, le retard ou la suppression du flux menstruel ou de toute autre évacuation habituelle; l’impression subite d’un air froid par la réaction quelle détermine, la diminution delà pression atmosphérique, une secousse physique ou morale très vive, etc. , sont les causes assez ordinaires des hémorrhagies périodiques. Elles peuvent aussi se manifester sur des plaies, à la suite d’une opération chirurgicale, ou à la suite de raccouchement. C’est ainsi qu’on a vu les lochies sanguines cesser et revenir plusieurs fois, à des époques plus ou moins rapprochées et régulières. Enfin, tout comme on voit des fièvres inflammatoires continues donner lieu à des hémorrhagies continues chez des sujets jeunes et pléthoriques, de même aussi les fièvres intermittentes peuvent provoquer durant leurs accès des hémorrhagies de même type, comme nous en rapportons un exemple sous le n° 77.

Symptômes. — Les symptômes que présentent ordinairement les irritations intermittentes hémorrhagiques, sont un léger frissonnement avec un sentiment local de plénitude et de tension , quelquefois de chaleur, presque toujours une espèce d’orgasme ou de prurit particulier, mais peu ou point de douleur. Quelquefois il y a de la fièvre, le pouls est dur et accéléré , la face rouge , les yeux brillants , comme dans l’observation sous le n® 73.

L’hémorrhagie périodique survient assez ordinairement sans symptômes précurseurs; d’autres fois elle est précédée de céphalalgie, ou bien d’étourdissement, de lassitude, d’engourdissement, etc. Mais il n’y a de bien constants que les symptômes locaux dont nous venons de parler; ce sont eux qui constituent l’effort hémorrhagique ou le molimen hemorragicum des hémorrhagies actives, par opposition à celles qu’on a appelées fassives, à cause de l’absence ou du faible degré des symptômes dont il s’agit. Ces symptômes, en effet, sont loin d’être toujours aussi marqués dans un cas que dans un autre. Ils varient , au contraire, en intensité suivant l’espèce d’hémorrhagie et suivant la disposition des malades. Ils commencent souvent à se

tôt un« manière fort adroite de faire bonneur à Lordat de la penséede M. Rorh»“? C’est là une lactique assez ordinaire aux adversaires de la nouvelle doctrine, lis cherchent à dépouiller les médecins physiologistes de ce •ce qu’ils y trouvent de bien, en attendant qu’ils se l’adjugent à eui-mêmes.

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faire sentir plusieurs heures avant l’écoulement du sang; quelquefois même ils le précèdent d’un ou de deux jours. On a vu des épistaxis très considérables être annoncées deux et même trois jours à l’avance par un sentiment de malaise , de lassitude et d’engourdissement général, par une céphalalgie et des étourdissements pénibles, que l’hémorrhagie nasale suffisait pour dissiper entièrement, comme dans l’observation rapportée sous le n» 82.

Au reste, les symptômes qui constituent les hémorrhagies intermittentes externes varient infiniment sui\ant la manière d’être des individus qui en sont affectés. C’est sans doute pour n’avoir pas fait cette distinction importante qu’on a été porté à diviser les hémorrhagies en actives et passives; on a attribué à une différence de nature de l’hémorrhagie elle-même, ce qui n’était dû qu’à une modification individuelle. Combien de fois , en effet, n’arrive-t-il pas, chez des individus affaiblis successivement par des pertes sanguines très répétées , que les symptômes hémorrhagiques locaux, d’abord très marqués, diminuent peu à peu et deviennent même tout-à-fait insensibles 1 Sans doute il peut arriver dans ces cas que les accès hémorrhagiques finissent par avoir lieu sans effort et sans aucun signe d’excitation locale. Nous en rapportons un exemple assez remarquable sous le n® 73 : il s’agit d’un homme d’un tempérament sanguin et très fortement constitué , d’un caractère violent, et qui fut tellement affaibli par plusieurs accès hémorrhagiques , que durant les derniers accès il était pâle , et si exténué et si languissant, qu’il ne paraissait plus le même individu, et que l’hémorrhagie, de très active quelle était d’abord , parut à la fin n’offrir plus que les caractères qu’on attribue ordinairement à l’hémorrhagie passive. Hé bien, peut-on dire alors que la même hémorrhagie qui , chez le même individu , était d’abord très active , ait changé de nature en offrant une nuance d’irritation plus faible? et peut-on dire qu’elle constitue alors une autre entité morbide particulière qu’on doive appeler passive ? N’est-il pas évident que , dans co cas, rien n’est changé dans la nature, mais seulement dans la nuance ou la forme de l’écoulement sanguin? S’il se manifeste quelques particularités locales et generales, quelques phénomènes de plus ou de moins, n’est-ce pas à l’état de l’individu lui-même qu’il faut s’en prendre , comme nous venons d’en citer un^exemple ?Y a-t-il là autre chose que la différence de

l’homme fort à l’homme faible? Quelquefois aussi l’absence de l’effort hémorrhagique peut tenir au peu de sensibilité de la partie affectée; mais, dans tous les cas d'hémorrhagie périodique dont il s’agit , le sang n’est porté au dehors que par un surcroît d’activité , par une espèce particulière d’orgasme ou de mouvement péristaltique morbide du système capillaire sanguin.

