‹ Monographie des irritations intermittentes ou traité théorique et pratique des maladies périodiques ... et ... de tout ce qui offre de l'intermittence ou de la périodicité en pathologieChapitre 14 sur 79 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

IRRITATIONS INTERMITTENTES SÜBINFLAMMATOIRES

EXTERNES

Si l’on a reproché avec raison aux doctrines , ou plutôt aux différents systèmes qui ont occupé tour à tour le monde médical, d’avoir été exclusifs, d’avoir placé presque toutes les maladies, tantôt sous la dépendance des humeurs , tantôt sous l’empire d’une nature prévoyante, d’un archer ou d’une âme; tantôt sous l’influence unique du spasme nerveux, ou bien de la force et de la faiblesse considérées d’une manière générale et abstraite, etc.; on ne peut point , ce nous semble , adresser le même reproche à la doctrine physiologique. F aite pour les rempl acer tous , elle a pour ainsi dire établi la part de chacun d’eux , en étudiant le rôle des humeurs, en s’assurant autant que possible de l’état d’organisation et de vitalité de tous les tissus dans l’état normal , pour reconnaître les modifications particulières qui constituent leurs différents états morbides. Le médecin physiologiste ne poursuit pas seulement la maladie dans tous les organes , mais il distingue encore dans chacun d’eux des affections différentes selon les divers changements survenus dans son mode d’action physiologique , suivant que la sécrétion des humeurs , que l’état des nerfs , des capillaires rouges , des vaisseaux blancs , en un mot , suivant que l’état de chacun des tissus primitifs qui entrent dans sa composition se trouve modifié ou altéré de telle ou telle manière.

Nul doute qu’en remontant aux lois primitives de l’organisme et des phénomènes vitaux , on ne voie toutes les opérations organiques , toutes les propriétés vitales se simplifier et ne se montrer en dernière analyse que sous l’apparence d’une propriété unique , l’irritabilité ; mais il ne fallait pas seulement rentrer dans cette unité et cette simplicité primordiales de la vitalité. Le grand problème qu’il y avait à résoudre , et qui n’était pas même aperçu avant les progrès de la physiologie et de l’anatomie pathologique, c’était de poursuivre cette propriété et ces lois vitales , d’abord si simples , dans les différents tissus et dans tous les organes , pour reconnaître les rôles divers que fait jouer à chacun d’eux sa dif-

SUBINFLA.MMATOIRES EXTERNES. l65

férente organisation dans l’état de santé , et ceux plus variés, plus nombreux que leur imprime la maladie.

C’est cette étude qui , poursuivie avec ardeur dans les différents systèmes organiques et dans chaque tissu en particulier , distinguera toujours la doctrine physiologique de toutes les théories hypothétiques anciennes et modernes , et qui la préservera des erreurs enfantées et propagées par elles. On a dit [que M. Broussais voyait tout en rouge dans les maladies , comme autrefois Stoll y voyait tout en jaune I On a encore reproché au célèbre professeur du Val-de-Grâce de tomber dans un excès opposé à celui de Brown ! Rien n’est plus faux que cette allégation ; rien n’est moins fondé que ce reproche; car c’est là précisément le caractère distinctif de la doctrine physiologique de reconnaître de la faiblesse où il y a de la faiblesse , de trouver force et stimulation là où existent l’une et l’autre, de voir rouge ce qui est rouge, jaune ce qui est jaune, blanc ce qui est blanc; en un mot , de tenir compte de toutes les teintes les plus variées et les plus bizarres des irritations morbides et de leurs produits, quels qu’ils soient. Mais si, d’après les principes de cette doctrine, on s’étudie à reconnaître et à distinguer toutes ces particularités des maladies , ce n’est jamais dans le but d’en tirer parti pour créer des spécialités morbides , des maladies générales , sut generis , et essentielles ; c’est uniquement pour mieux saisir le rôle que jouent les systèmes sécrétoire ou lymphatique , artériel ou veineux , dans telles ou telles lésions locales ; car, pour le médecin physiologiste , il n’y a pas plus de maladies générales rouges qu’il n’y en a de blanches; et pour lui, la fièvre générale rouge ( la fièvre inflammatoire essentielle des auteurs , la fièvre sthénique hématosique de M. Récamier (1) ) est une abstraction aussi bien que la cachexie blanche, que la diathèse putride, que la viciation générale et spontanée des humeurs.

On conçoit que les dénominations vagues et bizarres de diathèses ou de cachexies cancéreuse, laiteuse, vénérienne, scrofuleuse, etc., aient été consacrées à une époque où elles représentaient réellement tout ce qu’on savait à l’égard des maladies du système exhalant, sécréteur et lymphatico glandulaire , dans lesquelles on n’accusait qu’une surabondance ou un vice de la lymphe ou des humeurs ! En effet , quand on voyait un homme pâle, bouffi

(1) Traité du cancer et des fièvres.

IRRITATIOÎÎS INTERMITTENTES

et infiltré du haut en bas , un autre dont la peau devenait dure , épaisse , raboteuse , difforme comme celle de l’éléphant , du lion , des crustacés , c’était une maladie générale ou spéciale , appelée cachexie scrofuleuse , anasarque ^ éléphantiasis ^ lèpre , dartre crustacée, léontine , pellagre , etc. On n’en recherchait ni les causes , ni le siège , ni la nature ; on se contentait de lui adresser quelques remèdes ; ceux qui paraissaient réussir restaient inscrits à côté de la maladie, pour lui être opposés en temps et lieux opportuns; et voilà tout. Mais quand, le scalpel d’une main et la loupe de l’autre , le médecin scrutateur des phénomènes et des altérations morbides , s’occupa de reconnaître les tissus et les systèmes organiques spécialement affectés , quand il voulut savoir ce qu’étaient , d’où provenaient ces fluides insolites versés au dehors ou rassemblés au dedans , tous ces écoulements de matières muqueuse , séreuse , séro ou mucoso-albumineuse , de couleur blanche, jaune ou verdâtre , qui vont se condenser à la surface du corps , sous formes de croûtes sèches ou humides , lisses , minces , écailleuses ou épaisses et raboteuses ; enfin ces humeurs qui se combinent avec le tissu cellulaire sous-cutané pour former des couches couenneuses , épaisses , d’une consistance et d’une forme variées , alors il reconnut dans ces altérations organiques si nombreuses et si variées , dans ces produits si remarquables, il reconnut, dis-je, diverses nuances d’irritations des vaisseaux blancs, consistant, tantôt dans un surcroît morbide d’exhalation séreuse on muqueuse , tantôt dans des supersécrétions et des subinflammations de la couche superficielle ou profonde du système exhalant sécréteur etlymphatico-glandulaire ; il put s’assurer enfin qu’un certain nombre de ces affections provenaient de la lésion combinée des capillaires rouges et des vaisseaux blancs , qu’ elles étaient le résultat d’un travail morbide mixte, ordinairement chronique , lent, successif, souvent rémittent et intermittent, tantôt borné à des symptômes locaux, tantôt accompagné , précédé ou suivi de symptômes généraux , fébriles et gastriques.

Si , jusqu’à l’époque de là doctrine physiologique, les maladies du système blanc, lymphati co-sécrétoire , exhalant et absorbant, ont joué un rôle peu important et presque nul dans les traités de pathologie , c’est évidemment parce qu’on s’était habitué à les voir en masse , et qu’ ainsi on ne voyait que la superficie des choses; on ne saisissait que des caractères généraux, insuffisants

SÏJBINFLAMMATOIRES EXTERNES,

pour conduire à la connaissance du siège et de la nature de ces maladies. M. Lepelletier est un des premiers élèves de l’école physiologique, qui ait traité d’une manière rationnelleet lumineuse les affections dites scrofuleuses (1). C’est depuis les premiers travaux de cette école que M. Alard a donné à certaines maladies du système absorbant-lymphatique un développement qui l’aurait honorablement associé à ces travaux , si trop souvent il ne s’éloignait des principes physiologiques en rapportant presque toutes les maladies à l’altération du système organique qui a été l’unique et trop exclusif objet de ses recherches (2).

M. Roche est assurément celui , de tous les médecins physiologistiques, qui s’est le plus attaché à développer, sous ce rapport, les principes de la nouvelle doctrine ; mais il est vivement à regretter qu’il ait divisé en plusieurs ordres d’irritations différentes, des maladies qui ne proviennent en dernière analyse que de l’irritation des vaisseaux blancs ou du système lymphaticoexhalant , sécréteur et absorbant. Tout comme on emploie le mot inflammation pour indiquer, d’une manière générale, tout surcroît d’action incompatible avec l’exercice régulier des fonctions du système capillaire sanguin , de même on doit entendre par le mot subinflammation , toute irritation morbide des vaisseaux blancs ou du système lymphatico-glandulaire, exhalant et absorbant. L’irritation subinflammatoire doit être , pour ce dernier système, ce qu’est pour le système sanguin l’irritation inflammatoire. Cela posé et reconnu, il nous semble qu’on ne doit plus admettre des irritations sécrétoire et nutritive , à moins de ne les considérer que comme de simples variétés et dépendances de l’irritation subinflammatoire , variétés dont on ne s’occupera plus qu’en faisant l’histoire de la subinflammation elle-même.

Il suffit d’un moment de réflexion pour reconnaître combien il est peu méthodique de séparer des affections qui, tout-à-fait semblables par le fond, ne diffèrent que par la forme. Il nous paraît même qu’on peut faire disparaître sans inconvénients cet ordre d’irritations nutritives sur lequel on a bâti l’échafaudage mal assuré des hypertrophies ; car, si l’on analyse les affections décrites sous ce nom , on reconnaîtra, dans les unes , de simples produits de l’irritation subinflammatoire ou lymphatico-sécré-

(1) Traité de la maladie scrofuleuse, in -8, 181 8.

(2) De l’inflammation des vaisseaux absorbants, lymphatiques , etc., 2 vol. iB-8'\ 1824.

l68 IRRITATIONS INTERMITTENTES

toire: telles sont les loupes (1), les cors, etc.; dans les autres, un simple accroissement de volume et d’énergie qui ne constitue point une maladie ; dans quelques unes , enfin , un état pathologique qui rentre dans ce qu’on est convenu d’appeler désorganisation. Ce qui prouve encore le peu de fondement de cet ordre d’irritations nutritives et tout le défaut des divisions dont il s’agit, c’est qu’on pourrait également attribuer à ces dernières irritations plusieurs espèces d’engorgements lymphatiques , tels que l’endurcissement blanc du tissu cellulaire des nouveaux-nés, les œdèmes rénitents, l’élépiiantiasis des Grecs, la cataracte , etc., maladies que M. Roche place avec raison au rang des subinflammations. Cependant n’est-il pas facile de s’apercevoir qu’on pourrait rapporter ces maladies aux irritations nutritives avec autant déraison qu’aux irritations subinflammatoires, et même avec bien plus de raison qu’on a pu en avoir de rapporter à celles-là les loupes, par exemple , les cors , la friabilité des os, etc.?

, Quant à l’irritation sécrétoire , qu’est-ce autre chose que l’irritation subinflamm-atoire elle-même, bornée à une exhalation morbide ou à une supersécrétion de fluides blancs? Et , dès lors , son histoire ne doit-elle pas rentrer dans les irritations des vaisseaux lymphalico-sécréteurs . exhalants et absorbants , c’est-àdire dans l’histoire de la subinflammation elle-même? Nous croyons qu’il importe, dans l’état actuel de la science, non pas de diviser, mais plutôt de rapprocher entre elles toutes les nuances d’affections lymphatiques et sécrétoires , afin d’avoir, le plus possible , des données ou des points de rapport et de com-

(1) On sait que les loupes sont formées d’un kiste ou d’une espèce de membrane pourvue de vaisseaux exhalants et secréteurs, et de l’accumu'alion d’une humeur tantôt liquide et jaunâtre (méliceris), tantôt épaisse et graisseuse ilipome et stéatome). Évidemment il n’y a pas là irritation nutritive, dans le sens qu’on peut physiologiquement attacher à cette dénomination. Peuton dire qu’il y ait irritation nutritive dans les cors? Enlevez la croûte inorganique,qui les constitue, examinez avec soin le derme rouge et lisse qui est au-dessous, vous verrez suinter par les pores mis à découvert une humeur séro albumineuse très apparente; une partie de cette humeur s’évapore et l’autrese concrète par la chaleuret lacompression, etcesontles couches juxtaposées de cette concrétion qui forment le cor, dont l’épaisseur et la dureté causent ensuite beaucoup de gêne et de douleur. Quant aux anévrismes, ou bien ils ne constituent pas un état morbide, et le grand volume du coeur par exemple, peut être comparé au développement des muscles du bras chez les garçons boulangers, et de la jambe chez les danseurs; ou bien le cœur est altéré dans la disposition symétrique de ses parties, dans ses orifices, qui se trouvent rétractés ou obstrués d’une manière quelconque, ou bien il y arup-

SUBINFLAMMATOIRES EXTERNES. 1 69

paraison , qui nous aident à saisir leurs caractères et à faire avancer leur histoire encore si incomplète.

