‹ Monographie des irritations intermittentes ou traité théorique et pratique des maladies périodiques ... et ... de tout ce qui offre de l'intermittence ou de la périodicité en pathologieChapitre 15 sur 79 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Fîitsieurs médecins qui se sont déclarés les antagonistes de la doctrine physiologique (luMs ne connaissent pas , ou qu’ils affectent de ne pas comprendre pour lui supposer des idées exclusives qu’ils se donnent ensuTe le plaisir de combattre; plusieurs, dis-je, de ces médecins, dans la ^upposilion que la doctrine physiologique ne voit partout et dans toute espèce de maladie que des iîiOammaiions , ont voulu , à leur tour, sans douie pour se mettro en opposition plus directe , ne voir aussi , dans la plupart des maladies, que des né\ralgieset des névroses. C’est surtout quand une inflammation quLdconque présente le type intermittent qu’elle est aussitôt rangée dans la classe des affections nerveuses : ainsi une ophthalmie et un rhumatisme périodiques , une otite et une goutte intermittentes , quelque saillants que soient leurs symptômes inflammatoires, ne sont jamais, selon eux, que des névralgies ! Il en est de même d’une toux, d’une dysenterie , d’un choléra - morbus , etc. ; toutes les fois que ces maladies présentent le type intermittent, ce ne sont plus que de pures névroses l

Comme il y a une division bien naturelle des maladies en externes et en internes , il fallait , pour les produire , deux ordres de nerfs particuliers ; et ces nerfs n’étaient pas difficiles à trouver puisqu’il y en a partout, puisque chaque tissu , chaque organe, chaque viscère en reçoit un certain nombre proportionné au degré de sensibilité qui lui est départi. La distinction des nerfs

NERVEUSES EXTERNES

qui président aux fonctions externes ou de relation , et aux fonctions internes ou organiques et nutritives , avait été faite depuis long-temps ; il ne s’agissait donc que de s’emparer des premiers sous le nom de nerfs cérébro-spinaux , des seconds sous celui de nerfs gangiionnaires , et de les faire agir très activement et même exclusivement dans le développement d’un grand nombre de maladies ; c’est ce qu’on a fait. Que résulte-t-il de cette opération de l’entendement ou de ce système , car on peut à bon droit l’appeler ainsi jusqu’à ce que des faits matériels soient venus à son appui, si toutefois ils y viennent? Il en résulte, selon nous, d’assez bons mémoires (1), qui font peut-être mieux apprécier le rôle que joue le système nerveux dans beaucoup de maladies, qui pour cela n’en sont pas devenues nerveuses. Le nombre de celles reconnues inflammatoires par la doctrine physiologique n’en est point diminué, parce qu’il ne saurait l’être par de simples raisonnements, et parce qu’en général elle ne leur a reconnu ce caractère que d’après le mode d action des causes , d’après l’analyse des symptômes et d’après rcxamen attentif des lésions cadavériques.

Bien loin que nos adversaires , par leurs ncmbreuses dissertations sur le système nerveux, aient pu augmenter le nombre des maladies de ce système, ils ne sont pas même parvenus à lever les doutes exposés par quelques médecins physiologistes sur la nature des névralgies elles-mêmes I névralgies que , pour notre part , nous avons toujours placées au rang des irritations nerveuses externes. Ayant si peu fait encore pour éclairer le diagnostic des maladies nerveuses qui se passent en quelque sorte sous nos yeux , comment pourraient-ils ne pas se perdre dans les nombreuses et subtiles distinctions de névroses viscérales qu’ils s'efforcent d’établir pour arriver à une théorie antiphysiclogique des fièvres larvées et des fièvres intermittentes en général ? N’est-ce pas étrangement s’abuser sur le rôle des nerfs ganglionnaires que de transformer toutes les affections abdominales périodiques en gastralgies^ en entéralgies oa en fièvres nerveuses essentielles ^ quand la majorité des faits et toutes les recherches de i’anato-

(1) Voir les Mémoires deM Jolly, dans \a Nouvelle Bihliothèguc médicale; de M. Riaud, dans la Revue médicale; de M. Brachet de Lyon, dans les Archives générales de médecine ; de M. Guérin de Mamers , dans \e Journal des progrès des sciences médicales ; enfin l’article Intermittent du Dictionnaire de médecine deM. Rayer, etc.

IRRITÀTIONS USTEHMITTENTES

mie pathologique sont là qui déposent contre cette prétendue nervosité et essentialité des affections dont il s’agit? Mais hâtons-nous de revenir aux névralgies externes.

Diagnostic. — Les névralgies intermittentes se bornent pour nous à celles dont le siège , accessible à nos sens , nous permet de les suivre le long des nerfs irrités ou malades , nerfs dont la souffrance plus ou moins vive , plus ou moins durable , nous indique un mode de lésion quelconque. Il est très vrai qu’on sait peu de chose encore sur le mode de lésion locale qui constitue l’irritation nerveuse externe; on n’a pas encore bien constaté ou étudié ce qui sc passe dans le nerf au moment de l’accès névralgique ou quand se développent la douleur et les symptômes caractéristiques de l’irritation nerveuse périodique externe ;le nerf particulièrement affecté a paru quelquefois gonflé , plus tendu , plus résistant à la pression , et roulant en quelque sorte sous les doigts dans les cas où il se trouve placé immédiatement sous la peau. Y a-t-il appel et congestion de fluide nerveux? Est-ce de l’accumulation et de la compression de ce fluide par le névrilème que provient la douleur? Cette douleur serait-elle au contraire le résultat d’une fluxion sanguine analogue à celle qui constitue l’inflammation? Ni l’une ni l’autre de ces hypothèses n’est assez probable, ou appuyée d’un assez grand nombre de faits pour (ju’on puisse définitivement les adopter.

M. Roche, qui a voulu trop prématurément sans doute résoudre cette question , n’y est point parvenu avec autant de bonheur que dans d’autres questions difficiles (l). Reconnaissant comme nous des irritations nerveuses externes et internes, M. Roche était-il fondé à convertir les névralgies ordinaires, continues ou intermittentes, en inflammation des nerfs sous le nom de névrites ? Nous ne le pensons pas, parce que les névralgies sont les seules irritations nerveuses externes qui aient été bien distinguées , reconnues et décrites comme telles jusqu’à ce jour ; parce que tous les médecins les plus recommandables qui se sont beaucoup occupés des maladies^du système nerveux , tels que Whit , Tissot, Chaussier, etc. , leur ont reconnu un caractère purement et essentiellement nerveux. En adoptant une opinion contraire, M. Roche est ensuite très embarrassé pour caractériser les névroses externes dont il admet l’existence ; il est

(1) Nouveaux éléments de pathologie médico-chirurgicale, S*- édU^ 1. 1.

WERVEUS^^ EXTERTfES,

obligé, dans le chapitre qin lenr est consacré, de reproduire les* mêmes symptômes qu’il avait précédemment assignés aux névrites ou névrilites. Ces symptômes, d’accord avec la majorité des recherches d’anatomie pathologique qui ont été faites jusqu’à ce juur , prouvent incontestablement que la congestion sanguine ou inflammatoire n’est point l’élément habituel et principal de la névralgie. En effet , l’invasion de celle-ci n’est pas sourde , graduelle et annoncée par quelques prodromes comme celle de l’inflammation ; elle est presque toujours, au contraire, subite, imprévue , rapide comme une étincelle électrique. La douleur de toute phlegmasie est tensive , chaude , gravative ; celle de la névrose est vive , instantanée, déchirante , accompagnée fréquemment d’un sentiment de froid local. La douleur nerveuse , loin d’être fixe et stationnaire comme l’est ordinairement la douleur inflammatoire , est extrêmement mobile; un rien l’augmente ou la fait disparaître ; elle se promène et se montre tantôt ici , tantôt là, le long du nerf affecté ; une forte compression locale ralentit ou arrête momentanément la douleur névralgique, tandis qu’elle augmente la douleur d’une phlegmasie quelconque. La névralgie n’est presque jamais accompagnée de phénomènes qui indiquent une influence sympathique sur les organes de la circulation et de la respiration , influence qui , dans l’irritation inflammatoire, est presque toujours proportionnée à l’intensité de la douleur locale. Quelle que soit cette douleur dans la névralgie , elle ne provoque pas de fièvre , ou si parfois on observe quelques phénomènes sympathiques , ils sont toujours bien moins marqués , toutes choses égales d’ailleurs , que dans l’irritation inflammatoire. Enfin , les recherches d’anatomie pathologique qui ne laissent presque jamais de doute sur la nature et le siège de cette dernière irritation , en général n’apprennent rien ou que fort peu de chose touchant les névralgies ; le plus souvent on ne découvre dans la pulpe du nerf malade ni dans son névrilème , ni dans les parties environnantes , aucune modification particulière etconstante qui puisse servir à nous rendre comptedes phénomènes observés. Nous pourrions ajouter que les moyens antiphlogistiques locaux et généraux ne sont point ceux qui réussissent ordinairement contre les névralgies; ce sont au contraire et spécialement les moyens narcotiques , calmants et révulsifs. Ce n’est point ici une opinion particulière que nous émettons , c’est celle d’un grand nombre d'écrivains et de praticiens recom-

mandables , comme de Willis , de Tissot, de Cooper, de Whit, de Desault , de Chaussier et de tous les médecins en général qui ont fait une étude plus ou moins attentive ou spéciale des nerfs et de leurs maladies.

Nous cr oyons donc que MM. Monfalcon (1) et Roche, en convertissant toutes les névralgies en inflammations , sont tombés dans l’excès opposé à celui que nous reprochions tout à l’heure aux adversaires de la doctrine physiologique. Car, il n’y a pas de milieu, ou il faut bannir de la pathologie toute affection nerveuse proprement dite , toutes les névroses en masse, ou il faut conserver à la névralgie le premier rang parmi ces dernières maladies, parce que la névralgie est, de toutes les névroses, celle qu’on connaît le mieux , celle qu’il est le plus facile d’isoler et de distinguer parfaitement de toutes les autres irritations. On ne peut pas s’autoriser de quelques faits particuliers, rares, et d’ailleurs fort peu concluants, d’anatomie pathologique, pour trancher une question aussi importante , et qui ne tendrait à rien moins qu’à établir pour tous les tissus une seule manière de souffrir et d’étre lésé , c’est-à-dire uniquement celle qui est propre aux capillaires sanguins ; tandis que les nerfs, qui jouent un rôle si grand , si distinct dans l’organisme , ont certainement une manière de souffrir qui leur est propre , et qui est tout autre que la phlegmasie. Une céphalée n’est point une encéphalite. Il y a , entre ce qu’on appelle une fluxion inflammatoire des dents et une odontalgie , entre une otite et une otalgie , une grande différence. Qu’une odontalgie s’accompagne parfois d’une fluxion sanguine , cette existence simultanée n’empêchera pas de distinguer l’un de l’autre deux états morbides de nature différente.

Nul doute que les nerfs ne puissent, à leur tour, être affectés dans leurs vaisseaux capillaires sanguins , de manière à constituer une véritable inflammation ; mais il nous semble qu’on ne devrait pas trop se presser de créer des noms pour représenter un grand nombre de phlegmasies que l’observation n’a point encore assez constatées : à quoi bon, par exemple, isoler l’inflammation du nerf ( névrite ) , de celle du névrilème ( névrilémite ou névrilite ), et de celle encore de la pulpe nerveuse ( névromyélite) (2) ? Pourquoi se fatiguer d’avance l’imagination et la

(i) Article Névralgie, dw Dictionnaire des sciences médicales.

