PHLEGMASIE'S INTERMITTENTES
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lés éracuations sanguines généraLs et surtout îocalés , pour rendre plus facile et plus efficace radminislration d’une dose de suïfuie de quinine proportionnée à la gravité de l’accès qu’on voulait prévenir ; et si , par ces moyens, on eût prévenu la con^ gestion cérébrale et l’inflammation aiguë des méninges , on aurait eu le temps de combattre l’afFeciion des organes digestifs, et peut-être l’on eût sauvé le malade.
Tout ce quemous venons de dire est en grande partie applfcat)lë aux faits beaucoup plus nombreux observés par M. Maillot û Alger, et dont nous rapportons quelques cas sous les n°‘ 161, 162 et 163. Le premier fait est surtout remarquable en ce que, dans les premiers accès, il nous donne une idée exacte de ce que les auteurs en général, et M. Maillot en particulier, appellent une fièvre intermittente simp/r. a Le cinquième accès, vu durant la période de chaleur, était des plus simples ^ dit M. Maillot; il n”y avait rien du côté de la poitrine , rien du côté de l’abdomen , rien autre chose qu’une céphalalgie qui disparaissait pendant Tapyrexie. » Aussi s’en tint-on (mal à propos) à la diète et à la limonade. Le lendemain, tendance au coma; dans l’accès du soir suivant , l’état comateux se prononce violemment et tue le malade, malgré les évacuations sanguines locales et générales, un peu tardives , et l’emploi surtout trop tardif du sulfate de quinine, dont l’effet dut être nul. L’autopsie fait voir, comme chez le boucher de M. Faure, une inflammation aiguë des organes encéphaliques , et une inflammation chronique des organes digestifs , à laquelle s’élait ajoutée une rougeur pointillée superficielle , signe d’une recrudescence aiguë.
« Voilà , dit M. Maillot, un exemple de la rapidité avec laquelle les fièvres intermittentes deviennent mortelles par l’exagération de leurs phénomènes ordinaires à l’état le plus simple, par l’augmentation de Vwritation encéphalique qui , dans les fièvres simples , ne va que jusqu’à donner de la céphalalgie : car ici la scène morbide s’est déroulée encore exclusivement dans le système nerveux , et particulièrement dans le cerveau. Cet homme entre à l’hôpital pendant la durée d’un accès qui semble devoir se terminer aussi franchement que ceux qui l’ont précédé , mais il n’en est rien; une congestion violente, au contraire, s’établit sur l’encéphale. Dissipée d’abord par un traitement approprié (disons plutôt terminée promptement comme tout accès périodique), cette congestion reparaît de nouveau et emporte le malade en
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hGurcîP. lî est très probable qu’une saignée pratiquée à l’arrivée aurait prévenu la congestion cérébrale du 10, et cette fièvre n’ewf été permcirnsr. Mais alors je n’étais pas encore habitue à saigner largement pendant l’accès : ce fut la répétition d’accidents malheureux comme celui-ci, qui m’y amena plus tard*; de même que plus tard aussi, des accès pernicieux succédant brusquement , à des accès^ simples , immédiatement après les déplétions sanguines les mieux indiquées , me conduisirent à donner le sulfate de quinine à haute dose, sans chercher ni apyrexie, ni rémittence , ni subintrance. Sous le rapport des altérations cadavériques, je ferai remarquer l’injection générale du cerveau et de ses membranes , ce qui explique très bien le coma. Je ferai remarquer aussi le ramollissement gris de la membrane muqueuse de l’estomac , et sur ce fond chroniquement malade , cette rougeur pointillée , indice d’une irritation récente, liée aux accès, mais qui n’avait eu ni assez de durée, ni assez d’intensité, pour se révéler pendant la vie par des signes spéciaux , pas même par l’acération de la langue. »
Ces réflexions de M. Maillot sont très judicieuses et d’une' haute portée physiologique ; ces aveux modestes sont ceux d’un bon observateur et d’un grand praticien qui ne craint pas d’accuser ses revers, dans l’intérêt de l’humanité et pour les progrès de la science. Aussi, l’ouvrage dont il s’agit , par le grand nombre de faits précieux qu’il contient et par les conclusions pratiques qui en sont déduites , tiendra toujours un rang distingué parmi le grand nombre d’ouvrages qui ont paru depuis peu de temps sur les fièvres intermittentes. Quant à la théorie , il est à regretter que M. Maillot s’en soit peu occupé, ou qu’il se soit laissé influencer par un système qui lui a paru avoir beaucoup de partisans parmi les écrivains modernes , et qui consiste à faire des névroses de toutes les fièvres intermittentes; car, d’un bout de son livre à l’autre, cette théorie est en désaccord avec sa pratique, et quand il aurait eu pour but de détruire le système de la névrosité dans les affections intermittentes , il n’aurait pas mieux réus'Si dans le choix des faits qu’il a publiés , comme on peut en juger par ceux que nous lui avons empruntés , et dont les deux derniers sont assez semblables à celui dont nous venons de parler. Toujours l’autopsie fait voir des lésions inflammatoires chroniques, cf abord presque latentes , du canal digestif, et dont l’exacerbation aiguë provoque une affection semblable ou une congestion
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inflammatoire du côté du cerveau et de ses membranes , qui fait périr les malades.
Singulières névroses que celles qui laissent partout sur leur passage des congestions sanguines , qui transforment des tissus blancs , des membranes blanches en des réseaux de capillaires sanguins engorgés 1 Singulières névrosesj que celles qui partout ramollissent des tissus, les colorent en rouge , en gris, en brun pointillé de rouge, etc. I
Avec de tels faits , un peu de logique et de bonne foi , ne seronsnous pas conduits avec M. Melcion à reconnaître franchement , dans les cas dont il s’agit , des cérébrites , des arachniiiies , des méningo-spinites intermittentes ? Cependant M. Melcion, au zèle et au savoir de qui M. Maillot se plaît à rendre justice , a vu et observé le fait sous le n'" 173 , et plusieurs autres semblables sur les mêmes lieux , dans les mêmes circonstances où M. Maillot ne voit que des névroses sous le nom de fièvres pernicieuses comateuses. Mais ce serait faire à ce dernier et habile praticien une guerre de mots , que de le poursuivre dans sa théorie des fièvres pernicieuses , d’autant plus que nous trouvons dans l’avertissement de son livre cet aveu remarquable : « L’anatomie pathologique m’a démontré qu’il y avait (dans les fièvres pernicieuses) autre chose qu’une névrose ; car j’ai toujours trouvé à l’ouverture des cadavres les traces d’une irritation aiguë y une hypérémie des grands centres nerveux. »
Dans le second des faits dont il s’agit ( n® 162 ) , M. Maillot , après quelques réflexions semblables aux précédentes sur le danger de laisser marcher les fièvres d’accès alors même qu’elles Yiârsiissenl primitivement simples, puisque l’exagération de cette prétendue simplicité conduit à l’état comateux ou à l’inflammation du cerveau et de ses membranes , ajoute : « On aura sans doute remarqué ce ramollissement grisâtre d’une grande partie de la membrane muqueuse , gastro-intestinale, annonçant une affection chronique ; et cette rougeur pointillée du grand cul desac de l’estomac, indice d’une irritation récente que rien pourtant n’avait annoncée pendant la vie, etc. x>
Certainement il est fort extraordinaire que la gastro-entérite chronique chez ce malade n’ait été indiquée par aucun symptôme, car on conçoit que vingt-quatre ou quarante grains de sulfate de quinine envoyés à la fois sur un organe ainsi affecté, aient pu déterminer une exacerbation aiguë de la gastrite, dont les influen-
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ces sympathiques ont provoqué une congestion rapide et mortelle du côté des organes encéphaliques. On conçoit que le raptus opéré violemment du côté de ces organes n’ait pu être arrêté ni amendé par les saignées et les révulsifs, parce qu’une nouvelle stimulation gastrique s’ajoutait à la première, chaque fois qu’en pinçant le nez du malade on le forçait à avaler le sulfate de quinine t Si dans quelques cas M. Maillot a pu être conduit à prescrire avec succès ce médicament , alors même qu’il n’y avait plus ni apyrexie, ni rémittence sensible, il nous paraît que de tels cas doivent être bien rares, et qu’en général, par prudence, par méthode, et pour suivre le premier de tous les préceptes , qui est de ne jamais nuire , il est plus convenable de n’employer alors le sulfate de quinine qu’en lavements et en frictions ou selon la méthode endermique. Ce que nous disons, relativement au traitement, s’applique surtout au dernier fait, n» 163 , dans lequel dès le principe les symptômes de l’irritation gastrique furent assez sensibles et reconnus ; ce qui n’empêcha pas qu’on envoyât sur un organe enflammé et sur lequel on venait d’appliquer trente sangsues, seize et trente grains de sulfate de quinine. De là, surexitation aiguë de l’irritation gastrique qui reflue du côté du cerveau et de ses membranes; de là aussi l’état comateux et la mort . cc N’est-ce pas, ajoute M. Maillot, une chose vraiment désespérante qu’un pareil enchaînement de faits; et si l’on n’avait pas par devers soi de nombreux succès à opposer à des revers de cette nature, que pourrait-on répondre aux accusations qui imputeraient au traitement cette marche extraordinaire ? »
La consultation que propose M. Gintrac dans le fait sous le n° 157 tend à éclairer la question dont il s’agit : comme dans ceux observés par M. Maillot on voit une fièvre d’accès qui , d’abord simple comme il dit, devjent pernicieuse par l’exagération de ses symptômes ordinaires; la céphalalgie devint si forte qu’il en résulta du délire, puis une espèce d’embarras dans le langage, etc. M. Gintrac, vu l’irritation cérébrale évidente et son type intermittent , propose 1® une saignée du pied à faire immédiatement ; 2» l’application d’un nombre de sangsues proportionné à l’état du pouls après la saignée et appliqué soit à l’épigastre , soit au cou ; 3» des vésicatoires aux jambes ; 4® des lavements avec le quinquina ; 5** le sulfate de quinine dès la diminution de 1 accès. Les deux autres consultants n’admettent que l’emploi des vésicatoires et du quinquina. La majorité l’emporte, et la maladie aussi
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emporte le malade , sans doute parce qu’on n’a pas fait précéder l’emploi du quinquina par celui des évacuations sanguines , locales et générales , ou parce qu’on y vient trop tard, et quand le sang s’est infiltré profondément dans les organes encéphaliques, comme le prouve l’autopsie.
Non, il ne suffit pas toujours pour guérir les malades dans les cas de congestions inflammatoires périodiques du côté du cerveau , d’administrer convenablement le quinquina et le sulfate de quinine; il faut encore combattre promptement et vigoureusement les symptômes inflammatoires par les moyens antiphlogistiques généraux et locaux , surtout chez les personnes qui ont coutume de se livrer à des excès alcooliques , comme dans les faits sous les 11°' 149, 156 et 171, dans lesquels on eût peut-être prévenu la mort des malades si l’on avait eu égard à cette dernière circonstance et à ce dernier précepte.
M. Bonnet , dans le fait qui le concerne sous le n® 172, et qui présente aussi beaucoup d’analogie avec les précédents, n’avait point négligé le précepte dont il s’agit , et des évacuations sanguines convenables avaient rendu les accès pernicieux moins redoutables, et préparé le malade à recevoir la dose convenable et prescrite de quinquina; mais celle-ci ne fut pas donnée... et le malade fut emporté par un accès qui présenta tous les caractères d’une apoplexie foudroyante. L’autopsie fit voir les vaisseaux du cerveau et de ses membranes gorgés de sang , dont il y avait encore un épanchement considérable dans l’hémisphère droit. Dans le fait sous le n° 169 , recueilli par M. Letu dans les salles de M. Jadelot , à l’hôpital des Enfants, le contraire est arrivé , c’est-à-dire qu’on a prescrit tant bien que mal quelques doses de quinquina. Ce médicament a calmé , dit-on , les accès fébriles ; mais on a oublié de calmer aussi, et de combattre énergiquement dès le principe, la phlegmasie du cerveau et de ses membranes; les exacerbations périodiques de celle-ci ont fait reconnaître, ajoute-t-on , les dehors d’une fièvre intermittente pernicieuse ; et ce sont ces dehors ou ces phénomènes fébriles et pernicieux qui en ont imposé, et qui ont empêché de reconnaître sur le vivant ce que l’autopsie a fait voir, c’est-à-dire la lésion inflammatoire des organes encéphaliques.
Dans l’observation sous le n^ 168, il s’agit également d’un enfant qui présente tous les deux jours, à la même heure, les symptômes -suivanls: teint pâle, bras et jambes en, résolution.
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pouls à peine sensible , pupilles largement dilatées , yeux agités de mouvements convulsifs , etc. Comme il y avait eu auparavant quelques symptômes de gastro- entérite qu’on avait combattus par les sangsues , M. Lemoine eut la bonne idée de ne point administrer le sulfate de quinine par la voie de l’estomac , mais de le faire entrer par absorption sur la plaie d’un vésicatoire appliqué à chaque jambe. Ce moyen réussit très bien, et sans inconvénient, à prévenir de nouveaux accès.
L’observation sous le n'’ loi ne laisse point de doute ni sur la régularité des exacerbations quotidiennes, ni sur la nature inflammatoire de la congestion cérébrale , si l’on fait attention que le malade , âgé de cinquante-six ans , est d’un tempérament sanguin et qu’il est sujet à une affection de goutte articulaire , qui déjà plusieurs fois s'était déplacée par le transport de l’irritation arthritique sur l’estomac, le foie, les intestins, où elle avait, dit M. Allonneau , présenté un caractère inflammatoire bien décidé. Chez ce malad-e , il survient tout-à-coup des accès caractérisés par un état de stupeur, de somnolence, alternant avec le délire ; face pâle , 'pouls petit , irrégulier , sans fréquence , etc. ; plus tard , hémiplégie du côté gauche , déglutition difficile, respiration stertoreuse , coma profond , etc. On oppose à ces symptômes plusieurs applications de sangsues et les révulsifs les plus actifs aux extrémités des membres. Cependant les exacerbations continuant à se manifester chaque jour aux mêmes heures, l’indication était positive, ajoute le médecin dont il s’agit, carce/te grave phlegmasie devenait une fièvre rémittente pernicieuse y délirante ou soporeuse. On voit encore.ici, dit-il, un exemple rare d’apoplexie assez forte, remplacée, après trente heures de durée, par une arachnitite qui, d’abord continue, est devenue intermio tente, et qu’on a combattue avec succès par le sulfate de quinine.» Quant à nous, ce qui nous paraît surtout très remarquable dans le fait dont il s’agit, c’est que, d’après la judicieuse remarque du praticien qui l’a observé, déjà on aurait pu prendre les premiers déplacements de la goutte , qui chez ce malade ont eu lieu du côté de l’estomac, des intestins , etc., pour des fièvres pernicieuses , cardialgique et cholérique , pour des coliques iliaques , etc. , à cause des douleurs vives , lancinantes , pongitives , atroces, déchirantes qu’il éprouvait alors dans ces organes ; de sorte qu on aurait pu reconnaître chez le même individu , et par le déplacement dans les viscèreis de la même affection inflammatoire et
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goutteuse, des fièvres pernicieuses, tour à tour cholérique , car*' dialgique , soporeuse , délirante et comateuse; comme M. Brous^ sais a vu chez le meme malade des symptômes pernicieux tour h tour péritonique , péripneumonique , hémoptoïque et syncopal (1),
Ce qui tend bien à prouver que toutes ces espèces différentes de fièvres intermittentes, tous ces personnages fébriles et pernicieux , ne sont, comme on le voit ici , que des distinctions illusoires et trompeuses qui tendent à masquer ce qu’il y a de réel et de vraiment pernicieux dans toutes ces maladies , c’est-à-dire l’irritation périodique ou la congestion inflammatoire rémittente ou intermittente des organes encéphaliques ^ puisque c’est elle qui tue les malades , puisque c’est elle que l’autopsie fait constamment découvrir après la mort. Enfin, dans quelques cas particuliers , c’est dans la moelle épinière qu’on découvre presque uniquement la lésion organique d’où partent les phénomènes fébriles et pernicieux, comme M.Melcion en rapporte un exemple suivi d’autopsie , et comme le prouve le fait sous le n® 181 , dans lequel le type mensuel et la nature inflammatoire de la maladie ne pouvaient être méconnus, chez une jeune fille de la campagne d’ua fort tempérament, et dont les règles avaient été arrêtées par une vive frayeur ; aussi le médecin qui soignait cette malade reconnut-il une myélite périodique mensuelle, qu’il attaqua et guérit par des applications abondantes et réitérées de sangsues le long de la colonne épinière, puis par des ventouses scarifiées et par tous les moyens les plus propres à rappeler l’écoulement menstruel.
Il résulte évidemment de tous les faits dont nous venons d’analyser les causes et les symptômes , que la plupart des fièvres intermittentes pernicieuses, comateuse, apoplectique, soporeuse, frénétique, convulsive , délirante , etc., des auteurs anciens et modernes , constituent des congestions inflammatoires ou diverses nuances de phlegmasies périodiques et fébriles, tantôt de la pulpe cérébrale , tantôt de l’arachnoïde; et plus souvent à la fois du cerveau et de ses membranes , ou des organes cérébro-rachidiens. Il est difficile , souvent même impossible, de saisir sur le vivant les différences caractéristiques entre les symptômes de ces deux inflammations , soit parce qu’ elles n’existent jamais dans un complet isolement l’une de l’autre, soit parce que l’arachnoïde ne pouvant nous transmettre sa souffrance que par
(1) Examen des doctrines médicales, 1. 1, 3« édit., 1834,
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rintermédiaire du cerveau , il nous reste toujours à savoir si c’est celui-ci qui souffre primitivement ou secondairement. Cette difficulté dans le diagnostic heureusement n’en est point une pour le traitement ; car, que l’on ait à traiter une encéphalite, ou une arachnitite , ou une méningo-spinite intermittentes , les moyens à employer sont absolument les mêmes. Ce n’est point la difficulté qu’on éprouve à distinguer les unes des autres ces diverses phlegmasies périodiques , qui a été cause des erreurs relatives au traitement de la plupart des faits que nous avons rapportés, puisqu’on ne les a reconnues ni les unes ni les autres ; ces erreurs n’ont guère pu avoir d’autre source que la périodicité même des phénomènes inflammatoires et fébriles , périodicité qui a été cause qu’on les a transformés en des êtres pernicieux essentiels auxquels dès lors on n’a su rien opposer si ce n’est le quinquina, et encore le plus souvent l’a-t-on employé sans méthode et sans précaution.
Il est ^bien important que tout médecin fixe ses idées à cet égard , puisque le succès de sa pratique , puisque la vie de ses malades en dépendent ; en effet , n’est-il pas incontestable , d’après ce que nous venons de voir, que des phlegmasies intermittentes du cerveau et de ses membranes n’ont point été traitées comme elles devaient l’être , et par qui? par des praticiens recommandables, qui s’étant laissé imposer par les phénomènes de l’intermittence , n’ont plus su voir dans ces phlegmasies périodiques que des fièvres pernicieuses essentielles; car combien de fois , sous prétexte d’atteindre des symptômes fébriles et pernicieux, n’a-t-on pas négligé les phlegmasies qui ont tué les malades! S’il est vrai que plusieurs des individus dont nous venons d’analyser la maladie, aient été sacrifiés à de funestes préjugés sur les fièvres intermittentes pernicieuses, s’il est vrai qu’ils, aient été tués par des phlegmasies auxquelles on n’a rien opposé, quelle leçon frappante pour nous ! Combien de tels faits ne devront-ils pas nous faire réfléchir et éclairer notre diagnostic , si jamais nous nous trouvions placés en pareilles circonstances,^ ou si des cas semblables se présentaient dans notre pratique I Or, ce jugement si sévère, qui le porte? C’estM. Bailly lui-mêma ( partisan des symptômes nerveux et intermittents essentiels ) ; c’est lui qui avoue que ce sont des phlegmasies qui ont tué les malades morts de fièvres intermittentes pernicieuses ; c’est lui qui I nous dit ; «Dans tous les cadavres de ceux que j’ai examinés, et
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» qui ont succombé sous Taction d’une fièvre intermittente pernîyi cieuse, j’ai toujours trouvé des signes non équivoques d’une 'h inflammation qui le plus souvent était tellement violente quelle 7> dépassait de beaucoup les lésions inflammatoires qu’on observe » à la suite des fièvres continues, lo
D’où vient que Morton fut si heureux dans sa pratique contre les fièvres intermittentes apoplectiques, comateuses et frénétiques qu’il a observées? IN’ est-ce pas parce que , reconnaissant en elles des inflammations du cerveau et des méninges , il eut recours à un traitement antiphlogistique très actif, aux saignées répétées et aux moyens révulsifs les plus énergiques, avant d’en venir à l’usage du quinquina? Outre le malade sous le
164 , Morton en a soigné plusieurs autres dans des cas semblables , et qu’il a guéris de la même manière. Dans 1 exemple d’arachnitite intermittente double tierce, rapportée par Yandermonde, comment a-t-on obtenu la guérison du malade , si ce n’est en lui pratiquant cinq saignées du bras et une saignée du pied durant les trois premiers jours à dater de l’invasion de la fièvre pernicieuse frénétique? IN’ est-ce pas seulement après ces émissions sanguines repetees que les purgatifs et le quinquina ont pu être utiles pour prévenir le retour
des accès?
