PIILEGMASIES INTER MIXTES TES
fait de la plilegmasie du poumon, quelle qu en soit d’ailleurs la cause externe ou interne, évidente ou cachée ; puis cest la disparition de cette phlegmasie pendant un certain temps et son retour périodique, vérité qu’on ne peut point non plus contester. Or, de ces deux maladies qui attaquent à la fois le même individu, d’après MM. Blaud , Bailly, Bayer, etc., l’une nous est parfaitement connue, c’est la péripneumonie ; il n en est pas de meme de la fièvre pernicieuse; il faudra donc que M. Blaud nous dise ce qu’il entend par la et quelle est la cause de celte lievie , car il ne pense pas que ce soit un être imaginaire , ni un effet sans cause! Mais ce qui frappe surtout l’attention à côté du mot fièvre^ c est l’épithète pei'nicieuse , et i on demande, qu est-ce donc qui rend cette fièvre pernicieuse? est-ce la complication de la péiipneumonie? Oui , disent les médecins antiiihysiologistes. Ils conyieiinciit aussi que cette fièvre a été pernicieuse dès son piemier accès , puisque la toux, le point de cote, la difficulté de lespirer, etc., se sont fait sentir en meme temps que le frisson fébrile; donc la péripneumonie a commencé aussi vite que la fièvre, donc elle n’est pas, comme le veut M. Blaud, l effet de la fèvre. Elle n’en sera dune ni l’effet , ni la cause; ce seront donc deux maladies bien distinctes , tout-à-fait indépendantes 1 une dei autre, qui pourtant s’entendront assez pour se développer au même instant, pour marcher ensemble sans avoir rien de commun , et se terminer en même temps par des crachats, par des sueuis et diverses évacuations! De telles conséquences sont-elles bien
loin de conduire à l’absurdité?
Quand une pneumonie ordinaire ou continue se développe , elle est aussi accompagnée de frisson , de céphalalgie, de malaise général, d’anxiété, de fatigue dans les membres, de fréquence et dureté du pouls , d’inappétence et autres symptômes généraux qu’on appelle fièvre; elle peut aussi se terminer, au bout de quelques jours , par des urines et des sueurs abondantes. On ne dit pas alors que la pneumonie soit f effet de la fièvre ; c’est le contraire qui est généralement reconnu. 1) où vient un tel changement dans le diagnostic quand il s’agit de la même maladie, du trouble des mêmes fonctions, de la souffrance et de la lésion des mêmes organes? Pourquoi veut-on que , dans cette dernière circonstance, la fièvre soit f effet de la péiipneumonie , tand's qu’on en fait la cause dans le premier cas. Voici les raisons ; C’est que ni la saignée locale abondante qui fut ope
INTERNES
Yèe par les sangsues, ni le vésicatoire appliqué ensuite sur le point douloureux , ne purent en prévenir le retour... Mais, de bonne foi, sont-ce là des raisons? Quoil parce qu’une péripneumonie sera revenue , par une cause quelconque , à une certaine époque , et sera revenue avec tous les symptômes qui caractérisent une phlegmasie du poumon , ce ne sera plus une péripneumonie! On n’ignore pas qu’il y a également des rechutes dans les péripneumonies continues; et pourtant qui a jamais songé à voir dans une seconde ou une troisième récidive de cette phlegmasie autre chose qu’une nouvelle inflammation du poumon, quand elle se présente d’ailleurs avec le meme appareil de symptômes que la première fois? Le sulfate de qui ine , ditesvous, en prévient le retour ; oui, c’est un fait. Mais que pouvezvous conclure de ce fait , sinon que vous en ignorez le pourquoi , comme vous ignorez pourquoi ce meme médicament prévient le retour d’une maladie périodique quelconque? Certes on ignore ce pourquoi-là , comme on ignore pourquoi l’émétique fait vomir, pourquoi la^rhubarbe purge, pourquoi l’opium calme ou endort, et tant d’autres pourquoi qu’il serait facile de multiplier. Youst concluez d’un pourquoi qui vous échappe , que la péripneumonie dont il s’agit est le produit d’une cause 7norbifique interne particulière , liée au trouble interne, suî generis, qui constitue la pyrexie! Nous sommes forcé de demander à M. Blaud ce qu’iî entend par des expressions si vagues et si mystérieuses que lui seul peut en connaître le sens ? Ce trouble interne siû generis , cette cause )no7'bifique interne, ne sont-ils point des mots pour remplacer ceux de fièvre essentielle dont on n’ose plus se servir, et de laquelle pourtant on ne peut sortir sans voir les maladies dans les organes dont les fonctions troublées nous indiquent la lésion? C’est pour sortir de Vessentialité fébrile, sans vouloir reconnaître les vérités fondamentales de la doctrine physiologique , que MM. Rayer, Jolly, Guérin de Mamers, Brachet ,.etc., ont imaginé de faire provenir les symptômes gémh’aux ou sympathiques qu’on nomme fièvre (continue ou intermittente;, d’une lésion ou d une irritation idiopaihiq^ie du cerveau et delà moelle
ncuc uns
épinière! Ces médecins ont-ils bien réfléchi à la multiplia -
lésions cérébro-spinales qui vont être la conséquence de leur hypothèse? car tout praticien sait qu’il suffit d’une indigestion, d’un érysipèle , d’un panaris , ou de la moindre lésion locale chez une personne irritable, pour développer la céphalalgie, le fris-
PHLEGM4SIES INTERMITTENTES
son, la courbature, le malaise général, le brisement des membres, en un mot les phénomènes sympathiques qu’on attribue si gratuitement à une lésion idiopathique (1) du système cérébrospinal et ganglionnaire. Les observateurs etlespraticiensqui ouvrent fréquemment des cadavres ont dù être fort surpris d’apprendre que cette lésion fut si fréquente et jouât un si grand rôle! eux qui ne l’ont presque jamais constatée dans leurs nombreuses recberches analomico-pathologiques 1 MM. Nepple et Bonnet, surtout MM, Bailly et Maillot, qui ont pratiqué tant d’autopsies à la suite des fièvres intermittentes pernicieuses, ne nous citent que peu ou point de cas dans lesquels ils aient trouvé la lésion de la moelle épinière. Mais revenons à M.Blaud, pour lui demander encore ce qu’il entend par ces mois phlegmasie d’une nature particulière ou apparente? Y aurait-il par liasard une phlegmasie du poumon qui ne fût pas d’une nature inflammatoire, tout commeil y a, selon M. Bailly, des oplithalmie s nerveuses? Remarquons bien ces diverses épithètes que nos adversaires donnent à la phlegmasie , pour en faire quelque chose qui ne soit pas de nature inflammatoire, et qu’ils puissent pourtant faire agir et se présenter comme une inflammation intermittente dont ils ne peuvent plus aujourd’hui contester l’existence : MM. ïommasini et Bailly ont créé des inflammations fausses et non véritables ; en voici d' apparentes 1 Pourquoi pas aussi des inflammations pwtndes et bilieuses , comme les humoristes? pourquoi pas des inflaniinations larvées ou dissimulées? Selon les anciens , c’était la fièvre qui se dissimulait, aujourd’hui ce sera l’inflammation, et Dieu sait sous combien de masques différents nous allons lavoir! Ce que nous disons est si vrai que, à propos d’un autre fait absolument semblable au précédent, et publié par M. Blaud dans la Revue médicale , en 1832, sous le nom de fièvre intermittente insidieuse péripneumonique ^ et dont les intermissions étaient aussi de quatre jours , ce médecin nous dit ; cr qu’on voit là une fièvre larvée , marcher d’abord quelques jours sous le masque
(1) Ce mot idiopathique est ici très important, parce qu’il sépare l’opinion <les médecins dont nous venons de parler de celle des médecins physiologistes qui ne voient dans les phénomènes généraux dont il s’agit que l’influence sympathique d’un ou de plusieurs organes malades sur le système nerveux cérébro-rachidien, comme l’inappétence , le dégoût , les envies de vomir, comme la fréquence du pouls , ta vitesse delà respiration , le froid ou la chaleur de la peau, etc. , dépendent de lamême influence sur l’estomac, le coeur, te poumon , la peau, etc.
INTERNES
d’une péripneumonie, disparaître, reparaître de nouveau sous la même apparence.,. Du 15 au 19, on ne pouvait la distinguer de la péripneumonie réelle. L’amélioration qui survint le 19 ne suffisait pas pour la faire reconnaître; car les péripneumonie s franches ont quelquefois cette heureuse terminaison. D’ailleurs le cours d’une intermittente a-t-il ordinairement cette longue durée (quatre jours)?... Enfin la cessation des symptômes péripneumoniques et l’intermittence qui survint, mirent fin à notre incertitude et dévoilèrent la véritable nature du mal (c’est-à-dire une fièvre intermittente insidieuse péripneumonique) I » On voit dans ce fait, comme sous le 0^2:23, que M. Blaud est fort embarrassé de caractériser la maladie dont il s’agit , soit à cause de la longue durée de l’intermittence, soit à cause du retour et de la disparition , avec la fièvre , des symptômes de la péripneumonie. Tant il est vrai qu’une fois fourvoyé hors la bonne route , il est bien difficile de diriger ses pas mal assurés !
De ce que nous venons de dire, l’on peut conclure, en dernière analyse, que les médecins antiphysiologistes ne s’entendent pas entre eux, et se comprennent si peu eux-mêmes qu’ils se perdent dans des pourquoi, qu’ils se jettent dans des distinctions subtiles, dans des suppositions gratuites qu’ils nous donnent ensuite pour de bonnes raisons ! La faiblesse ou la futilité de ces raisons saute à tous les yeux; mais il est bon quelquefois d’en faire justice quand l’occasion s’en présente. Cette petite digression ne se rapporte point seulement aux doux faits de péripneumonie à type quintane dont nous venons de parler, mais à une opinion développée par M. Blaud dans pluseiiirs articles delà Revue et delà Nouvelle Bibliothèque médicale.
Le fait observé sous le n® 225 a été caractérisé de fièvre pernû cieuse , parce qu’il se présenta à une époque où régnaient beaucoup d’autres fièvres intermittentes plus ou moins graves, par suite du dessèchement d’un marais voisin. Cependant ce sont à peu près les mêmes phénomènes que la malade avait éprouvés, depuis plusieurs années , à chaque période menstruelle. Il n’y a de différence que dans l’intensité et les retours en tierce des phénomènes dont il s’agit. Cette fois encore, comme auparavant, la malade fut promptement soulagée par une application de sangsues. On conçoit très bien , chez une femme de trente-huit ans , très irritable, dont les règles coulent en trop petite quan- r tité, et qui a peut-être encore une affection chronique des ovai- ,
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
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res , on conçoit , disons-nous , qu’il puisse y avoir à chaque période menstruelle, d’abord influence sympathique de la matrice sur les principaux viscères, et ensuite reflux ou congestion du sang vers celui qui se trouve le plus disposé à ce genre d’affection ; et cela indépendamment de la consliluiion atmosphérique et de l’épidémie régnante. M. Coutanceau , qui rapporte robservaiion dont il s’agit, ne fait point de la fièvre pernicieuse carditique une fièvre essentielle ; c est, selon lui , un appareil fébrile supposé , ou une affection spéciale du principal agent delà circulation. Il ne s’explique pas sur sa nature inflammatoire ou nerveuse ; mais il est probable qu’il s’agit d’une irritation complexe, pour le moins autant nerveuse qu'inflammatoire, à en juger par le tempérament de la malade, par les symptômes décrits et l’utilité des opiacés. Cependant , d’un autre côté, on est porté à croire à une congestion inflammatoire, vu que cette maladie se déclare à l’époque d’une révolution sanguine , et que la malade a toujours été traitée avec succès par les sangsues et les moyens antiphlogistiques pour les affections antérieures et analogues qu’elle a éprouvées.
a L’observation sous le n® 224 démontre , dît M. Pallas , que les affections du cœur sont susceptibles de revêtir la forme intermittente. Les exemples en sont très rares , mais on les observerait peut-être plus souvent dans la pratique si l’on voulait faire attention à la périodicité des maladies en général. Les exacerbations ou redoublements , ainsi que les paroxysmes que l’on observe dans les irritations phlegmasiques qui voyagent et passent d’un organe à un autre, constituent véritablement une intermittence d’action pathologique dans certains organes, sans qu’il soit possible de remarquer une apyrexie complète , parce que les symptômes d’irritation d’un organe actuellement affecté se confondent ou alternent avec ceux que doit produire l'irritation occasionnée par le déplacement de la première , et qui se manifeste dans un autre organe. Quoi qu’il en soit , l’exemple de cardite intermittente dont nous venons de faire l’histoire n’est certainement pas le premier qui ait été observé , car il peut être rapporté, à mon avis, à la fièvre pernicieuse carditique, qui a été principalement décrite par Juncker. »
M. Andral , dans sa Médecine clinique, rapporte des observations qui ont beaucoup d’analogie avec celle de M. Pallas, et dans lesquelles on observe des rémittences et des intermittences
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bien manifestes dans les phéiîomèncs fébriles et cardiliqiies.
Un fait analogue est é{îalcinent rapporté par àL Nepple , sous le nom de fièvre rémittente (jastro-carditique (i).
Enfin l’on voit , sous le n” 22G, un fait bien remarquable, soit par son type variable d’intermittence , soit par le siège et la nature d’une maladie sur laquelle il a été bien difficile d’établir un diagnostic aussi positif et aussi sûr. Il a fallu toute l’attention, riiabitude et la sagacité des professeurs Marjolin et Piorry pour reconnaître celte espèce d’angine de poitrine et d’hyperiropliie périodique du cœur. C’est à l’aide d’un régime approprié, des évacuations sanguines locales et générales, et surtout par l’administration à haute dose du sulfate de quinine, que les praticiens dont il s’agit ont triomphé d’ une maladie grave à la fois et très difficile à caractériser. C’est ainsi qu’au lieu de jeter vaguement dans un diagnostic les mots magiques de fièvre pernicieuse carditiqice , sans se rendre contpte de rien , sans chercher à lever le voile formé par des phénomènes nerveux, fébriles et pernicieux ; c’est ainsi , disons-nous , c’est à l’exemple de ces professeurs qu’il faut , dans tous les cas de fièvres intermittentes et rémittentes pernicieuses , aller à la source de tous ces phénomènes généraux, fébriles ou nerveux, idiopathiques ou sympathiques, bénins ou pernicieux, qu’il faut enfin chercher et découvrir les organes malades et la nature de leur lésion , afin d’établir un mode de traitement à la fois plus sûr, plus méthodique et plus satisfaisant.
SECTION III. — OnSERVATiONS qui prouvent l’exîstence
DES PHLEGMASIES RÉMITTENTES ET INTERMITTENTES DES 1 ORGANES DIGESTIFS, SOUS TYPES QUOTIDIEN, TIERCE, DOUBLE- TIERCE, QUARTE, OCTANE, DÉCIMANE ET QUÎNDÉCÎMANE.
Gastro-entérite intermittente quotidienne. (Febris intermittens
choleram morbum simulans.)
N» 227. Une dame, après avoir parcouru la campagne dans un moment où la fièvre intermittente y était endémique, s’en reîonrnaà Londres, où elle fut prise tout-à-coup d’un choiéra-morbus liés viotent. On vint promptement me chercher, le lendemain malin , pour que Je me t endis.se auprès delà malade. La violence du spasme et l ahondance des évacualion.«^ par le haut et par le bas, étaient telles que la vie de la malade me paraissait en grand danger. Les eitrémités étaient froides, le pouls élail irrégulier et à peine sensible; la malade était plongée dans une langueur profonde qui ap-
(1) Ouvrage cité.
r 1 1 LE G > I A s i E s 1 N T E R >1 n T 1'. N T E S
prochaitdc !a défaillance Je lui fi> boire abondamrnenl de l'eau de poulet, cl je lui Os administrer de suite un lavement delà même liqueur ; J’ordonnai qnon lui [)raliqiiâl des fomentations sur la région épigastrique avec un mélange de vin et d'eau ferrugineuse, dans lequel on aurait fait bouillir des sachets aromatiques, et qu’on lui donnât un julep carminatif avec douze, quatorze ou quinze gouttes de landanum liquide. Le paroxysme étant terminé, j’examinai les urines de la malade , et les ayant trouvées rouges , briquetées, je prescrivis aussitôt des boissons fébrifuges pour prévenir de nouveaux accès. La malade, s'éiant trouvée tout-à-coup parfaitement soulagée, négligea entièrement ma prescription ; mais elle eut à se repentir de sa ïiégligence ; car le lendemain l’accès revint, comme auparavant, avec des symptômes affreux de choléra-morbus. Lorsque ces symptômes eurent disparu et que cet accès fut terminé, la malade me. demanda elle-même avec instance les boissons fébrifuges que je lui avais prescrites auparavant, et mit, cette fois, beaucoup d’exactitude à suivre mon ordonnance. De celte manière elle fut délivrée de son choléra-morbus. Elle continua l’usage du quinquina à des intervalles que je lui indiquai; sa santé se rétablit parfaitement, et depuis cinq ou six ans elle n’a point cessé d'en jouir. (Morton, Opéra omnia. hist. vin.)
Gastro-entérite rémittente quotidienne, (Quotidiana remittens
cum enormi diarrhæâ.)
No 2:>8 Un homme âgé de trente ans fut pris, au mois de décembre 1760, d’une fièvre erratique avec un sentiment de gêne et de pesanteur dans la région épigastrique, avec perle d’appétit , et vomissement instantané de tous les aliments qu’il prenait. Un moine lui administra un émétique qui le fil vomir vingt-quatre fois, et qui détermina un même nombre d’évacuations alvines qui tourmentèrent beaucoup le malade. Ce remède, au lieu de l’avoir soulagé, n’avait fait que l’affaiblir et rendre sa fièvre plus intense. Le même moine fit prendre au malade d’autres remèdes qui le soulagèrent un peu; mais ayant voulu de nouveau l’évacuer, il en résulta , comme la première fois, un violent choléra. Le vomissement ne cessa que le lendemain, et une abondante diari liée persistait encore , lorsque le malade réclama mes soins. Il me dit qu’il avait perdu toutes scs forces par la diarrhée ; que ses intestins étaient douloureux et comme ulcérés; qu’il ne pouvait supporter le plus léger attouchement sur toute la surface de l’abdomen, et principalement sur la région épigastrique qui était tuméfiée, cl où il éprouvait un senliment de gêne ; le pouls était fl éq uent cl faible. J’employai les émollients et les calmants, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur, jusqu’à ce que, jiar un examen plim allentif du malade et par l’inspection de ses urines, je pus mieux reconnaître le génie de la maladie. L’urine déposa un sédiment briqueté, et la fièvre me iiarut être une rémillente quotidienne avec une forte chaleur, une soif ardente, et exaspérée par une grande oppression et une diarrhée considérable. Les parégoriques et les émollients arrêtèrent un peu celte dernière, mais l’anxiété, le gonflement et la douleur de la région épigastrique augmentèrent considérablement. J’administrai donc le quinquina uni à la rhubarbe, mais la diarrhée n’en devint que plus violente et plus difficile à modérer. On continua le quinquina , soit uni à l’opium, soit seul; le flux de ventre diminua , mais l’anxiété n’en devint que plus insupportable. On continua le quinquina, en faisant prendre des lavements au malade, pour favoriser l’écoulement des matières fécales arr lé par ce médicament. Enfin le malade, rebuté de ce mode de traitement , quoique nécessaire^ refusa absolument de reprendre du quinquina , se plaignant qu’il augmentait plutôt qu’il ne diminuait ses souffrances.
INTERNES
âgS
La diarrhée et la fièvre avaient tellement épuisé le malade qu’il ne restait que peu d’espoir de le sauver. Je prescrivis alors l’extrait aqueux de quinquina avec le sirop de citron et deux opiats par jour à prendre durant la rémission. Ces derniers moyens eurent un très bon effet. Tous les symptômes en furent considérablement diminués, ainsi que la diarrhée contre laquelle je fis prendre l’aigremoine. Mais le malade, au milieu de la joie que lui faisait éprouver le succès des remèdes, but avec excès de la bière froide qui ramena une fièvre plus violente qu’auparavant Pour la première fois , il ressentit un froid très considérable aux pieds et aux mains , tandis que toutes les autres parties du corps étaient couvertes de chaleur En même temps le malade fut en proie pendant deux heures à des anxiétés insupportables ; la chaleur devint ensuite beaucoup plus considérable et fut accompagnée de délire et d’une soif très vive, qui se fit sentir pendant la moitié de lajournée. Il y avait encore en même temps des évacuations alvines fréquentes et copieuses qui persistèrent souvent pendant la rémission de la fièvre. On administra de nouveau l’extrait de quinquina et les opiats , dont l’usage plusieurs fois répété fit disparaître en grande partie, et dans l’espace de deux semaines, la diarrhée, la fièvre et les anxiétés. J’aurais désiré que le malade continuât plus longtemps l’usage de tous les moyens indiqués , mais je ne pus l’y décider ; j’obtins seulement de lui qu’il se tînt à un régime convenable, à l’aide duquel il revint peu à peu à une santé parfaite. Durant le cours de cette maladie , qui dura sept semaines, le malade a vomi plus de cinquante fois et est allé plusde six cents fois à la selle. ( Lautter, Historia biennaliSj casus 22.)
Gastro-entérite intermittente quotidienne. (Fièvre pernicieuse
hépatique.)
No 229. Un soldat fut transporté à riiôpital trois jours après l'invasion d’une fièvre sur laquelle , aussitôt que j’eus vu le malade, je portai un mauvais pronostic : c’était le quatrième jour de la fièvre. J’appris que le premier et le deuxième jour elle avait débuté par des frissons et s’était terminée par des sueurs ; que le troisième jour les frissons avaient été moins marqués , que peu de chaleur s’était fait sentir à l’extérieur, mais beaucoup à l’intérieur, et qu’aprés huit ou dix heures l’accès s’était terminé par d’abondantes sueurs; Quand il s’offrit à moi , j’observai les symptômes suivants : le pouls était à peine sen.^ihlc , une sueur froide couvrait le corps du malade ; il y avait des hoquets si frcriuents qu’il pouvait à peine prononcer quelques mots; il était lourrnenté [)!r une affriuise cardialgie et des douleurs de ventre cruelles; il ne pouvait rester un inslanl à la même place, et il avait des déjections noires et mêlées de sang. Tout le corps du malade était couvert de pustules livides et noirâtres ; il avait la face hippocratique, la langue sèche, une soif inextinguible, une grande agitation; en un mot, l’ensemble et la violence des symptômes étaient tels que tout le monde crut que ce malade allait bientôt rendre le dernier soupir. Je ne savais trop que faire dans la crainte de n'avoir pas le temps de lui administrer les remèdes convenables ; néanmoins , je lui fis prendre aussitôt six gros de quinquina dans du bon vin, et vers le soir encore un gros. Le lendemain , j’étais fort inquiet de savoir ce qui était arrivé , lorsque je me rendis auprès du malade ; mais je le trouvai un peu réchauffé; son pouls était bien sensible quoique faible; les sueurs, les hoquets, les déjections sanguinolentes, en un mot, tous les symptômes indiqués étaient beaucoup diminués. Je fis continuer l’usage du quinquina à moindre dose, et en peudejoursle malade se trouva beaucoup mieux. Le sixième jour, il survint une tumeur à l’anus qui s’ouvrit, suppura, et le malade fut bientôt rendu à sa santé primitive , qu’il conserva sans éprouver de rechute. (Torti , Therap. spécial., lib. ly, cap. 4, hist. 5.)
SgC
il Gastro-entérite tierce , quotidienne et continue.
No 230. Anne Marie, Agée de cinq ans, après avoir eu pendant six semaines' une fièvre tierce, Tut attaquée d une fièvre quotidienne dont les accès étaient légers et avaient lieu dans l’après-midi. Après le second accès, on lui fit prendre un baume très actif, composé de baume du Pérou, d’huiles distillées et de quelques spiritueux f plusieurs fois par jour trois ou quatre gouttes). L’enfant eut encore trois accès. Le 3 août , au milieu d’un nouvel cl sixième accès, il n’y eut que de la chaleur; la petite fille ne gardait le lit que pendant lesaccés, non t)as encore toujours, tant elle supportait facilement sa maladie. Le lendemain ou le 4, elle refusa son déjeuner ordinaire, se trouva faible, rendit une selle teinte de sang vermeil ; à neuf heures du malin , elle vomit quelque peu de matière jaune ; elle dina comme ù son ordinaire et avec appétit. Sur les quatre heures de l’aprés midi (c’était le temps où l’accès devait la prendre ), elle ressentit une douleur de colique d’estomac et des hypocondres; elle s’endormit à sept heures , et fut réveillée vers le milieu de la nuit par une douleur cruelle de l’estomac cl de tout le bas*vcntre. Celte douleur fut accompagnée de cris, d’agitation continuelle pendant tout le reste de la nuit. Le jour suivant et la nuit d’après , il n’y eut ni selle ni vomissement. Le 6 du mois, mêmes accidents. Appelé le soir, Stol! trouva sur les cuisses beaucoup de taches pétéchiales dont la couleur était variée, d’un rouge plus ou moins foncé, châtain , livide , noirâtre ; les unes étaient lenticulai'es , d’autres étaient larges ; il n’y avait qu’une ou deux taches grandes^ et livides sur le corps et aux bras. La vitesse du pouls était étonnante, la chaleur mordicanle au loucher, l’agitation et les cris continuels. Le 7 , rien de changé; on remarquait sur le corps un plus grand nombre de taches pétéchiales larges et noires; il y en avait une au bras gauche, au-dessous du coude, large et livide. Vers midi, les extrémités devinrent froides ; on ne sentait plus le pouls au poignet. Les cris et l’agitation ne discontinuèrent point. Après midi, le froid des extrémités augmenta, la tête se prit, la malade était agitée; elle mourut vers les sept heures du soir.
Le 8,Stoll procéda à l’on ver turc. Ayant commencé par l’abdomen, il trouva l’estomac légèrement enflammé, et tous les intestins grêles, à l’exception de deux travers de doigt de longueur, en partie d’un rouge foncé, en partie d'un rouge livide ; les gros intestins étaient sains. Dans tout le trajet des intestins grêles, enflammés en partie, et en partie gangrenés, on apercevait beaucoup de pétéchies, les unes petites, les autres grandes et de couleur différente, on d’un rouge noirâtre, ou tout-à-fait noires Le mésentère et le péritoine étaient parsemés de nombreuses pétéchies semblables à celles des intestins grêles. Les glandes du mésentère, beaucoup plus volumineuses que dans l’état naturel , étaient d’un rouge noirâtre et paraissaient comme autant de grumeaux de sang; une tache pétéchiale ouverte dans son milieu avec le scalpel répandait un sang extravasé, comme si l’on eût coupé une partie meurtrie, et de la même couleur qu’avait la tache pétéchiale elle-même avant l’incision. L’estomac ressemblait exactement à une peau de tigre mouchetée, c’est-àdire blanche, parsemé de grandes et nombreuses taches noires. Les poumons étaient sains. On voyait à la surface du cœur des pétéchies de couleur et de grandeur différentes Examinant les pétéchies répandues sur les bras et sur les jambes , il trouva qu’elles occupaient la peau dans toute sa substance , et souvent une portion du tissu graisseux placé dessous, en sorte que la i;cau et le tissu graisseux étaient teints de la même couleur; la plus grande de tontes, placée au-dessous du coude , à la partie externe du bras gauche , pénétrait à travers beaucoup de graisse jusqu’aux muscles et formait une espèce de cône dont la pointe louchait les muscles, et dont la base était à la superficie externe du bras. ( Sloll , Eph. traa , l. l'r, p. 185.)
INTERNES
Gastro-Iiépatite rémittente quotidienne, ( Fièvre pernicieuse
du Bengale.)
No 231. James Johnson rapporle qu’un jeune homme d’une bonne constitution, plein de vie et de santé , fut pris, au retour d’une courte navi;Miion sur le Hooghj, delà fièvre rémittente pernicieuse, qui est cndémiqne ou fieiif^alc. Ce médecin vit le malade au moment où la période de froid venait de finir : la réaction fut violente, la douleur de tète très intense, la peau brûlante; une grande oppression se manifesta dans la région précordiale; le pouls devint fréquent et dur ; la soif, l’anorexie , les nausées, se manifestèrent Émétique , suivi de vomissements bilieux. Une sueur abondante survint, et fut suivie d’une grande rémission. Une once de quinquina. La fièvre revient le lendemain et le jour suivant avec une violence encore plus grande^ les accès sont accompagnés de vomissements opiniâtres, que le quinquina rmi à l opium et des potions clfervesccnies ne p-arvinrent point à calmer. Le malade succomba du troisième au quatrième Jour , entièrement jaune.
Autopsie. — Foie gorgé de sang et si ramolli qu’on pouvait en enlever des lambeaux ; presque tout son parenchj me semblait converti en un sang extravasé ; le peu de bile trouvé dans la vésicule avait la couleur cl la consistance du goudron ; le canal cholédoque était épaissi et resserré. î'bisieurs traces d’infiammation , dont quelques unes récentes, sur la muqueuse de l’estomac ; il en est de même sur quelques parties des intestins grêles. Engorgement extrême de tous les vaisseaux sanguins du cerveau, dont les ventricules contiennent plus d’eau que dans l’étal sain. { The Mcdico-chirurg. Hewictv.)
Gastro-entérite rémittente quotidienne.
No 232. Joseph Rosani, cultivateur, âgé de vingt six ans, vint à l'hôpital du Saint-Esprit de Rome , le 22 août 1822. Pendant dix jours , c’est-à dire jusqu’au 31 août, il eut la fièvre , qui , chaque jour, se terminait par des sueurs et revenait après midi. Pendant les paroxysmes, il souffrait de douleurs d’estomac et de tête, vomissait, et avait des évacuations alvines. Purgatif, tisanes, quinquina. Le 31 au matin, douleur de ventre lancinante , sentiment de tension dans l’abdomen , cris continuels , gonflement du ventre, au milieu duquel paraît une dureté comme cylindroïde; la douleur est éveillée parle poids des couvertures ; langue humide et un peu rouge, pouls petit, cent vingt pulsations par minute , constipation , vomissements continuels. Huile de ricin, lavement, fomentations. Le soir, quelques selles, un peu de calme, mais du reste mêmes symptômes. Le 1er septembre au malin, visage abattu, langue humide , un peu rouge ; respiration thoracique , douleur dans tout Vabdomen, déjections alvines fréquentes , vomissements , chaleur du ventre naturelle ; pouls , cent douze pulsations par minute. Cl y stère , fomentations. Le soir, face hippocratique, assoupissement, décubitus sur le dos, insensibilité des extrémités, cris lorsqu’on presse l’estomac, respiration toujours lente et avec efforts , langue humide, pouls formicant , inégal; cent vingtsix pulsations par minute. IMort à dix heures.
Ouverture du cadavre. — Faible injection de raracbnoïile, assez transparente pour laisser voir la couleur gris-noirâtre très [prononcée de la substance corticale; même aspect des corps striés et de la substance gri.'^e du cervelet ; état naturel des viscères thoraciques. Dans le ventre , une demipinte de sang épais, une couche de sang coagulé sur la surface convexe de la rate ; à sa partie supérieure, prés de rentrée des vaisseaux sanguins, était une crevasse de deux pouces et demi de long, sur un demi-pouce de large vers le milieu. Le volume de cet organe était assez grand , son poids de six à huit
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
livres ; elle était dure , tendue , rénitente ; coupée, elle présentait une consistance putrilagineuse , d’une couleur gris-noirâtre ; quand on y enfonçait le doigt , on ne sentait que çà et là quelques filaments résistants. L’estomac était vivement enflammé dans toute son étendue, sa muqueuse épaisse et rouge; l'inflammation allait en diminuant dans les petits intestins ; vésicule pleine d’une bile noire, foie jaune et très résistant, éruption tuberculeuse dans l’estomac. (Bailly, Traité anatomico-pathologigue des fièvres intermittentes.)
Gastro-entérite f type quotidien. ( Fièvre pernicieuse algide. )
No 233. Vincent Crescenti , âgé de soixante ans, d’une constitution grêle, tomba malade le 18 août 1822 ; il eut un accès de fièvre qui débuta par des frissons, suivis d’une forte chaleur, de douleurs de tête et de l’abdomen , et de vomissements de matière bilieuse; dans la nuit, l’accès se termina par des sueurs. 11 fut apporté à l’hôpital du Saint-Esprit de Rome le 19 août ; la fièvre revint dans la matinée et commença également par des frissons, suivis des mêmes symptômes que la veille; l’estomac était douloureux sous la pression, le malade éprouvait une forte chaleur à l’intérieur, les parties molles de la face étaient comme aplaties sur les os ; cependant la couleur du visage était naturelle ; il y avait plutôt une apparence d'engourdissement général, de siupeur, qu’une décomposition des traits; le soir, pendant la déclinaison, peau humide d’une sueur visqueuse et froide; pouls petit, fréquent; agitation générale, douleurs à l'épigastre, langue rouge mais humide; point de soif. Demi-once de quinquina; pendant la nuit la peau se maintient fraîche et humide , le quinquina est vomi.
Le 20 août au matin , point de fièvre , disparition de la douleur de ventre, calme général , aspect tranquille. Vers midi , retour de l’accès, précédé de frisson et suivi d’une chaleur qui fut plus forte que la veille ; les extrémités restèrent froides, la peau se couvrit de taches livides. Décoction d’orge , potion saline, composée d’une infusion de sureau, d’acétate d’ammoniaque et d’oxymel simple. Le soir, mains et jambes humides d’une sueur visqueuse et froide ; commencement de déclinaison de l’accès, une once de quinquina, elle est vomie. Le 21 au matin , calme général, point de fièvre, continuation du froid des extrémités, symptômes épigastriques peu marqués, pouls toujours fréquent et petit. Vers midi , retour de la fièvre , toujours précédée de frisson , exacerbation des symptômes précédents ; le froid persiste dans les extrémités, le malade ne le sent pas; il est comme étourdi et dans un état de torpeur. Une once de quinquina à prendre dans la nuit. Le 22 au matin , peau moins froide, mais qui n’a pas encore la chaleur naturelle ; pouls petit et fréquent ; sueur visqueuse sur tout le corps; aspect général d’engourdissement. Deux onces de quinquina. Vers deux heures, retour d’un nouvel accès , pouls insensible à l’avant-bras, il bat cent quarante fois par minute ; froid glacial des extrémités, le ventre est aplati , creux et appliqué sur la colonne vertébrale ; douleur d’estomac, angoisse, agitation ; le malade, qui n’a jamais perdu connaissance, est dans un tel état de torpeur qu’il peut à peine répondre ; couleur naturelle de la face. Douze sangsues à l’épigastre , vésicatoires aux bras, trois onces de quinquina à prendre pendant la nuit; le quinquina est vomi.
Le 23 au matin , rémission bien marquée. Vers neuf heures , retour d’un accès , le froid des membres est toujours glacial , pouls presque imperceptible à la crurale qui bat cent quarante-six fois par minute; douleurs d’estomac plus fortes, angoisses, yeux caves; le froid, qui n’avait d’abord envahi que les extrémités, remonte vers l’épaule et vers le bassin ; la température du thorax et du ventre, sans être aussi basse que celle des membres, n’est
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pas aussi élevée qu’elle l’est dans l’état naturel. Le soir, même état ; le malade ne sent pas le froid des membres, douleurs d’estomac plus fortes, décubitus sur le dos. Ventouses scarifiées à l’épigastre, sinapismes aux pieds vésicatoires aux cuisses, neuf grains de sulfate de quinine qu’il ne vomit pas. Dans la nuit, augmentation de tous les symptômes; le malade conserve sa connaissance jusqu’à la mort qui arrive à trois heures du matin.
Huit heures après la mort, le cadavre était dur et les membres roides comme s’ils eussent été gelés , la température de l’air était cependant audessus de 20»; ventre creux; injection légère de l’arachnoïde; engorgement des vaisseaux qui rampent sur les circonvolutions, sérosité jaunâtre entre les feuillets de l’arachnoïde , cerveau, cervelet, cœur et poumons dans l’état naturel ; estomac gris à l’extérieur et contracté sur lui-même; surface interne d’un rouge vif, plus intense encore vers le pylore; replis de la muqueuse très saillants; intestins grêles , gris extérieurement et contractés ; à l’intérieur, leur rougeur était plus vive que celle des muscles de l’abdomen; les gros intestins étaient d’un rouge encore plus foncé, leur inflammation était vivement prononcée; cette inflammation allait en augmentant vers rs iliaque et le rectum, foie sain, rate d une consistance moyenne entre l’état de diffluence et l’état sain. (Bailly, Ibid.)
Gastro-céphalite intermittente quotidienne.
