GG
cause des relations sympathiques très èlroiies qui existent constamment entre la peau et la muqueuse digestive ; mais ici l’avantage que nous avons de porter les remèdes pour ainsi dire di* reciement sur les parties affectées, a été cause sans doute qu’on leur a opposé des stimulants directs tout-à-fait analogues à ceitx qu’on oppose avec succès aux subinflammations cutanées; or, si l’on n’a point fait ce raisonnement en théorie, faute de connaître l’ideniiié de nature des maladies dont il s’agit , du moins l’expérience a constaté l’efficacité de quelques moyens tentés par l’empirisme , et qui se trouvent agir dans le sens dont nous venons de parler, pour arrêter les irrita’ions sécrétoires ou folliculeuses gastro intestinales. On sait que bon nombre d’embarras gastrique et intestinal guérissent comme par enchantement par des vomitifs et des purgatifs ; on sait que certaines fièvres muqueuses et certaines dianhées seraient interminables, si on ne les attaquait par des stimulants plus ou moins actifs du système lyrnphatico-sécrétûire ou exhalant de la muqueuse intestinale. N’est-ce pas dans ce sens qu’on peut envisager l’opération de la nature qui consiste à établir des crises favorables par des diarrhées? Il arrive souvent dans les épidémies de fièvres rémittentes muqueuses , catarrhales, et même ataxiques, que la crise s’opère par un flux diarrhéique ou dysentérique ; or, ce flux, qu’est-ce, sinon une exhalation très active des vaisseauxblancs, qui, par un rapide dégorgement du système lymphalico-ganglionnaire , termine une irritation subinflammatoire, de la même manière qu’une hémorrhagie amène la solution de l’irritation des capillaires rouges qui constitue la phlegmasie? Aussi les stimulants qui provoquent des évacuations sont-ils en général beaucoup plus surs que ceux qui n’en provoquent pas et qu’on a coutume d’employer dans des circonstances analogues , tels que le quinquina , la gomme ammoniaque , le camphre, l’extrait de cachou , etc. Parmi ces derniers moyens , il n’y a guère que le quinquina ou le sulfate de quinine qui soient réellement d’un grand avantage , et encore cet avantage n’est-il bien certain que quand la périodicité des accès ou des redoublements subinflammatoires est bien établie; dans ce dernier cas, l’efficacité de l’écorce du Pérou est incontestable, comme pour toutes les autres affections intermittentes; mais c’est toujours dans l’intervalle des accès ou pendant la durée de l’intermittence qu’il convient de l’administrer ; quand il y a des symptômes d’irritation gastrique, il est très prudent de ne l’administrer qu’en lavements
SUBINFLA MMA-TOIÎIES INIERNES.
comme dans le fait sous le n» 3:>9 ; d’ailleurs, chez les enfants, à qui il est si difficile de faire avaler des amers , c’est toujours le mode d’ingestion le plus convenable ; on peut encore associer le camphre au quinquina, comme dans le cas dont il s’agit. On lui associe avec avantage l’opium chez les personnes très irritables, et surtout quand des coliques plus ou moins fortes semblent indiquer que la tunique musculeuse des gros intestins prend une part plus ou moins active à l’irritation des follicules muqueux, c’est tie que fit avec succès M. Nepple, dans robservalion sous le n» 346, tl y a des praticiens qui ont l’habitude d’associer la rhubarbe au quinquina , particulièrement quand il y a des borborygmes très frequents ; mais eu général il vaut mieux que l’action des évacLians, quand elle est jugée utile, précède celle du quinquina. Toutefois il ne faut pas que celte; règle soit pemssée trop loin; on sait qu’un grand nombre do praticiens ne sauraient administrer le quinquina sans lui avoir préparé les voies ,par les évacuants; il y a bien des cas où cette sorte de préparation ne peut être que nuisible, parce que le système sanguin prend une part trop active à la lésion gastro-entérique. C’est presque toujours par l’émétique qu’on débute dans le traitement des fièvres muqueuses, et par ripécacuanha dans les cas de diarrhée; il est certain qu’en général les évacuants par le haut et par le bas jouent un grand rôle dans le traitement de toutes les maladies dites muqueuses, lientériques , vermineuses, mésentériques, putrides , diarrhéiques , etc. , dans lesquelles on ne peut pas douter de la lésion des follicules du système lymphatico-exhalant de la muqueuse gastro-intestinale. On ne peut alors se rendre compte des bons effets des évacuants que par leur action uniforme sur toute la surface de la muqueuse digestive et par l’égale répartition del’irritation sécrétoire qu’ils tendent à établir sur une surface très étendue, de telle sorte que les points les plus engorgés et^es plus malades se trouvent soulagés par suite de la surexcitation des parties plus ou moins éloignées. L’irritation, ainsi disséminée sur une vaste étendue et réduite à un faible degré, risque beaucoup moins de produire des altérations profondes et durables que quand elle est toute concentrée sur quelques points; ce qui arrive fort souvent quand la subinflammation est livrée A elle-même , parce que les follicules irrités tendent à se grouper, k former des plaques d’abord fongueuses , puis putrilagioeuses, et d'où résultent des ulcères dont la guérison se fait long-temps
attendre, alors qu’elle est rendue possible par la vigueur générale et la force de résislance des malades. C’est ainsi qu’on peut expliquer le succès quelquefois très grand des purgatifs dans certains cas de fièvre rémittente muqueuse chez des individus d’une constitution molle et indolente; mais de tels moyens ne peuvent être dirigés avec avantage que par un tact médical exercé, et par un praticien attentifà en suivre les effets ; car aussitôt quela dureté et la fréquence du pouls, la chaleur de la peau , la sécheresse de la langue, l’agitation nocturne, et un sentiment d’ardeur en urinant , commencent à paraître et indiquent la part d’irritation du système capillaire sanguin, de tels moyens deviennent nuisibles; ils provoquent bientôt des symptômes adynamiques ou ataxiques , et font passer la fièvre au type continu. Enfin les remèdes dont l’usage est le plus à redouter dans tous les cas , c’est celui des stimulants décorés du nom (['astringents ou de détersifs J comme les décoctions de cachou, de simarouba , de bistorte, puis l’usage de la térébenthine , de la gomme quino, etc^ Nous pensons qu’il est en général prudent de renoncer à tous ces moyens, à l’aide desquels, il est vrai, on supprime très volontiers une blennorrhée, une leucorrhée, mais dont il n’est point assez facile de mesurer l’action sur l’étendue du canal digestif pour qu’on puisse y avoir recours sans danger. On peut établir en principe dans le traitement des subinfiammations gastro-intestinales que les seuls stimulants qu’on puisse employer avec succès, ou dans l’espérance de peu nuire dans les cas où leur indication n’est pas bien positive, ce sont ceux qui provoquent des évacuations alvines ; si d’un côté ils affaiblissent les malades, comme tous les moyens qui déterminent l’émission d’une certaine quantité de fluides quelconques , d’un autre côté ils tendent à relever et à équilibrer les fonctions digestives ; ils introduisent dans le système lymphatico-ganglionnaire abdominal une disette de fluides aussi favorable à leur action normale, que celle produite dans le système capillaire rouge par les saignées locales ou par des hémorrhagies. De là sans doute l’usage si fréquent et l’efficacité parfois très remarquable du calomel contre la plupart des affections dont il s’agit. Les médecins anglais et américains ont fréquemment recours à ce médicament dans les fièvres intermittentes muqueuses et diarrhéiques. Cleghorn et Lind donnent alors le calomel à la dose de trois grains toutes les trois heures. Lind ajoute parfois à l’usage du calomel celui
SLIBINFLA3IMA.TOIRES INTERNES.