Quoique nous soyons d’avis de réunir ou au moins de rapprocher entre elles les irritations sécrétoire et subinflammatoire , nous conviendrons pourtant qu’on est presque aussi fondé à les traiter séparément que nous l’avons été nous-même à séparer les hémorrhagies intermittentes des inflammations périodiques ; car, dans l’idée que nous nous formons de l’irritation exhalante ou sécrétoire , il y a entre elle et la subinflammation proprement dite , à peu près les mêmes rapports et les mêmes différences qu’on observe entre l’hémorrhagie et l’inflammation : la première nous paraît être à l’égard du système blanc ce qu’est la seconde pour le système sanguin ; la diapédèse , la ménorrhagie , par exemple , sont des irritations sécrétoires rouges de la peau et de la muqueuse utéro-vaginale, comme la sueur morbide et la leucorrhée sont des irritations sécrétoires blanches de ces mêmes membranes. Mais il y a beaucoup de cas de sécrétion et d’exhalation morbides du système blanc, dans lesquels l’épithète subinflammatoire rend beaucoup mieux l’idée qu’on doit se former de la maladie dont il s’agit , parce qu’il y a irritation à la fois des vaisseaux exhalants , des glandes ou follicules muqueux, comme dans les affections appelées ophthalmorrhée, bronchorrhée, diarrhée, blennorrhée, etc. Dans tous ces cas, il y a vraiment irritation subinflammatoire ; et c’est le terme générique qui , jusqu’à ce jour , nous a paru convenir le mieux pour embrasser, sous la même dénomination un mode de souffrance et de lésion de

ture de quelques portions; dans ces divers cas, il s’agit plutôt d’un vice de conformation ou d’une désorganisation que d’une irritation nutritive ; et dans tous les cas possibles, la lésion du coeur qui constitue l’anévrisme nous paraît constituer plutôt unenuance d’irritation inflammatoire, qu'une nuance d’irritation des vaisseaux blancs ou nutritifs.

Il ne reste plus que le rachitis et la friabilité des os ; or, peut-on dire que ces maladies constituent une irritation nutritive? non ; puisque , dans ce dernier cas , les os , bien loin d’augmenter de volume , deviennent au contraire sensiblement plus petits; ils perdent plus en fluides et en tissu cellulaire, qu’ils ne gagnent en phosphate calcaire; c’est l’inverse qui a lieu dans le rachitis ; ce sont les 11 lides et le tissu cellulaire dont la surabondance nuit à la sécrétion du phosphate calcaire; et ce sont constamment les individus dont le système blanc est plus développé et plus irritable que le système rouge qui présentent cette maladie ; pourquoi donc la séparer des affections de ce système? d’ailleurs n’est-il pas reconnu parles physiologistes, que tout ce qui est du domaine de la nutrition dans l’état de santé, rentre dans les fonctions du système lymphatique, sécréteur, exhalant et absorbant? pourquoi n’en serait-il pas de môme dans l’état pathologique?

même nature, bien qu’il diffère infiniment par son siège , par l’abondance , la couleur , la consistance des humeurs sécrétées et portées au dehors. Si l’on est autorisé à séparer les hyperdiacrisies des subinflammations par quelques uns des motifs qui ont fait détacher les hémorrhagies des inflammations, nous croyons que , dans l’état actuel de la science , cette séparation est plutôt nuisible qu’utile, parce que l’histoire delà subinflammation n’est pas assez avancée et assez riche de faits , pour qu’il faille par méthode, pour plus de clarté, ou par tout autre motif raisonnable, en séparer l’irritation des vaisseaux lymphatiques, caractérisée spécialement par une sécrétion ou exhalation surabondante de fluides blancs ; et parce qu’en laissant réunies et comme groupées dans un même tableau toutes les diverses affections du système lymphatico-glandulaire , exhalant , sécréteur et absorbant , les différents rapports qu’elles peuvent avoir entre elles seront mieux saisis et appréciés ; on en distinguera mieux le siège et la nature à travers ces nuances de formes et de couleurs si variées et parfois si dissemblables en apparence.

Diagnostic. — Depuis que la physiologie , éclairée soit par les progrès de l’anatomie pathologique, soit par des expériences multipliées avec adresse sur les animaux et plus ou moins directement sur l’homme , eut cessé enfin d’être le roman de la médecine , pour en devenir le guide et le flambeau ; dès lors, elle a du nous faire mieux connaître , nous faire apprécier le rôle important et varié que joue le système lymphatique dans l’état de santé, rôle qui commence avec l’impulsion de vie donnée à chaque nouvel être au moment de la conception , jusqu’à la perturbation qui en cause la mort; partout et toujours on voit les vaisseaux blancs , sécréteurs , nourriciers , exhalants , absorbants, obéir aux lois vitales qui les appellent, tantôt à former , à modifier nos tissus; tantôt à abreuver, à lubrifier, à nourrir nos organes ; tantôt , à élaguer, à transporter , à échanger , à attirer au dedans ou à rejeter au dehors ; en un mot , à expulser, à créer sans cesse des fluides divers, ou bien à modifier ceux qui existent dans notre corps pour les faire servir au besoin de l’économie et à toutes les opérations de l’organisme. Nul doute , par conséquent, que le système lymphatico-exhalant et absorbant n’ait sa part dans les maladies qui troublent , suspendent et pervertissent ces opérations. Nul doute qu’il ne puisse être affecté primitivement et isolément, dans les cas où les causes irritantes

SUBINFLAMMA.TOIBES EXTERNES.

vont agir spécialement sur certaines parties du corps où l’entrelacement des vaisseaux blancs l’emporte sur celui des capillaires rouges, surtout chez les individus d’un tempérament lymphatique. Quand nous parlons d’une affection isolée ou spéciale du système sécréteur et absorbant, nous ne voulons pas dire que les capillaires sanguins, que le système nerveux n’y prennent point de part ; tout comme il serait déraisonnable de penser que, dans une inflammation quelconque, le systèmeabsorbant ne joue aucun rôle. Il n’y a pas la plus petite opération saine ou morbide de la nature qui ne soit mixte ; pas une où W nerveux, -

fanp-ain, lymphatico-absorbant, n’aient une part plus ou moins active. Ce n’est pas à dire pour cela que cette part soit égale; ce n’est pas à dire qu’une maladie quelconque, en se développant, fasse arriver au même degré d’irritation morbide les trois systèmes dont il s’agit. Le contraire a presque toujours lieu. Et, à mesure qu’une maladie prend la teinte et la forme qui lui sont propres, l’action organique devient tellement prédominante dans tel ou tel système, qu’on peut à bon droit lui donner le nom de ce système, puisque c’est sur lui que l’anatomie pathologique nous démontre la lésion principale ; puisque c’est à lui que s’adressent nos moyens thérapeutiques, pour prévenir des accidents et amener la guérison. Une irritation, qui devient réellement inflammatoire, cesse-t-elle entièrement d’être nerveuse et sécrétoire, puisque c’est au moyen d’un surcroît des vaisseaux blancs, sécréteurs et absorbants, que la congestion inflammatoire se termine d’une manière quelconque ? de même l’irritation ne devient -elle pas véritablement sécrétoire ou lymphatique, sans cesser entièrement d’être sanguine, puisque ce sont les capillaires sanguins qui fournissent tous les matériaux des produits de la subinflammation, des hyperdiacrisies, de toutes les exhalations et sécrétions morbides ? Et, dans tous les cas, 1 irritation n est-elle pas encore nerveuse, puisque c’est au moyen des nerfs que la stimulation est ressentie; puisque , c est par eux qu il y a appel, soit de fluides rouges, soit de flui- I des blancs, et qu’ils se trouvent arrangés, ces fluides , de ma- I niere à former tantôt une inflammation, tantôt une hémorrhagie, tantôt une subinflammation, une hyperdiacrisie , etc. Ce iVest

les tableaux de certains nosologistes que les ma a les se présentent toujours , et de prime abord, avec des ormes si originales, et si bien dessinées, avec des couleurs si

saillantes et si tranchées, que le diagnostic semble sauter à tous les yeux! Malheureusement il n’en est point ainsi dans la nature. L’observation et la pratique ne tardent point à désabuser chacun de nous à cet égard.

I Le type intermittent proprement dit est assez rare dans les maladies du système lymphatique ; nous verrons pourtant que des sueurs et d’autres sécrétions morbides ont présenté des types quotidien et tierce bien tranchés ; mais le type par excellence des subinflammalions en général , celui qui s’adapte le ^ lenteur et de chronicité nui leur est pro*

«lieux au caracteicv^^

pre, et le seul même que paraissent adopter quelques unes de* ces affections, c’est le type rémittent ; ce type paraît être aussi familier à certains phlegmons blancs par exemple , que le type continu au phlegmon sanguin. C’est du moins ce qui résulte de l’observation des praticiens placés dans une position à voir souvent des maladies du système absorbant-lymphatique : les tableaux que nous ont tracés de certaines affections lymphaticophlegmoneuses , appelées éléphcintiüsis y les docteuis llilleiy et lïendy, les descriptions faites par Kœmpfer de 1 andriim, et du péricai ne laissent aucun doute sur leur caractère rémittent. Ce n’est point à des intervalles très rapprochés qu’apparaissent les redoublements périodiques de ces subinflammations ; ce ne sont point des paroxysmes quotidiens , tierces et quartes, que présentent ces affections, mais ce sont des exacerbations septénaires , octanes, quindécimanes, et plus souvent mensuelles, quelles éprouvent ordinairement. Le type mensuel paraît être, en quelque sorte, le seul adopté par certains engorgements blancs du tissu cellulaire, et des glandes, comme le péricaly le sclérome, quelquefois le goitre, la pellagre, etc. Ce n’est^ pas seulement dans les lieux où l’éléphantiasis des Arabes, où les dartres léontine et éléphantiasique sont endémiques comme dans l’île de Barbade, que ces affections siibinflammatoires reviennent par accès, ou plutôt présentent des exacerbations tantôt régulières, tantôt irrégulières ; ces maladies conservent encore leur type rémittent dans nos contrées d’Europe où l’on a eu occasion de les rencontrer, comme le prouvent, en Italie et en Espagne, les exemples assez fréquents de certaines dartres squameuses et phlycténoïdes très graves, et qui ont beaucoup d’ analogie avec les affections précédentes, et comme 1 attesten également les exemples de lèpre et d’éléphantiasis observes par

SUBINFLAMMATOIRES EXTERNES.

MM. Valentin et Alard. Ce dernier praticien non seulement reconnaît que les affections du système lymphatico- absorbant présentent souvent le type rémittent et intermittent, ou des exacerbations périodiques ; mais encore, selon lui, toutes les fièvres larvées et intermittentes sont dues à une surexcitation morbifique, à des mouvements désordonnés des vaisseaux absorbants lymphatiques (1).