Traitement. — Les moyens à employer durant l’accès d’une hémorrhagie intermittente sont à peu près les mêmes que ceux qu’on oppose aux hémorrhagies continues. Gomme dans le traitement de ces dernières, les moyens thérapeutiques doivent varier suivantles causes qui les ont provoquées, puis selon l’âge, le tempérament, la disposition des malades, et selon le lieu qu’affecte l’hémorrhagie. Chez une personne jeune et pléthorique, la saignée est souvent indiquée. D’autres fois , il faut donner la préférence aux évacuations sanguines locales , aux ventouses scarifiées , plus souvent aux sangsues appliquées autour de la vulve ou au fondement quand il s’agit de rappeler des règles ou des hémorroïdes dont la suppression a pu provoquer l’hémorrhagie périodique externe. Quelque peu dangereuse que soit cette hémorrhagie, quand elle résulte de la suppression de l’écoulement menstruel, il faut néanmoins, dans tous les cas. s’attacher à rappeler ce dernier écoulement sanguin , parce qu’il est le seul qui soit parfaitement en harmonie avec la santé générale de la femme , et avec l’état normal des fonctions de la génération. Il n’en est pas de même des hémorroïdes , dont l’existence n’est qu’accidentelle et anormale ; cet écoulement périodique n’est point utile, à moins qu’il ne fasse diversion à une autre hémorrhagie plus grave , ou qu’il ne prévienne quelque congestion inflammatoire tendant à se fixer sur quelque oroane important comme le cerveau , les poumons , etc. A part ce dernier cas , il peut arriver que les hémorroïdes non seulement ne soient pas utiles , mais qu’elles soient remplacées par une hémorrhagie périodique externe , moins importante ou moins incommode encore que les hémorroïdes elles-mêmes ; de façon qu’il serait alors contre-indiqué de les rappeler, comme dans l’observation sous le no 70 , où le malade préféra conserver une hémorrhagie labiale périodique , plutôt que d’employer les moyens propres à rappeler ses anciennes hémorro'ïdes qui ne laissaient pas que de l’incommoder beaucoup.

Parmi les moyens locaux qu’on oppose ordinairement à une

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hémorrhagie quelconque , les uns sont purement mécaniques , comme certaines positions du malade , l’application de l’agaric , la compression , etc. Les autres agissent sur les propriétés vitales des tissus affectés, comme les astringents, les styptiques , qui , en impressionnant d’une certaine manière les vaisseaux sécréteurs et excréteurs, tendent à faire éprouver un mouvement d’astriction ou de resserrement aux bouches exhalantes de ces vaisseaux ; d’autres fois ces moyens agissent plus directement sur leur calibre , et tendent àmodifier, si ce n’est à fermer les orifices eux-mêmes qui alimentent l’hémorrhagie. La compression n’est guère avantageuse que dans les cas où l’on a des points de résistance assez solides pour qu’elle puisse s’effectuer convenablement. 11 est rare qu’on y ait recours dans les cas d’hémorrhagie périodique. L’emploi qu’on en fit , dans l’observation sous le n® 71, paraît à peine justifié par un succès éphémère , lequel ne fut pas sans incommodités pour le malade , et qui n’empêcha point l’hémorrhagie de récidiver bientôt après. Comme le type intermittent de l’hémorrhagie dont il s’agit était bien régulier, il nous paraît qu’on aurait dû insister sur l’emploi du sulfate de quinine , dans l’intervalle des accès hémorrhagiques , mais sans lui associer l’opium , qui, dans cette circonstance, a peut-être empêché plutôt que favorisé l’action antipériodique du sulfate de quinine ; car un des effets assez constants de l’opium , surtout employé à des doses un peu fortes, c’est d’activer le mouvement du cœur et de rendre la circulation du sang plus rapide. Dans cet exemple , comme dans beaucoup d’autres analogues , il nous semble qu’on eût pu se borner durant l’accès à des moyens réfrigérants et styptiques locaux, puis insister particulièrement sur les révulsifs les plus prompts , comme les pédiluves et les maniluves chauds et irritants. On peut aussi appliquer des cataplasmes chauds et sinapisés à la partie interne des membres , en ayant soin de ne les laisser en place que juste le temps nécessaire pour produire un peu de rougeur et de chaleur à la peau.

Il y a encore un autre moyen dont l’effet est plus prompt, et qui , à notre avis, est peut être le plus efficace que nous possédions contre un grand nombre d’hémorrhagies , moyen qui n’entraîne aucune incommodité par la suite ; c’est la ligature ou la compression circulaire des membres. Ce précieux moyen , déjà connu des anciens , a été heureusement tiré de l’oubli par quelques praticiens modernes , particulièrement par MM. Lalle-

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«mand , Bourgery et Sanson qui en ont étudié avec soin , et qui en ont beancoup mieux compris le mécanisme qu’on ne l’avait fait avant eux. La compression circulaire des membres produit momentanément l’effet d’une saignée, en retenant aux extrémités une certaine quantité de sang. On peut meme, en multipliant les îigaiures sur chaque membre , rendre cette quantité de sang, qu’on empêche ainsi d’arriver au cœur, assez considérable pour qu’il en résulte une défaillance ou une véritable syncope. €e moyen n’agit-il pas également comme révulsif par l’espèce de fourmillement et d’engourdissement , parfois de douleur , qu’il provoque dans les extrémités soumises à la ligature , sans parler encore de la révolution générale qui en est la suite? Dans tous les cas, la ligature circulaire des membres nous paraît très propre à obtenir le ralentissement des battements du cœur, et par suite à diminuer l’action morbide des vaisseaux capillaires qui fournissent l’hémorrhagie ; ces vaisseaux, recevant tout-à-coup moins de sang, sont plus disposés à rentrer dans leur état normal.