(lu laudanum pendant la période de chaleur pour produire une abondante diaphorèse. Ces moyens, selon eux, sont très propres à apaiser l’irritabilité de l’estomac , à faire cesser le vomissement , à procurer des selles avantageuses, et à faciliter rétablissement de la moiteur à la peau. Le docteur Kirkland a remarqué avec raison, dit William Wright (1), que quand il survient dans certains cas de fièvres rémittentes et intermittentes des éruptions chaudes , accompagnées du gonflement de la muqueuse qui tapisse la bouche, il se développe ordinairement une affection de même nature sur tout le canal alimentaire, et qu’alors l’emploi du calomel , des doux antimoniaux et des opiales était convenable. Les cas dont les médecins anglais veulent parler correspondent assez bien à la pyrexie exanthématique ou à la dothinentérie de M. Bretonneau, dans laquelle, après l’emploi modéré des émissions sanguines locales , ou pourrait peut-être recourir avec succès à l’usage du calomel et de quelques stimulants diffusibles. N’était-ce point le cas d’avoir recours à ces derniers moyens dans les observations sous les n°* 347 et 352 , au lieu d’administrer le sulfate de quinine à hautes doses? et avant tous ces moyens, l’indication des saignées locales n’était-elle pas? urgente pour le n® 352? C’est un reproche, il faut en convenir ^ qu’on est rarement dans le cas d’adresser à M. Maillot.
J Dans les irritations subinflammatoires des membranes séreuses , combien de médecins n’osent point avoir recours convenablement aux évacuations sanguines , parce que le prestige de la faiblesse et de la passivité leur en impose encore, ou parce qu’ils ne se rendent pas compte à eux-mêmes de leur répugnance à cet égard ! les uns font endurer la soif à leurs malades dans la crainte d’augmenter l’épanchement par l’introduction de nouveaux liquides dans l’économie; les autres conseillent force diurétiques et apéritifs pour augmenter la sécrétion des urines et de l’exhalation cutanée, tels que l’acétate de potasse, l’acétate d’ammoniaque, la scille, la digitale pourprée, la décoction de racines d’asperges, de pariétaire, le nitrate de potasse, etc. On ne réfléchit point que l’usage de ces remèdes est parfois aussi peu 'efficace qu’il est dangereux. L’art ne pouvant disposer d’aucun moyen direct pour augmenter l’action des vaisseaux absorbants, et diminuer celle des exhalants qui fournissent la sérosité surabondante et nuisible , nul doute que ce ne soit encore aux stimulants
(1) Observations pratiques sur le traitement des maladies aiguës, etc.
diïïusfbles et révulsifs, portés à la fois surles membranes cutanée et digestive, qu’ou doiN ebien souvent recourir contre les subinflammations dont il s’agit. En effet, augmenter l’action sécré^ toire de ces deux membranes si étendues en surface, et dont le rôle est si actif, si puissant, dans les fonctions générales d’exhalation et d’absorption , n’est-ce pas produire une diversion toujours sensible, et souvent très efficace pour ramener l’équilibre dans les membranes séreuses subenflammées? De là les bains tièdes, les frictions sèches ou humides, rudes ou douces, puis les ventouses, les vésicatoires, les brosses, la flanelle, etc. A l’intérieur, les évacuants, sous forme de pilules, sont ceux dont il est le plus facile de prolonger et de graduer le mode d’action; car il ne faut jamais perdre de vue les indications de ralentir ou activer au besoin Teffet de ces moyens , en un mot, â le régler dans tous les cas d’après les principes de la doctrine physiologique. Nul doute que l’application sage et méthodique de ces principes ne soit un jour aussi avantageuse dans le traitement des subinflammations qu’elle l’est aujourd’hui dans celui des phlegmasies ; mais on n’obtiendra un tel résultat que quand on aura bien compris de quelle manière il convient de produire tantôt une déplétion générale, tantôt des dégorgements locaux, parfois une espèce de disette de fluides dans le système lymphatico-absorbant , tout-à-fait semblables à ceux qu’on obtient dans le système sanguin par les émissions sanguines, locales et générales.
D’un autre côté, tous les praticiens savent que les déperditions révulsives, exhalantes et dérivatives, qu’on fait éprouver aux vaisseaux blancs et sécréteurs dans certains cas de phlegmasie , sont très utiles à leur terminaison , et surtout pour prévenir ou enrayer de longues suppurations ; pourquoi n’en scrail-il pas de même dans le traitement des subinflammations? et peui-oti douter que la déplétion du système sanguin , que la diminution de la masse du sang (qui pourvoit à toute espèce de sécrétion et d’exhalation ) ne soit très utile à l’amendement ou à la disparition d’un grand nombre d’irritations lymphatico-scCrétoires ét exhalantes? Mais, du moment que les évacuations sanguines sont jugées utiles , il faut y avoir recours tout de suite , et commencer par elles le traitement, parce que leur effet rend plus efficace l’emploi des moyens stimulants , révulsifs ou dérivatifs, sur les surfaces Cütatièe et gastro^-intestinale.
SüBINFLAMMATOIRES I^TEKNES,
Le succès d’un régime diététique, et des applications réitérées -de.sangsues sur les engorgements glanduleux et squirrheux placés s-urface du corps, nous prou\ent assez combien il peutetre ^A'antageux de réduire la masse du sang et des humeurs en circulation aux plus petites proportions possibles, parce c’est un Æfioyen certain d’activer l’action des absorbants là où ils ont le ,plus à puiser; c’est une manière toute naturelle de les Forcer en <|uelque sorte à travailler plus activement pour les besoins de 4IéooQomie , en puisant des matériaux de nutrition et de sécrétion spécialement dans les lieux où leur surabondance est nuiiâble, et tend à rompre de plus en plus l’équilibre des fonctions organiques. Toutefois il ne faut pas oublier qu’une certaine quantité de sang ou de stimulant artériel est absolument nécessaire à l’énergie de ces fonctions et à l’activité des vaisseaux absorbants; aussi est-il très important de ne pas trop affaiblir le système artériel; et dans les cas douteux relatifs aux émissions sanguines, il faut s’abstenir d’y avoir recours , surtout si l’hématose s’opère habituellement avec peu d’activité et d’énergie chez les malades. Dans ces cas, il convient d'insister particulièrement sur les moyens dont l’action est à la fois révulsive et sécrétoire , comme celle des vésicatoires, des frictions irritantes et des purgatifs. Enfin dans les hydropisies viscérales, dont les accès ou les redoublements sont très réguliers et accompagnés de fièvre , comme dans l’exemple observé par Moreau de la Sarthe, et rapporté sous le no 345, il ne faut pas hésiter d’avoir recours promptement à l’administration du quinquina ou du sulfate de quinine pour prévenir de nouveaux accès. Mais est-il nécessaire dans les cas pareils d’associer le tartre stibié au quinquina (dans la proportion de vingt-quatre grains de tartre stibié sur deux onces de quinquina), comme l’a fait ce praticien? Bien que le succès, dans le cas dont il s’agit, semble confirmer cette méthode, nous n’en concevons pas bien l’utilité, et si l'émétique ^enait à purger les malades , comme cela aurait lieu indubitablement chez un très jgrand nombre d'individus, n’en résulterait il point d’inconvé- «lients pour l’efficacité du quinquina, comme moyen prophylacti- ’que ou antipériodique?