C’est une chose remarquable, et à laquelle on ne fait point assez attention, que ce caractère à la fois endémique et rémittent de la plupart des affections où domine le système lymphatique; il n’est pas rare de voir des engorgements glanduleux s’affaiblir considérablement, et meme disparaître presque entièrement pendant certaines époques : Ileister et Alscher ont observé des enflures périodiques mensuelles et annuelles des glandes du cou et de l’aine. Nous avons vu le goitre, endémique dans quelques vallées de la Savoie , présenter des redoublements bien sensibles et tout-à-fait réguliers sur de jeunes paysannes de dix-huit , vingt et vingt-cinq ans. Chez elles un développement plus considérable de la glande thyroïde paraissait être lié au surcroît d’activité de cette fonction utérine qui constitue l’écoulement menstruel ; car, chaque mois, à l’époque où cet écoulement chez les personnes nubiles avait coutume d’a-

Voir lieu, ou lorsqu’il était prêt, chez la jeune fille, à faire irruption pour la première fois, nous avons vu le cou de toutes ces personnes devenir plus volumineux, gêner leur respiration et leur causer des étouffements assez sensibles, parfois des étourdissements joints à des bouffées de chaleur à la face ; dans tous ces cas la glande thyroïde était d’un tiers plus volumineuse, plus rénitente, pendant cinq ou six jours; puis elle revenait à peu près à son état habituel, après cet intervalle de temps. Cependant il n’est point rare que l’accroissement du goitre aille en augmentant d’une manière sensible avec le nombre des exacerbations périodiques lunaires ou menstruelles ; mais la fille qui devient mère n’est plus guère sujette aux redoublements glanduleux intermittents dont il s’agit; et le goitre presque toujours devient stationnaire; souvent même il diminue très sensiblement chez les femmes qui nourrissent plusieurs enfants de suite (2).

(1) Du siège et de la nature des maladies. Paris, 1821.

(2] Dans une topographie médicale de la Savoie, pour laquelle nous avons

Lo siège à part , il nous semble qu’il y a beaucoup d’analogie entre certains goitres et l’andrum; ce dernier paraît se comporter à l’égard du scrotum et des glandes séminales comme ceux-là pour la glande thyroïde et le lacis de tissu cellulaire, de ganglions et de vaisseaux lymphatiques qui l’entourent. Il s’y forme quelquefois , comme dans celui des bourses , un amas de sérosité ou des kystes remplis de matières diverses. Le goitre et l’andrum sont également endémiques dans certains pays ; on leur assigne à peu près les mêmes causes , puisque c’est à la mauvaise qualité des eaux et aux courants d’air froid de certaines vallées qu’on attribue en général leur développement commun. Comme pour le goitre, il suffit de l’émigration ou du changement de pays pour faciliter la disparition de l’andrum et même pour l’empêcher de revenir.

L’affection périodique du testicule observée par Louis- Daniel , et dont nous rapportons l’observation sous le n» 111 , présente aussi beaucoup de ressemblance avec celle décrite par Ivœmpfer. C’est presque toujours dans les glandes et dans les parties du corps où abondent les vaisseaux absorbants et les ganglions lymphatiques, comme au cou, aux aines , aux aisselles, sur la face interne des membres , qu’on observe la plupart des subinflammations externes. C’est au cou que se développait périodiquement tous les mois l’enflure ou l’engorgement lymphatique observé par Charles Pison chez une dame de qualité. C’est ordinairement à l’aine ou aux environs des glandes inguinales que commence la maladie de Barbade , puis elle descend le long de la partie interne de la cuisse et sur le trajet des vaisseaux lymphatiques. Si la peau et le tissu cellulaire sous-jacent deviennent le siège de maladies si variées par leurs formes , si différentes par leur nature , n’est-ce pas à cause des fonctions très compliquées dont est chargé le système cutané et de cette quantité innombrable de capillaires sanguins , de nerfs , de vaisseaux exhalants , sécréteurs , absorbants , de bulles , de papilles , de follicules , de glandes qui entrent dans sa composition ou qui l’environnent? N’est-ce pas la grande irritabilité de ces vaisseaux , le surcroît d’action de ces follicules , de ces glandes, etc. , qui, provoqués et augmentés sous certaines lati-

déjà recueilli des matériaux, nous ferons nos efforts pour rechercher tous les détails des faits qui pourraient contribuer à jeter quelque peu de lumiér es sur l’étiologie du goitre, du crétinisme et des fièvres intermittentes.

SUÜINFLAMMATOIRES EXTERNES. 1 7.5

tudes et par différentes causes locales ^ y rendent endémiques les maladies dont nous venons de parler?

Causes. — Les causes des affections intermittentes et rémittentes subinflammatoires sont en grande partie celles des fièvres intermittentes ordinaires , surtout des rémittentes muqueuses : telles que l’air humide et froid de certaines vallées , les variations fréquentes de la constitution atmosphérique , surtout les contrastes du froid et de l’humidité de la nuit avec la chaleur et la sécheresse du jour; la disposition malsaine de certaines habitations placées au nord-ouest et sur un sol humide ou dont les murs s’imprègnent facilement d'humidité ; puis la mauvaise qualité des eaux et des légumes , la malpropreté , les affections morales tristes , l’exercice de certains états , la suppression de quelque émonctoire habituel , enfin toutes les causes qu’on sait être les plus actives dans le développement de l’oedème , des scrofules , des dartres , de la teigne , etc. , particulièrement chez les personnes d’un tempérament lymphatique , chez les femmes et les enfants. Le docteur Hendy signale comme causes principales de la maladie glanduleuse de Barbade un climat chaud avec une sécheresse particulière pendant la plus grande partie de l’année; puis l’exposition à des courants d’air froid, ou bien à la fraîcheur des nuits et à la morsure d’un petit insecte très multiplié et très incommode appelé en anglais chigoes. a Je regarde comme un fait certain , dit M. Portai , qu’il y a une anasarque périodique provenant du retard des règles , par défaut de transpiration , par suppression des éruptions cutanées , de 1 certaines fièvres, etc. (1). Certaines fluxions, certains engor- 1 gements blancs paraissent être la suite de l’accouchement et de I la suppression des lochies ; telle est la maladie décrite par i M. Boyer, sous le nom d’œdème des nouvelles accouchées. On I peut rapprocher de cet œdème le phlegmon diffus de Béclard et 1 de Duncan , et la phlegmasie alba-dolem de quelques auteurs.

I Plusieurs médecins italiens et le professeur Baumes pensent que I la plupart des maladies du genre de celle observée sous le n» 110 I ( dartres phlycténoïdes ) sont dues à un virus suî generis , qui,

I après être resté caché plus ou moins long-temps dans le corps ,

I fait explosion et se trouve expulsé au dehors par une espèce de i crise qui constitue l’érysipèle phlycténoïde ou la pellagre. C’est,

(1) Observations sur la nature et le traitement de l’hyjiro<pisie, t. u.

selon ces observateurs , une maladie produite par une acrimonie particulière de la lymphe ; cependant Frapoli et Albéra regardent l’insolation comme la seule cause de la pellagre.

Symptômes. — Les symptômes des irritations intermittentes subinflammatoires externes varient beaucoup suivant les différents cas : tantôt il n’y a qu’une simple exhalation morbide de fluides blancs qui se trouvent versés à la surface du corps sous formes de sueurs excessives , ou qui s’amassent , s’infiltrent dans le tissu cellulaire sous-cutané pour constituer l’oedème, l’anasarque ou des engorgements durs , rénitents et comme squirrheux : « Il y a peu de temps, dit M. Alard , qu’il est mort à l’hospice de l’Ecole de Médecine de Paris une femme qui avait la moitié du corps , y compris le sein , très enflé ; elle ne souffrait de cette affection lymphatique que quand des redoublements périodiques venaient exaspérerîa sensibilité du côté malade. On voit, sous le n» 99, l’exemple d’un gonflement emphysémateux, observé par M. Portai , qui se renouvelait tous les deux jours au côté gauche du corps chez une jeune femme. Cette espèce d’anasarque, qui revenait avec chaque accès fébrile, disparaissait toujours et complètement avec lui. Tantôt il y a sécrétion d’une matière séreuse , albumineuse, visqueuse, qui soulève l’épiderme pour former des ampoules ou des phlyctènes, qui se concrète facilement au contact de l’air et qui produit des écailles furfuracées ou des croûtes dont la couleur , la forme , la consistance et l’épaisseur varient infiniment, comme dans les observations sous les n°* 100, 101 , 105 et 110. Les deux premières nousoffrent des dartres furfuracées et volantes, très caractérisées sous les types quintane et septénaire ; l’observation sous le n® 105 représente ce qu’on appelle croûtes laiteuses , gourme ; c’est l’eczéma des enfants à la mamelle de quelques auteurs ou une nuance de la teigne furfuracée et porrigineuse du professeur Alibert. La plus remarquable sous tous les rapports est celle que nous devons à M. Rouzzialdo ; celle-ci correspond assez exac-

phlycténoïde rémittent et intermittent de M. Strambi. Il paraît , d’après cet observateur distingué , qu’en Italie l’affection cutanée dont il s’agit présente assez ordinairement le type rémittent sexti-mensuel, quelle revient assez régulièrement tous les cinq ou six mois , au printemps et en automne, tandis que durant l’été et l’hiver les malades en sont presque toujours exempts.

SUBINFLAMMATOIRES EXTERNES.

Quelquefois il n’y a de phénomène saillant qu’une tuméfaction rénitente et insensible, comme dans l’engorgement périodique de certaines glandes conglobées ou de certains faisceaux isolés de vaisseaux et de ganglions lymphatiques : exemples cités sous les nos j07, 108 et 111; plus souvent il se forme des espèces de cordes noueuses, des inégalités, des bosselures qui se dessinent le long du trajet de ces vaisseaux et de ces ganglions; quelquefois la peau reste lisse et pâle, tandis que l’engorgement s’établit plus profondément dans le tissu cellulaire sous-cutané, qui se gonfle , s’étend , se durcit , et produit une difformité plus ou moins remarquable dans le membre affecté. Dans certains cas de subinflammations périodiques externes , on observe tous les symptômes d’une phlegmasie cutanée moins la rougeur ; et encore n’est-il pas rare que celle-ci se présente par intervalle, surtout au début et pendant que l’irritation est bornée aux exhalants superficiels ; enfin les caractères spéciaux de l’irritation subinflammatoire rémittente sont la tuméfaction , l’indolence et la coloration blanche ou jaunâtre des tissus affectés , puis la lenteur dans son mode de développement, dans sa marche, et enfin la persistance de l’engorgement après la terminaisim des accès ou des redoublements périodiques locaux; à ceux-ci se joignent assezsouvent des phénomènes généraux, sympathiques ou fébriles, tels que le frisson, linappétence , la soif, les envies de vomir , un sentiment de fatigue , de faiblesse et de malaise général , la fréquence du pouls , etc.

Nous ne pouvons point ici décrire en particulier toutes les affections qui rentrent dans la classe des subinflammations intermittentes et rémittentes externes; ce sont les faits rapportés qui doivent compléter â cet égard leur histoire. Nous dirons seulement deux mots de l’andrum et du pérical , parce qu’on ne les observe pas dans nos climats d’Europe , et pour suppléer au manque de faits particuliers. L’andrum ou hydrocèle endémique, d’après Kœmpfer, commence par une espèce d’érysipèle qui , tous les mois à la nouvelle lune , se reproduit sur le scrotum où il laisse une tuméfaction qui augmente au point qu’on est obligé, au bout d’un certain temps et pour soulager le malade , d’y pratiquer des ponctions ou des scarifications; il en sort une matière ténue, quelquefois visqueuse, toujours roussâtre. Cette maladie, incurable pour les indigènes s’ils ne changent pas de pays , n’est point dangereuse ni bien incommode, à moins

que le testicule ne s’affecte et ne devienne squirrheux, ce qui peut arriver.