(2j Boisseau, Médecine organique, i. iv.

NERVEUSES EXTERNES

mémoire par de subtiles distinctions et par tant de mots nouveaux ? N’est-ce pas assez de reconnaître l’inflammation d’un filet nerveux en masse , quand on ne sait rien ou presque rien sur la lésion locale qui constitue ce genre de maladie? Pour peu que ce zèle à créer de nouvelles phlegmasies aille en augmentant , n’est-il pas à craindre que les médecins physiologistes ne tombent dans le défaut qu’ils ont signalé chez leurs adversaires , et qu’ils ne fassent eux-mêmes de l’ontologie au profit de l’inflammation? Il est incontestable que les nerfs puissent être lésés dans leurs vaisseaux sanguins, tout commet les vaisseaux sanguins peuvent à leur tour être lésés dans les nerfs qui leur sont propres ; mais l'inflammation n’est-elle point aussi rare pour les nerfs que la névralgie pour les vaisseaux sanguins? Et, s’il en était ainsi, faudrait-il s’étonner que la névrite fut si peu connue ?

Dans certains cas de névralgie dont l’intensité et la durée avaient été très grandes , l’autopsie a fait voir des traces manifestes de congestion sanguine autour du névrilème ; celui-ci a même paru quelquefois plus dense, plus coloré que dans Eétat normal. Mais c’est presque toujours à la suite de la sciatique continue ou de la névralgie du nerf fémoro-poplité , qu’on a découvert ces altérations locales ; sans doute parce que son névrilème, étant naturellement plus épais et entouré d’une quantité considérable de tissu cellulaire et de vaisseaux sanguins , est plus disposé à l’afflux du sang par suite de l’irritation nerveuse. Ce qui semble le prouver , c’est que dans les névralgies delà tête , les plus fréquentes de toutes les irritations nerveuses externes, on n’a jamais rencontré ces altérations locales, sans doute parce que leur névrihème est plus mince et mieux dessiné, mieux isolé entre toutes les autres parties. D’ailleurs , quand at-on trouvé les altérations dont il s’agit le long du nerf fémoropoplité? n’est-ce pas uniquement quand la sciatique a été trè.s intense et très prolongée? On conçoit dès lors que la congestion sanguine soit bien plus rare encore et n’ait presque jamais le temps de s’établir dans les névralgies intermittentes ; parce que l’irritation , revenant par accès à des intervalles plus ou moins éloignés , ne dure pas assez long-temps chaque fois pour que la congestion sanguine se manifeste , et le plus souvent tout rentre dans l’ordre avant qu’elle ait eu le temps de s’établir.

^ Cependant , si Ton en juge par quelques cas où les nerfs se trouvent placés assez superficiellement pour qu’on puisse à peu près reconnaître ce qui se passe là où se fait sentir la douleur périodique, il n’est point rare , quand celle-ci se répète un grand nombre de fois avec une intensité croissante, de voir paraître à chaque accès une congestion sanguine locale; mais cette congestion est légère et nullement en rapport avec l’intensité de la douleur. Cela prouve seulement , comme nous l’avons déjà observé pour les phlegmasies intermittentes externes , que l’irritation , quelle que soit sa nature , constitue un état morbide complexe , auquel prennent une certaine part tous les tissus élémentaires qui entrent dans la composition de l’organe affecté ; cela prouve enfin que l’irritation intermittente nerveuse peut se compliquer de symptômes inflammatoires. Nul doute même que la névralgie périodique ne puisse se transformer en inflammation et en subinflammation , tout comme celles-ci peuvent dégénérer eu affection nerveuse chez des individus très irritables , et dans certains cas où les éléments sanguin et lymphatique s’épuisent rapidement par une émission abondante et prolongée de fluides quelconques, sanguin , séreux ou séro-albumineux.

Les irritations intermittentes nerveuses se manifestent aussi souvent, et peut-être même plus souvent, à l’extérieur du corps que dans les viscères , sans doute parce que ceux-ci ne sont pas pourvus de cette grande quantité de cordons et de filets nerveux qu’on observe partout à la surface du corps , où ils sont en outre beaucoup plus exposés à l’action des causes occasionnelles. Les névralgies sont les plus fréquentes des irritations intermittentes externes après les inflammatoires, si toutefois elles n’égalent pas le nombre de celles-ci. On les observe spécialement dans les endroits du corps qui sont les plus voisins du cerveau , et où se distribue un grand nombre de filets nerveux très remarquables et très distincts les uns des autres , comme sur le front , les tempes, les régions maxillaires de la face , où se distribuent les trois branches de terminaison du nerf trijumeau. De là les noms de névralgies intermittentes sus -maxillaire et sous-maxillaire , susorbitaire ou surcilière , temporale , hémicrânique et frontale. D’autres noms indiquent pareillement le siège de plusieurs autres névralgies périodiques , comme ceux de cervico-mh- occipitale y occipito-temporale y scapulo-humérale y il éo-s crotale y lombaire y fémoro-poplitèe ou sciatique. On a appelé odontalgie y otalgicy

NffRVBÜStS EXTERN1ES. 2o5

celles qui affectent spécialement les filets nerveux dentaires et la corde du tympan.

La névralgie intermittente n’attaque point à la fois plusieurs nerfs différents et plus ou moins éloignés les uns des autres ; elle se borne presque toujours à un seul nerf, et ne se montre chaque fois que dans un seul côté du corps. C’est ordinairement le côté droit quelle choisit de préférence. Cependant le côté gauche n’en est point exempt ; elle passe également de l’un à l’autre côté du tronc ou des membres ; cela peut arriver plusieurs fois et alternativement.

La durée d’un accès névralgique n’est point exactement limitée ; mais elle est en général plus courte que celle des accès inflammatoires. C’est entre quelques minutes et quelques heures qu’on l’observe le plus ordinairement. Elle ne se soutient guère au-delà de trois ou quatre heures ; il est extrêmement rare qu’elle se prolonge jusqu’à dix , douze et même dix-huit heures, comme dans l’observation sous le n® 119. Les accès névralgiques sont en général d’autant plus courts que la douleur qui les constitue est plus vive, plus déchirante, et que le système sanguin prend moins de part à la surexcitation du nerf malade.

Il n’y a rien de bien fixe pour les époques du jour et de la nuit où se déclarent les irritations périodiques nerveuses externes ; cependant les heures de la journée qu’ elles paraissent choisir de préférence se rencontrent le plus souvent dans la matinée , c’està-dire depuis cinq à six heures du matin jusqu’à midi. Ce sont principalement celles qui ont leur siège à la tête et dans les subdivisions du nerf trijumeau qui choisissent les heures dont il s’agit. Les névralgies lombaires et celles des membres inférieurs se montrent au contraire le plus souvent dans l’après-midi ; il en est de même de celles qui tiennent à quelque dérangement des fonctions digestives , ou seulement à l’activité de ces fonctions , comme dans les observations sous les n^s 113 et 122, où les névralgies intermittentes se manifestent régulièrement après chaque repas.

Les névralgies intermittentes attaquent tous les âges*, tous les sexes , toutes les constitutions. Mais il y a quelques unes de ces irritations , comme la sciatique , par exemple , qui ne commencent guère à se manifester que dans un âge mûr , et qui sont particulières aux personnes plus ou moins avancées en âge. On a dit que les femmes étaient plus sujettes aux névralgies externes que les hommes: les faits semblent prouver le contraire. li est même

certain que plusieurs névralgies périodiques n’ont encore été observées que chez l’homme, telles sont la scapulo humérale, la thoracique , l’iléo-scrotale, la crurale, etc. N’est-il pas d’ailleurs facile à concevoir que la plupart de cos nerfs étant chez les femmes abrités des impressions irr itantes par une plus grande quantité de tissu cellulaire et de graisse , puissent être moins sujets aux affections dont il s’agit?

Causes. Les causes des irritations intermittentes nerveuses qui se développent à la surface du corps sont souvent ignorées, ou du moins il n’est pas rare que les malades ne sachent point à quoi en attribuer l’origine , et qu’ils ne nous apprennent rien ou presque rien à cet égard. Tout ce qu’on sait c’est qu’un tempérament nerveux, une constitution délicate et très irritable, des affections morales vives, etc., favorisent le développement de ces irritations. Elles sont fréquemment occasionnées par des impressions de froid, par certaines variations brus(|ues et péi iodiques dans la température et la constitution atmosphérique; elles peuvent aussi tenir à l’exercice de quelques professions qu’exigent certaines positions forcées du corps^ certains mouvements pénibles et plus ou moins répétés; il n’est pas rare, par exemple, que les compositeurs d’imprimerie ne soient sujets à des tics douloureux des muscles de la face. M.Chomela reconnu t( ute l’influence du miétierde tisserand chez un homme atteint d’une vive douleur à la région cervicale postérieure qui revenait par accès avec une rigidité tétanique des muscles de celte région, et cette rigidité était remplacée par une agitation coinulsive qui portait la tête dans le sens de la flexion et de l’extersion de la manière la plus rapide et la plus fatigante (1). Les névralgies périodiques externes peuvent encore être provoquées syn path quement par la lésion des vLcères et en particulier des organes digestifs, comme dans les observations sous les 116, 122 et 130. Enfin ces affections peuvent .provenir de causes internes et externes très variables, et parfois très légères suivant la susceptibilité et la prédisposition des individus.

Symptômes. — Les symptômes des névralgies intermittentes sont assez difficiles à caractériser, puisqu’il n y a souvent rien à l’extérieur du corps qui indique matériellement leur existence, surtout lorsqu’il n’y a que peu de temps qu’elles se sont mani-

(1) La cVniquQ des hôpitaxkx de Paris, t. ir, 1827.

^ERVEUSES EXTERNES.

festées. Le médecin n’a guère pour reconnaître la maladie dont il s’agit que le rapport du malade, et la sensation aiguë, vive, déchirante, qu’il éprouve sur une partie correspondante à un nerf presque toujours superficiel et connu. Cette douleur, après quelques minutes, quelques heures, disparaît pendant un certain temps et revient à des époques déterminées. Elle suit ordinairement le trajet du nerf, et y développe parfois un peu de rougeur et de gonflement quand les capillaires sanguins et les vaisseaux blancs, partout entrelacés avec les nerfs, prennent part à leur irritation j ces congestions inflammatoires ou subinflammaloires ne se manifestent guère d’une manière bien sensible que dans les irritations nerveuses des membres et qu’après un certain nombre d’accès très violents et très prolongés. C’est tantôt sur le lieu même de la douleur, tanlôt à quel(|ue distance de là que ces congestions se développent. La névralgie périodique présente aussi quelquefois, dès son début, une sensation de chaleur, plus souvent celle d’un froid assez sensible , et une espèce d’engourdissement dans la partie affectée; de là les noms de fièvre locale^ de pyrexie limitée, que lui donnent quelques médecins. A ces symptômes il faut ajouter une sorte d’agitation et de spasme, parfois des contractions involontaires dans les muscles auxquels se distribue le nerf malade. Pendant les accès névralgiques externes, l’appétit est ordinairement nul, et le trouble des fonctions digestives plus ou moins sensible ; cependant lorsque les douleurs qui constituent ces accès ne sont pas très vives et très intenses, les malades conservent parfois leur appétit, comme on le voit dans l'observation sous le n® 12 3. Le plus ordinairement les fonctions digestives sont languissantes, si elles ne sont tout-à-fait incapables de s’exercer pendant toute la durée des accès névralgiques; mais en général elles ne tardent pas à rentrer dans leur état normal aussitôt que la douleur et l’irritation nerveuse ont disparu.