D’après les faits qu’il a observés à Rome, et abstraction faite de sa théorie, M. Bailly convient que la saignée est le premier et principal remède contre les fièvres intermittentes pernicieuses, parce qu’il enlève la cause ou V alignent de 1 inflammation j il pense que la saignée pourrait dans beaucoup de cas , surtout dans nos climats, amener une guérison plus solide que le quinquina, si l’on ne voulait faire usage que de l’un ou de l’autre de ces moyens. Il avoue que , dans la constitution de fièvres intermittentes dont îl a été témoin, « il en a fait cesser presque subitement par la » saignée, qui avaient résisté à tous les autres traitements , et que » le quinquina ne réussissait que quand les évacuations sanguines 7) avaient disposé V économie à en recevoir l action. x> Ces conclusions pratiques, auxquelles M. Bailly a ete conduit en observant sur un vaste théâtre de fièvres intermittentes pernicieuses , s’accordent avec l’expérience de plusieurs praticiens recommandables, surtout de Morton, de Lautter, de Senac, de Baglivi, etc., et sont une conséquence naturelle des principes de la doctrine physiologique , principes d’après lesquels des symptômes perni-
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deux, tels que le délire, le coma , les convulsions , la céphalalgie, les contractions , le trouble ou la paralysie du système locomoteur et sensitif, indiquent toujours une lésion idiopathique ou sympathique plus ou moins vive et profonde des organes cérébraux et rachidiens. Celte lésion, d’après les recherches de l’anatomie pathologique , n’est tantôt qu’une congestion inflammatoire aiguë et qui se répète à certains intervalles , tantôt une inflammation plus profonde avec des exacerbations fébriles périodiques , et accompagnée ou non d’épanchement sanguin ou séreux. Dans tous les cas, c’est par l’emploi méthodique et le plus souvent très énergique des moyens antiphlogistiques généraux et surtout locaux qu’il faut commencer le traitement. La saignée doit être répétée jusqu’à ce qu’on ait diminué convenablement la masse du sang , et qu’il n’y ait plus ni dureté , ni plénitude dans le pouls. La saignée de la jugulaire, adoptée par Morton, ne nous parait guère plus avantageuse que celle du bras ou du pied; quant aux saignées locales, le choix du lieu n’est point indifférent j elles doivent être obtenues le plus près possible de l’endroit douloureux; c’est presque toujours à la partie supérieure et latérale du cou , aux tempes, derrière les oreilles , qu’il convient de les appliquer, ciuelquefois à la nuque, et particulièrement sur le trajet de la colonne vertébrale, chaque fois qu’on soupçonne la lésion ou la congestion de la moelle épinière , comme sous le n'^ 181. Quand, au contraire, on a pour but de provocjuer une révulsion , alors on choisit les lieux les plus éloignés de la partie malade, et ceux qui sympathisent le mieux avec elle; c’est ainsi qu on les applique aux pieds , aux jambes , mais surtout au fondement et autour de la vulve dans les cas d’hémorroïdes et de menstrues supprimées, à la suite d’un accouchement laborieux, et toutes les fois qu on peut craindre que l’inflammation de la matrice n agisse sympathiquement sur le cerveau. 11 n’est point lare aussi qu il ne faille poser les sangsues sur la région épigastrique et iléo-cœcale , quand 1 irritation primitive et principale réside dans la muqueuse gastrique ou entéro-mésentérique. Il est bien important dans tous les cas de donner une grande attention aux organ.es digestifs , afin de ne pas s’exposer à augmenter les symptômes cérébraux, en portant des remèdes stimulants là où se trouve une irritation sympathique et quelquefois idiopathique, dont la surexcitation exerce à son tour des influences plus ou moins funestes sur le cerveau et l’arachnoïde.
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Quant aux applications réfrigérantes , et surtout de la glace autour de la télé, il faut être extrêmement réservé sur leur emploi; l’effet de ce moyen est trompeur et sujet à beaucoup d’inconvénients; il est parfois suivi d’une réaction de chaleur telle, que la douleur et les symptômes de congestion cérébrale en sont augmentés d’une manière rapide et funeste, comme sous les 175 et 176. L’emploi des révulsifs est sujet à moins d’inconvénients ; mais il faut éviter qu’ils soient trop violents , et qu’ils portent un agacement ou un ébranlement trop fort sur tout le système nerveux ; il faut éviter surtout, comme sous le n» 170, de les employer trop tôt et trop près des organes affectés; ceux qui conviennent le mieux sont les friction ssèchcs et irritantes à la surface des membres inférieurs, les fomentations, et mieux encore les cataplasmes chauds et sinapisés aux pieds, à la surface interne des jambes, puis les lavements plus ou moins stimulants, et par fois la ligature circulaire des membres.
Remarquons qu’en employant les divers moyens dont nous venons de parler contre les fièvres intermittentes apoplectique , soporeuse, convulsive, etc., ou contre les phlegmasies périodiques de l’encéphale et de ses membranes, on n’aura perdu aucun temps précieux pour l’administration du sulfate de quinine dans les cas où elle sera jugée promptement nécessaire ; car les moyens dont nous venons de parler auront été employés pendant la durée de l’accès, c’est-à-dire pendant tout le temps que l’usage de ce médicament est contre-indiqué. 11 est prouvé d’ailleurs que les préparations de quinquina ne peuvent rien, ou ne peuvent qu’être nuisibles contre un accès pernicieux, dont le malade commence à ressentir les prodromes ; c’est donc sur les moyens antiphlomstiqucs et révulsifs que le praticien doit compter pour en diminuer la violence, et quelquefois empêcher qu’il ne tue le malade. La révulsion portée sur la muqueuse digestive par l’usage des vomitifs et des purgatifs doit être également bannie du mode de traitement à employer durant l’accès , parce que si la muqueuse dieestive n’est point affectée primitivement, elle fest toujours sympathiquement pendant la vive souffrance dos organes cérébraux et rachidiens. C’est un point de pratique que M. Maillot a très bien saisi, et qu’il a contribué à éclairer par des réflexions très sages , en faisant voir tout ce qu’il y avait à cet égard de défectueux dans la pratique de Torti. Non qu’il faille bannir entièrement un moyen de révulsion qui peut devenir très efficace et
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très puissant entre des mains habiles , mais ce n est que dans l’intervalle des accès et quand l’indication du quinquina n’est pas urgente, qu’on peut y avoir recours et procurer ainsi une utile et puissante diversion à l’irritation périodique de l’enccpliale par les purgatifs , surtout ceux dont l’action se fait spécialement sentir sur les gros intestins.
Il n’est point rare que l’emploi méthodique et très énergique des moyens antiphlogistiques ne suffise pour dissiper sans retour des congestions inflammatoires intermittentes des organes encéphaliques. Mais comme le plus ordinairement ils ne font que modérer l’encéphalite et l’araclmitite périodiques, et qu’ils ne les empêchent pas de revenir ou d’éprouver des exacerbations très marquées à des époques régulières , il faut avoir recours plus ou moins promptement à l’administration du quinquina ou du sulfate de quinine pour prévenir ces accès. Le mode d’action de ce médicament par la voie de l’estomac est toujours plus prompt et plus efficace quand il n’y a pas contre-indication , annoncée par la soif, la rougeur de la langue , la sécheresse de la bouche, la chaleur de la peau, un sentiment d’ardeur et de gêne dans la région épigastrique, etc.; dans ce dernier cas, on peut encore quelquefois l’administrer en lavements ; mais il est }dus sûr, dans bien des cas de ce genre, de ne l’administrer qiïen frictions, ou selon la méthode endermique dont nous nous occuperons plus tard avec tous les détails convenables.
Lorsque les accès pernicieux encéphalicjues sont plus ou moins rapprochés les uns des autres , et qu’il ne reste que peu de temps pour l’ingestion du quinquina, il ne faut pas craindre de le donner à hautes-doses, au ris juo de provoquer une légère gastrite ou gastro-entérite. L’expérience a confirmé le succès d’une telle hardiesse, quand elle a pour but d’enrayer promptement une congestion inflammatoire périodicjue très violente du cerveau et de ses membranes, sauf à traiter ensuite par les moyens antiphlogistiques les plus actifs l’irritation portée sur le canal digestif. On voit , dans l’observation sous le n» 126 , que M. Boisseau ne craignit pas , après avoir fait pratiquer plusieurs saignées au malade, de lui administrer des doses énormes do quinquina, au risque de provoquer une gastrite, et bien convaincu qu’il y a des cas d’urgence où un viscère peut être momentanément sacrifié à un autre dont la lésion est plus redoutable , et peut , d’un instant à l’autre, occasionner la mort. Mais
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n faut bien se garder alors de hasarder cette stimulation dans un tout autre but que celui de prévenir le retour des accès par le quinquina ou le sulfate de quinine ; car tout autre stimulant pourrait être fort dangereux. Les vomitifs et les purgatifs, donnés dans cette circonstance, sont presque toujours très nuisibles; ils augmentent l’intensité des phénomènes pernicieux encéphaliques, et peuvent faire succomber promptement les malades. C’est un reproche , dit M. Maillot , qu’on peut adresser à la méthode de Torti , qui compte encore bon nombre de partisans : pendant que, d’une part , on poursuit l’état saburral par les évacuants , de l’autre on néglige de combattre hardiment les congestions périodiques de la muqueuse digestive ; celles-ci vont laissant, à chaque accès, des traces inflammatoires plus sensibles, et qui persistent durant les intermissions ; alors cette membrane encore malade, quand elle est derechef surexcitée par un nouveau redoublement , se phlegmasie rapidement à un degré plus ou moins élevé; de son côté , l’état morbide de l’encéphale suit la même marche; delà une violente gastro-céphalite, une fièvre typhoïde plus ou moins grave et souvent mortelle.
Indépendamment des faits particuliers que nous avons rapportés , nous pourrions, par la relation succincte de plusieurs épidémies de fièvres intermittentes ataxiques ou pernicieuses confirmer les principales règles de traitement que nous venons d’établir.
C’est ainsique la constitution épidémique de Paris , durant l’été de 1709, fit voir beaucoup de fièvres intermittentes et rémittentes tierces et double-tierces malignes, dontles accès étaient caractérisés par des symptômes cérébraux bien évidents , tels que céphalalgie aiguë , délire , inquiétude générale , état de soporosité et de stupeur, nausées, vomissements, douleurs vagues et aiguës dans les membres , etc. Quelque pernicieux que fussent ces symptômes , et quelque régulier que fût leur retour , l’expérience fit voir qu’il fallait bien se garder d’avoir recours trop promptement à l’usage du quinquina. Si l’on différait d’un seul jour , de deux jours au plus , de pratiquer des saignées abondantes aux malades , de les mettre à une diète absolue et aux boissons laxatives acidulés , on voyait bientôt survenir des mouvements convulsifs , des sueurs fétides , et ils étaient perdus sans ressource. Avant d’avoir recours à l’administration du quinquina , on attendait toujours d’avoir obtenu un amende-
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ment très marqué dans les symptômes cérébraux par le traitement antiphlogistique.
C’était tantôt les organes cérébraux, tantôt les organes digestifs, qui étaient primitivement et principalement affectés dans l’épidémie de fièvres rémittentes et intermittentes malignes que Sarcone eut occasion d’observer à Naples en 1764. Les accès de la fièvre chez plusieurs malades présentaient les symptômes suivants ; manie opiniâtre , frénésie, délire , veilles , tremblements, déglutition difficile comme dans l’hydrophobie , douleur fixe et pongitive dans quelques parties de la tête, langue couverte d’un gluten blanchâtre , anxiété, respiration suspirieuse et profonde, peau chaude , souvent couverte de sueurs et de pétéchies , nausées, vomissements, etc. Cette fièvre présentait dans le principe une rémission si longue et si distincte dans sa marche, que le bien-être des malades dans l’intervalle des paroxysmes approchait d’une intermission et d’une apyrexie complètes ; la durée des paroxysmes était de douze, dix-huit ou vingt-quatre heures. Quand on ne lui opposait pas promptement les moyens convenables , le trouble des fonctions intellectuelles dégénérait en léthargie pernicieuse ou en convulsions épileptiques qui amenaient une mort subite. Le moyen le plus efficace contre des symptômes si pernicieux, était la saignée pratiquée le plus promptement possible , et répétée plus ou moins suivant les cas , puis les moyens révulsifs à la peau, et quelquefois sur la muqueuse intestinale par les lavements purgatifs ou quelques légers minoratifs. Sarcone observe que le quinquina ne pouvait être employé avant l’emploi des moyens antiphlogistiques , et qu’il fallait même y renoncer entièrement si ces moyens n’amenaient pas des rémissions de plus en plus sensibles ; ce n’était que dans ee dernier cas , et quand le pouls avait perdu sa dureté qu’il avait recours avec succès à l’administration du quinquina ; et pendant tout ce temps , il faisait continuer la diète délayante aux malades.
Entre le précepte de Sarcone et de M. Broussais, qui consiste à poursuivre par le traitement antiphlogistique tous les symptômes inflammatoires dans le but d’amener et d’attendre une apyrexie parfaite avant l’administration du quinquina , et celui de M. Maillot , qui, dans beaucoup de fièvres pernicieuses et nonobstant les symptômes inflammatoires et le défaut d apyrexie, veut tout de suite administrer ce médicament , nous pensons
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
qu’il faut adopter un terme moyen prudemment et sagement établi suivant les cas, et en se dirigeant d’ailleurs d’après tous les autres préceptes de la doctrine physiologique.
SECTION IL — Observations qui prouvent l’existence
J DES PHLEGMASIES RÉMITTENTES ET INTERMITTENTES DES ORGANES BRONCHIQUES , PULMONAIRES ET CARDITIQUES , SOUS LES TYPES MULTI-QUOTIDIEN , QUOTIDIEN, TIERCE, TIERCE-DOUBLÉ, DOUBLE TIERCE, QUARTE, QUINTANE , SEX- TANE ET OCTANE.
Bronchite intermittente , type multi-quotidien.
No 183. Une fille d’une haute stature, d’une forte constitution, toussait un peu depuis quelques jours : chargée par ses maîtres d’aller faire une commission fort loin de sa demeure , elle y va en courant et revient de même; elle était tout en sueur en arrivant; elle se déshabilla dans une chambre froide et se coucha. Dans la nuit, elle fut prise d’une toux quinteuse des plus violentes. Le lendemain, elle toussa peu ; elle se plaignit seulement d’avoir la poitrine brisée ; elle vaqua à ses occupations habituelles. Mais, dans la nuit, nouvelles quintes de toux plus violentes et plus rapprochées que celles de la nuit précédente.
M. Gauthier de Claubry vit la malade le troisième jour; sa figure était rouge; ses yeux étaient saillants; une toux suffocante la fatiguait; il y avait une oppression considérable , de la fièvre et beaucoup de chaleur. Une saignée fut aussitôt pratiquée, et amena une détente générale. Les symptômes reparurent dans la nuit; une nouvelle saignée, quelques sangsues au cou et à l’épigastre, produisirent une rémission nouvelle. M. Gauthier apprit alors que les quintes de toux arrivaient quatre fols par jour et à des heures déterminées. Il pensa que le sulfate de quinine pouvait avantageusement combattre ces accidents. L’administration de ce remède eut un plein succès; les quintes de toux périodiques disparurent. {Socféféméd.d’émML, février 1833.)
Laryngo-trachéite intermittente et rémittente quotidienne.
No 184. Un enfant mulâtre, de cinq ans et demi , fort et bien constitué, étant enrhumé et enroué depuis trois ou quatre jours, fut pris subitement, dans la nuit du 10 avril 1797, d’un accès de toux, avec difficulté de respirer et resserrement vers le larynx. Vers le matin et dans la journée du 11, il y eut rémission et même cessation des symptômes dont nous venons de parler; mais la nuit suivante, nouveau paroxysme plus violent que le premier. Par le conseil d’une négresse, on fait des lotions avec de l’eau froide sur le creux de l’estomac , et bientôt après les accidents paraissent se calmer. Cependant un troisième paroxysme se manifeste dans l’après-midi, et des lotions froides ne procurent aucun soulagement. On fait prendre à l’enfant de l’huile de ricin; les symptômes continuent et s’exaspèrent encore. M. Valentin est appelé à l’entrée de la nuit; il trouve le petit malade menacé d’une «uffocation prochaine; sa voix était semblable à l’aboiement d’un jeune chien un peu enroué; il portait la main à la partie antérieure du cou ; une légère pression exercée au-dessus du cartilage thyroïde lui causait de la douleur; le pouls était fréquent, les yeux saillants, etc. L’auteur prescrit un bain de jambes sinapisé, des ventouses scarifiées au cou, et deux grains de
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calomélas à prendre toutes les deux heures. L’écoulement du sang, joint à l’irritation locale, modèrent les symptômes : néanmoins il y a seulement rémission, et non pas intermission comme auparavant.
Le troisième jour au soir, dyspnée, toux sèche et glapissante, agitation des bras. On réitère le pédiluve sinapisé, on fait respirer au malade les vapeurs du vinaigre chauffé j on lui fait sur le cou des frictions avec l’éther seul, ou mêlé à l’huile d’amandes douces. La nuit est fort agitée.
Le matin du quatrième jour, rémission. On fait prendre deux petites doses d’ipécacuanha qui procurent des vomissements et une selle. Le soir, exacerbation ; mêmes remèdes que la veille. La nuit suivante est moins mauvaise , la fièvre diminue, la respiration devient plus libre.
La guérison a lieu le sixième jour, sans qu’aucune expectoration se soit manifestée.
Dans l’espace de quatre jours, l’enfant a pris cinquante-quatre grains de calomélas , et n’a pas eu de salivation. [Journal de médecine ^ chirurgie et pharmacie J vol. xvi.)
Toux suffocante avec le type rémittent quotidien.
JSo 185. Galeazzi rapporte qu’un septuagénaire d’un tempérament bilieux, sanguin, d’une habitude du corps assez robuste, adonné au vin, et doué d’un certain embonpoint, fut attaqué d’une fièvre caractérisée par une si grande difficulté de respirer et par des quintes de toux si violentes qu’il ne pouvait rester couché, et qu’il était obligé de se tenir à chaque instant assis sur son lit. Le pouls était dur et fréquent, la langue aride, la voix languissante et rauque; la toux n’était suivie d’aucune expectoration. On tira deux ou trois fois du sang au malade sans qu’il fût beaucoup soulagé; on remarqua seulement que la difficulté de respirer, la fièvre, l’assoupissement, éprouvaient une légère rémission le matin, ce que l’on attribua à la saignée. Mais, dans l’après-midi, tous les symptômes augmentèrent de nouveau ; le malade ne pouvait parvenir à cracher la matière retenue dans le poumon; les urines étaient en petite quantité, elles étaient troubles et rouges ; il n’y avait point de sueur.
La périodicité des redoublements qui se manifestaient dans cette affection fit soupçonner une fièvre intermittente pernicieuse que Galeazzi crut à propos de combattre par le quinquina. Le premier jour, il profila de la rémission des symptômes indiqués pour administrer au malade trois gros de quinquina en infusion dans l’eau de violettes ; le jour suivant, il réitéra la même dose ; le malade eut à peine avalé cette seconde prise, que la difficulté de respirer et la fièvre s’apaisèrent; il eut une expectoration de matière bilieuse et sanguinolente qu’aucun autre médicament n’avait pu susciter; il continua l’usage de l’écorce du Pérou, en diminuant successivement la dose jusqu'à un gros et même un demi-gros. Le malade prit en tout environ trois onces de quinquina ; la matière des crachats devint meilleure, la quantité des urines augmenta considérablement, l’orthopnée et tous les symptômes de la fièvre disparurent.
Autre catarrhe avec le même type.
IS'o 186. Le meme praticien a observé un autre exemple de catarrhe suffocant quotidien chez une femme qui , guérie depuis peu d’une fièvre tierce, voulut reprendre trop tôt ses occupations et sa vie laborieuse; elle fut saisie d’une toux opiniâtre et d’une ditficulté de respirer telle que la malade ne pouvait rester couchée; elle éprouvait en meme temps une fièvre considérable dont les exacerbations avaient lieu régulièrement durant la nuit; elle crachait abondamment une matière épaisse et assez semblable à du pus ;ron
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PHLEGMASIES INTERMITTENTES
avait employé inutilement la saignée, les émollients et les expectorants; Ton croyait la maladeatteinte d’une phthisie commençante, lorsque parle conseil de Galeazzi on lui administra le quinquina à l’époque la plus éloignée des exacerbations ; la malade ne larda point à guérir à l’aide de ce médicament.
Galeazzi fait, des observations dont il s’agit, deux fièvres intermitlenles pernicieuses asthmatiques, et M. Alibert, en les rapportant dans son ouvrage, leur donne le nom de fièvres pernicieuses dyspnéiques. On peut choisir...
Catarrhe bronchique quotidien.
No 187. A la suite d’uue fièvre continue bilieuse, compliquée dés le sixième jour de symptômes de fièvre ataxique, et changée vers le dix-septième jour en fièvre intermittente tierce, madame S*** ayant refusé de prendre du quinquina, éprouva tous les accidents que produisent ces sortes d’aftions prolongées, tels que la langueur, l’inappétence et des œdématiés partielles.
Le Irente-lroiiiéme jour de la maladie, après une promenade faite par un temps froid et humide, madame S*** fut prise d’une toux forte et continue mais sans fièvre ; dés les premiers jours de cette toux, la langueur, l’inappétence, et l’œdémalie de la face et des extrémités disparurent; la malade ne conserva que quelques malaises et de la faiblesse : la toux dura ainsi pendant environ vingt-cinq jours ; les moyens qu’on employa contre elle ne l’ayant pas fait céder, la malade refusa toute espèce de remèdes, et résolut de confier sa guérison au temps et aux seuls efforts de la nature. Au bout de huit jours , la toux prit le caractère périodique et se montra par accès très violents, qui se manifestèrent d’abord tous les jours après midi, et puis toutes les nuits à une heure plus ou moins fixe.
L’accès s’annonçait par des bâillements prolongés, mais du reste rien n’indiquait le plus léger mouvement fébrile ; la toux était très forte, elle durait pendant trois heures au moins, et se terminait par une expectoration assez abondante de matières muqueuses. Quelque temps avant et après l’accès, la malade éprouvait un picotement très douloureux à la gorge, entre le larynx et la partie supérieure du sternum; dans les intervalles des accès la malade .se trouvait parfaitement libre.
M. Courbette, convaincu de la nécessité d’employer le quinquina, parvintà en faire prendre en poudre à la malade; il lui fit en même temps diriger des fumigations toniques vers la gorge. i
La première administration du quinquina , qui fut de trois gros en trois do- î ses différentes, ne fit que diminuer l’accès suivant qui était déjà le seizième accès de la toux périodique dont il s’agit.
Le second jour, on augmenta chaque dose de quinquina d’un demi-gros, j et le dix-septième accès fut retardé de trois heures; il fut moins intense. Le quinquina provoqua plusieurs évacuations alvines bilieuses.