Lepérical, ow. pied fébricitant, attaque l’une ou Fautre des deux extrémités inférieures , rarement toutes les deux , et toujours la partie la plus basse. Il se manifeste régulièrement chaque mois sous la forme d’un engorgement blanc et rénitent qui se dissipe au bout de quelques jours, quelquefois sans traces apparentes, plus souvent en laissant un léger gonflement blanc. Celui-ci va en augmentant, de telle sorte qu’avec le temps et par la récidive mensuelle des congestions de fluides blancs , le membre devient d’un volume double, triple, quadruple , et même beaucoup plus considérable. Cet engorgement est inégal, raboteux, dur et d’un aspect squirrheux. A chaque redoublement périodique la tumeur s’étend de plus en plus, soit du côté des orteils, soit du côté de la jambe; mais de celui-ci elle monte rarement sur le mollet, et jamais n’atteint le genou. Quoique dur, d’un aspect brunâtre et difforme , cet engorgement ne tombe jamais en gangrène ; il n’est ni dangereux, ni bien gênant, puisqu’il n’empêche pas les individus qui en sont atteints de porter de lourds fardeaux, et de grimper avec agilité sur les palmiers les plus élevés. Il n’est douloureux qu’à l’époque du redoublement périodique mensuel. Dans ces deux affections , comme dans l’éléphantiasis , la santé générale n’est point dérangée dans les intervalles des accès ou des exacerbations subinflammatoires.

Ici se présente la même difficulté de diagnostic que nous avons rencontrée dans plusieurs phlegmasies intermittentes externes. En effet, les redoublements périodiques de l’éléphantiasis , de la dartre phlycténoïde et autres , sont assez souvent accompagnés de symptômes fébriles et gastriques très prononcés ; ils sont même quelquefois portés si loin qu’on ne peut guère douter de la lésion concomitante ou primitive de la muqueuse digestive. Ce sont ces cas sans doute qui en ont tellement imposé aux premiers médecins qui observ èrent la maladie glanduleuse de Barbade , qu’ils la regardèrent comme une fièvre intermittente essentielle , compliquée engorgement externe, « Quelle était leur erreur! dit M. Alard; il est vrai que tout servait à leur en imposer : et le frisson intense qui précédait, et la chaleur, et la soif , et les sueurs qui venaient ensuite , et les pyrexies qui suivaient, tout concourait à les aveugler. N’ayant pas la connaissance du système absorbant, il était naturel qu’ils fissent peu

SüBINE'LAMMA.TiOlRES EXTERNES. 1^9

attention aux symptômes locaux , et qu’ils prissent la tuméfaction qui en résultait pour une stase critique (ly. »

Il en est de même à cet égard de toutes les affections du système blanc,, sécréteur ou lymphalico-absorbant, chaque fois qu’elles sont très intenses. C’est ainsi que l’affection observée par M. Rouzzialdo , en Espagne , correspond parfaitement à la maladie endémique dans certaines contrées d’Italie, et connue sous les noms d’érysipèle phlycténoïde , de pellagre , d’érysipèle périodique chronique , etc. Dans tous ces cas , il n’y a pas seulement lésion des vaisseaux exhalants et sécréteurs delà peau, des papilles , des follicules de cette membrane , il y a encore une lésion bien manifeste de la muqueuse digestive, d’où résultent des phénomènes généraux et fébriles plus ou moins remarquables. II peut même arriver que l’affection du système blanc ne soit qu’accessoire , consécutive , et dépendante d’une maladie plus grave, ayant son siège le plus souvent dans l’estomac, mais quelquefois aussi dans les poumons, dans le cerveau, comme dans l'observation rapportée sous le 99. Il n’y a pas de doute dans ce cas que l’emphysème ne soit essentiellement lié aux accès d’apoplexie séreuse, sous type tierce.

Il n’est donc pas étonnant qu’en pareilles circonstances il n’y ait quelquefois erreur dans le diagnostic , et qu’on ne se méprenne non seulement touchant l’affection viscérale , mais encore sur le véritable caractère de l’affection cutanée. C’est ainsi qu’on a pris pour un érysipèle fébrile ou pour une fièvre érysipélateuse essentielle , la maladie décrite sous ce nom par Sennertet Hoffmann , et qui présente la plus grande analogie avec l’irritation des vaisseaux absorbants et sécréteurs cutanés dont il s’agit. Comme celle-ci, l’érysipèle d’Hoffmann était sujet à des retours périodiques ; il revenait chaque année régulièrement à la même époque, souvent deux fois l’an, aux équinoxes du printemps et de l’automne ; plus souvent encore, c’était chaque mois qu’il reparaissait. Hans l’une et l’autre maladie , l’irritation subinflammatoire débute par le frisson; elle est marquée par des symptômes locaux et généraux semblables. Produite dans les deux cas par les mêmes causes , elle est également endémique dans certains lieux et occupe le même siège. En un mot, tout porte à croire que c’était la même affection observée sous des

(1> Ouvrage cité.

climats différents. De l’un des malades atteints d’affection glanduleuse dont M. Alard rapporte l’histoire, Ketwig attribue sa maladie à une affection érysipélateuse intermittente, qui lui revint à différentes reprises sur les pieds , sur les jambes, et qui se propagea jusqu’aux bourses.

Quand des maladies, quelque différentes qu’elles soient par leur nature, occupent le même siège, attaquent les mêmes lis^ sus , il estbien difficile de ne pas les confondre entre ellesà leur début, et dans les cas où les symptômes caractéristiques des unes et des autres ne sont pas très développés. Dans nos climats , rien de si facile , par exemple , que de confondre certaines dartres avec l’érysipèle; les capillaires sanguins elles vaisseaux lymphatico-exhalants , sécréteurs et absorbants, sont tellement enlacés et confondus entre eux dans l’état normal, qu’il faut parfois un certain temps à la maladie pour se dessiner, pour faire prédominer, soit la lésion du système capillaire rouge, soit la lésion des vaisseaux blancs , et donner à cette affection locale-sa couleur propre et caractéristique. D’ailleurs, la même irritation qui n’attaque d’abord que la superficie du tissu cutané, et se montre sous la forme d’un érysipèle, ne peut-elle pas, en se renouvelant, gagner le tissu réticulaire , et envahir tout le système lymphatico-glandulaire, exhalant et sécréteur, de manière à constituer différentes espèces de dartres , de lèpres , d’éléphantiasis , etc.?

Traitement. — L’empirisme a essayé et préconisé tour à tour un grand nombre de remèdes contre les affections du système lymphatique ; les préparations sulfureuses et mercurielles, soit à l’extérieur, soit à l’intérieur, sont celles qui paraissent avoir obtenu la vogue la plus soutenue et la plus méritée. Depuis qu’on connaît mieux la nature des maladies , depuis qu’on étudie plus attentivement le mode d’action et l’effet des remèdes empiriques qu’on leur oppose , beaucoup de doutes n’ont pu manquer de survenir contre la prétendue efficacité de tel ou tel médicament dans la guérison des maladies dont il s’agit. Comme il n’y a plus guère de maladies spéciales et sui generis , les remèdes spécifiques sont également jugés et pris pour ce qu’ils valent, c’est-à-dire réduits à leur juste valeur.

Quoiqu’on ait observé un assez grand nombre d’affections lymphatiques et sécrétoires avec le type rémittent et intermittent, ou qui présentaient une périodicité bien marquée dans leurs re-

subinflammàtoires externes.

tours et leurs exacerbations, cependant on a peu employé contre elles les préparations de quinquina, soit parce qu’elles n’ont pas présenté nettement les symptômes de la fièvre intermittente contre laquelle seule on avait coutume d’administrer ce médicament, soit parce que leurs accès ont eu lieu le plus souvent à des intervalles de temps beaucoup plus éloignés les uns des autres que ceux des fièvres intermittentes en général. Quoi qu’il en soit, il nous semble qu’on eût pu et qu’on pourrait très bien faire usage du quinquina ou du sulfate de quinine, dans plusieurs cas où l’on a pour but de produire une sorte de révulsion ou d’ébranlement capable de rompre la périodicité , de prévenir les accès ou les redoublements subinflammatoires , comme on le pratique assez généralement pour guérir les inflammations périodiques. C’est ainsi que Storck , Senac et M. Roche l’ont employé avec succès dans les cas d’irritations lymphatico-sécrétoires quotidiennes que nous rapportons sous les nos 93, 94 et 96 ; affections que d’autres médecins n’auraient pas manqué de traiter parles purgatifs. M. Décltamps a eu recours au sulfate de quinine avec non moins de succès dans l’observation sous le n° 105. Nous avons essayé l’administration du quinquina contre l’espèce de dartre à type quintane dont nous rapportons l’histoire sous le n^ 100. Ce moyen a paru contribuer plus que tous les autres à la guérison de la malade. Nul doute qu’on ne tire un plus grand parti de l’usage du sulfate de quinine contre les maladies dont il s’agit, quand on s’habituera à tenir un compte plus exact de leurs redoublements périodiques. Du reste il est probable que ce n’est pas sans raison que les évacuants sont réputés utiles et efficaces dans bien des cas dont il s’agit, parce qu’il y a peu de voies plus favorables à une prompte et active diversion aux affections cutanées quelles qu’elles soient. Toutefois, il y a bien des précautions à prendre pour que l’usage des purgatifs ne devienne pas abusif et pernicieux. Hendy, qui ne connaissait pas la gastroentérite comme on la connaît aujourd’hui, Hendy ne laisse pas que de donner des conseils très sages dans l’emploi des évacuants contre la maladie glanduleuse de Barbade : il reconnaît très bien qu’il faut attendre que la période d’exacerbation de l’affection lymphatique externe soit terminée avant d'avoir recours aux moyens dont il s’agit, à cause des phénomènes sympathiques de soif, d’inappétence, de dégoût, etc., qui l’accompagnent presque toujours 5 aussi ce praticien a-t-il reconnu qu’administrés

IRRITATIONS INTEOMITTÏïrTES

pendant l'époque des exacerbations périodiques, I-es évacuants étaient plus nuisibles qu’utiles.

Les moyens de révulsion destinés à augmenter la sécrétion des urines, ceux qui, en excitant la muqueuse digestive, portent en même temps leur action à la peau et qu’on nomme stimulants diffusibles, comme les préparations de soufre, d’antimoine, d’iode, les acétates et nitrates de potasse, les iodures de potassium, etc., puis la salsepareille, la saponaire, la scille, la digitale, etc., peuvent être également utiles, employés avec méthode et surtout avec une grande précaution; car leur action est en général bien plus redoutable pour les organes digestifs que celle des médicaments qui provoquent des évacuations alvines plus ou moins abondantes. Dans le cas de subinflammation relaté sous le n® 112, nous voyons queM. Destouches employa avec succès les frictions mercurielles et le muriate d’or dans un sirop de salsepareille, quelquefois dans une décoction de douce-amère.

Les moyens stimulants et révulsifs externes sont les frictions sèches ou avec des liniments, des baumes, des teintures, des pommades soufrées, mercurielles, hydriodatées, etc., puis l’insolation , les vésicatoires , les cautères ; quelquefois l’usage de certaines eaux minérales en boisson, en bain et en douche. Contre l’élèphantiasis, l’andrum, le pérical et même le goitre, il fautencore en.ployer plusieurs sortes de bandages , et une espèce de compression manuelle ou de massage graduellement et méthodiquement appliquée sur les parties engorgées.