Quoiqu’elle constitue presque toujours une affection purement locale, cependant il peut arriver que la névralgie périodique externe soit précédée ou accompagnée de malaise général, de lassitudes, de frisson, de dégoût, de vomissements, en un mot de phénomènes sympathiques fébriles et gastriques assez marqués. Cette circonstance a servi de prétexte à quelques médecins pour convertir toute irritation nerveuse qui revient par accès, en fièvre larvée, et pour en rechercher constamment la cause

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priQcipale dans le mauvais état des premières* voies ! Nous ne rappelons cette opinion exclusive que pour en prendre ce qu’il a de vrai, c’est-à-dire pour reconnaître que l’estomac souffre très souvent d’une manière sympathique dans les névralgies intermittentes externes J mais il est assez rare que cet organe soit affecté primitivement et devienne l’unique ou principal agent provocateur de ces irritations.

Quant à l’intermittence des névralgies périodiques externes ou à la circonstance de leur disparition et de leur retour par accès, elle est presque toujours bien tranchée j c’est-à-dire que l’intervalle de temps qui sépare les accès névralgiques est presque constamment marqué par l’absence de toute espèce de douleur et par une santé parfaite. Les types d’intermittence que peuvent offrir les névralgies externes sont à la fois très multipliés et sujets à beaucoup de variations. Parmi les faits que nous avons recueillis nous trouvons les types quotidien, bi-quotidien, tierce, double tierce , quarte, octane, quindécimane, mensuel, trimensuelet annuel. Les névralgies peuventencore présenter un double type d’intermittence , savoir : un type dont les accès sont plus ou moins rapprochés , comme le type quoditien , tierce ou quarte ; puis un type à accès beaucoup plus éloignés les uns des autres , comme de vingt jours , d’un mois , de six mois , d’un an et plus ; comme dans les observations sous les n^^s 121 et 138. Les névralgies périodiques peuvent aussi changer le type d’intermittence et en présenter successivement plusieurs différents; elles peuvent passer du type intermittent au type rémittent , et vice versa. Les faits rapportés sous les n^s 118, 121 , 127, 137 , 138 et 139 offrent des variétés de ce genre.

Le pronostic des névralgies périodiques externes n’est point en général fâcheux. Leur gravité est relative à l’âge , au climat , au degré de susceptibilité ou d’irritabilité des malades , et par suite à l’ébranlement sympathique plus ou moins prononcé qui en résulte dans les viscères , surtout du côté du cerveau et de la moelle épinière. Une névralgie intermittente frontale , temporale , occipitale , etc. , n’est grave que dans les cas où elle est accompagnée de symptômes cérébraux assez intenses pour faire craindre que , dans un nouvel accès , l’irritation ne se porte entièrement sur quelques points du cerveau ou de ses membranes. Les chances d’une prompte guérison sont en raison inverse du nombre et de l’intensité des accès névralgiques.

NERVEUSES EXTERNES

La terminaison des névralgies périodiques a lieu assez ordinairement sans qu’on observe de phénomènes critiques bien sensibles. Quelquefois cependant il y a des sueurs partielles ou générales; les urines sont plus ou moins abondantes , et déposent un sédiment briqueté. Après les accès névralgiques , les malades restent souvent un peu faibles , abattus , enclins au sommeil , auquel ils manquent rarement de se livrer , sans doute à cause du besoin qu’éprouve l’économie de reprendre le calme fonctionnel de la santé et de réparer des forces épuisées par la douleur. C’est une chose surprenante , mais indubitable , que cet épuisement considérable des forces qui est la suite d’une simple douleur nerveuse, toutes les fois que cette douleur est très vive et un peu prolongée ; cet épuisement sans perte de substance peut aller même quelquefois, et assez rapidement, jusqu’à la prostration la plus grande et à l’adynamie la plus complète , suivant la disposition et l’irritabilité des malades.

Traitement. — La première idée qui se présente quand on est appelé auprès d’un malade atteint d’une névralgie intermittente très intense , c’est de lui procurer un prompt soulagement , c’est de calmer l’accès actuel par les potions antispasmodiques et narcotiques les plus efficaces. Il est rare qu’on emploie ces moyens à l’extérieur , parce que leur action parvient difficilement jusqu’au nerf malade ; cependant on a recours quelquefois aux fomentations avec une décoction de feuilles de morelle , de jusquiame, à diverses applications opiacées et camphrées. Quand il n’y a pas contre-indication, la voie d’administration la plus prompte et la plus efficace est toujours celle de l’estomac : c’est ordinairement dans quelques infusions de fleurs calmantes d’oranger, de tilleul^ de coquelicot, etc. , qu’on fait entrer l’éther, l’opium, les extraits de valériane , de jusquiame. M. Blaud (1), qui a traité un grand nombre de névralgies intermittentes , régulières et irrégulières , a observé que les premières cèdent facilement à l’emploi seul du ciiiinquina ou du sulfate de quinine, tandis que les secondes ou les névralgies de type irrégulier , résistent presque toujours à ce moyen. Il a employé avec succès contre celles-ci un mélange de deux grains d’extrait de jusquiame et de valériane et d’un grain d’oxide de zinc , donné toutes les deux heures dans un liquide approprié. Les pilules de Méglin qui ont été souvent administrées

(1) Bibliothèque médicale, t. ii, 1828.

avec succès contre les névralgies de la tête , sont un composé tout-à-fait semblable au mélange dont nous venons de parler. MM. Récamier et Martinet ont employé avec succès l’essence de térébenthine contre les affections dont il s’agit.

La plupart des moyens externes dirigés contre les névralgies périodiques sont pris dans la classe des révulsifs et des irritants cutanés ; assez ordinairement on les applique sur le lieu même de Ja douleur, comme les frictions avec un liniment ammoniacal camphré , avec la teinture de cantharides ou le baume de Fioraventi ; puis les emplâtres de savon noir , les oreillons , les vésicatoires volants , l’acupuncture et même la cautérisation dans certains cas graves où l’on pourrait craindre que l’irritation externe ne se portât sur la moelle épinière ou sur le cerveau. C’est ainsi que, chez le tisserand dont nous avons parlé , M. Chomel obtint une prompte guérison par une double cautérisation pratiquée de chaque côté du ligament cervical postérieur. De nombreux succès résultent aussi de l’application des sangsues et des ventouses scarifiées sur le trajet du nerf douloureux , quelquefois sur un autre point , et surtout à l’anus , à la vulve , quand on a pour but de rappeler les écoulements hémorroïdal et menstruel. 11 ne faut jamais négliger l’emploi des moyens antiphlogistiques dans tous les cas où la névralgie se complique de quelques symptômes inflammatoires ; car ces moyens peuvent alors suffire à la guérison des malades , comme dans l’exemple rapporté sous le n® 121. Au reste , l’efficacité des sangsues et des ventouses scarifiées est facile à concevoir dans les cas dont il s’agit, parce que ces moyens agissent à la fois comme antiphlogistiques et comme révulsifs.

11 ne faut jamais perdre de vue que le succès des moyens employés contre les névralgies intermittentes externes, comme pour toutes les autres maladies, dépend toujours beaucoup de leur choix approprié à tel ou tel cas, et de certaines modifications apportées dans leur application, suivant les circonstances. 11 faut bien convenir aussi qu’on attribue parfois à l’efficacité de ces moyens ce qui n’est que le résultat de la marche ou du type ainsi réglé de la maladie elle-même.llya des cas où, sans qu’on eût rien fait, l’accès névralgique se serait également terminé, et où sa récidive eût été prévenue à l’époque où on l’attendait , comme le prouve la névralgie surcilière quarte sous len® 13. Si l’on avait retardé d’un accès à employer l’acupuncture , et que son effet eût été ce

NERVEUSES EXTERNES

qu’il fut la première fois qu’on employa ce moyen , on n’aurait pas manqué de lui attribuer exclusivement la guérison du malade. Ce fait prouve qu’on ne saurait être trop circonspect quand il s’agit de décider si c’est à l’emploi des moyens thérapeutiques ou seulement à la nature que doit être attribuée la cessation brusque d’une affection nerveuse quelconque. Chez le malade dont il s’agit, l’acupuncture soulagea beaucoup la première fois qu’on l’employa; la seconde fois au contraire ce moyen ne fit qu’exaspérer les douleurs , et pourtant le nouvel accès névralgique qu’on attendait ne reparut point, parce que, d’après l’hist >ire de la maladie, la dernière récidive datait de dix-huit ou vingt jours, et qu’à toutes les récidives antérieures la névralgie avait également cessé de revenir dès la même époque , parce quelle présentait un double type d’intermittence auquel on ne fit point attention.

En général les moyens calmants , révulsifs ou autres , employés durant les accès névralgiques, ne font guère que modérer ou abréger les douleurs actuelles, mais ils n’empêchent point leur retour ; pour le prévenir, c’est toujours le quinquina ou le jsulfate de quinine qui a été reconnu le moyen le plus efficace et le plus sûr dans tous les cas. M. Arloing a employé avec succès! le vin dit de Séguin, qui est un vin de quinquina. (3n a également employé avec avantage , comme moyen prophylactique, la potion stibio-opiacée de Peysson : les observations sous les nos II.3, 114 , 125 et 126 nous en offrent des exemples. On a aussi quelquefois obtenu la guérison des névralgies périodiques externes par l’administration du sulfate de fer, comme dans l’observation sous le n® 123. Presque toujours on emploie les moyens dont il s’agit sans crainte d’irriter l’estomac, qui, dans l’intervalle des accès névralgiques , se trouve dans le meilleur état possible ; quelquefois cependant, eu égard à quelques symptômes d’embarras gastriques , des praticiens ont jugé convenable , comme dans les observations sous les nos II6 et 130, d’administrer des évacuants avant d’en venir au quinquina ; mais pour peu que l’irritabilité générale et surtout gastrique soit développée , ces moyens sont plutôt nuisibles qu’utiles, comme on le voit dans le fait rapporté sous le n® 121.