Il y a aussi des hémorrhagies périodiques externes, contre lesquelles non seulement il ne convient point de diriger des moyens thérapeutiques , mais dont il faut au contraire favoriser le retour par tous les moyens hygiéniques les plus convenables. C’est ce qu’on do t faire toutes les fois qu’on peut présumer qu’elles sont utiles à la santé générale des malades ; surtout de*puis quelles sont devenues pour eux une sorte d’habitude économique, une espèce d’émonctoirepour l’entretien duquel la nature a fait ses dispositions, et dont il n’est plus permis, sans danger, de troubler la régularité , ni d’arrêter la marche, et encore moins de supprimer lemode d’action salutaire. En effet , combien d’exemples prouvent que des hémorrhagies périodiques externes n’ont pu être suspendues ou arrêtées , sans qu’il en soit résulté d’autres hémorrhagies internes beaucoup plus graves. N’a-t-on pas vu survenir alors l’hémoptysie, l’hématcmèse, l’hématurie ou des inflammations viscérales, comme des péripneumonies , des catarrhes chroniques, des gastro-entérites, des dysenteries, etc.? Nous rapportons quelques observations de ce genre , sous les nos 85, 86 et 91. Cependant l’hémorrhagie intermittente , dans le plus grand nombre des cas, constitue une maladie réelle dont il faut débarrasser les malades, sauf à prendre toutes les précautions convenables pour éloigner les causes, et combattre certaines habitudes et prédispositions individuelles. Gomme pour

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toutes les affections périodiques externes , c’est pendant l’intervalle des accès hémorrhagiques qu’il faut administrer le sulfate de quinine , qui en préviendra le retour d’autant plus sûrement qu’il y a presque toujours une intermittence parfaite entre les accès dont il s’agit. C’est souvent parce qu’on n’a point fait attention à la périodicité des hémorrhagies , qu’on a négligé un moyen aussi précieux pour les combattre ; car ce n'est point en vain qu’on y aurait eu recours ; et l’on voit sous les n"‘ 73, 77, 78 et 79 , des exemples de succès aussi prompts qu’avantageux , par l’emploi méthodique du sulfate de quinine.

OBSERVATIONS QÜI PROUVENT l’EXISTENCE DES IRRITATIONS INTERMITTENTES nÉMORRHAGIQÜES EXTERNES.

Hémorrhagie intermittente hi-quotidienne du nombril et quoti^ dienne de la muqueuse nasale. ( Fièvre pernicieuse hémorrhagique de l’auteur.)

N»>70. Fabrice de Hilden rapporte qu’un apothicaire de Soleure étant allé à Strasbourg par un temps fort chaud , et s’élant livré avec un grand zélé aux affaires de son négoce, présenta tout- à-coup une hémorrhagie abondante par une petite ouverture qui se fit au nombril. Il rendit une livre et demie de sang , après quoi l’hémorrhagie s’arrêta spontanément. Le malade, aussi surpris qu’effrayé , fit appeler des médecins qui lui prescrivirent des remèdes tempérants. Ces remèdes n’empêchèrent pointThémorrhagie de se renouveler le lendemain et les jours suivants à des époques régulières , savoir : le matin depuis sept heures jusqu’à huit, et dans l’après-midi depuis deux heures jusqu’à trois : cette hémorrhagie continua d’avoir lieu ainsi pendant onze jours consécutifs. Le sang ne sortait pas lentement et goutte à goutte, mais avec une impétuosité étonnante, sans qu’aucun des remèdes employés par les hommes de l’art ait pu y apporter le moindre changement. Le malade avait encore un saignement du nez une fois le jour, dans le même temps qu’il avait l’une des deux hémorrhagies ombilicales. L’ouverture par laquelle celles-ci faisaient irruption était à peine de la largeur d’une lentille , ce qui n’empêchait pas l’écoulement sanguin d’être chaque fois assez abondant. Après que l’ouverture ombilicale eut cessé de fournir du sang, il en sortit encore du pus pendant deux mois. La quantité totale de sang que ce malade perdit fut évaluée environ à une pesanteur de vingt-sept livres. ( Observ. chirurg. p. 219.)

Epistaxis intermittente bi-quotidienne.

No 71. Blanck, âgé de vingt-huit ans, peintre en bâtiments, avait été sujet à des épistaxis assez fréquentes dans sa première jeunesse, et depuis cette époque il lui arrivait encore souvent de saigner du nez, particuliérement dans l'été et lorsqu’il se livrait avec ardeur à son travail ; cependant ces épistaxis étaient modérées, et ne duraient guère au-delà de cinq minutes à un quart d’heure ; sa santé du reste se conservait parfaitement bonne. Dans le courant d’août 1826, Blanck contracte une blennorrhagie ; celle-ci ayant été supprimée par des remèdes intérieurs , des bubons se développèrent ainsi que des chancres au pourtour du gland, et nécessitèrent un traitement avec le sublimé, qui fut continué jusqu’au commencement de décembre. Cependant les épis-

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taxis habituelles n’avaient pas reparu depuis l’invasion de la blennorrhagie , c’est-à-dire depuis le mois d août; mais le 18 décembre , sans cause appréciable, Blanck fut pris d’une hémorrhagie nasale considérable, qui dura depuis cinq jusqu’à huit heures du soir , et put être évaluée à un litre de sang. Cette hémorrhagie ne fut précédée ni de céphalalgie, ni d’aucun symptôme * de congestion cérébrale.