Le troisième jour de l’administration du kina, chaque dose de ce médicament fut portée à deux gros. La première dose qui fut administrée donna lieu i
à de fortes coliques, suivies de deux ou trois selles bilieuses. On ajouta aux i
deux suivantes un demi-grain d’extrait gommeux d’opium : les coliques ne j se déclarèrent plus , et l’accès n’eut point lieu.
Le quatrième jour, mêmes moyens; l’accès revint plus tard, et la toux fut peu intense.
Le cinquième jour et les suivants, mêmes moyens encore ; l’accès n’a point iig reparu. On continua l’usage du quinquina pendant onze jours , en ayant soin fi^ de diminuer graduellement les.doses de ce médicament. (Courbette, Journal Im yénéral de méd., t. xxv.)
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Aiitre catarrhe intermittent quotidien.
N® 188. Le docteur Coquereau, dans un Mémoire de la Société royale de médecine pour 1778, rapporte qu’il a traité une demoiselle d’un vrai catarrhe intermittent qui a duré plus de six semaines. Il s’annonçait par une toux violente qui attaquait la malade tous les jours régulièrement à minuit et finissait le matin.
Pendant tout ce temps , cette demoiselle éprouvait une oppression considérable, une chaleur brûlante, sans cependant avoir jamais eu d’accès de fièvre bien décidés. La journée était calme. Le catarrhe prit enfin sa marche ordinaire et uniforme, lorsque, à l’aide du quinquina, on eut détruit la périodicité.
Autre catarrhe bronchique quotidien, '
No 189. Ridley a observé également une toux intermittente chez un enfant qui en était pris tous les jours régulièrement et avec une extrême violence. Cette toux présentait tous les caractères de la coqueluche ; il parvint à la guérir par le moyen des vomitifs. {Observât, médîc, pratic., obs. 20.)
Catarrhe périodique avec des accès quotidiens.
No 190. Une jeune personne ûgée de douze ans éprouva quelques prodromes de peu d’importance , et fut ensuite atteinte d'une toux sèche , d’abord très fréquente et accompagnée d’une fièvre vive. Une douleur assez intense avait lieusouslesternum,etaugmentaitpar la toux, par l’action de parler, etc Les ^tccidents existaient à peine le matin ; le soir au contraire ils étaient graves : respiration laborieuse, difficile; la fièvre, nulle jusqu’à trois heures après midi, était intense à cinq heures du soir. Déjà l’affection durait depuis quatre jours : la toux étaitmoins sèche, mais conservait toujours ce caractère remarquable de périodicité : quinze sangsues sur la région de la trachée , la diète, le repos, des boissons et des fumigations émollientes, n’empêchèrent pas le retour des accès; deux jours après, le mal fut en empirant, bien que le pouls, plus accéléré, fût plus faible. Neuf grains de sulfate de quinine furent administrés en trois doses, le septième jour, et dans l’intervalle des accès; l’accès fébrile et la toux retardèrent de trois heures. Même dose de sulfate de quinine le lendemain; le paroxysme n’eut pas lieu. L’usage du quinquina fut continué pendant trois jours. Convalescence parfaite au bout de quelques semaines; accès de fièvre manifesté par un frisson qui dure une heure, suivi d’une chaleur qui se prolonge plusieurs heures, et d’une sueur abondante. Aucune trace de phlegrnasie abdominale. Le jour suivant, la malade est bien; un nouvel accès se manifeste le surlendemain du premier paroxysme. Deux nouveaux accès très marqués de fièvre intermittente ont lieu sans toux et sans aucun signe physique ou rationnel de catarrhe pulmonaire. Le sulfate de quinine, administré de la même manière que dans la toux périodiqi e avec le type quotidien, supprima parfaitement cette fièvre. (Piorry, Journal compl.y 1827.)
Bronchite , tijpe quotidien et tierce.
No 191. La fille de M. G***, âgée de six ans, était tourmentée depuis plusieurs mois d’une fièvre tantôt tierce, tantôt quotidienne, qu’on avait toujours combattue par lessels de quinquina, sans aucune espèce de traitement local. Deux ou trois heures avant le frisson, celle enfant était assaillie par des quintes de toux fortes et continuelles. Lors de ces diverses rechutes, on aurait pu les prédire par la naissance d’une toux catarrhale sèche et vive qui se déclarait
IH'ÆGMASIES IN TEEMITTENTES
quifre ou cinq jours d'avance. Je n’administrai le fébrifuge qu’après un traitement antiphlogis’ique ; ce fut avec un plein succès. La toux ne reparut plus ; l’embonpoint, la gaieté, l’appétit revinrent. ( Chauffard , Traité sur les ' fièvres essentielles , 1825.)
Fluxion de poitrine ou catarrhe intermittent quotidien.
No 192. Je fus appelé , le 8 décembre 1831 , pour voir la femme du sieur B..., âgée de quarante-cinq ans, d’un tempérament sanguin, et qui, disait-on, souffrait beaucoup depuis deux jours par suite d’une imprudence qu’elle avait commise en s'exposant toute suante à un courant d’air froid. Elle présentait - à mon arrivée les symptômes suivants : toux presque continuelle et accompagnée d’une expectoration abondante de mucosités; poitrine douloureuse dans la plus grande partie de son étendue, mais principalement à la région sternale ; céphalalgie atroce, ligure rouge, yeux injectés, pouls plein et dur , peau brûlante, soif vive, bien que la langue fût humide et blanche ; constipation et coliques légères. Je pratiquai sur-le-champ une saignée du bras; je lis couvrir le thorax d’un cataplasme de farine de graine de lin ; je prescrivis pour le reste de la journée unjulep béchique, des sinapismes autour des malléoles, un lavement émollient, et une infusion de fleurs de mauve édulcorée avec le sirop de gomme pour boisson. Sous l’influence de ces moyens, et probablement aussi par la nature même du mal, les accidents diminuèrent à vue d’œil, et se dissipèrent dans la soirée. La nuit fut excellente: mais le lendemain, vers les sept ou huit heures du matin , les désordres observés la veille se reproduisirent, avec celte différence pourtant que la douleur de tête était peu prononcée, et que celle de la poitrine avait considérablement augmenté. Les circonstances étant à peu prés semblables , je tins la même conduite ; et , comme le jour précédent, le calme ne tarda pas à se rétablir dans l’économie.
Celle alternative de cessation et de reproduction des phénomènes morbides , ne me permettant pas de douter que je n’eusse affaire à une affection intermittente, je me hâtai de recourir au sulfate de quinine : 12 grains furent administrés dans une potion gommeuse, et l’accès qu’on attendait le 10 manqua. La guérison, selon toutes les apparences , eût été dés lors complète et prompte; mais la femme B..., effrayée de la cherté du remède que je lui avais prescrit, n’ayant plus voulu en faire usage, une rechute eut lieu le 13 Le retour des accidents, mieux que mes avis, détermina la malade à revenir au sulfate de quinine; elle en prit de nouveau 12 grains, et celte dose suffit encore pour supprimer la fièvre et la toux. Il n’y eut pas cette fois de récidive, parce qu’on eut la sage précaution de continuer l’emploi des fébrifuges pendant quelque temps. (Bonnet, Traité des fièvres interm, 1835.)
^ Toux avec le type double-tierce,
No 193. Franz-Home a vu un exemple de toux qui récidivait de deux jours run;avec redoublement de fièvre etd’oppression. Cette toux survenait lanuit et durait chaque fois une heure et demie; elle revenait de telle sorte que , l’accès du premier jour et celui du troisième étaient très forts, celui du second et du quatrième plus faibles. [Comment, de reh. in medic. gest , vol. ix.)
Affection de la muqueuse pulmonaire , type tierce doublé,
N° 194. M. Th..., âgé de vingt-huit ans, maigre et d’une santé délicate, demeurait à un rez-de-chaussée, ayant été plusieurs fois, et particuliérement au printemps, atteint de maladies de poitrine qui faisaient craindre une phthisie pulmonaire, s’exposa au froid après un exercice pénible et pendant une transpiration abondante. Après plusieurs jours de malaise, il eut, le 28 mai
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1824, au matin, un peu de toux avec dyspnée, et une forte douleur derrière le sternum. Ensuite survint une sueur très fétide qui dura sept heures et pendant laquelle il fut obligé de changer douze fois de linge. La poitrine et toutes les parties supérieures du corps étaient particuliérement baignées de sueur; les jambes étaient presque sèches. Le malade se leva ensuite sans éprouver le plus léger affaiblissement. Vers sept heures du soir, le malaise, le frisson, et ensuite la chaleur sèche, marquèrent un second accès, qui dura jusqu’à onze heures, et pendent lequel la toux et les autres accidents de poitrine furent moins intenses. Le sommeil le plus calme suivit cet accès. Le bien-être fut très grand dés le lendemain , et M. Th... se félicitait de la sueur abondante qui, disait- il, l’avait délivré de tous les accidents à craindre après une transpiration arretée. Le 31 mai et le 2 juin, accès semblablesà celui du 29, accroissement des douleurs de la poitrine , de la dyspnée et de la toux , qui se prolongèrent quelque temps après les accès. Boissons mucilagineuses, quinze sangsues à l’anus, looch blanc. Le 4 juin, l’accès du matin est accompagné d’un crachement de sang peu abondant, qui reparut également le 6. Ces deux derniers accès furent suivis de malaise, d’un grand affaiblissement et de tristesse ; la toux fut presque continuelle. Les accès du soir ne furent marqués que par quelques bâillements , de la tristesse, et plus de malaise. Sulfate de quinine, dix-huit grains en trois doses et en vingt-quatre heures. L’accès du 8 manque entièrement, à la grande surprise du malade , qui était resté fort tard au lit pour l’attendre. Depuis lors, tous les accidents, la toux exceptée, disparurent complètement. La toux cessa vers le 15 , et M. Th .. n’a pas cessé de jouir depuis lors et jusqu’à ce jour , 26 juin , de la plus parfaite santé. (Goupil, Nouvelle biblioth médic.^ t. v )
Bronchite intermittente tierce,
N* 195. Coffigneaux (Jean) , âgé de vingt-quatre ans , d’un tempérament bilioso-sanguin, d’une forte constitution, soldat au train d’artillerie, entra à l’hôpilal le 17 mai 1826. Il éprouvait depuis plusieurs jours des douleurs dans la tête, les reins et le long du sternum , un sentiment de fatigue dans les membres, delà toux, de la difûculté de respirer, de la fièvre avec frisson, chaleur et sueur; à cela se joignaient de la soif et de l’inappétence. Le 18, même état. Diète, orge mondé nitré, julep pectoral, saignée du bras de 12 onces, lavement. Le 19 , persistance de la céphalalgie, diminution de la douleur des lombes et de la poitrine, pouls dur, un peu fréquent; peau chaude, étourdissements, bouche amère, deux selles, urines briquetées; du reste, même état. Bouillon , pédiluves sinapisés , 12 sangsues aux tempes. Le 20, amendement très prononcé. Même traitement, sauf les sangsues. Le 21 , toux , respiration douloureuse et difficile , fièvre. Diète le matin, bouillon le soir, camomille édulcorée. Le 22 , apyrexie , respiration naturelle. Deux pots de tisane, deux bouillons. Le 23, réapparition de la toux et de la dyspnée, fièvre très intense. Diète, camomille le matin, limonade le soir. Le 24, apyrexie. Le 25, accès léger sans symptômes locaux. Limonade végétale , sulfate de quinine, six grains. Le 26 , nouvel accès. Même traitement. Les 27, 28 et 29 , apyrexie. Continuation du sulfate de quinine, bouillons. Le 31 , convalescence. Soupes, pruneaux. Les jours suivants, aliments solides. Le 5 juin , vin de quinquina, que l’on continue pendant six jours. Le 8, demi-portion. Le 10, trois quarts. Le 12, portion de sortant.
M. Van Dekèere rapporte encore une autre observation semblable recueillie l’une et l’autre dans les salles de M. Begnault, médecin en chef de 1 hôpital de la Garde Royale. {Journal univ. des sciences 7néd-, t. xlvii.)
PIILEGMASIES INTERMITTENTES
; Affection catarrhale et péripneumonique , type tierce.
196. Un berger, nommé Jauffret, âgé de quarante-six ans, d’une forte conslitulion, revenant de porter un fardeau de linge mouillé sur les bords du Rhône, à un quart de lieue de son habitation, fut pris, le 26 juillet 1827, d’un violent frisson qui dura prés d’une heure, et à la suite duquel il commença à éprouver un point douloureux au-dessous du sein gauche , accompagné d’une toux sèche, très fréquente , et qui le fatiguait beaucoup. S’apercevant que cette douleur augmentait d’intensité, il se mit au lit. Je vis le malade à dix heures du malin, trois heures après l’invasion du frisson; il présentait alors les symptômes suivants : rougeur vive des pommettes , toux saccadée avec expectoration purement catarrhale, dyspnée. La toux , la percussion et les mouvements inspiratoires augmentaient le point de côté; pouls fréquent et plein, peau brûlante et sèche ; sonoréilé des parois thoraciques dans toute leur étendue, bruit respiratoire moindre à gauche qu’à droite. Quinze sangsues sur le point douloureux, tisane d’orge gommée , looch blanc. A deux heures après midi , la toux était devenue plus fréquente; le malade expectorait des crachats rouillés, visqueux et adhérents entre eux, mais se détachant facilement des parois du vase. Il était survenu du râle crépitant à gauche dans toute l’étendue du lobe inférieur de ce côté; persistance du point douloureux, augmentation de la dyspnée. Je pratiquai sur-le-champ une large saignée , après laquelle le malade parut un peu tranquille ; mais au bout d’une demi-heure, tout empira; les facultés intellectuelles se troublèrent ; le malade était prés de suffoquer ; les crachats expectorés depuis ne se détachaient plus du vase et avaient pris une teinte rouge plus prononcée. Je ne revis le malade qu’à six heures du soir ; la peau était déjàclevenue moite; elle fut bientôt couverted’unesueurabondante qui dura toute la nuit. Dés ce moment, rémission de tous les symptômes ; les crachats redevinrent purement muqueux ; ils se détachaient facilement du vase, quoique adhérents encore entre eux ; le râle crépitant ne se faisait presque plus entendre. Le lendemain matin, la fièvre avait complètement disparu, et avec elle tous les symptômes de péripneumonie. La cessation simultanée de la fièvre et des symptômes pleuropneumoniques,le peu de succès que nousavions retiré des évacuations sanguines , la rareté ou l’absence ordinaire des affections vraiment inflammatoires dans la saison où nous nous trouvions, enfin l’épidémie de fièvres intermittentes graves qui régnait alors , me portèrent à considérer cette maladie comme une véritable fièvre pleuro-pneumonique pernicieuse. Je me hâtai donc de prescrire une poudre composée avec quinze grains de sulfate de quinine et un gros de résine de quina, à prendre dans les vingt-quatre heures. Le malade se refusa obstinément à suivre mon ordonnance, prétextant que le remède serait au moins inutile , puisqu’il ne sentait plus aucun mal. La journée du 27 se passa très bien , et cet homme se félicitait déjà de s’être montré sourd à mes représentations; mais le 28, à sept heures du matin, un frisson semblable à celui qu’il avait éprouvé le 26 à la même heure vint ouvrir la scène du second accès, plus sensible encore que le premier. La marche des symptômes, quoique graduée, fut extrêmement rapide : à midi , cinq heures après l’invasion de la fièvre , tout paraissait désespéré; gêne extrême de la respiration, voix haletante , expectoration nulle, son mat de tout le côté gauche, râle muqueux sur les clavicules, face pâle avec une légère nuance de lividité, pouls très accéléré, mais facilement déprimable; peau plutôt froide que chaude, langue humide, couverte d’un enduit brunâtre; prostration considérable. Deux sinapismes aux jambes ; décoction de deux onces de quina dans huit onces d’eau, édulcorée avec deux onces de sirop de quinine A trois heures, retour de la chaleur,
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pouls plus plein, moins facile à déprimer; face plus colorée , expectoration de quelques crachats rouillés extrêmement tenaces. Les autres symptômes persistent. Vers les cinq heures, la peau se couvre d’une légère moiteur; bientôt une sueur des plus abondantes s’établit; tous les symptômes diminuent et disparaissent entièrement dans le courant de la nuit. Le 29 au matin, le malade était sans fièvre; seulement le son était encore mat à la partie postérieure et inférieure gauche de la poitrine, et le bruit respiratoire ne se faisait pas aussi nettement entendre dans le lobe inférieur de ce côté. La poudre fébrifuge , que le malade avait refusé de prendre le 27 , lui fut administrée dans la journée, de deux en deux heures , et par doses successivement décroissantes. La fièvre ne revint plus ; la toux, accompagnée d’une expectoration purement muqueuse, mais très abondante, persista encore trois ou quatre jours , au bout desquels cet homme se trouva assez bien pour reprendre ses occupations ordinaires. (Grégoire, Mémorial des hôpitaux du Midi, 1829.)
Toux intermittente quarte.
N° 197. Un jeune homme âgé de dix-neuf ans , pendant le mois de janvier 1731, avait une fièvre quarte, dont les accès étaient précédés par une toux sèche qui se manifestait deux heures avant le développement de la fièvre , et qui continuait à être très forte durant chaque accès , jusqu’à l’époque de la chaieur. Pendant tout le temps que durait la chaleur , et pendant les deux jours qui séparaient les accès, le malade était calme et exempt de toux. Tout se passait de la même manière, à des intervalles déterminés, et de telle sorte que, si la toux qui précédait l’accès de fièvre était violente, la fièvre présentait beaucoup d’intensité; si la toux, au contraire , était modérée, la fièvre l’était aussi. Si, par l’usage du quinquina, l’on venait à supprimer la toux, on était sûr que la fièvre elle-même n’avait plus lieu.^ Si la toux , après un long intervalle de temps, se manifestait de nouveau , on pouvait s'attendre à voir la fièvre reparaître également. On pouvait d’avance reconnaître par cette toux les récidives de la fièvre qui était assez souvent occasionnée par l’intempérance du malade. (Strack, Observât, medic. de febr. intermitt. , obs. 41.)
Le même auteur rapporte un autre exemple semblable qu’il observa, pendant le mois de mars 1753, chez un enfant de trois ans.
Pneîimoyiie rémittente quotidienne. ( Febris intermittens plithisi
pulmonali simillima.)
No 198. Je vis, vers le milieu du mois d’avril 1753, une fille, âgée de vingtquatre ans, qui avait perdu depuis long-temps son embonpoint, sa beauté et ses couleurs ; sa face était devenue pâle , jaunâtre. On lui voyait le matin un gonflement autour des yeux produit par l’infiltration des paupières; et le soir, ses pieds étaient enflés autour des malléoles. La respiration de la malade était habituellement gênée; elle devenait douloureuse et difficile au moindre mouvement; des douleurs se faisaient ressentir dans toute la poitrine; elle toussait le malin, et surtout le soir; son pouls était petit et fréquent. Mais tous les jours, à trois heures après-midi, la malade ressentait du frisson dans les membres; il y avait exacerbation des symptômes indiqués , ensuite chaleur par tout le corps , et sueur qui avait lieu pendant la nuit, et qu’on observait particulièrement autour de la poitrine et de la tête. Cette sueur n’avait pas l’odeur qu’elle a coutume de prendre dans les fièvres intermittentes; bien loin d’avoir du dégoût pour les aliments, la malade , au contraire, les appélait plus qu’à son ordinaire. Les urines n’étaient ni
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
rouges, ni troubles, ni sédimenteuses ; mais elles étaient ténues, limpides et de couleur naturelle.
Informé que la sœur de la malade était morte de phthisie pulmonaire, et que son père crachait habituellement du pus, je jugeai d’abord que la phthisie était héréditaire dans sa famille, et que la malade elle-même en était attaquée. Cette maladie datait du mois de septembre dernier, époque à laquelle la malade s’était refroidie en buvant de l’eau froide après s’être beaucoup échauffée en dansant; depuis ce temps elle avait toujours eu la fièvre; mais celte fièvre s’étant réglée, et ayant coutume de paraître et de cesser périodiquement à des époques déterminées; observant d’ailleurs que les moyens qu’on avait employés contre elle avaient été sans succès, puisque la malade n’avait cessé de maigrir et avait été exténuée par la maladie, jereconnus que cette femme était atteinte d’une fièvre intermittente , qui se cachait sous une apparence de phthisie; parce que la cause de cette dernière maladie avait aussi coutume de produire des fièvres intermittentes; parce que la phthisie pulmonaire avait des redoublements périodiques; enfin parce qu’il était survenu du dégoût pour les aliments, et que l’urine était devenue rouge et briquetée. Je me décidai donc à faire administrer, à forte dose, le quinquina, qui arrêta très promptement la fièvre dontil s’agit; je conseillai ensuite à la malade de faire usage de cette écorce pendant assez long-temps. La malade ayant suivi mon conseil, ne tarda point à reprendre son embonpoint, et à voir couler avec abondance ses régies qui étaient arrêtées depuis quatre mois. (Stract, Observ.de febr. intermitt., obs. 58.)
Pleuro-pneumonie intermittente quotidienne.
N<5 199. Une femme, âgée de soixante-quatre ans, d’un tempérament faible et humide, sujette à des catarrhes tenaces , eut durant sa jeunesse de fréquentes migraines, et fut souvent affectée de fièvre tierce qui céda toujours à l’usage du quinquina.
Cette femme était malade depuis huit jours , lorsque le docteur Mattheï fut appelé pour lui donner des soins. Ce médecin reconnut une fièvre quotidienne dont les accès commençaient à trois heures après le dîner, et se prolongeaient jusqu’au lendemain matin. Il observa durant les accès les symptômes suivants: froid, tremblements, pouls fébrile; toux vive et suffocante; douleur aiguë, pongitive dans le côté droit de la poitrine ; crachats muqueux légèrement teints de sang; respiration courte, laborieuse et pénible; situation verticale du tronc et impossibilité d’en prendre toute autre; langue aride ; soif extrême, nausées ; urines pâles; sentiment obtus ; douleur gravative de la tête, et abattement général.