L’usage des remèdes antipériodiques ou prophylactiques , quelque empirique qu’il soit, n’en est pas moins très efficace; l’expérience a constaté leur singulière propriété de prévenir le

retour des accès névralgiques comme ceux des autres ^pèces d’irritations intermittentes. Mais pour obtenir cet heureux ré** sultat, il faut toujours les employer à une époque qui ne soit pas trop éloignée de celle du prochain accès , et de manière que la dernière dose soit prise deux ou trois heures avant le* retour présumé de cet accès. 11 est un autre précepte également fondé sur l’expérience qui en a souvent constaté les heureux effets ^ c’est celui d’associer l’opium au quinquina dans le traitement des névralgies périodiques : par cette union l’on est parvenu à en guérir bon nombre qui avaient résisté à l’un et à l’autre de ces moyens pris séparément, comme dans les observations sous les nos 137 et 140. Dans certains cas de névralgie avec dyspepsie très marquée , comme dans l’exemple rapporté sous le 122, il est avantageux d’associer l’oxide de bismuth au sulfate de quinine ; il s’agit dans ce cas d’une névralgie sous-maxillaire quotidienne qui avait résisté à l’emploi du sulfate de quinine et qui céda à la combinaison de seize grains d’oxide de bismuth sur huit grains de quinine , donnés dans un liquide approprié et en plusieurs doses durant l’intermission. Enfin, si l’état de l’estomac contre-indiquait l’ingestion des médicaments dont il s’agit j oit

Si on avait affaire à des malades dont on ne pût vaincre ia répugnance , on pourrait les administrer en lavements, en frictions à la surface de la peau , et mieux encore sur quelques points dépouillés de son épiderme, ou selon la méthode endermique : nous rapportons un succès de ce genre dans l’observation sous le n» 120 ; nous donnerons plus tard quelques détails sur les avantages et les inconvénients de cette méthode. Enfin, il y a des exemples de douleurs périodiques externes qui ont résisté à tous les moyens antiphlogistiques et anodins, et contre lesquels l’administration méthodique du quinquina n’a produit aucun effet avantageux; M. Brachet , de Lyon, sous le n® 129, nous en offre un exemple remarquable chez une jeune personne nerveuse. Ce praticien soupçonnant que, chez sa malade, l’accès nerveux était invinciblement ramené par l’appréhension qu’elle avait de ses douleurs lombaires , imagina d’occuper vivement son moral pendant tout le temps de l’accès , en fixant son attention sur un sujet gai , agréable et très satisfaisant pour elle ; ce moyen ayant prévenu un premier accès, on le continua les jours suivants, et la guérison fut complète. C’est ainsi qu’en pareil cas, et chez des personnes éminemment nerveuses, l’on peut employer

NERVEUSES EXTERNES

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avec succès l’électricité et le magnétisme. M. Deleuze préconise surtout ce dernier moyen dans la plupart des irritations nerveuses périodiques , rémittentes ou intermittentes.

OBSERVATIONS QUI PROUVENT l’EXISTENCE DES IRRITATIONS INTERMITTENTES NERVEUSES EXTERNES.

’ Névralgie sous-maxillaire hi-qiiotidienne.

No 113. Le soir du 28 août, M. G.-B.,âgéde cinquante-quatre ans, d’un tempérament bilioso-n€rveux,me consulta pour une douleur des plus violentes qu’il éprouvaitdepuisplusde troisans dans le côté droit du menton, laquelle paraissait partir du trou mentonier, et se renouvelait tous les jours périodiquement une heure ou une heure et demie après ses deux repas, mais surtout après le dîner. Cette douleur s’étendait aux lèvres , aux dents , à toute la mâchoire, à la langue, à l’oreille du même côté , et sa violence était telle qu’elle obligeait le malade à faire des gestes si extraordinaires , effets des spasmes et tremblements convulsifs des muscles de la face, que les personnes qui se trouvaient auprès de lui croyaient qu’il allait tomber atteint d’une véritable attaque d’épilepsie; mais jamais il ne perdit entièrement connaissance et [ne se laissa tomber à terre, malgré l’extrême intensité de quelques accès et leur durée , qui était quelquefois de plusieurs minutes.

Déjà cet infortuné avait fait usage contre celte terrible maladie de tous les remèdes regardés comme les plus efficaces par les auteurs dans les cas semblables , sans oublier les exutoires. Quant à moi, .je commençai naç

üfdôtinéf ràppiication de huit sangsues sur le lieu même d’où parlaiC la douleur; elles saignèrent beaucoup et parurent soulager assez le malade pendant deux jours ; mais aux troisième et quatrième, l’accès reparut avec violence , et aux cinquième , sixième et septième, il fut tout aussi fort qu’auparavant. Huit jours après l’application des sangsues , je commençai à faire usage de la potion stibio-opiacée ; chaque malin, pendant cinq jours, le malade en prit six cuillerées. L’accès commença à diminuer de durée et d’intensité dés le second jour de l’emploi de ce médicament, et il manqua totalement le sixième ; le malade n’en ayant point pris ce jour-là , l’accès reparut encore le lendemain , mais avec peu de violence ; il alla successivement en augmentant le huitième et le neuvième jour, où le malade étant revenu me voir, je lui fis reprendre l’usage de Ta potion de la même manière qu’auparavant pendant six jours ; on la continua encore les douze jours suivants en dose décroissante , et la névralgie n’a pas récidivé. Le malade conserve seulement du côté qui a été affecté une certaine sensibilité qui augmente un peu par l’action du chaud, du froid, ou de quelque autre impression forte. (Hurlado , Annales de la méd. phys. , 1824.)

Névralgie fémoro-poplitée bi-quotidienne.

No 114. Le capitaine d’infanterie, don Jérome Iluerta , âgé de quarante-neuf ans, d’un tempérament bilieux, éprouvait depuis plus d’un an une douleur insupportable depuis l’échancrure sciatique jusqu’au pli du jarret , s’étendant sur la fesse et la partie postérieure de la cuisse gauche. Cette douleur, accompagnée de claudication et d’atrophie de la cuisse , paraissait le matin de dix heures à midi , et principalement le soir de cinq à dix heures.

On avait employé pour la guérir tous les stimulants tant internes qu’externes que possède l’art contre le rhumatisme chronique, maladie à laquelle

on croyait avoir affaire. La douleur cédait seulement pour le moment à ces stimulants , comme elle cédait egalement à l’action de l’opium et à celle d’un vésicatoire ou autre vésicant de la peau placé sur le trajet du nerf fémoral.

Cependant le malade, convaincu du court effet de certains remèdes et de la complète insuffisance des autres, ti’en voulut plus employer, se contentant seulement de prendre de l’opium quand la douleur le tourmentait Malgré sa résolution, lui ayant assuré que sa maladie n'était pas un rhumatisme comme on le croyait, et qu’on pouvait la guérir au moyen d’un remède fort simple et très facile à prendre, je le décidai à faire usage de la potion slibio-opiacée. 11 commença par une cuillerée, sept quarts d’heure après une seconde, la troisième à une heure et demie de celle-ci , et successivement en diminuant l'inlei valle de ctiaque cuillerée de quinze minutes , jusqu’à ce qu’il n’y eût plus entre elles qu’une demi-heure. Il en prenait ainsi jusqu’au moment de l’accès.

Au troisième jour de l’usage de ce remède, accompagné d’un régime adoucissant, je remarquai déjà quelque retard dans l’apparition du paroxysme et line diminution dans sa force et sa durée; l’amélioration fut bien plus grande encore au huitième jour, et la cure fut complète au onzième. Depuis lors le malade , pendant quinze jours, continue à prendre une cuillerée et demie de la potion trois fois dans les vingi-qudre heures, et toujours aux époques correspondantes aux inter\alles des paroxysmes. Depuis mai 1822, où ilcessa de laire usage de ce remede , jusqu en août 1823, où j’ai rédigé celte observation , le malade n a pas éprouvé la moindre incommodité. ( Id. ibid.)

Céphalalgie intermitlente quotidienne. (Febris larvala de Morton, fièvre pernicieuse de M. Alibert.)

N°115 Durant l’année 1 690 , ayant été saisi par le froid , je fus bientôt attaqué pendant quatre jours d une chaleur extraordinaire de la face, qui revenait périodiquement, et qui était suivie d’une hémicrânie cruelle; cette douleur occu|)ail le côté gauche de la tôle, et commençait tous les jours à huit heures du malin , et durait jusqu’à cinq heures du soir : je me portais bien d’ailleurs ; j’avais bon appétit, et je me livrais à mes occupations ordinaires.

Sachant que celte maladie avait été souvent très opiniâtre, et même rebelle à un grand nombre de moyens employés contre elle , tels que les saignées, les vésicatoires, les ventouses, les errhins,les masticatoires , les cathartiques, les émétiques, etc., et soupçonnant qu’elle était due à une fièvre intermittenle cachéo , car \e ne Ivovwni sur moi aucun indice de fièvre, je me fis d’abord pratiquer une saignée de douze onces au bras gauche, et je pris ensuite une once de quinquina en deux jours. Je n’avais pris encore que cinq gros de ce médicament, lor>qu’il me survint le lendemain une nouvelle attaque d’hémicrânie, mais beaucoup plus supportable; elle revint exactement à la même heure qu’anparavant.

Le jour suivant je fus entièrement délivré de ma douleur. Elle ne reparut qu’au bout de trois semaines: je l'attaquai, et la dissipai de nouveau par l’usage d’une demi-once de quinquina. Deux semaines après je pris encore de celle écorce comme moyen prophylactique, et je n’ai plus rien ressenti. ( Morton , opéra omnia, obs. 27. )

Ce célèbre praticien ajoute à la fin de son observation , qu’il a traité et guéri de la même manière une hémicrânie tout-à-fait semblable chez une dame.

NERVEUSES EXTERNES

Autre céphalalgie avec le meme type, (^Febris larvata.)

No 116. Une fille , Agée de trente-quatre ans, ayant éprouvé pendant vingt jours une [)erte d’appétit très marquée et des frissons qui allernaietil avec des mouvements de chaleur, se fil saigner sans demander conseil. Elle se trouva plus mal. Il lui survint une douleur de lêtequi,depuismidi jusque bien avant dans la nuit , augmentait considérablement , avec des frissons et une chaleur très incommode dans la soirée. Elle avait des envies de vomir, de l’amertume dans la bouche, des rapports amers. La malade ayant pris de l’émétique , vomit beaucoup de matières bilieuses , et eut quelques selles. Le jour suivant, après midi, la douleur vers les tempes et le sommet de la tête reparut avec des frissons et une sueur froide générale. Celte céphalalgie qui, dans les premiers jours, avait biit souffrir cruellement la malade , devint |ilus courte et moins forte ; elle céda bientôt à l’administration du quinquina. {8UA\, Médecine pratique , mai 1776.)

Autre céphalalgie quotidienne.

No 117 Théonie Paul..., âgée de dix ans , bien constituée , jouissant habituellement d’une bonne santé , se plaint, le 10 avril, sur les huit heures du matin , d’un grand mal d^ tête qui occupe i’arcade surciliére et la tempe du côté droi t. L I douleur conlis ue jusqu’à trois heures du soir et disparaît totalement. Le lendemain, retour de la cépualalgie et sa disparition aux memes heures. Les jours suivants la conjonctive devint rouge, et il y eut larmoiement peridanl la durée de l’accé'. Appelé le 17 , je trouvai la malade dans son accès , qui ce jour-là et la veille seulement avait débuté [)ar un peu de fr(dd dans le dos. Elle avait de la chaleur à la peau, et le pouls était fébrile. La langue était belle, et l’enfant mangeait avec appétit quand elle ne souffrait plus. Je prescrivis cinq onces de vin de Séguin, d’une cuillerée et demie chaque, à prendre d’heure en heure entre les accès. Le 1 8 , la malade n’éprouve point de froid ; la céphalalgie est moins forte; il n’y a ni rougeur à l’œil, ni larmoiement. Quatre prises de vin de Séguin. Le 19, l’accé-s manque; le vin est continué. ( Arluing , Journal ÿénéra^ de médecine, t. lviii.)

Névralgie rémittente et intermittente quotidienne.