Le 19 au malin, l’épistaxis reparut toujours par la narine droite. Le malade perdit moins de sang que la veille, et l’écoulement ne dura qu’une demiheure environ ; mais le soir il revint de nouveau et fournit à peu jirés une demi pinte de sang. Quoique la faiblesse commençcàt déjà à être assez considérable, aucun phénomène particulier ne se développa, et le malade passa une bonne nuit.

Le 30, une nouvelle épistaxis a lieu le matin; elle se prolonge pendant plus d’une demi-heure ; elle est plus considérable que la précédente ; le malade perd environ un litre de sang. Dans la nuit , l’hémorrhagie reparaît avec une plus grande intensité et dure une heure. C’est alors que cet homme quitta Raincy , pays où il travaillait , et qu’il vint à Bellevue.

Le 21 il perdit encore une pinte et demie de sang en deux fois ; savoir, le matin pendant une demi heure, et prés d’une heure la nuit. Cependant ces hémorrhagies , quoique fort abondantes , n’avaient déterminé aucun trouble dans les fonctions ; seulement le malade était fort pâle ; du reste , l’appétit se conservait. C’est dans cet état qu il entra à l’Hôlel Dieu le 22 décembre 1826. Le soir même, vers les sept heures, l’hémorrhagie nasale reparaît; le sang coule fort abondamment et remplit un bassin ( une pinte au moins ). Il est recouvert d’une couenne épaisse et grisâtre ; le caillot est résistant , mais peu volumineux , le sérum fort abondant.

Le 23 , le malade ne se plaint d’aucune partie du corps; la peau est fort pâle et tirant un peu sur le jaune ; la muqueuse des lèvres est beaucotip moins rouge que dans l’état ordinaire; Blanck en un mot ne se plaint que de la faiblesse dans laquelle l’ont jeté les pertes de sang considérables qu’il a fuites depuis cinq jours. Le pouls est petit, très faible, fréquent. M. le professeur Récamier, frappé du type intermittent qu’affecte cette épistaxis, prescrivit le traitement suivant : douze grains de sulfate de quinine en trois doses; limonade avec eau de Rabel; un grain d’extrait gommeux d’opium, pour le soir.

L’hémorrhagie nasale reparaît à sept heures du soir sans être précédée de symptômes précurseurs; cette fois le malade ne perd qu’une demi-livre de sang environ.

Le 24 au matin , l’épistaxis revient. C’est alors que l’on substitue au traitement précédent le tamponnement des fosses nasales à l’aide de la charpie. Le soir, il n’y a point d’hémorrhagie.

Le 25 au matin , quelques gouttes de sang s’étant écoulées, on applique de la nouvelle charpie dans les fosses nasales. Les jours suivants, les lotions avec l’hydrochlorate de chaux sont prescrites pour s’opposer à la fétidité des tampons de charpie, et remplissent complètement leur but. Du 25 au 30 les forces du malade se rétablirent graduellement, la teinte jaune de la peau se dissipa, la pâleur diminua également ; enfin , le 31 décembre , l’hémorrhagie n’ayant point reparu , on retira les tampons de charpie.

Le 4 janvier l’épistaxis revint, mais elle fut très modérée; il ne s’écoula qu’un demi-verre de sang. Le 7, pendant que le malade mangeait de la soupe très chaude, il fut pris d’un nouvel écoulement de sang, mais peu abondant; enfin le 10 , s’étant levé , il s’en développa un nouvt*au { un verre de sang environ), lequel se renouvela le 11 et le 12 De{)ui«i celle é|ioque,ces épistaxis ont cessécomplétement. La santé du malade aujourd’hui est parfaite , quoiqu’il reste un peu de pâleur. ( !)larlinet. F^evue méd. 1834.)

HÉMORRHAGIES INTERMITTENTES

Autre épistaxis , type quotidien,

" No 72. Un jeune homme était affecté toutes les nuits à la même heure, et lorsqu’il dormait profondément, d’une hémorrhagie nasale. Aucun moyen n’avait pu ni l’arrêter, ni produire une déviation dans sa périodicité. Darwin fut consullé , et le guérit de celte hémorrhagie par un moyen bien simple que voici : il recommanda d’éveiller le jeune homme au moment précis où l’évacuation sanguine allait se manifester , et de le faire lever pendant un quart d’heure. Cela fut répété avec soin pendant quelque temps, et réussit complètement; l'hémorrhagie ne reparut p'us, et il n’y eut aucune maladie subséquente. ( Valentin, Journal gén. de méd. , t. ixiv. )

Epistaxis intermittente quotidienne.

No 73. M. Vert, âgé de soixante-quinze ans, fortement constitué , d’un tempérament sanguin etd’un caractère violent, après avoir éprouvé quelques contrariétés , fut atteint , le 17 août 1829, à dix heures du soir, d’une épistaxis qui ne s’arrêta qu’aprés trois heures de durée , le malade ayant perdu plusieurs livres de sang dans cet intervalle.