Observations qui prouvent l’existence des subinflammations INTERMITTENTES INTERNES SOUS FORMES d’hYDRO- CÉPHALE , D’HYDROMÉNINGITE, SALIVATION ANORMALE y CATARRHE MUQUEUX, CROUP, HYDROTHORAX , ASCITE , IC¬ TÈRE , SUBINFLAMMATION GASTRO-HÉPATIQUE, ENTÉRITE SÉCRÉTOIRE ET FOLLICULEUSE, FLUX DIARRHÉIQUE, DIABÈTE, LEUCORRHÉE, GONORRHÉE, ISCHURIE ET HYDROMÉTRITE PÉRIODIQUES, SOUS TYPES QUOTIDIEN, BIQUOTIDIEN, TRI- QUOTIDIEN, TIERCE, DOUBLE TIERCE, QUARTE, QUINTANE, OCTANE, DUODÉCIMANE, QUINDÉCIMANE ET SURTOUT MENSUEL.
Subin flammat ion hydroméningique rémittente^ type bi-quotidien
et tri-quotidien.
No 328. Une femme de cinquante-sept ans est saisie par le froid. Une fièvre se déclare, cesse et revient avec des redoublements réguliers matin et soir, à l’exception des cinquième et sixième jours , où il y eut trois paroxysmes avec cé[>halalgie intense , engourdissement général , respiration stertorcusc, soif vive, langue blanche et sèche. Quelquefois cette malade paraissait être en si bon état , qu’on la croyait guérie , lorsqu’un jour , après son dîner, elle mourut subitement. Le cadavre ayant été ouvert , on vit que les circonvolutions du cerveau et les ventricules étaient pleins d’eau. Les vaisseaux de la pie-mère étaient couverts d’une concrétion gélatineuse, le cerveau ramolli, et le sang de tout le corps très fluide. (Yalsalva et Bonet, Sepulch* anatom.)
Affection hydroméningique , type quotidien. (Fièvre pernicieuse
hydro-céphalique.)
No 329. Un enfant âgé de quatre ans, bien constitué , cheveux blonds, caractère vif et gai, esprit précoce, fut pris presque subitement, le soir (juin 1819) , au retour de la promenade , d’un mal de tête avec frisson et envies de vomir. Il fut agité et eut de la fièvre toute la nuit. Ces symptômes cessèrent le matin , puis revinrent le soir; ce qui se répéta pendant quatre jours. Le cinquième au soir, frisson plus fort , grand mal de tête , fièvre, cris violents , agitation convulsive ; le matin , assoupissement. Je le vis à dix heu- FPS : la face était un peu bouffie , alternativement rouge et pâle Les paupières, livides, étaient abaissées au-devant du globe de l’oeil ; les pupilles étaient dilatées, la langue sèche et enduite d’une couche brunâtre à sa base, la peau modérément chaude et moite, le pouls très fréquent, assez fort. La tête etles membres , soulevés , retombaient de leur propre poids. Quatre sangsues aux oreilles , vésicatoire à la nuque , potion gommeuse avec sirop de quinquina éthéré, lavements avec six gros de quinquina. A midi, l’enfant avait recouvré la connaissance et les mouvements; il était sans fièvre, et seulement abattu, inquiet; il criait dés qu’on voulait le toucher. Il ne put garder le lavement. Le soir, raçcés revint avec la même force. Le lendemain , l’assoupissement était continuel , la face décomposée et [)lombée , les paupières inégalement entr’ouvertes, les conjonctives ternes et sèches, les pupilles dilatées et immobiles, les narines couvertes d’un enduit pulvérulent, les lèvres sèches et rugueuses, les mâchoires fortement serrées. Dans le milieu de la journée.
SUBINFLAMIMATOIRES INTERNES.
retour de la connaissance, mais abattement extrême. Deux vésicatoires camphrés aux cuisses, six gros de kina et un gros de camphre pour deux lavements. Il n’y eut la nuit suivante qu’un peu de chaleur et d’agitation. Le matin, sommeil paisible. Les accès de fièvre et d’hydrocéphale furent entièrement supprimés. (Dubreuil, Dissert, sur l’hydrocéph., 1820.)
Le même auteur rapporte encore deux exemples semblables , mais dans lesquels l’intermittence est moins sensible entre les accès hydrocéphaliques.
Affection hydroméningique f type tierce,
No 330. Un petit enfant de trois ans, sujet à des ophlhalmies et à des exanthèmes à la face, est attaqué de fièvre tierce avec défaut d’appétit, engourdissement et somnolence Cependant il paraît si bien se trouver des remèdes qu’on lui prescrit, qu’on le croit guéri , quand il retombe non seulement dans le même état , mais de plus il est affecté d’une paralysie du côté droit du corps. Il reste couché comme insensible. La respiration devient de plus en plus difficile, cl le pouls s’éclipse avec la vie. Le crâne étant ouvert, on reconnut que la région antérieure du cerveau était tuméfiée par de l’eau, que les ventricules en contenaient beaucoup , et qu’ils laissaient transsuder de la sérosité de ses membranes. Le plexus choroïde avait perdu de son volume , il était blanchâtre et vide de sang. (Bonet, Sepulchret. anat.)
Hydrencêphale avec des redoublements fébriles, type double tierce.
No 331. Un fils unique , âgé de dix-sept ans , à la suite d’une suppression purulente de l’oreille droite , fut pris de violents maux de tête , une fièvre ardente, un transport au cerveau , des redoublements de fièvre qui simulèrent une double tierce, à la surprise aussi grande que pénible de son médecin. Il survint , dans le courant du quatrième accès, des symptômes hydrencéphaliques, tels que des attaques de convulsions, de la lenteur dans le pouls, une attaque de convulsion et de paralysie dans le côté gauche, la dilatation des pupilles , un coma profond. Il mourut comme apoplectique dans le courant de l’accès suivant. A l’ouverture du cadavre, on trouva une inflammation considérable et un ramollissement de la partie du cerveau qui répond au rocher ; elle avait pénétré jusque dans les ventricules , qui conte- «aient un épanchement de sérosité. (Coindet, Mémoire sur Vhydr encéphale )
Affection hydroméningique avec des rémittences très sensibles.