Les remèdes appliqués à l’extérieur étaient autrefois puisés exclusivement dans la classe des toniques, des stimulants, et par une raison toute simple, c’est qu’on attribuait à la faiblesse et qu’on caractérisait d’asthénique toute maladie où l’on n’apercevait pas de la rougeur, et dans laquelle on observait une certaine lenteur dans le développement et la marche de ses symptômes constituants. C’est la doctrine physiologique qui a dissipé les préjugés (jui existaient à cet égard, et fait cesser une routine aveugle et souvent préjudiciable sinon par elle-même, du moins en empêcliant d’avoir recours à des moyens plus efficaces. Aujourd liui l’un poursuit avec succès les engorgements lymphatiques externes par les saignées locales, par les ventouses scarifiées , et surtout par des ai)plicalions réitérées de sangsues. Le succès qu’en obtient depuis long-tem[)S M. Broussais contre la plupart des subinflaminations ne laisse plus de doute sur l’effi-

SVBINFLAMMATOIRES EXTERNES.

eacité de ee moyen. Ce n’est pas seulement en France que les principes de la doctrine physiologique ont obtenu une heureuse: application au traitement des maladies dont il s’agit^ mais encore dans l’Amérique septentrionale, en Angleterre, et surtout en Italie. Le professeur Paletta, de Milan, a traité avec succès par les sangsues un grand nombre d’enfants atteints d’endurcissement blanc du tissu cellulaire. Nous voyons dans l’observation recueillie en Espagne par M. Rouzzialdo, et rapportée sous le n*" 110, que c’est l’application des sangsues qui a procuré le plus de soulagement à la malade. Il est probable que si les Italiens y avaient plus souvent recours dès le début de l’érysipèle phlycténoïde, ou de la pellagre, il est probable, dis-je, que cette maladie ferait moins de ravages , surtout si l’on avait soin d’appliquer alternativement un petit nombre de sangsues dans les endroits de la peau les plus affectés et sur la région épigastrique, a cause de l’irritation concomitante et quelquefois même primitive delà muqueuse digestive. Car si l’érysipèle périodique, blanc ou muqueux, dont il s’agit, est si souvent funeste, n’est-ce point , en grande partie , parce que dans l’emploi des moyens empiriques et presque toujours stimulants qu’on lui oppose, l’on ne fait que peu ou point attention à l’état des organes digestifs?

II nous semble qu’on ne devrait plus douter aujourd'hui des grands avantages qu’on peut retirer contre les affections du système blanc , cutané, ou autres, des moyens diététiques et antiphlogistiques. C’est quelquefois en produisant une espèce de disette locale de fluides qu’on rétablit l’équilibre en donnant de l’activité aux vaisseaux absorbants. Quand ilyades phénomènes de tension et de douleur, les bains, les fomentations, les cataplasmes émollients peuvent convenir. On ne peut plus guère douter de l’efficacité contre beaucoup d’affections subinflammatoires de la méthode antiphlogistique non seulement locale et externe, mais encore générale et interne j c’est-à-dire que bien souvent on prescrit le régime, les boissons délayantes et la diète, dans des cas où l’on recommandait autrefois les vins chauds et très alcooliques, la décoction de quinquina, les viandes noires rôties , beaucoup d’extraits et d’élixirs très irritants. Mais en supposant que les moyens stimulants et toniques eussent un égal succès (ce qui n’est pas vrai), n’esl-il pas bien reconnu que les moyens diététiques et antiphlogistiques ont encore sur ceux-là Tavantage d’être mieux rencontrés partout, d’être plus facuUa^

tifs à chacun, et surtout d’être moins sujets à de graves et irréparables abus.

OBSERVATIONS QUI PROUVENT l’eXISTENCE DES IRRITATIONS SUBINFLAMMATOIRES PÉRIODIQUES EXTERNES.

Anasarque avec type quotidien,

N* 93. Storck rapporte qu’il a eu dans son hôpital des malades qui é prouvaient tous les jours, à une heure fixe, un sentiment de démangeaison par tous les membres, ensuite il leur survenait des douleurs tensives et déchirantes; enfin il se développait sous la peau un gonflement œdémateux qui en rendait la surface blanche et molle. Les malades éprouvaient alors une grande anxiété dans la poitrine, une soif vive ; leur pouls était petit, inégal , intermittent. On apercevait encore , durant le paroxysme, une sorte de délire inquiet et un mouvement continuel des membres. Ces accès duraient le plus souvent cinq à six heures, ensuite les malades se livraient spontanément au sommeil ; ils étaient inondés de sueurs abondantes, après quoi la tuméfaction dont nous avons parlé disparaissait de nouveau complètement. Après leur sommeil les malades se trouvaient comme dans l’état naturel, excepté que leur pouls était lent, petit; qu’ils étaient faibles et sans appétit.

Storck eut recours dans ces circonstances à des infusions de plantes amères, telles que d’absinthe, de centaurée, etc., dont il retira beaucoup d’avantages, et qui lui suffirent le plus souvent pour obtenir la guérison de ses malades ; chez quelques uns cependant, dont les forces s’étaient épuisées après un petit nombre d’accès, il fit usage du quinquina, qui eut des effets si prompts et si efficaces , qu’il fit non seulement disparaître la fièvre et tout gonflement œdémateux, mais qu’il rendit encore très promptement aux malades et leur santé et leurs forces. {Annus medicus secundus, p. 168.)

M. Delabigne-Villeneuve dit, dans sa thèse soutenue au mois de mai 1806, qu’il a eu occasion d’observer un exemple d’anasarque périodique ; malheureusement ce médecin ne donne pas de détails qui nous permettent de le comparer avec celui que nous venons de rapporter.

Stoll a vu un cocher qui présentait une espèce d’engorgement œdémateux tantôt sur le scrotum, tantôt le long du cou ou sur le devant de la poitrine. Celte tumeur paraissait subitement, elle avait une forme arrondie bien pleine, comme si elle eût, dit-il , contenu del’air et de l’eau. Elle disparaissait bientôt après, lorsqu’il survenait des sueurs. {Médecine pratique^ t. iii.)

. Sueurs morbides quotidiennes.

No 94. Piquer a observé un malade qui éprouvait tous les jours, à six heures du soir, une sueur abondante qui durait jusqu’au lendemain matin ; pendant tout le temps de l’accès, le pouls conservait son état naturel ; mais le malade était plongé dans un grand abattement , et il paraissait comme évanoui. Durant l’intermission , il était bien et ne ressentait qu’un peu de fatigue. Cette affection se reproduisit régulièrement pendant plusieurs jours, jusqu’à ce qu’on lui opposât le quinquina, qui la fit disparaître sans retour.

( Traité des fièvres, p. 402.)

Schuster a vu une grande sueur récidiver tous les jours chez un marchand; elle se manifestait à l’entrée de la nuit , et tenait pendant quatre heures le malade dans une anxiété pénible, et puis disparaissait. (06s. thérapeut.)

Senac parle aussi d’une sueur qui revenait tous les jours régulièrement et sans autres symptômes remarquables. (De recond. feb, intermitt,nat )

subinflammatoires externes.

Autre sueur morbide avec type quotidien et tierce,

N® 95. Une femme, âgée de quarante-cinq ans, tomba toiit-à-coup dans une suppression totale des selles et des urines. On appela un chirurgien qui prescrivit une tisane diurétique et un lavement purgatif; l’un et l’autre remèdes furent sans effet. Le lendemain , le chirurgien fit prendre à la malade une purgation un peu forte ; cette purgation ne seconda point ses vues ; la malade sua sans autre évacuation; on répéta encore et le lavement et le purgatif, en augmentant la dose des ingrédients , mais tout fut inutile; ces remèdes ne firent que provoquer des sueurs abondantes. Le chirurgien déconcerté, abandonna la malade à la nature Nous avons vu, dit le docteur Gignoux, qui rapporte cette observation, celte femme rester sept ans dans sou lit, sans fièvre, sans douleur , et pour ainsi dire sans maladie; elle n’évacua jamais rien pendant ce teinps-là, ni par les urines, ni par les selles; mais la nature, toujours attentive aux besoins du corps, suppléa au défaut de ces excrétions, par des sueurs très copieuses et d’une fétidité insupportable. Ces sueurs n’étaient point continues, mais revenaient tous les jours et quelques fois tous les deux jours régulièrement ; elles duraient deux ou trois heures, ruisselaient en général de toutes les parties du corps, sous la forme de grosses gouttes. Dés que la malade sentait l’instant des sueurs s’approcher , elle quittait son lit pour ne pas le salir , et se jetait sur une botte de paille préparée à cet effet. Cette femme buvait et mangeait avec appétit; elle engraissa, son visage devint frais et vermeil ; la faiblesse seule la retenait au lit. Enfin , contre toute attente, les couloirs de l’urine et des selles s’ouvrirent d’eux-mémes dans la septième année ; les sueurs cessèrent, et la malade guérit. Elle a vécu, depuis lors, six à sept ans en bonne santé, elle est morte d’une maladie qui n’avait nul rapport avec son incommodité passée. (Journ. de méd., t. X, an 1759.)

Autre irritation sécrétoire . nn ^yeur morbide auotidienne.

No 96. Un plombier se réveillait tous les malins inondé de sueurs, à tel point que sa chemise et ses draps étaient comme si on les eût trempés dans l’eau, et que son matelas était traversé. La langue était pâle, le pouls calme,la chaleur de la peau à peine augmentée pendant la sueur, l’appétit était conservé, et les seuls symptômes que le malade éprouvât consistaient dans une soif assez vive à son réveil, et une sorte de dessèchement de la poitrine; c’est ainsi du moins qu’il exprimait ce dernier symptôme. L’usage du sulfate de quinine fit cesser cet état ; mais les sueurs reparurent quelques jours après qu’on en eut discontinué l’emploi ; une nouvelle dose les fit disparaître de nouveau ; elles ont recommencé une troisième fois, et ont été combattues efficacement , dans une maison de santé, par la décoction de quinquina. Enfin après une quatrième rechute, guérie comme les précédentes , le malade a renoncé, d’après notre avis, à son état de plombier, et n’a plus rien éprouvé depuis lors. (Roche^ ouvrage cité.)

Eléphantiasis avec des exacerbations quotidiennes, sextimensuelles , puis encore quotidiennes tierces et quartes.

K* 97. Madame Bastien, de Paris, âgée de quarante-quatre ans, d’une bonne constitution , perdit son mari à (rente-cinq ans et à l’époque de ses régies qui furent supprimées par cet accident. Quelque temps après, voulant se lever le malin, elle ressentit une vive douleur à la malléole interne gauche, de la roideur dans l’articulation , de la tension , du gonflement le long de la partie interne de la jambe jusqu’à la partie supérieure de la cuisse ; une ligne rouge, offrant à l’œil iajargeur d’un ruban, et au toucher la dureté

d’une corde tendue, suivait le trajet des vaisseaux lymphatiques, depuis la malléole jusqu’au pli de ra»ne. Bientôt, à ces premiers symptômes se joignirent une soif inextinguible, un frisson très intense et prolongé, une céphalalgie violente et des vomissements répétés qui terminèrent l’accès, après une durée de cinq à six heures. Le lendemain etles jours suivants, la douleur, le frisson , les vomissements, en un mot, tout reparut comme la veille, se passa de la meme manière, et au bout de huit jours, il ne resta de tout ce désordre qu’un léger gonflement à la malléole. Six mois après, les mêmes accès se représentèrent, et le gonflement qui en résulta fut, cette fois, un peu plus considérable. Depuis cette époque, la malade éprouva deux fois par an des attaques semblables , et la jambe devenant toujours un peu plus enflée, a successivementacquis un volume et une dureté extraordinaires ; maisle tour des articulations avait conservé sa mollesse naturelle, et les mouvements jouissaient de toute leur liberté.

Le 25 thermidor an xii, neuf ans après l’invasion de] sa maladie, cette dame, en se levant, ressentit à la malléole sa douleur accoutumée, et surle-champ frisson, céphalalgie, nausées, inutiles efforts pour vomir, soif ardente, sueur copieuse, pouls lent et un peuserré durant lefrisson, lent etplus développé pendant la chaleur; dansune heurele calme futrétabli, la soif restait seule ; mais le moindre mouvement rendaitle frisson et les envies de vomir. Huit heuresaprés, la malade put jouirde la liberléde ses membres, et put faire quelques tours dans sa chambre. Dix à douze jours furent marqués par de pareils accès, revenant à peu près aux mêmes heures et conservant la même durée: tantôt on apercevait les traces de la ligne rouge, tantôt la douleur seule indiquait le trajet des lymphatiques. Un vomitif fut administré le 7 fructidor, à la sollicitation de la malade, qui en prit encore un second le lendemain, sans aucun avis. Les accès de l’affection lymphatique furent supprimés, et il y eut ensuite sept à huit mois de santé durant lesquels la malade, à force de masser son membre, était presque parvenue â lui redonner son volume natnrel. Dp. n ~ rot; înr...» ip 13 pHp 14 ventôse

ân XIII. 11 y eut le 17 un soulagement très marqué dans les jambes; leur volume seul était augmenté, mais les douleurs se firent ressentir dans le sein et à la partie interne du bras droit, où il se forma sous la peau des inégalités très dures. Quelques jours après, un exercice forcé fit reparaître le frisson et la douleur dans la cuisse gauche ; mais le repos dissipa bientôt ces accidents ; seulement la fièvre persista d’une manière très irrégulière sous le type, tantôt tierce, tantôt quarte, et toujours accompagnée de quelques douleurs, soit dans les membres inférieurs, soit dans le bras et dans le sein qui avaient déjà été affectés. ( Ilard, Hist. de l’Éléph. des Arab.j p.62.)