N® 234. M. B***, employé dans une administration, âgé de trente ans , grand , maigre , brun , intempérant , me fit appeler, le 10 septembre 1822. Il m’apprit qu’il s’était guéri d’une fièvre double tierce, quinze jours auparavant, en prenant une once de quinquina; que néanmoins, et malgré lia cessation des accès , il avait conservé de la soif, de l’inappétence, des douleurs aux jambes; enfin que la fièvre était revenue depuis deux jours, et qu’il avait dans ce moment le second paroxysme depuis neuf heures du matin. La langue paraissait peu humide et très rouge à sa pointe et sur ses bords ; la soif était vive , l’épigastre tendu , douloureux , la peau sèche , brûlante , le pouls fréquent, dur, serré, etc. Je vis dans ces symptômes les signes d’une gastro-entérite présumée intermittente ou rémittente, et j’ordonnai l’application de vingt sangsues sur la région épigastrique, une boisson gommeuse, acidulée, la diète, un lavement. On ne mit pas les sangsues, et au lieu d’observer le régime prescrit, le malade, se trouvant bien le soir, mangea une soupe aux haricots et un morceau de lard Le 1 1 , à sept heures du matin, je le trouvai sans fièvre; il n’avait pas dormi, et je remarquai que la langue conservait une vive rougeur. J’annonçai le retour de l’accès : en effet, à neuf heures on me rappela auprès de M. B*’‘* , qui était privé du sentiment et du mouvement. Sa figure était pâle , profondément altérée ; les paupières entr’ouvertes ne laissant apercevoir que le blanc des yeux ; la lange très rouge, contractée, desséchée, saignante; la déglutition impossible, l’épigastre chaud et tendu, le pouls insensible, les membres glacés et roides. Le tube intestinal me paraissant le point de départ de l’irritation encéphalique , j’ordonnai une application de trente sangsues sur l’épigastre. Je fis envelopper les pieds de sinapismes, et couvrir la tête de compresses trempées dans un mélange d’eau froide et de vinaigre. En même temps, on pratiquait des frictions sur les membres avec l’alcool camphré, afin d’exciter le système capillaire extérieur , d’y rappeler le sang , et d’enrayer ainsi le mouvement fluxionnaire qui l’entraînait violemment vers les deux foyers internes d irritation, l’estomac et le cerveau, A midi, la chaleur était également développée sur toutes les parties du corps , la figure demeurait pâle et décomposée, les yeux éteints, fixes et entr’ouverts; il y avait beaucoup de soubresauts dans les tendons; le pouls était accéléré et dur. Le sang coula avec abondanc®
PIILEGMASIES IINTERMITTENTES
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par les piqûres des san^^sues. Le soir, on ne remarqua aucune amcMioralion ^ on posa deux vésicatoiresaiix jambes. Malgré l’activité de ce traitement, l'état du malade ne changea pas jusqu’au lendemain à cinq heures du matin. Alors seulement, M. B*** put ouvrir les yeux, avaler quelques gorgées de limonade, et reconnaître les personnes qui l’entouraient. Arrivé prés de lui dans ce moment , je le trouvai sans fièvre et jouissant de toutes scs facultés intellectuelles; ta langue était humide et presque entièrement dèrongie. L’indication du quinquina était évidente ; mais je n’avais que quatre heures pour administrer ce médicament , l’accès devant avoir lieu à neuf heures. .le fis prendre au malade, dans ce court interva Ile , dix- huit grains de sulfate de quinine A neuf heures , on observa l’altération dans les traits, un peu de trouble dans l’entendement; le pouls devint concentré, la peau fr.'îîclie ; mais l’accès se borna h ces faibles symptômes. .4 dix heures , le malade était dans l’état naturel. La guérison fut rapide. [Dufau , Journal (jén. de méd., t. xcv.)
Gastro-entérile rcmiltente quotidienne. (Fièvre gastrique
soporeuse.)
N" 235. Piton, Agé de quarante-cinq ans, d’nne bonne constitution , quitta son pays, le Vivarais, dans le mois de juillet, avec plusieurs de ses compatriotes pour récolter et battre le blé dans une ferme prés de üîontlucî , entourée de fossés marécageux. Dans le commencement de septembre , Piton se plaint d’une diarrhée sanguinolente, avec coliques, bouche amère, mal de tête , sans soif ni rougeur de la langue ; mais il y a un léger mouvement fébrile. Le soir , deux grains d'émétique en lavage font rendre par le vomissement un ver lombric et heauconp de bile. Deux jours apres , on amène le malade à l’hôpital ; il l'.réscntait l’état suivant : soif, langue blanche et sèche, yeux fixe.s, ventre douloureux cl aplati, céphalalgie modérée , pouls fréquent et concentré. Quinze sangsues sur l’abdomen le même jour dans la matinée, limonade gommée. Les sangsues donnent peu de sang. Au bout de deux ou trois heures, froid profond et universel sans tremblement pendant deux heures, face décomposée, yeux fixes et ternes , langue aride, prostration ; le malade ne demande rien et répond par monosyllabes inintelligibles , boit quand on lui offre ; la figure se contracte lorsqu’on presse le ventre , surtout prés du nombril ; la chaleur s’établit peu A peu , le pouls s'élève et devient plein, la face reste pâle; sueur exlraordlnairement abondante toute la nuit; point de selles. Le deuxième jour au matin , le pouls est presque naturel ; la langue est sèche, un peu brune, la soif se fait sentir, la tôle n’est que lourde, le regard est moins fixe, mais le malade est plongé dans une indifférence complète sur son état ; la bouche est amére , le ventre n’est douloureux que lorsqu’on le presse. Lavement émollient, dix grains de sulfate de quinine en deux doses. A la même époque , deux heures après midi , le froid reparaît , mais en simple frisson ; il est bienlôt suivi de perte de connaissance ; la face devient cadavéreuse ; râle et espèce d’agonie qui durent toute la nuit, avec moiteur et chaleur intense au loucher. A sept heures du matin , les symptômes ont diminué , le pouls est assez plein , mais la connaissance ne revient pas ; le malade a les yeux ouverts et immobiles , la cornée terne, les pupilles très dilatées ; la respiration est naturelle , la déglutition possible, et la figure grimace an moment où l’on presse le ventre. 24 sangsues sur celle région, sinapismes aux quatre membres. Le sang ne coule pas après la chute des sangsues; à deux heures, le râle recommence avec la sueur, cl le malade expire dans la soirée.
Nécroscopie. — Le cadavre, ouvert le lendemain , m’offre la m.cmbrane muqueuse de l’eslomac d’une couleur brunâtre d ms toute sa surface , et recouverte de mucosités épaisses et de bile; les intestins grêles sont d’une
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couleur rouge poinlillée dans presque toute l’étendue de la membrane muqueuse, remplis d’une bile jaune tenace, et les gros intestins contractés et moins fortement enflammés ; eiiGii le foie et la rate sont gorgés de sang, mais sans altération organique. Le cerveau est intact. (Nepple, Essai sur les fièvres intermitt.et rémittentes, iS28.)
Gastrite rémittente fébrile qui, en s' amendant , passe au type
quotidien.)
No 236. Martin, domestique, âgé de vingt-cinq ans, cheveux ronges, tempéiamenl lym[îhalico-sanguin, entre à l’hôpital le 9 juillet. 11 est malade depuis quelques jours. Céphalalgie sus-orbitaire, langue rouge, sèche, épigastre douloureux, fièvre violente avec exacerbation dans l’apré'-rnidi , urines et déjections alvines rares et brûlantes, nausées, efforts de vomissement, crachats bilieux. Large saignée, petit-lait et eau de grarncn émulsionnée pour boisson; fomentations et clystéres émollients.
Le lendemain, même état Seconde saignée, diète austère, sangsues à l’épigastre; le malade boit abondamment. Les quatre jours suivants , diminution progressive de la phlegmasie gastrique , chute presque totale de ce mouvement fébrile si intense La convalescence paraît approcher , lorsque le septième jour de l’entrée du malade à l’hôpital , à une heure de l’aprèsmidi, se déclare un frisson long et considérable, suivi d’une chaleur brûlante et d’une sueur copieuse qui se prolonge dans la nuit. Quatre accès quotidiens s’établissent successivement. Les voies digestives su(iérieures , sans être aussi irritées qu’au début, ne sont pas cependant dans l’état normal. Il y a toujours de la sécheresse à la langue , de la douleur dans réi)igastre et l’hypocondre gauche. Après la déclinaison de l’accès, dix heures du soir, clystére composé de deux onces d’alcool de quinquina et de deux gros de quinquina délayés dans deux onces d’eau distillée. Même clystére à six heures et à dix heures du matin. Accès retardé et presque nul. Quatrième lavement le lendemain matin Guérison. Sortie de l’hôpital le 22 du mois. Le malade s’étant peu soigné à la maison, retour de la fièvre quotidienne.
Même procédé, même succès. (Chauffard, Traité sur les fièvres, 1825 )
^ Gastro-céphalite rémittente quotidienne. (Fièvre pernicieuse {i délirante.)
No 237. Daumet, soldat aux chasseurs d’Afrique, âgé de vingt et un ans^ hrun , fortement musclé, a été malade plusieurs fois pendant l’épidémie de 1833 ; mais depuis plusieurs mois il jouissait d’une santé excellente, lorsqu’il entra à l'hôpital de Bone, le 21 juin 1834, dans l'après-midi, venant du camp , le quatrième jour d’une fièvre quotidienne , dont les accès , bien distincts, bien francs , revenaient à dix heures du malin II était dans l’accès lorsqu'il arriva vers deux heures II présentait les symplômes d'une gastrocéphalite aigue: céphalalgie frontale fort \ive, douleur à l’épigastre , envies de vomir; langue rouge, sèche; soif inextinguible; pouls dur, accéléré; peau brûlante ; agi lalion extrême. Saignée du bras de douze onces, quarante sangsues à l’épigastre, diète, limonade.
Le 22, à cinq heures du malin, il existe un état à peu prés apyrétique , mais il y a toujours beaucoup de soif; et me rappelant combien les symplômes de gastro-entérite étaient prononcés la veille, je pensai qu’il était prudent de ne pas donner le sulfate de quinine par la bouche. Diète , limonade, un quart de lavement amylacé avec cinquante grains de sulfate de quinine. Dans l’après-midi , les accidents que l’on remarquait la veille reparaissent avec la même intensité : le malade accuse même une céphalalgie {)Ius violente. Saignée du bras de douze onces. A huit heures du soir, malgré celte
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
nouvelle déplétion sanguine, éclate tout d’un coup un délire bruyant auquel succède bientôt un coma profond , que l’on combat en vain par l’application de quarante sangsues sur le trajet des jugulaires et de cataplasmes sinapisés aux extrémités inférieures. Mort à dix heures du soir.
Ouverture du cadavre. — Dix-huit heures après la mort. Injection telle-' ment forte de la pie-mére que toute la surface extérieure du cerveau est d’un rouge éclatant ; il n’y a pas cependant de sang épanché. Substance cérébrale dense, ferme, présentant à l’incision un sablé très fia; le sang s’écoule comme en nappe des parties incisées; la substance grise est partout d’une couleur très foncée. Sérosité sanguinolente dans les ventricules. Membranes de la moelle épiniére fortement injectées, d’un rouge vif; détachées et exposées au grand jour, elles paraissent d’un rouge bien [)lus éclatant encore que lorsqu’elles étalent étendues sur la moelle. Substance médullaire elle-même très résistante, très injectée. Sérosité abondante accumulée à la partie inférieure du rachis. Poumons et cœur sains. L’estomac est énormément dilaté : ramollissement général de la mombta ie muqueuse , avec couleur brune du grand cul-de-sac, et teinte ardoisée de l’extrémité pylorique. Ce ramollissement ardoisé se prolonge jusque dans le duodénum. A trois pouces environ au-dessus de la valvule iléo-cœcale , une large tache rouge formée par un pointillé très serré, sans ramollissement. Entre ce point et la valvule, huit à dix invaginations et une douzaine de lombrics. Toul-à-fait à la partie inférieure de l’intestin grêle, dans la longueur de plusieurs pouces , reparaît le pointillé rouge que nous avions trouvé plus haut ; et de plus, ici la membrane est ramollie et d’une teinte grise. Le gros intestin est sain. Le foie est énorme , jaunâtre , peu consistant, contenant peu de sang. La rate , légèrement tuméfiée , ramollie , ressemble à une pâte de chocolat à l’eau. (Maillot, Traité des fièvres, ou irritation cérébro-spin, interm., 1836.)
Gastro-céphalite rémittente quotidienne. [Fièvre pernicieuse
délirante.)
No 238. Kordes, sergent à la légion étrangère , âgé de trente-quatre ans, très fortement constitué, d’un tempérament sanguin, en Afrique depuis deux ans , n’ayant pas encore été malade depuis son arrivée , faisant abus de liqueurs alcooliques, entra à l’hôpital de Bone, le 19 août 1834, le quatrième jour d’une fièvre quotidienne avec gastro-céphalite, et dont les accès avaient lieu à dix heures du matin. Il arriva fort tard dans la soirée , et je ne le vis que le 20, à cinq heures du matin : l’accès de la veille n’était pas encore terminé ; le pouls restait fortement fébrile, et la langue gastritée, c’est-àdire effilée et rouge à son pourtour ; il y avait une soif vive et une céphalal' gie intense. Diète, limonade, saignée du bras de vingt onces, quarante sangsues à l’épigastre , vingt-quatre grains de sulfate de quinine à prendre immédiatement après la saignée. Sous l’influence des déplétions sanguines, l’accès se termine enfin; mais l'intermission fut de bien courte durée, car l’accès vint à l’heure accoutumée, débutant , comme les jours précédents , par de violents frissons.
Dans l’après-midi , réaction circulatoire des plus violentes, céphalalgie atroce : les voies digestives participent peu cette fois au désordre fonctionnel, qui semble s’isoler dans le cerveau. Quarante sangsues sur le trajet des jugulaires, vingt-quatre grains de sulfate de quinine. A minuit, explosion subite d un délire violent; à trois heures du matin , mort.
Ouverture du cadavre, douze heures après la mort. — Vaisseaux de la périphérie du cerveau volumineux, gorgés de sang: plaques d’un rouge vif, occupant une grande portion de la face externe de la partie supérieure des hémisphères cérébraux , formées par une injection extrêmement fine de la
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pie-mére. Substance cérébrale dense, résistante, très fortement congestionnée ; teinte noirâtre de la substance grise ; sérosité sanguinolente dans les ventricules. Injection de la pie-mère très prononcée , moins forte cependant que celle de la moelle, qui, dans toute son étendue , est ferme et très eongestionnée. Poumons sains , cœur flasque et décoloré ; ramollissement général avec teinte grise de la membrane muqueuse de l’estomac ; congestion des vaisseaux les plus déliés , sans ecchymoses , sans déchirure des capillaires, sans extravasation de sang ; dans plusieurs points, un peu de rougeur pointillée. Les intestins ne présentent absolument rien qu’une large plaque d’un rouge vermeil uniforme dans le cæcum. Le foie paraît sain ; la rate , très volumineuse , est réduite en une bouillie couleur lie de vin. [Id. Ibid.)
Gastrite intermittente tierce, (Tertiana colicam ventricuU
simulans.)
No 239. La dame Kirk , âgée de quarante ans, ayant été saisie de froid par un changement brusque de température, le 4 avril 1680, fut tout-à-coup prise d’un vomissement violent, avec des douleurs alvines cruelles et insupportables dans l’estomac , de sorte que, pendant tout le tenaps du paroxysme, la malade paraissait défaillante et comme prête à rendre le dernier soupir. La durée de l’accès fut de huit heures et se termina par des sueurs. Un Jour s’écoula sans qu’on observât rien de particulier; mais le lendemain , à peu prés à la même heure, le paroxysme revint avec des symptômes encore plus violents que ceux du premier accès.
Je me rendis en toute hâte auprès de la malade, craignant qu’elle ne succombât avant mon arrivée. Je la trouvai languissante et épuisée par le vomissement et la douleur ; le pouls était Irrégulier et fréquent, les extrémités froides. Les urines étaient rouges et semblables à celles des individus affectés de fièvre intermittente. Je prescrivis pour boisson ordinaire de l’eau de poulet prise en grande quantité , puis un opiat pour diminuer l’intensité des symptômes de l’accès présent. Mais pour prévenir le retour des accès, j’ordonnai , sous forme liquide, une grande quantité de quinquina à prendre en plusieurs doses , en ajoutant à celle qui était donnée durant la nuit, un grain de laudanum de la pharmacopée de Londres.
Huit jours après , aucun paroxysme n’avait reparu; je fis encore administrer du quinquina avant la pleine et la nouvelle lune , pour prévenir de nouveaux accès , et je quittai dés lors la malade. Le treiziéme jour, à son grand étonnement, la malade fut prise tout à-coup d’une ophlhalmie très douloureuse. (La malade me dit qu’elle se rappelait avoir eu déjà une semblable ophthalmie avant le retour d’une fièvre intermittente guérie par le quinquina.)
Quoi qu il en soit, je lui fis d’abord tirer dix onces de sang au bras ; j’ordonnai pour le lendemain quatre onces de décoction amère, dans laquelle entrait le séné , vu que la malade allait rarement à la selle, et pour la nuit suivante, un scrupule de pilules stomachiques avec la gomme et le laudanum.
Le quinziéme jour, j’employai un collyre propre à calmer les douleurs de l’œil , et une potion calmante.
La fièvre intermittente reparut alors sous sa forme naturelle , et l’ophthaliniese dissipa bientôt d’elle-même ; 1» fièvre intermittente, restant seule, fut bientôt guérie par l’usage répété du quinquina. (Morton, Opéra omnîa , bisl. 16.)
i\Ot\ PHLEGMASIES IPîlERMITTENTES
Gastro-enlérite rémittente tierce. (Febris remitteiis légitima
cum enormi cholerà. )
No 240. Une femme âgée de quarante ans fut attaquée , au mois d’octobre 1760, d une fièvre rémil tente dont les excerbalions avaient lieu lous les deux jours, mais présentant l’aspect dUne antre maladie, c’est-à-dire d’un violent choléra. Durant le paroxysme , la malade rendait plus de vingt fois par la bouche des matières composées d’un mélange de lyrniihe , de bile, et de couleur variée ; elle rendait en même temps et autant de fois par l’anus des matières loul-à-fait semblables. Ces évacuations étaient accompagnées, à certains intervalles plus ou moins éloignés, de douleurs cruelles ressenties dans l’estomac et les intestins. Tout comme la fièvre ne cessait pas entièrement dans l’intervalle des paroxysmes, de même les évacuations persistaient, mais à un moindre degré ; elles paraissaient à des intervalles beaucoup plus éloignés, jusqu’à ce que le retour de la fièvre amenât aussi le retour de lous les symptômes indiqués.
Ayant été appelé au second paroxysme, je m’empressai d’abord de modérer l’intensité et la violence des symptômes : je fis appliquer à l’extérieur sur l’estomac un cataplasme émollient je fis prendre à l’intérieur une mixture; dans laquelle entrait '.e laudanum liquide de Sydenham. A l’aide de ces moyens, les évacuations furent moins abondantes et moins douloureuses; je fis insister sur ces derniers moyens, môme pendant la rémission, et je prescrivis en meme temps une once de quinquina à prendre dans un électuaire L’accès de fièvre qui revint ne fut plus accompagné d’aucun vomissement; il n’y eut que quelques évacuations alvines. Je fis continuer la même dose de quinquina, et il n’y eut plus d’accès ; les évacuations alvines devinrent naturelles, et la malade fut parfaitement guérie. ( Lautler, Hîstoria biennalis, casus 6.)
Gastrite rémittente double-tierce. (Fièvre pernicieuse cardiaque.)
No 241. Une veuve , sujette à des fièvres tierces avec des vomissements bilieux considérables , et des douleurs assez intenses à l’estomac, en avait déjà été tourmentée plusieurs fois, lorsqu’on 1707 elle fut attaquée de nouveau d’une fièvre tierce, dont les symptômes , d'abord assez modérés , ne tardèrent point à présenter une très grande intensité. Au troisième accès , elle fut accompagnée d une véritable cardialgie qui céda , au bout do deux heures environ, à l’aide de remèdes huileux, adoucissants et calmants, dont elle fil usage. Lelendemain, contre son ordinaire, la fièvre fut double-tierce, et fut accompagnée de douleurs à l’estomac, semblables à une morsure; ce qui me fil penser qu’il fallait recourir le [)!us promptement possible au quinquina, pour prévenir un accès encore plus violent. Mais l’heure était déjà très avancée , et pensant que l’invasion de 1 accès siiivanl n’était pas très éloignée , je retardai l’administration du fébrifuge. J’eus lieu de m’en repentir le lendemain, car il survint un accè.s accomjtagné , pendant tout le temps de sa durée, d’une cardialgie si violente, que la malade disait que son estomac était rongé par les chiens; elle poussait des cris quand elle pouvait, mais souvent sa voix s’éteignait et elle tombait en défaillance. On voyaitla malade allernalivemeni pousser des cris, exhaler des soupirs profonds, avoir des vomissements affreux , tomber en défaillance ; elle était froide, le front couvert de sueur, le pouls petit, fréquent, la face moribonde, les yeux ternes, les tempes déprimées, et semblait prés de rendre le dernier soupir. 11 se présenta ensuite quelques moments lucides de courte durée; le pouls reprit un peu de force, cl tous les sjmptômes se calmèrent peu à peu, à mesure que le temps de la rémission approchait. La malade échappa enfin à ce terrible
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iftccé-:, soutenue par les remèdes convenables. L’accès passé, il restait encore du dégoût pour les aliments, des envies de vomir, eic.
Jugeant, d’après la violence de ce dernier accès, qu’une mort assurée et prompte était ré.vervéc à la malade, si l’on attendait un autre accès plus violent de cardialgie, et jugeant que sa mort, quoique plus lente, était également assurée, si la fièvre passait à la continuité, comn’.e on pouvait le craindre, je fis promptement administrer le quinquina. A l’aide de ce médicament, l'accès suivant, qui était peu éloigné, fut plus léger; celui qui vint ensuite fut à peine un peu plus fort; la douleur de l’estomac se fil à peine sentir. La malade ayant continué rusa.ge du quinquina, fut guérie en sept à huit jours. Qjielfiues j ours s étanl écoulés sans que les évacuations se fissent convenablement, la nialade prit (le son proi)re mouvement un certain remède qui lui suscita encore quelques légers accès de fièvre , pour lesquels je ne fus pas d’avis qu'elle jn il de nouveau du quinquina , et qui ne lardèrent point à se dissiper li’cux-înémes. La santé de la malade fut dés lors parfaite et durable. Toi'li, Therap. spécial., lib.4, cap. 1, hist. 9.)
Gastrite double-tierce.
( Fièvre intermittente maligne.)
Nu 242. Une femme, agè(‘ de vingt-six ans, d’nn temi)érament robuste, .sanguin, ayant de l’embonpoint, et sujette à de fréquentes donlenrs rhumatismales, eut, à la suite de ses règles, une fièvre tierce, qui se termina d’ellemême après quelques accès. Quatre jours après cette disp.arilion , elle ressentit des frissons très forts, accompagnés d’une douleur aiguë dans la région épigastriqîje, et de vomissements provoqués par l’ingestion de la moindre substance solide ou liquide. Chaque effort pour vomir déterminait une i)erte de sang considérable, qui ne cessait pas cntiérernenl, durant les intervalles libres. Aux fris.sons succéda la chaleur, qui n’amena aucun changement sensible dans les symptômes. Aux approches de la nuit, plus de vomissements; mais l’écoulement sai^guin continua en petite quantité, cl la malade, extrêmement faible, fut alors tourmentée de beaucoup de coliques. Le leudemain malin [troidème jour de riiivasion). les frissons, le vomissement, les coliques Tecoinmcncérent , cl la perle fut plus abondante que la première fois. Appelé à celte époque, je trouvai la malade abattue, pâle, ayant le pouls petit, concentré, Ires vif, et le ventre douloureux au toucher, quoique souple. La plus légère boisson renouvelait le vomissement, pendant lequel l’ccouh'ment sanguin redoublait. Le quatrième jour , l’accès fut composé seulement de quelques colitiues et de la fièvre. Le cinquième jour, frissons, violentes coliques, [)lusieurs vomissements copieux de bile. Le sixième jour les forces se relevèrent, les symptômes alarmants disparurent , le pouls restait à peine fébrile. Pour prévenir et empêcher l’accès du lendemain, on prescrivit une once de quinquina en quatre fois. Cependant la malade eut encore datis la nuit un léger redoublement , marqué par de la chaleur et des sueurs. Le septième vers midi , nouveau redoublement plus violent , avec frisson, coliques, et trois vomissements bilieux. Cet accès ne dura que quatre heures. Le huitièmejour, faiblesse seulement On continua le quinquina ju.squ’au douzième jour, mais en moindre quanlilé, parce qu’il n’y avait plus de fièvre. Depuis lors, la santé de la malade n’a plus été troublée que par ses anciennes douleurs rbumalismalcs, et au bout de deux mois, par quelques accès de fièvre (jui n’ont pas eu de suite. (Gaillard, Journal général de mécL, t. xii.)
Autre gastro-entérite rémittente tierce. ( Fièvre pernicieuse
ccmalcuse de l’auteur.)
N’o 243. Fr mçois Pornpeï, âgé de dix-neuf ans, fut pris, le lei juillet 1822, d’un accès de (lèvre à la suite d un refroidissement subit qu il éprouva , en
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
entrant tout en sueur dans une grotte fraîche. Il fut amené, le 2 juillet, le soir à six heures, à I hôpital Avant d’arriver, il éprouva une épistaxis considérable, Son état était le suivant; coma profond , yeux grandement ouverts, dirigés à droite, fixes ; air hébété, immobilité générale, décubitus sur le dos, insensibilité des membres, quoique flexibles. Il ne répondait point à ce qu’on lui demandait ; les yeux restaient fixes quand on s’approchait de lui ; manifestation de douleur quand on lui comprimait l’estomac ; peau chaude, brûlante; gonflement œdémateux et blanchâtre de la face. Cet accès dura jusqu’au lendemain matin, 3 juillet; il prit alors une once et demie de quinquina.
Le 4 juillet au matin , un nouvel accès revient ; au commencement de cet accès, Pompeï pouvait encore répondre un peu aux questions qu’on lui adressait. Mais le coma alla en augmentant , et avec lui tous les symptômes ci-dessus décrits. Le pouls était fort, vibrant et plein, à quatre-vingt-quatre pulsations, et la respiration courte ; huit sangsues aux oreilles. Mort à dix heures du soir.
Autopsie. Le corps avait répandu plusieurs onces de sang par le nez dans la salle des morts; en coupant la peau du crâne il en répandit encore; le tout pouvait peser une livre. Engorgement général de tous les vaisseaux qui rampent sur les circonvolutions cérébrales; le cerveau encore recouvert par la dure-raére présentait un mouvement de fluctuation qui aurait pu faire croire à la présence d’un liquide dans son intérieur; cependant il ne se trouva qu’un peu de sérosité dans les ventricules La substance du cerveau était de couleur naturelle. Tout le tube intestinal, sans aucune exception , présenta, à l’ouverture du ventre , un aspect rouge , dû à l’injection générale de tous les vaisseaux , jusque dans leurs plus petites ramifications et dans toute l’épaisseur des intestins. Il y avait environ deux livres d’eau dans le ventre. ( Bailly, ouvrage cité, obs. xiii. )
Gastro-entérite intermittente et rémittente , type tierce
et quotidien.
Nü 244. Le nommé D***, garçon d’écurie, âgé de vingt-cinq ans, tempérament nervoso-sanguin, stature grêle et délicate, fut atteint, le 1" septembre 1833, d’un accès de fièvre qui ne présenta rien de grave. Le 3, il en eut un second qui s’accompagna, me dit-on, d’unevive céphalalgie, de vomissements et de selles copieuses et d’une douleur aiguë au-dessous de l'appendice xyphoïde. Le 5 , il en survint un troisième , pour lequel je fus appelé : je trouvai le malade en proie à des évacuations par haut et par bas qui le fatiguaient beaucoup; il se plaignait d’une céphalalgie affreuse et d’une douleur déchirante au creux de l’estomac. La peau était brûlante , la langue rouge , la soif inextinguible , le pouls d’une fréquence extraordinaire. Je fis sur-le-champ appliquer trente sangsues , vingt à l’épigastre et dix aux apophyses mastoïdes. La diète la plus sévère fut recommandée , et l’on ne donna pour boisson qn’un peu d’eau sucrée ou de limonade. Sous l’influence de ces divers moyens , les symptômes diminuèrent visiblement d’intensité ; une sueur abondante se déclara , et le calme ne tarda pas à se rétablir dans l’économie. Le 6 , D... était sans fièvre ; il ne souffrait ni de la tête , ni du ventricule. Je crus pouvoir profiter de cet état de mieux pour lui faire prendre dix grains de sulfate de quinquine dans une potion gommeuse ; mais, contre mon attente, l’accès qui ne devait revenir que le lendemain , se manifesta le jour même dans l’après-midi. J’eus recours de nouveau aux sangsues à l’épigastre et derrière les oreilles ; on laissa couler le sang ad libitum. Malgré cela les désordres persistèrent long-temps, et il n’y eut pas, après leur disparition, de véritable apyrexie.Le malade con- *erva de la fièvre, un peu de céphalalgie et de légers maux d’estomac
Le 7, un accès semblable à celui de la veille eut lieu. Aussitôt qu’il fut ter-
INTERNES
miné, je fis administrer de deux heures en deux heures un lavement composé de trois grains de sulfate de quinine, d’un peu dégommé arabique et de quatre onces de décoction de graine de lin. On en avait donné quatre, et l’on se préparait à en donner un cinquième , lorsque les accidents fébriles se reproduisirent. Force fut donc d’attendre la prochaine rémission : je prescrivis à cette époque seize grains de sulfate de quinine , qui, comme les jours précédents , furent pris en lavement. Le 9, D..., éprouva encore un paroxysme, mais ce fut le dernier, et il marcha dés lors vers une prompte et entière guérison (Bonnet, Traité des fièvres intermittentes, 1835.)
Gastro-entérite rémittente tierce.
No 245. Un jeune homme de vingt ans , d’une constitution sèche et fort irritable , avait eu déjà cinq ou six accès d’une fièvre tierce bénigne^ lorsqu’il en éprouva un extrêmement violent, caractérisé par des douleurs vives d’estomac , de vomissements bileux très abondants, une figure pâle, des yeux hagards, un pouls petit et fréquent, le refroidissement des extrémités, etc. Au bout de quinze à dix-huit heures, ce nouvel accès cessa, mais l’apyrexie ne fut pas complète; la région épigastrique resta douloureuse , il y avait de la soif et une faiblesse extrême. (Douze grains de sulfate de quinine dans une potion gommeuse, à prendre par cuillérée d’heure en heure.) Le lendemain un accès plus intense que le précédent ayant eu lieu , et la fièvre cette fois n’ayant pas disparu avec les vomissements , j’administrai le sulfate de quinine en lavements. Malheureusement l’accès suivant ne fut pas prévenu, et le malade mourut. A l’autopsie , on trouva deux larges plaques rouges dans l’estomac. Les intestins offraient dans plusieurs points de leur étendue des plaques semblables ; il y avait quelques ulcérations dans le voisinage de la valvule iléo-cœcale. Le foie était plus volumineux que dans l’état normal, mais son tissu ne présentait aucune altération morbide. (Bonnet. Ibid.)
Gastrite mtermittente tierce. (Fièvre larvée ou pernicieuse
gastralgique.)
No 246. Philippine, cuisinière, âgée de trente-sept ans, d’un tempérament nervoso-sanguin , d’un embonpoint médiocre, mère de plusieurs enfants, avait toujours été bien réglée et avait joui constamment d’une assez bonne santé , lorsque, ayant pris une tasse de chocolat (qu’elle croyait de mauvaise qualité) , elle fut prise dans la matinée de légers frissons par tout le corps, de refroidissement des pieds et des mains, et de picotements très vifs dans les membres ; peu de temps après , il survint de la chaleur dans la région épigastrique , des envies de vomir, de fortes douleurs d’estomac ; puis une éruption se développa sur toute la surface du corps. Tous ces symptômes disparurent après un certain temps. Ils revinrent le surlendemain dans la matinée et aux mêmes heures ; ils disparurent de la même manière sans que la malade eût fait appeler de médecin. Mais , le 22 juillet 1818, ces symptômes se manifestant avec plus d’intensité.je fus appelé auprès de la malade que je trouvai dans l’état suivant : visage pâle et décomposé, yeux ternes et abattus, face grippéeet convulsive, présentant tous les signes extérieurs de souffrances inouïes; la malade ne pouvait retenir ses gémissements et ses cris; elle se roulait sur son lit, les dents implantées dans ses draps ou ses toiles d’oreiller qu’elle lacérait avec violence. Elle éprouvait des envies fréquentes de vomir, et faisait de violents mais inutiles efforts de vomissement; ils amenaient cependant quelquefois un peu de bile porracée, mêlée avec la boisson dont elle faisait usage. La malade portait la main sur la région épigastrique, qu’elle indiquait comme le siège du mal et où elle disait sentir «ne ardeur brûlante et pungitive , comme s’il y avait eu un brasier enflam-
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
m6; la moindre pression de celle partie était insupportable. Toute la peau , et particuliérement celle des cuisses , du ventre et des lombes , était recouverte d'une foule de petits boulons ou pblycténes à peu près semblables à celles qui résulteraient d’une urlicalion promenée avec force sur toutes ces parties.
Je crus d’abord qu’il s’agissait d’un empoisonnement, ou du moins d’une violente indigestion. Quoi qu'il en soit , il me parut urgent d’agir : je prescrivis pé.diluves sinapisés, fomentations émollientes sur le venire et la région épigastrique; clysiércs adoucissants , eau de gomme pour boisson, et potion calmante. Après une heure, calme progressif; il était compléta dix heures.
A midi la malade dormait , il ne lui restait d'autres traces d’un si violent accès (lu’un grand accablement. Le soir, l’éciuilibre [laraissait entièrement rétabli ; la malailc se plaignait seulement d’une grande lassitude , de douleurs contusives dans les membres , et de soif ; la région épigastrique était encore un peu douloureuse au toucher; mais l’éruption avait disparu ; le pouls était naturel, et tous les autres symptômes à peine marqués Le 23 (sixième jour de la maladie) , la malade était bien , et se croyait entièrement délivrée: je partageais moi-rnéme celte o[)inion, lorsque le 2i , à mou grand étonnement , je la trouvai retombée dans un accès aussi violent que celui où je l’avais vue la surveille. Je continuai les remèdes indiqués précédemment , j’ordonnai de plus la potion auli-érnélique de Rivière , un bain , et dix sangsues à l’anus. Je ne vis pas que la longueur ou l’intensité de l'accès fût diminuée par ces moyens. Le 25 , calme parfait. Comme la malade se plaignait de chaleur et de douleur à l’épigastre, lorsqu’on comprimait celle partie, j’y lis poser dixsangsues et appliquer un cataplasme émollient. Le soir, sinapismes; mêmes moyens adoucissants et calmants.
Voyant que les accès présentaient une intermittence manifeste , je résolus d’attendre encore un accès, et de donner immédiatement après le quinquina- Le 26 , un accès complet a lieu; il commence à deux heures du malin , et se termine à midi. Deux heures après, je fais prendre à la malade demi-gros de quinquina en opiat. Même dose toutes les trois heures. Le 27, calme parfait. On continue d’administrer le quinquina de la môme manière pendant toute la journée ; elle en consomme une demi-once. Six gros de quinquina furent ainsi ad.ministrés pendant l'intcrmission. Le 28 , diminution sensible des accidents dont se compose l’accès , lequel reparaît cependant à l’heure ordinaire. Le 29 , irilcrmission complète. Continuation du quinquina. Le 30 , léger re.'Siuiliment de fièvre; mais beaucoup plus tardif que de coutume. Le 31 , appétit et tous les signes d’une entière convalescence. Quoique la fièvre ne reparût point, je fis continuer pendant quelque temps l’usage du quiquina, dont ou diminua graduellement la dose. (Bourgeois , Journal général de médecine , loin i.xvi.)
Le praticien qui rapporte celte observation intéressante dit qu’il a vu plusieurs autres cas semblables; deux entre autres, réglés par leurs accès eu fièvre di)ublc-lierce , offrirent absolument les mêmes symptômes cl le même caractère de gravité.
Gastrite présentant un double type d' intermil tence , savoir : | le type tierce et le type annuel. ) ^
No 247. Le 8 août 1811, M. D***, éléve en médecine de l’IIôtel-Dieu de Paris , alla se baigner dans la Seine peu de temps après avoir fait un dîner copieux ; à peine fut-il resté quelque temps dans l’eau, qu’il se sentit mal à son aise, et qu’il fut contraint de regagner la rive; aussitôt après , il fut pris de vertiges . d’élourdissemenls , de lassitudes, de douleurs plu.s ou moins marquées dans le dos , dans les membres , et surtout dans la région jpigas-
intkrses.
Iriqiic, où il éprouvait un senlirnenl de chaleur cl de ne-, , déraille; il survint aussi du dégoût , des envies de vomh 10^'' ‘ des voniissemenis de matières alimentaires à demi chymi’fiéec ' 1’“'*
ments soulagèrent un peu le malade ; mais la plupart des svm ''“■"isseterent; il regagna avec |ieine sa demeure, se mil au lit oii il rm i 1’'^?'®' sons de biillemenis, de céphalalgie. Plusieurs des sympllties i„ti T précédemment, tels que le dégoût, les nausées, la doiilcim éuiu^îrin 1 ' incnicrculdinlensilé pendant toute la |iériode du froid* nû r u’ ’ tensp, et à laquelle succéd i une chaleur très vive réinrulnr.’ î sur tonte la surface du corps; celte chaleur fut elle rnème sniv^rrr ^ ® abondante, qui persista pendant une grande partie de la nint ! et les jours suivants, M, D- se crut guéri ; rriais il nfi da mi ,fi rér'’/" tromi.e, car le 1 3, vers les six heures du soir après avoir ffnJn / ^ leiir, de la sécheresse, un sentiment d'ardeur dans la <^or"p pf ^ r ce très marquée de la déglntilion, il fut repris de mal iise dP ni ^ ^’niltè
de vomir, de lassitudes , de douleurs loLbah es et "^ nouveaux frissons très violents se manifestèrent, et furent suivi auparavant, de chaleurs et de sueurs as^ez •ihnnrV.mn / \ comme gastrique se termina, comme le prLtr au bu rtp'’ «èvre
symptômes d’une angine pharyngée qui Venaient .n avant l’accès se prononcèrent davanta-e pendant sn^ m V’ ^ 'T rent point avec lui. Celle angine n’étair noin pVV
marqnée,etily avalt presque apyrexie dLs Tinter "alle^rle?
soir, un nouvel accès survint et fut précédé appnn aecci. Le 15 au
D'aulrcs accès se manifeslérenl de même fê 17 eurf» vcTT' semant un groupe de symptômes absolument semblable à cehd ouTn'’'*' avons indique précédemmenl. L’accès du 19 fut bienlût suivi de li’di, ’ lion ou de la lerminaison de l’angine, qui avait parcouru toutes se» nérS; d accroissement et de décroissement, sans nrôVniPr o,,. , Périodes
dans .a marche^L’on n’opposa , soit à’ ",:;;.f:!?oit1^“rg7n;'qu:r^i^^^^^^^
Irit”'"!,’,’ 7 7'®®°"®’‘''™fi*®''"K-s et les gargarismes de .néme nature’ M. D axait pins rien éprouvé depuis un an, lorsque le 10 onôi itp l’o x’
.U vante , c’est-à-dire au commencement du mème'môis eîà peu pré mémo époque que la première fois, il fut pris d’un accès dV fitWrn i ^ f ■ semblable à ceux qu’i, avait éprouvés
mêmes SJ rnptômes de malaise, de courbature de frissons pt rP bien marqué des fonctions digestives qui se rél-ihlirpni ’i ^ trouble la chaleur et les sueurs. Ces accès se répélércnl quaire fois de ^irioufles
"In m2m::":7:7y;:;ré;:o?7^ ":7”7;er7: '-'-f-»'®-
^n'îsif 10*13’ T!" 7 "‘*7 ap;és''d7'accés!