No 118. Mademoiselle . âgée de vingt ans, d’une forte constitution,

d’une santé ordinairement bonne , fut prise, au mois de janvier 1834, d’une manière soudaine, d’une violente céphalalgie accompagnée de chaleur au front, de pesanteur à la tête , de rougeur au visage ; la peau était chaude , le pouls plein, dur, très régulier. Ces symptômes cérébraux n’avaient pas alors d’intermittence bien prononcée, mais sifnplement des rémissions; les exacerbations étaient parfois intolérables, et ne co’incidaient aucunement avec le trouble de la fonction menstruelle. Pendant les quinze premiers jours on s’en tint à une médecine simplement ex[)eclante qui n’apporta aucun soulagement. Alors trois sangsues sont appliquées sur le trajet de la saphène interne, au niveau des malléoles. A mesure que les sangsues s’emplissaient et que leurs piqûres donnaient du sang, les symptômes de congestion cérébrale disparaissaient. Ils se dissipèrent aussitôt complètement, et la malade jouit alors d’une parfaite santé.

Après un mois de calme et de santé parfaite , la tête devint de nouveau le siège de douleurs très violentes; mais celte fois elles parurent différer des premières. Elles n’envahissaient pas la totalité de la tête, et ne partaient pas constamment du même point. Tantôt elles se faisaient sentir sur l’une des tempes seulement, tantôt sur les deux à la fois. Dans quelques circonstances, elles se fixaient sur le sommet de la tête , le long de la suture sagittale ; dans

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d’autres, elles occupaient toute la région occipitale; quelquefois elles naissaient de l’oreille ou d’une des mâchoires inférieures, et s’irradiaient de là à toute la voûte crânienne. Du reste, ces douleurs étaient atroces, intolérables La malade sentait sa tête se fendre ou se déchirer par un tiraillement horrible. Ces douleurs étaient soulagées par une forte et longue pression des mains, ou par un chatouillement exercé doucement avec la pulpe des doigts sur toute la périphérie du cuir chevelu. Ces douleurs névralgiques , milles ou à peine sensibles pendant la journée, revenaient régulièrement tous les soirs vers les dix ou onze heures. D’abord légères, elles s’aggravaient peu à peu et arrivaient promptement à leur plus haute intensité. Les accès duraient quelquefois deux ou trois heures, entremêlés de quelques instants de calme et ' d’un sommeil agité ; d’autres fois ils’se prolongeaient toute ta nuit sans interruption. Pendant les plus fortes douleurs le pouls était petit, faible, fréquent, irrégulier et intermittent. En même temps le cou était saisi par une contraction très pénible, et tous les membres par des agitations, des contractions spasmodiques. Pendant la durée des accès, la température de la tête n’était pas sensiblement augmentée, le visage n’était pas rouge, et rien n’annonçait de congestion du cerveau.

Pendant un mois on se borna à une médication expectante qui, loin d’améliorer l’état de la malade, ne fit que l’exaspérer. Une époque menstruelle avait eu lieu sans modifier en rien les symptômes de la tête. Alors on commença l’administration du sulfate de quinine, mais à la dose de six grains par jour. Cette médication continuée pendant quinze jours n’eut d’autre effet que de retarder l’heure du paroxysme et d’en abréger la durée. Quinze jours s’écoulèrent encore sans amélioration, et une évacuation menstruelle eut lieu sans influence favorable. Les accès névralgiques furent cependant un peu calmés par des applications narcotiques qui permettaient à la malade de jouir de quelques instants de repos.

Un soir, l’accès ayant commencé avant 1 heure, les symptômes se prolongèrent toute la nuit sans interruption et avec une violence extraordinaire que rien ne put diminuer. Une saignée pratiquée sur-le-champ produisit une légère détente ; mais le lendemain et les jours suivants la douleur n’en revint pas moins comme à l’ordinaire. Ce fut alors qu’on commença l’administration du sulfate de quinine à haute dose. Seize grains de ce sel furent pris dans la journée, et dès le soir même l’accès retarda de deux heures et ne dura que deux heures. Le lendemain, même dose; l’accès fut à peine sensible, et ne reparut pas le troisième jour. Dés ce moment la névralgie s’est complètement dissipée; le sulfate de quinine fut néanmoins continué pendant les quatre jours suivants à la même dose et delà même manière. (M. Gué., Bulletin médical de Bordeaux.)

Céphalalgie , type quotidien.

No 119. J’ai vu, en juillet 1806, une femme de Beténe, âgé de quarantehuit ans , atteinte d’une douleur de tête , dont le retour périodique arrachait chaque jour , pendant dix-huit heures , des cris perçants, sans aucune fréquence fébrile dans le pouls ; un vésicatoire placé à la nuque, vers le déclin d’un accès , n’eut qu’un succès apparent.

La douleur reparaissant le lendemain aussi insupportable que le jour précédent , le mari de la malade vint me demander quelque moyen de soulagement; je conseillai , en attendant que la fin du paroxysme me permît d’administrer le quinquina, un grain d’opium trituré avec dix grains de café torréfié, dans quatre cuillerées d eau sucrée, à prendre de demi-heure en demi-heure. Ce moyen ayant sensiblement calmé les douleurs, fut répété les deux jours suivants avec un succès qui m’a dispensé de recourir à l'écorce

NERVEUSES EXTERNES

fébrifuge. La malade a éprouvé la vertu calmante de l’op'um, sans ressentir ses effets narcotiques. (Labonnardiére, Journal général de médecine,

t. XXXI V.)

Névralgie sus-orhitaire quotidienne.

N. 120. Le nommé Chevignac, âgé de vingt-trois ans, fut atteint d'une hémicrânie , tandis qu’il était convalescent d’une gastro-entérite. Pendant dix jours, elle se fit sentir depuis cinq heures du matin jusqu’à midi. Des douleurs lancinantes et de violents battements se développèrent au-dessus de l’œil droit. Il est à noter que cette maladie se manifesta au printemps, et que , depuis environ six ans , le malade éprouvait à la même époque un peu de surdité à droite, et que les paroles retentissaient alors douloureusement dans ses oreilles. Lorsque l’hémicrânie se fil sentir, l’état du canal digestif ne parut pas assez satisfaisant pour administrer le sulfate de quinine à l’intérieur ; U n vésicatoire fut appliqué à la nuque. Le lendemain , l’hémicrânie parut c omme à l’ordinaire. Six grains de sulfate de quinine déposés sur la plaie du vésicatoire déterminèrent la guérison. (Lembert, Essai sur la méth. enderm., 1828.)

Névralgie frontale , type quotidien et annuel.

N* 121. ün jeune homme, âgé de treize ans , d’un tempérament sanguin, d’une bonne constitution, jouant à la balle en plein air et au soleil , fut attaqué subitement, en j 815 , d’une douleur très vive, qui partit de l’arcadfr sourcilière du côté droit, se répandit sur le front, et s’étendit plus ou moins vers le sommet de la tête du même côté ; la paupière supérieure et l’œil correspondant devinrent aussi très douloureux ; l’œil était rouge et d’une sensibilité extrême. Au bout de plusieurs heures tous ces symptômes disparurent. Cette névralgie est revenue plusieurs fois, avec tous les phénomènes indiqués, durant les années 1815 et 1816, mais sans présenter de régularité dans ses retours. Au mois de juin 1817, ce jeune homme fut repris, sans cause connue, de sa névralgie frontale; les douleurs qu’il ressentait au sourcil, sur le front et dans la cavité orbitaire droite, étaient atroces; i) éprouvait dans cette cavité un sentiment de gêne et de pesanteur tel qu’il lui semblait que son œil droit avait triplé de volume; la conjonctive était injectée, douloureuse; il y eut un larmoiement abondant pendant presque toute la durée de cet accès, dont les symptômes commencèrent à deux heures après-midi, et se soutinrent jusqu’à sept heures du soir; les douleurs furent si violentes , qu’au dire du malade il ne pouvait se tenir debout, qu’il se roulait par terre et se frappait la tête contre le sol. A sept heures, la douleur diminua beaucoup d’intensité, et les autres symptômes se dissipèrent si promptement, qu’à neuf heures du soir tout était rentré dans l’état naturel; il n’y avait plus de céphalalgie sus-orbitaire , plus de rougeur, plus de douleur à l’œil. Le lendemain, retour et disparition aux mêmes heures de la névralgie et de tous les autres symptômes; mais leur intensité fut moins grande et les douleurs plus supportables ; il en fut de même des autres accès, qui se répétèrent encore régulièrement pendant plusieurs jours consécutifs.

En juin 1818, retour de la névralgie, retour des mêmes symptômes d’irritation sur l’œil correspondant, et répétition, pendant plusieurs jours consécutifs, des mêmes phénomènes qui duraient, chaque fois, six ou sept heures; mais c’est le côté gauche qui, cette fois, fut attaqué pour la première fois.

En juin 1819, l’affection dont il s’agit s’est de nouveau manifestée sur le côté droit avec le même cortège de symptômes qu’auparavant Enfin , au mois de décembre 1819, une scène absolument semblable aux précédentes s’eslencore

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reproduite sur le côté gauche de la tête et sur l’œil correspondant ; les accès, qui commençaient toujours vers deux ou trois heures de l’apiés-midi, se terminèrent constamment vers les huit ou neuf heures du soir. Chaque fois que cette névralgie frontale reparaissait après l intervalle d’un an ou de six mois, elle continuait à revenir pendant plusieurs jours de suite. En 1819, ces accès se ré|télérent régulièrement pendant sept ou huit jours Les fjremiers accès èlaie *t , en général , beaucoup plus violents que les derniers. Il n’y a point eu de traitement contre cette affection jusqu’au mois de novembre 1819. Cette dernière fois, on l’attaqua i)ar un vomitif, qui, loin de soulager le malade, ne fil que rendre ses douleurs plus insupportables; quelques applications de sangsues produisirent un amendement marqué dans les symptômes, sat>s empêcher le retour des accès qui, après s’être répétés une huitaine de fois, laissèrent le malade en aussi parfaite santé qu’auparavant.

Ce (ait nous a été communiqué par notre ami, le docteur P. Burnier-Fontanel, qui l’a observé chez un frère de la jeune personne dont il est parlé sous n* 14. Il est à remarquer qu’une troisième personne de la même famille, et frère des précédents, éprouve aussi de temps à autre une hémicrânie, mais dont les retours ne présentent pas une régularité bien marquée.

M. Peicy a observé une céphalée intermitterae quotidienne, qui avait résisté à un grand nombre de remèdes , et qu’il guérit par la poudre de kina , donnée en guise de tabac.

Névralgie intermittente sous-maxillaire , type quotidien,

N“ 122 Une demoiselle, âgée de vingt-six ans , d’un tempérament sanguin , douée d’une grande sensibilité , éprouva , dans le mois de décembre 1821 , des douleurs très vives qui commençaient ordinairement a l’orilice du trou mentonier gauche ; la douleur s’étendait dans les premiers temps aux lèvres, aux alvéoles ; sur la fin , elle se prolongeait jusqu’aux tempes et a l’oreille externe du même côté. Pendant l accés, la figure de cette demoiselle était très tiraillée , et offrait l image d’une grande douleur. Il y avait même dans le moment des plus violents accès , des tiraillements convulsifs des membres supérieurs. Des sangsues furent appliquées derrière les oreilles et prés de l’angle de la mâchoire , sans procurer de soulagement; des dents qui étaient cariées furent extraites sans succès ; on appliqua , soit aux tempes , soit sur l’angle de ta mâchoire , des emplâtres avec l’opium. On employait en même temps des pédiluves sinapisés; et à l’intérieur, la malade prenait des calmants et des antispasmodiques. Ces moyens ne produisirent qu’un soulagement momentané; elle fut mise à l’usage de la potion effervescente de Rivière. Ce moyen diminua et l’intensité et la durée de l’accès qui reparaissait chaque jour après le repas; je soupçonnai en conséquence que celte douleur pouvait être sympathique, et dépendre d’un état particulier de l’abdomen. Je la mis à 1 usage du sulfate de quinine, qui , continué pendant quatre jours, ne produisit que peu de diminution dans les souffrances. J’associai ce médicament à l’oxide de bismuth, que j’ai employé si souvent avec succès dans les dyspepsies nerveuses. La malade prit seize grains par jour de ce dernier médicament avec huit grains de sulfate de quinine, répartis en deux doses. Ce moyen réussit parfaitement : dans l’espace de huit jours mademoiselle... fut délivrée de ses douleurs de tête. On continua pendant quelques jours l’usage de ces remèdes ; les digestions devinrent plus faciles, et elle reprit son embonpoint. (Carron, Journ. génér. de méd., t, lxxxiii.)