Subinflammation présentant le type tierce.

No 98. Ettmullcr rapporte qu’une femme fut attaquée, un samedi à minuit (neuvième jour après son accouchement), d’une chaleur et d’une soifardentes, de douleur de tête et d’anxiété; ses mamelles s’enflèrent considérablement, s’endurcirent et devinrent douloureuses. Au lever de l’aurore, ces symptômes cessèrent après une légère sueur; il resta seulement de la faiblesse et un peu d’enflure aux mamelles.

Le dimanche à midi, les mêmes symptômes reparurent, et cessèrent après douze heures ; il en fut de même le mardi et le jeudi suivante ; l’accès revint à la même heure avec frisson, chaleur, et tous les autres symptômes. Les mamelles, qui rendaient du lait dans l’intervalle, ne pouvaient en rendre, mais se gonflaient considérablement chaque fois que le paroxysme revenait, et devenaient très douloureuses, sans cependant changer de couleur. (Col'- Ug. cas., 25, pag. 612.)

subinplammatoires externes.

iSj

Bang rapporte l’observation d’un jeune homme qui , après avoir éprouvé l’action du froid, fut successivement atteint de gonflement aux cuisses, à la joue, aux mains, aux genoux et à la poitrine, par suite de la mobilité et du déplacement de la fluxion du sang et des humeurs , tantôt sur un point, tantôt sur un autre plus ou moins éloigné de la surface du corps. (Z>e vagant. corp. affect.)

Emphysème sous type tierce.

No 99. M. Portai rapporte qu’il a observé chez la femme du général Clauzeî uneaffection soporeuse parfaitement réglée en tierce, avec cette circonstance remarquable, que toute l’habitude extérieure du corps, surtout la partie latérale gauche, se gonflait comme si elle avait été emphysémateuse, avec tension de la peau et une espèce de crépitation quand on la comprimait avec les doigts. Le premier accès soporeux fut si fort et tellement ressemblant à l’apoplexie par la slerteur de la respiration, qu’il me parut nécessiter la saignée, le pouls de la malade étant plein et fort. Les vésicatoires aux jambes furent mis immédiatement après, et ensuite les boissons purgatives légèrement émélisées furent prescrites. Il survint un amendement si grand dans les symptômes, qu’on crut la malade presque guérie, lorsqu’il reparut le surlendemain un nouvel accès de somnolence profonde, avec emphysème du corps, toujours plus considérable du côté gauche que du côté droit, comme dans l’accès précédent, mais sans gêne dans la respiration et avec moins d’insensibilité dans les membres ; de sorte que le second accès fut moins violent que le premier, et que l'emphysème parut diminué. Cependant le retour d’un accès semblable eut encore lieu le surlendemain du précédent; il pouvait être suivi d’autres dont je ne pouvais apprécier l’intensité, ce qui me détermina à prescrire le quinquina à la malade et à haute dose, avec d’autant plus d’assurance, qu’elle me dit avoir eu quelques j^ccés de fièvre je printemps précédent, et que son urine était rouge et bri- ’queiée, comme elle l’est dans les fièvres intermittentes. Le quinquina fut donné sans vomitifs ni purgatifs antécédents, toutes les évacuations étant

alors non seulement inutiles, mais même nuisibles, comme Sydenham Ta' particulièrement remarqué.

Le troisième accès fut moins intense que le second ; deux ou trois accès semblables aux précédents eurent encore lieu, mais en diminuant graduellement ; on continua l’usage du quinquina et des boissons acidulées tout le temps nécessaire ; on ne laissa sécher les vésicatoires que quand la santé de madame Clauzel fut entièrement rétablie. (Portai. , Traité de Vapoplexie, p. 282.)

Dartre avec le type quintane.

No 100. Clémence F***, couturière, âgée de dix-neuf ans, d’un tempérament lympliati CO -sanguin, se présenta à la consultation de l’IIôtel-Dieu, te lundi 5 juin 1818, portant une dartre furfuracée qui lui couvrait toute la partie externe du bras droit, et s’étendait un peu loin sur le cou et la poitrine, du même côté. Les remèdes antidartreux les plus efficaces lui furent prescrits. La dartre avait paru céder assez promptement à ces moyens ; mais elle était revenue, lorsque par hasard je revis la malade le 12 du même mois: je lui fis quelques questions, et j’appris les détails suivants de sa maladie. Clémence avait déjà eu l’année précédente une dartre à peu prés semblable, qui avait duré une grande partie de l’été , mais en disparaissant et en revenant à des intervalles plus ou moins éloignés, sur diverses parties du corps. Elle me raconta que, vers la fin du mois de mai, se trouvant habillée à la ’égére, elle éprouva une fraîcheur durant la nuit , après s’être un peu échauf-^

fée en se promenant; il lui survint un rhume qui se termina promptement par l’apparition de la dartre dont il s’agit, laquelle fut aperçue par la malade le 29 du moisdemai; elle dura deux ou trois jours en causant de vives démangeaisons, et disparut presque entièrement pendant te même nombre de jours, sans que la malade eût rien fait pour sa guérison. Cette dartre était revenue et n’existait que depuis un jour ou deux, lorsque la malade fut en consultation à l’Hôtel-Dieu ; elle avait encore cessé, et était revenue de la même manière après trois jours d’intervalle ; lorsque je revis cette malade , sa dartre ne s’étendait alors que jusqu’àl’épaule, et étaitsurtout bien marquée à la partie externe de l’avant-bras.

Ayant reconnu par tous ces détails que l’affection cutanée dont il s’agit présentait un caractère périodique , et curieux d’en suivre la marche, je fus voir la malade le 14 dans la matinée. Sa dartre avait en grande partie disparu , mais l’avant-bras avait encore une couleur cendrée, et l’on y observait un grand nombre de petites écailles très minces et semblables à du son, qui se détachaient avec assez de facilité par le frottement. La peau du bras et de l’épaule avait repris son état naturel, si ce n’est qu’elle était encore très rouge dans certains endroits où la malade s’était beaucoup frottée. Elle continuait le traitement antidartreux qu’on lui avait prescrit. Je retournai voir la malade le 16 ; elle me dit que depuis un jour, elle n’observait plus de traces de son affection dartreuse, mais qu’elle avait eu quelques coliques et un peu de dévoiement causés par certains fruits qu’elle avait mangés Je lui conseillai pour le lendemain (troisième et dernier jour d’intermittence), une once de quinquina en décoction à prendre par verre de deux en deux heures. Le 19, je fus extrêmement surpris, en revoyant la malade, de lui trouver sur le front et les sourcils une dartre de même nature que celle qui s’était plusieurs fois répétée au bras. Cette affection existait depuis la veille; elle avait paru à peu prés aux mêmes heures, elle avait offert les mêmes symptômes que dans les accès précédents; elle n’avait fait que changer de place. La malade se repentait d’avoir pris du kina ; elle accusait ce îr.édiçament rravoîr opéré le changement fâcheux dont il s’agit, quoiqu’elle n’eût pris qu’à peine ia moitié de ce que je lui avais prescrit.

L’usage du soufre et des boissons diaphorétiques fut continué ; cette nouvelle dartre tarda moins encore à disparaître qu’auparavant, et deux jours d’intermittence s’étaient écoulés , lorsque le 22 je décidai encore la malade à prendre six gros de quinquina en poudre ; son estomac en fut un peu fatigué, mais le 23 et les jours suivants la dartre ne reparut point.

Il survint quelques jours après des démangeaisons dans les membres et une légère éruption miliaire que deux bains firent disparaître; il n’était rien survenu de particulier, et la malade seportait encore très bien un mois après les derniers accidents dont je viens de parler.

Dartre furfuracée septénaire.

No 101. M. T***, rentier et célibataire, âgé de cinquante-cinq ans, cheveux rouges, constitution lymphatico-sanguine, vint me consulter, vers la fin du mois d’avril 1823, pour une dartre furfuracée qui occupait une partie de la face, du cou et quelques points de la surface externe des jambes. Cette dartre était remarquable par la facilité avec laquelle elle passait d’un lieu dans un autre.

Depuis plusieurs années il était sujet, au printemps, au développement de cette affection cutanée qui durait un certain temps, et puis disparaissait pour six mois ou un an. Mais ce qu’elle offrit de particulier la dernière fois qu’elle se manifesta, c’est de disparaître en tout ou en grande partie pendant quelques jours, et puis de se renouveler ou de s’exaspérer d’une manière très re-

SUBINFLAMMATOIRES EXTERNES.

marquable tous les huit jours, aux époques correspondantes aux différents quartiers de la lune. Le malade avait remarqué qu’il lui suffisait alors de se f aire la barbe (le malade en avait peu, et se la faisait rarement) pour que son menton et la partie du cou atteinte par le rasoir fussentassez rapidement quelquefois en vingt-qoatre heures, couverts de petits boutons qui causaient une grande démangeaison, et qui étaient bientôt remplacés par une espèce de poussière blanchâtre et de paillettes d’un hlanc jaunâtre que le frottement détachait et qui se reproduisait avec une grande facilité. Tout cela disparaissait presque entièrement pendant trois ou quatre jours pour se renouveler bientôt après avec la même intensité, ou en présentant une étendue plus considérable et une démangeaison de plus en plus insupportable.

Pendant deux mois, et à peu près à toutes les différentes phases lunaires, ce malade présentait la même incommodité , jusqu’à ce qu’il se fût beaucoup purgé, car c’était là son remède favori.

Quand je vis le malade, celte dartre était en grande partie concentrée sur le côté gauche de la face, principalement vers l’angle de la mâchoire, autour du pavillon de l’oreille, et sur le côté correspondant du cou. Il y en avait de plus quelques traces vers le haut de la poitrine et sur la partie externe des mollets.

D’autres symptômes morbides survenus à la suite d’un éméto-cathartique, tels que pesanteur de tête, étourdissements fréquents , grande lassitude, inappétence, dégoût, renvois nidoreux, etc , furent seuls cause que le malade réclama les secours de l’art. Régime diététique, bouillons de veau aux herbes, bains d une température modérée, exercices journaliers, portés jusqu’à la moiteur, frictions sèches et irritantes sur toute la surface du coups, tels furent les moyens employés.

La dartre, qui avait alors disparu presque entièrement, se renouvela encore deux fois, et exactement, comme l’avait déjà remarqué le malade, aux époques de la nouvelle et pleine lune ; elle fut ensuite remplacée par une éruption miliaire avec fièvre et un dévoiement par suite d’une indigestion. ( Le D. Sauthier de Clermont-Mentonex. 1825.}

Sueur avec le type hebdomadaire ou octane.

No 102. Schulze a connu un homme qui était pris régulièrement toutes les semaines d’une sueur qui le mettait dans une grande agitation, et le malade se trouvait dans le plus grand danger lorsqu’elle ne paraissait pas à l’époque ordinaire. [Acad, scrut. natur. part, i, p. 267.)

Eléphantiasis avec des exace rbations pér iodiques hebdomadaires .

No 103. M. F. D., âgé de trente-deux ans, né à l ile de Barbade, après avoir été soigné pour un rhumatisme, avait ressenti pour la première fois à l’âge de sept ans un gonflement douloureux dans l’aine, et une heure après le frisson , la chaleur, la sueur, etc. L’engorgement et l’inflammation commencèrent dans la suite immédiatement après, et continuèrent trois ou quatre jours; puis l’inflammation cessa, mais le gonflement alla toujours en augmentant. Chaque accès le rendait plus considérable ; et comme jusqu’à l’âge de dix-neuf ans, le malade en eut un par semaine, le membre était devenu d’une grosseur très incommode. L’application du bandage serré, continué pendmt deux ans, diminua beaucoup son volume. ( J. Hendy, ouvrage cité de M, Alard.)