No 332. L’enfant J***, âgé de onze mois, allaité par sa mère, avait eu au cou une tumeur lymphatique qui avait disparu assez brusquement depuis environ deux mois, lorsqu’il fut pris, dans la nuit du 11 mars 1815, d’agitations, de chaleur sèche et brûlante à la peau. Le 12 dans la matinée, il était assoupi ; le visage était rouge, les yeux enlr’ouverts et brillants, le pouls fréquent, tendu , les bras agités par de légers soubresauts. Cependant le malade se trouvait assez bien par intervalles pour téter comme à l’ordinaire; les selles étaient naturelles, ainsi que la respiration. Il n’y avait eu ni vomissement, ni apparence de mal de cœur , néanmoins il existait assez de signes d’excitation du côté du cerveau pour qu’on eût lieu de redouter l’hydroméningite; en conséquence on prescrivit l’application de sangsues aux tempes, des sinapismes et une solution de tartre stibié. Le soir à huit heures, le pouls est très fréquent. L’enfant a vomi ai)rés les premières doses de tartre stibié; il a eu quelques selles verdâtres; il n’est point sorti de son assoupissement pendant l’application des sangsues. La mère n’en fit appliquer que deux au lieu de quatre qui avaient été prescrites. On fit appliquer de nouveau quatre sangsues; on continua la solution stibiée. Dans le cours de la journée
IRUIïATIO.NS INTERMITTENTES
le petit malade a pris le sein avec autant d’appétit que dans l’état de santé; mais la nuit a été très mauvaise: vomissements provoqués par le tartrite d'antimoine; soubresauts, mouvements convulsifs. Le t3, à onze heures du matin, le malade paraît calme; les yeux sont naturels; le pouls à 112, régulier (la veille on avait peine à compter les pulsations), langue nette, humide, ventre souple, respiration gênée seulement par intervalles ; matières alvines porracèes. (Considtation avec le professeur Odier.) L’amélioration des symptômes était telle qu’on présuma que l’affection cérébrale était dissipée, et que les derniers mouvements convulsifs n’étaient que le résultat de l’irritation sympathique des intestins. On prescrivit en conséquence une mixture antispasmodique, composée de poudre de gulictie, de fleurs de zinc, d’yeux d’écrevisse, dans de l’eau de tilleul et de muguet. Un quart d’heure après, les consultants encore présents, on observa que l’enfant soupirait comme un adulte oppressé par quelque sentiment pénible; le pouls était inégal et à 1540 pulsations. Après midi, nouvelle attaque de convulsions. Mort à quatre heures.
Ouverture cadavérique.— Evlve l'arachno'ide et la pie-mére, épanchement gcialineux tellement considérable, surtout sur l’hémisphére gauche, que l’arachno'ide tombait sur la face en forme de poche, pleine de celle matière gélatineuse; l’arachnoïde était épaisse, opaque; les vaisseaux sanguins de la surface du cerveau pleins de sang Épanchement gélatineux dans les ventricules laté • raux , plus considérable dans le ventricule droit. La surface du cervelet était également recouverte de cette humeur. Les autres cavités ne présentèrent rien de remarquable (Uatihey, Mémoire sur l’hydrocéphale, Genève, 1820.)
Hydrocéphale rémittente , type quintane.
Na 333. La jeune Petermann, âgée de dix ans, d’une faible constitution, avait eu la coqueluche durant trois mois consécutifs ; dés lors elle s’était plainte de la tête ; elle était trisle , faible , b nie dans tous ses mouvements. Dans la première quinzaine du mois d’août 1803, la céphalalgie devint plus intense, la malade fut prise de vomissement spontané. Le 16, symptômes aggravés : assoupissement, pupilles dilatées et contractées par intervalles, cris aigus : La tête, mon Dieu^ la tête I
Le 20, les pupilles sont dans l’état naturel; la malade voit, elle entend ; elle mange avec plaisir. Le 21, mêmes symptômes que le 16 : chaleur brûlante de la peau, pouls fréquent, assoupissement , dilatation et contraction des pupilles, se succédant à de courts intervalles. Jusqu’au 27, point de changement. Le 28, convulsions légères. Morte à dix heures du matin.
Ouverture du cadavre. — Adhérence de la dure-mére au crâne; tissu des hémisphères du cerveau plus consistant qu’à l’ordinaire; une lasse d’eau dans les ventricules; les diverses éminences de la base des ventricules réduites en putrilage; cervelet très mou ; eau sanguinolente dans le canal vertébral ; rien de remarquable dans la poitrine. La surface du foie couverte degranulations blanchâtres; le parenchyme plein de sang noir. [Id. ibidi.)
Subinflammation rémittente et intermittente quotidienne et tierce du cerveau et de ses membranes.
No 334. Julie Millet, âgée de deux ans et demi, fut apportée à l’hôpital des Enfants, le 15 janvier 1824, pour y être traitée d’une conjonctivite palpébrale existant depuis un mois environ. Les paupières étaient tuméfiées, rapprochées; de la suppuration suintait entre elles, et avait produit, en coulant sur les joues, de petits boulons rouges, environnés d’un cercle érysipélateux. 11 y avait peu de fièvre, la langue était humide et rose, le ventre^ indolent; les fonctions digestives s’exéculaienl bien. Une application de six^
SUB1NFLAM31ATOIRES INTERNES.
sangsues derrière les oreilles, des lotions émollientes et un régime doux diminuèrent beaucoup l'inflammation des conjonctives; les jours suivants on fll frotter la partie postérieure des oreilles avec de la pommade èpisfiastique, et le 28 janvier, les \ eux nous parurent assez bien ; toutefois il ne fut point facile de s’en assurer; l’enfant était fort criarde et très impérieuse depuis quelques jours ; dans la journée elle parut triste , ne voulut point se lever comme à son ordinaire, et ne prit pas de nourriture. Le 29, abattement, face pâle, nulle trace de sui)puration à la partie postérieure des oreilles, aucun écoulement des paupières , un peu de fréquence dans le pouls. Vésicatoire au bras, oxymel, pédiluve , collyre adoucissant, diéle Dans l’aprés midi , je fus appelé auprès d’elle et je la trouvai dans l’ètat suivant ; tête renversée en arrière, mâchoires serrées, membre thoracique droit agité de mouvements convulsifs , brusques , par secousses; insensibilité, perle de connaissance ; pouls rni.'érable, grande pâleur. Sinapismes aux jambes A quatre heures, la face était colorée, le iiouls [)lus dévelopiié, la peau plus chaude; l'enfant parai'Sait insensible et le bras droit paralysé; deux sangsues appliquées derrière cha'jue oreille, des compresses froides placées sur le front, et les sinapismes renouvelés sur les membres inlérieurs ; le sang coula abondamment, et lorsqu’on voulut l’arrêter, l’enfant cria beaucoup et lérnoigna une grande sensibiliiè. La nuit fut tianquille, les convulsions ne reparurent point; il n’y eut pas d'évacuations.
Le 30, les mouvements du bras droit ont reparu ; l'enfant parle et crie lorsqu on la remue ; elle se plaint de la tête ; le [)ouls est peu développé (1 20). Cet élat persiste jus<iu’au lendemain sans que l’on ail recours à d’aulres moyens actifs. A trois heures, nouvelle attaque, mouvements convulsifs dans la mâchoire et le bras droit; trois sangsues appliquées derrière les oreilles, des sinapi^mes aux pieds et de la glace sur la tête n’ernpéchent pas cet élat de persister pendant douze heures Le février à la visite, tête inclinée à droite; dés qu’on meut lenfant elle pousse des cris perçants ; mâchonnements, agitation continuelle des globes oculaires; pouls misérable, donnant 120 pidsalions; vé.'icaloire à la nuque. Le soir même étal, les extrémités inférieures me paraissent loui-à-fail insensibles ; je pince la peau sans exciter de plaintes, tandis que le moindre mouvement imprimé au tronc ou à la lêle provotiue des cris aigus. Cet étal persiste la nuit. Le 2, affaiblissement gradué, cornées opaques; mort sans convulsions à minuit, le sixième jour de la maladie.