NERVEUSES EXTERNES

Otalgie quotidienne.

N» 123. Madame B***, âgée de vingt-six ans, d'une forte constitution, d’un tempérament nerveux et bilieux, éprouvait depuishuit jours une douleur violente dans l’oreille gauche, qui s’étendait aussi vers le même côté de la tête et de la mâchoire inférieure. Cette douleur revenait chaque jour à une heure après midi, et cessait à onze heures du soir. La malade ne sentait au début de ces accès ni froid, ni lassitude, mais la peau était brûlante, le pouls fréquent, l’appétit excellent. Le 2 avril, jour où je la vis , j’ordonnai un demi-gros de sulfate de fer dissous dans deux verres d’eau, à prendre le lendemain pendant l’intermittence , à cinq heures d’intervalle. Le premier verre pesa un peu sur l’estomae; l'accès n’eut pas lieu. Les régies étant survenues, je fis cesser l’usage du sulfate , et quoique la malade n’ait pas voulu en reprendre après l’époque de ses régies , l’otalgie n’est pas revenue. ( Arloing, mémoire cité. )

Odontalgie quotidienne.

No 124 Madame de v***, âgée de vingt-huit ans , d’une forte constitution, d’un tempérament sanguin , sujette depuis plusieurs années à une douleur vague de rhumatisme , fut prise dans les premiers jours d’août 1812, d’un mal de dents qui débutait tous les jours, à dix heures du matin , par un froid léger et des douleurs contusives dans tous les membres. Bientôt il se faisait sentir au côté droit de la mâchoire inférieure , traversait, pour me servir de l'expression de la malade , toutes les dents correspondantes , gagnait la face jusque sur le côté du nez, ainsi que la tempe et le front. La douleur était très forte à midi , et ne disparaissait entièrement qu’à dix heures du soir. Pendant toute la durée de l’accès , il y avait de la fièvre; la peau était brûlante , et la malade très altérée. L’appétit diminua, quoiqu’il n’y eût aucun signe d’embarras gastrique. Le vin de Séguin fut administré; le lendemain, il y eut diminution dans l’intensité etla durée de la douleur; le surlendemain, symptômes fébriles sans douleur; les' jours suivants , il y eut encore un peu de fièvre. {Idem J ibidem.)

Névralgie cervico-suh-occipitale intermittente quotidienne.

No 125. Le 6 juin 1822, je fus appelé pour donner des soins à M. F***, âgé de trente-trois ans et d’un tempérament bilieux, atteint d’une très grande douleur dans la partie postérieure de la tête, qui paraissait partir d’entre la première et la seconde vertèbre cervicale, s’étendait à toute la région de l’occiput et à la partie postérieure et supérieure du cou. Cette douleur, accompagnée d’une sensation très incommode de tiraillement dans la tête et le cou, était si intense, qu’elle troublait les fonctions de la vue , de l’ouïe , et même de l’intellect. Les paroxysmes se déclaraient ordinairement la nuit ; ilsétaientassez longs. L’usage de la potion stibio-opiacée, à des intervalles assez rapprochés, jointà un régime diététique fort modéré, produisit une amélioration dans son état dés le second jour L’amélioration fut plus grande encore dés le quatrième et le cinquième , etla cure fut complète au huitième. La continuation du même remède pendant douze jours, à trois doses chaque jour, assura la convalescence qui n’a point été interrompue pendant deux mois et demi qu’il a séjourné à Madrid depuis son traitement. (Hurtado. Annales de la méd. physiol. 1824.)

Névralgie scapulo-humérale y type quotidien.

No 126. M. A. L., âgé de cinquante-neuf ans, d’un tempérament nervososanguin, avait éprouvé en quelques années , et à des occasions différentes, une douleur assez violente qui commençait dans la région scapulaire, montait jusqu’à la clavicule, et s’étendait ensuite sur toute la partie antérieure et

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interne du bras, descendant rarement plus bas que le coude. Quoique cette douleur se manifestât quelquefois le jour, l’accès le plus intense et le plus long arrivait ordinairement la nuit , et une insomnie insupportable, entre autres sy!n|)lômes, l’accompagnait.

Dans les deux occasions où le malade avait éprouvé celte névralgie, elle avait résisté à tous les remèdes et n’avaitcédé qu’au changement d’air. Cette année (mai 18*23), elle a reparu avec plus d’intensité et de durée que jamais, et elle a comptélementcédé à l’usage de la potion de Peysson en sept jours, et jusqu’au moment où j’écris ( 20 août 1823] elle n’a pas reparu. [Id. ibid.)

Névralgie sus-orhitaire intermittente , puis rémittente

quotidienne.

No 127. Une femme, âgéede quarante ans, fut prise, le 1er novembre à onze heures du soir, d’une douleur vive, déchirante, parlant du trou surcilier gauche, etse répandantsur tout le côté gauche delà tête, dans l’oreille internedu même côté , puis sur toute la région de la face correspondante. Cette douleur s’accrut jusqu’à une heure du matin, où sa violence arracha des cris aigus et causa le délire: puis, elle diminua complètement par degrés, et cessa enfin à cinq heures du matin. Le 2 au soir, à la même heure que la veille, nouvel actés aussi violent que le précédent ; même éiat que les jours suivants, jusqu’au 16, où nous prescrivîmes à la malade un demi-grain d’extrait aqueux d’opium et deux grains d extrait de jusquiarne noire, à t)rendre en une dose au moment de l’accès ; point d’effet sensible. Le 17 et le 18, même prescriiition ; l’intensité et la durée de la douleur n'en furent nullement diminuées. Le 19, douze grains de sulfate de qui fine dans la journée, par doses de deux grains ; le soir, accès moindre. Le 20, vingt-quatre grains du même remède par doses de trois grains ; point d’accès. Le 30 , rechute après un refroidissement, guérison par le même moyen. Le 1 5 janvier 1826, retour de la névralgie ; mais alors elle est simplement rémittente, avec des paroxysmes irréguliers dans leur intensité et leur relour. Tantôt la douleur est plus fréquente, plus vive, plus longue le jour que la nuit , d’autres fois, au contraire, c’est pendant la nuit qu’elle offre plus d’inlensilé et de durée; mais» dans l’un et dans l’autre cas, elle offre des variations remarquables. Le sulfate de quinitie, auquel nous revînmes alors, ne produisit aucun effet ; tandis que l’extrait de jusquiarne , de valeria e, et l’oxide de zinc, firent promptement cesser la maladie. ('M. Blaud, Nouv. Biblioth. méd., t ii, 1826.)

Névralgie lombaire intermittente quotidienne.

N” 128. André Borne, travailleur, âgé de vingt trois ans, d’un tempérament bilioso-sangnin et d’une constitution forte , fut pris, le 2juii!et 1825, à deux heures après-midi, d’une douleur vive qui s’étendait de la oremiére vertè’nre des lombes à la crête de l’os des il es du côté droit , dans la dir ction de la première paire lombaire , et qui ne cessa que le lendemain , a quatre heures du matin. L’espoir qu’avait alors le malade d’être guéri ne fut pas de longue durée ; car la douleur reparut à la même heure , au même lieu , avec la m.ême intensité, et fut de même durée que la veille. Le 4, elle revint également à deux heures après-midi. Les douleurs furent ce jour-là si fortes qu’on m’appela. Le coucher ne pouvait avoir lieu sur les lombes, tant cette partie était sensible. La douleur que le malade y ressentait était vive, déchirante, avec des élancements semblables à ceux du panaris. Je ne remarquai ni rougeur, ni enflure dans le Heu souffrant. Le pouls était dans son état habituel; les urines élarent as^ez abondantes, citronnées; elles ne déposaient aucun sédiment et n’offraient même pas de ruage à leur surface Tout le reste de l’économie, en un mot, était dans l’état normal.

NERVEUSES EXTERNES

Diète, saignée du bras, tisane délayante, application d’un cataplasme émollient sur la parlie douloureuse, et demi - la /ement anodin, précédé d’un lavement laxatif d’après la méthode de Kaempf.

Ces moyens procurèrent la diminution de la douleur, qui dura pourtant jusqu’au ieudernain matin, à la même heure que les jours précédents, après avoir perdu graduellement de son intensité. Dans les intervalles de souffrance, le malade n’éprouvait que de l’affaiblissement. L’appétit était bon, mais il ne lui était permis de prendre qu’une nourriture légère.

Le 5 . à la même heure , nouvet accès présentant la même intensité et la même durée que les précédents. Même traitement, à la différence près, qu’au lieu d’une saignée géi éraL‘, il fut fait une application de vingt sangsues sur la région lombaire. i.e 6 et le 7 , accès semblable; même traitement à l’exception des sangsues; potion antispasmodique. Le 8 et Les antiphlogistiques et les antisi>asmodiqucs n’ayant que modéré celte névralgie, je me décidai, le 10, à adniinistrer douze grains de sulfate de quinine durant rintermiltence. L’accès de ce jour fut déjà plus faibde Le lendemain, je portai la dose à quinze grains, et j’eus la satisfaction de mettre fin aux .'ouffrances. Je fis continuer l'usage du sulfate de quinine, dont je diminuai graduellement la dose jusqu’au 18, évoque à laquelle je supprimai tout-à-fait le traitement. (M MxXXti , Journal univ. dzs scimcQS méd.,

t. XLII. )

Névrfilgie lombaire, type quotidien.