Le lendemain à la meme heure, l’hémorrhagie reparut avec plusde violence encore que la veille Le malade avait la face vultueuse, les yeux brillants, le pouls dur et accéléré; il présentait enfin tous les symptômes qui accompagnent les hémorrhagies actives. Un bain de pied sinapisé , une potion astringente et une liqueur de mêmenature aspirée parle nez, mirent fin à cetécoulement de sang Le troisième jour, le malade se trouvait pâle et un peu faible, son pouls était nature! ; l’hémorrhagie n’en reparut pas moins à dix heures du soir, et donna lieu à une perte considérable de sang.

Ne pouvant plus méconnaître la nature périodique de la maladie, M. Bottex prescrivit de la limonade sulfurique et du sulfate de quinine. Le lendemain , toujours à dix heures du soir, il y eut encore une hémorrhagie, mais beaucoup plus faible. La dose du sulfate de quinine ayant été augmentée, réi)istaxis ne reparut pas. ( Travaux de la Société méd. de Lyon, 1831. )

Autre hémorrhagie intermittente quotidienne.

No 74. Le docteur G. Benaben rapporte l’exemple d’une hémorrhagie qui récidivait chique jour à la meme heure chez un homme sanguin, âgé de vingt-deux ans. Une arme à feu ayant éclaté entre les mains de cet individu l’on fut obligé de lui pratiquer l’amputation de deux doigts de la main gauche. La plaie qui en fut la suite n’offrit d’abord rien de particulier que le suintement ordinaire en pareille circonstance, jusqu’à l’époque où la ligature des vaisseaux est prête à tomber ; depuis ce moment celle plaie présenta une exhalation sanguine plus ou moins abondante aux mêmes heures. C’était vers le soir qu’elle se manifestait , et elle était d’autant plus grande qu’il y avait en même temps un redoublement fébrile plus njarqué. Cette hémorrhagie périodique n’exigea aucun traitement particulier, et ne présenta rien de remarquable que son retour à la même heure pendant plusieurs jours de suite. [Revue méd. franc., t. v, 1825.)

Hémorrhagie du mamelon gauche alternant avec le flux menstruel.

No 75. La fille d’un médecin , étant à l’hospice de Saint-Louis , à Paris, eut une déviation bien singulière du flux menstruel ; elle avait lieu par la mamelle gauche. Un jour les régies parurent ; i)uis un instant après elles se supprimèrent, et le sang s’exhala de l’extrémité du mamelon gauche. La malade n’y éprouvait qu’un léger sentiment de chaleur.

externes.

IJn moment après les régies reparurent, et le mamelon cessa d’exhaler dii sang. Cette succession de phénomènes s’est renouvelée trois et quatre fois pendant la durée de cette menstruation. (Latour, Cause des hémorrh.i. n>-

Hémorrhagie intermiltente quotidienne y quintanCy et

quindécimane.

No 76. Patrick Murray rapporte qu’une femme âgée de quarante-quatre ans, avait eu déjà ses régies deux fois à l’âge de quinze ans, lorsqu’elle fut poussée rudement contre une pierre, dans le temps que les régies coulaient pour la troisième fois; elle eut l’épaule gauche considérablement blessée par cette chute, et vomitpeudetempsapiés une grande quantité de sang. Les régies cessèrent dans la nuit, et elle ressentit une grande douleur à l’épaule et au côté gauche. Cette douleur fui accompagnée de faiblesse, d’inquiétude, de vomissement de sang, et de temps à autre le sang lui sortait par le nez, depuis lors, elle continua à perdre tous Les jours la quantité d’au moins une demilivre de sang, pendant deux années de suite. L’hémorrhagie revenait environ toutes lescinqousix heures, quatreà cinq fois dans un jour;queiquefois e saii sortait non seulement par la bouche et parlenez, maisencoreparlesoreilles de quatre en quatre jours. La malade avait encore pendant la nuit un léger écoulement menstruel, line fois, on lui appliqua des ventouses le long du do s qui arrêtèrent l’hémorrhagie pendant sept semaines. Celte suppression lui occasionna des douleurs très vives dans le sein, qui se lumélia au point que l’on fut obligé d y faire des scarifications pour soulager la malade.

Plus lard les hémorrhagies furent moins fréquentes ; elles ne revenaient que tous les quatorze ou tous les quinze jours, et au plus deux fois par semaine. Elle est restée dans cet état pendant sept années de suite, avec cette différence que, dans les deux dernières années, le sang ne sortait pas seule ment par le nez, par la bouche, par les oreilles, par les yeux et par les selles, mais qu’il s’échappait aussi par le sein et par la racine des ongles, tant des doigts de la main que de ceux du pied.

Elle ne ressent que peu ou point de douleur avant que les hémorrhagies reviennent ; mais elle en connaît les approches par un engourdissement qui se fait sentir à l’extrémité des doigts et des orteils, et par une dureté dans l’ouïe; elle s’aperçoit quand le veiit d’est souffle; alors elle frissonne, et l’hémorrhagie survient surtout par le nez et la bouche. A la suite de chaque hémorrhagie, elle est faible et indisposée t)endant quelques jours. La saignée la soulage, mais ne prévient pas l’némorrhagie , alors même qu'elle est pratiquée immédiatement avant le temps où la perte de satig doit avoir lieu ; seulement elle a été moins abondante quand on a eu recours au moyen dont il s’agit. {Essais et obs. de méd. de la Soc. d’Edimb. t. ii. )

Epistaxis intermittente , type tierce.