En 1814, le 13 août, retour et terminaison de la maladie dont il s'if^it npres huil accès qui laissèrent entre eux la même apyrexie ou le rùém^i' ,:
tenal e dinlermdlence que les années préccdcules. Le 12 août 1815 retour de la lievre intermilleme gastrique, toujours avec le type tierce riiiîs avec des symplûmes beaucoup plus inlenses7l même avec délire pe’nZ le accès. On eut recours a un vomitif, qui fli rendre beaucoup de maliércs bilieuses; avant celle évaouaüon. le malade éprouvait un pressant besoTn
onab'lewli7a?t''’'‘’ ‘T",'"",'’"’!' salisf-ife . mais qui { chose remarffoiiMo'i' ■ xomisscmcnis sans qu'il eût lâché la moindre
g urine, a persistance des accès et leur intensilè firent qiTon eut
recours au qninquimi, qui arrêta la fièvre après cinq accès. L’année suivante 1816, vers a meme époque , c’est-à-dire le 8 août , M. D*** éprouva encore , des lasMludes, du dégoût, des nausées, et une douleur très vive à Tépigastre
a mais qui ne fut point précédée de frissons comme auparavant. Cette douleur
4io
PHLEGMASIES IM Î RMITI E>TES
seDrolongeadansVhypochondredroil. où il oiHouvr.a en nù'me Icmi s un
spntimeiUde chaleur et de pesanteur ;>a langue était rouge a sa pointe, il ravànsoif vive fréquence de poul... Ces sy.nplômes persislerenl pendant Dlusieiirs jours de suile , après lesquels survint un icleie, qui persista Lee les symptômes gastriques pendant quelques mois On n eut recours nu’àun traUementeipectant, un régime diéletique, des boissons adoucis santés acidulées et nitrées. Sous riuflueiice de ce irailement, I ictere ' J» ‘
feciinn gastrique continue dont il s’agit se dissipèrent peu a peu. Cette d^rreTe reTnt plus sous aucun La fièvre tierce n’eut pas de réci¬
te depu- cet, e époque Pendant toutes les “""f fièvre revint périodiquement, aux mêmes éimques, M. D eut digestions lentes et pénibles, et il é(iroiivait souvent une incoramodile si grLde quelque temps après les repas, surtoul quand ils étaient copieux, nu’il était obligé d'user de la faculté qu’il avait de se faire vomir a volonté nniir débarrasser promptement son estomac d’une partie des aliments qu il Lait priL la digestn de ces aliments était si laborieuse, qu’elle développait Tn l'aise Lnéral, et parfois une douleur très sensible à ’ .iigastre que le vomissement seul pouvait faire cesser. (P. Bui iiier-I ontane )
Gastrite intermittente tierce.
Ko 248. Madame Pougnon, âgée de soixante ans, d J*" lihatiaue et nerveux, avait, depuis plusieurs mois, une toux seche, accompa cnée parfois de dégoût, d’éructations, de pesanleur, et meme de douleur à fe^tomac , lorsque , le 1er juillet 1 819, sans cause bien connue, 1 inflarmnation lente et chronique qui avait précédé, prit tout-a-coup de l accroissement et se changea en gastrite aiguë. Une grande agitation avec insomnie, 1 inappétence, la chaleur et la douleur de l’estomac , le désir des boissons a.gre- [etles et une courbature générale annoncèrent ce changement. ^ malade eut un accès de fièvre avec augmenlaliou de la toux et de la dou eur rpigaslrirne Le 4, apyrexie complète ; diminution de la toux et de la douleur d’^es^tomac. Le 5, nouvel accès durant lequel M. le tloctcur Lesaive fut appelé etobsma les symptômes suivants: pouls dur, serré, fréquent; peau seche et brûlante; langue blanche à son centre et 1res rouge, tomme boulonnée fson pou^^^^^ courte, pénible, toux fatigante; épig.s re très
sensible et très douloureux à la moindre pression; anoi exie , erutlalions , nausées et quelquefois même vomissement. On présent douz*^ sangsues a ?éSre diele, tisane d’orge et de chiendent édulcorée avec sirop de comme et de groseilles; petit lait, fomcnlalions émollientes mm 1 e.ugaslte. Le malade éprouve un grand et prompt soulagement; !a toux disparaît près «L enUére^^ pour ne pins revenir. Le 6 , apyrexie; légères douleurs d^eslomac. Le 7, nouvel accès avec l appareil des sj mplomes indiques , moinsTioiix. Nouvelle application de sangsues et même régime. Le 8 apvrexie Le 9, un accès a lien ; mais les symptômes diminuent peu a peu de vfolence on répète encore l’application de douze sangsues Le 11, accès lécher - douleurs d’estomac beaucoup moindres ; respiration facile. Lavement et'nuêlare cuni^^^ de bouillon de poulet. Le 13 et le 15, .1 n’y a que quelnues légers frissons et des douleurs à peine sensibles à fép.gaslre. Tout an- Toncè la convalescence, qui se prononce le 17. On administre , a cause de l’étal pâteux de la bouche, un léger minoralif qui provoque, sans douleur, ouelaues selles glaireuses. On commence à donner quelques cuillerées de bouillon de bœuf avec le bouillon de poulet: on augmente peu a peu la nourriture jusqu’au 30, époque à laquelle la malade fiU entièrement relab . iLesaive, Journal umuersei de médecine, t. XIX, p. ooy.)
^ rie docteur Lesaive regarde, dans celte observation la fievre mtermitlente comme un effet.ou une complication de a gas ri
INT£UNi;s.
Gastro-encéphalite sous type tierce.
No 249. Auguste Lestage , âgé de vingt-six mois avant Ii fr teint fleuri, éprouva, le 13 mai 1823, un frisson assez vif nui remplacé p,ir une chaleur inlense avec soif, langue rou^e noiuln^ a Tomissements, diarrhée , méléorisme , etc. Ayant cru reconnafire’ nnë lation inflaromaloire du tube intestinal et du péritoine, je conscmai nnê application de qnatre sangsues sur l'abdomen, des fomentât ons émolliente, une boisson gommeuse, acidulée, la diète. Les sangsues ne fi.reiu tl m phquees. Le soir, une sueur abondante se déclari pi iVrafor l ^ ^ bonne nuit. Le lendemain, le pelit malade fut ^ ? r ? ‘
diète et l'usage de la même boltson Le rStiVtcts K^i V'' tmL,"’,?"''"
du premier, commença vers midi ; mais à deux heures il se’mani esutotd à‘ coup un nouvel ordre de symnldmes ■ l’enf-mr rvnr i l “Jdniiesia iont-a~
les muscles du corps furent “de moutenmnK eorrr"'',’
L^rptialrmé^tnt^We^^TratfrtilTéta^im^
quement l'irritation etcéphanai et maL ie fiT”*"’ "’Pathi-
sues sur l'épigastre. Ap'rt^u'Tire’strert tuT/es" :n"’Xn;frir"7"fdans un demi-bain d'eau tiède , et on lui couvrit la lê’te de compresses imhl® bées d oxycrat froid. Bientôt J’eus la satisfaction de voir tous ks accid^n^
La journée du 4 fut excellente. Mais le 5, l’accès se déclara : vers les heures de lapres-midi, on vit reparaître les accidents cérébraux avee nno Violence effrayante. On eut encore recours aux moyens mis en usiee npn t
T'orlittf A r';"" ' « '^""sTn Tr Z
manifc Ir r ’î""'''®’,'® ■'établi, et la sueur commença à s!
Comtal, ■“'»■■* <•<■ I insiiffisance des aniiphlogislinnel nott
trit e r i" inte'-'Billenle du tube intestinal et de l'cncé
rexie ei l’te l"'»'-' «■'“■"S de sulfate de ,|uinine durant l anl-
exie,ell accès suivant manqua complélomeut. Diif.iu. /ou™. ,én demi] )
GaUro-entéro-céphalile tierce. (Fièvre pernicieuse délirante.)
é.rmafat’e'’n"ll;ilue‘'1;;,;f;é P'* e-core
lés accès venaient à d x henv*» dû <'«"*
service ordinaire, et il é.aU rntt-aTcts^^r i e^"e7e%TsTa
c7;ttfattir'mé‘dttrîi": rifii'’ ^
fm:r„fdri‘'t:;tr;ià
mnir«P''7 - 1-^' dt Itv7mt:77m“;f«é Tt^p^é"’ 23’
Ï“ u:"sÆ rte'ûa'^ P"'*'-- fols pend?nr,fnuu
tiDlne en noii'n? ! ’ vingt^qualre grains de sulfate de qui-
grains de sulfatp’dp" lavement amylacé et opiacé avec soixante-
.aux jambes. Mort à oTz't du'm^tn. ■ do-s sinapismes.
carfawe, inngt heures après la mort. — Opacilé de l’ararh- Diveau de quelques anfractuosités. Pie-mére fortement injectée^
PIILEGMASIES INTER [MITTENTES
Substance cérébrale dense, ferme, excessivement congestionnée , surtout la substance grise, qui est d’une teinte noirâtre, et parait occuper beaucoup plus d’étendue que dans l’état naturel. Peu de sérosité dans les ventricules. Cervelet mou, contrastant par sa mollesse avec le cerveau. Sérosité abondante dans la moelle éijir-iére; injection vive et vermeille de lapic-mére; moelle elle-même consistante, dure ; substance grise beaucoup plus injectée que la substance blanche, surtout aux renflements cervical et lombaire. Poumons et coeur parfaite ment sains. Ramollissement général de la membrane muqueuse de l’estomac avec coloration ardoisée du grand cul desac. I.es intestins , gros et petits , sont d’un gris foncé , avec tuméfaction des follicuies isolés. Ramollissement dans plusieurs points , et quelques vestiges d’anciennes plaques gaufrées au voisinage de la valvule iléo-cœcale. On n’observe dans toute l’étendue du tube digestif aucune rougeur soit striée , soit pointillée, soit par plaques, soit par imbihition. La rate, volumineuse, a l’aspect d'une pâle de chocolat à l’eau; le foie, sans coriiistarice, offre ïine aliéralion analogue. (Maillot, ouvrage cité.)
Gaslro-pneiünonie intermittente tierce.
Ko 251. Un jeune homme âgé de vingt ans, d’un tempérament sanguin , d’une taille élevée ei d une santé Ires florissante , fut pris , te 1er juin 1825 , d’un malaise considérable: cép’natalgie intense, rougeur de la face et des yeux, vive chaleur à la peau, aballement général, langue louge dans toute son étendue et sèche au milieu , anorexie complète , soif inextinguible , toux îré(|iicn(c , accompagnée de crachats muqueux abondants, pouls plein , dur et fré(iuent. Saignée du bras de quinze onces, solution de gomme édulcorée, diète absolue Le 2, ai yrexie complète ; il n'existe ni céphalalgie, ni chaleur À la peau ; la toux et les crachats ont considérablement diminué. La langue, humide dans toute sa largeur, n’est plus qu’un peu rouge aux bords et blanche au milieu. Il n’y a point d’appétit. Solution de gomme et de lait coupé. Le 3, à sept heures du malifi, le malade est pris d’un frisson qui dure environ une demi - heure, et auquel succède un état pyrélique caractérisé par la fréquence du pouls, de la céphalalgie, des sueurs abondantes , et une chaleur brûlante q d se fait pari iculiérement sentir à l’abdomen. La langue est redev.enue rouge et sCche; la soif est telle, que le malade avale coup sur coup îrois verres de tisane sans l’étancher aucunement. L’expectoration et la toux ont reparu comme la surveille. Trente sangsues à l’épigastre, cataplasme ômoUienl sur l’abdomen, solution de gomme. La fièvre cède à la saignée : îe malade se plaint vers cinq heures d'un sentiment d’oppression cl de serrement sur le ventre qui se dissipe au moyen de deux lavements émollients. Le 4, le pouls est naturel, la langue est humectée et blanchâtre ; il n'y a plus îii toux ni crachats. M. IL Reis accorde du bouillon au malade, qui le demande avec instance Le 5 , à huit heures du matin , le frisson se fait sentir et est bientôt suivi des mêmes phénomènes que ceux observés le 3. Cependant ils sont tous moins marqués; les symptômes d’irritation bronchique sonltnême à peu prés nuis. Ce médecin se borne â prescrire le sirop d'orgeat, la diète et un lavement. Le 7, quatrième accès semblable au précédent. Application de vingt-cinq sangsues à l’épigastre. La saignée ayant été très abondante, le malade se trouve abattu le soir après la terminaison de l’accès. Dés ce moment, la maladie a cédé. Le 9 et le 11 ont bien encore été marqués par le frisson et par une légère fréquence du pouls; mais les autres symptômes rConl point reparu, et l’accès n’a duré que fort peu de temps, S'urloul le 11. Les forces se sont promptement rétablies, l’appétit est revenu, et ce n’est qu’avec peine qu’on a obtenu du convalescent qu’il réduisît ses aliments le 13, jour où l'on pouvait craindre encore le retour de la fièvre. {Journ. utiiv. de mèd., l. xlv )
INTERNES
Choléra intermittent , type tierce,
fio 252 Au mois de juillet 1828, un valet de chambre de la maison Rothschild , de Naples , se rendit en France pour passer quelque temps auprès de sa femme, qui habitait constamment Paris. Huit jours après son arrivée, il se déclara chez lui une fièvre intermittente pernicieuse avec le type tierce. Cet homme , doué d’une bonne constitution , était âgé de trente-six ans. Il habitait rue des Trois Frères, no 5 Sa santé fut par.aite pendant le long trajet qu’il venait de parcourir, et pendant la première huitaine de son séjour à Paris. L’invasion subite du premier accès se manifesta à dix heures du matin. Je fus appelé : un instant après , les symptômes suivants se présentèrent à mon observation : douleur intolérable au ventre et à la région épigastrique, vomissements bilieux très abondants ; les matières vomies étaient de couleur verte tirant un peu sur le jaune ; elles contenaient quelques stries de sang d’un rouge vif, comme celui qui est fourni par les vaisseaux artériels. Diarrhée séreuse , soif vive ; la langue n’était cependant ni rouge ni î-éche ; pouls presque imperceptible; peau froide se couvrant de temps en temps dune sueur glutineuse; figure grippée, yeux caves, respiration difficile, timbre de la voix affaibli. Cet appareil morbide me suggéra, de prime abord, l’idée d’un empoisonnement involontaire par l’ingestion de substances irritantes dans l’estomac. Sa femme me dit qu’elle avait déjeuné avec son mari, et qu’ils n’avaient pris l’un et l’autre qu'une lasse de café au lait préparé dans une casserole de fer-blanc. Il n’existait chez celte femme aucun dérangement. Je fis plonger le malade dans un bain à 19o Réaumur; il resta une heure dans l’eau sans éprouver le moindre soulagement. Je prescrivis la potion suivante: eau distillée de laitue, trois onces; sirop de gomme, une once; sirop diacode, trois gros; à prendre une cuillerée à bouche chaque quart d’heure. Pour boisson ordinaire, infusion de fleurs de tilleul et de feuilles d’oranger, édulcorée avec sirop de gomme. Sept heures après 1 invasion de l’accès, il survint un calme assez grand pour permettre au malade de s’endormir. Pendant le sommeil , qui dura cinq heures sans interruption , le pouls se releva, la respiration redevint facile, la figure reprit son expression naturelle et la peau sa chaleur ; il y eut même un peu de transpiration. An réveil, il n’existait pas d’autres traces d’indisposition qu’un léger sentiment de faiblesse. La journée du lendemain se passa parfaitement bien. Le malade fit plusieurs courses.
Quoique je ne susse guère alors comment expliquer celte Invasion si brusque, ces symptômes si graves et ce rétablissement si prompt, je dois avouer que l’idée de fièvre pernicieuse intermittente ne me vint pas à l’esprit. Le surlendemain, à peu prés à la même heure , les mêmes accidents reparurent accompagnés des mêmes symptômes, avec une ititonsilé plus grande et une durée plus prolongée de deux heures. Dés ce mom.cn t , je reconnus la nattire de la maladie que j’avais à combattre. Je ne fus pins embarrassé pour saisir la véritable indication ; mais pour agir avec efficacité, i! fallait ai tendre la fin de l’accès Je craignais que le malade ne succombât pendant sa durée. Il se termina heureusement comme le premier. Je me hâtai alors de prescrire le sulfate de quinine J’en fis j)rendre dix-huit grains par doses de six grains, à quatre heures de distance. Le troisième accès manqua complètement Le sulfate de quinine ne fut pas moins continué pendant quatre jours , en diminuant chaque dose d’un grain par jour , de telle sorte qu’elles n’étaient plus à la fin que de deux grains. Quelque temps après, le malade repartit bieo portant pour Naples. (Francon, Gazette médic. de Paris, 1833.)
PHLEGMAflES IINTERMITTENTES
ChoKra intir mittenty type tierce
No 253. Une Temme de trente-quatre ans, d’un caractère impressionnable, d une constitution détériorée, que j’avais déjà soignée pour un catarrhe chronique, se [)résenla, le 4 du mois dernier, à la consultation du quatrième dispensaire de la Société philanthropique, et réclama mes conseils pour une diarrhée dont elle était atteitite depuis le matin. Je lui prescrivis de l’eau de Tiz gommée , des lavements amylacés et laudanisés , des cataplasmes sur le ventre et la diète. Elle ne fit aucun de ces remèdes. Dans la soirée elle me til appeler ; au moment de ma visite elle était dans un état de prostration extrême ; la peau des membres thoraciques et abdominaux était refroidie, la langue froide, l’abdomen tellement sensible que le contact des couvertures était insu[)portable ; elle était tourmentée par des nausées bientôt suivies de vomissements bilieux. A chaque instant, elle avait desselles bilieuses très liquides; elle urinait encore; le pouls était très fréquent, facilement dépressible, la voix presque éteinte, la soif extrême. Usage d’une potion îaudanisée, prise par cuillerée à bouche de demi-heure en demi heure, et suivie chaque fois de l’administration d’un fragment de glace; je prescris après chaque selle, un quart de lavement d’amidon , additionné de quatre gouttes de laudanum de Rousseau; je fais couvrir les membres avec des morceaux de laine que l’on réchauffe avec des fers à repasser. Le lendemain, je trouve la malade levée; la peau est d’une bonne température, le pouls bien développé ; elle m’apprend que ses douleurs ont diminué depu’i mon départ, et qu’à deux heures après minuit elle s’est endormie ; elle se plaint seulement d’une grande lassitude. Je prescrivis le repos, une boisson délayante, deux quarts de lavements émollients. A trois heures et demie, on vient me chercher en toute hâte. Je trouve la malade présentant au plus 'haut degré les affreux symptômes du choléra ; les matières vomies, les dé- J ections alvines sont formées par un liquide semblable à une légère décoction de riz ; l’urine est supprimée , la peau d’une coloration bleuâtre ; le pouls ne se sent pas , l’haleine est glacée, la soif extrême. En attendant la glace que J ’envoie chercher, j’essaie de lui faire boire une cuillerée d’eau fraîche: le i e liquide tombe dans l’estomac comme dans un vase inerte. Elle dit d’une voix faible adieu à sa fille; sa vue s’éteint , elle ne distingue plus les personnes qui sont auprès de son lit. J’insiste sur l’emploi de la glace, des potions laudanisées, des lavements de même nature , et je cherche à réchauffer le corps au moyen de bouteilles d’eau chaude et de briques échauffées. A deux heures après minuit, la malade éprouve un peu d’améîioration, elle s’endort. Frappé de la coïncidence existant entre la fin de ces formidables accidents , je m’informe auprès des parents si la malade, bien portante la veille jusqu’à trois heures, n’avait point l’avant-veille, premier jour de sa maladie, éprouvé à la même heure une aggravation dans ses souffrances ; ils me répondent affirmativement. J’établis au bras un vésicatoire au moyen de l’ammoniaque. A midi et demi, je le charge de dix grains de sulfate de quinine ; à une heure, j’administre un lavement d’amidon additionné de six grains de sulfate de quinine et de six gouttes de laudanum de Rousseau ; elle prend en outre vingt-quatre grains de sulfate. A trois heures, l’accès se marque par un vomissement blanc et une selle de même nature, mais il ne dure pas un quart d heure. La peau est d’une bonne température, le pouls développé, la soif moindre : la malade est pleine d’espoir. Le lendemain, la même dose de sel fébrifuge est administrée. A dix heures du vsoir, la malade éprouve une vive émotion morale; elle a des nausées, des vomissements blanchâtres qui durent peu. Le sulfate de quinine est con-
tinué encore pendant cinq jours, à dose décroissante. Au bout de ce temps, la guérison est complète.
Un de nos confrères m’a dit avoir perdu un cholérique chez lequel il avait méconnu l’inlermitlence. (Lemoine, Revue méd. franç., 1835 )
Gastrite intermittente quarte. (Fièvre intermittente larvée. )
No 254. Madame B***, couturière , âgée de quarante-quatre ans, jouissant habituellement d’une bonne santé , fut prise , au commencement de novembre 1818, d’un gros rhume qui lui causait de grands maux de tête, de l’agitation et de l’insomnie.
Les 26 et 27, mêmes symptômes, de plus malaise et douleurs d’estomac.
Appelé le 28 , je trouve la malade dans l’état suivant : mal de tête très violent, surtout vers le front; accablement, état presque soporeux; pouls fréquent, médiocrement dur ; oppression, toux fréquente sans expectoration; perte d’appétit , bouche amère ; langue sèche, rouge sur les bords, tirant au noir sur le milieu, douleur vive à l’estomac , augmentant beaucoup par te loucher ; constipation.
Croyant apercevoir dans ces symptômes les signes caractéristiques d’une inflammation de l’estomac, je prescris l’application de dix sangsues sur l'épigastre, d’un cataplasme émollient après les sangsues, et l’usage de boissons et potions adoucissantes. Vers six heures du soir, au moment de la chute des sangsues , défaillance, grande oppression , suivie de syncope et de convulsions liés violentes.
A neuf heures, retour imparfait de la connaissance; rémission dans les mouvements convulsifs. A dix heures , retour de la syncope , et à onze , violentes convulsions , yeux ouverts et fixes, serrement des mâchoires , respiration stertoreuse , levres noires et sèches , pouls assez développé , intermittent.
On administre plusieurs cuillerées d’une potion antispasmodique élhérée. Cet état se prolonge jusqu’à quatre heures du malin , époque après laquelle il se dissipe peu à i»eu.
Le 29, accablement, lassitude, persistance de la céphalalgie et de la douleur d’estomac- Cataplasme sur l’épigastre, potion antispasmodique, eau de gruau.
Le 30 , amélioration dans la situation que je viens de décrire.
Le 1er décembre , le mieux continue dans la matinée. A six heures du soir, retour de tous les accidents, langue et lèvres sèches et noires, pt rte de connaissance , respiration stertoreuse , convulsions, efforts de vomissement sans résultat, fréquentes menaces de suffocation. Large vésicatoire sur la poitrine, usage de la potion élhérée. Ce second accès, bien plus violent que le premier, dure jusqu’à deux heures du matin.
Le 2 , lassitude très grande; mais la région épigastrique n’est plus douloureuse au toucher, la langue revient à son état naturel , appétit encore nul.
Le 3, l’amélioration se soutient, et la malade se croit hors d’affaire.
Le 4 , nouvel accès à l’heure accoutumée , mais moins fort et moins long que le deuxième.
Conduit par le retour des accidents à des jours et à des heures déterminés , à soupçonner l’existence d’une fièvre intermittente , et me souvenant de l’état d’irritation dans lequel j’avais trouvé l’estomac dans le commencement de la maladie; ajant égard à l’état habituel de constipation, et m’étant assuré que , dans les intervalles d’un accès , il y avait plutôt amélioration delà santé que dépérissement ; je me contente de prescrire un* décoction de deux gros de quinquina dans une pinte d’eau; la malade en prend deux verres par jour, et en boit une pinte et demie avant l’accès du 1,
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
qui eut lieu à l’heure ordinaire ; on remarque une grande diminution dans la violence el la durée des symptômes.
On prescrit , le lendemain et les jours suivants , trois verres par jour de la décoction du quinquina. L’accès du 10 est encore moins fort; on augmente d’un verre par jour la dose de la décoction.
L’accès du 13 est peu intense , même prescription ; le deuxième jour d’intermittence, santé parfaite, retour des forces et de l’appétit.
Le 16 au matin, malaise, accablement, céphalalgie , accès à la mêmeheure, mais plus fort que le précédent.
Le 19, malaise el signes précurseurs ordinaires , mais point d’accès.
Le 22, encore un peu de malaise , mais l’accès ne revient plus ; on continue la décoction de quinquina dont on diminue graduellement la dose jusqu’ au 1er janvier, époque à laquelle on supprime tout-à-fait le traitement. (Lejumeau de Kergaradec , Journal général de mèd., t. lxviii. )
Attire gastrite intermittente avec le type quarte.
No 255. Croisicr (Antoine), de Faviére, département de la Meurthe , âgé de quarante ans , d’un tempérament bilieux , exerçant le métier de l'sscrand , fut pris d’accès fébriles (lui revenaient toutes les soixante-douze heures , à la suite d’ntj refroidissement causé par une grande pluie du mois d’octohre 1818. Cet homme , très courageux , continua de se livrer au travail pendant les premiers mois de sa maladie ; mais ses forces diminuant de jour enjour, il me fit appeler pour la première fois , le 18 décembre suivant. A cetto époque, les accès se prolongeaient depuis trois heures du soir jusqu’au lendemain matin; le frisson avec tremblement durait deux , trois el quelquefois quatre heures, selon que le malade s’était plus ou moins ménagé. Pendant lachaleur et la sueur on observait tous les symptômes d’une fièvre dite bilieuse intense ; la langue était couverte au centre d’un enduit jaune ; sa pointe relevée s’avançait bien en deçà des incisives et était rouge ainsi que les bords; il y avait épigastralgie, nausées, anorexie, etc. \prés la sueur tous ces symptômes disparaissaient petit à petit, et toutes les fonctions reprenaient leur premier état, jusqu’à l’accès suivant, La langue se nettoyait et reprenait sa couleur naturelle ; l’épigastralgie cessait , et une appétence marquée pour les substances d’une digestion facile se faisait ressentir ; les aliments lourds occasionnaient toujours une indigestion.A'oici quel a été mon traitement pour guérir cette affection : pendant l’accès, repos au lit; diète, tisane d’orge miellée; lavements et fomentations sur l’abdomen. Pendant l’apyrexie^ nourriture légère en petite quantité ; eau vineuse; deux prises par jour d’un mélange de douze grains demuriate d’ammoniaque , etde dix huit grains der poudre de valériane délayés dans du vin sucré. Le 12 janvier 1819, les accès étaient retardés de deux heures et cessaient vers le milieu de la nuit; les forces renaissaient. Mais le malade ayant fait des imprudences, le mal revint comme auparavant , et ne cessa entièrement que vers le 15 février. ( Deleau Aperçu sur l’abus du vomissement. )
Ga tro entérite quarte, (Fièvre intermittente cholérique.)
No 256- M. B***, sous-chef au ministère des finances , âgé de trente-quatre ans , d’une constitution grêle et d’un tempérament nerveux , éprouva dans la soirée du 27 septembre 1829 , à la suite d’un dîner assez copieux , du malaise avec frisson , céphalalgie , puis des vomissements d’aliments et de matières bilieuses , accompagnés d’évacuations alvine.s fréquentes et douloureuses , de douleurs contusives dans les membres , de sueur, etc.
Le lendemain 28, M. B..., me fait appeler, el je le trouve calme, sans fièvre , conservant encore un étal de moiteur et n’éprouvant qu’un sentiment
INTERNES
de fatigue et de lassitude dans les membres ; la langue est saburrale , le basventre est souple , nullement douloureux à la pression. Le malade dit avoir eu une indigestion. Orangeade pour boisson, lavement émollient, repos, diète.
Le 29 au malin, M. B..., se trouve tellement bien , qu’il se lève et prend un potage. Le 30 , il se disposait a sortir, lorsqu’il fut pris toul-à-coup d’un frisson suivi de vomissements presque continuels, en même temps que d’évacuations alvines qui se succèdent à tel point , qu’en moins d’une heure l’on a pu en compter plus de quatre -vingts. Elles finissent par devenir pres'iue entièrement sanguinolentes , s’accompagnent de douleurs déchir?;. -^s a l’estomac et dans tout le trajet de l’intestin, de crampes dans les ui^mDres, de lipothymies fréquentes. Le malade ne peut supporter la moindre pression à l’épigastre; le pouls est faible et donne cent six pulsations par minute. Potion calmante avec eau de laitue, trois onces ; sirop diacode et de guimauve, de chaque demi-once; lavement de tête de pavot , fomentations émollientes sur l’abdomen , cataplasme sinapisé aux pieds.
Toute cette série d’accidents diminue graduellement en quelques heures , elle lendemain 1er octobre , le malade n’éprouve plus qu’un sentiment de courbature et de brisement dans les membres, avec un reste de sensibilité à l’épigastre. La langue est saburrale, épaisse, et légèrement rouge à son pourtour. Persuadé que M. B... , est sous l’influence d’une afreclion intermittente grave dont il importe d’arrêter les suites , mais craigî\ant de porter sur l’estomac aucun médicament actif, et fondé d’ailleurs sur l’expérience personnelle que j’ai acquise de l’efficacité du sulfate de quinine en lavement, je prescrivis quinze grains de celle substance avec demi-grain d’extrait gommeux d’opium dans une livre de véhicule , à prendre en trois lavements dans le jour, recommandant que le dernier précède d’une heure seulement le retour présumé de l’accès. Mais le malade n’a pu garder les deux i)remicrs , et l’accès a prévenu le troisième de plusieurs heures, de sorte que les mêmes accidents reparaissent avec une intensité qui fait craindre pour les jours du malade. Celle fois l’accès se prolonge plus de dix-huit heures, et pendant sa durée, 31 B... vomit sans cesse avec des efforts incroyables; il éprouve contînuellement le besoin d’aller à la garde-robe , et rend avec douleur , avec angoisse , des matières successivement bilieuses , glaireuses et sanguinolentes. La face est crispée , pâle , livide : tout le corps est couvert d’une sueur froide et visqueuse ; la respiration est laborieuse, suspirieuse ; il y a des hoquets fréquents, des crampes douloureuses dans les membres, des menaces de syncope pour le moindre mouvement , et principalement lorsque les vomissements et les évacuations alvines se répètent. La langue est sèche , aride; l’estomac d’une sensibilité excessive , le pouls faible , fréquent et parfois intermittent. Le malade répète sans cesse d’une voix affail)lie et entrecoupée qu’il est perdu , qu’il se meurt. Potion ut suprà, orangeade glacée, lavement opiacé , fomentations vinaigrées sur les membres , sinapismes aux pieds. Je profite d’un moment de rémission pour administrer la potion suivaîite : eau distillée de laitue, de tilleul, de fleurs d’oranger, de primevère, aa. Jine once ; sirops d’éther, d’opium , aa. demi-once ; sulfate de quinine , quinze grains. 11 était neuf heures du soir. Le lendemain malin , à sept heures , le malade est dans un état de calme inespéré ; il dort depuis plusieurs heures. Je le revois dans la matinée ; il n’éprouve qu’un état d’accablement et de faiblesse, joint à un besoin de sommeil. Le pouls est lent , cinquante-six pulsations par minute; la peau moite, la langue humectée, saburrale et légèrement rosée. Continuation pendant plusieurs jours de la potion et de la tisane prescrites. On diminue chaque jour graduellement la dose de la potion. Dés ce moment nul accident ne se manifeste ; le malade, en peu de jours , peut se lever, reprendre quelques aliments, et se rendre au bout de quinze jours à la campa.-
PIILKGMASIKS INTLlUn l lEM KS
gne pour y passer le lemps de sa coiivalcscence. (Jolly, Nouvelle Bibliothèque médicale, 1828.)
Diarrhée intermittente tierce. (Febris intermittens diarrhæam
tormiiiosam simulans.)
No 257. La veuve Harcourt eut , pendant trois semaines , une fièvre intermittente légitime qui , sous l’influence d’un mauvais régime, dégénéra en continue, et bientôt parut transformée en une nouvelle maladie, savoir: une diarrhée avec des tranchées cruelles’^et des envies de vomir. Indépendamment du froid, de la chaleur, et des autres symptômes de la fièvre, cette femme se plaignait durant le i)aroxysme d’un flux de ventre immodéré , et de coliques si violentes, qu’il lui semblait qu’à chaque accès elle allait rendre îe dernier soupir. M’étant aperçu, dit Morton, que les urines étaient rouges et troubles, comme dans les fièvres intermittentes; que le flux de ventre et ies coliques revenaient par accès, je reconnus que ces symptômes fâcheux avaient leur source dans le foyer vénéneux de la fièvre intermittente. Je pensai qu’il était inutile d’employer le laudanum et les autres médicaments semblables Je prescrivis d'abord l’eau de poulet, la décoction blanche et un bol opiacé, dans l’intention de modérer les symptômes actuels de la maladie; l’accès passé, j’administrai le quinquina, auquel j’associai, suivant le besoin, le laudanum. A l’aide de ce traitement, non seulement la diarrhée et les coliques périodiques, mais encore la fièvre qu’elles masquaient, furent dissipées ; les urines reprirent leur couleur ordinaire, et l’appétit revint., Je quittai la malade en lui ordonnant de continuer l’usage du quinquina à certains intervalles. Cette femme, se trouvant jouir d’une parfaite santé, négligea mon avis ; mais deux semaines furent à peine écoulées, qu’elle ressentit des douleurs presque par tout le corps, et que lamaladie revint sous la forme d’une ophthalmie qui attaquait l’œil gauche.
Appelé de nouveau auprès de la malade, j’observai que les urines étaient rouges et troubles comme auparavant; elle éprouvait une soif vive, son pouls était très fréquent. M'étant assuré que cette ophthalmie présentait, tous les deux jours, et à des époques déterminées, des exacerbations bien marquées, je reconnus bientôt cette nouvelle transformation de la fièvre intermittente ; je fis pratiquer une saignée de la jugulaire ; je prescrivis une décoction amère, un purgatif, un collyre anodin, et un cataplasme sur l’œil malade; p iis je lui ord nnai de prendre, durant l’intermission, un électuaire avec la poudre de quinquina.
La malade ne tarda i>as à être délivrée, par ce traitement, de son 0{)hthalmle intermittente ou de sa fièvre larvée. Elle a joui des lors d’une bonne santé. (Morton, Opéra medica, hist. 4.)
Dysenterie rémittente tierce.
No 258. M. de âgé de quarante ans, eut pendant quelque temps la
diarrhée, vers la fin du mois d'octobre 1760. Ayant négligé celte affection, elle fut bientôt accompagnée de chaleur, de fièvre, et dégénéra en dysenterie. Le barbier du lieu lui pratiqua une saignée, et comme le malade éprouvait des nausées et des envies de vomir, il lui administra l’émétique. N’ayant pas été soulagé par ces moyens, le malade s’abandonna à mes soins le 28 du même mois. Lorsqu’il m’eut fait l’histoire de sa maladie, je soupçonnai qu’elle masquait une fièvre rémittente, dont les exacerbations avaient lieu tous les deux jours à midi. Ces exacerbations n’étaient caractérisées par aucun sentiment de froid, mais par une grande chaleur, une soif vive, un flux de ventre qui se répétait environ quarante fois avec de fortes coliques
mais sans ténesme. Dans l’intervalle des paroxysmes, le flux de ventre, la fièvre, la chaleur, la soif persistaient, mais à un très faible degré. La durée des accès était de vingt-quatre heures. Le malade était sans force et sans appétit. N’ayant pu voir ses urines, et ne pensant pas qu’il pût encore y avoir de danger pour sa vie, je n administrai peint de suite le quinquina ; je m’efforçai seulement de modérer les symptômes par des moyens adoucissants et un cataplasme émollient , jusqu’à ce qu’un nouvel accès vînt contirmer le diagnostic que j’avais porte. Il eut lieu en effet le 30, et présenta les mêmes symptômes qu’auparavant , si ce n’est que la dysenterie fut encore plus intense. Alors, quoique l’urine ne présentât point de sédiment, j’ordonnai une demi-once de quinquina à prendre en mixture penc'aitla rémission. Le paroxysme suivant fut beaucoup moins intense ; la chaleur, la soif lurent bien moins marquées; toutes les selles eurent lieu sans aucune douleur, à l’exception de deux, et après huit heures de durée, l’apyrexie a été parfaite.
Le malade ayant continué à faire usage du quinquina, fut délivré à la fols de la dysenterie et de la fièvre. Il ne restait qu'un peu de faiblesse dans les muscles et dans les premières voies, puis une bouche mauvaise et sèche, mais tous ces symptômes ne tardèrent point à disparaîtreà l’aide de remèdes convenables. (Lautter, Historia biennalis, casus 20.)
Dysenterie intermittente tierce. (Fièvre intermittente pernicieuse
atrabilaire.)