ÎQO IRRITATIOiNS INTERMITTENTES

Subinflammation dont les redoublements ont lieu tous les huit

ou quinze jours.

No 104. Une femme, âgée de quarante-neuf ans , rendait par les mamelons une matière blanchâtre dont la sortie occasionnait des douleurs très vives. On lui conseilla l’application d’un vésicatoire au bras gauche; ce moyen fit sur-le-champ cesser l’écoulement. Quelque temps après, elle fut prise toutà-coup , et sans cause connue , d’une inflammation à l’avant-bras du côté du Vésicatoire. Cette inflammation ne dura que vingt-quatre heures, et fut accompagnée de frisson et de gonflement considérable dans la partie. Elle se dissipa ; mais le gonflement du membre persista encore sans être douloureux ni oedémateux. Pendant les cinq ou six ans qui suivirent, cet accès éphémère se renouvela tous les huit ou quinze jours , plus fréquemment 1 hiver que l’été , avec frisson et augmentation du volume du membre. Depuis , il est devvenu plus rare, et ne se présente plus que trois ou quatre fois par an. Le bras èst toujours voiuPiineux , dur, sans aucune apparence d’œdème ; ta peau préseule quelques pelils tul)erC;''«s assez rares (Ij. (Al, Alard, ouvrage cilé.)

Eczéma périodique , type quindécimane. (Croûtes laiteuses.)

No 105. Le fils de M. Lech., âgé de huit mois , très développé pour son âge , généralement très potelé et même bouffi par excès d’embonpoint, avait une nourrice qui se livrait parfois à différents excès.

Vers le milieu de septembre 1824 , à la suite d’une nuit très agitée , et où cet enfant avait beaucoup pleuré , je fus appelé pour le voir. Je remarquai sur les tempes , les orbites de l'œil , et autour des oreilles , un grand nombre de petits boutons vésiculaires, disséminés par plaquesinégales, et très rapprochés les uns des autres : les plus petits étaient rouges , les autres blancs ou jaunâtres. Attirées par la démangeaison , lesmains de l’enfant les déchiraient souvent à mesure qu’ils se formaient; reproduits de nouveau ou desséchés, tous finissaient par se réunir en croûtes plus ou moins arrondies, plus ou moins épaisses et étendues, de couleur grisâtre ou jaunâtre. Celtes qui se trouvaient en partie sur le cuir chevelu étaient assez adhérentes ; les autres se détachaient facilement en les humectant avec du lait chaud ou de l’eau de mauve.

On ne fit rien de particulier pour guérir ces croûtes de lait ou cette espèce de gourme qu’on regardait comme une heureuse diversion aux premières souffrances de la dentition que cet enfant commençait à ressentir. Les parents craignirent même pour sa santé quand ils virent toutes ces croûtes se détacher et se dissiper promptement; car, au bout de cinq ou six jours à dater de l’invasion de la maladie , tout avait disparu , et le nourrisson était devenu moins docile , plus agité et plus criard qu’à l’ordinaire. Mais, au grand étonnement, et presque à la satisfaction de ses parents, les mêmes éruptions croûteuses se développèrent de nouveau (quinze jours après la première apparition). Elles disparurent encore très promptement, puisse renouvelèrent de nouveau après le même intervalle de temps.

Cette fois , on commença à s’en inquiéter davantage , et l’on attribua ces éruptions à quelques excès de vin et de cidre doux que faisait de temps à autre la nourrice , et surtout à un dévoiement qu’elle avait eu par suite d’une

(1) Celle iafliiramatiGn réiiiiürnte périodique que M. Alard donne pour une affeclion du système absorbanl-lymphitlique , nous paraît manquer de details pour la caraetériser. C’est à cause du type rémittent octane et quindécimane qu’elle a offert pendant plusieurs années, que nous avons cru devoir la rapporter. Libre à chacun de n’y voir qu’une phleginasie ordinaire, ou une inflammation blanche , «elon l’expression de M, Alard.

SUBINPLAMMÀTOIRES EXTERNES.

indigestion de fruits. Quoi qu’il en soit, la santé générale de l’enfantcoramençait à en être altérée; il avait maigri sensiblement , il était moins empressé à saisir le mamelon, il pleurait fréquemment, et les nuits étaient agitées. Cette dernière fois cependant le nombre des croûtes fut moins considérable; elles ne se répandirent que sur le front elles tempes. A peine avaient-elles commencé à paraître, que la nourrice, pour apaiser les cris de l’enfant, avait eu l’imprudence de le conduire au grand air et de l’exposer au froid; de là des coliques et un dévoiement assez intense.

Appelé de nouveau , le 18 octobre , auprès de cet enfant que je n’avais pas revu depuis la première fois où j’avais jugé son affection fort légère , et pour laquelle je n’avais ordonné que des soins de propreté, des lotions d’eau de guimauve et des précautions hygiéniques. Deux récidives avaient eu lieu depuis cette époque. Les dernières croûtes, de même nature que les premières, ne présent aient guère que l'étendue d’un demi-franc ou d’un franc , là où elles se trouvaient isolées les unes des autres ; elles étaient écailleuses et avaient une grande disposition à se détacher, La ppaq au-dessous présentait une teinte rosée ou d‘un jaune paille qui ne tardait pas à s’effacer. Toutes s’étaient dissipées plus promptement encore que de coutume.

Je fis d’abord supprimer la panade sucrée à laquelle on avait habitué cet enfant; un large cataplasme fait avec la farine de graine de lin et une décoction de têtes de pavot fut apposé sur tout l’abdomen pour calmer les coliques et le dévoiement. Dés qu’il fut réduit au mamelon, rai)pélit se ranima et se fit remarquer par des besoins plus fréquents de téter. On lui fit encore prendre des bains tièdes d’un quart d’heure tous les deux jours, et l’état du petit malade fut bientôt très satisfaisant.

Cependant trois récidives périodiques de cette affection cutanée me firent aviser aux moyens d’en prévenir de nouvelles ; et , indépendamment d’une surveillance plus attentive pourle régime de la nourriceet les soins à donner au nourrisson , j’imaginai d’administrer le sulfate de quinine en lavement pendant les derniers jours du mois, afin de prévenir le retour qui pouvait avoir lieu au^commencement de novembre. Pendant trois jours consécutifs on introduisit donc quatre grains de sulfate de quinine dans un quart de lavement; le derniér causa des épreintes douloureuses qui se renouvelèrent avec un peu de dévoiement pendant plusieurs jours de suite. La santé de cet enfant ne fut pas autrement dérangée, et depuis lors s’est maintenue. {Desehamps.)

Autre subinflammation périodique,

N» 106. Isidore Picard, âgé de dix-neuf ans, a passé une partie de son enfance à garderies moutons et à faire le métier de valet de basse-cour. Il a toujours par conséquent été exposé aux vicissitudes atmosphériques, dans un pays marécageux, boisé, dans lequel les scrofules, les affections rhumatismales et les fièvres intermittentes sont comme endémiques. Picard est né de parents sains ; sa constitution est lymphatique, quoiqu’il soit d’ailleurs vigoureux ; il n’a jamais eu d’autres maladies que l’engorgement qui fait le sujet de cette observation, si ce n’est quelques abcès sur diverses parties du corps, lesquels se sont manifestés avec fièvre à des intervalles de plusieurs mois. C’est vers l’âge de puberté que l’affection qu’il porte s’est manifestée sur le scrotum. La marche en a été lente, peu connue , l’accroissement intermittent et toujours précédé par une sorte d’embarras gastrique et des mouvements fébriles. La peau de la verge et du scrotum a pris successivement de l’épaisseur et de la densité; les téguments de la verge, après plusieurs accès, ont tellement augmenté en circonférence et en longueur, que le prépuce est contourné sur lui-même, offrant l’aspect d'un phimosis loul-i-fait hideux, tant par la

grosseur que par la difformité. Ces accès durent vingt quatre ou trente heures, et se terminent par une sueur abondante.

Cet accès, dont nous avons été témoin à l’hôpital des Vénériens, est accompagné d’une douleur aiguë dans les glandes lymphatiques de l’aine, avec un engorgement des vaisseaux lymphatiques de la partie interne de la cuisse, engorgement que le malade lui-même appelait une corde noMCwse. La peau de la cuisse s’est gonflée, a pris une teinte rosée; les téguments du scrotum, des aines, du. pubis, déjà tuméfiés par les attaques antérieures, sont devenus en moins de trente heures le siège d’un énorme engorgement érysipélateux Par l’usage combiné des lotions émollientes et narcotiques, des bains, d’un régi me adoucissant , puis de la ciguë et du muriate suroxigéné demercure, les parties engorgées sont devenues d’un moindre volume que durant la période inflammatoire. Mais , malgré cette diminution , le gonflement est resté plus considérable qu’il ne l’était avant cette dernière attaque. (Gilbert.)

Subînflammation intermittente mensuelle.

No 107. Mademoiselle Monnet, âgée de treize ans, eut à l’âge de six mois un gonflement de tout le côté droit du corps. Ce gonflement se borna peu à peu au membre inférieur droit, où il n’a jamais cessé d’exister depuis ; il est tantôt considérable , et laissant une forte bride au bas de la jambe et une autre au devant des orteils ; tantôt il diminue et devient à peine sensible au moyen d’un écoulement copieux d’une lymphe promptement coagulable à l’air, et qui sort par des espèces de petits mamelons gros comme un grain de millet, situés à la partie interne de la jambe et sur le pied. Les grands changements dans la grosseur de cette extrémité se prononcent avec des caractères assez remarquables ; ils ont lieu par des accès qui , dans le principe, ne survenaient qu’à de grandes distances, mais qui se sont graduellenrent rapprochés de manière à revenir tous les mois.

Quand un de ces accès doit avoir lieu , les couloirs de la jambe se ferment tout-à-coup, quelque temps après surviennent un mal de tête et une fièvre qui augmentent en quelques heures jusqu’à devenir insupportables. La malade sent une douleur au haut du membre; quelques unes des glandes inguinales et le plexus des vaisseaux cruraux, déjà plus gros qu’ils ne devraient l’être, prennent encore plus de développement. On distingue sur toute la partie antérieure de la cuisse un ruban rouge, dur, et très sensible au toucher. La cuisse, lajambe, le pied, se gonflent de nouveau, et chaque fois un peu plus que dans la dernière crise ; les ongles des pieds , enfoncés dans les chairs, deviennent susceptibles d’une grande douleur au tact le plus léger. Après trente ou trente six heures de cette suite d’accidents, les eaux reprennent leur écoulement, et la malade revient à son état habituel.

La santé générale n’éprouve aucune altération ; et tout, chez cette jeune personne, semble marcher comme si elle n’avait aucune affection maladive. ( Juillet 1805. ) La peau, qui était dans le principe recouverte d'une sorte de poussière grise très adhérente et qu’on aurait pris pour une dégénérescence de l’épiderme , s’est netteyée au moyen des fréquentes lotions d’eau tiède, et a repris sa couleur naturelle. (Bouvier, Bull, de la Société de méd. de Paris.)

Autre avec le même type.

Charles Pison rapporte qu’une dame de qualité avait tous les mois une enflure périodique au cou, qui devenait si considérable que, à chaque retour de cette affection, elle était près d’être suffoquée. {De morhis à serosâ coUuvie.)

sübinflammatoires externes.

igS

Dartre phlijctènoide avec le type mensuel.

No 108. Schuize fait mention d’une femme de vingt ans qui , tous les mois , avait derrière chaque oreille de petites vésicules qui s’ouvraien t d’elles-mérnes, et disparaissaient après l’écoulement d’une matière jaunâtre. [Acad, de Scrut. nat., t. vi.)Heister a observé une enflure des glandes du cou, qui revenait périodiquement tousles mois chez unejeune fille de seize ans, ( Observ. méd )

Eléphantiasis avec des exacerbations mensuelles.