No 77. Un homme, âgé de vingt huit ans, était atteint d’une fièvre intermittente dont chaque accès était accompagné d’une hémorrhagie nasale tellement abondante, qu’elle aurait pu, en se répétant un certain nombre de fois, mettre en danger la vie du malade. L’hémorrhagie commençait pendant la période du froid et se continuait avec force, jusqu’à ce que la sueur fût bien établie. Il était impossible, quelque moyen qu’on employât , d’empêcher le sang de couler par les narines , pendant tout le temps que le froid se faisait sentir au malade. M. le docteur Kuhlbrand, qui a été témoin de ce fait, s’empressa d’administrer une forte dose de quinquina et d’acides minéraux;de telle sorte qu’il n'y eut guère que trois accès hémorrhagiques très sensibles Mais comme ce malade avait perdu du sang en très grande quantité, la convalescence fut assez longue, et nécessita encore l’emploi des amers

et des Ioniques qu’on jugea à propos de continuer pendant un temps plus ou moins long. {Wochenschrift fur die Gesam. heilk.)

Epistaxis avec le type tierce.

No 78. Rosen fait mention d’une hémorrhagie nasale qui revenait avec beaucoup de régularité, de deux jours l’un, chez un enfant. Elle était chaque fois très abondante; il pensa même qu’elle aurait pu faire périr cet enfant, si on ne lui avait promptement administré le quinquina, qui la fil cesser entièrement. {Maladies des enfants.)

Hémorrhagie intermittente y type tierce. (Fièvre pernicieuse

hémorrhagique de l’auteur.)

No 79. M. Léon Dufour, médecin de Saint-Sever, a communiqué à l’Académie de médecine, en 1837, une observation d hémorrhagie intermittente qui peut, selon lui, constituer une no’uue/üe espèce de fièvre pernicieuse hémorrhagique. Il s’agit d’une petite fille, âgée de six ans, qui fut prise presque spontanément d’une hémorrhagie nasale très abondante qui s’arrêta subitement et qui fut suivie d’un mouvement fébrile assez intense. Le lendemain la .«anté était parfaite. Le surlendemain nouvelle hémorrhagie, mais celle fois c’est l’estomac qui en est le siège; pendant sa durée, angoisse et prostration extrêmes ; aussitôt que le sang cesse de couler, la réaction se déclare comme l’avant-veille M. Dufour crut reconnaître une fièvre intermittente pernicieuse qui se cachait sous les apparences d’une hémorrhagie; en conséquence, ce médecin se hâta de prescrire le sulfate de quinine. Par l’emploi méthodique de ce moyen , l’hémorrhagie et la fièvre pernicieuse furent conjurées et guéries en même temps. {Bullet. de V Acad.^roy. de méd. de Paris. )

Epistaxis hebdomadaire.

No 80. OElhéus rapporte qu’il a observé un jeune ecclésiastique sujet à un saignement du nez qui le prenait régulièrement toutes les semaines. Sauf celte hémorrhagie périodique , sa santé était généralement bonne. (.4 caef. scrut. natur.)

Diapédèse intermittente quindécimane. ‘

No 81. M. Fournier a observé une diapédèse périodique chez un homme d’État, âgé de quarante-cinq ans; elle se manifesta à la suite de chagrins et de veilles causées par un travail important. Il se livra avec indiscrétion aux plaisirs de l’amour pendant une partie de la nuit. M. Fournier le trouva le lendemain dans une grande agitation fébrile, ayant de vives douleurs aux cuisses, aux jambes, aux aines, au pubis, et particuliérement à la verge. Toutes ces parties étaient inondées de sang; il coulait avec abondance des pores du gland. Ce praticien parvint à faire cesser la diapédése; mais elle se reproduisit régulièrement tous les quinze, ou au plus tous les vingt jours. Malgré l’emploi des moyens les plus convenables, les mêmes accidents reparurent pendant environ cinq mois; il n’y eut de différeneeque pendantles trois derniers mois , où la crise fut moins considérable. La verge était toujours la partie la plus affectée, et une douleur cuisante accompagnait constamment la diapédése. ( Latour, Causes des hémorrh.)

Epistaxis avec le type mensuel.

No 82. M. Caestrick fils rapporte qu’il a vu à Hettange, prés de Thionville, un* nommé George Schleilb, habitant et sergent de la seigneurie du

EXTERNES

lieu, homme d’une stature médiocre, jouissant d’ailleurs d’une bonne santé, qui avait une hémorrhagie considérable par les narines. Ce chirurgien se disposait à arrêter celte hémorrhagie, lorsque plusieurs personnes, qui étaient témoins d’un spectacle qui l’avail d’abord consleriié, lui apprirent qu’il y avait nombre d’années qu’il éprouvait les mêmes pertes. Le sang, arrêté de lui-même par la déplétion des vaisseaux, permit à cet homme, tranquille sur son étal, de répondre aux questions que M. Caestrick ci ut devoir lui faire. Il lui dit qu’il était âgé de trente-huit ans, et que, depuis seize ans, il était soumis à cette évacuation périodique, qui venait exaclernenl tous les mois. Il évaluait la quantité de sang qu'il perdait à un pot et demi. Il lui apprit encore que, deux jours avant son hémo rhagie nasale, il éprouvait un mal-être sensible, des élourdissements considérables, des lassitudes et des étourdissements insupportables, tandis que le calme le plus parfait s’établissait immédiatement après qu’elle avait eu lieu. [Journal de médecinej l. xxii, an 1765.)