Examen du cadavre vingt-quatre heures après la mort — Pas de roideur cadavérique, embonpoint ordinaire, traces de teigne squameuse sur la partie postérieure des téguments du crâne. Arachnoïde humide, tissu sous arachnoïdien, recouvrant le tiers postérieur de la surface supérieure des hémisphères, infiltré de pus, surtout sur les côtés de la grande scissure. Dans ce point, les membranes céiébrales sontépaissies,adhérenlesà lasubslance corticale; elles forment au fond des anfractuosités des espèces de noyaux très consistants, et ont dans ces points prés de deux lignes d’épaisseur ; à gauche, la substance grise et la blatmhe sont réduites en une bouillie rougeâtre; ce ramollissement s’étend jusqu’au corps calleux elà la paroi supéiieuredu ventricule. Les membranes sont injectées dans tout le reste de leur étendue, mais non infiltrées de pus ; elles paraissent saines vers la base du crâne, où l’on trouve une très petite quantité de sérosité. La voûte à trois piliers , le septum lucidum, les couches optiques et les corps striés sont consistants et injectés ; il n’y a pas d’eau dans les ventricules, le reste est sain. Les poumons hépatisés dans leurs deux tiers inférieurs, laissent échapper par la pression quelques gouttes demucus purulent. Les autres organes sains. (Senn, Recherches analomico'pathologiques sur la méningite )
ÔyJ IRRITATIONS INTERMITTENTES
Subinflammation méningo-rachidienne avec des accès ou des i
exacerba lions pé riodiq ues .
No 335. M. Pelil, droguiste, âgé de trente-cinq ans, ancien militaire, d’un tempérament sanguin , maigre mais robuste, sujet à des douleurs rhumatismales, et ayant éf)rouvé une sciatique quelques années auparavant, fut atteint, dans les premiers jours de juin 1826, d’une odontalgie très intense, qui fut suivie d’un gonflement douloureux de la joue, à la suite duquel un abcès se forma profondément dans la région temporale A cette époque le malade fut tourmenté par une douleur aiguë qui occupait la nuque et la moitié postérieure et supérieure du cou ; son inlensiléétait extrême, et avait lieu par exacerbations ou paroxysmes réguliers, qui cornmençaientà dix heures du soir et cessaient à trois heures du matin. Cette douleur , sourde à son début, devenait brûlante, déchirante, et se répandait ensuite dans la tête et dans tous les membres ; elle rendait les mouvements de la tôle sur le cou à peu prés impossibles.
Le 17, cette douleur n’existait plus dans le cou et l’occiput que quand le malade exécutait quelques mouvements avec la tête ; il se levait, se promenait dans sa chambre , appuyé sur le bras d’un aide; mais il commença alors à ressentir dans la région lombaire une gene pénible, de même qu’en fléchissant le tronc et en se tournant dans son lit; cependant celte sensation incommode devint de plus en plus faible. Au bout de huit jours, sur les trois heures de l’après-midi, la douleur lombaire reparut tout-à coup et assez forte, tandis que celle de l’occiput, de la nuque et du cou diminuait d’intensité, et rendait plus faciles les mouvements de la tête et du cou ; les mâchoires pouvaient s’écarter d’un pouce et demi, et jusque là leur écartement avait été à peu prés impossible. Dans la soirée , exaspération delà douleur lombaire qui se propage entre les deux épaules où elle est moins vive; nuit agitée. Le calme ne se rétablit qu’à quatre heures du matin. Dans la journée du lendemain, le malade a de la peine à se mouvoir ; la région lombaire est toujours douloureuse ainsi que les membres abdominaux, et notamment les jambes, qui sont le siège de douleurs aiguës. Le soir, la douleur des jambes devient brûlante , elle est accompagnée de rigidité dans les muscles de celte région et des membres inférieurs. Les huit jours suivants, mêmes accidents, qui offrent des redoublements et des alternatives régulières de rémission.
Le neuvième jour de juillet , l’intermittence est complète , la douleur lombaire cesse brusquement ne laissant guère que du malaise et de l’engourdissement dans cette région ; mais au bout de six heures, elle se réveille avec une intensité nouvelle, s’étend le long du dos et des membres abdominaux, en même temps qu’elle reparaît aussi par élancements rapides comme l’éclair à la nuque et dans la partie postérieure du cou. Ces parties sont prises ensuite d’une roideur tétanique ; le cou est un peu renversé en arriére : on remarque avec le redressement du rachis, que les pieds sont entraînés dans la rotation en dedans la pointe en bas. Les membres supérieurs conservent toute la liberté de leurs mouvements. Dans la nuit, le malade est tantôt assoupi , tantôt délirant; la respiration est difficile , le pouls très fréquent et irrégulier, le corps inondé de sueur. Le lendemain matin, dix-huitième jour, les facultés intellectuelles reviennent à leur intégrité première ; le malade boit plusieurs fois dans la journée, mais sans déplacer sa tête qui reste fixée sur l’oreiller par la roideur du cou ; le loucher seul détermine des douleurs excessives; l’urine n'a pas été rendue depuis la veille; on place une sonde à demeure qui donne lieu à une éreclion permanente; jusqu’alors ce symptôme n’avait pas existé. Pouls très fréquent, concentré, régulier ; sueurs
SDBI^FLAMMATOIRES lATERNES,
•contirtueücs. Dans la soirée , retour des mêmes symptômes que la veille: dans son délire, le malade ôta lasonde, et opposa unegrande résistance avec ses mains quand M. Champion la replaça. Malgré le délire, le malade annonce par sa vive agitation et ses cris combien on aggrave ses souffrances quand on imprime quelques mouvements au tronc et aux membres inférieurs. Cet état persiste jusqu’à la mort qui eut lieu le vingt-troisième jour.
Autopsie. — Les cavités ventriculaires du cerveau contenaient trois ou quatre onces de sérosité; mais le quatrième en était distendu. Dans les trois premiers, le liquide était clair ; dans ce dernier il était légèrement trouble, mélé de flocons blanchâtres. La membrane qui tapisse les ventricules latéraux et le troisième était intacte : mais celle du quatrième était recouverte, dans trois points particuliérement, par une couche pseudo-membraneuse jaunâtre; l’encéphale était injecté, mais sain. La pie-mére de la base du «erveau était légèrement infiltrée.