N0I29. Mademoiselle àgéede vingt-un ans, quoique bicnréglée, éprouvait à l’époque menstruelle une douleur intermittente dans les lombes. Sa sensibilité avait reçu de grandes secousses par une longue maladie et la perte d’un frère qu’elle affectionnait beaucoup ïout-à-coup, dans le mois de septembri 182*2 . sans cause bien manifeste, une douleur violente se fait sentir dans les lombes du côté droit, et s’accompagne d’un frisson général qui dure trois tieures. Peu à [teu la chaleur revient, et le point se dissipe à mesure qu’elle s’élohlit. Nuit et matinée du lendemain bonnes. Mais à quatre heures du soir, à la même heure que la veille , nouveaux symptômes plus violents. (Vingt sangsues sur le point douloureux, potion calmante, boissons délayantes, cataplasmes sur les piqûres de sangsues ) Le troisième jour, à la même heure, les mêmes accidents ont encore lieu avec la même intensité. {Le matin suivant, dix grains de sul'ate de quinine.) Un peu avant l’heure de V accès, la malade se tourmente beaucoup, dans la crainte de le voir revenir; il se montre effectivement et toujours avec intensité (Le cinquième jour, an matin, dix grains de sulfate de quinine.) A l’heure de l’accès, mêmes craintes que la veille et retour de l’accès. Le sixième jour, la malade, qui répugnait beaucoup au sulfate de quinine, et qui se croyait fondée à le trouver inefficace , refusa d’en prendre. Le soir, l’appréhension de l’accès et l’accès se succédèrent comme les jours précédents. Le septième jour, « m’étant bien as.>juré, continue M Brachet, de l’état moral de mademoiselle aux approches de l’accès , je me rendis auprès d’elle à trois heures de l’après-midi ; je fixai son attention sur des sujets gais, agréables et satisfaisants pour elle. Je l’entretins ainsi, sans lui donner le temps de songer à son accès, pendant deux heures et demie; il n’avait pas paru, il ne vint point. Le hniliéme jour, madame à ma recommandation, pria quel¬

ques personnes fort gaies de venir rendre visite à sa fille dans l’aprés-midi : le temps de l’accès se passa en conversations agréables; la guérison fut complète » ( Brachet , Archives génér. de méd.j t ix. )

Céphalalgie et odontalgie double-tierces.

N» 130. Madame âgée de cinquante-deux ans , d’un tempérament nerveux et sanguin, est attaquée, le 20 mars 1804, à cinq heures du matin, d’une douleur qui occupe tout le côté droit de la tête et qui dure jusqu’à cinq heures du soir. Le lendemain , retour de la céphalalgie , à neuf heures du matin ; elle est moins forte que la veille , et cesse à deux heures. Le 22 , l'accès revient à dix heures comme le premier jour, et persiste avec violence Jusqu’à cinq heures. Le 23, l’hémicrânie reparaît à neuf heures, cesse à deux , après avoir fait beaucoup souffrir de midi à une heure. Le 24, la malade souffre depuis six heures du matin jusqu’au soir ; l’accès du 25 commence aussi à six heures , mais il se termine à deux. Le 26 , accès à six heures : comme la bouche était amère et la langue chargée, un vomitif est administré pendant l’accès, et fait rendre beaucoup de bile. La céphalalgie cesse par intervalle, redouble dans l’après-midi, et cesse entièrement à cinq heures. Le 27, accès aux heures ordinaires; on donne un gros de quinquina. Le lendemain , l’hémicranie commence à dix heures , et persiste jus- <{u’à huit heures du soir; mais elle est moins violente ; un gros de quinquina après l’accès. Le 29, la tête est seidement un peu lourde; même dose de quinquina ; il y a un peu de céphalalgie dans l’après-midi. Le 30, on donne deux gros de quinquina , et le mal de tête ne revint plus.

Une dame âgée de trente-quatre ans, d’un tempérament lymphatique et bilieux, étant dans le neuvième mois de sa cinquième grossesse, eut, vers le milieu de juin 1812, une odontalgie qui se caractérisa par les .«îymptùmes suivants: entre minuit et une heure, elle éprouvait un peu de froid , une lassitude générale. Peu de temps après , une douleur vive se faisait sentir au coté droit de la mâchoire inférieure ; elle parcourait toutes les dents de ce côté, s’étendait ensuite sur la face, la tempe et la moitié de la tête; elle ne cessait entièrement que vers les quatre heures du soir. Les jours pairs, elle était beaucoup plus violente, et telle que le quatrième et le sixième accès furent accompagnés de quelques mouvements spasmodiques. I.e pouls était fébrile pendant tout le cours des accès qui furent emportés par le vin de Séguin. (Arloing, Journal gén. de méd., t. lviii.)

Otalgie intermittente tierce.

N° 131. Rost a vu une douleur d’oreille récidiver, de deux jours l’un, chez une jeune fille. Cette otalgie se manifesta après une violente colère; elle se faisait sentir le matin , durait quelques heures, et puis se terminait. La malade reposait très bien pendant les intervalles des récidives. Cette douleur était des plus violentes, et attaquait tantôt l’oreille droite , tantôt l’oreille gauche. {Collée, de Breslaw, année 1726.)

Hémicrânie intermittente tierce.

N“ 132. .J’ai été consulté par un homme âgé de soixante-douze ans, très robuste, qui avait, depuis six semaines , une hémicrânie périodique tierce, pour laquelle on avait employé en vain les sangsues, les pédiluves, les vésicatoires, un vomitif, les antispasmodiques et l’opium. Je conseillai l’emploi du quinquina uni avec l’opium; le malade en usa trois onces, sans éprouver le moindre soulagement. Il renonça alors à tous les remèdes, eut encore ses accès pendant deux mois , et à la fin de ce temps, se trouva parfaitement guéri. (Arloing, Mèm. et Journ. cités.)

Irritation nerveuse, type tierce.

No 133. Une dame âgée de vingt-huit ans, d’un tempérament nerveux, était accouchée depuis plusieurs jours; les lochies coulaient abondammeut,

NERVEUSES EXTERNES

€t le lait avait paru au sein, lorsque, le 27 juillet, elle ressentit tout-â-coup une douleur très vive sur la région moyenne et antérieure du tibia , qu i lui fit jeter les hauts cris. Cette douleur disparut au bout de deux heures. Le 28, la douleur ne revint point ; la malade ne se plaignit que de malaise, d’inappétence , etc. Le 29, la douleur revint à midi , elle fut plus longue et plus insupportable. La malade se fit appliquer un vésicatoire à la jambe. Les douteurs devinrent de plus en plus vives; je fis lever le vésicatoire; je donnai une potion avec l’éther et l’opium. La douleur dura jusqu’à la nuit, mais moins vive. Comme les premières voies paraissaient surchargées de saburre, je lui prescrivis un minoratif doux qui procura plusieurs selles. Le 30, jour de la purgation, elle se leva et ne ressentit point de douleur dans la jambe. Le 31, la douleur reparut à onze heures ; le pouls n’était point fébrile; j'augmentai la dose de l’opium, et je fis pratiquer des frictions sur la partie douloureuse avec l’opium dissous dans la salive; la douleur fut moins vive, mais aussi longue. Comme les lochies coulaient abondamment, et comme celte femme avait une disposition à la phthisie, annoncée par la rougeur circonscrite des joues et une poitrine serrée, je ne crus pas devoir administrer le quinquina ; je lui continuai l’opium et l’éther dans l’intervalle de l’accès. Lo lei' août, elle se leva, fut libre de toute douleur; elle continua l’opium. Le 2 , la douleur revint, mais plus tard qu’à l’ordinaire, et fut moins intense et moins longue. L’accès du 4 fut très léger ; et le 6, elle marcha sans éprouver de douleurs dans le temps où l’accès devait venir. ( Carron , Journ. (jén. de méd.j l. xl. )

Stoll dit avoir observé, durant le mois de juillet 1778, des fièvres tierces qui se déguisaient sous la forme d’une violente douleur à l’occiput, et qui revenait régulièrement de deux iom& V un. { Médecine pratique ^ t.ii.)

Durant le mois de juillet 1820, M. Husson nous a rapporté, à la clinique interne de l’Hôtel-Dieu, l’observation d’une céphalée intermittente tierce qui durait dei)uis fort long-temps , et contre laquelle avaient échoué tous les remèdes possibles; lorsque, s’étant assuré de la périodicité de celle affection, îl la traita et la guérit par l’administration du quinquina.

Autre irritation nerveuse périodique y type tierce. *)

No 134. Au mois d’octobre, un maçon de Corbeil est venu me consulter pour des douleurs périodiques des deux jambes qui l'empêchaient de se livrer à ses occupations.

Six semaines avant cette époque, il avait eu une fièvre intermittente tierce qu’on avait arrêtée au huitième accès par le sulfate de quin ne; n’ayant pas voulu continuer ce traitement après la disparition de la fièvre, il s'était remis au travail aussitôt. Quelques jours après, il fut pris de lassitudes générales avec un sentiment de malaise le jour des accès. Cet état maladif ne l’empêcha pas de travailler; mais après huit jours les douleurs vagues furent remplacées par des douleurs vives aux deux jambes : ces douleurs occupaient J espace compris entre les genoux et les mollets; elles paraissaient de deux Jours l’un, à huit heures du matin , sans être précédées de frisson général ou local. Ces douleurs s’accompagnaient bientôt après d’une forte chaleur qui , bornée pendant une heure aux jambes, s’étendait ensuite graduellement à tout le cori)s;une sueur abondante, des jambes seulement, terminait cet accès qui durait jusqu’à quatre ou cinq heures de l’après-midi. Cependant, après l’accès, il restait dans lesjambes une faiblesse qui durait douze, quinze, dix-huit heures, plus ou moins , ce qui l’empêchait de travailler.

Le médecin qui avait arrêté la fièvre, lui fit prendre deux fois le sulfate de quinine pour dissiper cette irritation intermittente, mais sans succès. Il lui conseilla alors d’attendre sa guérison du temps, et dejse borner à faire des frictions

sèches sur In partie doulonreuse. Après quinze jours d’attente , le malade vint me consulter à ilîeluti. luforinè de ce (ju’on avait fait pour combattre cette irritation inlerrniltente, et m'étant assuré du bon état des voies digestives, Je [)rescrivis quatre rrictious ioc'ales composées chacune de trente-six grains d’axonge et six grains (i'értiélique. Elles furent faites le tour de l’accès à quatre, cinq, six et sept heures du malin ; je lui ordonnai de prendre toutes les heures une cuillerée d’une potion oitiacèe, à laquelle je fis ajouter un grain d’érnélique pour huit onces de liquide.

Pendant l’emploi de ces mojens, l’accès qui reparut le lendemain fut beaucouf) moins for l ; et le même traitement , continué le surlendemain, fil dispaiaître tous les symptômes. Je lui recommandai de continuer ce traitement les jours où devait reparaître l’accès, pendant trois jours, en suftprimatrl une friction chaque jcur, et de ne reprendre son travail accoutumé qu’après ce temps écoulé. /

Je me suis assuré que le malade n’avait pas éprouvé de rechute vingt jours après la guérison de ces douleurs périodiques. ( Piollet, Journ. univ. des ciences méd. , t. lviii.)

Né vralgie temporale avec le type tierce.

Ko 135. M. ï)*’"* , sous-intendant militaire, d'un tempérament caractérisé par la prédominance du système nerveux , é[irouvait tous les deux jours, en janvier 1825 , vers deux heures après midi , une douleur déchirante à la tempe droite, ('.elte douleur, qui occupait un espace très circonscrit, s’exaspérait i)ar le plus léger bruit et par l’impression de la lumière; la pression ne l’augmentait point. On n'apercevait sur la partie souffi ante ni rougeur, ni chaleur, ni tuméfaction , et il n’existait pas le plus léger mouvement fébrile. Ces accès se prolongeaient cinq à six heures, et se terrniîiaient par une transpiration abondante à la tête. Dans l’intervalle des paroxysmes , la santé était excellente. Douze grains de sulfate de quinine administrés en lavements ont fait cesser promptement celle douleur nerveuse périodique. ( Dufau , Journal gêner, de méd. , t. xcv. )

Odontalgie intermittente tierce.^ qui récidive avec le type quarte,

(Fièvre pernicieuse de Fauteur.