No 259. Un soldat en garnison dans notre ville, durant le treiziéme accès d’une fièvre tierce, rendit abondamment par les selles une matière noire semblable à du sang coagulé et en partie liquide, que le malade rapportait à un flux hémorroïdal ; mais la couleur noire de cette matière, qui se trouvait exactement entremêlée avec les excréments, qui étaient eux-mêmes presque liquides , indiquait qu elle venait de plus loin. Cette matière, bien distincte des excréments, ressemblait à du sang noir, et était semblable à ce que les anciens appelaient Vatrahile Les déjections dont il s’agit élalent très copieuses, fréquentes, et se faisaient avec une sorte d’explosion; le malade jirésentait en même temps une face hippocratique; ses extrémités étaient froides ; tout son corps était livide , le pouls était à peine sensible. On s’empressa de lui administrer le quinquina , sans presque fonder aucun espoir de succès sur son usage.
Le lendemain matin , je ne savais si je devais aller voir le malade , regardant sa mort comme très probable. Cei)endant il vivait encore, mais son corps était toujours froid , son pouls faible , ses forces prostrées. On continua renii)lüi du quir’.quiîia dont on diminua un peu la dose. On ne prescrivit pas aulre chuse au malade , si ce n’est un peu de nourriture. Le jour suivant, l’accès fut ’iié.s léger; le pouls commença à s’élever, le corps à s’échauffer; le flux noir, déjà très diminué , cessa bientôt d'avoir lieu. L’état du malade devint de jour en jour plus satisfaisant. Quoique l’accès ne revînt plus, on continua le quinquina pendant quelque temps comme moyen prophylactique, et le malade se rétablit promptement et sans qu’aucun accès ait reparu. (Torti , Therap. spécial., lib. ni , c. 1 , hist. 7. )
Dysenterie rémittente douhle^tierce. (Fièvre intermittente pernicieuse dysentérique. )
No 260 Une jeune personne âgée de vingt-deux ans, très saine, douée d’une sensibilité assez vive , fut atteinte , il y a plusieurs mois , de douleurs de coliques très fortes qui se calmaient aussitôt que des selles avaient eu lieu. Les itranchées se renouvelaient toutes les heures à peu prés, et deve-
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
«aient par leur continuité d’une nature plus violente et plus fâcheuse. Jefus appelé auprès de la malade vers le quatrième jour de la maladie ; je prescrivis vingt grains d’ipécacuanha qui produisirent un assez bon elïet. Les selles devinrent un peu moins fréquentes ; elles acquirent une teinte jaunâtre, tandis qu’auparavant elles étaient semblables à de la lavure de chair, et contenaient des flocons d’une matière comme sanguinolente. Un léger parégorique fut néanmoins administré. Il y avait peu d’altération dans le pouls, ses battements étaient réguliers; la tôle et la poitrine ne paraissaient point aCfeclées; sommeil peu profond pendant deux heures- Vers le milieu de la nuit , tout changea de face; la malade se plaignit d’un froid '.cuisant , surtout aux extrémités; le pouls devint intermittent et lestranchées beaucoup plus vives : l)ienlôt une sueur froide couvrit le visage ^ les pieds elles mains; la faiblesse fut très grande et semblait à chaque instant devoir amener une lipothymie ; la réaction ne put s’établir complètement, cl la chaleur ne fut jamais vive. Eelétat dura douze heures environ , et ne se calma point [lar les antispasmodiques ordinaires. Peu à peu les forces se rétablirent, et la malade se trouva à peu prés comme la veille. Il n’y eut pas d’autre sueur que celle dont j’ai parlé, et qui se (irolongea jusqu’à la fin du paroxysme. Malgré l’amélioration qui fut très sensible, les selles ne perdirent rien de leur fréquence; elles reprirent leurs mauvaises qualités, leur odeur fétide, etc. Je m’assurai que, l’avant-veille, la nuit avait été moins tranquille que la précédente et que la suivante, ce qui , vu la maladie régnante, me fil croire à l’existence d’une fièvre intermittente qui tendait fortement à devenir pernicieuse Les urines cependant n’étaient nul ement briquetées , mais pâles et limpides. Je vis la nécessité d’administrer le quinquina ; mais je n’osai le donner à l’intérieur , de crainte d’exaspérer l'affection dysentérique.
J’essayai pourtant de le prescrire à la dose d’une drachme , de deux heures^ en deux heures , combiné avec la liqueur d'Hoffmann , le camphre et sirop diacode. La malade ne put supporter la troisième prise , tant était grande l’irritation des organes digestifs et l’exaspération des douleurs. Elles ne secalmèrent pas, malgré l’us.igedcs lavements émollients et ûqs, opiatiques-. J’eus alors recours à une décoction un peu forte de kina, à laquelle j’a>sociai quelques laxatifs. La malade ne la supporta pas davantage. Alors je tournai' principalement mes vues du côté de l’affection dysentérique, imaginant xjue si je parvenais à la calmer, l’administration du quinquina aurait des effets moins fâcheux. Comme la fièvre me paraissait avoir le type double- Aierce, et que je ne pouvais administrer le quinquina en frictions dans l’impossibilité ou j'étais de m’en procurer sur-le-champ , je prescrivis les Jiuileux, les antispasmodiques, le camphre surtout combiné avec le nitre Je petit-lait pour boisson , des frictions sèches sur l’abdomen , ainsi que des lavements émollients. L’effet de ces moyens fut presque nul. Le redoubleanent de la nuit parut moindre que celui de la veille ; frissons légers , peu de sueurs froides; faiblesse moins grande. Les douleurs du ventre et les selles -étaient toujours semblables. Mêmes moyens ; frictions avec la décoction et la teinture de kina camphrée L’exacerbation de la nuit fut terrible. La malade ne croyait pas revoir le jour. On la réchauffa ; on lui donna quelques cordiaux, de la thériaque délayée dans un peu d’eau de fleurs d’oranger; elle fie pouvait suppovter le vin. Ses forces s affaiblissaient toujours davantage ^ elle ré.sistait autant qu’il était en elle à un assoupissement qui semblait venir d’un excès de douleur et de fatigue. Le jour arriva, et les symptômes commencèrent à perdre une partie de leur caractère alarmant. Les sueurs froides et gluantes cessèrent, le pouls reprit un léger degré de régularité et d’énergie; la malade put se soutenir sur son lit pour rendre les selles, qui terablaieni avoir été moins frequentes pendant l’exacerbation.
INTERNES
Je voulus de nouvena recourir au quinquina pris en substance , mais l'irritation des organes digestifs, plus grande encore que les premiers jours , m’en fît bientôt proscrire Tusage. Le hoquet survint de temps en temps; le camphre fut continué à hautes doses, ainsi que les ojiialiques et les frictions avec la teinture de kina ; un vésicatoire fut a[)pliqué sur ral)domcn. Comnic la malade avait été sujette à des alfeclions vermineuses , je conseillai riniile de ricin, des lavements avec Tassa fœlida. La nuit fut beaucoup moins mauvaise que la précédente , mais les selles ne changèrent pas de nature; les douleurs du ventre persistèrent. Malgré Tusage des moyens dont j’ai parlé . et la répétition fréquente des frictions avec le kina, la malade expira vers la fin de la nuit suivante. On n’avait pu la réchauffer ni rappeler scs forces. (Thomas, Journal général de médecine^ t. xxi.)
Nous ne donnons ici qu’un extrait de celle observation , en conservant autant que possible les propres jihrases de l’auteur, qui appelle la maladie dont il s’agit une fièvre intermittente pernicieuse, associée à une dysenterie; mais dans les réflexions qui sont à la suite de son observation , ce médecin avoue f/u’il lui parait très probable que l’affection dysentérique fut la cause déterminante de la fièvre pernicieuse.
Gastro-colite rémittente tierce. (Fièvre pernicieuse dysentérique
de l’auteur.)
No 261. Madame Antoine, résidant à Montluel^ âgée de soixante ans, d’une constitution détériorée, sujette aux fluclions humorales, habituée à se purger trois ou quatre fois par an , et s’en trouvant bien , éprouvait depuis deux mois une pesanteur permanente à Tépigastre avec des pulsations fortes, du dégoût, des tintements d’oreilles, et parfois des étourdissements; elle se purge comme à l’ordinaire , mais sans amélioration dans son étal.
Dans le mois d’août 1823, madame A. ayant éprouvé une émotion très pénible à la vue d’une malade incurable qui lui était chère, prend, contre son habitude, une tasse de lait. Dans la nuit, elle est réveillée par un frisson général, avec tremblement, cardialgie violente, vomissement du lait, pris la veille, mélé à des matières mucoso-bilieuses. Des coliques, des déjections , des glaires sanguinolentes involontaires s’y joignent ; la malade perd connaissance et reste sans secours toute la nuit ; quelques heures après, le sentiment revient avec une chaleur brûlante , une céphalalgie frontale intense, jointe à des pulsations dans les oreilles, beaucoup de soif, langue rouge, e. filée , ventre et région épigastrique tendus, douloureux au toucher ; battements violents dans le creux de l’estomac.
Les nausées et les déjections se prolongent dans la journée. A dix heures du malin, dix sangsues sur Tépigastre, cataplasmes sur les piqûres, eau gommée, diète absolue ; vers le soir, tous les symptômes diminuent. Il reste encore un peu de fréquence dans le pouls , de la soif et de la sensibilité dans le ventre. La nuit est assez bonne , cl la rémission se prolonge une grande partie de la journée suivante.
Le soir, deuxième accès de meme nature, même rémission; lavement d’amidon , potion avec quinze gouttes de laudanum.
Le troisième accès, toujours à type tierce, commence cinq heures plu.s tôt, sans {icrte de connaissance , mais avec des efforts de vomissements extrêmement douloureux , des déjections mucoso-sanguinolenles énormes , et il est accompagné de coliques atroces , qui se prolongent toute la nuit. Dans la matinée, Tapyrexie est complète; il n’y a point de soif; le ventre est encore un peu douloureux et les selles glaireuses. Sulfate de quinine, quatre grains; laudanum, quinze gouttes, dans un véhicule adoucissant, à prendre
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en quatre fois ; deux demi-lavements d’amidon avec vingt gouttes de laudanum dans chaque. L’accès manque.
Le lendemain, m:?me potion, et lavements d’amidon simples, pendant deux jours. Guérison rapide. ( Nepple , ouvrage cité.)
Colite tierce,
N° 262. M. B***, ingénieur des ponts et chaussées, d’une susceptibilité nerveuse singulière , et très disposé aux irritations de l’appareil digestif, fut pris, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1824, de coliques violentes avec ténesme très douloureux et déjection fréquente de matières muqueuses, glaireuses, sanguinolentes. Ces symptômes continuant le 17 au malin , on appliqua quinze sangsues à l’anus, elle malade fut mis à la diète ainsi qu’à l’usage d’une boisson gommeuse. Vers midi, tous tes accidents avaient cessé. Le 18 , état naturel ; le malade se crut guéri , et prit le soir un potage Dans la nuit , du 18 au 19 , M. B*** fut encore réveillé par de violentes tranchées , accompagnées d’épreintes très douloureuses, de déjections muqueuses, sanguinolentes, et de chaleur brûlante à l’anus; le pouls était légèrement fébrile, la langue naturelle. Le retour des accidents fut attribué au polage pris imprudemment la veille. On appliqua vingt sangsues au fondement , et on recommanda une diète absolue Tous les symptômes disparurent dans l’après-midi , et la nuit du 19 au 20 fut excellente , de même que la journée du 20. Cependant , malgré l’abstinence la plus rigoureuse , la nuit du 20 au 21 vil re|)araîlre les mêmes accidents. Alors je reconnus une colite tierce. Les douleurs étant très vives sur le trajet du colon transverse , je fis encore poser quinze sangsues sur celte partie. L’accès suivant manqua complètement, et la convalescence fut rapide. (Dufaud, journal cité. )
Colite fébrile avec type tierce.
No 263. Mademoiselle âgée de vingt-quatre ans, vint me consulter, au commencement de septembre 1818 , pour une fièvre tierce parfois irrégulière, dont elle était attaquée depuis un an. Pendant la pyrexie, elle éprouvait des coliques très vives et une soif inextinguible, précédées de frissons dans l’épine dorsale ; quelques selles très liquides terminaient l’accès ; puis , pendant une heure , elle conservait de la chaleur à la peau et un malaise général. Dans les intermissions , celle chaleur el la soif suivaienl de prés l’ingestion des aliments, et la diarrhée survenait quatre heures après le repas. Il n’y avait alors aucune douleur, ni changement notable dans le pouls, seulement la malade éprouvait des lassitudes dans les membres et de rabattement. La malade me dit avoir été atteinte , quinze mois auparavant, d’une fièvre bilieuse putride, contre laquelle on dirigea une foule de médicaments échauffants; sa convalescence avait été longue el im[)arfaile, et une diarrhée, avec des douleurs de coliques, avait été le prélude des accès fébriles. Depuis cette époque, elle avait pris vainement tous les fébrifuges et les antidiarrhéiques connus; elle était presque dans le marasme.
Ayant examiné plusieurs accès de celle fièvre intermittente, je pensai qu’elle pouvait être rattachée à l’inflammation chronique de l’iléon , et particuliérement à celle du colon, que le quinquina, dirigé contre la fièvre sympathique, avait, sinon accrue, au moins entretenue. J’insistai sur la diète absolue; elle fut gardée pendant six jours. La malade ne prit que de beau de gomme arabique et des potions gommeuses aromatisées avec le sirop de fleurs d’oranger, puis des lavements émollients el anodins. J’cijoutai aux potions, durant les premiers jours seulement, quelques gouttes de laudanum liquide de Sydenham. La fièvre ne revint pas; la malade n’éprouva point de coliques ; elle sentit ses forces augmenter; l’appétit se manifesta. Je permi*
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deux potages qui fatiguèrent un peu la malade et ramenèrent des cnli(|ues sourdes ; je la lins i)endant huit jours au lait de vache et à la décoction blanche. Au bout de ce temps, elle se trouva parfaitement bien; la fièvre, les coliques et la diarrhée ne reparurent plus. Elle a repris graduellement sa nourriture ordinaire, en ayant soin de s’abstenir des stimulants. La malade n’a plus éprouvé aucune indisposition, et a recouvré son embonpoint et toutes ses forces. ( Dcsruelles , Journal universel de méd., t. xv. )
Dysenterie rémiltcnle quarte. (Quartana remittens cum gravi
diarrhæâ et vomitu.)
No 264. Un forgeron âgé de trente six ans fut atteint, le jour de la fête de tous les Saints , d’une fièvre qu’on regarda d’abord comme une fièvre putride continue, et que je reconnus cire une rémittente quarte, lorsque j’eus vu le malade cl que j’eus appris l’histoire de sa maladie On lui avait déjà administré des vomitifs et des purgatifs qui l’avaient un peu soulagé; mais, le 17 novembre 1760, ayant beaucoup mangé à son dîner de la chair de porc et d’autres aliments de difficile digestion , il ressentit vers le soir des frissons, des douleurs vagues, et un sentiment de pesanteur dans le ventre, des -anxiétés , des nausées. Le lendemain malin , le barbier du lieu lui donna des pilules drastiques, qui non seulement le firent beaucoup évacuer ce jour-là , mais encore le lendemain. Le malade était plongé dans une grande prostration de forces, sans appétit , avec une soif très vive, une toux fréquente , une grande chaleur, et une fièvre assez marquée. Le 20 novembre, vers le soir, un léger frisson se manifesta de nouveau avec une anxiété très grande; quelques vomissements bilieux se manifestèrent et furent suivis de plusieurs selles, de toux ; et tous les symptômes indiqués se montrèrent avec beaucoup plus de violence. On me fit appeler le jour suivant : le pouls était fréquent, faible; la respiration courte, pénible; la toux sèche; les forces étaient tellement anéanties , que le malade pouvait à peine se tourner; il avait une violente diarrhée , semblable à celle qu’on appelait autrefois hépatique ; les tempes étaient affaissées , la face livide , l’air souffrant ; il y avait une sueur abondante et presque continuelle. Le malade se plaignait de douleurs si violentes dans le tube intestinal , qu’il lui semblait ulcéré. Dés que j’eus appris tous les détails de sa maladie , je soupçonnai avec raison qu’il s’agissait d’une fièvre quarte cachée sous la forme d’une diarrhée, que l’emploi des pilules drastiques avait irritée et rendue colliquative.
N’ayant pu voir les urines du malade, et n'étant pas assez assuré de mon diagnostic, je différai l’emploi du quinquina; mais j’administrai, pour modérer des symptômes aussi violents, plusieurs remèdes émollients, délayants, huileux et calmants, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur, jusqu’à ce que tous mes doutes fussent dissipés par l’accès suivant et par l’examen des urines. Tous les symptômes furent très modérés pendant les deux jours qui suivirent l’accès dont il s’agit. Le 24 novembre, nouvelle exacerbation très violente; l’urine déposa un sédiment briqueté. Comme les forces du malade étaient entièrement épuisées et insuffisantes pour qu il supportât plus long-temps sa maladie; comme tout son corps était dans un état de marasme , et que la peau tenait à peine aux os, je lui prescrivis le quinquina dans un électuaire avec le sirop diacode; je lui prescrivis en même temps des remèdes émollients, adoucissants et fortifiants, dont il devait continuer l’usage pendant les deux jours intercalaires. Mais comme le malade ne voulut prendre du quinquina sous aucune forme , il survint un autre accès qui lui fit courir un très grand danger, malgré les soins palliatifs qu on lui opposa. Dans la crainte de périr, le malade se décida dés lors à prendre lix gros de quinquina; l’accès suivant fut beaucoup moins intense; il n’j
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eut aucun vomissement , mais seulement des évacuations alvines; la clialeur, la soif, l’anxiété, la sueur, furent modérées. Par l’usage répété du quinquina, les évacuations alvines devinrent naturelles; il ne resta qu’un peu de fièvre, de toux, une grande faiblesse et une maigreur extrême. On cessa l’administration du quinquina; et à l’aide des remèdes délayants,, huileux, adoucissants; par l’usage du lait, des aliments de facile diges.tion , etc., le malade fut rétabli compiélcment en quelques semaines. ( Laulter , //ist. med. bienn., casus 21.)
Choléra avec type octane. (Febris intermiltcns vcluti choiera.)
No 265. Durant le mois de juillet 1753 une femme, âgée de quarantequatre ans , était attaquée léguliéremcnt tous les huit jours d’un vomissement et de déjections alvines qui la tourmentaient beaucoup. Elle éprouvait en même tcmjjs une grande chaleur, une soif vive; sa langue était sèche, noirâtre ; il y avait tintement d’oreille et de fréquentes syncopes. On s’aperçut que les urines étaient troubles et laissaient déposer un sédiment hrfqueté , et qu’il y avait des sueurs abondantes , dont l’odeur était analogue à celle des individus attaqués de fièvre intermittente. Etifin , selon le rapport de la malade, qui avait déjà eu la fièvre intermittente, elle se setOait dans le même état que lorsqu’elle avait cette fièvre. Pour toutes ces rai.<ons , je lui administrai le quinquina qui arrêta et les vomissements et les évacuations alvines, et à l’aide duquel la malade ne tarda point à être enlicrement rétablie. (.Strach, Observ. méd. defebr. intermilt , obs. 48.)
L’auteur de cette observation parle encore d’une affection tout-à-fait semblable qui eut lieu chez une autre femme, et qui guérit de même par l’emploi du quinquina.
Gastro-entérite intermittente avec type quindécimane , duodécimane , décimane , octane , et enfin quintane qu'elle a conservé assez long-temps.
No 266. F. Monneau, aubergiste et grand buveur, d’un tempérament sanguin, fort et robuste, avait eu , depuis deux ans, une fièvre dite /enfe-nerl'cuse qui s’était prolongée au delà du quarantième jour , et qui lui avait laissé, dans la région lombaire gauche, une douleur permanente qui le faisait beaucoup souffrir. Cette douleur fut si modérée dans le principe , que Monneau négligea toute espèce de remèdes; pendant deux ou trois mois, elle avait à peine augmenté d’intensüé , mais elle so renouvelait plus souvent, J,e fus consulté dans le mois de germinal an ix : je prescrivis des bains domestiques, quelques lavements, et je défendis expressément les boissons spiritueuses. Ces remèdes eurent tout le succès qu’on pouvait en attendre ; mais, peu docile à mes conseils, le malade continua de s’adonner au vin, et, malgré la grande quantité de remèdes et les fréquents émétiques dont il fit usage d’après le conseil de plusieurs personnes, il n’éprouva point de soula^ gement. Vers l’automne et au commencement de l’hiver, les douleurs qu’it éprouvait dans l’abdomen commencèrent à devenir périodiques; elles furent d’abord régulièrement plus intenses tous les quinze jours, après tous les douze jours, ensuite tous les dix jours, puis tous les huit, et enfin tous les quatre jours. Les accès devinrent alors plus longs et plus violents; le malade commença à maigrir, et n’éprouva plus aucun soulagement des remèdes qu’on lui faisait prendre. L’accès s’annonçait ordinairement vers le soir par des bouffées de chaleur et des douleurs qui semblaient partir de la région des reins , et se répandaient ensuite dans toute la capacité abdominale. Le ventre était dur et tendu ; il devenait peu à peu si douloureux, que le malade
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ne pouvait plus supporter le moindre attouchement, pas mt'me le contact des couvertures ; les pieds, les mains , le nez, les oreilles , devenaient extrêmement froids; des angoisses inexprimables accompagnaient ces symptômes. Les urines élaienl rares, et il y avait constipation; les nausées suivaient de prés avec des rapi)orts inconïmodes; le malade faisait des efforts considérables pour vomir; il vomissait enfin tantôt les aliments qn’il avait pris, tantôt ses boissons , tantôt des matières glaireuses. A ces symptômes succédait quelque rémission, puis une chaleur générale. Le ventre perdait insensiblement sa dureté; les douleurs diminuaient peu à peu pour disparaître entièrement, excepté la douleur lombaire, qui persistait pendant l’intervalle des accès; la durée de ceux-ci ne se prolongeait jamais au-delà de vingt-quatre heures. Chaque fonction reprenait alors son activité naturelle. Pendant les mois de brumaire, frimaire, nivôse et pluviôse , les accès continuèrent à se répéter régulièrement tous les quatre jours, quelquefois tous les cinq jours, avec tous les symptômes indiqués. L’intensité de ces symptômes allait toujours en augmentant. Durant les intervalles lucides , la digestion et les autres fonctions naturelles se faisaient assez bien , mais le malade ne pouvait plus \aquer à ses affaires. Le visage, et surtout la conjonctive , étaient jaunes, comme dans l’idére ; toute l’habitude du corps dépérissait à vue d’œil. Moiineau n’attendait plus que la mort pour terminer ses douleurs.
Pour opérer la diversion de ces douleurs, je fis appliquer au gras des jambes, au moment même de l’accès , deux larges vésicatoires ; toutes les quatre heures un lavement émollient avec addition de trente gouttes de laudanum fut admini>tré.Je prescrivis trois bols faits avec six grains d’assa-fœtida, deux grains de camphre , et un grain de nitrate de potasse. Le malade buvait alternativement de l’eau de veau et une décoction de valériane , où l'on faisait infuser des Heurs de tilleul : des fomentations tiédes sur le ventre, toutes les deux heures , complétaient le traitement. A l’aide de ces divers moyens, l’accès du premierjour ne dura pas plus de trois ou quatre heures. Il se renouvela le second jour contre son usage, mais avec moins d’inlensilé. Le troisième jour, la colique fut à peine sensible ; et le quatriémejour, l’accès ne parut point. O i continua les mêmes remèdes, et le malade s’est parfaitement rétabli. Il ne lui resta qu’une légère douleur dans la région lombaire gauche. (Uouzel , Journal général de médecine , tom. xvi.)
Dans les exemples de gastrites, gastro-entérites, et gastrohépatites rémittentes et intermittentes, quotidienne, tierce, double tierce, quarte et octane, observés par Morton, Torti, Lautter, Strack et Stoll , plusieurs renferment des détails suffisants pour les caractériser. Ces praticiens en ont fait des fièvres intermittentes larvées ou pernicieuses cardiaque , cholérique, hépatique y cardialgique , parce qu’au milieu des symptômes inflammatoires de l’estomac, du foie et de tout le canal digestif, qu’ils ont reconnus et décrits, ils s’en sont laissé imposer par les retours ou les exacerbations périodiques de ces symptômes ; cette périodicité , jointe à la fièvre de même type, leur guérison par le quinquina , tout leur a fait penser qu’il s agissait d une véritable fièvre intermittente, qu’ils ont appelée larvée ou dégui-
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$ée, parce qu’ils ont cru que cette fièvre se cacliait sous l’apparence d’une phlegmasie que tous ont reconnue, comme on peut en juger par le titre même de leurs observations : fehris tertiana colicam ventriculi simulans ; febris remittens sub larvâ lienteriŒy colicæ et vomitioni delitescens ; quotidiana diarrhœam tormino am y aut cholcram-morbum simulans; fehris intermitiens spasmos lumborum et abdominis , et dolores partûs simulans, etc.
Les exemples de fièvres intermittentes cholériques rapportés par Morton , Lautter et Strack, sous les n“* 227, 240 et 265 , ne nous indiquent-ils pas de véritables choléras périodiques , puisque, durant chaque accès, la violence des douleurs et l’abondance des évacuations par le haut et par le bas étaient telles, dit Morton, que la vie du malade lui paraissait en grand danger; ces évacuations , dit Lautter, étaient accompagnées de douleurs cruelles ressenties dans l’estomac et les intestins. Ces praticiens s’empressèrent de modérer la violence des accès par des boissons adoucissantes , par des fomentations et des cataplasmes émollients sur le ventre ; l’accès passé et le calme étant revenu, ils administrèrent promptement le quinquina pour en prévenir de nouveaux. Etmuller a également observé de véritables choléras-morbus intermittents. Il a dit positivement que le choléra présentait quelquefois le type tierce , periodum observât tertianariuïïi. Aussi lui a-t-on reproché (1) d’avoir confondu le choléra-morbus avec la fièvre tierce cholérique î Ce reproche fait honneur à Etmuller, et nous apprend que tous les médecins anciens ne s’en sont pas laissé imposer au même point par l’intermittence ou la périodicité.
L’observation deTorti, sous le n® 241 , nous présente une fièvre dont les accès sont caractérisés par des douleurs si violentes dans la région épigastrique qu’il semble à la malade que son estomac est rongé par des chiens, puis par des vomissements considérables, par la fréquence et la petitesse du pouls, quelquefois par la mutité, la défaillance, etc. Quelle fièvre essentielle peut être assez pernicieuse pour développer de tels symptômes, pour ronger r estomac, sans avoir son siège dans l’estomac? Comment cette prétendue fièvre essentielle, d’abord chassée par le quinquina , est-elle si facilement rappelée par l’intempérance ou par un remède irritant quelconque ?
(t) Alibert , Traité de$ Fièvres intermittentes pernicieuses.
Les accès de la fièvre , sous le n® 259, sont remarquables par la petitesse du pouls, les sueurs froides, les hoquets, la cardiaîgie , des douleurs de ventre cruelles , des déjections noires et mêlées de sang, une langue sèche, une soif inextinguible et une grande agitation. Ces symptômes, d’abord affaiblis par l’usage du quinquina, à cause de leur périodicité, se terminent ensuite par une inflammation développée à la marge de l’anus. Cette inflammation, en remplaçant par une espèce de mouvement critique la fièvre pernicieuse intermittente , ne semble-t-elle pas indiquer la nature de cette fièvre ou de l'affection fébrile et périodique des organes digestifs?
Les symptômes décrits par Lautter sous le n° 228 , surtout la douleur dans la région épigastrique , et parfois une sensibilité telle sur tout l’abdomen que le malade ne peut supporter la plus légère pression, et qu’il lui semblait que les intestins étaient ulcérés ; l’anxiété, la soif, la diarrhée, etc. ; l’augmentation considérable de tous ces symptômes par l’emploi des évacuants et même par l’usage du quinquina, attendu qu’il n’y a^ ait pas d’intermission sensible , mais seulement une légère rémission entre les accès; le retour et l’augmentation de ces mêmes symptômes par une erreur dans le régime; tout n’indique-t-il pas une irritation inflammatoire très vive du canal digestif?
Dans les faits rapportés par Stoll et Johnson, sous les n°* 230, 231 , les symptômes observés pendant la vie^des malades , les lésions organiques trouvées après leur mort , ne laissent aucun doute sur la nature inflammatoire et le siège dans les organes digestifs des affections rémittentes fébriles tierce et quotidienne dont il s’agit. Ce qu’il y a de plus frappant et de plus instructif dans ces faits, c’est, chez la petite fille, le peu d’intensité et l’apparence bénigne de la fièvre intermittente pendant plusieurs semaines ; c’est surtout le mauvais choix des premiers remèdes employés , et l’inconcevable sécurité ou insouciance qui a laissé augmenter le mal sans lui opposer aucun moyen convenable. Comment Stoll lui même, lorsqu’il fut appelé en consultation pour traiter cette enfant, est-il resté dans l’expectative devant une affection si grave et si aiguë? Au moment où ce praticien la vit pour la première fois , elle poussait des cris continuels par suite de douleurs abdominales; elle était dans une agitation extrême, le pouls d’une vitesse étonnante , la peau d’une chaleur àcre et mordicante , etc. Nul doute que ce ne soit le type inter-
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miltent que présenta d’abord cette maladie, puis ces malheureuses pétéchies (symptôme de putridité) observées à la surface des membres inférieurs , qui en ont imposé au célèbre praticien de Vienne , et l’ont empêché d’avoir recours aux moyens antiphlogistiques très énergiques qui auraient pu seuls modérer ou arrêter des symptômes inflammatoires si violents. Ces moyens étaient d’autant mieux indiqués que celte enfant avait eu des selles sanguinolentes avant d’être en proie à ces douleurs si cruelles dans tout le canal digestif et qui se prolongèrent jusqu’à sa mort. Ce que l’autopsie offre de plus remarquable , c’est cette similitude des lésions organiques observées à l’extérieur et à l’intérieur par suite de l’extension à la surface cutanée des pétéchies qui avaient envahi toute la muqueuse gastro-intestinale, puis cette propagation de la phlegmasie intestinale aux glandes du mésentère qu’on trouva très volumineuses et d’un rouge noirâtre ; ce sont là deux faits bien dignes d’attention et qui confirment deux vérités physiologico-pathologiqucs très importantes , savoir : 1^ la grande irritabilité du système lymphatico-ganglionnaire chez les enfants en général, et qui est cause que, chez eux, une inflammation ne se prolonge jamais longtemps sur la muqueuse intestinale sans qu’il ne survienne un engorgement subinflammatoire plus ou moins considérable dans les glandes correspondantes du mésentère ; 2° combien est préjudiciable aux malades l’erreur encore trop répandue qui porte à considérer comme un signe de faiblesse et de putridité, diverses pétéchies, éruptions ou inflammations cutanées, qui ne sont le plus souvent qu’une répétition à l’extérieur du corps de ce qui se passe dans les viscères digestifs, et un indice certain de gastro-entérite plus ou moins avancée dans sa marche , et qu’il est urgent d’attaquer par les moyens antiphlogistiques locaux et généraux , mais surtout locaux, par les applications réitérées de sangsues, et par tous les révulsifs les plus énergiques.
L’observation de Johnson est également remarquable , non pas seulement parla nullité du traitement comme la précédente, mais par la trop funeste réalité des moyens intempestifs et nuisibles qui ont été employés : car peut-on douter que la propagation rapide au foie de l’inflammation de la muqueuse digestive n’ait été occasionnée par l’émétique si imprudemment administré dans cette circonstance? Peut-on douter encore que l’ingestion contre-indiquée du quinquina n’ait provoqué ou exaspéré ces
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vomissements fréquemment répétés et si opiniâtres, qu’ils ont duré pour ainsi dire jusqu’au dernier soupir du malade?
L’affection décrite sous le n® 23G, ne laisse aucun doute sur son siège et sa nature , puisqu’il s'agit d’un homme de vingt-cinq ans dont les redoublements fébriles sont caractérisés par les symptômes suivants : céphalalgie sus-orbitaire, langue rouge et sèche, épigastre douloureux , urines et déjections alvines rares et brûlantes , nausées , efforts de vomissement, crachats bilieux, fièvre ‘ violente avec exacerbation quotidienne. Deux saignées et une application de sangsues à f épigastre , la dièt les boissons délayantes, etc., dissipent en grande partie les symptômes inflammatoires. La fièvre gastro-entérique , de continue et rémittente qu’elle fut d’abord , monte au type intermittent. Quatre accès quotidiens s’établissent successivement; comme la muqueuse digestive paraît encore très irritable, même pendant fintermission , on administre le quinquina en lavement; son efficacité n’en fut pas moins complète, et la guérison rapide. Dans cette observation, tous les préceptes de la doctrine physiologique n’ont-ils pas été suivis avec le plus grand succès ?
Il en est de même de l’observation sous le n® 234, dans laquelle M. Dufau ne s’en laissa point imposer par les symptômes et les accès quotidiens de la fièvre gastrique 5 il sut reconnaître dans ■ la rougeur de la langue , la céphalalgie, la soif vive, la chaleur et la sécheresse de la peau , dans la dureté du pouls et la sensibilité de la région épigastrique, une inflammation de f estomac sujette à des exacerbations périodiques et fébriles, qu’il voulut combattre par un traitement antiphlogistique assez actif; mais le malade n’ayant point jugé à propos de suivre fordonnance , et de se faire appliquer vingt sangsues prescrites sur la région épigastrique, ayant au contraire profité de l’appétit amené par une intermission assez complète, et s’étant administré une soupe aux haricots et au lard, f accès suivant fut pernicieux, c’est-àdire que f influence sympathique de l’estomac irrité sur le cerveau , qui s’était jusqu’alors bornée à produire la céphalalgie, cette fois devint si intense qu’il en résulta un état comateux , avec pâleur et altération de la figure, roideur et état glacial des membres , etc. ; la langue était devenue si rouge qu’elle en était saignante, f épigastre chaud et tendu, le pouls insensible. Malgré des symptômes si pernicieux, on se hâta, non d’administrer le quinquina , mais d’appliquer trente sangsues sur festomac , en
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môme temps qu’on eut recours aux révulsifs les plus prompts et les plus énergiques sur les pieds et les membres glacés pour y rappeler le sang, et enrayer le mouvement fluxionnaire qui l’entramait violemment sur l’estomac, et sympathiquement du côté du cerveau. L’accès fut long et dangereux pour la vie du malade;, cependant le sang ayant coulé avec abondance par la piqûre des, sangsues, et les symptômes inflammatoires ayant été convenablement amendés , on profita de la première intermittence pour administrer dix-huit grains de sulfate de quinine. L’accès suivant fut réduit à des symptômes fébriles et gastriques assez légers , ou, comme diraient quelques médecins , à un accès de fièvre intermittente simple, et ce fut le dernier.
La cause, les symptômes décrits sous le n - 246 , la marche de la maladie, etc., indiquent évidemment une gastrite intermit^ tente : il s’agit d’une femme qui , après l’ingestion d’aliments de mauvaise qualité, éprouve des frissons , le refroidissement des extrémités, des picotements dans les membres, de la chaleur dans la région épigastrique, des envies de \omir, de fortes doubleurs d’estomac , etc. Ces symptômes se répètent de deux jours l’un, avec plus ou moins d’intensité; on modère les accès delà maladie parle traitement antiphlogistique, et le quinquina ea prévient le retour. Peut-on, à cause du retour par accès de cette phlegmasie ou des exacerbations périodiques de la fièvre qui l’accompagne, et de la guérison achevée par le quinquina, peuton raisonnablement en faire une fièvre larvée ou une fièvre pernicieuse gastralgique essentielle ?
On ^ oit dans l’observation sous le n« 254, que M. de Kergaradec reconnut d’abord une inflammation de l’estomac qu’il traita par les sangsues et les autres moyens antiphlogistiques. Le retour des phénomèmes morbides à des jours et à des heures fixes , le peu de succès des antiphlogistiques seuls , pour en prévenir le retour, ont porté ce praticien à changer de diagnostic et à soupçonner l’existence d’ une intermittente essentielle, larvée ou déguisée sous la forme d'une autre maladie, c’est-à-dire d’une gastrite. Pour tout médecin physiologiste qui ne peut croire à un pareil déguisement, la maladie apparente sera prise pour la maladie réelle , quelle que soit d’ailleurs sa marche continue ou intermittente , quelle soit fébrile ou non fébrile. Ainsi donc les motifs qui ont porté M. de Kergaradec à changer de diagnostic^ c’est-à-dire la périodicité de la gastrite et l’eFfctcité du quin^
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quina pour sa guérison, n’ont pas d’autre fondement, seli n nous, que la croyance et le préjugé qui portaient les anciens médecins à regarder toute maladie intermittente comme une fièvre d’accès déguisée.