Aux symptômes précédents succédaient une chaleur générale, un pouls large , mou et ondoyant; enfin la moiteur de la peau annonçait la sueur qui terminait l’accès. Pendant que la chaleur s’établissait, tous les symptômes qui s’étaient présentés durant la première période de l’accès diminuaient successivement et finissaient par disparaître après d’abondantes sueurs. Mattheï prescrivit à la malade l’usage du quinquina en poudre, sous forme de mixture avec le laudanum , à la dose d’une demi-once en quatre prises. Les deux dernières prises furent rejelées; néanmoins l’accès suivant fut moins intense et moins long ; deux gros d’extrait de quinquina dissous dans une eau spiritueuse et unis à un demi-gros d’éther sulfurique, parvinrent à supprimer la fièvre , la toux , le point de côté , la difficulté de respirer, etc.; on continua l’usage du quinquina en décoction pendant huit jours, et la malade fut entièrement guérie. (Journal de la société médico-chirurgicale de Parme, t. ii.)
internes.
On trouve dans le même tome de ce journal une observation semblable à la précédente, recueillie par le docteur Ange Bonardi, avec celte différence que le type de la phlegmasie et de la fièvre était tierce au lieu d’être quotidien , et que l’auteur est parvenu à la guérir à l’aide des antiphlogistiques seulement, bien que l’intermittence fût manifeste.
Les auteurs de ces deux observations en font des fièvres essentielles quetidienne et tierce, compliquées de pleurésie.
.. Péripneumonie rémittente quotidienne. (Fièvre pernicieuse f dypsnéique.)
N® 200. Pierre Cornet, menuisier, âgé de trente-deux ans, d’un tempérament lymphalico-nerveux , jouissant d une bonne santé, éprouva, le 10 septembre 1822, sur les six heures du soir, un vif frisson, une toux très intense et une grande difficulté de respirer. Il passa une très mauvaise nuit; il fut obligé de rester assis sur son lit. Le 11 au malin , il se trouva mieux , mais il devint très mal vers les cinq heures de l’aprés-midi. Je fus appelé [)our lui donner mes soins. Voici ce qu’il me présenta : toux très opiniâtre, respiration difficile et très laborieuse , impossibilité de rester couché, pouls dur et fréquent, langue sèche. Un vif frisson avait précédé ces symptômes. Saignée du bras, eau de poulet édulcorée avec le sirop d’orgeat, lavement émollient.
Le 12 au matin, la toux et la dyspnée avaient cessé ; la langue était belle et humide. Le malade mouilla deux chemises. Même boisson, diète absolue, lavement. A trois heures après-midi la scène était totalement changée. Froid très vif, toux sèche et extrêmement fatigante, respiration très difficile, pouls très fréquent, langue sèche. Ces symptômes allèrent en croissant jusqu’à dix heures du soir ; ils disparurent à quatre heures du matin. Sinapismes aux pieds, looch gommeux, même boisson. Le 13 au matin, je trouvai le malade assez bien. Il avait mouillé trois chemises; il était très abattu; il souffrait encore un peu de la poitrine. Sa langue était nette et huinide. L’intermittence manifeste des redoublements me fit soupçonner une fièvre pernicieuse qu’il était instant d’enrayer, attendu que le dernier accès avait anticipé de deux heures et qu’il avait failli emporter le malade. Je prescrivis douze grains de sulfate de quinine que je divisai en trois prises, et qu’on donna en trois fois à deux heures de distance, dans une solution de gomme arabique ; la dernière prise fut donnée à dix heures. Le looch et la même boisson furent continués. A midi et demi l’accès revint , il fut très violent ; il dura jusqu’à onze heures. La toux seulement fut moins fatigante. Looch gommeux. Le 14 au malin, mieux-être très sensible. Je prescrivis huit grains de sulfate de quinine , qu’on donna sous la même forme. L’accès revint à neuf heures ; il fut très court et beaucoup moins violent ; il cessa à trois heures. Le malade sommeilla. Le 15, quatre grains de sulfate de quinine. L’accès manqua ; la nuit fut calme.
Le 16, Pierre Cornet était parfaitementbien II prit deux bouillons. Depuis celte époque, il jouit d’une excellente santé. Les accès n’ont pas reparu. Il a recouvré son appétit et ses forces. (Lavielle, Journal général de méd. ,
t. LXXXVII. j
f Pneumonie intermittente quotidienne.
N® 201. Le docteur Borville fut appelé pour voir, à Saint-Brice, le nommé Forel, âgé de soixante-huit ans, d’une constitution sanguine et nerveuse, habitant un endroit marécageux, journellement exposé aux alternatives d’une température fraîche le malin, très chaude à midi, froide et humide le soir. Ce malade , depuis trois jours , était attaqué régulièrement vers trois heures après-midi d’un accès présentant les sjmptômes suivants:
PIILEGMASIES INTERMITTENTES
frissons de deux heures , chaleur générale, douleur fixe et profonde vers la partie latérale droite et moyenne du thorax , oppression , respiration petite et fréquente, toux, expectoration de crachats sanguinolents , son un peu mat, râle crépitant bien sensible au stéthoscope vers le côté malade; respiration puérile au-dessus et au-dessous de ce même endroit, rougeur de la pommette droite, céphalalgie, pouls fréquent, dur, un peu serré; soif, nausées légères; langue rouge sur les bords et à la pointe, blanche au centre , palpitations épigastriques, urines rouges. La chaleur et les sueurs survenaient ensuite avec la diminution progressive des symptômes précédents, durant la dernière période de l’accès, le malade rendait des urines à sédiment briqueté, et, à l’exception d une grande faiblesse, il ne souffrait point durant l’intermittence, qui durait environ depuis quatre heures du matin jusqu’au moment de l’accès.
Les adoucissants avaient été prescrits et une saignée pratiquée au malade par M. Ilernu, quand M. Borville fut appelé en consultation. Ils reconnurent ensemble la nature inflammatoire et la marche intermittente de la maladie, qui fut combattue avec succès par les applications de sangsues sur les points douloureux, parles boissons adoucissantes , et le sulfate de quinine administré à la dose de dix grains une heure - près la sueur, la langue était large et pâle, la soif nulle, et tous les symptômes d’irritation avaient cessé. Le malade, soumis à un régime convenable et soustrait aux variations atmosphériques, ne tarda pas à être entièrement guéri. [Annales de la méd- physioL» t. IX.)
Pleuro-pneumonie quotidienne.
No 202. Mathurine Chauvau, orpheline, âgée dedix sept ans etdemi, maigre, pâle et peu développée, fut reçue à l’hôpital des enfants malades^ te 7 février 1818. Elle avait eu déjà quelques accès de fièvre, et peu de jours après son arrivée, elle fut prise d’un frisson qui, après une demi-heure de durée, fit place à la chaleur fébrile, qui fut elle-même suivie d’une abondante sueur. Cinq heures comprirent la totalité de l’accès. Dés lors les accès se répétèrent peu régulièrement, se rapprochant un peu du type quarte; ils paraissaient vers le soir , et chaque fois avançaient davantage dans la nuit. On administra chaque jour deux gros de quinquina , divisés en trois doses. Un ou deux accès reparurent, mais très courts et très faibles, et suivis d’une apyrexie complète pendant dix à doiizejours. L’usage du quinquina avait été abandonné depuis trois ou quatre jours, lorsque se montra vers midi un accès assez violent Lequinquina fut ordonné le lendemain, mais la deuxième prise en fut vomie (le frisson avait déjà saisi la malade), et l’accès se décida à onze heures du malin; en même temps se développa une douleur assez forte avec toux et dyspnée peu considérable ; ces symptômes se dissipèrent avec la sueur. Le jour suivant, 22 février, troisième accès vers la même heure; le quinquina est eno-ore vomi; la douleur qui s’était montrée la veille reparaît avec beaucoup plus d’intensité; la respiration et la parole sont entrecoupées, la dyspnée est considérable à cause de l'accroissement de douleur
qui dCcômpâgnG îês môiivemènls du îaorax; îa percussion donné un soii clair (pleurésie), et cause de la douleur; le pouls est fréquent et dur. Boissons pectorales, émulsions, etc.; six sangsues sont appliquées sur le point douloureux; la fièvre devient continue, la douleur persiste et l’anxiété s’accroît de plus en plus ; la malade peut à peine parler. Le malin du 23 février, on applique un vésicatoire loco dolenti. Le mal augmente d’une manière sensible, et le soir le malaise est extrême. Les deux jours suivants , les souffrances diminuent, mais le pouls faiblit; la toux cause toujours beaucoup de douleur. Le 26 février au soir, le pouls est inégal, d’une excessive fréquence; la malade est couchée sur le côté droit. La pâleur, qui n’a cessé que passagé-
INTERNES
remeilt dans les paroxysmes fébriles, est maintenant excessive; la peau est toujours sèche, mais la chaleur en est modérée. Dans la nuit, accroissement de la prostration ; la malade s’éteint peu à peu.
Examen anatomique. — Le 28 février au matin , pâleur générale, flaccidité des membres; signes de puberté peu apparents. Le côté droit du thorax, contenait environ une demi-livre de sérosité trouble et chargée de flocons albumineux; une couenne grisâtre couvrait le poumon et la plèvre costale; le poumon droit était compacte , grisâtre et solide dans sa totalité; on en déchirait aisément le tissu , il gagnait le fond de l’eau. Tous les autres organes paraissaient sains; le canal digestif n’offrait aucune lésion visible; l’anus était environné d’ulcérations et d’excroissances lisses, arrondies et de couleur bleuâtre. (Dugès. Essai physiol. pathol. sur la nat. de la fièvre^ etc., t. II.)
Pleurésie rémittente quotidienne.
No 203. Mademoiselle L***, âgée de douze ans, d’une taille élevée, habitant une maison bâtie sur le penchant d’une colline, jouissait habituellement d’une santé délicate ; elle éprouva, vers le mois d’avril dernier, un catarrhe pulmonaire, accompagné tous les soirs de légers redoublements fébriles. L’usage des boissons chaudes mucilagineuses dissipa au bout de quelque temps cette incommodité, et la petite malade, parfaitement rétablie, reprit ses courses habituelles ; ce ne fut pas sans en abuser ; elle les prolongea un soir, une heure après le coucher du soleil, et resta exposée tout ce temps à la fraîcheur de l’air. La nuit, fièvre violente avec douleur intense au côté du thorax, chaleur brûlante , langue sèche et rouge, forte altération; tel fut l’état dans lequel je trouvai la malade. Le soir, application de huit sangsues sur la douleur; cataplasme émollient après la chute des sangsues. Une abondante effusion de sang occasionna plusieurs syncopes qui alarmèrent les parents. L’écoulement cessa bientôt, et la malade, reprenant ses sens, n’éprouva sur le côté douloureux qu’un léger sentiment d’embarras. La fièvre a presque entièrement disparu. Le lendemain survient un nouveau redoublement qui ramène la douleur et la toux, mais à un moindre degré que la veille. A la chute du redoublement qui avait lieu vers le milieu de la nuit, la malade dormait d’un sommeil paisible, et ne toussait qu’à de longs intervalles. A son réveil, le mieux se soutenait et se prolongeait jusqu’à midi. La douleur thoracique avait cédé aux sangsues, et n’avait été que faiblement ressentie dans les redoublements consécutifs. Nous espérions conduire la malade à la guérison par l’usage seul des boissons mucilagineuses, quand le troisième accès nous désabusa. Tous les symptômes du premier reparurent; la douleur thoracique fut remplacée par un délire violent; dés lors plus d’incertitude sur les moyens propres à prévenir le danger. Ne pouvant administrer le sulfate de quinine à l’intérieur, nous suppléâmes par une solution de ce sel dans l’alcool affaibli, qu’on employa en frictions sur la partie Interne des cuisses. Au déclin du redoublement, elles furent commencées et reprises trois fois dans le temps de la rémission ; on employa dans l’intervalle d’un redoublement à l’autre, douze grains de sulfate de quinine, dans cinq onces d’eau-de-vie. Cette médication fut suivie d’un succès inespéré. Le redoublement suivant fut moins violent et moins long que le premier. Douze autres grains de sulfate de quinine furent encore employés comme les premiers, et la fièvre disparut sans retour. On continua encore les frictions en moindre dose, pendant huit jours. (Descrimes. Revue médicale.)
Pleurésie intermittente quotidienne.
N’o 204, Roch Antoine , deux heures après son entrée à l’hôpital, est pris d’un frisson violent avec douleur pongitive au côté droit de la poitrine. Tous
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
les phénomènes d’un accès de fièvre se développent successivement. Il se termine sur les cinq ou six heures du malin ; avec lui disparaissent le point de côté et quelques crachats écuineux et sanguinolents ; mais le son de la poitrine demeure obscur dans l’endroit affecté. Saignée et hydromel ; bonne journée. Le lendemain, dans l’aprés-midi et à la même heure, retour des mêmes phénomènes ; confirmation du caractère intermittent de cette phlegmasie. Sur le déclin de l’accès, trente sangsues au-dessous du mamelon droit, hémorrhagie abondante. Troisième accès moins intense et sans crachement de sang. Sulfate de quinine. Convalescence. (Chauffard. Traité surlesfièvr,)
Pleurésie rémittente quotidienne.
Ko 205. Le 21 janvier 1811, Guillaume Berault, garçon boulanger, âgé de vingt-six ans, d’un tempérament sanguin et athlétique , sortant de son travail et tout en sueur, s’expose brusquement à un air extrêmement froid. Aussitôt frissons, lassitudes spontanées, chaleur ardente, point pleurétique, pouls fort, dur et développé, toux sèche avec expectoration d’un peu de mucosité sanguinolente. Le lendemain de l’invasion de la maladie, une saignée du bras, réitérée le soir, sembla calmer les accidents. Le jour suivant, au matin, apyrexie; mais à raison d’une complication gastrique bien prononcée, il fut administré au malade un grain de tarlrate de potasse antimonié , qui provoqua de nombreuses évacuations biliformes par haut et par bas. Il passa la journée assez tranquillement ; la fièvre était légère , et la douleur de côté supportable.. Le petit-lait et une tisane gommeuse étaient la boisson du malade. Le soir, exacerbation avec augmentation de tous les accidents. La douleur latérale devint Insupportable, au point que le malade ne pouvait presque pas respirer. Une troisième saignée, fomentations émollientes sur le côté, lavement. Ces moyens apporlcrent un peu de soulagement ; néanmoins la nuit fut fort agitée. Le 3, au malin, la douleur de côté était devenue plus violente, on y appliqua six sangsues , et , après leur effet, un emplâtrevésicatoire de la largeur de la main. L’expectoration était presque nulle, les urines claires et abondantes , les selles rares et bilieuses. Vers le soir, redoublement violent, cependant avec diminution de la douleur latérale; nuit agitée, léger délire. Le 4 , au matin, apparition d’une douleur aiguë et pulsalive dans la région lombaire, suppression des urines. L’emplâlre-vésicatoire fut levé; il n’avait produit qu’une légère rubéfaction. Boissons émulsionnées, bols nitrés et camphrés. Vers le soir, la douleur lombaire devintatroce; un demi-bain sembla la calmer; elle reprit bientôt plus d’intensité. Enfin le malade, dans un état voisin du délire, sentit le besoin d’uriner, et rendit par l’urètre, en une seule fois, près d’une chopine de sang vermeil et sans aucun mélange. Dès ce moment tous les accidents se calmèrent, et la maladie fut jugée. Le 5, les urines reparurent; elles furent teintes de sang, pendant quelques jours Enfin, la convalescence fut courte, et le malade recouvra bientôt son ancienne vigueur. (Gable, chirurgien en chef de l’hospice de la Maternité d'Orléans.)
, Pleurésie intermittente quotidienne.
No 206. La femme Gantheaume, âgée de quarante-six ans, d’un tempérament sanguin , sujette depuis quelques années à des hémorrhagies utérines extrêmement abondantes, sans lésion apparente de la matrice, éprouvait, depuis deux jours, les symptômes d’une pleurésie simple, se manifestant par accès quotidiens. Un frisson vif, mais de courte durée, accompagné de bâillements et de pandiculations, annonçait l’invasion de la fièvre; bientôt
INTERNES
après il se déclarait un point de côté dans la mamelle droite , lequel au'^mentait d’intensité avec l’accès, puis diminuait et disparaissait avec lui ° Appelé auprès de la malade le 25 mai 1826, vers le milieu de son troisième accès, j’observai les symptômes suivants : décubitus sur le dos* impossibilité de se coucher sur le côté droit; face rouge, respiration fréquent'» , ècélérée , difficile ; toux sèche ; douleur poignante sous la mamelle droite ; ^>ouls fréquent, développé , ayant néanmoins quelque chose de dur; peau chaude et halitueuse. La malade demandait avec instance qu’on lui tirât du sang. Le tempérament sanguin de cette femme, la saison du printemps et l’absence de symptômes graves dans le petit nombre de fièvres qui régnaient à cette époque, me déterminèrent à faire une saignée de quatre palettes par une large ouverture pratiquée à la veine médiane. La saignée générale fut immédiatement suivie de l’application de douze sangsues sur le point douloureux. Ce traitement n’apporta aucune modification avantageuse à la marche ni à la durée des phénomènes morbides; les symptômes pleurétiques continuèrent à augmenter d’intensité jusqu’au déclin de la fièvre, et disparurent complètement avec elle, comme dans les paroxysmes précédents. Dix grains de sulfate de quinine , mêlés à demigros de résine de quina, furent administrés dans l'intervalle apyrétique. L’accès revint le lendemain beaucoup moins fort que celui de la veille, mais ce fut pour la dernière fois , bien que la malade ne prît point de nouvelles doses de fébrifuges. La convalescence fut de courte durée, il n’y eut pas de rechute. (Grégoire, Mémorial des hôpitaux du Midi^ 1829.)
Pleurésie rémittente double-tierce. (Tertiana remittens duplicata sub veræ et sævæ pleiiritidis larvâ.)
No 207. La femme de mon boucher, âgée de soixante ans, s’étant exposée à la fraîcheur de la nuit, après s’étre échauffée par un grand exercice, fut prise de frisson, de froid, auquel se joignirent après quelque temps une chaleur intense, une douleur violente au côté droit de la poitrine qui s’étendait jusqu’à l’épine du dos , une toux fréquente, sèche, qui augmentait considérablement la douleur ; la respiration était courte , douloureuse, presque impossible; la malade passa une nuit pénible et sans sommeil. Ayant été appelé le lendemain , je conçus parfaitement la cause de sa maladie, et lui ayant trouvé le pouls plein , très dur, très fréquent, la langue blanche et sèche, je ne doutai pas que la malade n’eût une véritable pleurésie. C’est pourquoi je fis tirer du sang au bras du côté affecté et appliquer un cataplasme émollient sur l’endroit douloureux; le sang présenta une couenne inflammatoire très épaisse ; à l’aide de ces moyens, les symptômes se calmèrent.
Vers une heure après midi, tous les symptômes de douleur, de chaleur, de toux, de fièvre, etc. , reparurent après un léger frisson. Le pouls étant aussi dur et aussi plein qu’auparavant, j’eus de nouveau recours à la saignée et à tous les autres moyens. Le sang présenta de nouveau la couenne inflammatoire. Vers le soir, rémission de tous les symptômes. Lelendcmain, 28 octobre 1760, le frisson, la douleur , la chaleur, la toux, etc., se manifestèrent de nouveau, mais avec beaucoup plus d’intensité. La malade passa une très mauvaise nuit. Le jour suivant, rémission ; mais vers midi, nouvelle exacerbation de tous les symptômes. Je fis seulement renouveler l’application^ du cataplasme, j’administrai des boissons rafraîchissantes et nitrées. Je n eus plus recours à la saignée, soit parce que les forces de la malade étaient assez diminuées, soit'parce que la marche périodique de la maladie et le sédinrient brlqueté des urines me firent reconnaître qu’il ne s agissait point d une pleurésie avec une fièvre aiguë continue, mais bien d’une fièvre intermittente qui se cachait sous le masque d’une pleurésie. En conséquence; je fis prendre
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
une once entière de quinquina sous forme de mixture avant le retour do paroxysme suivant. Elle ne ressentit durant la nuit qu’une grande chaleur, sans augmentation de la toux et du point de côté. Ayant fait continuer le même remède le lendemain, l’exacerbation qui devait avoir lieu ce jour-là fut à peine marquée.
L’usage du quinquina fut continué, et en peu de jours il n’y eut plus ni toux, ni douleur, ni chaleur, ni fièvre; la malade fut parfaitement rétablie, f Lautler, Hist. medic. bienn. marbr. rural. ^ casus 9.)
Pleurésie rémittente tierce. (Tertiana remittens simplex cum
inflammatorio dolore lateris.)
No 208. Un ouvrier de Luxembourg, âgé de trente ans , d’un tempérament sec , était occupé à battre le blé le 6 octobre 1760, lorsqu’il fut pris, Ters les cinq heures du soir, de frissons, de froid, puis d’une courte chaleur, d’une soif intense, et d’une douleur très vive au côté gauche de la poitrine qui gênait beaucoup la respiration. Le malade, forcé de quitter son travail, va se mettre au lit ; tous les symptômes indiqués persistent prés de dix-huit heures, après quoi ils cessent en grande partie. Le 8, le mieux est encore plus sensible, et le malade, quoique faible, et ressentant encore un peu de douleur au même côté de la poitrine, essaie de reprendre son travail ; mais vers le soir, tous les symptômes du précédent accès reparaissent; le malade se remet au lit et me fait appeler pour lui donner des soins. Je lui trouvai beaucoup de fièvre, le pouls dur, la respiration courte, difficile, douloureuse, et un point de côté très aigu.
D’après l’histoire de la maladie, je pensai que c’était une fièvre intermittente qui se cachait sous la forme d’une violente pleurésie. J’ordonnai qu’on pratiquât une saignée de dix onces au bras du côté malade. Le sang se couvrit d’une couenne inflammatoire.