Autre épistaxis mensuelle.

No 83. Un jeune homme d’une forte constitution est sujet tous les mois à des saignements de nez très abondants. Il sent cette évacuation se préparer d’avance; deux ou trois jours avant qu’elle n’arrive, la tête devient lourde, le visage rougit considérablement ; dans ces circonstances, le pouls est constamment plein, dur, vigoureux et très rebondissant. L’hémorrhagie annoncée ne manque jamais d’arriver ; lor.cqu’elle cesse, le pouls devient égal, souple, conservant encore cependant une sorte de pente au rebondissement ;la santé générale de ce jeune homme n’en est point altérée d’une manière sensible.

( Bordeu . Recherches sur le pouls.)

Schulze dit que lui-même, étantjeune, fut sujet tous les mois à un saignement de nez qui n’avait lieu que par la narine droite. [Acad, scrut. natur.)

Ophthalmorrhagie mensuelle.

N° 84. Helwich rapporte qu’une jeune fille fut sujette dés l’âge de sept ans, et exactement tous les mois, à une évacuation sanguine périodique parles yeux Celte hémorrhagie conserva la même régularité et le même siège jusqu’à l’âge de treize ans ; à cette ép )que, les menstrues s’établirent ; et l écoulement qui se fil par la voie ordinaire supprima entièrement celui qui avait lieu auparavant et aux mêmes époques par la conjonctive. [Morb. uratisl, ilOi.) L .

Hémorrhagie intermittente mensuelle.

No 85. Musgrave rapporte qu’un domestique était sujet depuis sa jeunesse à une hémorrhagie qui récidivait chaque mois au pouce de sa main droite. L’écoulement du sang survenait à une époque fixe au coté droit de 1 ongle , sans mal de tête, ni difficulté de respirer, ni aucun autre signe de pléthore sanguine Le symptôme précurseur était une pi'lite tumeur du pouce, de laquelle le sang sortait par divers or'fices; il s’en écoulait au moins quatre onces, et même une demi-livre, lorsque ce sujet fut parvenu à l’âge de seize ans, et sans que ses forces en fussent diminuées.

A vingt-un ans, voyant que l’évacuation sanguine se faisait confusémen et avec peine, il brûla cet endroit du pouce avec un fer rouge; l’hémorrhagie fut supprimée par ce moyen ; mais peu de temps après, hémoptysie avec toux, diminution des force.*, coliques vjolenies , surtout à la moindre impression du froid ; emploi inutile de la saignée et d’fiu'res remèdes. Depuis celte suppression, il est devenu pâle, languissant, et valétudinaire. [Act, Lips. 1702.)

Autre avec le même type.

No 86. Jacques Sola, robuste, d’un tempérament sanguin, Agé de vingt-cinq^ ans, fut sujet depuis sa quinziéme année à un éf'oulement de sang, parle bout du petit doigt de la main droite, qui revenait tous les mois, presque aux mêmes jours. Le sang coulait chaque fois fort lentement et goutte à goutte, pendant deux jours; on ne voyait aucune ouverture; dans tes intervalles périodiques, sa santé était bonne, et il continuait ses travaux ordinaires. La mal de tête qui s’augmentait progressivement annonçait l’hémorrhagie ; il cessait quand elle finissait. Cette douleur de tête était accompagnée d’un engourdissement du bras droit qui disparaissait aussi avec l’écoulement. Ces accidents devenaient plus intenses si le sang coulait en moindre quanti té; si l’on voulait les modérer il suffisait de baigner une heure le bras, durant . les trois jours qui précédaient l’époque de l’évacuation. Le malade s’étant mouillé les pieds dans un ruisseau , par un temps très froid , l’effusion sanguine périodique manqua, et aussitôt une péripneumonie et une dysenterie la remplacèrent. La péripneumonie céda facilement aux remèdes, mais la dysenterie fut opiniAtre. Le bain du bras put seul rappeler l’hémorrhagie périodique du petit doigt, qui fit cesser sur-le-champ la dysenterie. Trois mois après, le malade cracha encore du sang, parce que depuis un temps pareil l’évacuation du doigt était supprimée ; le bain déjà eniployé, en la rétablissant, remédia au crachement de sang qui ne revint plus. Il a constammentjoui d’une sanlé parfaite pendantseize ans, qu’ila eu régulièrement son flux périodique. (Carrère.)

Hémorrhagies cutanées mensuelles.

No 87. Une femme Agée de quarante-trois ans, nommée Breton, native et habitante du village de Charonne, prés Paris, d’un tempérament sanguin , perdit ses menstrues à l’occasion d’une peur. Deux mois après, il se manifesta sur toute la surface de la poitrine une rougeur qui, en peu de temps, se trouva parsemée d’un nombre prodigieux de tubercules de la même couleur, gros à peu près comme de petits pois, lesquels s’ouvrirent, et laissèrent couler abondamment du sang pendant quelques jours Le temps requis à cette évacuation une fois passé, tout disparaissait pour recommencer te mois suivant, et ainsi de suite pendant dix ans II ne restait, dans l'intervalle d’une évacuation sanguine à l’autre, qu’un peu de rougeur qui n’était point de nature inflammatoire.