Celte croyance et ce préjugé n’ont point été partagés par M. Bonnet, et l’on voit sous le n" 244 avec quel bonheur ce praticien, ensuivant les principes de la doctrine physiologique, se tira d’un cas très difficile, et qui , en d’autres mains, fût peut-être devenu promptement mortel; il s’agit d’un jeune homme, sanguin et nerveux , dont les accès de fièvre reviennent de deux jours l’un , sans présenter d’abord rien de grave. Les phénomènes nerveux et inflammatoires vont en augmentant par l’exagération des symptômes de la fièvre intermittente la plus simple, comme dit M. Maillot, et bientôt l’accès fébrile est accompagné d’évacuations fatigantes par le haut et par le bas, d’une céphalalgie affreuse, d’une douleur déchirante au creux de l’estomac, etc.; on aurait pu caractériser cet accès de pernicieux céphalalgique ou cardialgique ; cependant M. Bonnet l’attaqua par une application de vingt sangsues à l’épigastre et dix aux apophyses mastoïdes. Diète et limonade. Le lendemain la fièvre passe de la rémittence à une intermittence complète; il n’y a plus ni fièvre, ni céphalalgie, ni cardialgie. On s’empresse d’administrer dix grains de sulfate de quinine dans une potion gommeuse, et l’accès, qui ne devait venir que le lendemain , arrive dans la journée même ; nouvelle application de sangsues derrière les oreilles et sur l’épigastre, ce qui n’empêche pas l’accès d’être assez long et de présenter tous les symptômes indiqués; de légers maux d’estomac persistent même après la fin de l’accès, qui revient encore aux mêmes heures le jour suivant. Cette fois, plus d’évacuations sanguines, mais on eut garde d’administrer le sulfate de quinine par la voie de l’estomac, on le donna en lavements, et le malade fut guéri sans retour d’une irritation inflammatoire périodique et fébrile de la muqueuse digestive qu’on eût pu caractériser d’abord de fièvre intermittente sùnple , puis de fièvre pernicieuse, céphalalgique , gaslro-entérique , cholérique ou cardialgique. M. Bonnet triompha de cet état pernicieux par les applications réitérées de sangsues et l'emploi méthodique du sulfate de quinine. Peut-être eût -il réussi de la même manière dans le fait suivant s’il eût employé les mêmes moyens, puisqu’il s’agit également d’un jeune homme de vingt ans, qui avait eu cinq accès d’une fièvre tierce bénigne,
PHLEGM ASIES INTERMITTENTES
lorsqu’il en éprouva un extrêmement violent, et qui présenta du côté de la tête et de l’estomac les mêmes pliénomènes d’exagération ou d’inflammation que le cas précédent. Mais , je ne sais par quelle fatalité, M. Bonnet, qui manie ordinairement si bien les moyens antiphlogistiques, ici n’eut recours à aucune évacuation sanguine, ni locale, ni générale; l’apyrexie ne devint pas complète, la région épigastrique, comme dans le cas précédent, resta douloureuse , et cependant on envoya dans l’estomac douze grains de sulfate de quinine. Qu’arriva-t-il dans cet organe, dont l’irriiation n'avait point été calmée et amendée par des applications de sangsues? L’autopsie nous l’apprendra , tà la fin du second accès qui suivit l’ingestion du sulfate de quinine; accès ejne ne pourra prévenir le même médicament administré plus tard en lavement. On trouva dans l’estomac deux larges plaques rouges, et sur les intestins plusieurs points remarquables par des taches semblables, et enfin quelques ulcérations près de la valvule iléo-cœcale. Quelle éloquente leçon clinique que celle qui nous est fournie par ces deux faits ! comme ils prouvent bien toute la difficulté de l’art médical, et combien il est parfois difficile d’établir tout de suite un bon diagnostic , d’agir en conséquence avec autant de promptitude que de vigueur, surtout dans les cas de congestions viscérales périodiques où la violence et l’acuité des désordres fonctionnels sont souvent portées au point que les ressorts de la vie en sont comme brisés en quelques instants î Et par qui nous est-elle donnée, cette éloquente leçon? par un praticien exercé , par un auteur qui avait si bien reconnu la nature et le siège de cette maladie, qu’il nous dit , à propos de ce fait et de beaucoup d’autres analogues consignés dans son ouvrage , que ce sont là incontestablement des exemples d’inflammations viscérales périodiques; et fussent-ils les seuls qu’on eut eu occasion de recueillir jusqu’ici , qu’on serait en droit d’en déduire à priori la possibilité de l’intermittence pour les phlegmasies internes. Vainement prétendrait-on, ajoute-t-il , que , dans les cas de ce genre , il y a seulement simulacre d’inflammation et non inflammation réelle : là où j’aperçois les signes d’une pleurésie , d’une fluxion de poitrine , d’une gastrite, etc., je dois nécessairement penser que ces états morbides existent. Les médecins qui prétendent que la phlegmasie n’est jamais intermittente, arguent de l’efficacité du quinquina dans les fièvres d’accès pour contester leur nature sihé-
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nique. Mais, outre que la fièvre intermittente peut avoir son siège ailleurs que dans les voies digestives, quand cette fièvre dépend d’une gastro-entérite et quelle est réellement intermittente, tout rentre dans l’état normal immédiatement après la terminaison de l’accès, et si l’écorce du Pérou, administrée pendant l’apyrexie , réussit, c’est qu’on la dépose sur une surface exempte d’irritation. »
L’examen des causes et des symptômes n’indique-t-il passons le n» 266 une inflammation chronique de la muqueuse digestive dont les exacerbations ont été prises, à cause de leur périodicité, pour une affection nerveuse? Il s’agit d’un aubergiste robuste, sanguin, grand buveur, qui, à la suite d’une autre fièvre (qualifiée aussi de l’épithète nerveuse ) , avait conservé une douleur qui se faisait sentir de temps à autre dans la région lombaire gauche. Cet homme, continuant de se livrer à des excès de vin, fut traité par force émétique ; les douleurs qu’il éprouvait dans l’abdomen devinrent plus intenses , prirent un caractère périodique avec un type long-temps variable , et finirent par revenir régulièrement tous les quatre jours. Durant l’accès , des bouffées de chaleur et des douleurs se répandaient dans tout l’abdomen , qui devenait dur , tendu , et bientôt si douloureux que le malade pouvait à peine supporter ses couvertures ; les extrémités devenaient froides; il y avait des nausées, des renvois incommodes , des vomissements , etc. Les moyens adoucissants , antispasmodiques , les boissons délayantes , etc. , amenèrent la guérison du malade , à qui il resta cependant une douleur dans les lombes. Peut-on voir dans cette observation une colique purement nerveuse? N’est-il pas reconnu aujourd’hui que le nombre de ces prétendues coliques nerveuses (1) est beaucoup plus rare qu’on ne le croyait autrefois? Il était peu surprenant que toutes les coliques fussent réputées nerveuses dans un temps où l’on plaçait aussi au rang des affections nerveuses , la diarrhée, la dysenterie , le chuléra-morbus , etc.
(1) Si c’était ici le lieu , nous pourrions faire voir combien les résultats de l’autopsie sont en opposition avec la théorie admise de ces prétendues coliques nerveuses : on trouve dans Bonet , dans les Actes des curieux de la nature, dans Morgagni , dans Lieutaud , eic., des exemples nombreux d’autopsie à la suite de semblables coliques dites nerveuses, et qui, presque toutes , démontrent des altérations bien marquées de la muqueuse des gros intestins, ou la présence d’un grand nombre de vers dans ces organes qui se trouvaient irrités, ulcérés, quelquefois perforés de part en part.
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
Dans l’observation sous le n» 255 , la phlegmasie intermittente auarte de l'estomac a été très bien reconnue par le médecin qui nous en a transmis l’bistoire , quoiqu’il l’ait traitée et guérie par des stimulants d’un ordre particulier, et qu’il n’ait point employé le nuinnuina. « Cette observation démontre , dit M. Deleau , que tous les excitants et toniques , sagement administrés et secondes par le régime , peuvent guérir comme le quinquina les mflammalions gastriques , périodiques ; elle fait voir aussi que ]e me suis très bien passé de vomitifs. Au surplus , a quelle epoque les nurais-ie cmplovés? est-ce pendant l’accès? mais je voyais tous les signes d’une inflammation ; est-ce pendant l’apyrexie? mais la langue était nettoyée, et il n’y avait plus de signes de ces sa-
Le diagnostic porté par les docteurs Burnier-Fontauel, Lesaje et Reis, dans les faits qu’ils ont observés sous les n^s 2a7, 2r8 et 251 prouve que ces médecins reconnurent très bien des gastro-entérites périodiques sous type tierce. En effet , dans le premier la cause et les symptômes indiquent manifestement 1 existence d’une gastrite intermittente qui passe au type continu en se communiquant au foie; dans le srcond fait, on voit les accès caractérisés par un pouls dur, serré, frequent, une peau seche et brûlante, une langue très rouge et comme boutonnée a son pourtour , un épigastre très douloureux à la moindre pression ; anorexie, nausées, vomissements; que faut-il de plus pour indiquer une iiastrite qui d’ailleurs cède uniquement aux antiphlogistiques et aux applications de sangsues? Dans le dernier fait, memes symptômes inflammatoires périodiques, réglés en tierce, puisou’ il y a des inlermissions complètes ; même succès par les saignées générales et surtout locales , par les applications de sangsues sur fa région épigastrique durant les accès ou les exacerbations mîlammatoires et fébriles des muqueuses gastrique et pulmonaire.
L’obsemation de M- Jolly, sous le n» 256, est aussi remarnuable par l’intensité, la’v iolence des symptômes inflammatoires et pernicieux, que parla régularité de leur retour sous le type quane et leur complète disparition dans finteryalle des accès. Le premier îour d’intermittence le malade n’éprouve plus qu un sentiment, de fatigue , de lassitude, et un peu de sensibilité à l’épigastre ; lei second , jour , il est si bien qu’il se lève prend un potage , et se dispose à sortir. Cependant lajcause et les symptômes de cette affection périodique ne semblent pas laisser de doute sur son-
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siège et sa nature. En effet , il s’agit d’un homme qui , par suite d’un dîner plus copieux qu’à l’ordinaire , est pris de malaise de frisson , de céphalalgie , de vomissements de matières alimentaires et bilieuses, suivis d’évacuations alvines fréquentes et douloureuses , puis de chaleur , de sueurs , etc. Après deux jours d’intermittence, un second accès est annoncé par le frisson et caractérisé par des vomissements et des évacuations ahines qui se succèdent avec une force et une fréquence extraordinaires • les selles deviennent bientôt sanguinolentes, et s’accompagnent de douleurs déchirantes à l’estomac et dans tout le trajet du canal intestinal; le malade éprouve des lipothymies fréquentes , et ne peut supporter la moindre pression à l’épigastre. Quel est le médecin non prévenu qui pourrait ici méconnaître une gastro-entérite périodique ? M. Jolly ne paraît pas en douter , puisqu’il fait appliquer des fomentations émollientes sur l’abdomen et des cataplasmes révulsifs aux extrémités inférieures; mais, prévenu par l’idée d’une fièvre pernicieuse cholérique, à cause de la périodicité des symptômes locaux et généraux de cette affection, ce praticien n’eutpoint recours à un traitement antiphlogistique énergique , surtout aux émissions sanguines locales , qui sans doute
auraient rendu l’administration du sulfate de quinine moins dangereuse, plus promptement efficace; etpeut-être le malade n’auraitil pas été exposé au retour plus rapproché d’un troisième accès, dont la longue durée et la violence inouïe menacèrent ses jours.
* Mêmes réflexions à l’égard des observations de choléra intermittent , sous les nos 252 et 253. La nature de la maladie ne fut pas méconnue par les médecins qui ont recueilli ces faits et qui ont reconnu en eux de vrais choléras; mais l’intermittence des phénomènes morbides fut si tranchée et si complète qu’ils n’eurent recours qu au sulfate de quinine pour en prévenir le retour et obtenir la guérison de leurs malades. Nous avons déjà vu précédemment des exemples de choléras périodiques ou de fièvresin-
termittentescholériques, observées par Morton, Lautîer et Strack,
qui, api ès avoir modéré la violence des douleurs gastro-intestinales par des boissons adoucissantes, par des fomcnt;.tions et des cataplasmes émollients, s’empressèrent aussi de les combattre ou d en prévenir le retour par l’administration du quinquina durant l’intermittence.
Le succès du quinquina, dans les cas dont on vient de parler^, et la ressemblance ou l’identité que présentent entre eux
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ie choléra - morbus ordinaire ou continu, et le choîéia inlermiucnt ou la fièvre pernicieuse cholérique , ont suggéré Vidée de combattre celui-là de la môme manière que celuici c'est-à dire par l’administration du quinquina. M. tester, dans un mémoire publié en 1831 dans la Hcme brilanniquc dit : « Le clioléra-morbus doit être attaqué comme un accès de fièvre pernicieuse ; mais , comme la violence de cette maladie ne permet pas d’intermittence , on ne peut attendre celte circonstance pour donner le quin(|uina ; il faut donc en faire usage avau l’atlaoue, et dès qu’il y a lieu de soupçonner que les causes qui produ'isent le choléra commencent à exercer leur influence, pour détruire la prédisposition organique à le contracter. » ^ ^
Ouand ou se rappelle le nombre des personnes qui ont ete victimes des fièvres intermittentes pernicieuses , soporeuse , convulsive , comateuse , etc. , dont nous avons parlé précédemment , on ne doute pas que l'enfant à grosse tête, au teint fleuri , dont il est question sous le n» 249 , n’eût succombé à la congestion inflammatoire périodique du canal digestif et du cerveau , si 1 on ne se fût empressé de lui opposer un traitement antiphlogistique très actif. Durant le premier accès, les’ sjmiptômes inflammatoires furent prédominants sur la muqueuse digestive ; au second accès, la con.-esiioii sanguine fut au contraire plus violente et ifliis prononcée du côté du cerveau, ou du moins les symptômes cérébraux lie laissèrent plus apercevoir les symptômes de la gastro-cnlerile , comme cela arrive toujours quand une violente irritation idiopathique ou sympathique vient troubler ou suspendre les fonctions du cerveau ; aussi le praticien qui avait observe avec attention lepetit malade , n’hésita-t-il point , malgré ce changement, a faire appliquer des sangsues sur la région épigastrique d ou était pai tie celte violente irradiation du côté de la tête ; un demi-bain d’eau tiède favorisa l’écoulement du sang et ne contribua pas peu à rappeler le calme , les sueurs et le sommeil. Le lendemain , la iournée fut excellente, l’apyrexie parfaite. I.e suilendcmain, nouvel accès auipiel ou oppose encore quelques moyens anti-
phloeisliques , et qu’on fait suivre immédiatement de ' administration du sulfate de quinine; une petite dose de ce medicame
suffit alors pour prévenir de nouveaux accès. ,
On peut faire ici une remarque d’autant ^
l’expérience en a plusieurs fois confirmé la vente; c es caché beaucoup plus grande , même à petites doses , du q tn-
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qilina ou du sulfate de quinine , quand on a affaibli convenablement les malades, et dissipé par des émissions sanguines locales l’irritabilité des organes digestifs, toujours très grande dans les circonstances dont il s’agit , même pendant rintermittence ou l’apyrexie. Les anciens avaient remarqué que l’usage de certains purgatifs, lorsqu’ils provoquaient d’abondantes évacuations al villes sans trop fatiguer l’estomac , était favorable à l’efficacité du quinquina. Était-ce en obtenant le même résultat que par les émissions sanguines , et en affaiblissant les malades , que les purgatifs étaient utiles dans les circonstances dont il s’agit? Était-ce en produisant sur les gros intestins une dérivation de l’irritation gastrique, ou bien en agissant comme de ^ éritables contre-stimulants, que les remèdes dont il s’agit rendaient l’ingestion du quinquina moins dangereuse et son efficacité plus certaine? Quoi qu’il en soit, il sera toujours plus prudent de donner la préférence aux moyens antiphlogistiques , parce qu’ils sont en général des contre-stimulants beaucoup plus sûrs, et parce qu’employés avec modération ils ont sur les purgatifs, ceux mêmes qu’on regarde comme les moins irritants, un incontestable avantage, celui de ne jamais nuire.
Alors même qu’on n’aurait point l’autopsie pour sc convaincre, de cette vérité , il serait impossible de ne pas reconnaître , dans l’observation sous le n® 235 , une gastro-entérite avec des exacerbations périodiques et fébriles sous type quotidien. Il semble que dans cette circonstance M. Nepple se soit oublié, ou n’ait point fait usage de cette sagacité qu’on lui reconnaît habituellement; aussi n’a-t-il point été aussi heureux que quand il suit franchement les principes de la doctrine physiologique. Ne penset-il pas aujourd’hui que l’évacuation de ce ver lombric et de cette bile a été payée trop cher par le surcroît d’irritation qui a du résulter de l’administration de l’émétique chez un homme qui a\ait une diarrhée sanguinolente a^ ec coliques , mal de tête et un léger mouvement fébrile? Aussi, deux jours après , le malade présentait-il de la soif, une langue sèche , les yeux fixes , le venlre douloureux, etc. L’inflammation de la muqueuse digestive étant reconnue, on se contenta de lui opposer quinze sangsues chez un homme dans la force de l’age, d’une bonne constitution , et dont le pouls était tantôt concentré, tantôt assez plc,n! Ces quinze sangsues donnent peu de sang , et l’on en reste là pour les émissions sanguines, malgré la persistance et meme l’intensité
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plus grande des symptômes gastro-entériques I Bien loin d’insister sur un traitement antiphlogistique très actif, on administre encore le sulfate de quinine par la voie de l’estomac , bien que -la langue soit sèche et brune, qu’il y ait soif et douleurs du ventre à la moindre pression. Qu’en résulte-t-il? un nouveau surcroît dans la violence et l’intensité des symptômes inflammatoires qui caractérisent le paroxysme suivant. On revient, mais trop tard, à l’application d’un nombre plus convenable de sangsues; cette dernière application ne fait peut-être que hâter la mort du malade, parce qu’il ne peut plus y avoir de réaction avantageuse, les ressources de l’économie ayant été épuisées par la persistance d’une phlegmasie étendue sur toute la longueur du canal digestif? k Dans les trois faits de gastro céphalites à exacerbations périodiques sous types quotidien et tierce , que nous rapportons sous les n"" 237, 238 et 250, l’autopsie ne laisse point de doute sur le siège et la nature des affections organiques qui ont fait périr les malades. Dans ces trois cas l’on voit une inflammation chronique et latente de la muqueuse digestive qui, prédisposant les malades à subir la modification de l’épidémie régnante, devient le point fixe ou le point de départ des exacerbations aiguës et périodiques sous formes d’accès fébriles plus ou moins simples , c’est-à-dire pendant lesquels les influences sympathiques delà gastro-entérite du côté du cœur, du cerveau, de la moelle épinière, etc., ne se manifestent d’abord que par le désordre du pouls, la céphalalgie, les frissons, la courbature, etc. Puis alimentée par la répétition seulement des exacerbations périodiques, ou par toute autre cause, comme le défaut de régime, ou l’ingestion intempestive du sulfate de quinine , la gastro entérite monte tout-à-coup ou arrive graduellement à un degré i d’intensité et d’acuité tel, quelle exerce sur les principaux viscères, et particulièrement sur les organes encéphaliques , les influences les plus funestes et les plus promptement mortelles, à cause de la texture délicate et de l’importance fonctionnelle de ces derniers organes. Voilà, en peu de mots, comment nous concevons l’enchaînement des lésions organiques et des désordres fonctionnels qui tuent les malades dans les cas dont il s’agit. M. Maillot n’est pas éloigné de concevoir les choses de la même manière, puisqu’il nous dit à l’occasion du n® 238 : « Il n’y a rien d’extraordinaire dans cette marche ; il est tout simple qu’en se succédant, les' accès deviennent de plus en plus graves... Ce 5
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sont des faits de cette nature qui doivent engager à considérer les fièvres intermittentes les plus bénignes, dans les épidémies, commepou\ant.en quelques instants, devenir pernicieuses, et se terminer par la mort. Cet accident est suffisamment expliqué ici par les altérations trouvées dans le cerveau et la moelle épi-, nrère. Comment, en effet, résister à ce raptus subit qui injecte si violemment l’axe cérébro-spinal? Comment réagir surtout avec ce ramollissement chronique de la membrane muqueuse de l’estomac? D’un autre coté , cette autopsie me paraît jeter un grand jour sur la manière dont se développent les gastro-entérites dans les fièvres intermittentes. Dans le début , l’affection du tube digestif est légère ; c’est une irritation d’une nuance faible ; le sang est contenu encore dans les dernières ramifications des vaisseaux ; à peine existe-t il, comme dans ce cas , un peu de rougeur pointillée ; mais il n’y a pas encore altération de tissu. Que de nouveaux accès se reproduisent alors , et bientôt chacun d’eux laissant de nouvelles traces, vous aurez l’altération anatomique de l’infiammation, combinaison du sang avec la trame de la membrane muqueuse, épaississement et ramollissement du tissu phlogosé. Dans les commencements d’une fièvre d’accès, le sulfate de quinine est déposé sur une membrane simplement congestionnée et non enflammée ; dès lors son action antipériodique peut largement se développer. Par le seul fait de la suppression des accès, le sang abandonne les petits vaisseaux où il avait été appelé par une irritation légère et momentanée, et bientôt tout rentre dans l’ordre. Gomme il n’y a pas eu altération de structure , le retour de la membrane digestive à son état normal, et comme tissu et comme agent des fonctions, doit être très prompt ; de là aussi la rapidité des convalescences, qu’il serait impossible de concevoir et d’expliquer si l’on rejetait cette manière de voir. » Certes M. Broussais lui-même n’analyserait pas d’une manière plus physiologique et plus rationnelle ce qui se passe dans le tube digestif par suite de la répétition des congestions ou des irritations inflammatoires périodiques qui constituent la plupart des accès de la fièvre intermittente ordinaire,! Nous demanderons seulement pourquoi M. Maillot, api ès avoir réuni un grand nombre de pareils faits et s’en être rendu compte de cette manière, intitule son livre: Traité des fièvres oiq des irritations intermittentes cérébrospinales? N aurait-il pas pu, avec beaucoup plus de raison, remplacer cette dernière ex-
PlILEGMASIES INTERMITTENTES
pression par celle de gastro-intestinales, puisqu’il nous fait voir dans presque toutes ses autopsies , des gastro-entérites plus anciennes, plus étendues, plus profondes, et qui ont manifestement devancé par leur existence les irritations cérébro-spinales? Celles-ci cependant, comme le remarque très bien M. Maillot, sont beaucoup plus faciles à se former ; elles peuvent s’établir d’un instant à l’autre et transformer un accès de fièvre bénigne en un accès de fièvre pernicieuse, comateuse, délirante, etc., lequel peut à son tour occasionner promptement la mort des malades.
^ La théorie des fièvres intermittentes simples et pernicieuses, ainsi établie et convenue, nous demanderons à M. Maillot comment il a pu, dans l’observation sous le n» 238, et chez un malade faisant abus de liqueurs alcooliques, chez qui la fièvre était devenue pernicieuse et dont la langue était gastritée, c’est-à-dire effilée et rouge, avec une soif vive, etc. ; comment, disons-nous, on put prescrire en même temps quarante sangsues à l’épigastre et vingt-quatre grains de sulfate de quinine par la voie de l’estomac î Le bon effet des sangsues ne fut il pas immédiatement détruit par l’ingestion du médicament? et même le surcroît d’irritation qu’occasionna ce dernier, ne fut-il pas cause de l’influence sympathique plus prononcée de la gastro entérite sur le cerveau dont le désordre fonctionnel devint bientôt le plus saillant? En prescrivant quarante sangsues sur le trajet des jugulaires, on fit une médecine purement symptomatique, tandis qu’on eontinua de stimuler l’estomac par la même dose de sulfate de cjuinine ; de là nouvelle réaction du côté du cerveau, de là VexpJosion subite d’un délire violent’, c’est-à-dire d’une nouvelle congestion cérébrale qui fut mortelle. Mêmes réflexions à l’égard du fait sous le n® 250. Sans doute M. Maillot nous opposera d’autres faits qui prouvent le succès d’une semblable médication; mais tous les succès possibles ne légitimeront point ce qu’il y a de trop hardi et de peu méthodique dans le traitement de ceux dont il s’agit, parce que le premier de tous les préceptes en médecine, c’est de ne jamais nuire, et de ne pas même s’y exposer quand on a d’autres voies que l’estomac pour l’ingestion des médicaments stimulants les mieux indiqués. Quoique, dans la plupart des accès de fièvre intermittente, la muqueuse digestive ne soit que congestionnée, comme le dit M. Maillot, encore faut-il que ^cette congestion sanguine ait le
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temps de se dissiper par une interniission convenable ; et si, par la répétition de quelques violents accès , la congestion passe à l’état inflammatoire, comme le dit encore l’auteur dont il s’agit, il faut bien y avoir égard si l’on ne veut s’exposer à faire beaucoup de mal par l’ingestion du sulfate de quinine. Après ces remarques , faites dans l’intérêt de la science , hàtons-nous de convenir qu’en général M. Maillot sait poursuivre avec autant de méthode que d’énergie, par les moyens antiphlogistiques locaux et généraux, toutes les congestions inflammatoires qui se présentent chez ses malades, sans trop s’inquiéter des phénomènes pernicieux et fébriles, quelque saillants qu’ils puissent être.
A peine si l’on peut croire qu’en 1822, et dans un grand hôpital de borne , on ait traité un malade comme l’a été celui du n» 232 [ Il fallait que le prestige de la fièvre pernicieuse, ou des paroxysmes périodiques essentiels, fut bien grand pour qu’on osât ainsi stimuler par les évacuants et le quinquina un homme chez qui les symptômes morbides les plus saillants étaient des douleurs d'estomac, des douleurs de ventre lancinantes , des vomissements continuels , une langue rouge , un pouls petit et fréquent , des évacuations alvines abondantes ou la constipation, des cris continuels, une douleur abilominale éveillée quelquefois par le simple poids des couvertures, etc. Et pourtant on n’a vu, chez ce malade , que la fièvre pernicieuse essentielle ! On n’a point réfléchi que, ce qu’il y avait en lui de vraiment pernicieux, c’était la gastro-entérite. Il paraît qu’on ne s’est pas même douté pendant la vie du malade de cette vaste inflammation que l’autopsie a fait voir dans l’estomac et les intestins; ou du moins si on Fa reconnue, toujours est-il certain qu’on n’a point osé l’attaquer par un traitement antiphlogistique , sans doute à cause de ces malheureux paroxysmes fébriles périodiques, qui ont fait croire à l’existence d’une fièvre intermittente essentielle , cachée sous les apparences d’une gastro-entérite! Mêmes réflexions à l’égard du fait consigné sous le n» 243, ci recueilli par M. Bailly. Ici du moins, si l’art n’a pas employé des moyens convenables pour guérir le malade , l’on ne peut pas prétexter la difficulté du diagnostic , puisqu’il s’agit d’un jeune homme de dix-neuf ans qui venait d’éprouver un refroidissement en entrant tout en sueur dans une grotte fraîche , et chez cjui la nature avait commencé le traitement par une épistaxis considérable. Malheureusement on ne sut voir en lui qu’une fièvre pernicieuse comateuse; et aussitôt que, revenu
PHLEGMASlES INTERMITTENTES
de son accès , il put ouvrir la bouche , on lui fit avaler une once et demie de quinquina, quoique l’estomac fût sensible à la pression. Le coma dut aller en augmentant ; mais comme le pouls était toujours fort , vibrant et plein , on lui fit appliquer huit sangsues aux oreilles la veille de sa mort. Il n’est pas besoin de dire que l’autopsie fit voir tous les organes digestifs et encéphaliques gorgés de sang. Enfin, dans l’observation sous le n» 233, recueillie à Rome par le même médecin, on conçoit difficilement cette persistance à administrer le quinquina par la voie de l’estomac, malgré la sensibilité et même la douleur de cet organe, qui le rejette chaque fois par le vomissement. Les rémissions qui survenaient chaque jour dans la matinée étaient-elles assez marquées pour qu’on fût autorisé à envoyer sur la muqueuse digestive des doses aussi énormes de quinquina en substance (une, deux, et jusqu’à trois onces à prendre pendant une seule nuit)? Mais ce qui est très facile à concevoir , c’est que les douleurs de l’estomac aient persisté; c’est quelles soient allées en augmentant jusqu’à la mort du malade. Une seule fois on a cédé à l’inspiration d’appliquer douze sangsues à l’épigastre , et c’est ce même soir-là qu’on n’a pas craint de remplir l’estomac du malade avec trois onces de quinquina! Ce médicamenta éié encore, et très heureusement, rejeté, comme on le pense bien; mais ne penset-on pas aussi qu’une telle prescription et de semblables efforts de vomissements aient été peu propres à favoriser le bon effet d’une mesquine et fort tardive application de sangsues? Quoi qu’il en soit, du 19 au 23 août, veille de la mort du malade, on lui a fait prendre , quoiqu’il éprouvât constamment une forte chaleur à l’intérieur, quoique sa langue fût rouge, l’épigastre toujours sensible et parfois très douloureux, le pouls petit et fréquent même dans l’intervalle des exacerbations fébriles, on lui a fait prendre en trois jours sept onces et demie de quinquina en suh-^ stance, sans parler des potions avec l’infusion de sureau, l’acétate d’ammoniaque , l’oxymel , etc. ! Peut-on s’étonner , après un semblable traitement , que l’autopsie ait fait voir les traces d’une violente inflammation qui ne s’étendait rien moins que du cardia à l’extrémité du rectum?
Sans doute c’est une tâche pénible que celle de rappeler des faits où l’art a été plutôt nuisible qu’utile. Ce n’estqu’animéd’un grand amour pour la science et l’humanité qu’on peut s’arrêter à analyser des fautes dont on n’est pas soi-même à l’abri. Mais combien
INlKRNESs
n’6st-il püs important pour chacun de nous d’enregistrer ces sortes de revers et de succès , afin de mettre à profit l’expcrience heureuse ou malheureuse des praticiens qui ont bien voulu en déposer le résultat dans les annales de la science; car c’est l’éjCole des faits qui sera toujours la plus frappante, la plus instructive et la plus profitable pour quiconque voudra éviter des fautes et arri\ er à des résultats plus heureux que ses devanciers, alors qu’il se trouvera placé dans des circonstances semblables ou plus ou moins difficiles.
Les observations de diarrhée ou de dysenterie sous types tierce et quarte , que nous avons puisées dans Morton , ïorti et autres, renferment assez de détails pour qu’on puisse les caractériser^ Dans tous ces faits , les accès périodiques ou les exacerbations intermittentes et fébriles de l’entérite ont été cause que ces pra-« ticiens ont cru voir en elles des fièvres intermittentes ou rémittentes, larvées f on pernicieuses diarrhéiques, atrabilaires ci dysentériques. Dans l’exemple de diarrhée observé par Morton, jsous type tierce , et qu’il appelle febris mtermitteîis , diarrhœam torminosam simulans , il est aisé de reconnaître que c’est 1° parce que le flux de ventre et les coliques reviennent périodiquement et parce que les urines sont briquetées , que ce praticien s’eu laisse imposer et croit à l’existence d’une fièvre intermittente cachée sous celte forme ; 2» parce que la malade avait eu auparavant une fièvre intermittente légitime qui , sous l’influence d'un mauvais régime , dégénéra en continue , et bientôt après parut transformée en une nouvelle inaladie. On conçoit que ce changement de type et cet appareil de symptômes nouveaux aient été attribués au génie si mobile de la fièvre. Cependant Morton ne reconnut pas moins que ces symptômes fâcheux avaient leur source dans le foyer vénéneux de la fièvre intermittente. Or , si l’on fait attention qu’il plaçait ce foyer dans les premières v oies, on conviendra que ce praticien semblait pressentir la théorie physiologique des fièvres intermittentes en général ; ce qui le prouve encore , c’est le traitement adoucissant ou antiphlogistique qu’il adopte constamment pendant la durée des accès. Dans le cas dont il s’agit, Morton eut recours aux mêmes moyens qu’il a coutume d’employer, dit-il , contre la vraie dysenterie. L’accès passé, il prescrivit le quinquina auquel il associa le laudanum , à cause de la grande irritabilité des voies digestives. Les accès diarrhéiques De revinrent pas ; mais la malade ayant cessé tout-à-coup 1 usage
PHLF.GMASIES INTERMITTENTES
du quinquina, fut attaquée d’une opbthalmie qui prétenta le meme type d intermittence que la diarrhée. Morton l’attaqua par les mêmes moyens, plus une saignée à la jugulaire. Cette apparition d’une nouvelle phlegmasie périodique, chez la même malade et sous l’influence de la même constitution atmosphérique, n’estelle pas une nouvelle preuve de la nature inflammatoire de l’affection qui l’avait précédée ?
On voit sous le n® 258 une diarrhée d’abord sans fièvre qui, par la négligence du malade , augmente d’intensité, dégénère en dysenterie et s’accompagne de fièvre. La dysenterie éprouve bientôt , tous les deux jours, des exacerbations périodiques ca- N'actérisées par la fièvre , une grande chaleur , une soif ^ive , un flux de ventre fréquent, de fortes coliques , etc. Croira-t-on avec Lautter que cette dysenterie masque une fièvre mtermittcnte essentielle? Peut-on dire qu’une fièvre est essentielle quand elle survient durant le cours d’une phlegmasie bien manifeste , et au moment où cette phlegmasie augmente d’intensité? Peut-on croire qu’elle constitue un être à part , sut generis , quand elle cesse avec la rémission de la phlegmasie et revient chaque fois qu’il se manifeste une nouvelle intensité ou une exacerbation de celleci , et quand enfin plusieurs symptômes de la gastro-entérite persistent seuls et sans fièvre ?
On ne peut lire attentivement l’observation sous le n° 260 , on ne peut réfléchir au mode de traitement qui a été employé et en suivre les effets depuis le commencement jusqu’à la fin de la maladie , sans reconnaître' une véritable phlegmasie continue de la muqueuse digestive, dont les exacerbations, parfois régulières, en ont imposé au point de faire croire à l’existence d’une fièvre intermittente pernicieuse. Cependant l’auteur de ce fait, dans les réflexions qui l'accompagnent, convient naïvement, et chacun en conviendra volontiers avec lui , quil est très probable que VaffeC’ tion dysentérique était la cause déterminante de la fièvre pernicieuse ! Mais ce dont aucun médecin ne conviendrait aujourd’hui, c’est de la nécessité d’employer le quinquina, quand on craint comme l’auteur qu’il n’exaspère l’affection dysentérique , c’est de la nécessité, pour faire supporter ce médicament, de lui associer le camphre et la liqueur d’Hoffmann ! c’est d’insister sur ces médicaments, bien que l’estomac les rejette sans cesse, et malgré l’exaspération des douleurs abdominales ! c’est de pres- <jrire encore des moyens laxatifs , huileux , antispasmodiques ,
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surtout le camphre combiné avec le nitre î puis les cordiaux , la thériaque , le vin que la malade ne pouvait , dit-on , supporter ! Quand aux redoublements fébriles se joignit le hoquet , on donna le camphre à hantes doses! les selles fétides et sanguinolentes, ainsi que les douleurs du ventre , persistèrent jusqu’à la mort. Cette observation n’offre-t-elle pas un contraste remarquable avec celles où l’on a sui\i les préceptes de la doctrine physiologique?
• Je ferai remarquer , dit M. Dufau relativement à l’observation sous le n° 262 , lo que la maladie de M. B*** se développa à une époque où la dysenterie régnait dans notre ville; 2^ quelle s’accompagna de symptômes cjui ne peuvent évidemment se rapporter qu’à la phlegmasie de la membrane muqueuse des gros intestins; 3® qu’elle fut guérie sous l’influence du traitement reconnu le plus efficace contre la dysenterie. Je suis donc fondé à soutenir qu’elle îi’a pas différé de la dysenterie ordinaire. Or , comme elle a bien évidemment affecté dans sa marche le type intermittent tierce , je suis autorisé à la présenter comme un exemple bien constant de colite intermittente. »
f-, Le même diagnostic, porté par le docteur Dcsruelles dans l’observation de colite fébrile tierce , sous le n° 233 , laisse-t-il le moindre doute sur son exactitude? Il s’agit d’une femme qui n’est point entièrement rétablie d’une fièvre bilieuse-putride , traitée par une foule de remèdes échauffants , et à qui il survient de la diarrhée , des coliques , ensuite de la fièvre dont les accès sont caractérisés par des coliques plus fortes , des frissons , une soif inextinguible , plusieurs selles très liquides, etc. Un traitement intempestif conduit la malade au marasm.e ; puis elle guérit par la diète, les calmants et les antiphlogistiques. Ne doit-on pas, comme le médecin dont il s’agit , rattacher dans ce cas la fièvre intermittente à finflammation du colon dont les exacerbations périodiques donnaient lieu aux accès fébriles ?
Quoique M. Nepple appelle la maladie décrite sous le n'^ 261 une fièvre dysentérique , il n’en reconnaît pas moins exactement son siège et sa nature, c’est-à-dire f existence d’une phlegmasie de la muqueuse gastro-intestinale qui éprouvait des redoublements périodiques et fébriles ; aussi, malgré les nausées et les déjections alvines, ce n’est point à l’émétique ou à l’ipécacuanha qu’il a recours. Ce praticien distingué donne au contraire la préférence aux applications de sangsues, aux cataplasmes émollients, à la diète absolue, à l’eau gommée, aux lavements d’amidon, etc. A
44^ phlegmasies intermittentes
l’aide de ces moyens, au lieu d’une simple rémission il obtient une intermission ou une apyrexie complète dont il profite pour administrer le sulfate de quinine. A l’exemple de Sydenham et de Morton , il associe avec raison le laudanum aux autres moyens, soit en boisson dans un véhicule adoucissant , soit’en lavements, parce qu’il est bien reconnu par l’observation de tous les temps que, dans la plupart des choléras violents, des dysenteries atroces, ce n’est pas seulement dans le système capillaire sanguin que réside l’irritation, mais encore dans le système lymphatico -sécrétoire et ganglionnaire des organes digestifs. Nul doute même que, dans certains cas où l’irritation est prédominante dans ce dernier système , il ne faille insister particulièrement sur les préparations opiacées et mercurielles, surtout le calomel; tout comme dans les cas plus fréquents où la gastro-colite estprédominarite , il faut insister sur les antiphlogistiques locaux , et même y avoir recours exclusivement dans plusieurs circonstances.
SECTION IV. — Observations qui prouvent l’existence DES phlegmasies PÉRIODIQUES DU FOIE, DE LA RATE , DU PÉRITOINE, DES REINS, DE LA MATRICE, DE LA MUQUEUSE VAGINALE ET URÉTRALE, SOUS LES TYPES QUOTIDIEN, TIERCE, DOUBLE TIERCE, QUARTE, QUINTANE, OCTANE ET MENSUEL.