Je fis appliquer sur l’endroit douloureux un cataplasme émollient qui devait être souvent renouvelé ; je prescrivis à l’intérieur une décoction d’orge, avec oxymel simple et le nitre. A l’aide de ces moyens, la douleur de côté et la difficulté de respirer diminuèrent beaucoup; cependant il n’y eut pas de sommeil durant la nuit , le malade ressentit beaucoup de chaleur et de soif. Lejour suivant le pouls est bien moins fréquent, il n’est plus dur ; la douleur de côté est toujours sensible; les urines , très rouges , déposent un sédiment briquelé. Je fais continuer les mêmes remèdes. Vers le soir, je trouvai le malade dans le même état, ainsi que le lendemain matin; les urines étaient comme la veille. Le quinquina eût été indiqué; mais comme il ne restait pas assez de temps pour le donner avant l’accès suivant, je ne pus l’empêcher de revenir à l’heure ordinaire avec tous les symptômes indiqués. Je fis renouveler la saignée, le cataplasme et tous les autres moyens. Dés que l’accès fut terminé et la rémission établie, le malade se mit de suite au quinquina dont il avait pris une once entière, lorsque l’exacerbation suivante eut lieu, mais avec une douleur de côté beaucoup moins vive, et des symptômes €n général beaucoup plus légers II continua l’usage du quinquina, et fut délivré entièrement de sa maladie. [Idem, ibidem, casus, 5. )
Péripneumonie intermittente tierce. (Febris intermittens peripneumoniam acutissimam simulans.)
No 209. Un menuisier était pris le matin de tremblement, de froid, et 4’une douleur dans le côté gauche de la poitrine qui était encore très violente , lorsque Morton fut appelé auprès de lui vers la lin de la journée. Un froid glacial était répandu par tout son corps; il était exténué de faiblesse et sur le point d’être suffoqué, comme les individus affectés de pérîpneumo-
INTERNES
Die. Lorsque ce médecin arriva , il jugea par la toux sèche qui avait eu lieu, par la difficulté de respirer, par les envies de vomir, par la douleur très violente ressentie dans la région de la plèvre et du poumon, enfin par la violence de tous les symptômes et leur retour périodique, qu’ils étaient dus au venin de la fièvre intermittente.
Après l’administration d’un lavement carminatif, Morton fit tirer dix onces de sang au bras gauche du malade, et lui prescrivit différents remèdes, soit à l’extérieur, soit à l’intérieur, tels que fomentations, Uniment, julep cordial avec quelques gouttes de laudanum, décoction pectorale, etc. Le calme revint, le pouls reprit promptement de laforce, la douleur de côté cessa, et le malade fut pris d’une chaleur universelle qui fut suivie de sueur vers le milieu de la nuit; la respiration devint libre , les forces revinrent, et le paroxysme terminé, le malade put se livrer au sommeil.
Le lendemain, l’examen des urines fit voir qu’elles étaient rouges et briquetées. On ordonna promptement une potion fébrifuge pour prévenir l’accès qui devait avoir lieu le jour suivant. On fit répéter l’administration du quinquina toutes les quatre heures, en ajoutant à la potion^du soir un grain de laudanum, jusqu’à ce que les urines eurent repris leur couleur naturelle , ce qui arriva au bout de deux jours. Aucun accès n’étant revenu, le malade était en pleine convalescence le quatrième jour. On ne lui conseilla plus aucun remède, si ce n’est de prendre encore du quinquina après dix jours pouréviter une rechute. Mais ayant négligé cet avis, il en porta la peine au bout de quinze jours, car il fut attaqué d une fièvre légitime qui ne fut point, il est vrai, accompagnée de symptômes violents du côté de la poitrine. On lui administra de nouveau le quinquina qui supprima la fièvre sans retour, (Morton, Opéra omnia, hist. 21, )
Pleurésie intermittente tierce.
No 210. Un homme adonné au vin, âgé de cinquante ans, fut pris, le 14 mai 1753 , d’un frisson, bientôt suivi de chaleur; en même temps , une douleur très aiguë se fit sentir dans le côté gauche de la poilrine. La saignée et les autres moyens usités dans les affections pleurétiques , furent mis en usage. A la fin de l’accès , qui dura tout le jour, il y eut une sueur abondante qui répandit beaucoup d’odeur, et l’urine déposa un sédiment briqueté;le jour suivant , apyrexie complète. Le surlendemain, nouvel accès pareil au premier , mais à la fin duquel les lèvres se couvrirent d’une éruption croûteuse. Dés lors la douleur de côté et ta fièvre cessèrent entièrement. (Strack, Observ. de fehrib. intermitt , obs. 32 )
L’auteur rapporte encore d’autres observations analogues à celle-ci.
Pleurésie intermittente tierce.
N'o 211. Le 9 avril 1808, mademoiselle , âgée de sept ans , éprouva, après le dîner, un frisson pendant lequel elle vomit ses aliments avec des matières bilieuses, et eut quelques mouvements convulsifs. Les parents alarmés, et se trouvant à deux lieues de la ville, administrèrent sur-le-champ l’ipécacuanha , qui produisit encore cinq à six vomissements. La fièvre se développa durant toute la nuit, et diminua le lendemain après une petite sueur. Le soir , redoublement avec frisson , toux sécbe et fréquente , bouche amère et langue chargée, mais sans envie de vomir. Le lendemain , rémittence. Cette maladie se conduisit ainsi jusqu’au 15. Ce jour-là, l’accès du soir manqua totalement ; mais le lendemain 16, nouvel accès qui commence par un léger refroidissement des extrémités inférieures, et durant lequel l’eufant tousse continuellement, se trouve très agitée, oi>pressée, et se plaint d’un violent point de côté sous le mamelon droit ; le pouls est dur et petit. Lé 17, tous les accidents cessent ; il y a apyrexie toute la Journée ; la petite
3Go
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
malade demande à manger. Le 18, la fièvre revient avec tous les symptômes de toux, de difficulté de respirer, etc., que je viens de décrire. Le 17 , apyrexie, administration du vin de Séguin, qui ne fait que diminuer le troisième accès, lequel a lieu le 20 ; mais le quatrième ne revient pas. On continue le vin de Séguin, et la malade serétablit promptement. (Arloing, Journal général de méd , t. lyiii.)
Plenro-pneumonie intermittente tierce. (Fièvre pernicieuse
pleuro-pneumonique. )
No 212. Fourrière, cordonnier à Lançon, âgé de vingt-cinq ans, d’ua tempérament bilieux, fut atteint, le 8 décembre 1783 , d’une forte fièvre accompagnée d’un abattement général, d’une lassitude excessive, d’un grand mal de tête, d’une toux considérable, de difficulté de respirer et d’oppression ; cet état dura toute la nuit Le 9 au matin, les symptômes, qui semblaient caractériser une pleuro-pneumonie , avaient fait place à des signes putrides. Le pouls était plein, fréquent et mou; on prescrivit une boisson copieuse de décoction d’orge nitrée. Le malade fut tranquille toute la journée; le soir, lavement émollient; la nuit fut calme. Le 10 au malin, les symptômes qui avaient affecté la poitrine le 8 recommencèrent avec la même force, pour disparaître encore dans le courant de la nuit. Comme la langue était blanche et pâteuse, les excréments fétides, etc., on fit prendre au malade, le 11, une dissolution de six onces de manne en deux verres ; ce qui procura cinq selles copieuses de matières verdâtres et d’une odeur insoutenable ; la nuit fut tranquille, quoique sans sommeil. Cela n’empêcha pas les symptômes inflammatoires de reparaître le 12; ils étaient accompagnés d’une douleur poignante au côté droit, sur lequel on fit faire des onctions avec l’onguent d’allhæa. On ordonna un looch avec l’huile d’amandes douces, la décoction de bourrache et trois grains de kermès minéral. Le 13, on réitéra l’usage de la manne. Le 14, mêmes symptômes. Dans la nuit, saignement de nez abondant qui reparut encore le 16, le 18, le 20 et le 22. La mollesse du pouls détourna toujours le médecin qui traitait le malade d’avoir recours à la saignée. Les redoublements alternatifs et réguliers se continuèrent comme il a été dit jusqu’au 29 décembre: les symptômes pleurétiques reparurent toujoursrégulièrement avec euxjusqu’à ce jour.La fièvre ne disparut parfaitement que le 7 janvier, époque à laquelle le malade entra en convalescence. (Archier, Journal de médecine , année 1784, t. lxi )
Pneumonie avec exacerbations sous type tierce. (Fièvre tierce
essentielle.)
No 213. Brera , célébré médecin de Favie , fut appelé auprès d’un sexagénaire, qu’on disait atteint d’une fièvre tierce opiniâtre et rebelle au quinquina. La régularité du paroxysme fébrile et la coïncidence de l’automne ne concouraient pas peu à induire en erreur. Le malade se plaignait d’une toux sèche et d’une grande difficulté de respirer qui s’exaspérait tous les matins au début du paroxysme. Ses jambes étaient enflées, le pouls intermittent. Brera ne balança point à prononcer que cette fièvre était symptomatique de l’affection du poumon. 11 conseilla de cesser l’usage du quinquina , surtout à haute dose, et prescrivit un traitement adoucissant et antiphlogistique. Le malade ne tint pas compte des conseils de ce praticien , et se livra entre les mains d’un médecin qui continua de lui administrer des fébrifuges. Les tubercules qui s’étaient développés dans le poumon s’enflammèrent. Les accidents devinrent plus graves, et le malade mourut.
On ouvrit son cadavre, et l’on trouva toute la substance du poumon par-
INTERNES
semée de tubercules venus en suppuration, et ayant formé comme de petites vomiques, ainsi qu’on le voit dans les poumons des personnes mortes d’une véritable phthisie. [Journal de médecine de Sédillot. t. xxxii.)
I Accès péripneumonique suivi d'un accès gastrique
sous type tierce.
No 214. M de C**S capitaine d’infanterie, grand, maigre, brun, usé par vingt années d’un service actif, s’était livré avec ardeur aux travaux des champs pendant l’été de 1822, toujours exposé à l’action d’un soleil brûlant et dans un lieu entouré de marais. Le 22 septembre 1822, il ressentit vers le soir un frisson très prononcé, qui fut bientôt remplacé par une chaleur très intense. Appelé le lendemain matin, je notai les symptômes suivants : toux fréquente , douloureuse, déchirante ; sentiment d’ardeur brûlante entre les épaules, oppression considérable; son mat rendu par les deux côtés du thorax, surtout le droit ; crachats muqueux, striés, visqueux ; douleur.de tête modérée; figure animée ; peu de soif, langue naturelle; aucun signe d’irritation gastrique ; ventre libre, chaleur halitueuse de la peau ; pouls plein, dur, accéléré Croyant reconnaître une irritation intense de l’appareil pulmonaire, je fis pratiquer une forte saignée ; le malade fut mis à la diète et à l’usage d’une boisson émolliente. Une sueur abondante ne tarda pas à se déclarer. Le 24, je trouvai M. de C*** sans fièvre; il respirait librement, ne toussait plus et demandait à manger. Le thorax percuté rendait un son très clair. Je fus surpris de la promptitude avec laquelle cette inflammation pulmonaire avait cédé à une saignée. Instruit par l'expérience , je me tins sur mes gardes, soupçonnant une irritation intermittente. En effet, à quatre heures du soir, frisson léger, etpresque au même Instant cardialgie violente; vomissements bilieux avec efforts violents. Bientôt la chaleur se déveloi)pa avec une grande intensité , la céphalalgie devint insupportable, la soif ardente, la langue sèche et rouge.
Un médecin appelé en mon absence , reconnaissant une gastrite, fit appliquer vingt sangsues sur l’épigastre, et ensuite plonger le malade dans un bain tiède Le 25 , je trouvai M. de C*** dans l’état suivant : adynamie musculaire profonde, coucher en supination, entendement très affaibli, voix éteinte , figure profondément altérée, stupeur, les paupières entr’ouvertes et ne laissant apercevoir que le blanc des yeux; soubresauts dans les tendons;langue un peu humide, mais excessivementrouge, surtout vers la pointe qui est comme lancéolée ; gémissements continuels,hoquet, vomissement des boissons; respiration plaintive, sans toux ni douleur à la poitrine; le pouls misérable, peu accéléré ; peau froide, couverte d’une sueur glacée, visqueuse. Je ne pouvais méconnaître les signes d’une violente phlegmasie de l’estomac propagée à l'encéphale; et l’intervalle apyrétique qui avait existé depuis la cessation de l’irritation pulmonaire, jusqu’à la manifestation de l’inflammation gastrique, annonçait avec autant d’évidence que j'avais à combattre une affection intermittente.
Le danger me parut si grand, que je ne balançai pas à profiter d’une faible rémission pour administrer le quinquina ; mais je n’étais pas sans inquiétude sur les conséquences que produirait l’impression du fébrifuge sur la membrane muqueuse gastrique encore fort irritée. Comme il n’avait existé aucun symptôme de colite, je résolus de donner ce remède en lavement; mais en même temps je tentai d’opérer une révulsion de l’irritation interne, par une application de sinapistnes aux extrémités iii^férieures, et des frictions sur les membres avec la teinture alcoolique de quinquina. Le malade fut mis à l’usage d’une limonade gommeuse, bue froide et par petites doses. Pendant la nuit on put injecter par le rectum prés de deux onces de l’écorce du Pérou.
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
Le lendemain matin 26, le pouls étant apyrexiqne, la langue humide et moins rouge, les vomissements ayant cessé, la rémission, en un mot, étant telle qu’on pouvait le désirer , je fis encore prendre au malade neuf grains de sulfate de quinine en trois bols. L’estomac les supporta péniblement. La journée fut excellente , je crus le malade sauvé ; cependant vers sept heures du soir, un nouvel accès s’annonça, il fut semblable à celui du 24, mais moins violent; il rendit nécessaire une seconde application de sangsues, et se termina le lendemain par une sueur très prolongée; ce fut le dernier; le malade se rétablit promptement. (Dufau, Journ. gén. de méd., t. xcx.)
Pleurésie intermittente tierce.
No 215. Le docteur Reis rapporte qu’un soldat de la garnison d’Irun, en Espagne, âgé de vingt-quatre ans, d’un tempérament sanguin et jouissant ordinairement d’une bonne santé, après s’étre occupé la veille à un travail pénible auquel il n’était point habitué et qui l’avait fait suer considérablement, malgré la pluie qu’il ne cessa presque point de recevoir , alla le soir boire au cabaret l’argent qu’il avait gagné, tomba malade , et présenta les symptômes suivants : face animée , yeux saillants et clairs , sueurs considérables sur toute la surface de la peau, accompagnées d’un sentiment de froid que les couvertures ne dissipent point; abattement et lassitude générale, douleur vive etlancinante au-dessous du téton gauche , rendant l’inspiratioa pénible, courte et fréquente ; toux accompagnée de quelques crachats muqueux : pouls un peu fréquent, dur, mais assez développé; langue blanchâtre, humectée; soif modérée, point d’appétit. Dicte absolue, décoction d’orge. Ayant reconnu la veille une pleurésie bien dessinée , M. Reis fut très étonné le lendemain de voir que le malade ne c onservait plus qu’un peu de faiblesse, de pâleur et d’anorexie, un léger sentiment de gêne au côté, et seulement dans les grandes inspirations; il était si bien, que le lieutenant de la compagnie crut qu’il feignait d’être malade. Mais le 22, de minuit à une heure, les frissons, les sueurs, les lassitudes, la douleur de côté reparaissent , ainsi que la toux, les crachats, l’état fébrile, en un mot un accès en tout semblable au précédent. Diète absolue, eau de gomme, lavement. On attend des sangsues, qui n’arrivent pas. Le 23, intermittence aussi complète que celle du 21. Pruneaux cuits, eau de gomme bis, lavement. Frappé de cette succession de bien et de mal,M. Reis ne doute plus qu’il n’ait affaire à une pleurésie intermittente. Même prescription. Le lendemain, l’accès débuta, comme les deux précédents, par un frisson de plus d’une demi-heure, et présenta tous les symptômes de pleurésie observés le 20 et le 22. Le 25, jour d’intermission, même bien-être que le 23. bouillon, pruneaux, eau de gomme, lavement; un gros de quinquina en poudre à prendre en deux fois, l’une à huit, l’autre à neuf heures du soir, c’est-à-dire la seconde dose environ trois heures efc demie avant l’accès. Le 2G , quatrième accès en tout semblable aux précé- i dents. Le malade ne s’étant réveillé que vers minuit, n’a pris le kina qu’au ! moment de l’invasion et tout d’une fois ; aussi ce médicament a-t-il été vomi i une demi-heure après avec efforts. Le 27, le malade profite du beau temps pour se promener au soleil. Deux nouvelles doses de quinquina sont administrées en temps convenable. Le 28, l’accès n’est venu que vers les deux heures. La douleur de côté persiste, l’expectoration continue, les sueurs sont moins abondantes ; le pouls est peu fréquent, souple et développé. Même prescription que la veille. Le 30, le quinquina a été administré pour la troisième ^ fois. L’état du malade est encore plus satisfaisant que le 28; le côté n’est presque plus douloureux ; les sueurs , les crachats, ont sensiblement dimi- | nué. Le le'' juin , l’accès a été à peine sensible ; la douleur, l’expectoration et f la toux ont disparu. Le malade coijserve jusqu’à midi un peu de fréquence f,
IiNTERNES.
dans le pouls. Bouillon, pruneaux. Le 2, à la prière du malade, on le quart. Quinquina pour la nuit. Le 3 , l’accès a manqué teint et les forces reviennent , l’appétit se fait senti
ui accorde complètement; le
teint et les forces reviennent , 1 appétit se fait sentir; on continue le quinquina pour assurer la guérison. [Annales de la médec. physiol., 1824.)
Pleurésie intermittente tierce.
No261.Pu(eauxOIarie-Louise),âgée de dix ans,d’unerorteiconstitution che veux noirs, peau brune, est transportée de Boulogne à l’hôpital des Enfants ' le 9 octobre , accusant deux jours de maladie. Le 1 1 , sans cause connue ^ frisson, vomissements suivis de fièvre, de douleur du côte droit de la poitrine. r.epos , diète. Le surlendemain, exaspération de ces accidents • entrée à l’hôpital où elle présente l’état suivant : décubitus dorsal; face’rooge animée, exprimant l’anxiété et la souffrance ; douleur vive du côté droit de la poitrine s’étendant depuis le sein jusqu’à l’hypochondre , augmentant par le mouvement, la percussion , la toux et la respiration ; son obscur sans é^pho nie dans le tiers inférieur du côté droit de la poitrine; bruit respiratoire beaucoup plus faible à droite qu’à gauche ; toux sèche , fréquente sai^s ex pectoralion ; la parole est entrecoupée ;!a respiration , courte , in’compléte' très accélérée, se répété quarante-quatre fois par minute; le pouls dur et fréquent , donne cent vingt-quatre pulsations; chaleur de la peau élevée • du reste , langue naturelle, inappétence; pas d’autres troubles des voies’ digestives; l’intelligence est intacte. On porte pour diagnostic: pleurésie droite. On prescrit une application de dix sangsues loco dolenti et des cataplasmes ; on soumet la malade à l’usage des boissons pectorales Le 10, un amendement notable a lieu; il est attribué à l’application dos sangsues faite la veille; la douleur de côté est à peir e sensible - l’anxiété a cessé; le pouls a baissé de vingt-huit pulsations, et les mouvements insniratoires de douze : on se borne à l’expectation. Le 11 , la douleur de côté est très intense; la malade pousse des cris aigus lorsqu’on essaie de la mettre sur le séant, où elle ne peut se maintenir sans le secours d’un aide • la face est grippée; l’anxiété est extrême; le pouls donne cent trente-six pursaüons* la respiration s’est élevée à soixante ; son mat dans la moitié inférieure du côté droit; absence de bruit respiratoire.
On s’arrête à la pensée que la phlegmasie a envahi la plèvre diaphra^^matique, et on prescrit en conséquence une saignée du bras de huit on^'ccs douze grains de calomel à 1 intérieur et des frictions mercurielles sur le côté’ du thorax affecté ; le sang tiré de la veine est couvert d’une couenne inflammatoire.
Le 12, nouvelle amélioration des pins marquées ; l’anxiété a disparu - la malade se met librement sur son séant et dit se trouver bien - on neuf percuter, sans faire naître de la douleur, le côté droit de la poitrinè- le pouls est descendu à cent pulsations et la respiration à vingt-huit. On continue les frictions mercurielles.
Le 13 prostration profonde, la face livide, décomposition des traitsdon eur dans toute letendue du côté droit de la poitrine; langue sèche;’ pouls a cent vingt-deux; cinquante-deux inspirations par minute. On applique un vesicatoire à chaque jambe.
ensemble de graves symptômes a disparu ; la respiration est faci e , e acies meilleur ; le pouls est descendu à quatre-vingt-quatre et la respiration a vingt-quatre. Il n’est plus permis de révoquer en doute la forme in ermiUente de la maladie, dont les accès reviennent sous le type tierce.
ans e ut de prévenir l’accès du lendemain, on prescrit douze grams de sulfate de quinine.
Le 15, retour de l’accès, modifié sous le rapport de son intensité et de sa
PHLEGMASIÏS INTERMITTENTES
durée ; simple endolorissement du côté droit; quatre-vingt-seize pulsations, trente-six inspirations. Les jours suivants, on continua le sulfate de quinine à doses décroissantes ; l’amélioration se soutient , la douleur ne revient plus; l’épanchement dont la plèvre était le siège se résorbe assez promptement, et cette jeune fille quitte l’hôpital entièrement guérie , le 24. (Constant , Clinique deM. BaudelocquCj 1834. )
Plcuro-pyienmonie intermittente , puis rémittente et continue.
No 217. Une femme âgée de cinquante-huit ans éprouvait depuis quelque temps des accès de fièvre intermittente quotidienne à laquelle se joignaient des douleurs vagues de poitrine qui déterminèrent, à ce qu’il paraît, l’application d’un vésicatoire sur le côté droit en arriére. La gravité de cette affection s’étant augmentée, on fit appeler un chirurgien qui, prenant en considération le caractère intermittent de celte affection , administra le sulfate de quinine avec un succès momentané. Mais les accès ne tardèrent pas à se reproduire avec accroissement d’intensité et de symptômes généraux tellement graves , qu’un autre médecin consulté crut reconnaître une fièvre typhoïde, et fit faire une application de sangsues sur l’abdomen. Ce nouveau moyen n’eut aucun succès. La maladie s’aggrava encore, et au lieu d’intermissions. n’offrit plus que des rémissions.