En détachant les muscles des gouttières vertébrales, on trouva au milieu de leurs fibres , dans un espace dé quatre travers de doigt , vers la partie moyenne de la région dorsale, un épanchement de sang noirâtre qui avait l’aspect d’une ecchymose ; dans ce point, le tissu musculaire n’avait pas sensiblement perdu sa consistance normale. Dés qu’on eut incisé les muscles de la région lombaire, il s’écoula subitement plus d’une demi -on ce d'un pus blanc, crémeux ; et une dissection plus attentive fit voir qu’il sortait par une ouverture située dans l’intervalle qui sépare les lames de la troisième et de la quatrième vertèbre lombaire. Après avoir mis tout le canal rachidien à découvert, il fut facile de reconnaître que le liquide purulent provenait de l’intérieur des membranes de la moelle qui en étaient distendues dans leur partie inférieure, et que son foyer se trouvait au-dessous de l’arachnoïde qui recouvre la pie-mére. Dans la portion correspondante aux dernières vertèbres lombaires, le pus était grisâtre et sanieux. Quoiqu’il se fût échappé en dehors du canal rachidien pendant la vie, il ne s’était point épanché entre l’arachnoïde et la dure-mère, ni entre celle-ci et les vertèbres : il s’écoulait immédiatement de son foyer sous-arachrioïdien, à travers l’ouverture intervertébrale dont nous venons de parler , à la faveur d’adhérences accidentelles, qui furent sans doute détruites pendant la section des lames des verlébres. On retrouvait çà et là dans le tiers supérieur de la moelle et sous l’arachnoïde, quelques plaques isolées, formées par une exsudatic n membraîîiforme très mince, semblable à celles qui existaient dans le quatrième ventricule. Le tissu de la moelle n’a pas paru altéré, mais seulement ramolli sans doute par la liqueur peu concentrée dans laquelle la pièce pathologique avait séjourné avant d’etre examinée. (Ollivier , Traité des maladies de la moelle épinière, t. 11.)
Suhinflammation et irritation sécrétoire rémittente quotidienne
et double-tierce.
ÎS'o 336. Le professeur Sébastian a observé des individus chez qui il survenait une surexcitation des glandes salivairesavec augmentation et altération dans la sécrétion de la salive qui est très chaude et plus ou moins âcre : les glandes salivaires sont gonflées; il en est de même des gencives qui saignent facilement; les dents sont comme vacillantes ; la langue , le gosier, et tout l’intérieur delà bouche, deviennent lesiéged’excoriations, de pustules, parfois d’ulcérations, et toujours de difficultés dans l’action de mâcher , d avaler, et même de parler. L’affection locale est accompagnée d’une fièvre assez intense, accompagnée par un sentiment de lassitude dans les membres, de -céphalalgie , d’agitation , de soif, de sécheresse d.ms la bouche, et d’anorexie. Plus ou moins long-temps après ces prodromes, il survient un frisson
IRRITATIONS I.N i I SiAïl Ml N l T.S
qui dure quelques heures, lequel est suh i .i'cüe ciiîii.Mif cnnMcîére.Me nvec un pouls plein , aee(?léié. Peau et loueif (i Iitilauies, soif, désir
des boissons acidulés. Vers minuit . ou le mal m, la chaleur diminue, le pouls «e ralentit, la peau devient humide, le sommeil vient, puis la sueur. Celte fièvre, que IM. Sébastian appelle fièvre salivaire ( febrù salivosa , seu sialaÿor/a ), prend le type quotidien ou double tierce. Pendant les accès, les diflèrenles parties de la bouche et du gosier s’é( haufiènl , se tuméfient, deviennent plus ou moins sensibles et engorgées; une douleur se fait sentir autour dts oreilles, sous la langue et le menton ; l’haleine devient fétide; et vers le cinquième jour , quelquefois jjlus tard, il survient un écoulement si abondant de salive, que le malade peut eu rendre plusieurs livres dans les vingt-quatre licures. Dés que la salivation est bien établie, la fièvre est Jtigée , cl au bout de se)it , de quatorze, et au plus de vingt et un joui s, il survient encore une es] éce de sueur critique, et les malades se trouvent guéris. IB eidel berger, Klinnche annalen, vol iii , 1829.)
IM. Rayer a donné des soins à une dame de vin^il-quatre ans , nerveuse , assez l ien portante du reste , et qui éiirouvail depuis plusieurs années, à des intervalles de quarante à cinquante jours , une allaijue de salivation très abondante, laquelle durait pendant trente s'x ou (;uarantc-huil licures. La quantité des fluides excrétés était souvent de plusieurs livres en vingtquatre heures. L’opiurn et le quinquina n’eurent aucune ii fluence sur ce flux salivaire. L’usage du sous-carbonate de fer administré pendant plu-ieurs mois jiarvint à en éloigner les retours sans amener une entière guérison. {Revue médicale , t. ii, 1823.)
Salivations morbides et périodiques mensuelles.
N 337. Ciliano rapporte qu’il a observé plusieurs jeunes filles chez lesquelles les premières éruptions des régies étaient accomfiagnées d’une salivation assez considérable , et qui revenait périodiquement comme les écoulements menstruels. Celle sécrétion considérable de salive durait [lendant plusieurs jours , cessait spontanément , et revenait de meme; elle était plus considérable en été que dans les autres saisons ; leur écoulement menslruel n’en était point dérangé, et la santé des malades n’en était point altérée. {Act. nat. curios , vol. x )
Une femme de la campagne n’avait jamais eu de menstrues , mais tous les mois régulièrement , cl presque toujours à l'époque de la nouvelle !:me, elle éprouvait de la douleur et de la chaleur à la tête; le lendemain , il .s'élablissaitchez elle u.. flux li és abondant de salive qui se teignaiî peu à peu en rouge. Cet écoulement durait ensuile quatre ou cinq jours , après lesquel.'; les maux de Icle cessaient, et la malade rentrait dan.-s son étal de santé habituel Celte femme a vécu ainsi depuis l’àge de quinze ans, où ces phénomènes ont commencé , jusqu’à quarante-huit où ils ont disparu sans retour. {Éphém. cur. nat., déc. 3.)
Crachement de pus avec le type tierce.
No 338. lîanœus a observé un crachement périodique de pus, qui avait Heu chez une femme âgée de soixante ans. Ce crachement lui était subitement survenu apres un point de côté qui n'avait duré que peu de temps. Il récidivait de deux jours l’un , et durait chaque fois vingt quatre heure.*;. Pendant tout ce temps , la malade rendait une quantité considérable de matières puriformes, visqueuses et sanguinolentes doi.t l’odeur était très fétide ; après celte évacuation, elle restait vingt-quatre heures sans éprouver rien de particulier, et dans un état fort tranquille. ( Act. nat. curies., an vin , p. 244. )
s U B I \ F î . A iVI M A i 0 1 1\ F S I \ t l ' Il N F. S .