No 1 38. -Au mois de février 1 820, un enfant âgé de quatre ans eut un premier accès de fièvre durant lequel il se plaignit beaucoup d’une douleur fixée sur les dents. Un second accès revint le troisième jour et fut caractérisé par les symidôrnes suivants : dents noires sans enduit, comme si elles eussent été plombées ; langue rouge ; soif vive ; respiration hante , fréquente , pouls fort, roide ; odontalgie générale arrachant des cris aigus à l’enfant , quoique sa denture parût saine. M. le docteur Goury , ayant reconnu chez cet enfant une fièvre tierce pernicieuse dont le symptôme dominant était Uodonlalgie, rejeta l’application des sangsues à l’épigastre , que l’on avait conseillée , et fit prendre à l’enfant, après l’accès et par cuillerées, une potion composée d’nn gros d’cxlrait de quinquina , d’uu quart de grain d’extrait muqueux d’opium et d’une once de sirop de quinquina dans qiialre onces d’eau distillée de petite centaurée. Il prescrivit {)our boisson une infusion de camomille mêlée avec du bon vin Le jour suivant, les dents [)arurent très blanches et très saines; 1 enfant était fort gai et ne se ressentait nullement de l’accès de la veille , qui , ayant commencé à sept heures du malin, s’était terminé comme le premier par des sueurs abondantes vers les deux heures de l’aprèsmidi A ce jour apyrétique siîccéda un troisième accès qui fut plus court et moins violent que les précédents , et durant lequel l’odonlalgic fut supportable. Même prescription, seulement on augmente d’un demi-gros la dose

NERVEUSES EXTERNES

d’extrait de quinquina dans la potion. Le quatrième accès est encore moins intense, et le cinquième manque loul-à-fait. On continue le même traitement pendant quatre jours i)our cousoiider la cure ; celle-ci paraissait bien prononcée, lorsque trois semaines après renfant est atteint d’un accès de fièvre et d’odontalgie tout-<à-fait semblable aux |)récédents , excepté qu’il fut moins violent ; mais cette fois , au lieu d’un seul jour d apyrexie, on en observe deux complets, ce qui constitue le type quarte. L’emploi du même traitement modère tellement le second accès de ceite nouvelle fièvre^ que le troisième manque entièrement. Oejiuis celle époque, le petit garçon jouit de la meilleure santé. ( Goury , Bulletins de la Faculté de méd. , no 8.)

Névralgie surcïlière , type quarte.

No 137. Le nommé Couvreur, âgé de quarante ans, ancien gendarme, d’une forte constitution, n’ayant jamais eu de rhumatismes, fut pris, dans le cours de l'année 18*22, étant alors en Corse, d’une fièvre inleiunittcjite quarte qui dura dix mois, et s’accompagna d’engorgements dans les hypochoiidres. Cette fièvre existait depuis cinq mois, lorsqu’une violente douleur se développa , dans le trajet du nerf surcilier droit , pendant le stade delà chaleur. Cette névralgie persista de la sorte pendant un mois et demi, sous le type quarte, comme la fièvre avec laquelle elle coïncidait. Quarante sangsues furentappliquées sur la région douloureuse, mais elles ne déterminérerit qu’un très faible soulagement. Cependant la fièvre quarte continua encore plusieurs mois, et ne se dissipa complètement que vers le onzième, à dater de son début , et lorsque le malade quitta la Corse. Peu de tem[)s ajirés, la névralgie surcïlière se fil sentir, et dura pendant quinze jours avec le même type. Dans le cours de juin 1 824 , la douleur du nerf surcilier revint avec ur*e nouvelle intensité , et laissa le malade en proie à de violentes douleurs pendant vingt et un jours.

Dans le mois d’octobre suivant. Couvreur éprouva une quatrième attaque de sa névralgie. Des [)édiluves sinapisés , des applications de vinaigre et d’eau de Cologne sur le front furent emidoyés sans aucun avantage. Enfin , le 21 avril 1825, il survint une cinquième attaque. La douleur commençait le matin à cinq heures, et continuait ainsi toute la journée jusque vers les quatre heures de l’aprés midi.

Le G mai, ce malade étant entré à l’Hôtel Dieu, nous présenta les symptômes suivants : douleurs lancinantes, continues, accompagnées de pulsations dans le trajet de l’arcade surciliére , s’exaspérant de temns à autre , et déterminant alors de violents paroxysmes pendant lesquels le malade pousse presque des cris ; ces douleurs se tJropagent comme un éclair de la partie interne du sourcil à l’angle externe de l’œil. I.orsqn’on comprime fortement le nerf frontal à la sortie du trou sus-orbitaire, on diminue la douleur dans le trajet de l’arcade, mais on l’augmente considérablement dans le point comprimé, et la douleur qn’on détermine alors est lancinante , et parfois semblable à celle qui se fait sentir dans les paroxysmes ; lorsqu’au contraire on comprime moilérément le nerf dans le même lieu , la douleur diminue dans le point comprimé , et s’étend dans la direction de l’arcade. Une pression modérée de la région surciliére calme notablement les élancements ; enfin , la pression de l’extrémité externe du sourcil ne détermine aucune modification dans la douleur. Les téguments n'offrent ni rougeur, ni gonflement: l’in fluence de la chaleur ne paraît agir en rien sur cette névralgie ; la sensation du froid , au contraire , rend ses paroxysmes plusdouloureux. Lors des accès, l’œil gauche se couvre de larmes, la vue paraît légèrement troublée par un brouillard. Du reste , toutes les fonctions sont en bon état, et la santé est parfaite.

Le 8 mai , dix-neuviéme jour de la maladie, à sept heures et demie , l’accès étant dans sa plus grande violence , on enfonce une aiguille d’or à la partie interne du sourcil , en ayant soin d’éviter le nerf frontal. L’aiguille pénétra de six lignes, et resta sept heures fixée dans les téguments. Lorsqu’on la retira , la douleur qui , pendant son séjour, avait été beaucoup moins violente que les jours précédents, cessa complètement.

Le lendemain , 9 mai , l’accès revient à sept heures du matin. A huit heures, on place une aiguille d’acier à la partie interne du sourcil, en la dirigeant comme la veille dans la direction de la douleur, mais en évitant de piquer le nerf frontal. L’aiguille est enfoncée de huit lignes; elle reste six heures , temps pendant lequel les douleurs sont considérablement exaspérées etles paroxysmes beaucoup plus violents elplus rapprochés que de coutume. L’accès se termina à trois heures.

Le 10 mai, on se contenta de prescrire une boisson de chiendent, seule tisane dont le malade faisait usage depuis qu’il était traité par l’acupuncture. Ce jour, l’accès ne vint point.

Le 11 n)ai et les jours suivants, la névralgie ne reparut plus. Le malade sortit de l’hèpital vers la fin du mois. ( Martinet , Nouv. bibl. wéd.-l 825 .)

Névralgie dentaire , type quarte et puis quotidien.

No 138. Le 11 mai je fus appelé pour voir la fille d’un maître d’école, âgée de dix-neuf ans, bien réglée, et jouissant ordinairement d’une très bonne sai'.té; depuis cinq semaines elle souffrait cruellement des dents. D’abord la douleur ne reparaissait que tous les trois jours, et pendant deux la malade était tranquille. Plus tard, les douleurs revinrent tous les jours, le soir à six heures; elles s’accompagnaient d’inquiétude, d’anxiété précordiale, de frissons et d’accélération de la circulation ; elle durait une, deux, trois heures, avec une grande violence, et laissaient la malade dans un étatd’abaltement com[)let. Ces douleurs siégaient principalement dans la première molaire de la mâchoire supérieure du côté droit; mais elles s’étendaient sur toute la moitié correspondante de la tête. Les dents étaient saines; la canine droite avait d’abord été arrachée, comme cause présumée du mal. Au commencement de la maladie , la jeune fille avait perdu l’appétit, et la langue s’était salie ; on lui avait donné plusieurs purgatifs; l’appétit était revenu, mais les douleurs étaient restées les mêmes. On appliqua des sangsues, des vésicatoires derrière la mâchoire, la décoction de pavotfut aussi prescrite en boisson, le tout sans le moindre succès Je fis prendre à cette malade huit grains d’une poudre composée d’une once de quinquina, de cinq grains de .sel ammoniac et autant de racine de serpentaire de Virginie , mêlée et suspendue dans la teinture thébaïque. Le 13 mai, la douleur ne reparut pas. Le 16, elle revint à six heures avec la même force qu’auparavant, parce que la malade avait lavé du linge dans la journée. La potion fut reprise. Le 19 et le 24, il y eut encore de légers accès ; le 30, tout avait disparu. (Schmidtmann. Journal de Hufeland, 1831.)

Sciatique intermittente quarte.

N’o 139 Le nommé Bourcier souffrait d’une douleur sciatique qui le prenait périodiquement de trois jours en trois jours, à deux heures après midi; il en avait déjà éprouvé plusieurs atteintes qui l’avaient peu affecté, dés les premiers temps, mais qui, à raison de leur constante périodicité , comm.ençaient à lui donner des inquiétudes, lorsqu’il se rendit prés de noms, le !«»■ mai 1808. Il me raconta la marche de sa maladie , qui devait reparaître le lendemain. Je me rendis auprès de lui avant trois heures pour l’examiner; il se plaignait d’une douleur qui commençait à la région ischio-fémorale

droite , et s’étendait à toute l’extrémité. Le malade exprimait sa douleur en disant qu’il lui semblait que des chiens lui déchiraient le membre. Je remarquai que toute l’extrémité inférieure droite était plus froide que la gauche ; qu’on ne pouvait lui faire exécuter des mouvements qu’avec difficulté et qu’en rendant plus vive la douleur que le malade y ressentait. Le reste du corps était étranger à ce qui se passait dans celle extrémité ; le pouls était naturel. Rien de particulier jusqu’à quatre heures : alors la douleur avait cédé un peu , et je crus apercevoir que la chaleur revenait à la partie souffrante ; celte chaleur augmenta , et surpassa meme celle des autres parties du corps ; elle fut suivie de rougeur, mais il n’y eut point de sueurs ; la douleur devint uniforme et moins intense ; elle se termina par degrés, et à huit heures du soir elle ne se faisait plus sentir. Le lendemain 3, se passa sans souffrance ; il en fut de même le 4. Le lendemain, 5 mai, ayant vu la répétition de ce qui s’était passé le 2, je pus me convaincre que j’avais à traiter pyrexie limitée (\m observait le type quarte ; en conséquence, je prescrivis une demi-once de quinquina avec addition de deux grains d’opium pourle 6. Ce remède fut répété le 7, et la moitié de la dose fut prise le 8 au malin. L’événement justifia la bonté du diagnostic que j’avais porté : aucune douleur ne se manifesta dans la journée, ni dans la suite. (Audouard , Nouv. thérap. des fièv. interm. )

Hémicrânie intermittente octane.

N» 140. Un moine romain, soigné par Salius , qui le vit pendant trois ans et sept mois, avait tous les lundis, à la même heure, une violente migraine qui attaquait constammentle côté droit de la tête, et qui durait au moins 28, etauplusSO heures. Pendant tout ce temps-là, il ne pouvait ni voir la lumière, ni entendre aucun bruit, ni prendre quoi que ce soit à l’intérieur, sanssouffrirbeaucoup plus. L’accès passé, il jouissait, à tous égards, de la plus parfaite santé. Tissot, qui rapporte ce fait, dit qu’il a vu des exemples de migraines qui revenaient périodiquement tons les quinze jours , tous les mois, et tous les trois mois. [OEuvres, éd. de Laus., t. ix.)

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