Le 25 juillet 1833, celte femme fut conduite cà l’hôpital dans l’état suivant: résolution des forces, décubitus adynamique, pouls fréquent, mais peu résistant; chaleur vire delà peau, agitation, délire, quelques mouvements convulsifs ; respiration assez libre , point d’expectoration ; la langue recouverte d’un enduit épais , jaunâtre et gluant; dents légèrement fuligineuses , ventre non douloureux à la pression ; état comateux qui rend toutes les (gestions inutiles. L’ètat grave de la malade et les renseignements donnés par les parents font soupçonner l’existence d’une fièvre rémittente pernicieuse déjà ancienne. En conséquence, l’élève de garde fait administrer huit grains de sulfate de quinine dans une potion; il y ajoute un lavement avec demi-once de quinquina en décoction, et une application de sinapismes aux pieds.
I.e 26, à la visite du malin, la malade avait passé une nuit très agitée ; mais elle était maintenant plus calme ; son état général s’était un peu amélioré; (lu reste, nuis symptômes thoraciques ne furent observés; on continua six grains de sulfate de quinine dans une potion ; on appliqua de nouveaux sinapismes. Diète absolue. Le 27, l’état de la malade a beaucoup empiré ; une gène assez marquée de la respiration ayant engagé à percuter la poitrine, on découvrit un son mal dans tout le côté gauche et une absence complète de respiration. La mort survint quelque lemi)s après la visite.
Ouverture du corps trente-six heures après la mort. — L’extérieur du corps ne présente rien de remarquable. La poitrine étant ouverte, on trouve le poumon gauche adhérent dans plusieurs endroits, à la cavité thoracique ; celte cavité contenait une très grande quantité de sérosité jaunâtre, au milieu de laquelle nageaient des flocons albumineux. La surface extérieure du poumon présentait çà et hà des débris de fausses membranes, et semblait macéré par le liquide épanché; le tissu pulmonaire, recouvert par la plèvre malade, était sain, excepté à la partie inférieure où l’on observait quelques points héiiatisés dans l'espace de deux ou trois pouces Le poumon droit était .sain , la cavité qui le contenait n’offrait aucun épanchement. Le canal intestinal ne présentait rien de remarquable , non plus que les autres viscères abdominaux. (Bricheleau, Galette des hôpitaux j 1833.)
INTERNES
Pleurésie intermittente tierce. I
No 218. Une dame d’une trentaine d’années fut prise de tous les accidents qui caractérisent une pleurésie aiguë, qui fut combattue le premier et le deuxiémt* jour par deux saignées du bras et une application de quinze sangsues sur le point douloureux. Le troisième jour, M. Téalüer constata que tous les symptômes présentaient une rémission toul-à-fait remarquable. La respiration était libre ; pas de toux , très peu de fièvre. Ce même jour, au soir, la malade ressentit un frisson violent; le point de côté reparut avec intensité ; fièvre accompagnée de délire. Une troisième saignée n’amena que peu d’amélioration. Prenant en considération le caractère intermittent de la maladie et l’inefficaciié des saignées , M. Téallier administra douze grains de sulfate de quinine dans la matinée du quatrième jour. L’accès fut presque nul le soir. Les jours suivants, le sulfate de quinine fut continué cl l’accès ne reparut pas; [Revue méd. franç., t. Us 1836. )
Pleuro-pneumonie , type tierce. P ' V-’j
N" 219. Burgliard, soldat à la légion étrangère, d’une bonne constitution, âgé de vingt-deux ans, ayant eu plusieurs récidives de fièvre intermittente depuis son séjour en Afrique, entra à l’hôpilal d’Alger, le 25 novembre 1833, le cinquième jour d’une fièvre tierce dont les accès revenaient à six heure? du soir. Il arrivait, lorsque je le vis à trois heures après midi ; aidé par se? camarades, il s’était traîné péniblement à l’hôpital, et avait fait environ deux lieues à pied, exposé à une pluie très froide. Le côté gauche de la poitrine, dans une grande étendue, était le siège d’une douleur fort vive qui arrêtait les mouvements de la respiration ; il y avait de fréquents efforts de toux sans expectoration. Pendant le second accès ( l’avant-veille ) , il avait rejeté quelques crachats sanguinolents. Le premier avait été accompagné de douleur pleurétique seulement; le troisième devait revenir à six heures du soir; l’indication principale était de le prévenir. Le trajet que venait de faire le malade l’avait tellement refroidi, et son pouls était tellement peu déveloi)pé, que je ne prescrivis pas de saignée générale. Diète, eau gommée , quarante grains de sulfate de quinine, à prendre de suite; cinquante sangsues sur le point douloureux. Retour de l’accès à l’heure ordinaire : à dix heures du soir, le pouls est devenu plein et large , la peau chaude ; les crachats sont mêlés destries sanguinolentes. Saignée du bras, de dix onces. 26 matin, fièvre, douleur vive dans le côté, pouls petit et accéléré, mouvements respiratoires très doidoureux. Diète, eau gommée, seize grains de sulfate de quinine, vingt-cinq sangsues sur le côté malade. A trois heures après midi, continuation de la fièvre , crachats sanguinolents, râle crépitant. Saignée de huit onces. A neufheures du soir, même état. Saignée de dix onces, seize grains' de sulfate de quinine à prendre pendant la nuit. 27 matin , peu de fièvre , douleur obscure dans le thorax, plus de crachats sanguinolents; raie crépitant beaucoup moins fort et moins étendu. Diète, eau gommée, seize grains de sulf.ate de quinine, t/amélioration se soutient pendant toute la journée. 28 matin , a[)yrexie , plus de râle, plus de douleur dans le thorax. Diète , eau gommée, seize grains de sulfate de quinine. Accès dans la matinée, douleur pleurétique fort vive, râle crépitant, crachats sanguinolents. Diète, eau gommée, saignée de douze onces, vingt-cinq sangsues à la base du poumon gauche, seize grains de sulfate de quinine, a prendre pendant la nuit. Dés ce moment, tous les accidents se dissipent promptement ; le sulfate de quinine est continué encore pendant quelques jours, le malade se rétablit promptement. (.Maillot, Traité des fièvres, ou irritations cérébro-spin. intermitt.)
PHLEGMASIES INTEKMITTEISTES
, Péripnemnonie , type tierce. ( Fièvre insidieuse
péripneumoniqiie.)
No 220. Cnstagnet, serrurier, âgé de vingt-deux ans, éprouva dans la nuit du 27 avril 1834, une douleur fixe et aiguë au-dessous du lé Ion gauche ; elle gêne la resiiiraliou et la rend plaintive et accélérée. Dés le matin il entre à l'iiôpilal (Hôtel-Dieu de Bordeaux, salle de M. Dulrouilh), et nous présente du côté des organes respiratoires les phénomènes cités ; de plus , crachats sanglants et visqueux ; râle crépitant fin et sec dans l’étendue de quatre à cinq pouces en dehors de la région précordialc; anxiété extrême, pouls fréquent et plein, céphalalgie, rougeur de la face, etc. Saignée de douze onces, looch, infusion pectorale. Tous les accidents cessent dans la nuit. Le 29, plus de lièvre, plus de raie crépitant, plus de point pleurétique. On prescrit un pédiluve sina{)isé, un looch et une boisson béchique. Le 30, le malade est pariaiternent bien ; il se promène et mange avec appétit. Le lei-mai, à la visite du malin, nous trouvons Castagnet dans un étal de souffrance cruelle ; les viscères pectoraux nous offrent les phénomènes déjà cités dans l’attaque précédente; il accuse une douleur intolérable sur le point où nous l’avions déjà remarquée ; il nous dit qu’il étouffe; son visage est couvert de sueur; les crachats sont très rouges et moins visqueux. Large vésicatoire sur le côté douloureux, potion avec deux gros de poudre de quinine et dix grains de sulfate de quinine, boisson pectorale. Le soir, l’oppression est extrême, le danger imminent. M. le chef interne prescrit des sinapismes aux jambes et une potion contenant six grains de tartre stibié. Le 2, amélioration extraordinaire, respiration facile, crachats à peine rouillés. Boisson pectorale, looch, pédiluve; le malac’e3 achève la potion de quinquina. Le 3, tous les accidents ont disparu; il ne reste qu’une toux rare qui cause encore une légère douleur; le malade demande des aliments. Le jour suivant, il est tourmenté par un hoquet qui le fatigue, à cela prés il est parfaitement rétabli. il séjourne encore dans l’hospice jusqu’au 10, et en sort alors très bien portant, (Cazentre, Buîlet. de Bordeaux, 1834.)
> Pneumonite intermittente tierce.
No 221. Un pomi ier de la ville de Paris nous a offert un exemple de pneumonite intermillcnte à l’Iiôtel-Dieu, pendant l’automne de 1 821 ; et ce fait , observé par plusieurs éléves en même temps que par nous , est surtout intéressant en ce que le cylindre nous a permis d’entendre , pendant l’accès , un râle crépitant des plus marqués à la partie inférieure et latérale un peu postérieure du poumon droit , et que pendant l’apyrexie ce symptôme était inliniment moins prononcé. Une saignée du bras fut pratiquée pendant le premier accès , parce qu’on ne soupçonnait pas le caractère intermittent de la phlegmasie.
Le lendemain , tout était calme, à l’exception d'un peu d’oppression et d’un très léger râle. On prescrivit quelques sangsues vis-à-vis le point crépitant : l’intermission fut de vingt-quatre heures. Au second accès, un peu moins fort que le premier, on fit une nouvelle saignée : le râle avait presque repris son intensité première. Un troisième accès eut lieu,a|)rés lequel on administra le sulfate de quinine, qui prévint le quatrième. Le malade nous déclara en avoir eu deux à son quartier et avoir rendu quelques crachats .sanguinolents le premier jour. ( Roche et Sanson , ouvrage cité , t. T'' . )
Péripneumonie intermittente quintane.
No 222. Jean Mignari, âgé de cinquante-six ans, avait depuis trois semaines un catarrhe pulmonaire sans fièvre, et qui ne l’empêchait pas de
vaquer à ses travaux ordinaires, lorsque, le 20 mars 1 81 2, il fut pris toul-àcoup, vers les trois heures du soir, d un frisson suivi de chaleur, et d’un point de côté accompagné de toux, de crachement de sang, d’oppression. Le délire se met de la partie et dure toute la nuit. Le 21 au matin , le délire est moins fort ; les autres accidents continuent. Le soir le délire a disparu; tous les autres symptômes ont diminué. Le 22, la nuit e.sl bonne, il y a toujours de la fièvre ; les crachats sont rouillés ; il ne reste qu’un peu de gène à la place du point de côté. Le 23, le malade continue à être bien jusqu’au lendemain 24. Ce Joui-là à midi, retour du frisson, du point de côté, du crachement de sang, de l’oppression et du délire. Tous ces symptômes persistèrent avec intensité jusqu’au lendemain 25, et ne disparurent en entier qne dans la soirée : le pouls est alors petit, faible, fréquent ; le malade est tranquille, mais il est affaissé, et ses traits sont altérés. On donne tisane vineuse, vin pur, bon bouillon. Le 26, on donne cinq prises de vin de Séguin, qui sont répétées le 27. Le 28, on en place quatre autres prises avant l’heure de l’accès qui a manqué entièrement. On continue l’usage du vin fébrifuge. Le catarrhe pulmonaire a repris sa marche continue, et s’est terminé quinze jours après (Arloing, mémoire et journal cités.)
Pleuro-pneumonie intermittente quintane. (Fièvre pernicieuse
pleuro-pneumonique. )
IVo 223 Le 31 août au matin, une femme de quarante ans éprouve un frisson violent avec tremblement qui dure plusieurs heures ; ensuite, chaleur pendant toute la journée mêlée de frissons vagues et irréguliers; douleur vive au-dessous du sein droit avec oppression; toux fréquente; expectoration muqueuse striée; pouls fréquent (cent vingt pulsations par minute); râle muqueux crépitant à la région douloureuse. Le 1er septembre , même état. Le 2, tous les symptômes persistent; la malade vient alors à l’hôpital réclamer les secours de l’art. Douze sangsues sur le point douloureux qui produisent un écoulement de sang très considérable; vésicatoire; boisson pectorale miellée. Dans la nuit, une sueur abondante se manifeste. Le 3 , symptômes amendés ; fièvre moindre ; la sueur persiste et dure toute lajoutTiée. Le soir, apyrexie; cessation complète de tous les symptômes. Mais tous les accidents reparaissent à neuf heures ; ils sont précédés d’un nouveau frisson qui dure une heure avec un tremblement violent, et qui est suivi d’une chaleur intense, d’oppression, de douleur pongitive au-dessous du sein droit, etc. Toute la nuit se passe dans cet état. Le 4 au matin, tous les symptômes persistent avec la même intensité; sur le soir, sueur abondante qui dure toute la nuit. Le 5, au matin , apyrexie complète, état naturel. Trois grains de sulfate de quinine toutes les trois heures. La malade en prit vingtquatre grains ; elle n’eut point de récidive. (Blaud, Nouvelle Biblioth. méd ,
t. VII. )
Cardite intermittente quotidienne.
ÎS’° 224. M. L**" (Jean-Baptiste), lieutenant au 42^ régiment d’infanterie de ligne, âgé de quarante et un ans, d’une constitution forte, d’un tempérament bilioso-sanguiu , entra à l’hôpital militaire de Fatras, le 13 janvier 1829, pour y être traité d’une maladie caractérisée ainsi qu’il suit : malaise général, face pâle ; état de faiblesse extrême occasionné par une affection intermittente, dont ce malade souffrait depuis plus de deux mois ; douleur obtuse, profonde, dans le ventre et à la région précordiale ; lypolhymies se manifestant de temps à autre sans cause connue , et qui étaient déterminées par Je plus léger mouvement ; pouls peu fébrile pendant le repos, mais devenant tumultueux et précipité à la suite du moindre mouvement; langue pâle,
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rouge sur les bords ; peu de soif: les autres fonctions dans l’état naturel ; seulement depuis deux jours le malade allait trois on quatre fois à la selle, et rendait chaque fois une très petite quantité de matières liquides , glaireuses et muqueuses, circonstance qui gênait beaucoup , parce que le moindre mouvement amenait souvent une syncope. Nous fûmes bientôt fixé sur le diagnostic ; nous jugeâmes que cette maladie était une irritation du cœur avec colite légère, qui, au rapport du malade , se déclarait à certaines époques, alors même qu’il restait dans un repos absolu. Nous voulions cependant étudier la maladie avant d’avoir recours à une médication énergique. En conséquence, diète absolue, limonade gommeuse, julep gommeux , un lavement froid. Le 14, la nuit a été un peu agitée, le malade a eu une lipothymie en allant à la selle pour rendre son lavement. A la visite du malin il est assez calme. A onze heures, le malade étant tranquille dans son lit, éprouva une lipotliymie qui dura dix minutes. Au rapport du malade, elle fut précédée d’une douleur précordiale plus vive que de coutume , avec un léger sentiment de frisson de courte durée, et suivie d’un peu de moiteur (à la peau. Le soir, le malade est calme, tranquille ; il n’a pas été à la selle de la journée. Rien n’est changé à la prescription. Le 17, la nuit s’est passée dans un calme parfait ; il y a eu un peu plus de soif qu’à l’ordinaire ; le pouls est large, développé, peu fréquent: il n’y a d’ailleurs qu’un grand sentiment de faiblesse. Diète absolue, limonade gommeuse , julep gommeux , cataplasme sur l’abdomen. De onze heures à midi, soupçonnant l’intermittence de l’affection , je me transporte prés du malade, et effectivement je le trouve sans connaissance, état dans lequel il se trouvait depuis environ cinq minutes; son pouls est fréquent , parfois précipité ; les pulsations de l’artére sont isochrones avec les battements du cœur. Pendant l’exploration, le malade recouvre sa connaissance, et les mouvements du cœur et de l’arlére radiale reprennent leur calme et leur régularité ; en un instant tout rentra dans l’ordre. II n’y avait certainement plus de doute sur le siège, la nature et le caractère de la maladie , ni sur les moyens dont on devait faire usage pour la combattre. Nous prescrivîmes immédiatement six grains de sulfate de quinine avec un grain d’extrait aqueux d’opium dans un julep gommeux, avec la recommandation d’en faire prendre le tiers à deux heures et demie , trois heures après l’accès. A trois heures de l’après-midi, le malade était parfaitement calme ; il avait pris le tiers de sa potion. Je recommandai de lui faire prendre le reste en deux fois, à six et à neuf heures du soir. Le 16, le malade a dormi toute la nuit ; il est un peu assoupi ; le pouls est apyrétique , régulier; la douleur précordiale paraît moindre; toutes les autres fonctions sont dans un calme parfait. Diète absolue, limonade gommeuse, julep gommeux , un julep avec six graips de sulfate de quinine , dont la moitié doit être prise en deux fois avant l’heure de midi. Vers onze heures, la douleur précordiale est un peu plus vive que de coutume, mais il n’y a point de lipothymie A trois heures, tout est rentré dans l’ordre, le malade se dit beaucoup mieux que les autres jours; les mouvements musculaires sont plus supportables et moins redoutables pour le malade. Le reste de la potion fut administré en deux fois pendant la soirée. Le 17 , le mieux se soutient ; la douleur précordiale et celle de l’abdomea ont disparu ; au relâchement du ventre a succédé une constipation qui dure depuis deux jours. Le pouls , la respiration , les battements du cœur, ainsi que toutes les autres fonctions, sont rentrés dans l’état normal. Cependant il faut attendre encore l’heure de midi; le malade la redoute encore plus que le médecin. Bouillon, limonade gommeuse , julep gommeux avec quatre grains de sulfate de quinine , à prendre à huit et à cMx heures. A midi, riea de nouveau. A trois heures, le malade me dit qu’il a passé la journée dans ua état des plus satisfaisants, qu’il peut se remuer maintenant sans qu’ilsurvienne aucune espèce d’accident , et qu’il se considère loul-à-fait guéri. La
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(ïonstipation persiste. Un lavement émollient. Le 18, toutes les fonctions sont rentrées dans l’ordre physiologique ; il n’existe plus nulle part de douleur; les organes digestifs semblent vouloir reprendre leur activité; le besoin de prendre des aliments se fait sentir. Soupe et vermicelle, eau gommeuse, julep, demi-lavement. Les 19 et 20, même état, même traitement. Le 21, le mieux se soutient et même fait des progrès ; le malade qui, d’après ma recommandation, s'est assis sur son lit une grande partie de la journée, se propose de se lever aujourd hui. Le quart de la potion, quelques pruneaux, eau gommeuse. Les 22, 23, 24, 25 et jours suivants, M. allant de mieux en mieux, les aliments furent graduellement augmentés , et le 12 février suivant, il sortit de l’hôpital parfaitement guéri. (Pallas, /îé/7ca7ions sur l'inter^ mittence }
Espèce de cardite ou de congestion du cœur , sous type tierce. (Fièvre pernicieuse carditique de l’auteur.)
No 225. Madame P***, âgée de trente-huit ans, d’une constitution maigre et atrabilieuse, portait depuis plusieurs années une tumeur squirrheuse a l’ovaire gauche, où elle ressentait par intervalles des douleurs lancinantes très vives. Elle éprouvait aussi habituellement des maux de tête et des palpitations du coeur qui s’exaspéraient à chaque relourdes régies. Cet écoulement était régulier, mais très peu abondant , la constipation presque habituelle malgré l’usage des lavements, l’appétit bon. A l’aide d’un traitement dirigé par M Jonquet, la tumeur de l’ovaire avait entièrement disparu, les palpitations du cœur et les maux de tête s’étaient également dissipés . Appelé de nouveau auprès de cette femme pendant le fort de l’épidémie, il la trouve assise sur son lit, soutenue dans cette position par de nombreux carreaux ; le pouls est très nerveux , la peau fraîche ; les battements du cœur beaucoup plus forts que jamais; la malade se plaint non seulement de leur violence, mais d’une douleur cruelle, comme de morsus,dans le cœur; Quand celle douleur est parvenue à un certain degrés la malade tombe en syncope et perd l’usage de tous ses sens , excepté de l’ouïe; bien qu’elle entende et qu’elle veuille parler, elle en est empêchée par une puissance insurmontable et inconnue. Pendant cet état syncopal, les mouvements du pouls et de la respiration sont anéantis , ceux du cœur plus faibles et plus: lents qu’auparavant. Ces syncopes sont d’autant plus prolongées qu’il y a une plus grande distance entre elles; leur durée ordinaire est d’un quart d’heure, et l’intervalle qui les sépare d’une ou deux heures. Mais ce qur fatigue le plus la malade, c’est ce morsus.ce sentiment de rongement au cœur, qu’elle compare à la nature de ses anciennes douleurs dans rovairc, de sortequ’elle croit quec’est la matière cancéreuse (suivant son expression) qui s’est fixée sur le cœur, et a produit là un ulcère.
Les renseignements que prit M. Jonquet lui firent reconnaître que la malade avait déjà eu deux accès en tierce, d une fièvre d’abord peu marquée, mais qui, au troisième accès, fut précédéed’un sentiment de froid et de, tous les symptômes énumérés. On pensa d’abord que cet étal n’était autre chose que l’affection habituelle de madame P***, en conséquence on lui ap{)liqua les sangsues, et un calme complet étant bientôt survenu, on s’était confirmé dans cette idée. M Jonquet fut témoin du quatrième accès, qui arriva aujour et à l’heure ordinaires ; outre les violentes palpitations du cœur et le sentiment de rnorsiis, il y eut encore des envies de vomir. Il pensa que c’était la fièvre pernicieuse qui avait pris une forme carditique, à cause de l’affection antécédente ; il prescrivit deux grains d’opium, donné par demi-grain de demi-heure en demi-heure, et conditionnellement une potion avec trois gouttes de laudanum. La malade en éprouva quelque soulagement; néan-
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moins l’accès dura environ vingt heures. Dés que l’appareil fébrile supposé eut cessé , on s’empressa d’administrer le quinquina en ajoutant dans chaque prise d’un gros, huit gouttes de laudanum. Cetie femme prit pendant l’inlermission dix à douze gros de quinquina, dont elle vomit quelques prises. L’accès suivant eut lieu de la même manière; il fut aussi long, mais beaucoup moins orageux que le précédent. Le sixième ne reparut pas. Il n’y a jamais eu de sueur à la fin des accès. (Coulanceau^ Notice sur les fièvres pernicieuses, etc )
Angine de poitrine et hypertrophie du cœur revenant par accès ^ sous type quintane, sextane et octane.)