No 109. Daniel Massialh fut attaqué d éléphantiasis à l’âge de dix-huit ans. Celte maladie se manifesta par une douleur et un gonfl ment dai s l’aine. Un quart d’heure après, frisson , chaleur brûlante , sueur copieuse, céphalalgie , douleur dans le dos , et surtout à l’estomac. Cette attaque laissa un très léger gonflement dans la malléole gauche. L’accès se renouvela ensuite une fois par mois régulièrement, et au bout de quatreans, la jambe avait dix-huit à vingt [louces de circonférence au mollet.

A vingt-deux ans, les deux jambes furent également affectées ; la droite , quoique la dernière malade , devint plus volumineuse que la gauche. Elle avait acquis dans toutes ses parties trente-six jiouces de circonférence, depui> le midlel jusqu’au genou ; l’autre u’cu avait que vingt-six. L’accroissement de ces tumeurs a été si graduel , que le malade y a été très peu sensible.

Il ne se plaignait de leur volume que lorsqu’il avait été affaibli par les accès. Son appétit était bon , et toutes ses fonctions en pleine activité, ( Henry , ouvrage cité.]

Dartre phlyctéîioïde (mal de rose ou pellagre) avec le type

mensuel et annuel.

No HO. Un médecin espagnol , M. Rouzziaido, nous a transmis l’exemple remarquable d’une affection cutanée sous forme phlycténoïile, appelée dans son pays î/mHie rose, et dont la périodicité jiaraît liée à celle du flux menstruel Il s’agit d’une femme de trente-deux ans, d’une constitution lyrnphatico-norveuse, qui avait été mariée pendant huit ans sans avoir jamais en d’enfant. Devenue veuve et ayant éprouvé beaucoup de chagrins, sa santé générale s’était détériorée. L’écoulement menstruel était peu abondant; et son sang, disait-elle, était en grande partie décomposé et souvent réduit à une eau rougeâtre.

Au commencement du mois de mars 1827, de nouveaux chagrins domestiques vinrent l’assaillir ; son appétit était nul, ses digestions pénibles; dégoût et soif continuels. L’époque menstruelle était passée de plusieurs jours sans qu’elle eût riVn ressenti de ce côté; mais elle fut prise de douleurs vagues, de tiraillements, et puis de démangea'sons à la surface du cou, des épaules, et de la partie antérieure delà poitrine; le soir, insomnie, agitation, et grattements fréquents. Bientôt il se manifesta des espèces d’ampoules ou de phlyctènes dont le volume variait depuis la grosseur d’un pois ou d’une lentille, jusqu’à celle d’une fève; quelques unes étaient plus petites, mais alors très rapprochées les unes des autres; c’étaient celles dont la démangeaison était la plus marquée. La plupart de ces vésicules se déchiraient facilement et laissaient écouler de la sérosité; d’autres résistaient davantage et prenaient une teinte plus foncée II n’y avait ni rougeur ni chaleur à la peau, qui était généralement d’un blanc sale ou jaune clair, un peu gonflée et luisante. Quelques phlyctènes, mais en petit nombre, étaient pourtant entouréesd’une bande rosée.

Outre les symptômes gastriques très prononcés, il y avait angoisse.s céphal-

IRRITATIONS INTERMITTEN TRS

algie formée tantôt à la partie supérieure, tantôt à la partie postérieure de la tête, sentiment de lassitude et de faiblesse générale, constipation. On eut recours successivement aux applications de sangsues autour de la vulve, bains de siège, lavements, pilules purgatives, boissons délayantes.

Dans les endroits où la malade s'était fortement grattée , surtout au dessus des épaules et sur le devant de la poitrine , les vésicules furent promptement déchirées ; il s’y forma des excoriations plus ou moins étendues et douloureuses , qui furent suivies de dessiccation et de démangeaisons. Un grand nombre de vésicules furent ouvertes avec des épingles, et il s’en écoula une eau rougeâtre et opaque. A dater du troisième et quatrième jour , toutes commencèrent à s’affaisser, et bientôt ne furent plus marquées que par des taches jaunâtres ou brunâtres, qui se transformèrent à leur tour en croûtes minces et lamelleuses, que le frottement détachait plus oumoinsfacilement* La peau restait lisse, et tachetée aux endroits occupés parles phlycténes.

L’état de la malade, loin de s’améliorer après la disparition de l’affection cutanée, s’empira pendant quelques jours : la tristesse, l’inappétence, les dégoûts, les renvois, furent portés au comble ; il y avait parfois un ptyalisme qui nécessitait des crachements fréquents; quelques aphthes furent remarqués sur la muqueuse qui tapisse la bouche. Céphalalgie parfois insupportable, pouls fréquent et tendu , peau sèche ; sentiment de fatigue, de pesanteur et de chaleur dans le bas-ventre. Nouvelle application de sangsues, boissons acidulées, potion purgative, avec le calomel et la résine de jalap. Les fonctions se rétablissent ; la malade se trouve bien, pendant une quinzaine de jours, à part la mélancolie et les idées noires qui l'assiègent.

Le 5 ou 6 avril, à la meme époque que le mois précédent', et sans cause présumable, si ce n’est une exposition un peu prolongée au soleil, retour de la plupart des symptômes morbides qu’elle avait déjà éprouvés. D’abord céphalalgie, nausées,vomissements, unefaibles.se et un malaise inexprimables. Le lendemain, espèce de torticolis, tumeur à la peaudu cou, douleurs vagues dans les mains, les bras et les épaules ; deux jours après, nouvelle apparition des taches et des phlycténes, mais en plus grande quantité; une partie de la face, toute la partie interne des bras, la paume des mains, en sont couvertes, indépendamment des lieux attaqués la première fois. Mêmes moyens thérapeutiques, suivis de quelques bains pour rendre à la peau sa teinte et sa souplesse naturelles , car elle est restée plus sèche et plus tachetée que la première fois; elle est comme brunâtre, raboleuseen quelques endroits; elle forme plusieurs^ crevasses transversales entre le cou et le sommet de la poitrine , et présente des taches rougeâtres qui inquiètent beaucoup la malade.

D’ailleurs état de mélancolie, de tristesse et d’abattement ; dégoût, apathie et anéantissement général ;les digestion' sont pénibles, accompagnées de renvois et de borborygmes; nuits agitées, rêves fréquents, parfois espèce de cauchemar très fatigant.

Cependant l’état de la malade, à l’aide des moyens indiqués, devient très satisfaisant pendant quinze à vingt jours ; après quoi tous les mômes symptômes morbides, loeaux et généraux , internes et externes, se renouvellent encore. Même traitement à i)art l’application des sangsues qu’on n’ose employer à cause delà faiblesse de la malade. On insiste sur les boissons apéritives, les pilules fondantes et relâchantes, l’emploi du calomel qu’on suspend par suite d’un dévoiement qui fatigue beaucoup la malade. Après quelques jours, elle fut réduite à un état de faiblesse extrême. ; mais elle est plus tranquille au moral, et n’indique aucune souffrance particulière. Le régime, l’exercice, les distractions et un petit voyage achevèrent la guérison sans toutefois dissiper sa tendance à la mélancolie.

L’année suivante, à la même époque, c’est-à-dire au commenceraenl de

SUBINFLÀMMATOIRES EXTERNES.

mars, retour des mêmes accidents; emploi des mêmes moyens. Le moral devient de plus en plus susceptible; le physique est réduit à un état de maigreur extrême; le ventre est un peu tuméfié et semble annoncer une disposition à l’ascite. La peau autour du cou , particuliérement sous l’angle des mâchoires et dans les plis claviculaires, reste sale, rugueuse, difforme et sujette à des crevasses d’un jaune orangé.

M. Rouzzialdo perdit de vue cette malade aune époque où ses fonctions digestives et son moral paraissaient être sensiblement améliorés.

Subinflammations avec le type bisannuel et annuel.

Nq 111. Louis Daniel parle d’une tumeur très considérable du testicule gauche qu’il a observée chez un sénateur, et qui revenait à des époques déterminées. Le malade dont il s’agit, en montant à cheval, s’était foulé le testicule , qui était devenu le siège d’un engorgement assez considérable, qui avait guéri sans suppuration, mais en laissant cette glande deux fois plus volumineuse qu’à l’ordinaire Depuis celle époque , le testicule dont il S’agit a continué de s’engorger régulièrement deux fois par an. Chaque retour de cette affection locale était précédé d’une forte fièvre ; le testicule augmentait de volume, et égalait bientôt la tête d’un enfant de deux ans; le prépuce et le gland étaient presque entièrement effacés ; le testicule droit conservait son volume naturel. Cette affection se manifesta pendant plusieurs années; on lui opposait des applications émollientes et résolutives , «t quelques autres remèdes, à l'aide desquels on parvenait à la dissiper. (Act. nat. curios., déc. le»- an ix, obs. 10 J

Alscher a observé une tumeur qui revenait tous les ans aux glandes de l’aine et à des temps fixes. Elle paraissait subitement, suppurait, et disparaissait jusqu’à l’année suivante. (Collet, de Breslaw, t. xix.)

Tumeur subinflammatoire périodique annuelle.

Ko 112. Madame nr**, de Montpellier, âgée de trente ans, d’un tempérament bilieux, d’une excellente constitution, était accouchée deux fois; sept ans après la seconde et dernière couche, elle ressentit aux glandes axillaires du côté gauche un engorgement très douloureux qui augmenta pendant plusieurs jours. Des cataplasmes émollients furent appliqués , puis la tumeur fut ouverte; il en sortit une matière purulente. La guérison suivit de prés cette petite opération. L’homme de l’art q ui soignait la malade, soupçonnant l’existence d’un hétérogène laiteux, prescrivit pendant trois mois des antilaiteux. Ce traitement n’empêcha pas qu’un an après l’apparition de cette tumeur, il n’en parût une autre à la même place et avec les mêmes caractères que la première. On eut recours aux moyens qu’on avait employés la première fois , et les résultats furent les memes. L’inutilllé dés antilaiteux fit rechercher une autre cause que celle qui avait fait recourir au traitement dont j’ai parlé.

Le mari de madame M*** ayant eu, dans sa jeunesse , des symptômes vénériens, on crut devoir attribuer au virus syphilitique l’accident dent j’ai rendu compte: et quoique madame M*** n’eût jamais rien éprouvé qui en démontrât les effets, elle n’en fut pas moins soumise à des frictions mercurielles. Quatre onces d’onguent préparé au tiers furent employées avec toutes les précautions qui pouvaient en assurer le succès. Ce nouveau traitement n’empêcha pas le retour de la tumeur aux mêmes époques et avec les mêmes circonstances rapportées plus haut. Les moyens curatifs que la tumeur exigeait furent encore mis en usage , mais la malade se refusa à tous les autres remèdes , fatiguée de leur insuffi.sance.

Appelé pour soigner la malade lors de la dernière récidive de son affec-

lion, M Deslouches trouva l’engorgement dont il s’agit de la grosseur d’un petit œuf de poule , et il s’accompagnait de vives douleurs. Ce médecin pensait que la maladie pouvait être due à un vice d’épaississement de la lymphe, et, connaissant l’action fondanledu muriate d’or, prescrivit ce remède dissous dans les proportions d'un grain sur huit onces de siro[) de salsepareille. La malade prenait chaque malin une cuillerée de ce sirop, étendue dans une lasse de décocliot» de douce-amère , dont elle usait pendant la journée; on augmentait gradiiellt nient le nombre des cuillerées données chaque jour. Dés qu’elle eut usé quarante onces de sirop et cinq grains de muriate, la malade fut entièrement délivrée de rengorgemcnl qui lui avait donné tant d’inquiétude. Sa santé s’améliora , mais ne devint décidément bonne que quand le terme où la maladie avait paru, à quatre récidives différentes, eut été franchi. Voilà deux ans que la malade est déliwée de sa tumeur périodique annuelle. {Annal, clin, de la Soc. de méd. prat. de Montp , I IV , 1819.)

Page 1