Hépato-gastrite rémittente quotidienne,
No267. Marie Dieu, âgée de soixante-huit ans , était tourmentée, depuisdixhuit mois, par une fièvre intermittente , le plus souvent quotidienne , que le quinquina guérissait momentanément, mais qui reparaissait toujours plus opiniâtre que jamais. La région dufoie était rénitente et douloureuse, et les symptômes généraux de la fièvre annonçaient une vive irritation gastr ique et une hépatite. Dans les intervalles de santé que celte femme pouvait avoir, elle ne cessait ce()endanl d’être souffrante , d’avoir la peau chaude, la langue sèche, l’hypocondre droit et l’épigastre sensibles. On l’amena dans la matinée du 7 août à ! hô|)ital ; elle avait eu deux accès quotidiens terribles. Le frisson la saisit dans l’afirés-midi. A la visite du soir, langue sèche et rouge , peau ardente , inquiétude extrême , volubilité , yeux brillants , altération. Cet accès se prolonge au-delà des bornes ordinaires et se termine par la mort.
Autopsie. — Cervelet et firotubérance annulaire en bon état; ventricules contenant un peu de sérosité limpide ; plexus choroïdiens pâles ; sinus longitudinal supérieur gorgé de sang; dure-mére manifestement épaissie dans presque toute l’étendue de la voûte du crâne, offrant à sa surface interne des tubercules qui , adhérant çà et là à l’arachnoïde , en unissaient les deux lames. Arachnoïde jaune, dense , très injectée surtout dans les anfractuosités cérébrales, etadhérente en plusieurs endroits à la pie-mére par des prolongements filamenteux Ecchymoses sur la partie moyenne et postérieure des hémisphères; cerveau rapetissé, très consistant, et substance grise assez for-
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tement injectée. Poumons sains. Le tube digestif, fendu dans toute sa longueur, ne présente que des traces légères de phlogose, éparses dans divers points. De tous les autres viscères abdominaux te foie seul était malade et son volume doublé. A sa partie postérieure droite, bosselures inégales blanchâtres , ayant la dureté et l’apparence des cartilages. Je les fendis d’un coup de scalpel, et nous trouvâmes un kyste bien organisé, rempli d’hydatides trente ou soixante environ , et d’une matière purulente , jaune , chargée de débris floconneux. Les parois du sac , de trois ou quatre lignes d’épaisseur paraissaient composées d’une espèce de membrane villeuse à l’intérieur et d’un tissu très serré. Cette poche aurait facilement contenu la tête d’un fœtus. Le reste du foie était plus noir, plus injecté et plus compacte que d’ordinaire, la vésicule gorgée de fiel. (Chauffard, Traité des fièvres.)
Hépatite chronique avec des exacerbations périodiques et fébriles
quotidiennes , tierces, etc.
No 268. Un individu avait été sujet aux migraines, aux hémorroïdes et aux hémorrhagies nasales. Ces indispositions habituelles venant à cesser, il éprouve, en 1817, des douleurs dans la région de l’estomac , qui sont calmées par des bains, des lavements et un régime approprié. L’année suivante, une fièvre tierce survient ; on la combat par des délayants et des apéritifs ; cependant les accès de fièvre continuent irrégulièrement. 11 y a démangeaison sur toute Ihabitude du corps, couleur jaune de la peau et des yeux, constipation, urines rougeâtres. On a en vain recours à un traitement débilitant et à l’application des sangsues. La fièvre revient tous les soirs avec une douleur qui de l’hypocondre droit se dirige vers l’omoplate ; du reste, même prurit, même couleur de la peau et des urines; rétablissement des évacuations alvines Tout ceci se passe pendant l’hiver de 1818 à 1819. Au printemps, on donne les sucs de cerfeuil et d’oseille avec addition de tartrate, d’acétate de potasse, etc. Il y a un peu d’amélioration ; les selles, tantôt liquides et tantôt en crottins durs , deviennent fréquentes; les accès , moins longs, ne sont plus quotidiens ; la douleur de l’hypocondre, quoique non pulsalive, se réveille à chaque accès; la peau se rapproche de sa couleur naturelle ; mais rap()élit manque et la maigreur est extrême. Bientôt après , il survient des hémorrhagies nasales; on en compte cinq dans un même mois. Cet étal de souffrance durait déjà depuis quinze mois. Le malade ayant encore essayé en vain divers remèdes, finit par renoncer à tous , et se détermina à ne prendre pour toute nourriture que'des fraises, des cerises, des framboises et quelques panades. Il n’en éprouva pas d’abord un soulagement manifeste : la maladie sembla poursuivre sa marche, quoique très lentement, jusqu’au 18 août, qu’elle parvint à son plus haut degré.
Les accès de fièvre avaient eu, jusqu’à celle époque , le type quotidien ou tierce, ou bien ils revenaient à de plus longs intervalles ; mais ils furent toujours caractérisés par une douleur qui se faisait sentir dans l’hypocondre droit, qui se prolongeait entre les épaules, et gênait beaucoup les mouvements du bras droit. (La fièvre était dans toute sa force dans le moment où Firritalion la plus grande se manifestait par une douleur très vive ressentie dans le foie, puis elle déclinait avec la douleur.) Le 18 août, la fièvre, au lieu de présenter l’un des types qu’elle avait eus jusqu’alors, se répété trois fois dans le même jour avec une douleur si aiguë dans la région du foie, que le malade en pousse les hauts cris. Le 19 et le 20, les accès de douleur et de fièvre se répètent de même trois fois chaque jour; la douleur diminue avec la fièvre, et se termine par des coliques qui suscitent des évacuations al- Tines d’un jaune verdâtre et d’une odeur extrêmement fétide. Au dernier accès du 20, le froid est plus intense que jamais; il s’ensuit une chaleur
brûlante et une sueur telle que les matelas en sont traversés ; la sueur est surtout très abondante au côté droit, dans la région du foie. Le malade est extrêmement faible et croit toucher à son heure dernière, lorsqu'il est à la fin de ses maux ; car, à dater de ce jour, il n'y a plus d'accès ; son appétit revient; mais il ne mange pendant long-temps que du pain et des fruits, principalement des raisins. Sa convalescence dure quatre mois, mais elle est régulière, et il s'ensuit un entier rétablissement, (l)elbosc, Journal général de médecine, t. lxxii.)
, Hépatite rémittente demi-tierce.
No 269 M. Lanlier, auteur du Voyage d’Anténor , allclni d’une jaunisse avec intumescence du foie bien sensible au tact, fut bientôt saisi de fièvre violente, avec type demi-tierce ou hémitritée. Les redoublements fébriles et hépatiques étaient très intenses. Je crus , malgré l’intumescence dure et rénitente de la région épigastrique et de l’hypocondre droit, et nonobstant la jaunisse , devoir lui prescrire le quinquina à la dose d’une once et demie en poudre, avec une once d’esprit de Mindererus , donné en six doses , avant l’accès suivant, qui fut beaucoup moins violent. Le traitement fut continué , et il n’y eut plus d’accès ou de redoublements. M. Lanlier guérit, et de la fièvre hémitritée et de la maladie du foie , dont l’hydropisie aurait pu bientôt être la suite. ( Portai, Observ. sur la nat. et le trait, des malad. du foie.]
Hépatite et ictère, type mensuel et sexti-mensucl. >
No 270. Madame Beri, garde-malade, d’une assez bonne santé jusqu’à cin- <Iiiante-trois ans, ayant éprouvé à cette époque une affection morale vive, devint presque toiit-à-coup ictérique ; bientôt un frisson se fit ressentir, et la fièvre s’alluma; en même temps l’hypocondre droit devint douloureux , augmenta de volume , et quelques symptômes bilieux accompagnèrent cet état , quine dura qu’un septénaire. Depuis, rhé|)aliteet l'ictère se renouvelérenttous les mois , à l’époque des règles, de manière que , durant l’intervalle des attaques, madame Be ri se portait très bien. Au retour de chaque accès, la plante des pieds devenait d’abord le siège d’une douleur très vive; les jambes, les genoux, les cuisses , s’entreprenaient successivement ; et si l’on n’avait pas alors la précaution d’appliquer des sangsues sur la région du foie ou à l’anus, le bas-ventre devenait douloureux , et tous les signes de l hépatite ne tardaient pas à se manifester; si, au contraire, on appliquait des sangsues avant que la sensibilité de l’épigastre se développât, la marche de la maladie était entravée, et l’hépatite avortait. Cet état de choses dura pendant quatre ans sans aucun changement. A cinquante-sept ans , les attaques ne revinrent plus que tous les six mois. A soixante et un ans, l’idére, qui, depuis l’invasion de la maladie, n’avait pas cessé de l’accompagner , se dissipa Pendant tout le cours de cette maladie, les digestions , qui se faisaient toujours très bien dans l’intervalle des attaques, commençaient à s’altérer dés qu’une attaque nouvelle paraissait se manifester.
Madame Beri avait soixante-trois ans lorsque j’eus l’occasion d’être témoin de l’une de ces attaques, dont je n’avais vu que la dernière période l’année précédente. C’était au mois de juillet 1816; la maladie, comme à son ordinaire , débuta par des douleurs vives à la plante des pieds ; les douleurs se propagèrent bientôt aux genoux et aux cuisses; une chaleur brûlante se fit ressentir dans les régions hépatique et lombaire; les fausses-côtes du côté droit furent déjetées en dehors par l’augmentation de volume du foie ^ui était douloureux à la pression, Des sangsues appliquées sur l’hypocondre
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droit, l’usage des bains, firent cesser en quelques jours celte affection , qui depuis s’est encore plusieurs fois renouvelée. (Martinet, Bibliothèque mé' dicale, t. lxiii.)
Spléno-hépatite rémittente quotidienne, (Fièvre rémittente
soporeuse.) ^
No 271. Un Auvergnat âgé de vingt-huit ans, d’une bonne constitution, pionnier, résidant depuis peu dans le pays d’étangs, était atteint depuis dix jours(novembre 1824j d’une fièvre rémittente dont les sjmpiômes dominants étaient une soifinexlinguihle et des points douloureux dans les hypocondres et dans les lombes ; les paroxysmes revenaient tous les jours, à dix heures du matin , avec un léger frisson , puis une grande chaleur , et déclinaient dans la nuit par une moiteur faible. Le malade, loin de tout secours, se contentait de boire de l’eau [)anée. Le onz'ème jour , on l’apporte à I hôpital. Il avait éprouvé le malin un froid profond et universel de deux heures à trois heures, accompagné de perte de connaissance ; la sueur axait paru immédiatement après avec la chaleur et inondait la peau ; la figure était pâle , cadavéreuse, les yeux ternes , immobiles , à demi ouxTi ts , le pouls plein et peu fréquent ; le malade, étendu sur le dos, ne faisait aucun mouvement; sa respiration était lente et profonde. A trois heures après midi , l’insensibilité commence à diminuer ; la parole est encore impossible , mais le malade entend et fait signe qu’il souffre du ventre et de la tête , surtout lorsq u’on presse les parois de la première cavité. La rate est volumineuse , le foie l’est également , l’abdomen est bouffi, rénitent , surtout aux hypocondres. Quinze sangsues sont appliquées de suite à l’épigastre ; limonade. Dans la nuit , toute la connaissance revient avec la parole , mais les idées sont lentes et confuses ; la langue est noire , mais humide; il y a peu de soif; les lombes sont profondément douloureuses : la céphalalgie est sourde et générale, le pouls dur et accéléré, la face colorée. Douzième jour, froid profond qui dure depuis onze heures jusqu’à une heure après midi ; en même temps , perte de connaissance , immobilité, face pâle , langue sèche , retirée ; respiration lente , mais facile. A trois heures , la sueur commence ; à huit heures , la connaissance revient ; soif extrême, sueur extraordinaire pendant toute la nuit. Le treiziéme jour, à quatre heures du matin, quatre grains de sulfate de quinine ; à huit heures, le malade gémit , se plaint de douleurs générales , des reins surtout ; les hypocondres sont très sensibles à la pression , la figure est un peu colorée , le pouls presque naturel, et il y a propension à rassou[)issement. Six autres grains de sulfate de quinine à neuf heures, A onze heures, froid général sans frisson jusqu’à deux heures ; alors perte de connaissance , y<’ux ouverts , immobiles et ternes ; langue sèche , retirée , noire ; dents encroûtées, })âleur cadavéreuse, chaleur modérée , prostration complète, sanglots bruyants de temps en temps, pouls fort et accéléré. A tiois heures, dix sangsues à l’épigastre et dix sur le trajet des jugulaires. A cinq heures, sueur générale par grosses gouttes. Sinapismes aux pieds. A huit heures du soir, le sang coulant encore abondamment des piqûres du cou, je cautérise celles-ci avec la pierre infernale sans que le malade témoigne qu’il s'en aperçoit. Le même état se prolonge jusqu’au lendemain à midi, avec accroissement du hoquet ou sanglot bruyant; enfin le râle commence, et la mort arrive trois heures aprè.?.
Ouverture du cadavre quinze heures après la mort. — Le ventre était ericore chaud; l’estomac ne paraissait point altéré; la tunique muqueuse était blanchâtre sans être ramollie , et de grandes rides ou reliefs en cou[)aient la surface. Les intestins et le mésentère étaient dans l’état nai urel , et la membrane muqueuse fortement colorée en jaune. Dans les gros intestins, il y avait beaucoup de matières ressemblant en quelque sorte à de la terre
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
grasse ; la vessie était pleine d’iirine. Le foie était très gros, d’une couleur trune, verdàlre, et moins consistant que dans l’élat normal. La rate avait un volume triple, une grande mollesse, et se réduisait sons les doigts en un putrilage couleur chocolat, dans lequel on apercevait quelques gouttes d’un sang très noir, et quelques brides organiques. Le péricarde, parlailement intact, contenait beaucoup de sérosité lirripide et peu colorée. Le cerveau était mou, blanchâtre ; les vaisseaux sanguins étaient exsangues, et les ventricules pleins d’une sérosité aqueuse. (Nepple, Essai sur les fièvres intermitt» et rémitt.)
Splénite rémittente , exacerbations quotidiennes et fébriles.
No 272 Pingot (Jean-Baptiste), âgé de trente-cinq ans, marron, d'une constitution robuste, né de parents sains, ajant toujours joui d’une bonne santé, à part une attaque assez forte du choléra, il y a un an; couchant, lui sixième, dans une chambre étroite, mais bien aérée; n’ayant jamais habité ni travaillé prés du canal. Il y a huit Jours , en montant des moellons, cet homme fît une chute de trois pieds de haut sur l’inpocondre gauche; à l’inslatit même il ressentit une douleur vive, dans celle région pendant dix minutes, et fut obligé de cesser son travail. Le lendemain, 31 mai, douleur de côté dans la région de la rate , se fai.^ant sentir à l’occasion du plus léger effort. Le le*" juin , vers les deux heures de 1 après-midi , et après avoir maiigé, le malade éprouva une chaleur vive, et une sueur ationdante pendant la nuit; en même temps la région de l’hypocondre gauche était plus douloureuse. Le lendemain matin le malade était bien portant; mais la douleur, quoique moindre, persistait. Pendant l’apiès-midi, mêmes sym|ilômes que la veille, chaleur, sueur et augmentation de la douleur de l’hypocondre. Le 3 juin , même état. Le 4 juin, vers les deux heures de l’aprés-midi , frisson commençant par les reins et les membres, pour devenir général pendant deux heures, puis chaleur et sueur jusqu’au lendemain matin : le malade a pris de la tisane et s’est mis huit sangsues sur le côté. Entré, le 5 juin, à l’hôpital de la Pitié , salle Saint-Joseph. Vu le 6 au matin, il a présenté l’état suivant : tube digestif sain, appétit, soif pendant la fièvre; thorax dans le meilleur état; céphalalgie pendant l’accès. Teinte naturelle de la peau. La rate est limitée avec le plus grand soin au moyen du plessimétre; l’organe a cinq pouces dans le sens vertical , quatre pouces et demi dans le transversal, il est épais; la limitation est facile, et très distincte de celle du rein, du foie et du cœur; l’image de l’organe est tracée avec le nitrate d’argent; la douleur existe, par la pression et par la percussion, sur toute l’étendue de la figure tracée : à une ligne au delà, la douleur n’existe plus. Saignée proportionnée à son influence sur le pouls, quarante sangsues sur la région douloureuse, cataplasmes émollients, diète. — 7juin. L’accès est revenu hier aussi fort que les jours précédents. La saignée faite hier est de deux livres environ , les piqûres des sangsues ont fourni peu de sang, le volume de la raie est le même, mais la douleur est considérablement diminuée, le malade a de l’appétit. Sulfate de quinine, quinze grains à prendre en trois doses, le quart d’aliments. — 8 juin. L’accès est revenu hier, mais moins fort , il a retardé de deux heures , frisson faible jusqu’à six heures, sommeil pendant la chaleur, et la sueur jusqu’à dix heures. La fièvre était passée au réveil , la rate est diminuée d’un pouce et demi de haut en bas, et d’un pouce d’avant en arriére; son épaisseur est moindre, elle offre encore une légère sensibilité à la percussion. Même prescription que la veille. — Visite du 11 juin. Depuis le 8, le malade n’a pas eu d’accès , pas de. céphalalgie , même au moment où ils auraient dû revenir, la rate a encore diminué le volume, la douleur n’existe pour ainsi dire plus
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depuis que la fièvre est passée , l’appétit est excellent , le malade mange les trois quarts , les digestions se font bien , le sommeil est naturel : il a continué de prendre la même dose de sulfate de quinine. Le 12 le malade demande sa sortie. Le13juin, il est sorti de l’hôpital parfaitement bien portant (INelet, Essai et observ. sur les fièvres intermitt.,1831i.)
Splénite rémittente , exacerbations fébriles quotidiennes. \
No 273. Rikelhoff, âgée de dix-huit ans, d’une très bonne constitution, née en Hollande, où elle est restée jusqu’à l’âge de huit ans sans avoir jamais eu les fièvres, à Paris depuis dix ans, habite un appartement humide à l'entresol. Cette jeune fille a toujours joui d’une bonne santé, réglée à neuf ans et demi, les régies ont paru régulièrement jusqu’à il y a dix mois, qu’elles ont cessé de se montrer, sans que pour cela la santé se soit notablement dérangée. Il y a cinq jours , la malade tomba , de la hauteur de six pieds environ , sur le côté gauche , qui frappa sur un échelon ; aucune autre partie du corps ne porta dans cette chute. A l’instant même , douleur très vive dans cette région , une heure après , refroidissement du pied gauche, plus lard , frisson général, puis chaleur et sueur. Le soir du même jour, nouvel accès à neuf heures et demie , et tous les soirs , à la même heure, accès semblables au premier. La douleur dans le côté gauche a persisté. Après la chute, le bas-ventre devint douloureux; depuis deux jours, cette douleur disparaît par moments. Entrée à l’hôpital de la Pitié, salle Notre- Dame , no 9, le 24 juin. Vue le 25 au matin, la malade a présenté l’état suivant : langue naturelle, soif, douleurs dans le bas-ventre par la pression, constipation, l’urine ne coule pas depuis trois jours, on est conduit à le savoir par la percussion médiate, qui trouve une matité dans le bas-ventre, en rapport soit avec la matrice distendue , soit avec la vessie dans le même cas; la malade ne se plaint pas du besoin d’uriner , le ventre est distendu et un peu méléorisé , la rate est limitée au moyen du plessimélre , elle a trois pouces et demi de haut en bas, et quatre pouces d’avant en arrière; c’est sur le centre du lieu qu’elle occupe que la douleur se fait sentir. Cathétérisme explorateur : on est , en effet , dans le doute sur la question de savoir s’il s’agit d’une dilatation de la matrice ou de la vessie. Écoulement par le cathéter de plus d’une fdnte d’urine assez foncée en couleur; soulagement instantané. La malade avait uriné dans les deux premiers jours de sa chute, et ne pouvait garder long-temps l’urine dans la vessie. La région de l’épine qui correspond aux vertèbres lombaires est douloureuse à la pression (il faut se lappeler que le pied gauche a donné lieu à un sentiment de froid au moment de la chute ; du reste, point de faiblesse ni d’engourdissement dans les membres inférieurs. Cathétérisme deux fois par jour, cinquante sangsues sur la région de 1 épine, cataplasmes sur le côté , infusion de (leurs de mauve pour boisson, diète. Le 25 au soir, une heure après le cathététisme, la malade a uriné , mais, ce matin 26, on est obligé de la sonder de nouveau. Hier soir, nouvel accès semblable aux autres, la région de la rate est un peu moins douloureuse , la douleur répond très exclusivement sur le point où on la trouve, pas d’accidents du côté de l’épine, cependant un peu d’engourdissement dans les membres inférieurs. Les cinquante sangsues appliquées hier ont fourni beaucoup de sang, la malade a eu une syncope. Vingt sangsues sur la région de l’épine, cathétérisme, cataplasmes, infusion de mauve édulcorée, une soupe. — Visite du 27. Les sangsues appliquées hier ont beaucoup soulagé la malade ; l’engourdissement des membres inférieurs a disparu; la fièvre est revenue hier soir comme les jours précédents. — 28 juin Diminution de la douleur de côté, diminution de'’la douleur de l’épine ; la malade n’a plus besoin d être sondée. Persistance de la fièvre ;
PIILEGMASIES INTERMITTENTES
elle est venue hier soir aussi forte que les jours précédents et à la même heure Sulfate de quinine douze grains , à prendre en trois doses , lavement émollient , 6/s, cataplasmes sur le côté , diète. Le 29, la fièvre est revenue hier soir , mais elle a été beaucoup moins forte ; elle a retardé d’un quart d’heure; le frisson a presque entièrement manqué; la rate est beaucoup diminuée , elle'est encore légèrement douloureuse ; l’urine sort naturellement. Continuation des mêmes moyens. Le 30, l’accès d’hier a encore retardé d’un quart d’heure. Même traitement. — Visite du 1er juillet. Le frisson a complètement manqué dans l’accès d’hier; la pression cause encore une très légère douleur dans la région de l’épine ; la rate est réduite à un très jietit volume. Sulfate de quinine vingt grains en trois do.ses. Le 2 , la fièvre s’est encore montrée hier soir; l’accès a retardé d’un quart d’heure , il a été très léger ; la région de l’épine n’est plus douloureuse. Même traitement. — Le 3 juillet, l’accès d’hier a manqué La malade est restée quelques jours de plus à l’hôpital pour reprendre des forces; on lui a donné la demie, puis les trois quarts : elle est enfin sor lie en pleine santé. ( INelet, Essai et ohserv. sur les fiév intcrmitt.j 1833.)
Splénite, type tierce et irrégulier.
No 274. Un militaire , âgé de vingt-quatre ans , souffrait depuis plusieurs années d’un engorgement dans l’hypocondre gauche , lorsqu’au commencement de l’été 1822 il fut atteint d’une fièvre tierce pour laquelle on l’envoie à l’hôpital Saint-Aire. Il en sortit sans être rétabli, et voyageant par des chaleurs très fortes sur une voilure d équipages , il arriva le 30 août à Neuf- Brisach. Le 12 septembre, lors de son entrée à l’hôpital de celle même ville, il présentait l’état suivant : peau brûlante, surtout au ventre; pouls très fréquent ; langue rouge et jaunâtre , soif vive , douleur profonde del’hypocondre gauche et de l’épigastre , avec toux sèche et oppression ; sommeil presque nul La diète , l’eau de gomme acidulée, douze sangsues à l’épigastre , procuréreni quelque soulagement. Le 16, épistaxis; le 18, nausées et renvois bilieux. Sur les instances du malade , on donne un vomitif qui exaspère les symptômes inflammatoires. L’application de vingt sangsues produit de nouveau un soulagement marqué. Dans la nuit du 23, recrudescence de l’inflammation , nouvelles saignées capillaires. Le 1®»' octobre et les jours suivants, douleurs atroces aux mollets, œdème des pieds, ventre toujours brûlant et météorisé , accès de fièvre revenant chaque soir par un violent fris.son de deux ou trois heures de durée. L’usage du sulfate de quinine, d’abord efficace, devint bientôt irnpuis.«ant ; les accès, reprenant toute leur intensité, amenèrent des sueurs abondantes et fétides ; [dus tard, les dents se couvrirent d’un enduit fuligineux, la langue restant pâle ; l’haleiue était extrêmement fétide. La diarrhée se déclara , devint involontaire ; une ufcération gangréneuse s’établit au-dessous des incisives inférieures (dans le cours de la maladie les gencives avaient été saignantes; ; le malade se plaignait d une douleur vive au fond de la gorge. La toux devenant plus fréquente , il expectorait une sanie sanguitiolenle; néanmoins le fades et les faevdiés morales n’avaient point encore éprouvé d’altération profonde, quand il mourut dans la nuit du 14 au 15 octobre.
ISécropsie. — La poitrine , d’ailleurs saine , renfermait environ un litre de sérosité. Une vaste poche péritonéale , circonscrite en dehors, en haut et postérieurement par le diaphragme , en dedans par l’estomac, en bas par une petite portion du colon et parle rein correspondant, occupait dans l’abdomen la région hypocondriaque gauche: elle était remplie par deux litres d’une sanie semblable à de la lie de vin , la rate en occupait le fond. Cet organe n’avait point changé de volume , mais sa surface était devenue tuberculeuse, et
internes.
sa partie concave offrait près de la scissure plusieurs trous irréguliers, ulcérés, d’un derni-pouceà deux pouces de diamètre, où l’on n’apercevait plusaucune trace de vaisseaux et de nerfs spléniques Quelques portions de l’iléon étaient brunâtres extérieurement : mais leur membrane muqueuse n’offrait point de traces certaines d’inflammation. Toutes les membranes de l’eslomac se trouvaient saines. (Gasté , Bull, de la soc. méd. d’Emul.^ 1823.)
SpUnite fébr ile J type quarte.
No 275. Un habitant d’une ville voisine de Pise, entre à l’hôpital de cette ville, étant affecté à la fois d’une splenite et d’une tiévre intermittente quarte; cette fièvre fit succomber le malade pendant le frisson du second accès qu’il eut dans cet hôpital.
A l’ouverture du cadavre , on trouva en place de rate , un grand sac contenant une matière liquide , noire et très fétide. Les altérations des autres viscères n’offrirent d’ailleurs rien de remarquable (Bailly, ouvrage cité, ohserv. 37.)
Splénite intermittente bisannuelle .
N° 276. Un homme avait toujours deux fois dans l’année , et assez régulièrement au printemps et en automne , un gonflement considérable de la rate avec douleur de tout l’hypocondre gauche. Toute l'habitude du corps devenait alors livide ; il allait tous les jours de plus mal en plus mal , jusqu’au moment où il survenait , pendant cinq ou six jours , un écoulement très abondant d’urines noires et sanguinolentes. Après cette crise, la tumeur de la rate disparaissait complètement et la santé ne tardait pas à revenir. Cet homme était sujet à cetlc abondance d’urines depuis dix à douze ans; mais elles étaient devenues d’autant plus troubles qu’il avait des hémorroïdes plus manifestes et plus considérables. CValerius , Exercit. ad Ilollerium.)
Péritonite intermittente quotidienne. (Fièvre pernicieuse
simulant la péritonite.)
No 277. Un soldat, qui était indisposé depuis quelques jours, descendit ayant chaud dans une cave très fraiche ; il se refroidit, et sentit bientôt dans l’abdomen des douleurs si violentes, qu’il resta sans voix et ne pouvant plus marcher. Il est apporté à l’hôpital, et indique le ventre comme le siège de toutes ses souffrances. L’abdomen est légèiement tendu et excessivement douloureux; la soif forte, la respiration courte et fréquente, le pouls embarrassé. Une saignée est pratiquée et les accidents se calment. Le lendemain, retour des accidents dans la matinée et [irécédé par un frisson qui dure une heure; ils se dissipent dans la journée par des sueurs. Le surlendemain, retour des accidents avec plus d’intensité ; mais ils disparaissent de la même manière. Une nouvelle saignée est pratiquée et suivie immédiatement de l’administration du sulfate de quinine. Depuis ils ne reparurent plus. (Gouzée, Gazette 7nédicale de Paris, 1834.)
Péritonite tierce.
No 278. Tesseydre, fourrier au 5e léger , âgé de vingt-quatre ans, taille moyenne, cheveux noirs, peau brune, embonpoint médiocre, fut transporté à l’hôpital de .^lont-de-Marsan, le 4 avril 1824. Je le trouvai le mémo jour à la visite du malin dans l’état suivant : couché sur le dos, les cuisses demifléchies, il éprouvait une vive douleur dans toute l'étendue de 1 abdomen, qui était brûlant, tendu, méléorisé et très sensible à la plus légère pression. Il vomissait fréquemment un liquide jaunâtre, amer; la langue était humide, large, de couleur naturelle, la soif peu prononcée, la léle douloureuse , la
PHLEGMASIES INTERMITTENTES
figure rouge, grippée, la respiration fréquente, courte, costale, sans toux , la peau sèche et brûlante, le pouls dur, serré, accéléré. J’appris que celte maladie s’éiail déclarée la nuit précédente, et qu’un violent frisson en avait signalé le début. On ne pouvait mécon naître à ces s\ rnptôrnes une péritonite. Je prescrivis en conséquence une saignée de quatorze onces , une diète absolue, une boisson délayante, des fomentations émollientes sur le ventre, un lavement de même nature. A ma visite du soir, je ne fus pas peu surpris de trouver ce militaire sans fièvre et délivré de sa péritonite. Tous les symptômes observés le matin avaient disjjaru à la suite d'une sueur abondante. Je crus avoir fait avorter une phlegmasie commet)çanle. Le lendemain 5, apy-* rexie; je permis quelques pruneaux. Le 6 au malin , je retrouvai ce malade dans l'état ou je l’avais vu le 4 ; et le retour des accidents avait été annoncé comm.e la première fois par un frisson prolongé
Je fus incertain si j’avais à combattre une inflammation intermittente ou une rechute occasionnée par quelque imprudence : cependant tous les symptômes se rapportant à une phlegmasie du péritoine, je fis appliquer vingt-cinq sangsues sur l’abdomen. Le soir, la rémission ou jdutôt l’intermission était complète, à la suite d’une sueur copieuse. Le 7, le malade était à merveille, et demandait des aliments, je ne lui en accordai pas celle fois; je soupçonnai une péritonite intermittente, et j’attendais impatiemment la m tinée du lendemain pour fixer mon incertitude. La nuit suivante vil en effet re[)araîlre un autre accès , mais si faible que je crus inutile de recourir à de nouvelles évacuations sanguines ou au quinquina ; ce fut le dernier.
Le 27 du même mois, ce militaire, à la suite d’imprudences graves, eut de nouveau un accès semblable aux précédents; je me bornai à prescrire la diète, les boissons et fomentations émollientes. La journée du 28 fut exemple de fièvre, mais l'accès du lendemain fat très violent. Fixé sur la nature et le type de celle affection, je voulus savoir si une péritonite intermittente, enlevée une première fois par le traitement des phlegmasies, serait combattue avec le môme succès par le qu nquina adminisi ré durant l’a })y rexie. Je prescrivis en conséquence douze grains de sidfate de quinine en quatre doses. Le paroxysme suivant n’eut pas lieu, et le malade sortit de l’hôpital peu de jours après, parfaitement guéri. (Dufau, Journal général de med. t. xcv.)
Métro-péritonite rémittente tierce.
No 279. Une jeune femme de dix-huit ans, peu après une fausse couche et pendant que les lochies coulaient encore, fut atteinte d'une fièvre qui revenait de deux jours l’un, avec des symptômes remarquables. Cette fièvre commençait par un frisson et de la douleur dans le dos; il survenait un peu de toux, puis des rots si fréquents qu’on en comptait quelquefois jusqu’à trois cents dans une heure ; durant la période de chaleur, il y avait délire avec mouvements convulsifs de la tête, des pieds, des bras et de la mâchoire inférieure; il y avait en même temps douleur , distension de l’abdomen et défaillance. Vers la fin de l’accès, qui avait coutume de se prolonger de huit à douze heures, tous les symptômes énoncés cessaient, et la malade se trouvait Lien pendant tout le temps de l’apyrexie: il y avait constamment un jour d’intervalle entre les accès. Celle maladie céda à l’emploi des purgatifs, des fébrifuges et des antispasmodiques. [Acta natur. curios., dec. 2, ann. 2.)
Métro-péritonite rémittente tierce.
No 280. Madame B*** , âgée de dix-huit ans, d’un tempérament sanguin , accoucha pour la première fois, dans la nuit du 17 au ISjuillet 1823, d’une fille à terme, après un travail très pénible et très douloureux, qui dura vingt-quatre heures, et ne fut dans le moment suivi d’aucune circonstance
INTERNES
fâcheuse. La journée du 19 se passa très bien : il n’y avait point de fièvre* les lochies, qui étaient sanguinolentes, coulaient en abot)dance. l.es parties de la génération ayant beaucoup souffert, on y ap[)liqua des linges imbibés d’une décoction émolliente ; mais dans la soirée du 20 on laissa refroidir ces linges mouillés. L’accouchée était logée dans un appartement très humide au rez-de-chaussée , en sorte qu’elle ressentit de fortes douleurs dans l’abdo-* men. La matrice formait une tumeur douloureuse plus grosse que le poing, qu’on sentait très bien à travers les parois du ventre. La malade était dans une anxiété extrême ; elle avait de la fièvre , beaucoup de chaleur à la peau, de la soif; les lochies avaient subitement diminué. On réappliqua des linges trempés dans la décoction émolliente chaude , et l’on fit une petite saignée. Le lendemain 21 , elle était mieux ; il y avait toujours de l’accélération dans le pouls, mais la douleur abdominale avait disparu et les mamelles s’étaient tuméfiées. Diète , eau de veau pour boisson. Le 22 , le ventre était douloureux , le pouls accéléré, la peau chaude. La malade, très agitée pendant la nuit , avait même déliré ; la langue était sèche , un peu rouge à la poitile ; les mamelles étaient tellement tuméfiées qu’on eut recours à la succion d’ua autre enfant. Soupe, eau de veau pour boisson, lavement. Le 23, pendant la Duit, même état, extrême agitation. La malade s’impatiente à chaque instant et s’affecte des plus petites contrai iélés; le matin , elle veut se lever pour qu’on fasse son lit; elle se recouche sans qu’on eût la précaution de le faire bassiner, quoique l’appartement lût humide et les draps imprégnés de cette humidité. Aussi, peu de temps après s’être remise au lit, elle ressentit de forts frissons , puis de la chaleur , de la sueur ; la peau était brûlante , la langue chargée et rouge sur les bords, labdornen peu douloureux, les lochies coulaient en petite quantité. Diète , eau de veau , lavement qui donna lieu à la sortie de matières noires et fétides. Le 24 , la nuit a été très agitée ; la malade a rêvassé; le matin, le pouls était encore très accéléré. Dans la journée, apyrexie, faiblesse , langue chargée , sueurs continuelles. Vers les cinq heures du soir, frissons, pendiculalious, douleurs contusives dans les membres, sentiment de gêne dans la région précordiale , envies de vomir; les mamelles se sont ramollies , affaissées , et les lochies diminuent toujours, la période de chaleur a été très longue, accompagnée d’accablement, de découragement, au point que la malade craint de mourir. L’épigastre était brûlant, la pression de l’abdomen un peu douloureuse; cependant la matrice était dure , et continuait à former au-dessus du pubis une tumeur de la grosseur du poing. Eau gommeuse abondante pour boisson , diéle, lavemf*nt. Le 25, exaltation cérébrale pendant toute la nuit, agitation continuelle, sueurs abondantes, douleur à l’épigastre, chaleur sur celte partie, langue rouge sur les bords et à sa pointe. Douze sangsues à i’épigaslre, même boisson. Vers les cinq heures du soir, légère exacerbation fébrile , moins forte que celle de la veille. La nuit a été plus calme ; la face est pâle , la faiblesse extrême, légère céphalalgie Le 26 , langue moins rouge, pâteuse ; pas de soif ; les mamelles sont gonflées; les lochies coulent de nouveau ; la malade sue abondamment, et sa sueur a une odeur aigre Les jours suivants , elle alla de mieux en mieux; elle prit de faibles doses de sulfate de quinine; on la frictionna avec la teinture alcoolique de quinquina , et on la transféra dans un autre appartement plus sec. ( Bobillier, Journal univ. de méd., t. xlv.)
Péritonite rémittente et intermittente , types tierce et quarte,
281. Clémence B***, âgée de trente-deux ans , d’un tempérament sanguin, d’une forte constitution, n’était accouchée que depuis deux jours, lorsqu’elle eut l'imprudence de se lever et de s’exposer au froid. Aussitôt elle xçssenlit du frisson dans le dos et les extrémités, des lassitudes, un état dft
PIILEGMASIES INTER3I1T1 ENTES
malaise et (l’anxiété , de la toux, de la difficulté de respirer , des douleurs sourdes et profondes dans la région hypogastrique, du dégoût , des envies de vomir, et une constipation qui durait depuis plusieurs jours. Elle fit demander chez un pharmacien quelque chose qui pût la soulager et la faire aller à la selle : une médecine lui fut administrée; une superpurgation en fut la suite, et la malade , loin d être soulagée , avait été horriblement fatiguée par des évacuations j)lus fréquentes que copieuses. Elle avait passé la nuit entière dans l’agitation et l’insomnie, lorsque M. le docteur Depré fut appelé le 24 novembre 181 G. Il trouva la malade plongée dans un état d’anxiété et d’abattement extrême, et parfois agitée de mouvements convulsifs; le pouls était dur, fréquent, la respiration gênée, difficile, les yeux abattus, la face pûle, les traits altérés et exprimant la douleur; il y avait dégoût, soif, envies de vomir, langue blanche, un peu sèche , chaleur âcre à. la peau , abdomen volumineux et très sensible à la pression , mamelles assez volumineuses et un peu flasques; les lochies, qui avaient été très abondantes les premiers jours, coulaient en petite quantité et presque entièrement rouges. On prescrit saignée , diète , boissons délayantes , acidulés , fomentations émollientes sur tout l’abdomen , lavements émollients et anodins.