Subïnpammalion de la muqueuse hronchique avec des
No 339. Ilenriellc Schnr , âgée de douze ans , d’tine constitution lymphatique, scrofuleuse dés le bas âge , fut alft'clée , le 2 mai 1835 , d’un catarrhe muqueux et iégércmenl iuÜammatoire. Au moyen de liuit sangsues et d’une potion nilrée , il céda au point que l’enfant put quitter le lit le quatrième jour. La toux était rare et facile , et rien ne pouvait faire soupçonner les phénomènes rares qui survinrent Le 7 mai, il se déclara, d’une manière toulà-fait inattendue, une violente toux avec des accès de suffocation , et la malade rendit un cor{)s polypeux blancjaunâire, montrant à rintérieur quelque ressemblance avec de la graisse coagulée, d’une consistance solide , tenace,, difficile à déchirer, et présentant distinctement Ic.s ramifications des bronches. Dans les dixjours suivants, nouvelles excrétion et ex[)uhion de masses lout-à-fait semblables à la [irécédente. Cette ex[)ulsion avait lieu régulièrement deux fois par jour, une le matin et l’autre vers minuit, de sorte que la petite malade rendit en tout vingt-deux masses de nialiére semblable à celle décrite ci-dessus. Chaque expulsion était accompagnée d’une violente toux et d’acciflents de suffocation , surtout les cinq premiers jours ; pendant les cinq autres suivants, elles furent rejetées liés facilement , après que l’enfant eut depuis long-temps quitté le lit, se trouvant sans fièvre, ayant un bon ai)pétit et du sommeil. Il est à remarquer que quelques années avant cette maladie celte enfant offrait une rudesse de la voix qu’elle a conservée depuis lors; mais éta il bien jiorlante d’ailleurs, on ne lui a fait subir aucune esjiéce de traitement médical et particulier. { Casper , Wissenchaftliche annaleii der gesammten heilkunde.)
Catarrhe muqueux, type quotidien.
No 340. Mignard, âgé de quarante-cinq ans, d’un tempérament lymphslico-sanguin, sujet pendant l’hiver aux affections catarrhales et pituiteuses,, reçut la pluie sur le corps pendant une journée de marche qu’il fit pour regagner son domicile, le 24 octobre 1 826. Vers le soir , il éprouva des frissons, des courbatures, un malaise général , anorexie , bouche pâteuse , difficulté de respirer , espèce de resserrement dans la poitrine , nuit agitée , rêvasseries fréquentes. Le lendemain , le malade est bien et ne se [ilaint qiie d’un peu de fatigue générale; mais vers le soir, retour de quelques frissonnements , malaise très prononcé , anorexie , respiration li és gênée et ronflante, toux par quintes, plutôt grasse que sèche, j)! nsi ours crachat- muqueux., très abondants; agitation ; l êva.sserics durant la nuit. Le 20, à cinq heures du matin, le malade est réveillé en sursaut, tousse , et crache quelques matières muqueuses et filantes ; il se rendort paisiblement et se trouve bien toute la journée. Vers le soir, sentiment d’humidilé froide à la plante des pieds, malaise général, céphalalgie, oppression très forte , respiration courte et génée, toux fréquente, plusieurs crachats épais, muqueux et roux, vomissements de matières semblables et d’une partie de son dîner ; soulagement , sommeil. Le lendemain malin, légère quinte de toux avec expectoration muqueuse assez abondante. Lavements, boissons adoucissantes , looch gommeux pour le soir. Pendant la journée, le malade, sans se plaindre d’aucun malaise particulier , est cependant morose et inquiet ; sa langue est pâteuse, ra])péîit nul; la plante des pieds, qui a coutume d’exhaler une transpiration abondante qui tache sa chaussure, est froide et sèche ; la peau rude , écailleuse ; les boissons chaudes et la chaleur du lit n’excilent pas de sueurs ni de moiteur sensible. Même redoublement de toux catarrhale vpr> le soir , respiration génée et très ronflante, rêves fréquents et pénibles dans la nuit. Le 28,
IRRITATIONS INTERAIITTENTES
émulsion d'amandos douces rendue laxalive par huit grains de résine de jalap et'autaol de calomel délayés dans un jaune d'œuf. Il en résulte plusieurs selles qui soulagent le malade. Cependant il est très accablé vers le soir ; redoiiblernenl de l’ocprt ssion et de la toux comme à l ordinaire , vésicatoire à ctiaqiie bras. Le lend( main malin, après une légère expectoration presque sans toux, le malade se trouve bien et ne se plaint que de l’état pâteux de la boin he ; il demande un peu de vin sucré, qu'il trouve mauvais. On change les boissons adoucis'anles et gommeuses par la décoction de polygala de Virginie eide lichen d'Islande. Les vésicatoires on t bien pris et fournissent beaucou [) de sérosité jaunâtre. Le soir aux mêmes heures, nouveau redoublement de malaise, de difficnlié de respirer et de toux; le pouls, d'une force médiocre, est plnlôl lent que fréquent, plutôt mou que dur. La nuit est assez bonne. Le 30 , sulfite de quinine en pilules, deux grains de trois heures en trois heures; même boisson. Le malade en avait pris dix grains quand le re»doublement du soir se Cl sentir; il fut moins long qu’à lordinaire ; toux , expecloralions moins fa i igantes , lavement relâchant ; nuit très calme. Le jour suivant, les vésicatoires sont en pleine suppuration, l’appétit commence à se faire sentir. âJéme dose de sulfate de quinine ; constipition et lavements. Exacerbation du so rà peine sensible; elle ne fut marquée que par un peu de toux ; sornm il d ■ 'ootue durée et sans interruption. Tontes les fonctions reprennent leur cours régulier , et le malade ne tarde pas à être complètement rétabli. (Delaloui.)
Croup rémittent quotidien.
No 341. Une fille, âgée de quatre ans, qui était enrhumée depuis huit jours, éprouva, le 24 oeiobrc 1772, vers midi, un mouvement fébrile avec enronemenl; pendant la nuit, toux assez marquée. Le deuxième jour , elle se trouva bien, et ne se plaignit que de lassitude et de faiblesse. Le soir, retour de la fièvre avec la toux . qui est accompagnée d’un bruit non ordinaire. Le troisième jour , meme exacerbation le soir; toux convulsive et éjection d’un mucus visqueux, blanc , jiresque transparent. Le quatrième jour, la petite malade prit le malin de la manne; elle se trouva si bien, qu’elle se leva, quoiqu’un peu faible , et joua avec les autres enfants ; le soir , exacerbation avec respiration slerloreuse, toux et expectoration. Le cinquième jour , un émétique fil rendre abondamment des mucosités blanches et très visqueuses; le soir, exac rbation et respiration stertoreuse. Chaque paroxysme devançait le précédent d’une heure. Le sixième jour , paroxysme plus intense que les antres jours. Le septième jour, état si exaspéré , qu’il ne paraissait plus y avoir d’e.spoir de sauver la malade; respiration stertoreuse et extrô' mement difficile , qui se calmait par la position horizontale; pouls petit, mou, très fréquent ; ihaleur de la face; inquiétude morale très grande; le povils devint de plus en plus faible , bientôt intermittent , et l’enfant mourut à six heures du soir. A l’autopsie, on trouva une couche membraniforme , tubideiise , et nullement adhérente, qui commençait au-dessous des cartilages du larynx, et se continuait le long de la trachée et des ramifications bronchiques Elle augmentait d’épaisseur à mesure qu’elle approchait du laryttx, dont elle obslruait presque entièrement l’ouverture. (Schwilgué , Mémoire sur le croup )
Croup iniermiitent quotidien.