A chaque époque des régies , le sang porté en grande abondance dans le tissu vasculaire répandu à la surface de la poitrine et des mamelles , distendait avec une telle force ces parties, qu’il obligeait l’épiderme à se soulever et à se rompre ; alors l’effusion avait lieu et durait tant que l’engorgement ou la pléthore locale n’était pas dissipée ; ce qui n’avait lieu qu’au bout de trois ou quatre jours, après lesquels tout rentrait dans l’état ordinaire. Ce qu’il y avait de plus remarquable, dit l’auteur, c’est un bouton tout-à-fait semblable aux précédents, qui était situé à la partie moyenne de la pommette du côté gauche, et qui versait du sang en même temps et aussi long-temps que ceux de la poitrine. (Cazenave, Journal de méd. 1759.)

Autre hémorrhagie avec le même type.

N» 88. Renivenius a observé une hémorrhagie considérable qui récidivait périodiquement tous les mois, chez un individu Agé de trente-six ans. le sang provenait de la partie externe du bas-ventre du côté du foie. On n’observait aucune lésion à la peau, qui était lisse, mollette et sans aucune cicatrice ni blessure. On pouvait avec le doigt couvrir la place d’où le sang sor-

EXTERNES

tait, et arrêter ainsi ce fluide pendant quelque temps ; mais on ne pouvait jamais empêcher qu’il ne recommençât à transpirer et à fluer, jusqu’à ce qu’il s’en fût écoulé une livre environ de sang. (Dodonœi, Obs. méd. )

‘ ■ Autre hémorrhagie périodique.

No 89. Latour rapporte qu’un laboureur de Fromarville, dans l’Orléanais,, présentait tous les trois mois environ une espèce de tumeur variqueuse qui se développait sur la lèvre inférieure , et se rompait de manière à fournir uo. jet et un écoulement assez considérable de sang. Cette congestion locale et l’hémorrhagie qui en était la suite étaient annoncées par un orgasme dans toute la tête qui le disposait au sommeil , et par un état de paresse qui lui faisait désirer le retour ordinaire et périodique de cette effusion sanguine. Questionné sur les antécédents de cette affection, le malade répondit qu’il était jadis très incommodé par une tuméfaction des vaisseaux hémorroïdaux , qui l’empêchait de monter à cheval , et qu’il ne doutait pas que la tumeur et l’hémorrhagie périodiques de la lèvre ne l’eussent remplacée. U n’a jamais cherché à remédiera cette déviation du sang hémorroïdal qu’il trouve moins gênante que ses hémorroïdes anciennes , et qui ne laisse, après que l’hémorrhagie a eu lieu, aucune trace sur la lèvre. { Caus. deshémorrh., tom. i.)

Hémorrhagie buccale revenant trois fois par an.

N® 90, Arnold Boot vit un vieillard , homme de qualité, sujet trois fois par an à une hémorrhagie de la bouche qui se manifestait à des époques déterminées ; le sang venait surtout de la partie gauche du fond de la bouche. Durant la jeunesse de cet homme le sang soi tait souvent en abondance; mais ensuite il ne coulait que par gouttes pendant tout le temps que durait l’accès hémorrhagique, c’est-à-dire pendant un ou deux jours; assez souvent le sang venait des gencives, des bords latéraux de la langue, des lèvres ou des, parties internes des joues. {De affection, omiss.)

Hémorrhagies intermittentes revenant tous les quatre mois et

tous les six mois.

N” 91. Wepfer nous a transmis l’histoire d’une dame qui, depuis quinze ans, portait au pouce de la main gauche une tache d’un rouge brun, du milieu de laquelle le sang jaillissait trois fois par an; le jet du liquide s’élevait chaque fois à une certaine hauteur, et se répandait avec une assez grande quantité pour causer une espèce de défaillance à la malade ; après cela l’hémorrhagie s’arrêtait, et il restait à peine de traces du lieu par lequel s’effectuait l’évacuation sanguine. (Exercit. de loco affecto in apopl.)

Selon le récit de Cari, un homme avait régulièrement deux fois par an le nez rouge, enflé, et il en sortait unecertainequantité de sang. Cette hémorrhagie, à laquelle cet homme était sujet depuis son enfance , se supprima à l’âge de soixante-dix ans, en lui causant un pissement de sang et la mort.

{Âct. nat. curios,. vol, III, )

Diapédèse intermittente annuelle.

No 92. Zacutus Lusitanus rapporte qu’un homme robuste, bien constitué, et qui avait de l’embonpoint, se trouvait atteint au commencement de chaque printemps d’une espèce de fièvre sanguine qui se terminait spontanément et de la manière la plus heureuse par une sueur générale de sang; cette crise avait lieu le septième jour de la maladie. Au moment où l’hémorrhagie cutanée commençait à s’établir, le malade ressentait une chaleur et un prurit incommode sur toute la surface du corps. Cette évacuation était au reste régulière et abondante. [De prax. med. obs. 72.)

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