La malade passe une nuit tranquille, quoique sans sommeil. Le lendemain, elle ne ressent [jIus de douleurs clans l’abdomen qui a diminué de volume; la figure s’est un peu épanouie, la respiration est facile , le pouls moins dur ; la plupart des synii;tümes indiqués sont très amendés, plusieurs ont disparu. Durant la nuit du 25 au 2G , après avoir dormi quelques heures, la malade éprouve de l’agitation et du malaise qui se prolonge jusqu’au malin , époque à laquelle reviennent les frissons, l’anxiété, des douleurs abdominales , vives et insupportables à la moindre pression ; le pouls est serré , fréquent ; les traits sont tiraillés ; il y a des rots, des vomissements bilieux ; les lochies coulent à peine. La malade redoute l’application des sangsues; on continue les nioyetis indiqués précédemment, moins la saign ée Le 27,1a malade a un peu dormi, après avoir eu des sueurs très abondantes; son pouls est calme; elle éprouve une soif vive; la peau est chaude, halitueuse; elle ne ressent presque plus de douleur dans l’abdomen qui est encore un peu tendu ; les lochies coulent sous forme purulente.
Dans la matinée du 28, retour du frisson, de la fièvre, du malaise, de l’anxiété, delà difficulté de respirer; des doideurs vives et comme lancinantes se font ressentir dans presque tout l’abdomen; la face est pâle , allongée , il y a prostration, abattement; le pouls est petit, serré, fréquent; les mamelles sont flasques et pendantes ; il y a des hoquets, des efforts de vomissement; en un mot tous les symptômes indiqués précédemment se renouvellent, mais avec une intensité beaucoup plus grande ; il y a quelques mouvements convulsifs. La malade se laisse qnfin appliquer vingt sangsues sur l’abdomen ; le sang coule toute la journée à l’aide de fomentations fiédes. A'ers le soir , on couvre le ventre d’un large cataplasme émollient. On continue la diète, les boissons adoucissantes acidulées et les lavements émollients. Durant la nuit, point de sommeil, sueurs abondantes , agitation. Le lendemain , il y a encore un peu de fièvre , mais la malade paraît calme ; les douleurs sont à peine marquées; les mines sont rouges, chargées, peu abondantes. Peu de fluides s'écoulent par les parties génitales , qui sont seulement humides. Un gros de nitre par pinte est ajouté aux boissons de la malade. Malgré le caractère-pernicieux (le la fièvre , on craint de donner le quinquina, vu l’étal presque général d irritation dans lequel se trouve la malade. Le soir , un peu de sommeil et quelques légères coliques. Le 30, l'accès de fièvre manque; la malade se trouve beaucoup mieux ; son pouls est naturel ; elle n’accuse pas de douleur ; elle a toujours soif et ressent un peu d’appétit. On lui donne quelques cuillerées de bouillon. Le décembre^
INTERNES
vers les six heures du malin , la malade se plaint d’un malaise général et de quelques coliques. Bientôt après, il survint du frisson , de la fièvre, une céphalalgie très intense et la plupart des symptômes indiqués précédemment mais ils sont beaucoup moins intenses que durant le dernier accès. Le ventre est moins tendu; les douleurs dans celte région sont plus supportables, quoique très vives à la moindre pression. Quinze sangsues sont encore appliquées sur l’abdomen ; du reste , memes moyens. Durant la nuit, agilalioa suivie de sueurs et de sommeil.
'4 Le 2 , étal de calme et d’apyrexie bien manifeste; la langue est humide, la soif modérée. Craignant un accès pour le lendemain, on se décide à faire prendre du quinquina en poudre à la dose d’un gros toutes les deux heures. La malade en avait déjà pris quatre gros , lorsqu’elle se plaignit de douleurs au creux de l’estomac; on lit suspendre l’usage de ce médicament. Le 3 , l’accès ne paraissant point, on continue le quinquina en décoction. Le 4, nouvel accès, mais il tarde de plusieurs heures ; les symptômes en sont moins longs et moins intenses encore que la dernière fois. La nuit, un peu d’agitation et quelques douleurs vers le rein droit ; sommeil de courte durée. Le 5 , apyrexie ; la malade ne se plaint que de faiblesse et d’une légère céphalalgie. On continue Je quinquina en décoction; un peu d’appétit se manifeste. Le lendemain, on le donne en poudre; la malade en prend six gros dans la journée. Le 7, l’époque de l’accès n’est signalée que par de la chaleur sans frisson et par quelques douleurs vagues dans l’abdomen. Durant la nuit, sommeil, chaleur vive et démangeaisons. Le lendemain, éruption miliaire sur la peau du ventre, delà poitrine, principalement autour des mamelles ; la transpiration est abondante et acide; du reste , apyrexie , soif, envie de manger. On donne encore quatre gros de kina dans la journée. Le 9, même état. Ou. continue le quinquina à dose décroissante; l’éruption disparaît; l’appétit augmente, on le satisfait graduellement ; les forces reviennent, et la malade se rétablit assez promptement. ( Depré , D. M. )
Métro-'péritonite rémittente, (Fièvre pernicieuse puerpérale
intermittente.) \
N'o 282. M. Osiander, savant médecin de Gollingue , a établi une nouvelle espèce de fièvre pernicieuse sous le nom de febris puerperalis intermittent perniciosa , d’après un exemple de métrite intermittente fébrile qu’il eut occasion d’observer chez une femme de Cassel, affectée auparavant de rachitis et d’un catarrhe chronique utérin , et qui était survenue à la suite d’ua accouchement très laborieux , puisqu’on avait été obligé de recourir au forceps. La fièvre pernicieuse dont il s’agit se déclara entre le troisième et le quatrième jour après les couches , et sept jours après l’invasion du premier accès la malade succomba.
L’on procéda à l’autopsie du cadavre, et l’on trouva des traces d’inflammation dans la trompe et l’ovaire de la partie droite de la matrice , tandis que la partie gauche adhérait à l’intestin rectum et au péritoine. L’ovaire gauche était presque totalement détruit, et sa surface était couverte de pus. (Alibert, Traité des fièvres pernicieuses , 5e et dernière édit. 1820.)
Métro-péritonite rémittente tierce. (Febris intermittens spasmoâ lumborum et dolores partûs simulans.)
No 283. Le 24 janvier 1690, une femme, durant le cinquième mois de sa grossesse, fut prise tout-à-coup d’une douleur cruelle dans les lombes et l’hypogaslre,et de spasmes violents qui étaient répandus sur tout l’abdomen; pendant ce temps, la malade ne pouvait rien prendre qu’elle ne le vomît au5«
niLEGMASIES INTERMITTENTES
sitôt ; la violence des douleurs lui faisait pousser des cris plaintifs presque continuels , et semblables à ceux d’une femme qui est sur le point d’accoucher. Après trois j ours de souffrance, la malade fit appeler une sage femme, qui, croyant reconnaître tes indices d’un avortement prochain , prescrivit une saignée du bras pour le prévenir; mais les douleurs n’ayant point été arrêtées , je fus appelé le 28 par le conseil de la sage-femme. D’après l’examen de la malade , d’après l’état du pouls , de la langue et des urines ; d’après le rapport qu’on me fit, que les symptômes graves dont il s’agit se manifestaient tous les deux jours comme de véritables accès; enfin d’après le rapport sage femme qui m’apprit que le col de l’utérus était parfaitement clos et qu’il n’en sortait pas la moindre goutte de sang, je pensai que les douleurs dont il s’agit ne présageaient point un avortement. J’ordonnai qu’on répétât la saignée et qu’on administrât à la malade, toutes les trois ou quatre heures, une potion fébrifuge avec un gros de quinquina et 14 gouttes de laudanum liquide.
Le lendemain je revis la malade, et je la trouvai presque entièrement débarrassée de ses douleurs et dans un état de santé presque complet : comme elle répugnait à prendre le quinquina en substance, je lui administrai ce médicament en teinture, avec addition de laudanum comme auparavant. Le jour suivant, il y eut encore un accès , mais il ne fut pas accompagné de vomissements et de spasmes douloureux comme les précédents. Je lui fis continuer le quinquina , en diminuant la quantité du laudanum. A l’aide de ces moyens, la malade fut bientôt entièrement délivrée de son affection; toutes les fonctions se rétablirent, l’appétit devint bon, les urines naturelles, et l’on ïie vit plus reparaître aucun symptôme d’avortement. (Morton, Opéra medic.. Jiist. 19.)
Métrite rémittente quotidienne,
No 284. Durant te printemps de 1762, une dame âgée de vingt-six ans ressentit tous les jours pendant trois semaines, à une heure de l’aprés-midi, un froid très considérable occupant toutes les parties comprises entre le nombril, les os des iles , les fesses et le milieu des cuisses , sans s'étendre audelà. Ce froid se faisait sentir d’une manière très incommode aux parties situées intérieurement dans la région hypogastrique ; il durait deux heures, et était accompagné de douleurs vives dans l’utérus. A ce froid succédait une chaleur qui augmentait par degrés pendant quatre ou cinq heures, et qui se terminait ensuite par une sueur si copieuse dans les endroits indiqués, que la malade était obligée de s’essuyer à diverses reprises, et mouillait ainsi une grande quantité de linge. Il se faisait en même temps, par les parties sexuelles, un écoulement qu’on pouvait comparer à des fleurs blanches. A mesure que la chaleur augmentait, lesdouleursutérines diminuaient; i mais la malade conservait dans cette région un sentiment de pesanteur qu’elle attribuait à une descente de matrice qui cependant n’avait point i lieu. Pendant quinze à dix-huit heures de la journée, la malade ne rendait i pas une seule goutte d’urine, et le reste du temps fort peu. Pendant l’accès il n’y avaitni céphalalgie, ni bouche amère, ni soif, le pouls était plein sans !; Être fréquent. Quelques saignées, peu de purgatifs, les calmants, les sédatifs : et le régime guérirent la malade sans le secours du quinquina qu’elle ne put 1 supporter. Quelque temps après que cette affection, appelée fièvre inter- k mittente locale, eut cessé, la malade rendit encore par la vulve plusieurs î; verrées d’une matière fort épaisse et extrêmement fétide, contre laquelle i' on employa les injections détersives. Depuis ce temps cette dame a encore eu, à différentes reprises, quelques accès de sa maladie dont elle est entière* il dent guérie. ( Auxiron , Journal do méd.) année 1766.)
IIVTERNES.
Métrite intermittente ou rémittente quotidienne '
No 285. Madame C***, âgé de vîngt-huit ans, d’une stature élevée d’n ^ constitution sèche, mais robuste, accoucha heureusement dans les nrerii- ^ jours de 1827. Elle ne nourrit pas. Les menstrues se rétablissent anrés^slx semaines, et reparaissent régulièrement comme auparavant jusqu’au moi? de février : elles ne reviennent point alors à l’époque ordinaire sans nu’au cune cause appréciable explique cette suspension ; mais après huit jours d^ retard l’écoulement reparaît et est accompagné de douleurs cxtraordinairec qui affectent principalement la région iliaque droite, d’où elles se prona-enf dans le bassin et jusque dans la région iliaque opposée. Ces douleurs dit la malade , portent sur le fondement comme dans le travail de l’enfantement • elles sont vives, lancinantes, déchirantes , durent d’une à plusieurs minutes’ ne laissent entre elles que de courts intervalles, et leur violence est telle quelles arrachent des cris à la malade, la jettent dans un état d’anxiété inexprimable, provoquent du délire et des mouvements convulsifs Ces nhé noménes, qui avaient paru dans la matinée, se calmèrent dans le milieu de la nuit, alors que madame C**% épuisée par un état si violent, avait à neine la force de se plaindre. Elle dormit parfaitement le reste de la nuit et le lendemain, quand elle s’éveilla , elle ne ressentit plus des accident/de la veille qu un peu de fatigue; elle se leva et se livra aux occupations ordinaires de son ménage et de son commerce. Mais à midi , les mêmes douleurs occupant le meme siège , reparaissent avec le même caractère, la même marche , la même durée que dans l’accès précédent. Depuis cette époque les accès revinrent tous les jours aux mêmes heures: les douleurs, d’abord faibles et rares, augmentèrent graduellement de force et de fréquence • dans leur intervalle , le sang continuait de couler , mais en petite quantité ; il paraissait avec bien plus d’abondance durant l’accès. L’accoucheur, appelé le huitième jour après l’invasion des accidents, les attribua à un avortement probable; mais leur prolongation au-delà du terme accoutumé lui fit penser quil y avait peut-être p/i%masie utérine. D’après cette idée, les émissions sanguines, le repos, les fomentations et éataplasmes émollients, tes boissons adoucissantes, les lavements, tes demi-bains, etc., furent mis en usagemais loin de diminuer, les accès étaient parfois plus violents. Je vis la malade ®ii ^ heures du soir, vingt-cinquième jour environ de la maladie.
Jil e était tombée dans un état de maigreur extrême; l’appétit était conservéla langue était douce , de couleur naturelle et sans aucun enduit ; la température de la peau était alors plus élevée , le pouls fréquent et irrégulier; et âu milieu même de l’accès, le ventre était mou, plat , nullement sensible au toucher ; la pression réveillait bien un peu de douleur dans les régions iliaque et hypogastrique, mais elle n’était pas en rapport avec la violence de celles qui avaient lieu spontanément dans ces parties. Je ne sentis rien dans ces régions, dont les parois étaient facilement dépressibles, qui pût faire soup-
organique des ovaires ou du corps de l’utérus... Je preswiyis huit grains de sulfate de quinine en quatre pilules à prendre le Icnde- ) matinée, et ce médicament produisit les plus heureux
i Tiîirnrpni^.! oulcurs ne revinrent pas à l’heure accoutumée; quelques unes c Jai soiree , mais elles étaient rares, légères , sourdes ; quant au
abondant, et fut le principal ou même le seul phé-
® 1 seces qui devait se montrer. Le 16 , même prescription. Non fiancT^nv • éprouve le calme le plus parfait, mais l’écoulement
iTrpfp • **^*”'^® sensiblement ; il est complètement arrêté le 17. Ce jour, je ava-f picore par précaution six grains de sulfate de quinine. La maladie Y 11 aèiinilivement disparu. ( Duparcque, Nouv. Bihlioth, méd-, 1828.)
PIILEGMASIES INTERMITTENTES
31élrite , type tierce et douhle^tierce.
No i^86. Madame Bala, fkgée de quarante ans, d’un tempérament lymphalinue tombe malade le 5 août 1826. Appelé le 6 , je la trouve dans l’étal suivant * figure décomposée comme si la malade était alitée depuis long lemns toux fréquente et quelquefois convulsive, fievre légère et non encore caractérisée, bouche pâteuse , langue blanche , céphalalgie légère. Parvenue au terme d’une grossesse orageuse , la malade attend ious les jours sa délivrance. Régime léger, eau de veau, sirop dégommé, un lavement de guimauve tous les deux jours. Le 10, accouchement naturel ; tous les symptômes sont suspendus jusqu’à l’invasion de la fièvre de lait : alors développement d’une maladie qui semble vouloir prendre le caractère d’une fievre intermittente pernicieuse. Le 12, la sécrétion laiteuse n’a pas lieu ; les suites de couche sont presque réduites à rien ; douleurs abdominales vives , surtout a la ré-ion hypogastrique; le faciès de la malade est remarquable par l état d’abattement et d’hébétude ; la langue est couverte dans le milieu d un mucus jaunâtre; bouche amère, toux moins fréquente qu’avant l’accouchement; la fièvre a été précédée d’un frisson qui a duré une heure et demie. Prescription pour prendre après faccés, d’une potion avec ipécacuanha, seize grains à prendre en deux fois à dix minutes d’intervalle ; trois vomissements très peu de bile. Lavement émollient pour le soir , fomentation liZ. sur le vWtre, eau chicoracée pour boisson. Le 13, faible accès, même faciès, on a une peine infinie à obtenir quelques mots de la malade , encore ne ré- Dond-elle pas juste aux questions qui lui sont posées. Même régime que le 12.
I e 14 le frisson a reparu à la mi me heure que le 12 ; le ventre est toujours douloureux; cependant les lavements ont procuré deux selles assez copieuses • délire pendant la chaleur de l’accès , qui, comme celui du 12 , se termine par une sueur. Prescription pour le 15: potion avec sulfate de quinine, cinq grains, à prendre en deux fois; vin de quinquina, six onces. Le Ib , a fièfTe a reparu, mais bien moins forte; les lochies ont un peu coulé dans la journée du 15; la langue est noire , sèche , comme écailleuse dans son milieu ■ les dents sont noires et ont le poli et la dureté de 1 ivoire , déglutition gênée par une érupfton qui tapisse farriére-houche et la gorge ; le délire existe toujours, mais il est calme; des lavements ont procuré des selles; le ventre qui est toujours couvert de fomentations émollientes, est bien moins doulouVeux. Gargarisme adoucissant, sirop de gomme , eau chicoracée, quinze grains de sulfate de quinine , pour prendre le 17 ; point de fievre ce iour-là. La bouche se déterge un peu, la déglutition est plus facile. Même prescription le 18. Il n’y a eu qu’un faible ressentiment de fièvre ; l’éruplioa de l’arrière-bouche se dissipe, mais elle paraît s’être étendue à l’estomac^ car après des quintes de toux , la malade , sans beaucoup d’efforts, vomit nuelaues petites parties de fausses membranes semblables à celles rendues avec le gargarisme. Quoiqu’il n’y ait plus de fièvre le 19, il y a toujours incohérence dans les idées, et surtout point de mémoire; les douleurs abdominales ont disparu. Pour le 20 laxatif avec huile de ricin et jus de citron. Plusieurs selles ; le goût commence à revenir. Le 21 , sulfate de quinine i dose moindre. Je permets de légers aliments ; le malade va de mieux ea mieux. Elle a eu deux faibles rechutes pendant sa convalescence ; le sultaie de quinine a été continué pendant quinze jours à petites doses. Cette malade n'a commencé à recouvrer la mémoire que du 15 au *.-0 septenabre. Alors elle ne se souvenait , disait-elle , de m’avoir vu qu’une fois avant son accouchement. Les dents incisives supérieures ont conservé la couleur noire et un très beau poli pendant six mois. Cette couleur s est tement , et en passant par toutes les nuances avant d arriver au blanc.
(Thomas, Nouvelle Biblioth, médic-, 1828.)
INTERNES
Métrite rémittente tierce.
No 287. Une femme, parvenue depuis une année à l’époque critique, éprouvait depuis quelque temps une fièvre intermittente tierce ; l’heure de l’invasion des accès, quoique varié, avait lieu pendant la nuit ou de très grand matin ; les accès étaient marqués par un frissonnement qui se faisait sentir aux pieds et aux lombes, et qui était suivi d’une chaleur lialitueuse qui continuait pendant la matinée : durant celte période de l accés, dureté extrême du pouls, coloris du visage, douleur gravativc de la tête, sensibilité de la région de l’utérus, et par intervalles irréguliers, légère hémorrhagie utérine.
Dans quelques circonstances où les symptômes, excepté l’hémorrhagie, étaient très intenses, une saignée du pied a produit un soulagement marqué et une cessation passagère de l’accès. Les symptômes dont on vient de parler se sont ainsi répétés tous ies deux jours, pendant près de quatre mois, avec un caractère variable pour l’heure de leur invasion et pour leur intensité. Le traitement a été dirigé de manière à avoir plus d’égard à l’état de la matrice qu’à celui de la fièvre intermittente. On a prescrit des boissons délayantes et légèrement acidulées, et par intervalle, un grain d’extrait d’opium dans un verre d’une eau émulsionnée et sucrée. Le frisson a disparu peu à peu, et il n’est resté qu’une sorte de paroxysme en chaud , qui a fini même par disparaître une quinzaine de jours après ; mais, quoique la fièvre ait cessé, il reste toujours une sensibilité douloureuse dans la matrice, ce qui demande des attentions particulières de régime. (Pinel, Nosographie» lome D*’.)
Métrite intermittente tierce. (Fièvre pernicieuse délirante.)
No 288. Jeanne Court, cuisinière, âgée de vingt-quatre ans , est accouchée il y a environ dix mois , et conserve depuis celte époque une douleur sourde et habituelle à la région lombaire gauche. Celte douleur, qui semble appartenir à l’ovaire , augmente ordinairement par un travail plus pénible que de coutume. Les régies n’ont pas reparu depuis l’accouchement , et la malade D’a rien fait pour les rappeler ni pour combattre la douleur de côté, qui augmente sensiblement chaque jour. Le le février dernier, il se joint à cet état en sentiment de malaise général et de courbature , avec fièvre , céphalalgie ■violente, accidents que l’on cherche à combattre par l’application de quarante sangsues sur le point primitivement douloureux , par des cataplasmes et des lavements émollients, par des boissons délayantes. Le 2, les sangsues ont coulé toute la nuit avec abondance, on a meme eu beaucoup de peine à arrêter le sang. La malade est considérablement affaiblie. Malgré ce traitement la fièvre persiste, et de continue qu’elle était d’abord, elle affecte aussitôt le type intermittent Dès ce moment, il se manifcslc un nouvel ordre de symptômes.
Appelé pour la première fois le 4- février au soir au moment où j’étais absent , j’appris en rentrant chez moi qu’il avait été impossible de m’attendre ; ^ue la malade était dans une agitation extrême, dans un délire effrayant, que l’on avait craint même qu'elle ne succombât la nuit. Comme l’on avait fait venir un autre médecin, j’attendis que l’on me prévînt. Mais le lendemain la malade était mieux, et on la croyait pour ainsi dire guérie, lorsque le surlendemain 6 un nouvel accès eut lieu, avec des symptômes encore plus graves que ceux de l’avant-veille. Je suis appelé de nouveau, et trouvai la malade dans l’état le plus inquiétant. La pupille est très contractée, les yeux brillants; les mâchoires fortement serrées opèrent sur les arcades dentaires un grincement.conlinuel, et permettent à peine d’introduire quelques cuillerées
PIILEGMASIES INTERMITTENTES
de liquide dans la bouche. Il y a en mi'nie temps délire, loquacité perpétuelle, agitation, carphologie, soubresauts, pouls fréquent, |)elit, irrégulier; face pâle et couverte de sueur. Il est impossible de voir l’état de la langue. Tout l’abdomen semble douloureux à la pression. Potion avec eau distillée de laitue , trois onces; sirops d’éther, de capillaire, une demi-once ; eau de fleurs d’oranger, deux gros ; orangeade pour boisson habituelle ; cataplasmes sinai)isés aux pieds ; application de compresses d’oxycrat sur le front. Le lendemain 7 la malade est sans fièvre ; la peau est douce, moite ; la langue humectée et presque dans l’état naturel. L’appareil de symptômes dont je viens d’étre témoin, joint aux renseignements que j’avais acquis sur les circonstances précédentes, ne laissent aucun doute sur le caractère intermittent de la maladie. En conséquence je fis aussitôt ajouter à la potion prescrite quinze grains de sulfate de quinine. Dés ce moment la fièvre et tous les accidents qui l’accompagnaient n’ont pas reparu , et la malade est entrée de suite en convalescence. La douleur qu’elle éprouvait à la région de l’ovaire a entièrement cessé après l’application de ventouses scarifiées. (Jolly, Nouvelle Bibliothèque médic., 1828.)
Métro-péritonite rémittente et intermittente tierce. [Maladie périodique apyrétique de l’auteur.)
No 289. Mademoiselle D*** , âgée de quarante-huit ans, encore réglée, d’un embonpoint très considérable, d’un tempérament lymphatico-sanguin, sujette aux hémorroïdes , a éprouvé depuis plusieurs années des douleurs abdominales lombaires plus ou moins vives vers l’approche des menstrues. Des sangsues et des bains avaient toujours été efficaces jusqu’à ce jour; mais, pour cette fois-ci, ces moyens devinrent inutiles. Une douleur fixe et vive se fit sentir le 8 août à l’hypogastre ; elle avait été précédée de malaises, de douleurs vagues dans l’étendue de l’abdomen; le pouls était fréquent, cencentré, la face rouge, les yeux animés. Diète, boissons délayantes. Les douleurs augmentent graduellement d’intensité les jours suivants ; j’applique vingt sangsues, d’abord aux parties sexuelles, ensuite à l’anus; les douleurs se calment momentanément , mais reparaissent deux jours après avec plus de violence. J’applique de nouvelles sangsues au périnée; je fais prendre des demi-bains tiédes , des lavements; j’insiste sur la diète et les boissons délayantes. Les douleurs se calment par intervalles , mais reviennent avec plus ou moins de force. Le 15, une congestion sanguine manifeste existe vers les parties supérieures ; la face est animée, rouge , la poitrine oppressée; la malade crache du sang. Je voulus faire une saignée du bras, mais mademoiselle ne voulut point y consentir. Je couvris l’abdomen d’une trentaine de sangsues. Une amélioration manifeste et très prompte eut lieu pendant l’écoulement des piqûres Deux jours se passent assez bien. Le 18, nouvelles douleurs hypogastriques ; elles sont si violentes , qu’elles déterminent des mouvements convulsifs ; la malade, dans une extrême agitation, ne peut trouver aucune position favorable ; les crachats étaient encore un peu sanguinolents et la figure animée ; le pouls, pendant tout cet orage , conservait son rhy thme naturel. J’applique de nouveau quinze sangsues au périnée, La menstruation s’établit enfin, et nous fait espérer la cessation totale des douleurs ; mais le calme ne fut pas de longue durée. Le 20 , à quatre heures du soir, une nouvelle colique, aussi intense que celle de la surveille, se manifeste tout-à-coup. L’éther, l’opium, ne peuvent diminuer la violence des douleurs. Vers dix heures du soir, calme ; la nuit se passe assez bien ; l’écoulement menstruel, arrêté pendant les vives douleurs, reprend son cours. La malade prend, pendant toute la journée du 21, des boissons légèrement antispasmodiques, de l’eau de tilleul , de feuilles d’oranger , etc., etc. , deux la-
INTERNES
vements. Les douleurs augmentent vers six heures du soir; mais elles sont très supportables et de peu de durée. Le 22 , à la même heure que le 20 "des coliques atroces se manifestent, et rien ne peut en apaiser la violence Ce n’est que vers minuit qu’elles se calment. La marche périodique de cette maladie me détermina à administrer la potion slibio-opiacée de Peyssonne l’ayant point encore employée dans des circonstances pareilles, je doutais de son efficacité, et je me proposais de recourir, malgré ma répugnance, au quinquina ou au sulfate de quinine, si l’accès prochain n’étalÉ point diminué d’intensité. Mais quelle fut ma surprise de voir que, depuis l’usage de cette potion, les accès de douleurs ne reparurent plus! II esta remarquer que ce remède avait déterminé un grand nombre de selles , sans avoir nullement fatigué la malade. Depuis cette époque , mademoiselle D^^'^ jouit d’une bonne santé; elle n’éprouve que des douleurs légères aux lombes et à l’hypogastre vers les époques menstruelles. (Jourdain , Journal général de méd., t. liv.)
Métrite rémittente quarte, (Fièvre pernicieuse.) *
No 290. Une religieuse, âgée de soixante-cinq ans, portait depuis plusieurs années une tumeur comme squirrheuse de la matrice, sans qu’elle en éprouvât beaucoup d’incommodités; mais, vers la fin du mois d’août 1729, il lui survint de la fièvre dont elle supporta plusieurs accès, livrée à ses propres soins. Comme son affection devenait de jour en jour plus grave, la malade demanda les secours de l’art. L’examen attentif de la maladie ayant fait voir que la fièvre était beaucoup plus forte de quatre jours en quatre jours, on reconnut facilement une fièvre quarte dont les accès étaient accompagnés de défaillances fréquentes, de douleurs dans le bas-ventre et à l’estomac. On prescrivit des remèdes convenables, on pratiqua une saignée qui était bien indiquée, vu que la malade y était habituée et qu’on lui ea avait souvent pratiqué l’année précédente, pour dissiper l’état pléthorique dans lequel elle se trouvait. La fièvre cependant continua de telle sorte qu’elle était toujours beaucoup plus violente chaque quatrième jour. Au septième accès, elle fut tellement tourmentée par une diarrhée bilieuse, des efforts de vomissement avec des douleurs considérables dans le bas-ventre, des défaillances, un pouls languissant, une sueur froide, qu’il semblait qu’elle allait succomber. On vit tout le danger que courait la malade, et dans la crainte qu’il ne survînt de nouveaux accès qui la fissent périr on administra le quinquina dont on répéta plusieurs fois l’usage. A l’aide de ce médicament la malade fut bientôt délivrée de sa fièvre ; la tumeur de la matrice est restée stationnaire, elle n’a plus changé ni augmenté, mais la malade a continué à vivre avec beaucoup plus de tranquillité et d’espoir de guérison qu’auparavant. (Torti, Therapeut spec., hist. 12.)
Néphrite rémittente quotidienne. (Fièvre larvée de Morton, § fièvre pernicieuse néphrétique de M. Alibert.)
No 291. Une veuve d’une constitution robusie était sujette, depuis plusieurs années, à des affections hystériques et néphrétiques qui revenaient à de longs intervalles. Elle avait déjà rendu plusieurs calculs du rein. A l’âge de quarante ans , ayant cessé d’étre réglée et de se purger, comme elle en avait l’habitude , elle ressentit des douleurs atroces dans les lombes , et des spasmes qui revenaient à peu prés tous les jours vers le soir. Elle avait consulté, pendant trois mois , plusieurs médecins , qui l’avaient traitée , tantôt pour une néphrite, tantôt pour une suppression de régies; mais comme les douleurs néphrétiques continuaient à revenir régulièrement et se montraient
niLEGMASIES INTERMITTENTES
si violentes, que la malade tombait parfois en syncope durant les accès , et que ses extrémités devenaient froides , on fit appeler Morton. Ce célèbre praticien fit d’abord administrer un lavement purgatif; il fit pratiquer une saignée de huit onces au bras du côté malade ; il ordonna son apozéme néphrétique et un julep calmant; mais s’étant aperçu le troisième jour que l’urine était rouge et sédimenteuse, etque la maladie avait un caractère périodique, il fit prendre à la malade un gros de quinquina toutes les quatre heures, avec quelques gouttes de laudanum liquide ; après trente heures , l’urine avait repris sa couleur naturelle , la disposition à vomir avait cessé; les douleurs néphrétiques avaient considérablement diminué ; dès ce moment, le danger fut passé. Morton prescrivit encore divers moyens propres à chasser les calculs que les reins pouvaient contenir, et à rappeler les régies supprimées. Une guérison complète fut enfin le résultat du traitement employé. (Morton, Çpera omnia, hist. 28.)
Néphrite intermittente quintane.
No 292 Lémery (Journal des savants) rapporte l’exemple d’une violente colique rénale qui revenait régulièrement chaque quatrième jour.
Colo-néphrite intermittente type octane.
N" 293. M. Beeuwe , élève en pharmacie, âgé de vingt ans , d’une bonne constitution , d’un tempérament lymphatico-sanguin , avait reçu, à l’âge de quatorze ans, un coup dans la région iliaque gauche pour lequel il avait été obligé de garder le lit pendant plusieurs jours. Depuis lors, quoique très bien portant, il avait quelquefois ressenti dans cette région une douleur assez \ive qui se dissipait bientôt d’elle-même, et restait six mois ou un an sans reparaître. Le le» décembre 1822 , un dimanche, à la suite d’une diarrhée légère qui avait duré deux jours, cette douleur, qu’il avait plusieurs foiséprou- \éc , lui revint avec violence vers les cinq heures du soir. Fixée comme toujours dans la région iliaque gauche, elle était continue, déchirante, et s’étendait jusqu’aux reins ; des tiraillements se faisaient sentir dans les testicules, ce qui l’obligeait à se servir d’un suspensoir ; la sécrétion urinaire était diminuée , le pouls plein et fréquent. Ces symptômes se prolongèrent toute la nuit, et ne s’apaisèrent que dans la matinée du lendemain. Alors le médecin consulté lui fit faire une saignée de douze onces. Le calme fut parfait jusqu’à sept heures du soir ; mais tout-à coup les douleurs reparurent avec la même intensité On appliqua de suite vingt sangsues sur l’endroit douloureux. Les souffrances diminuèrent , le malade s’endormit , et se leva le malin totalement délivré de son mal. Il fut bien portant jusqu’au vendredi suivant, eut alors cinq à six selles liquides, et autant le samedi , ce qui néanmoins le dérangeait à peine. Le dimanche , à la même heure , l’accès reprit en tout semblable au précédent ; mêmes symptômes , même durée ; on répéta la saignée. L’accès terminé , le malade se retrouva aussitôt en bonne santé et continua de l’être jusqu’au dimanche suivant, excepté pourtant la diarrhée qui s’est constamment manifestée deux jours avant les douleurs. Ces accès se renouvelèrent ainsi pendant trois mois, tous les dimanches, laissant entre eux l’inlermission la plus complète. Une troisième saignée, un régime approprié , et enfin l’usage du quinquina , que le type périodique avait fait juger nécessaire , étaient restés sans influence, et n’avaient produit aucun changement sensible. Le jeune homme en était extrêmement tourmenté, d’aulantplus que cemaudit accès le retenait au lit précisément lejour où, libre de son travail, il lui était permis d’aller se distraire par quelques plaisirs. A cette époque je fus consulté. V’oyant l’inutilité des moyens que l'on avait employés jusqu’alors, je conseillai les bains généraux dans l’espoir
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INTE^\^’ES.
par là de changer l’ordre vicieux des mouvcmenls organiques qui , comme par une espèce d’habitude , tendaient toujours à ramener régulièrement les mêmes troubles dans les viscères. Pendant la première semaine , je lui fis prendre un bain chaque jour ; la diarrhée parut encore. Le dimanche, à l’heure ordinaire, au moment où quelques douteurs , un pouls plein et fré- <]uent, semblaient être le prélude d’un nouvel accès, je le fis plonger dans le bain ; il s’y trouva à merveille. L’accès, pour ainsi dire enrayé dans sa marche, n’arriva pas, et le malade put jouir cette nuit-là des douceurs d’un sommeil non interrompu. Il prit alors trois bains la semaine suivante, et un quatrième le dimanche, peu de temps avant le moment présumé où devait arriver l’accès ; il fut ce jour parfaitement tranquille , et n’eut aucune douleur. Après avoir continué remi)loi de ces bains pendant un mois , je les fis cesser pour m’assurer si Y altération morbide que je cherchais à combattre était tout-à-fait détruite. Le premier dimanche, quelques frissons { ce qu’il n’avait jamais éprouvé ) , et un peu d’accélération dans le pouls, furent les seuls symptômes qui se présentèrent; deux heures après il en était débarrassé. Depuis lors il n’a plus rien senti de ses accès; la diarrhée a disparu, et jusqu’aujourd’hui aucun phénomène morbide n’a troublé sa santé. (Marcq, Annales de la méd. phys. , 1823. )
JSéphrites intermittentes mensuelles.
No 294, Vitus-Ridlinus a observé un malade auquel il survenait, tous les mois, à des époques déterminées , des douleurs de reins qui se soutenaient avec une extrême violence pendant quelques jours, et qui disparaissaient ensuite. ( Inter, medic., p, 34 )
Gabrieli rapporte qu’une dame âgée de cinquante ans éprouvait des douleurs cruelles qui se faisaient sentir dans les reins tous les mois. Ces douleurs étaient occasionnées par la présence de graviers dans ces organes ; elles attaquaient la malade à des jours et à des heures fixes. ( Dec. 3 ann 7, 8, p. 308.)
Cystite rémittente, type tierce. (Fièvre pernicieuse cystique
de l’auteur.)
N'o 295. M. N***, chirurgien, âgé de quarante-deux ans , grand , robuste, et habituellement atteint de quelques affections des voies urinaires qui lui font craindre une fâcheuse disposition aux hémorroïdes de la vessie , a constamment éprouvé dans toutes ses maladies quelques lésions de cet organe. .Après les deux accès en tierce, précurseurs de la pernicieuse, il éprouva les symptômes de la cardialgique, mais à un faible degré. Il souffrait particulièrement de la partie inférieure du ventre, comme s’il eût eu une espèce de colique ; il souffrait aussi de la vessie, mais faisait peu d’attention à ces douleurs, croyant qu’elles étaient relatives à son infirmité habituelle. M. N'*^* n’ayant pas voulu permettre l’administration du quinquina sans te préalable d’un minoratif qu’il se prescrivit lui-même, le quatrième accès fut beaucoup plus violent que le précédent. Il n’y eut point de cardialgie, et les douleurs intestinales furent légères; mais elles se manifestèrent, et devinrent bientôt -atroces à la région des reins et à celle de la vessie. Le malade était tourmenté d’un désir continuel d’uriner, accompagné de vives douleurs et d’une grande sensibilité à l’hypogastre, avec appréhension du contact, comme s’il avait eu «ne rétention d’urine complète; il urinait cependant à des intervalles réguliers , et les urines étaient naturelles , tant pour la qualité que pour la quantité. M. après avoir fait usage de bains de siège, de fomentations émollientes et d’une émulsion nitrée en tisane, sans éprouver aucun soulagement, se laissa enfin persuader par M. Jonquel de renoncer à sa méthode anliptilc-
l'HLEGMASIES INTERMITTENTES
gistique , parfaitement inutile contre cette prétendue inflammation du basventre. Il prit alors une potion calmante opiacée qui produisit un bon effet ou plutôt le calme survint par la terminaison naturelle de l’accès, au bout de six à huit heures de durée. Lorsque la rémission fut complète, M. N***, reconnaissant parfaitement la nature de sa maladie, consentit à faire usage du quinquina; mais il voulut s’administrer une potion dans laquelle il avait beaucoup de confiance, et qui consistait à ajouter dix grains de sel d’absinthe à un gros de quinquina délayé dans du vin blanc. Dix gros de cette préparation suffirent pour prévenir le retour de l’accès suivant ; mais M. N***, n’ayant pas continué l’usage de ce remède dans la crainte d’exaspérer sa maladie de vessie, et ayant pris des lavements pour se rafraîchir, disait il, éprouva une rechute au dixiéme jour de sa convalescence. La fièvre marcha de la même manière que la première fois ; mais l’affection de la vessie fut plus grave et de plus longue durée , le malade s’étant encore refusé à l’administration prompte du quinquina. ( Coutanceau , Notice sur les fièvres pernicieuses.)
p, Urétro-cysüte rémittente tierce.