No 226. M. G*** , âgé de soixante ans, d’un constitution robuste , avoué dans une ville de province , ressentit tout-à-coup , et sans causes connues, de fortes palpitations; elles durèrent trois quarts d’heure; la santé se rétablit. Cinq jours après, les mêmes accidents se renouvelèrent; depuis lors, ils ont continué à revenir tous les six ou huit jours, malgré l’emploi des moyens hygiéniques , des évacuations sanguines et de la digitale en poudre. A la fin d’avril 1835, l’état deM. G*** était le suivant: les accès se développaient toutà-coup par un sentiment de gêne extrême et d’étouffement dans la région épigastrique, s’élevant le long de l’œsophage et s’étendant jusque vers le cœur ; palpitations insupportables pour le malade qui les compare à un oiseau qui s’agiterait dans sa cage; suffocation imminente; désir instinctif de se pencher en avant et de se couchersur le ventre, le corps incliné sur le côté droit; c’est seulement dans celte position que le malade éprouve quelque soulagement. Examiné alors par la percussion plessimétrique , le cœur droit, qui, durant l’intermission , ne présentait que les dimensions normales, est devenu énorme ; il remplit une grande partie du média slin qu’il refoule à droite; son étendue est de quatre pouces du haut en bas, et de trois d’un côté à l’autre; il ne présente aucune résistance au doigt. Le cœur gauche, sans être plus volumineux, est plus dur que dans l’intervalle des accès. Le pouls est à cent vingt et intermittent; pulsalions-de touteslesarléres desmembres presque imperceptibles, comme chez un homme à l’agonie; le foie est grossi, le poumon moins sonore, la face livide, les lèvres bleuâtres; l’intelligence est conservée, mais le malade peut à peine parler ; les organes thoraciques sont refoulés en haut par l’estomac, et les intestins reconnaissables à leur très grande sonorité. Pendant le premier quart d’heure, le malade commence à rendre une quantité considérable d’une urine très claire; les accidents persistent; l’écoulement de ce liquide continue, et pendant une heure entière que dure cet accès, la quantité d’urine évacuée est au moins de trois pintes. Ce liquide est presque aussi clair que de l’eau , et semble devenir d’un instant à l’autre plus abondsnt ; des gaz sont évacués par l’expectoration ; les accidents se calment en quelques minutes ; le malade semble reprendre une vie nouvelle, et bientôt il est revenu à son état ordinaire. Cet accès, au rapport du malade, fut semblable à ceux qu’il éprouvait depuis long-temps. Dans l’intervalle des accès, le pouls était régulier, plein, sans intermittence ; le teint coloré, les lèvres et la langue vermeilles ; le malade pouvait monter un escalier avec la plus grande facilité, et arriver au quatrième élage sans éprouver de palpitations; les digestions étaient bonnes, et il n’y avait pas de congestion cérébrale. MM.Marjolin et Piorry,qui voyaientle malade, lui conseillèrent l’absti- 1 nence de toutes boissons , le sulfate de quinine à la dose de quinze grains par 1 jour, et des pilules drastiques qui produisirent des selles abondantes. Ces j I)raliciens conseillèrent encore des évacuations sanguines générales et lo- 1 cales proportionnées à leur influence sur la circulation; un régime doux, mais sans substances farineuses ni venteuses. Par suite de celte médication,
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les palpitations sont devenues très rores et^à peine sensibles. La santé est devenue bonne. M. G*** se plaint seulement de quelques vertiges et de quelques bourdonnements d’oreille, peut-être dus à l’emploi du sulfate de quinine à haute dose. {Bulletin clinique, t. 1er.)
Les exemples de toux périodiques, rapportés par Strack, Ridley, F. Home , Coquereau, manquent de détails à l’aide desquels nous puissions aujourd’hui les caractériser. Ces auteurs nous attestent la périodicité de la toux; nous devons les en croire. Mais qu’était cette toux et qu’entendaient-ils par cette maladie? Pour en juger, il faut se reporter au temps où ils ont écrit et dans les circonstances où ils l’ont observée : la toux fébrile de Strack, par exemple, a été observée au mois de janvier; les retours périodiques en étaient souvent occasionnés par l’intempérance du malade; il paraît donc peu probable quelle fût entièrement nerveuse ; quant aux symptômes généraux , c’est-àdire à la fièvre qui l’accompagnait, elle était constamment précédée par la toux, au moins d’une heure ou deux. L’intensité et la durée de cette fièvre étaient toujours proportionnées à celle de la toux , et tous ces phénomènes de toux et de fièvre revenaient tous les trois jours régulièrement. Si, par l’administration du quinquina, on prévenait l’accès de toux , la fièvre n’avait point lieu; si , par une cause quelconque, la toux revenait, elle était accompagnée de la fièvre. Or, s’agissait-il d’une toux différente par sa nature de la toux ordinaire? c’est ce que nous n’oserions affirmer; nous pensons seulement que son caractère périodique et sa curation par le quinquina ne sont point une raison suffisante pour la placer au rang des exceptions. Dans tous les cas, on ne peut pas dire que cette toux fût l’effet de la fièvre , car il est assez naturel que la cause précède son effet , et le contraire aurait eu lieu dans la supposition dont il s’agit.
L’exemple de catarrhe à type quotidi. n , observé par Coquereau, et inséré en 1778 dans les Mémoires de l’ancienne Société royale de médecine, manque aussi de détails convenables, mais le praticien qui a vu le malade nous assure qu’il s’agit d'un vrai catarrhe. L’administration du quinquina en prévint les accès, ou plutôt lui fit perdre son caractère périodique, puisque le catarrhe subsista, mais à un faible degré et sous type continu. Ce catarrhe n’était point accompagné de fièvre , on ne peut donc pas le considérer comme l’effet d'une cause qui n’existe pas. li en est de même de la toux quotidienne ou du catarrhe bronchique observé
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par Courbette sous le n® 187; il revenait chaque jour régulièrement, et sans être précédé ni accompagné du plus léger mouvement fébrile. Mais ici, peut-on dire que la nature et le siège de la maladie soient restés indécis (1)? Cette toux survient chez une femme valétudinaire , à la suite d’une promenade faite par un temps froid et humide ; elle est d’abord continue et sans fièvre ; elle passe au type intermittent et toujours sans fièvre ; chaque accès catarrhal est précédé de bâillements , de picotements douloureux dans la trachée-artère ; il est caractérisé par une toux très forte, qui dure au moins trois heures et se termine par une expectoration abondante de matières muqueuses ; cette toux est suivie d’une douleur piquante à la gorge , surtout entre le larynx et la partie supérieure du sternum , c’est-à-dire tout le long du canal bronchique. La malade en eut plusieurs accès de suite, dans l’intervalle desquels les voies aériennes étaient parfaitement libres. Quoiqu’on ait guéri cette toux par l’administration du quinquina, ses causes, ses symptômes , surtout la douleur bronchique et l’expectoration muqueuse, puis le type continu qu’elle a d’abord présenté , tout n’indique-t-il pas une véritable phlegmasie de la muqueuse trachéale et bronchique?
L’exemple debronchite, sous le n» 183, ne nous semble laisser aucun doute sur sa nature inflammatoire et sur son type intermittent quotidien, puisqu’il s’agit d’une grosse fille, d’un fort tempérament, qui fait une commission en courant, rentre tout en sueur, et se déshabille dans une chambre froide où elle se couche, et où elle estprise, dans la nuit, de quintes de toux très violentes. Le lendemain, elle se sent la poitrine comme brisée, mais se lève et vaque à ses occupations habituelles ; dans la nuit , nouvelles quintes de toux plus violentes et plus répétées que la première fois. M. Gauthier de Claubry voit la malade , lui trouve la figure rouge, les yeux saillants , une fièvre forte , une oppression considérable et une toux suffocante. Une saignée abondante amène
(t)M. Rayer (Article Intermittent du Dictionnaire de Médecine en 25 vol.) soutient que la nature et le sié^e de la maladie sont restée indéterminés dans plusieurs exemples de toux et de catarrhes intermittents que nous avions recueillis dans la lie édition des Irritations intermittentes. Bien était libre M. Rayer déjuger ces observations à sa manière, de rejeter les unes, de supporter les autres ! Il était certes plus facile d’éplucher des faits que d’en fournir de meilleurs : aussi n’avons-nous point eu la peine de juger ceux rapportés par lui à l’appui des opinions renouvelées des anciens , et particuliérement d’Hoffmann, qu’il a émises dans l’article dont il s’agit.
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une détente générale. Le lendemain, dans la nuit, nouvelle attaque non moins violente ; une nouvelle saignée et des applications de sangsues au cou et sur l’épigastre, paraissent soulager la malade; un accès de toux moins fort était revenu encore aux mêmes heures de la nuit suivante. Enfin on prescrit le sulfate de quinine, qui prévient le retour de cette toux périodique.
On voit , sous le n^ 185 , un individu nullement disposé aux affections nerveuses par son tempérament , sa constitution et ses habitudes, qui éprouve delà fièvre avec une grande difficulté de respirer, des quintes de toux si violentes qu’il est obligé de rester assis dans son lit ; sa voix est rauque , son pouls dur et fréquent , etc. Ces symptômes , après avoir duré un certain temps, disparaissent en grande partie , pour revenir à des époques déterminées. Peut-on voir là autre chose qu’un violent catarrhe rémittent? peut-on dire que la fièvre qui l’accompagne constitue une fièvre essentielle? et peut-on , fondé sur de tels exemples, établir une nouvelle espèce de fièvre intermittente pernicieuse asthmatique ou dyspnéique?
Les exemples de catarrhes bronchiques et pulmonaires à type quotidien, tierce et tierce doublé, observés par MM. Piorry , Van Dekèere et Goupil , sous les n^s 190 , 194 et 195, ne nous semblent laisser aucun doute sur la nature et le siège de la maladie. Dans le premier cas , il s’agit d’une personne de douze ans dont la toux est accompagnée d’une douleur assez intense sous le sternum, et qui augmente au moindre effort de voix. On la traite par la diète, le repos, les boissons et les fumigations émollientes , par l’application des sangsues sur la région trachéale. Ces moyens favorisèrent la disparition des symptômes inflammatoires locaux , mais le catarrhe continuant à revenir par accès périodiques et accompagné de fièvre, on prescrivit le sulfate de quinine , qui arrêta ou prévint les accès dont il s’agit. Après quelques jours de convalescence, il survint encore des accès de fièvre intermittente sans toux et sans traces de phlegmasie abdominale ; mais n’y eût-il aucun indice de souffrance dans les organes pectoraux et encéphaliques ? c’est ce queM. Piorry ne dit pas.
Dans l’exemple suivant, la bronchite cstindiquée par une toux accompagnée de symptômes fébriles plus ou moins marqués , parla dilficulté do respirer, par des douleurs le long du sternum , etc. Cependant il y a une intermittence parfaite dans l’in-
tervalle des accès ; ceux-ci , c’est-à-dire la phlegmasie de la muqueuse bronchique et la lièvre qui l’accompagne , ne se montrent que de deux jours l’un. La nature inflammatoire de la maladie a été combattue efficacement par la saignée , les applications de sangsues et la diète; enfin scs retours périodiques ont été prévenus par l’emploi du sulfate de quinine. M. Van Dekèere rapporte encore une autre observation qui présenta les mêmes symptômes inflammatoires , la même périodicité, et qui fut guérie par les mêmes moyens. L’une et l’autre ont été recueillies dans les salles et sous les yeux de M. Regnaut, qui a luimême constaté la nature inflammatoire et le type intermittent de ces affections.
Dans la dernière observation , il s’agit d’un jeune homme d’une santé délicate , sujet aux affections de poitrine , et qui s’expose au froid après un exercice pénible et pendant une transpiration abondante ; il éprouve de la toux avec dyspnée et une forte douleur derrière le sternum; ces symptômes reviennent par accès précédés de frisson , de malaise , et suivis de sueur bornée à la surface du tronc. Durant l’intermittence, le malade est si bien, qu’il se croit guéri par le retour de la transpiration qui avait été arrêtée. Mais il n’en fut point ainsi; l’intensité de la toux, de la dyspnée et des douleurs de poitrine , alla en augmentant à chaque accès , de telle sorte que la toux fut bientôt suivie de crachements sanguinolents. On lui opposa d’abord les boissons mucilagineuses , les loochs et les applications de sangsues ; puis on eut recours au sulfate de quinine pour en prévenir le retour. Pourrat-on conlester la nature inflammatoire de cette affection par la raison quelle a présenté le type intermittent, et qu’on a achevé sa guérison par l’administration du sulfate de quinine?
Dans l’observation sous le n® 191 , la liaison intime de l’affection catarrhale et de la fièvre périodique est assez prouvée par la simultanéité de leurs retours , de leur marche et de leur terminaison ; chaque accès fébrile de la petite malade est précédé par des quintes de toux très fortes , et chaque récidive de la fièvre intermittente qui , n’ayant été d’abord combattue que par le quinquina , était revenue à différents intervalles, avait constamment été annoncée par le développement d’une toux catarrhale très vive. M. Chauffard ayant eu la précaution de traiter d’abord cette enfant par les moyens antiphlogistiques avant d’en venir au quinquina , la toux ne reparut plus, et la malade n’eut
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aucun ressentiment de fièvre. Il en est de même du fait sous le no 192, observé par M. Bonnet : il s’agit d’une femme sanguine qui s’expose toute suante à un courant d’air froid, et qui est prise d’une forte toux avec douleur dans la poitrine, surtout dans la région sternale, suivie d’une expectoration abondante de mucosités. Le pouls est dur et plein, la face est rouge, la céphalalgie intense , la peau brûlante , etc. ; cause et symptômes , ici tout annonce une inflammation de la muqueuse pulmonaire et bronchique qui fut très bien reconnue et attaquée par un traitement purement antiphlogistique. Mais tous ces symptômes ayant disparu vers la fin de la journée, et étant revenus entre sept et huit heures du matin plusieurs jours consécutifs , cette alternative de cessation et de reproduction des phénomènes morbides ne me permettant pas de douter, dit M. Bonnet , que je n’eusse affaire à une affection intermittente, je me hâtai de recourir au sulfate de quinine qui acheva la guérison de la malade. Même certitude dans la cause , dans la nature des symptômes inflammatoires , dans le diagnostic porté dès le début par le médecin qui a observé le fait sous le n® 196. Cependant cette affection catarrhale et pleurétique présenta un type tierce bien prononcé ; les accès de toux étaient accompagnés d’un point de côté qu’on calma par la saignée et les sangsues; ils étaient suivis d’une expectoration purement catarrheuse d’abord , et qui devint sanguinolente par la répétition des accès. Le jour d’intermission il n’y avait ni toux , ni fièvre , ni point de côté , etc. ; toutes les fonctions s’exécutaient librement; et comme il régnait alors une épidémie de fièvres intermittentes , M. Grégoire pensa que des symptômes de catarrhe et de péripneumonie, qui disparaissaient ainsi, et qui revenaient à des époques régulières, comme des accès de fièvre tierce, ne pouvaient être qu’une fièvre pernicieuse pleur o-pneumonique; en conséquence, il l’attaqua et la guérit par le sulfate de quinine. Cependant la toux seule, et sans redoublement fébrile, persista encore pendant trois ou quatre jours avec une expectoration purement muqueuse , c’est-à-dire qu’après l’emploi méthodique du sulfate de quinine la maladie fut réduite à sa plus simple condition , et quelle finit comme elle avait commencé, par un simple catarrhe.
D’après les faits dont nous venons de parler, il résulte donc que le traitement le plus convenable à employer contre les toux^ les catarrhes pulmonaires et bronchiques , fébriles ou non fé-
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briles, et présentant le type intermittent, ce sont d’abord les moyens antiphlogistiques et adoucissants pour modérer les symptômes inflammatoires , calmer rirritation de la membrane muqueuse, et quelquefois de la membrane musculeuse des conduits aériens; cette première indication ayant été remplie par la diète, les boissons gommeuses, adoucissantes, et surtout par l’emploi des saignées , des sangsues , on peut avoir recours à des moyens révulsifs , tels que les vésicatoires , les ventouses entre les épaules et la partie interne des bras , les frictions irritantes des extrémités , etc. Ces moyens seuls peuvent quelquefois suffire pour guérir les maladies ; mais dans les cas où l’affection catarrhale continuerait à disparaître et à revenir sous forme d’accès périodiques , il ne faudrait point hésiter à prescrire le sulfate de quinine pour en prévenir le retour.
Ce n’est pas seulement sur quelques faits particuliers et isolés que se trouve fondé le mode de traitement que nous venons d’établir contre les affections catarrhales périodiques ; mais l’observation et l’expérience de plusieurs praticiens, dans les cas d’épidémies de fièvres catarrhales intermittentes, confirment tout ce que nous venons de dire. C’est ainsi que Sydenham, ayant vu les fièvres intermittentes bilieuses des mois de juillet et d’août 1679 changer de caractère par les pluies très froides qui survinrent en octobre suivant, puis ayant observé que les accès étaient surtout remarquables par une toux plus ou moins violente avec ou sans expectoration, toux dont les caractères, dit-il, se rapprochaient beaucoup de la coqueluche; il prescrivit de suite et avec succès la saignée plus ou moins répétée selon les cas , puis les vésicatoires à la nuque; les purgatifs furent aussi quel- Ciuefois employés très utilement.
J. Wepfer en 1691 , et surtout l’illustre Haller en décembre 1699 a observé à Breslaw une fièvre catarrhale qui attaquait principalement les personnes de vingt à trente ans ; elle débutait par une toux violente qui tantôt se terminait en quatre ou cinq jours par une expectoration critique , tantôt passait au type périodique quotidien. Les accès revenaient chaque jour à quatre'heures après midi, précédés d’horripilations ou de frisson; la chaleur qui suivait était forte, âcre, mordicante au toucher; langue couverte d’un mucus blanchâtre, soif presque nulle, agrypnie, pouls fréquent ; et ce qu’il y avait de plus remarquable dans ces accès, c’était une toux violente qui fatiguait beau-
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coup les malades ; parfois il y avait des douleurs pleurétiques avec délire. Les moyens antiphlogistiques , les boissons adoucissantes et diurétiques furent les seuls moyens utiles ; tous les remèdes stimulants , tous les cordiaux étaient constamment nuisibles ; il en était de même des purgatifs , bien qu’on eût pu quelquefois juger leur emploi convenable d’après les bons effets de certaines diarrhées critiques.
Au commencement de l’hiver 1733 , il régna à Paris une toux épidémique qui revenait par accès périodiques si violents , que plusieurs personnes en furent suffoquées , et périrent subitement.’ Les 6 et 7 février il se manifesta un brouillard épais qui accrut encore cette toux, et provoqua des crachements de sang. Un traitement antiphlogistique très actif d'abord, et puis sagement combiné avec les moyens adoucissants et les révulsifs parvint seul à guérir les malades.
Dans les circonstances dont il s’agit, l’usage du quincjuina était assez rarement indiqué , sans doute à cause de la complication de gastrite ou de gastro-entérite qui s’ajoutait fréquemment à l’affection catarrhale, et parce cjue l’apyrexie était rarement parfaite. Sydenham n’y avait jamais recours qu’un peu tard , et qu’après l’effet des saignées , de la diète et des boissons adoucissantes.
Les faits que nous devons aux médecins anciens , sous les nos 198, 207, 208, 209 et 210, surtout à Morton, Lautter, Strack, nous semblent contenir des détails suffisants pour caractériser des pleurésies et des péripneumonies intermittentes tierces et doubletierces. Ces praticiens ont très bien reconnu les phlegmasies dont il s’agit; et c’est évidemment, c’est uniquement le type périodique qui leur a fait penser que c’était des fièvres intermittentes cachées sous ces formes inflammatoires, si l’on en juge par les expressions mêmes dont ils se servent pour les indiquer : tertiana duplicata f dit Lautter, sub veræ et sœvœ pleuriiidis larvâ. Fehris tertiana peripneumoniam acutissimam simulans, dit Morton; et selon Strack, febris inîermitlens phlhisi pulmonali simillima. D’ailleurs les causes, les symptômes, le traitement, tout ici ne nous indique-t-il pas positivement le siège et la nature des affections dont il s’agit? Dans l’une des deux observations que nous avons choisies entre plusieurs autres dans l’ouvrage cité de Lautter , c’est une femme qui s’expose à la fraîcheur de la nuit après s’être échauffée par un grand exer-
phlegmasies intermittentes
cice. Elle est prise de frisson, de froid, d’une douleur violente au côté droit de la poitrine, d'une toux fréquente, d’une respiration courte, difficile, douloureuse ; son pouls est plein, dur, fréquent; sa langue blanclie et sèche. Que fauUil de plus pour caractériser une bonne pleurésie? Lautier reconnut très bien cette phlcgmasie, fil saigner deux fois la malade, et insista sur les moyens antiphlogistiques. Mais ayant observé que le redoublement des symptômes indiqués avait lieu à des époques fix:es, et que les urines étaient sédimentcuses , il pensa dès lors que cette affection était une fièvre inîermittente qui se cachait sous la forme cVune pleurésie; il administra le quinquina. La malade fut guérie, ün observateur non prévenu peut-il voir dans ce fait autre chose qu’une véritable pleurésie rémittente? et quel médecin aujourd’hui pourrait encore en tirer parti pour établir ime fièvre intermittente essentielle sous le nom de pernicieuse p)leurètique ?
Morton nous dit que, chez son malade sous le n° 209, on jugeait par la toux, la difficulté de respirer et la douleur très violente ressentie dans la région delà plèvre et du poumon, quil était comme les individus affectés de péripneumonie. 11 lui fit pratiquer une saignée , donner des boissons adoucissantes et ensuite le quinquina pour prévenir le retour des accès. Dans les deux faits rapportés par Strack, l’inflammation delà plèvre chez l’im, et celle du poumon chez l’autre, furent très bien reconnues par ce praticien. Il traita la première par la saignée et autres moyens antiphlogistiques qui suffirent à la guérison du malade. Il fit prendre le plus promptement possible le quinquina au second malade parce qu’il était déjà beaucoup affaibli par la durée de son affection. La cause et les symptômes de cette maladie indiquent assez quelle est sa nature, puisqu’il s’agit d’un individu prédisposé comme ses parents aux affections de poitrine, et chez qui elle se déclare à la suite d’un refroidissement subit occasionné par l’imprudence qu’il eut de boire de l’eau froide pendant qu’il était dans un état de chaleur et de sueur très considérable.
Les exemples de pleurésies sous les nos 203, 205 et 215 ne laissent pas de doute sur leur nature inflammatoire et sur leurs, types rémittent et intermittent, quotidien et tierce. Dans le premier il slagit d’une jeune fille de douze ans, d’une taille élevée , qui éprouve d’abord un catarrhe pulmonaire dont elle guérit à l’aide
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de boissons chaudes et miicüagineuses. A peine rétablie , elle abuse de la permission qu’on lui accorde de se livrer à des courses champêtres quelle prolonge après le coucher du soleil, de manière à ressentir toute la fraîcheur du serein. Le même soir les symptômes de la pleurésie se déclarent; on lui oppose les sangsues ; le point de côté et la fièvre disparaissent. Mais le lendemain, exacerbation pleurétique et fébrile aux mêmes heures. On croit d’abord que les moyens antiphlogistiques suffiront pour guérir la malade ; cependant un troisième accès se déclare le surlendemain avec des symptômes cérébraux si violents qu’ils effacent les symptômes pleurétiques. La prudence du médecin le porte à administrer promptement le sulfate de quinine ; mais craignant avec raison de l’introduire dans l’estomac, dont l’ir. ritation sympathique avait été d’abord très sensible , il le fait employer en frictions à la surfaçe interne des membres ; son efficacité n’en fut pas moins complète, elleretour des accès prévenu.
Dans le second fait, disposition du malade , causes , symptômes, traitement, hémorrhagie critique , tout indique évidemment le siège et la nature inflammatoire de l’affection périodique. En effet, il s’agit d’un garçon boulanger de vingt-six ans, sanguin, athlétique, qui va tout en sueur s’exposer brusquement à un air très froid : aussitôt, frisson, lassitude générale, point pleuréticpie, pouls dur et développé, toux sèche, crachats sanguinolents, etc. Deux saignées sont pratiquées le même jour, et le lendemain apyrexie ; le malade est généralement bien ; mais on a l’imprudence de troubler ce bien-être par un émétique adressé à une prétendue complication gastrique, et le soir il y a un redoublement avec augmentation de tous les accidents ; un semblable redoublement continue à revenir chaque soir malgré une troisième saignée, des sangsues, des vésicatoires, etc., jusqu’au moment où une douleur aiguë se fait sentir dans les reins, suivie d’abord d’ischurie et puis d’une hématurie considérable à la suite de laquelle le malade se trouve convalescent et bientôt parfaitement guéri. On voit ici une violente pleurésie qui est enlevée en moins de vingt-quatre heures par deux saignées ; peut-être n’eût-elle pas été reproduite sans le vomitif; mais un second accès pleurétique ayant été provoqué , il fut suivi de deux autres ; puis il y eut déplacement de l’irritation sanguine, qui s’est portée de la plèvre dans les reins, où elle s’est terminée par une hémorrhagie critique.
PHLEGMÀSIES INTERMITTENTES
Dans le troisième fait on voit un soldat qui se livre à des travaux fatigants au milieu desquels il sue beaucoup et se trouve exposé à la pluie ; il termine sa journée au cabaret; et le soir il éprouve les symptômes suivants : frisson , abattement et lassitude générale, toux, respiration courte, fréquente, accompagnée de douleur vive et lancinante sous le téton gauche ; pouls dur, fréquent, etc. A l’aide d’une application de sangsues et du régime adoucissant tous ces symptômes disparaissent si complètement , que le lendemain on croit le malade guéri. Mais le troisième jour, retour des mêmes symptômes pleurétiques et fébriles , précédés également de frisson. Le jour sui\ ant , nouvelle intermittence. Plusieurs accès se sont encore renouvelés et ont cédé à des doses répétées de quinquina en substance. Les organes digestifs n’étant point malades, l’administration du quinquina n’a pas présenté d’inconvénients dans cette maladie ; on voit pourtant que la souffrance sympathique de l’estomac pendant l’accès pleurétique ne lui a point permis de le digérer quand il a été donné à une époque trop rapprochée de cet accès. N’est-il pas probable que le quinquina se serait opposé plus promptement au retour de cette inflammation périodique, si M. Reis eût fait précéder son emploi de celui , mieux indiqué dans le principe, des émissions sanguines locales ou générales? Celles-ci auraient infailliblement diminué l’intensité des accès pleurétiques, si même elles ne les avaient pas guéris sans retour, comme dans les observations sous les m* 205, 210 et 214.
Dans l’exemple de pleurésie quotidienne, observé par M. Chauffard sous le n« 204, on voit que ce praticien reconnut parfaitement le type et la nature de la maladie; aussi a t-il dompté très facilement le type périodique de celte phlegmasie par l’administration du sulfate de quinine, ayant eu auparavant le bon esprit d’attaquer les phénomènes inflammatoires par la saignée et une forte application de sangsues sur le point douloureux.
On voit dans l’observation de Mattheï une femme sujette aux catarrhes, qui éprouve, chaque jour aux mêmes heures, un accès caractérisé par le frisson , les tremblements , la fréquence du pouls, une toux vive et suffocante , une douleur pongitive dans le côté droit de la poitrine, des crachats muqueux et sanguinolents, une respiration courte, laborieuse, pénible, etc. Tous ces symptômes n’indiquent-ils pas une véritable péripneumonie ,
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et leur retour constant à la même époque do la journée n’indique-t-il pas son type intermittent quotidien? Cette phlegmasie étant assez intense pour développer de la fièvre, le praticien qui l’a observée a cru devoir en faire une fièvre intermittente essentielle y compliquée de pleurésie! Quel médecin aujourd’hui pourrait s’abuser au point de voir dans ce fait deux entités pathologiques différentes ?
La souffrance du poumon sous le n» 200 est caractérisée par une toux très forte , une respiration difficile , laborieuse , l’impossibilité de rester couché ; pouls dur et fréquent , langue sèche ; l’arrivée de l’accès pneumonique est annoncéparunviffrisson.On prend cette maladie pour une fièvre intermittente pernicieuse dyspnéique; cependant on a le bon esprit de pratiquer sur-lechamp une saignée. Qu’en résulte - t - il ? que les périodes de frisson et de chaleur sont suivies d’une abondante sueur , à la^» quelle succède une intermittence parfaite^ tandis qu’auparavant il y avait à peine une rémittence bien sensible entre les accès. Cependant^ les symptômes pneumoniques et fébriles étant revenus encore à la même époque , et ayant été suivis d'une apyrexie complète, on en profite avec raison pour administrer le sulfate de quinine , et enrayer le plus promptement possible des accès qui pouvaient augmenter d’un jour à l’autre et faire périr le malade.
Dans l’observation suivante, il s’agit d’un homme qui habite un lieu marécageux et qui est exposé aux alternatives d’une température fraîche le matin , très chaude à midi, froide et humide le soir ; il est pris d’un accès caractérisé par les symptômes suiyanrs : frisson d’une ou de deux heures , douleur fixe et profonde dans la partie droite iimyenne du thorax , oppression , respiration courte et fréquente , toux , expectoration de crachats sanguinolents, pouls fréquent, dur, etc. ; intermittence complète depuis quatre heures du matin jusqu’à trois heures après midi. Deux médecins reconnaissent ensemble la nature inflammatoire et la marche intermittente de la nialadie, qui fut combattue avec succès par les applications de sangsues sur le point douloureux, par les boissons adoucissantes et le sulfate de quinine. Causes, symptômes , diagnostic, traitement, tout ici confirme 1 existence d’uns véritable pneumonie intermittente quotidienne.
La pleuro-pneumonie , sous le n^ 212, est également remarquable par la régularité et la constance des symptômes inflam-^
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ïEatoires de la plèvre et du poumon , qui sont revenus de deux jours l’un pendant long-temps, et sous l’influence d’un traitement bien peu méthodique. Le médecin n’ayant point saigné la malade, il a fallu que la nature y ait suppléé par une épistaxis abondante, qui s’est répétée vers la fin delà maladie pendant quatre ou cinq accès consécutifs. Cette phlegmasie périodique et fébrile a disparu sans quinquina , et par les seuls efforts de la nature. Dira-t-on qu’il y avait là une fièvre intermittente nerveuse dont la crise s’est opérée par des hémorrhagies?
Dans les trois observations sous les n^s 202, 213 et 217 le diagnostic porté par les praticiens qui ont vu les malades , et les autopsies pratiquées après leur mort, ne laissent aucun doute sur le siège et la nature des affections pulmonaires , bien qu’elles aient offert un type intermittent d’abord et puis rémittent, c’està-dire que, devenues profondes et opiniâtres, ces affections ne présentèrent pas moins des (‘xacerbalions périodiques très sensibles. Dans )e fait recueilli par M. Dugès à l’hôpital des Enfants , il s’agit d’une fille de dix-sept ans, qui eut d’abord plusieurs accès fébriles, sous type quarte ; on les combattit par le quinquina seulement. Il y eut une apyrexie ou une intermission complète de dix à douze jours, et puis les accès fébriles revinrent accompagnés d’une douleur assez forte au côté droit de la poitrine, avec toux et dyspnée : ces symptômes se dissipèrent avec la sueur. Le lendemain 22 février, et à la même heure , troisième accès beaucoup plus intense; la respiration et la parole sont entrecoupées, la dyspnée est rendue considérable par l’accroissement de la douleur thoracique ; la percussion donne le son clair de la pleurésie, le pouls est dur et fréquent. On administre de nouveau le quinquina j il est vomi pour la seconde fois. On applique six sangsues sur le point douloureux. La fièvre devient continue, la douleur, l’anxiété, augmentent; on se contente d’appliquer un vésicatoire loco dolenti! et la malade succombe. L’autopsie fait voir toute la plèvre du côté droit couverte d’une couenne grisâtre et contenant une demi-livre de sérosité trouble et floconneuse^ le poumon du même côté est compacte, se déchire aisément et gagne le fond de l’eau; les autres organes sont sains. N’aurait-on pas prévenu cette funeste combinaison si l’on eût attaqué franclienient celte pleurésie parles moyens antiphlogistiques convenables? Que pouvaient six sangsues contre elle, chez une fille de dix-sept ans 1 Du moment que le quinquina ne pouvait être supporté par
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l’estomac^ pourquoi ne pas l’administrer en lavements? d’ailleurs, malgré les accès ou les redoublements fébriles et périodiques de la pleurésie , l’intensité de la douleur locale indiquait assez qu’il fallait avoir recours à d’autres moyens qu’au quinquina et au vési- «eatoire dont l’effet a été plutôt nuisible qu’utile. En somme, cette observation nous semble prouver que le type périodique d’abord, puis la pâleur et la faiblesse apparente de la malade, en ont imposé et fait méconnaître la nature de cette maladie ; de là un traitement peu convenable et la mort.
Si le même accident arriva dans le fait suivant, ce ne fut point la faute de Brera, qui, après une consultation, reconnut que la fièvre d’accès était symptomatique de l’affection périodique on rémittente du poumon ; aussi ce célèbre praticien conseilia-t-il de discontinuer l’usage du quinquina pour en venir aux moyens adoucissants et antiphlogistiques ; mais le malade ne tint pas compte de cet avis , non partagé par son médecin ordinaire qui continua de prescrire des fébrifuges et que la mort du malade vint trop lard éclairer sur la véritable nature de la prétendue fièvre essentielle.
Il en est de même de l’observation sous le n® 217, recueillie par M. Briclieteau. Il s’agit d’une femme qui éprouvait depuisquelque temps des accès de fièvre intermittente , accompagnés de douleurs vagues dans la poitrine. Un chirurgien est appelé , qui ne prend en considération que le caractère intermittent de cette affection et administre le sulfate de quinine avec un succès momentané ; mais les accès ne tardent point à se reproduire avec un accroissement d’intensité tel qu’il en résulte des symptômes généraux si graves qu’un autre médecin consultant croit reconnaître une fièvre typho’ide. Cette femme est conduite à l’hôpital dans ua état comateux qui , joint aux renseignements donnés par les parents , font croire à l’existence d’une fièvre rémittente 'pernicieuse déjà ancienne. On administre le sulfate de quinine en potion et , le quinquina en lavement deux jours de suite sans qu’on remarque rien du côté de la poitrine ; cependant le mal empire ; la gêne de la respiration engage à percuter cette cavité dont tout le côté gauche offre un son mat et une absence complète de respiration ; mais la mort survient après cette investigation , et l’auîopsie fait voir des altérations organiques assez marquées , surtout dans la plèvre et le poumon gauche. Ici, comme dans l’observation de M. Dugès, n’est-il pas vrai que les symptômes fébriles rémittents et intermittente ont complètement masqué les symptômes de la
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pleuro-pneumonie, contre laquelle on n’a dirigé aucun moyen, si ce n’est une application intempestive de vésicatoire dans le commencement de la maladie?
Il n’en est pas de même à cet égard dans le fait sous le n» 219. M. Maillot , qui a vu un si grand nombre de fièvres intermittentes pernicieuses pendant son séjour à Alger, s’était habitué à reconnaître des organes souffrants et phlegmasiés à travers tous ces phénomènes généraux et sympathiques si nombreux et si variés qui tendaientpresque toujours à en imposerpourdes accèsfébriles pernicieux, rémittents et intermittents. Il s’agit d’un soldat , âgé de vingt-deux ans, qui avait eu déjà plusieurs récidives de fièvre intermittente , et qui était entré à l’hôpital d’Alger le cinquième jour d’une fièvre tierce, dont le premier accès avait été accompagné d’une douleur pleurétique. Pendant le second accès, il avait rejeté quelques crachats sanguinolents ; le jour de son entrée on attendait le troisième accès à six heures du soir. M. Maillot débuta par une application de cinquante sangsues sur le point douloureux et par l’administration de quarante grains de sulfate de quinine pour prévenir cet accès, qui revint néanmoins à l’heure ordinaire. A dix heures du soir , le pouls étant devenu plein et large , la peau chaude , les crachats sanguinolents, on lui pratique une saignée de dix onces. Le lendemain, le point de côté, le râle et la difficulté de respirer étant toujours très marqués , nouvelle application de vingt-cinq sangsues sur le côté malade ; seconde et troisième saignées dans la journée ; continuation de la diète , de l'eau gommée et du sulfate de quinine. Le jour suivant , intermission , apyrexie , plus de râle , plus de douleur ; mais le lendemain, nouvel accès, retour des mêmes symptômes inflammatoires du même côté de la poitrine; quatrième saignée, troisième application de vingt-cinq sangsues à la base du poumon gauche ; dès ce moment, tous les accidents fébriles et pernicieux se dissipent sans retour par la continuation du sulfate de quinine. Sans doute la force du malade et le climat d’Afrique doivent être pris en considération dans un traitement aussi actif; mais dans nos climats d’Europe, ne portons-nous pas la timidité trop loin, soit à l’égard des doses de sulfate de quinine , soit à l’égard des évacuations sanguines? En consignant dans son livre un grand nombre de faits semblables, M. Maillot aura rendu à la science et à riiumanité un véritable service ; d'autant plus qu’il ne s’agit point d’une I outille aveugle , mais d’un traitement raisonné auquel le
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praticien dislinguc a été conduit en observant sur un grand théâtre et en s’éclairant par un grend nombre d'autopsies.
Déjà nous avions vu, sous les n'^'' 206 et 218, deux malades traitées d’après les mêmes principes et avec le même succès : MM. Grégorie et Téallier , chez deux: femmes sanguines et dont les accès pernicieux se faisaient remarquer par un frisson et par des points de côté, une respiration pénible, etc., ne craignirent point de praliquerdes saignées et de faire appliquer des sangsues sur le côté douloureux avant d’en venir à l’administration du sulfate de quinine, dont l’efficacité, préjiarée par un traitement antiphlogistique très méthodique, ne fut point douteuse , même à des doses très modérées. Dans ces deux cas , il est vrai , les médecins dont il s’agit reconnurent par faitement les symptômes de la pleurésie, quoiqu’elle présentât un type tierce bien marqué; les symptômes fébriles , pernicieux et intermittents ne leur ont point empêché de reconnaître et de traiter convenalilementla phlegmasie de la plèvre. Nous trouvons également un traitement antiphlogistique assez méthodique sous le n ’ 220 , recueilli par M. Cazentre à l’IIôtel-Dieu de Bordeaux. M. Dutrouiih avait d’abord classiquement qualifié ce fait de fièvre insidieuse péripneumoniqiie ; mais le prestige de la fièvre et de rintermittence dut s’évanouir quand on vit durant l’accès fébrile pernicieux le malade cracher du sang et accuser une douleur fixe , aiguë sous le téton gauche, ejuand on se fut assuré du râle crépitant qui avait lieu de ce côté de la poitrine, puis de la plénitude du pouls , etc.
La cause et les symptômes dé la péripneumonie sont bien évidents sous le no 211 , puisqu’il s’agit d’un homme qui boit de i’eau froide pendant qu’il a très chaud , et puisque les symptômes durant l'accès sont le frisson, le point de côté , la toux, l’oppression , le crachement de sang , la coloration des pommettes , les nausées , l’agitation , le délire, etc. Peut-on dire que ce soit là une fièvre pernicieuse essentielle qui produise tous ces symptômes inflammatoires? Ne sont-ils pas au contraire le résultat d’une congestion sanguine et périodique du poumon? L’observation sous le n" 222, du même auteur, offre également les symptômes d’une péripneumonie avec fièvre et type quinlane. L’inflammation du poumon a été d’abord précédée d’un catarrhe sans fièvre ; elle re>ient par accès suivis pendant ciuatre jours d’une rémittence très marquée; on en prévient le retour comme dans l’exemple
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précédent, par l’administration du (îuinqiiina ; mais le catarrhe pulmonaire reprend sa marche continue et sans lièvre ; or , peuion dire que ce soit encore là une fièvre rémittente pernicieuse essentielle? fièvre offrant tous les symptômes d’une péripneumonie , ou se cachant sous les apparences d’une inflammation du poumon , inflammation pourtant qui commence et finit par un vrai catarrhe pulmonaire !
1 Dans le fait rapporté sous le n«214, les symptômes de laphlegmasie du poumon sont si marqués que le médecin qui en fut témoin n’hésita point à reconnaître une péripneumonie aiguë ordinaire et sans complication gastrique ; il la traita par une saignée abondante, la diète et les boissons émollientes. Le lendemain , plus de toux ^ respiration libre , percussion du thorax d un son clair ; le malade demande à manger. L’étonnement qu’éprouve le médecin de la disparition si prompte et si complète de cette phlegmasie lui commande la réserve et l’attention. Ce n’est pas sans motif, carie jour suivant nouvel accès ; mais , au lieu d’être caractérisé comme le précédent par des symptômes pneumoniques, il présenta, dit M. Dufau, tous les signes d’une violente phlegmasie de V estomac propagée à V encéphale, et l’intervalle apyrétique qui avait existé depuis la cessation de 1 irritation pulmonaire jusqu’à la manifestation de l’inflammation gastrique, annonçait avec évidence que j’avais à combattre une affection
intermittente.
L’accès fut modéré par les émissions sanguines et les moyens antiphlogistiques et révulsifs les plus convenables ; aussitôt qu’il fut terminé , on n’hésita point à administrer le quinquina, eu égard à la violence et au danger des symptômes qui 1 avaient caractérisé. Cependant , comme on pouvait craindre avec raison que l’estomac fût encore très irritable, on donna ce remede en lavements et en frictions à la partie interne des membres. Quand on présuma que la remission était aussi pai faite que possible , alors on administra le sulfate de quinine par la voie de l’estomac, qui néanmoins le supporta péniblement. Un nouvel accès eut encore lieu, mais il fut moins violent. On le combattit par une seconde application de sangsues , et ce fut le dernier.
Cette observation remarquable prouve que M. Dufau, bien pénétré des principes de la doctrine physiologique , a su en faire l’application avec la méthode , l’activité et la réserve d’un praticien éclairé* s&t.
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Nous pourrions faire les memes réflexions et tirer les mêmes conséquences à l’occasion du fait observé par M. Iloclie sous le
Voici les réflexions que le fait, sous le n»223, suggère au médecin qui l’a recueilli : « Cette observation , dit M. Blaud nous offre l’exemple d’une fièvre inlermittenle pernicieuse d’un type fort singulier, puisque le second accès ne survint que le cinquième jour après le développement du premier. Elle se ti cuvait compliquée d une pleuro-péripncumonie qui en était Yeffet et non la cause essentielle , car ni la saignée locale abondante qui fut operée par les sangsues , ni le vésicatoire appliqué ensuite sur le point douloureux , ne purent en prévenir le retour tandis que le sulfate de quinine s’y opposa de la manière la plus efficace. Celte phlegmasie était d’une nature particulière , ou plutôt elle n’etait qu’une inflammation apparente. Elle formait un symptôme particulier, lié au trouble interne, sui qeneris quiconstituaitla pyrexie, dont il n’était que lirradiation. Aussi fut-elle efficacement prévenue par le spécifique qui pouvait seul
s opposer a la cause morbifique interne particulière, dont elle n était que le produit. »
- Comme ces réflexions de M. Blaud expriment toute la pensée des médecins antiphysiologistes, comme elles contiennent la substance des principales objections qu’on ne cesse d’opposer à la théorie physiologique des irritations intermittentes , nous devons nous y arrêter. L’observateur du fait dont il s’agit s’étonne d abord de ce que l’accès ne revint que le cinquième'jour , et il trouve ce type fort singulier l II nous semble que ce (yoe n’est plus aujourd’liui une singularité bien étonnante , puisqifil a été observé par Stoll, par Franck , par Arloing , par les professeurs Marjohn et Piorry , et par plusieurs autres praticiens ; s’il y a la quelque singularité , c’en est une du même genre que celle U type tierce , quarte , octane, mensuel, etc. Mais voici le grand argument contradictoire ! La fièvre intermittente pernicieuse était compliquée d’une péripneumonie qui en était l’effet ' et non la cause essentielle... Ainsi donc M. Blaud a vu , chez le m me malade , deux maladies bien distinctes , savoir, une périflpneumonie , et puis une fièvre pernicieuse ! Admettons pour un nnstant , comme le veut M. Bland, que la péripneumonie soit effet de la fièvre , cela n’empéche pas que ce qu’il y a ici de plus isaillant et de plus important, c’est l’existence elle-même, c’est le