No 298. Un jeune homme très robuste, bien constitué, d’un tempérament sanguin, fort replet, très grand mangeur et très ardent pour les femmes, avait eu plusieurs gonorrhées qui avaient cédé aux saignées, aux délayants et à quelques préparations mercurielles, aidés d’un régime sévère. Six mois après ayant eu une nouvelle gonorrhée et séduit par les promesses d’un charlatan qui voulut le guérir sans l’astreindre à aucun régime , il prit pendant trois mois une liqueur quil’échauffa beaucoup ; l’écoulement supprimé, il suintait de l’urètre, surtout le malin, une matière jaunâtre dont la quantité augmentait à la suite des exercices violents, de l’usage des femmes, et des excès de boire et de manger. Cette matière était alors verdâtre ou teinte de quelques filets de sang; les urines paraissaient brûlantes et sortaient toujours après certains efforts; elles étaient légèrement ambrées, un peu troubles; on y apercevait des filaments blanchâtres, et elles déposaient un sédiment visqueux d’un blanc sale. Un jour d’automne, pendant une partie de chasse, ayant reçu une grande pluie, à l’instant il ressentit un malaise général, auquel succéda un long frisson, qui fut suivi de nausées, de vomissements, de douleurs très vives en urinant et d’une fièvre des plus fortes; quand on le ramena chez lui , il commençait à délirer, il fut saigné et mis à l’usage d’une limonade légère ; la nuit fut assez tranquille, et le lendemain il n’y eut point de fièvre ; mais le surlendemain il survint un nouvel accès également précédé de frissons et accompagné d’un délire léger. Le malade était pléthorique, une seconde saignée fut pratiquée; les urines coulent alors avec la plus grande facilité ; le suintement de matière muqueuse de l’urétre, qui avait reparu, se dissipa presque entièrement ainsi que la fièvre; mais j elle revint de deux jours l’un :1e frisson commençait communément entre onze heures et midi. Au bout d’une quinzaine, cette fièvre, qui paraissait être de la nature des intermittentes, fut traitée par les fébrifuges, et surtout par le quinquina en substance. La fièvre devint presque continue; les urines coulaient plus difficilement ; elles étaient plus brunes et plus fétides ; les en- r virons de l’anus et du périnée étaient plus douloureux. Il fut impossible de ne f pas reconnaître que la fièvre dépendait de l’état inflammatoire de l’urètre et |i de la vessie. On fit applitiuer à plusieurs reprises des sangsues au fondement; j| on ordonna le petit-lait, les émulsions, les doux laxatifs, les lavements , les bains, et enfin tous les antiphlogistiques , et particulièrement l’usage des I bougies. Au bout de peu de jours la fièvre disparut et les urinesreprirent une |l belle couleur.
IXTIRxeS.
Le malade, pendant plusieurs années , nYprouva qu^ de loin en loin quelques accès de fievre; l automne, il ne pouvait guère rester une heure dm. endroit froid et humide sans sentir un frisson suivi d’un accès de fi ^ ^lî
eut fréquemment des écoulements abondants d^l’urèlre, que l’on aura'T* ^ regarder comme desgonorrhées récentes; üs sur'venaient ordinairement'ch^a^ quefois quele maladesacrifîait à Vénus; ils ont toujours cédé aux saignées et aux délayants. Enfin les accès de fièvre revinrent de loin en loin, eUhaque fois que le malade ayant cessé de s’astreindre au régime et à l’usage des bougies et des sondes , l’écoulement des urines devint difficile, douloureux et accompagné d’écoulement de matières muqueuses et blanchâtres. (Benjamin Bell, Traité de la gonorrhée, 1. 1.)
Urétrite intermittente, ff
No 297. Un homme d’environ cinquante ans, d’un tempérament robuste, se servait , pour une maladie des voies urinaires , d’un cathéter ; il se blessa l’urètre un peu en-deçà de la prostate ; il en ressentit une douleur très vive il perdit même plusieurs gouttes de sang. Quelques heures après, il fut saisi de froid, puis de chaud, avec les symptômes particuliers à ces périodes; enfin la sueur succéda, et à celle-ci l’intermittence. Il eut environ dix paroxysmes de la même nature ; ils ne furent vaincus que par le quinquina. Deux ans après, se servant, comme la première fois, du cathéter , le malade heurta encore Turétre au même endroit; il ressentit de même une douleur très vive et perdit encore du sang; il fut atteint de la même espèce de fièvre, avec froid , chaud et sueur : huit paroxysmes se succédèrent ainsi , avec des périodes plus ou moins longues d’intermittence. Cette fièvre fut domptée, comme auparavant, par le quinquina. Trois ans après , le malade se trouva encore dans la nécessité de reco urir au cathéter. Nouvelle lésion de l’urètre, nouvelle douleur, nouveau paroxysme de fièvre, avec froid, chaud et sueur ; il se renouvelle trois fois, et la guérison est encore opérée par le quinquina. Peu corrigé par l’expérience , cet homme , quelque temps après , se sert encore du cathéter; il y met beaucoup de maladresse, se cause une douleur si considérable à Turétre, que la fièvre dont il est promptement atteint fut accompagnée des symptômes d’une véritable fièvre pernicieuse : vomissements violents, diarrhée, douleurs de tête insupportables , mêmes douleurs aux jambes, aux genoux, délire. Je lui prescrivis, pour chaque heure, un gros de quinquina ; il le rendait par le vomissement. J’y ajoutai l’opium , et je fus contraint d’en porter la dose à dix grains par jour; mais à peine pus-je obtenir par son moyen un peu de diminution dans les symptômes. Les eaux spiritueuses, la liqueur anodine , le vin généreux , n’avaient pas plus de succès. Je réussis mieux avec la potion anti-émétique de Rivière; par son action, je pus faire retenir des doses énormes de quinquina, que l’estomac menaçait de rendre à chaque instant. Peu à peu , et après dix-huit accès, la violence des symptômes alla en diminuant, les périodes d’intermittence s’allongèrent, et le malade , après avoir pris des doses extraordinaires de quinquina et d’opium, fut parfaitement guéri. (Giannini, Traité des fièvres, 1. 1.)
f Les exemples d’hépatites , d’hépato-gastriqiics périodiques que nous devons à MM. Chauffard, Delbosc et Martinet , contiennent assez de détails pour qu’on puisse reconnaître le siège et la nature de ces affections ; dans le premier cas d’ailleurs l’autopsie vient confirmer le diagnostic qu’il était facile de porter
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durant la vie de la malade dont le traitement, avant qu’il fût soumis à l’observation de M. Chauffard, n’avait point été rationnel et physiologique. On s’était obstiné à poursuivre par le quinquina l’étre appelé fièvre intermittente sans s’inquiéter de l’état du tube digestif et de ses annexes ; la stimulation excessive et plusieurs fois répétée de la muqueuse gastro-duodénite et du foie , dont les relations avec cette membrane sont si étroites et tout-à-fait immédiates par l’embouchure du canal cholédoque , rend facilement compte des altérations organiques trouvées après la mort. Celles du cerveau et de ses membranes s’expliquent par les influences sympathiques très prononcées d’une congestion hépato-gastrique périodique et fébrile. Si l’on a trouvé l’altération du foie beaucoup plus profonde et plus ancienne que celle delà muqueuse digestive , cela tient à l’organisation particulière de cet organe , dont l’engorgement renouvelé ou plutôt augmenté par chaque frisson fébrile [a du persister dès les premières récidives de la gastro-entérite, qui seule disparaissait d’un accès à l’autre dans les premiers temps de l’affection dont il s’agit. Mais la persistance de l’hépatite et l’abus du quinquina ont ensuite rendu la gastro- entérite continue, avec des rémittences si peu sensibles que la langue restait rouge et sèche , la peau chaude , la région de l’estomac et du foie sensible à la pression. Personne ne disconviendra qu’on eût dû traiter cette maladie par les moyens antiphlogistiques locaux et généraux très énergiques , sans s’inquiéter des redoublements fébriles périodiques. L’âge de la malade , les symptômes évidents de l’hépatite et de la gastro-entérite en faisaient une loi et contre-indiquaient toute ingestion du quinquina, surtout par la voie de l’estomac. Ce n’est qu’après avoir amendé ou dissipé les symptômes d’irritation hépato-gastrique qu’on eût pu en essayer l’usage en lavements dans les cas où des redoublements fébriles périodiques auraient persisté après l’emploi méthodique des moyens antiphlogistiques. \ Dans l’observation de Delbosc, sous le n^ 268 , il s’agit d’un homme atteint d’hémorroïdes , et chez qui ce flux habituel fut arrêté par une cause quelconque. Dès lors il fut sujet à la fièvre d’accès ; les redoublements fébriles eurent d’abord lieu chaque soir , et furent caractérisés par une douleur qui de l’hypocondre droit, où elle se faisait particulièrement sentir , se dirigeait vers l’omoplate j il y avait en même temps une grande démangeaison a la peau , qui présentait une couleur jaune ; les urines étaient
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rougeâtres ; les selles , tantôt liquides, tantôt en crottins durs. Les redoublements présentèrent ensuite le type tierce ; quelquefois il y avait entre eux un intervalle de deux ou trois jours ; mais ce qu’il y eut de constant et de remarquable dans celte affection , c’est la douleur de l’hypocondre droit , prolon(5ée à l’épaule du même côté , de manière à gêner considérablement les mouvements du bras. La fièvre é'ait dans toute sa force au moment où l’irritation du foie se manifestait par une douleur plus aiguë ; quand celle-ci diminuait la fièvre déclinait dans la même proportion , et jamais il n’y avait d’accès fébrile sans qu’une douleur plus ou moins vive ne se fît sentir dans la région du foie. La sueur qui suivait l’accès était surtout très abondante sur le côté droit du corps. Enfin , la crise de la maladie se fit par des coliques violentes suivies d’évacuations alvines d’un jaune verdâtre et d’une odeur très fétide. Depuis lors plus de fièvre ni de douleur hépatique ; l’appétit revint, et toutes les fonctions se rétablirent peu à peu. N’est-il pas facile de reconnaître le siège et la nature de cette affection, et de juger si le rôle de la fièvre n’est pas ici tout-à-fait accessoire et secondaire?
L’intumescence du foie , sous le n» 269 , indiquait manifestement la lésion de cet organe ; or, on ne peut pas dire que la fièvre, qui n’est survenue qu’après le développement de l’hépatite, soit la cause de celle ci; car l’effet précède-t-il la cause? n’est-ce pas le contraire qui a lieu?
Le fait que M. Martinet a consigné dans la Bibliothèque médicale est remarquable par le type de l’hépatite et de l’ictère qui se renouvellent tous les mois, à l’époque des règles, chez une femme de cinquante-trois ans. Dans l’intervalle des attaques périodiques , la malade se porte bien. Chacune d’elles est quelquefois précédée de frisson , mais toujours caractérisée par des douleurs, qui, après s’être fait sentira la plante des pieds, montent aux genoux , aux cuisses ; puis , à la suite d’une chaleur brûlante ressentie dans la région hépatique , le foie se gonfle et devient très douloureux. Enfin , tous les signes de l’hépatite ne tardent pas à se manifester si on ne la prévient ou si on ne lui oppose promptement des applications de sangsues sur la région du foie ou à l’anus. Quand ces applications sont faites à propos , l’hépatite avorte, et la malade est promptement débarrassée jusqu’au mois suivant. Il est impossible de méconnaître ici une congestion .inflammatoire périodique du foie qui, chez une femme arrivée
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à l’époque critique , vient remplacer l’afflux sanguin auquel peu de temps auparavant , et à la même époque , la matrice était sujette.
Les deux observations rapportées sous les nos 272 et 273 sont remarquables , dit M. Nelet qui les a recueillies à l’hôpital de la Pitié de Paris , par la cause qui semble avoir déterminé l’apparition des symptômes fébriles ; aussi abje cru devoir les rapporter avec détail ; elles militent fortement en faveur de l’opinion de ceux qui voient dans l’engorgement de la rate la cause de la fièvre intermittente. En effet, dans le premier cas il s’agit d’un homme, robuste et sain d’ailleurs, qui tombe d’une certaine hauteur sur l’hypocondre gauche , où il éprouve aussitôt une vive douleur ; cette douleur continue à se faire sentir par le plus léger effort; bientôt, à la suite d’un repas , il survint un peu de fièvre et une sensibilité plus marquée de l’hypocondre ; puis , à des jours et à des heures déterminés , la fièvre devient très prononcée ; elle se caractérise en accès , avec frisson , chaleur et sueurs , pendant lequel la douleur de la rate se fait sentir beaucoup plus vivement. Cet organe examiné de près et limité avec le plessimètre , a cinq pouces dans le sens vertical et quatre et demi dans le sens transversal ; il est épais et douloureux à la pression dans toute son étendue. On prescrit une saignée et l’application de quarante sangsues sur le point douloureux. Le lendemain , accès fébrile aux mêmes heures ; mais la douleur de la rate est moins sensible ; appétit dans l’intermittence. On prescrit quinze grains de sulfate de quinine ; l’accès devient moins fort, le volume de la rate est diminué d’un pouce et demi de haut en bas et d’un pouce d’avant en arrière : la sensibilité à la pression est moins marquée. On continue le sulfate de quinine, la fièvre disparaît; il ne reste plus dans la rate qu’un peu d’engorgement sans douleur : toutes les fonctions s’exécutent comme en santé. Même cause , mêmes effets dans la deuxième observation ; traitement et guérison semblables. Nul doute selon nous qu’ici la cause déterminante de la fièvre d’accès ne soit la lésion de la rate. Nous ne voulons pas dire que cette lésion soit intermittente comme la fièvre ; non , il est rare que les organes parenchymateux , surtout le foie et la rate , puissent se débarrasser si rapidement d’une congestion sanguine , suite d’un coup ou d’une meurtrissure quelconque , parce qu’une inflammation, même légère , dans les organes dont il s’agit, ne se termine point aussi facilement,
INTER^JES.
aussi rapidement que dans les tissus membraneux , cutané , synovial , séreux et muqueux j dans ceux-ci au contraire, une simple congestion , une irritation sanguine , peuvent disparaître en moins de quelques heures et plusieurs nuances d’inflammation aiguë peuvent se terminer par délitescence en moins de vingt-quatre heures ; voilcà ce qui résulte des faits nombreux que nous avons rapportés et de l’expérience d’un grand nombre de praticiens recommandables. Aussi, dans tous les exemples de splénites , d’hépatites, de néphrites et de métrites périodiques, que nous avons recueillis , pensons-nous qu’il n’y a de vraiment périodique et intermittent que les redoublements morbides ou les exacerbations inflammatoires des organes malades , exacerbations ou redoublements qui , par l’influence sympathique qu’ils exercent sur le cœur, le cerveau , et surtout la muqueuse digestive, provoquent les phénomènes nerveux, fébriles et gastriques, qui constituent les accès fébriles.
On conçoit qu’ici la fièvre soit intermittente avec une lésion locale rémittente , parce que la rate , le foie , la matrice , etc. , peuvent conserver un engorgement chronique ou une lésion latente, sans influence sur les principaux viscères et les centres nerveux, par conséquent sans fièvre. Mais si l’état aigu et passager de souffrance de l’organe dont il s’agit, persistait à un certain degré , alors la fièvre intermittente deviendrait rémittente, et même elle passerait à la continuité si la lésion organique locale conservait une activité et une intensité plus ou moins grandes.
Dans les deux faits dont il s’agit , nous avons donc deux splénites rémittentes avec des accès fébriles intermittents qui sont le résultat de l’exacerbation aiguë et périodique d’une lésion de la rate , lésion qui persiste sous forme latente durant l’apyrexie , lésion qui peut persister encore à un faible degré quand toutes les fonctions organiques s’exécutent déjà comme dans l’état de santé le plus parfait.
L’observation de Valérius, quoique fort courte , en dit assez pour faire reconnaître une affection périodique de la rate. Il s’agit d’un homme qui éprouve régulièrement au retour du printemps et de l’automne un gonflement considérable de cet organe , avec douleur de tout l’hypocondre gauche; il devient pâle, et se trouve fort mal jusqu’au moment où il s’établit un mouvement critique du côté des reins et où le malade rend une quantité abondante d’urines noirâtres et sanguinolentes.
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L’autopsie du malade affecté de splénite et de fièvre quarte , dont M. Bailly nous donne une si courte histoire sous le n® 275 , suffit du moins pour caractériser le siège et la nature de la lésion organique dont les exacerbations aiguës représentaient tous les trois jours des accès fébriles sous type quarte.
Sous le n® 274, il s’agit d’un militaire qui , avant d’être atteint de fièvre intermittente , portait déjà un engorgement dans l’hypocondre gauche ; les accès fébriles sont caractérisés par une douleur plus ou moins marquée dans cette région, avec soif, langue rouge et jaunâtre , peau brûlante , nausées , etc. Une application de sangsues à l’épigastre procure du soulagement, mais un vomitif exaspère les symptômes inflammatoires. L’usage du sulfate de quinine fut impuissant pour prévenir les accès , et le malade succomba. L’autopsie fit voir une altération profonde et chronique de la rate, avec une collection de deux pintes de sanie dans une poche péritonéale dont cet organe occupait le fond N’est-il pas vraisemblable que dans cette circonstance les accès fébriles furent occasionnés par des exacerbations périodiques de l’affection chronique de la rate , jointes à une irritation aiguë et passagère de l’estomac?
Le fait rapporté par M. Nepple , sous le no 271 , est remarquable sous plusieurs rapports. Le siège et la nature de la maladie semblent indiqués dès le principe par la soif et les douleurs plus ou moins vives dans les hypocondres , qui se font sentir chaque jour à dix heures du matin , précédées d’un léger frisson et suivies de chaleur et de moiteur. Les symptômes vont en augmentant; la durée du frisson devient plus considérable , et des phénomènes cérébraux se joignent aux précédents ou les effacent. Cependant on reconnaît que la rate et le foie présentent un volume plus considérable que dans l’état normal ; l’abdomen est bouffi, rénitent , surtout aux hypocondres; les lombes sont profondément douloureuses ; le pouls est dur et accéléré , la face colorée. Quinze sangsues sont appliquées à l’épigastre. Toutefois les exacerbations fébriles et sympathiques continuent à revenir chaque jour avec beaucoup de force. On administre le sulfate de quinine ; mais le malade se plaint de douleurs dans les reins et les hypocondres , qui sont très sensibles à la pression. Un nouveau redoublement a lieu avec froid général prolongé , perte de connaissance, yeux ouverts , immobiles et ternes , langue sèche, retirée et noire; prostration complète , sanglots bruyants, pouls
fort etaccéléré (dix sangsues à l’épigastre et dix sur le trajet des jugulaires) ; le sang coule si abondamment qu’on juge à propos de cautériser les piqûres du cou ; mais le malade ne sent plus rien ; les sanglots persistent , et cet individu succombe promptement. L’autopsie fait voir une altération considérable du foie, et surtout de la rate qui est très volumineuse et réduite en putrilage. ^t’est-il pas évident que dans cette circonstance M. Nepple s’en est laissé imposer par les symptômes pernicieyx cérébraux, et pourtant tout-à-fait secondaires , puisque les redoublements quotidiens et fébriles de l’affection spléno-hépatique ne furent d’abord caractérisé^ que par la soif et des douleurs locales pendant plusieurs jours de suite? La lésion du foie et de la rate fut reconnue à leur volume , aux douleurs profondes ressenties dans les lombes ; comment se fait-il donc qu’on n’ait point employé plus tôt les moyens antiphlogistiques les plus actifs , et qu’on n’ait point insisté sur leur usage ? Une application de quinze sangsues a-t-elle pu produire un effet sensible chez un homme do vingthuit ans , d’une bonne constitution , dont la face est tantôt colorée tantôt pâle , dont le pouls est plein et dur , et qui reste même dur et accéléré après l’application des sangsues? Sans doute le mal ‘ était bien avancé quand on commença le traitement; mais tout indiquait beaucoup de vigueur chez le malade , puisque la veille de sa mort son pouls était encore fort. Malgré la perte de connaissance et les autres symptômes pernicieux, et bien que, durant les accès , la face fût pâle , une saignée générale et surtout des évacuations sanguines locales n’auraient-elles pas pu être employées dès le jour même de l’entrée du malade à l’hôpital? La dernière application de sangsues , faite évidemment trop tard , c’est-à-dire la veille du jour où le malade succomba, doit être comptée pour rien; tout le traitement antiphlogistique se trouve donc réduit à quinze sangsues. M. Nepple nous dit que c'était d'ailleurs le cas de donner le quinquina à plus fortes doses. C’est là, il faut en convenir, une singulière conséquence, après l’effet des dix grains de sulfate de quinine qu’il a employés ! Cette conséquence prouve que, malgré une autopsie assez instructive , M. Nepple persiste à voir dans ce fait une fièvre pernicieu e soporeuse! II nous semble qu’ici comme dans tous les cas d’exacerbations a:gucs et périodiques d’une phlegmasie chronique , l’indication la plus urgente était celle des évacuations sanguines locales, réparties sur les points douloureux d’abord , puis sur la région épigas-
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trique et au fondement. Ces moyens auraient favorisé l’action du sulfate de quinine, qui d’ailleurs pouvait être promptement administré, sinon par la voie de l’estomac, du moins en lavements et en frictions , à la surface interne des membres ou sur la plaie dénudée d’un vésicatoire. Voici comment nous concevons la mort du malade dont il s’agit : atteint d’un engorgement ou d’une affection chronique du foie et de la rate, développée par une cause quelconque, cet individu vient dans le pays des Étangs, Jusqu’alors stationnaire et latente, cette affection du foie et de la rate subit l’influence funeste de la constitution atmosphérique ; elle éprouve des exacerbations aiguës et périodiques, annoncées par des douleurs assez vives dans les hypocondres, exacerbations dont les influences vont alors retentir sur le cœur, le cerveau, la muqueuse digestive; de ces influences sympathi* ques résultent les symptômes fébriles , nerveux et gastriques , annoncés par la fréquence du pouls , la perte de connaissance , par la soif, la sécheresse , la rétraction delà langue, etc. Si l’on eût pu modérer et arrêter promptement les exacerbations aiguës et périodiques de la lésion du foie et de la rate , l’on aurait également prévenu les phénomènes sympathiques pernicieux, c’està-dire indiquant le trouble de fonctions essentielles à la vie, et qui n’ont pu être ainsi troublées violemment plusieurs fois sans que celle-ci n’ait été anéantie. C’est ainsi que la mort, causée par une lésion organique quelconque, arrive toujours par le trouble idiopathique ou sympathique des principales fonctions organiques.
Les exemples de péritonites intermittentes , observés par MM. Dufau et Depré sous les 278 et 281 , sont si complets et si détaillés qu’il est impossible à tout médecin de bonne foi de méconnaître la nature inflammatoire et le type tierce et quarte de l’affection du péritoine. Dans le premier fait il s’agit d’un jeune militaire qu’on vient d’apporter à l’hôpital du Mont de-Marsan, et qui présente à la visite du matin les symptômes suivants : coucher sur le dos, cuisses demi-fléchies , vive douleur dans toute l’étendue de l’abdomen qui est brûlant, tendu, méléorisé, et très sensible à la plus légère pression; langue humide, soif peu prononcée; figure rouge, grippée; respiration fréquente, courte , costale ; pouls dur, serré et accéléré. On prescrit saignée, diète , fomentations émollientes , lavements , boisson délayante, c A ma visite du soir, dit M. Dufau, je ne fus pas peu surpris de trouver ce militaire sans fièvre , et délivré de sa péritonite à
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la suite d’une sueur abondante ; je crus avoir fait avorter une phlegmasie commençante. » Mais , le surlendemain, retour des mêmes accidents , annoncés comme la première fois par un frisson prolongé. Un autre accès péritonitique eut encore lieu, et toujours séparé par une journée entière d’apyrexie et d’intermittence parfaite. Les moyens employés par M. Dufau ont été ce qu’ils doivent être en pareils cas ; il eut recours à la saignée , aux sangsues et à un traitement antiphlogistique très actif pendant les deux premiers accès péritonitiques, parce que les symptômes inflammatoires étaient très marqués; il ne prescrivit que la diète , les boissons et fomentations émollientes au troisième accès , parce qu’il était inutile d’affaiblir davantage le malade, qui était suffisamment préparé à l’administration du quinquina, si son emploi n’avait pas été jugé inutile par le faible degré des symptômes inflammatoires et fébriles qui avaient caractérisé le dernier accès. Mais quelque temps après , et par suite d’une imprudence du malade , l’irritation inflammatoire du péritoine ayant reparu sous le même type que la première fois , M. Dufau ne combattit l’accès que par des boissons adoucissantes , des fomentations locales , et eut recours immédiatement à douze grains de sulfate de quinine qui la prévinrent sans retour.
Quel médecin non prévenu ne reconnaîtra pas , sous le no281, que la fièvre d’accès est symptomatique d’une lésion de la matrice et du péritoine, sujette à des exacerbations périodiques, puisque cette affection a pour cause l’impression du froid et l’usage intempestif des purgatifs chez une nouvelle accouchée? Les lochies , qui étaient abondantes, sont en partie arrêtées; il survient des douleurs dans la région hypogastrique, envies de vomir, constipation, anxiété, pâleur, altération des traits, dureté et fréquence du pouls , chaleur âcre à la peau , abdomen volumineux et très sensible à^la moindre pression , mamelles un peu flasques. Tous ces symptômes, qui indiquent bien évidem^ ment une métro-péritonite, disparaissent en grande partie à l’aide d’une saignée, diète, boisson délayante, fomentations émollientes sur l’abdomen et lavements ; ils reviennent le surlendemain avec une nouvelle intensité et précédés de frissons ; les douleurs abdominales sont vives et insupportables , même au toucher ; le pouls est fréquent et serré, les traits tiraillés, etc. Le malade ne veut pas de sangsues; l’accès se termine par des sueurs suivies d une rémittence assez sensible. Mais le lendemain nouvel accès plus
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violent, avec tous les symptômes fébriles et inflammatoires indiqués; enfin on parvient à appliquer vingt sangsues sur l’abdomen , et une apyrexie complète s’établit; le retour de l’accès est même retardé d’un jour et il est moins intense. Dès lors il y a deux jours de calme et d’apyrexie entre les accès ; on en profite pour administrer le quinquina , qui ne tarde point à les prévenir sans retour. On voit ici que, sous l’influence d’un traitement antiphlogistique , l’inflammation périodique et fébrile delà matrice et du péritoine est allée en diminuant d’une manière très sensible; de continue avec des redoublements de deux jours l’un , ou de rémittente tierce qu’elle était d’abord , elle a passé au type quarte avec une intermittence et une apyrexie complètes pendant lesquelles on a pu , sans inconvénient, administrer le quinquina pour en prévenir le retour. On ne peut pas dire qu’il s’agissait ici d’une fièvre puerpérale intermittente essentielle , puisque les symptômes de la fièvre étaient subordonnés à ceux de l’inflammation du péritoine, puisque le retour périodique et l’intensité des symptômes fébriles ou sympathiques ont toujours été proportionnés à ceux delà lésion locale, puisqu’il a suffi de combattre la métro-péritonite par des moyens antiphlogistiques pour rendre la fièvre moins intense et amener une apyrexie parfaite , et puisque , en dernier lieu , l’accès inflammatoire péritoiiitique a été remplacé par une éruption miliaire qui s’est développée sur toute la surface du ventre, delà poitrine, et principalement autour des mamelles. Cette dernière inflammation, dont la durée a été celle d’un accès ordinaire , n’a point été accompagnée de fièvre comme celle du péritoine , parce qu’elle n’était point assez intense et assez aiguë pour exercer au loin des influences sympathiques sur les principaux viscères. On sait d’ailleurs sur quels faits, rien moins que concluants , se sont fondés les médecins qui ont voulu établir la fièvre intermittente pei'nicieuse puerpérale. Osiander y qui le premier eut l’idée de créer cette nouvelle espèce de fièvre pernicieuse , se fonda sur l’exemple d’une femme de Casse! , sujette depuis long-temps à un catarrhe chronique de la matrice, et chez qui, à la suite d’un accouchement laborieux , il se développa , du troisième au quatrième jour, des accès fébriles très intenses, auxquels cette femme succomba , sept jours après l’invasion du premier accès. L’autopsie fit voir des traces manifestes d’inflammation dans la matrice et les ovaires , comme on peut le voir sous le n“ 282.
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Peut-on douter que la prétendue fièvre pernicieuse puerpérale ne fût, dans cette circonstance, tout-à-fait dépendante de la lésion de la matrice?
L’auteur de l’observation sous le n® 280 fait remarquer dans des réflexions qui la suivent, qu’il régnait alors dans la citadelle de Strasbourg où se trouvait la malade, une épidémie de fièvres intermittentes provenant de miasmes exhalés par des végétaux putréfiés dans les fossés de la forteresse, et dont elle avait pu ressentir les effets. L’influence de ces miasmes, dont l’action se fait ordinairement sentir vers la fin de la journée , semble expliquer le redoublement de fièvre et d’agitation qui a lieu tous les soirs, indépendamment de l’humidité de l’appartement qu’habite la malade et des imprudences dont elle est l’objet. La fréquence du pouls , qui était presque continuelle , indiquait une diète absolue, et la soupe donnée le lendemain de la saignée contribua sans doute à rappeler la douleur abdominale, et par suite les redoublements fébriles, d’autant plus que la langue était sèche et rouge à sa pointe. On aurait sans doute abrégé les souffrances delà malade si l’on avait eu recours à un traitement antiphlogistique plus sévère et à une prompte application de sangsues sur l’abdomen ; probablement aussi que l’intermittence etl’apyrexie en auraient été la suite, comme dans les exemples précédents, et qu’on aurait pu administrer plus tôt le sulfate de quinine par la voie de l’estomac ; d’ailleurs on pouvait le prescrire en lavements et en frictions dans le cas où la sensibilité de l’estomac aurait continué à être plus ou moins marquée.
Dans les observations sous les n"" 28V, 287, 290, peut-on voir autre chose ciue des affections idiopathiques de la matrice, bien que l’une présente le type quotidien, l’autre le type tierce, et la dernière le type quarte? D’abord la première ne peut pas être une fièvre intermittente essentielle , puisqu’elle ne présentait pas de fièvre ) il n’y avait ni fréquence du pouls, ni céphalalgie, ni soif, ni amertume de la bouche, etc. Le froid, la chaleur, les sueurs qui caractérisaient les accès, ne s’étendaient presque jamais au-delà de la région hypogastrique ; les douleurs très vives qui étaient alors ressenties dans la matrice se calmaient à mesure que l’accès arrivait à sa fin, et il s’écoulait alors par les parties sexuelles une matière blanche qui ne pouvait être que le produit d’une irritation inflammatoire ou subinflammatoire* Enfin la malade conservait dans la région de la matrice un sen-:
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liment de pesanteur tel qu’il simulait une descente de cet organe, qui cependant n’avait point lieu.
Qu’est-ce qui prouve que la deuxième observation soit une fièvre tierce inflammatoire esseritielle ? Ne peut-on pas se rendre compte de tous les symptômes, en la regardant comme sympathique de l’affection de l’utérus prouvée par la douleur ressentie à chaque accès dans cet organe et par le sang qui s’en écoulait? Le professeur Pinel lui-même nous autorise à le penser, puisque dans le traitement de sa malade il donne plus d’attention à l’affection de l’utérus qu’à la fièvre elle-même, et puisque, après la disparition de cette dernière parle moyen des antiphlogistiques, la matrice a conservé une sensibilité plus grande qu’à l’ordinaire. D’ailleurs il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une femme qui se trouvait arrivée à l’àge critique, et chez qui le principal rôle, dans l’affection dont il s’agit , était d’autant plus sûrement joué par la matrice que les exacerbations inflammatoires et fébriles de cet organe étaient souvent accompagnés d’une légère hémorrhagie utérine , et que la saignée du pied fut le moyen qui procura le plus de soulagement à la malade. Enfin la fièvre n’est-elle pas également symptomatique dans la troisième observation, puisqu’il s’agit d’une affection organique de la matrice qui précède le développement de la fièvre , laquelle est évidemment produite par les exacerbations périodiques de l’affection utérine locale, puisque cette fièvre cesse ou ne reparaît plus du moment que cette affection redevient stationnaire, ou plus calme. Le fait sous le n^ 285 offre Texemple d’une femme jeune et robuste, dont les règles, après avoir éprouvé un retard, reparaissent accompagnées de douleurs extraordinaires, surtout dans la région iliaque droite, d’où elles se propagent dans le bassin ; ces douleurs vives, lancinantes, portent sur le fondement comme dans le travail de l’enfantement; leur violence est telle, qu’ elles provoquent des cris, le délire et des mouvements convulsifs. Tous ces phénomènes se calment peu à peu; et le lendemain, la malade ne ressent plus rien si ce n’est un peu de fatigue ; elle se lève et vaque à ses occupations. Mais à midi, perte de sang plus abondante et nouvel accès caractérisé par les mêmes symptômes. Le retour périodique de tous les accidents morbides a lieu plusieurs jours de suite ; et comme ils vont en augmentant, on appelle un médecin accoucheur qui, témoin de ces accidents, les attribue d’abord à
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un avortement probable, et croit ensuite reconnaître une plilegniasie utérine ; en conséquence, des émissions sanjjuines et un traitement antiphlogistique sont prescrits. Cependant les accès utérins continuent à revenir avec la même périodicité, et l’on administre le sulfate de quinine qui en prévient le retour. Peuton, dans ce cas, méconnaître la congestion sanguine et l’irritation inflammatoire périodique qui ont lieu du côté de la matrice, et qui provoquent sympathiquement tous les symptômes nerveux et cérébraux qui constituent les accès dont il s’agit? Pas un médecin n’ignore les relations intimes de la matrice, surtout avec le cerveau et l’estomac 5 relations telles que bien des femmes à l’époque menstruelle ont le caractère inégal, taciturne, digèrent mal toute espèce d’aliments; il y en a qui éprouvent des coliques, des douleurs plus ou moins vives dans la matrice, quelquefois des mouvements convulsifs, un délire passager, etc. La cause et la nature inflammatoire de la naaladie chez la femme dont il s’agit ne semblent pas douteuses’, quels que soient d’ailleurs les phénomènes généraux et nerveux qui l’accompagnent. Cependant M. Jolly, chargé de faire à l’Athénée de médecine un rapport sur ce fait, a cru devoir le qualifier de névralgie utérine intermittente l a L’absence de tout signe de lésion organique, la nature des douleurs , et surtout leur marche périodique f indiquaient assez, dit-il, un caractère essentiellement nerveux... Ici la névralgie était essentielle, idiopathique ; la congestion sanguine de l’utérus n’en était pas la cause, mais bien V effet, puisqu’il a suffi d’arrêter la première pour obtenir la cessation de cette congestion et de la perte utérine qui en était le résultat. L’efficacité du sulfate de quinine a pleinement confirmé le caractère nerveux de la maladie (1). » Quoil des douleurs vives, lancinantes, dans la région de la matrice, après un retard de menstruation, des douleurs qui portent sur le fondement comme dans le travail de l’enfantement, et accompagnées d’une perte sanguine, n’indiquent qu’une névralgie ntèrine essentielle! On nous permettra de partager l’avis de l’accoucheur qui fut témoin des symptômes dont il s’agit, et qui reconnut une phlegmasie utérine. Il est du reste facile de concevoir pourquoi M. Jolly adopte une opinion contraire, d’après l’idée qu’il s’est faite de toutes les maladies périodiques en gé-
(1) Nouvelle bibliothèque médicale pour
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néral ; on voit que c est surtout à cause de la marche périodique de l’affection dont il s’agit, qu’il lui assigne un caractère essentielleme7it nerveux. 11 n’y a pas, selon lui, d’autres caractères possibles pour une maladie qui marche ainsi ! d’où il est facile déjuger que ce praticien s’en laisse imposer, comme les anciens, par une circonstance accessoire dans les maladies, c’est-à-dire par la périodicité ou l’intermittence ; mais il y a, entre son opinion et la leur, cette différence que les anciens, en reconnaissant le déguisement de la fièvre intermittente sous des formes inflammatoire, nerveuse, hémorrhagique , etc. , s’éloignaient peu , et beaucoup moins, de la vérité que M. Jolly et les médecins modernes, qui ne voient plus que la forme nerveuse ou le caractère nerveux dans une affection intermittente quelconque. Certes, si l’on voulait regarder comme nerveuse toute maladie dans laquelle le système nerveux joue un rôle, il n’y aurait plus dans toute la pathologie que des névralgies et des névroses , puisque dans toutes les maladies ce rôle du système nerveux existe, puisque c’est par lui que nous éprouvons la douleur, le froid et toute espèce de sensation morbide quelconque ; mais est-ce une raison pour qu’une maladie occasionnée par l’afflux du sang, par une congestion sanguine évidente, soit purement et essentiellement nerveuse? M. Jolly nous paraît tourner dans un cercle vicieux quand, à propos de ce fait, il assure que la congestion sanguine de l’utérus est l’effet de la névralgie utérine, parce qu’il a suffi d’arrêter celle-ci par le sulfate de quinine pour obtenir la cessation de la première : car est-il bien sûr que ce médicament se soit adressé particulièrement et plutôt à l’irritation nerveuse, qu’à l’irritation sanguine? Ne peut-on pas retourner son principal argument contre lui-même, et soutenir avec autant de raison que peut en avoir M. Jolly, que la névralgie était l’effet de la congestion inflammatoire, parce qu’il a suffi de prévenir celle-ci par le sulfate de quinine pour empêcher cellelà de se manifester de nouveau? N’esi-il pas aujourd’hui parfaitement démontré que l’emploi méthodique du quinquina ou du sulfate de quinine prévient le retour d’une irritation périodique inflammatoire, hémorrhagique et subinflammatoire, aussi efficacement que celui d’une irritation nerveuse? D’ailleurs il ne faut pas oublier que dans le fait dont il s’agit, le retour des douleurs périodiques était précédé de la congestion sanguine de r utérus, annoncée par une perte^de sang plus considérable, et
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