No 342. Le fils de M. C*** , âgé de quatre ans , d’une bonne constitution , quoique sujet aux catarrhes, fut réveillé brusquement au milieu de la nuit du 23 octobre 1808 par un violent accès de toux et de suffocation croupales. Pendant cet accès, qui ne dura qu’une demi-heure , l’inspiration fut sonore,
SUBINFLAMMATOIRES INTERNES.
et l’enfant se plaignit d'un serrement au cou qui semblait l’étouffer. L’application de quelques sangsues diminua beaucoup l’éiranglement et la sensation douloureuse que le petit malade ressentait dans le larynx et la tra( bée. Lorsque le sang eut cessé de couler, il s’endormit jusqu’à huit heures , et fut réveillé par un autre accès non moins fort que le précédent, et plus long. Nous ordonnâmes alors la solution de tartrite de potasse antimonié , qui fit vomir des glaires et de la bile. On continua cette solution eti dose plus faible ; on prescrivit pour boisson ordinaire de l’eau de gomme arabique aromatisée avec celle de fleur d’oranger, et on fit donner des lavements avec une cuillerée de miel et autant de vinaigre, qui produisirent deux fuites selles. La nuit du 24 fut excellente ; mais à sept heures du matin , il survint un accès dans lequel l’oppression fut plus marquée que dans celui de la veille, mais la toux ne fut que faiblement croupale, l’inspiration fut peu sonore, et le serrement du cou se fit à peine sentir. Après celte attaque, qui se prolongea pendant deux heures, l’enfant fut bien, et ne toussa que rarement dans la journée ; le pouls , qui avait été à cent quarante pulsations jiendant l’accès, n’était plus qu’à cent, et la langue, un peu rouge sur les bords , était un peu chargée au milieu. Les urines furent abondantes et liiniiides. l.a nuit du 24 au 25 fut aussi bonne que la précédente ; mais à sept heures du malin, on vit reparaître un autre accès semblable à celui de la veille, et qui dura moins long-temps. La journée fut calme; cependant, prévoyant un paroxysme pour la nuit suivante, nous prescrivîmes des lavements d’assafœtida, de forts sinapismes aux jambes, et un julep éihéré et succiné, où entrait la confection d’hyacinthe. Malgré ces moyens, on vit à minuit le visage du malade se colorer fortement ; le pouls s’accéléra, la respir-ilion devint laborieuse , et la toux se réveilla. A une heure, l’accès continuant avec plus de force , la toux devenant rauque et suffocante , la dyspnée alarmante, et l’inspiration stertoreuse plutôt que sifflante , on fit mettre deux sangsues à l’anus, qui saignèrent abondamment; on continua les lavements et la potion. Sur le malin, le paroxysme diminua^ la respiration fut plus libre, et la toux reprit son son ordinaire ; néanmoins le pouls élail encore à cent trente-six, mais faible et cédant aisément sous le doigt ; nous ajoulâmes à nos remèdes la potion de Millar, et nous fîmes remettre des vésicatoires aux jambes. A la fin de l’accès , les urines furent pendant quelque temps jumenteuses, puis redevinrent abondantes et limpides. Le 26, la nui! fut bonne, à quelques rêveries prés, jusqu’à cinq heures du uîatin que la fievre se ralluma; la touxrauque, de même que la dyspnée, reparure''t. Ce paroxysme , qui ne dura qu’une heure et demie , fut précédé par un f oid général moindre que dans une fièvre d’accès, mais néanmoins bien sensible. Dans la journée, l’enfant fut bien , le pouis réduit à cent dix, la re.qiiralion plus libre et la toux moins sèche. Il y eut deux selles en dévoiement , et les urines furent rares; dès ce moment, elles commencèrent à dèoo.scr un sédiment abondant. 0:i continua la potion et les lavements d’assa - fœ'ida. Le 27, la nuit fut excellente jusqu’au matin; l’enfant passa alors subitement d'un sommeil doux et Iranquille à un accès de toux grasse et humide qui dura plus d’une heure , et après lequel il se rendormit ; dans la journée, les urines continuèrent à dépos r, et le pouls baissa à ceftt pulsations. Le 28, l’enfant dormit pais iblement ; à deux heures du matin, il survint un frisson, de l’angoisse et des rêveries ; vers les quatre heures, il se rendormit , et il s’établit une abondinte transpiration ; à sept heures, i! fut de nouveau réveillé par des inquiétudes ; l'accès de toux se manifesta avec le rftoiir de la fièvre, mais il ne dura que deux heures ; après le paroxysme, les urines déposèrent d’une manière étonnante. Comme la poitrine n’èiait pas libre , et que l’engorgement des canaux aériens pouvait être supposé par la respiration stertoreuse durant l’accès , nous ordonnâmes dans la matinée le tartrite de
potasse antimonlé , d autant mieux que la lanjçue alors assez rhargée. Ce remède fil rejeter beauco up de bile et de luit es épaisses, qui on traînèrent avec elles plusieurs fragments de pellicules tioirâlresde ré()aisseur d’urte feuille (le papier , et dont le plus grand lambeau olfrail le dian»élre d’une pièce de vingt sous O 1 fil continuer la potion. Le 29. l’enfant dormit d’im trait jusqu’à six heures du malin que la loux se fil enlendre avec un son plus rauque que les jours précédents; cependant l’actés , qui ne dura qu’une bout e et demie, donna encore lieu à des urines lirnjtides, qui recommencèrent à déposer dès (ju’il eut cessé Dans la jourtiée , le pouls descendit à quatre-vingt-seize , la langue cotnmença à se nettoyer, l’appélil se Glaper- -«evoir, et les accidents ne reparurent plus.
a Dans celte maladie, l’ii riial ion croupale du larynx et de la trachée, dit burine, a été bien caractérisée dans le début, et ses effets ont été rendus sensibles par la déjection de pellicules noirâtres. » (Jurine, iffémofre mét/ft sur le croup {!).)
Autre suhin flammaîion laryngo-trachéale avec le type tierce,
’So 343. La fille de M*** , âgée de vingt-huit mois, très vive et d’one forte constilulion , fut réveillée , dans la nuit du 4 décembre 1799 , par un accès de toux rauque et de suffocation croupale bien caractérisée, t omme elle demeurait hors de la ville (Genève), on ne put avoir des secours que le nnalin , et pendant ce laps de temps il y eut d’antres accès semblables qui ne laissèrent aucun doute sur la nature de la maladie. Dès que notre confrère eut vu îa malade, il fit appliquer six sangsues au cou, et ordonna nu looch aiguisé par l’oxide d’antimoine hydrosulfuré , qui provoqua de légers vomissements. Le 5, la nuit fut bonne, et pendant la journée on permit à l’enfant de se promener hors de la rna'son , ce qui augmenta sans doute le mal, à cause de la fraîcheur de l’air. Le 6, il survint dans la nuit une seconde attaque semblable à ia précédente, contre I squelit’ les parents n égligerent d’opposer les sangsues , ce que le médecin avait expressément recommandé. Le 7, seconde •intermittence, l’enfaut fut bien et presque sans fièvre Le 8, pendant la nuit, les accidents se renouvelèrent. On se décida alors à transporter l’enfant à la ville pour faire une consultation , dans laquelle on convitit d’appliquer les sangsues au cou, de mettre un vésicatoire à la nuque, et de donner le lartrite aiUimonié de i)Otas<;e ; la jourtiée se passa tranquillement. Le 9 , après «ne bonne nuit, on admini'tra dés le matin le quinquina à grande dose, soit en poudre, soit en extrait dans une potion antispasmodique , espérant s’opposer au retour périodiq le de l’accès, mais ce fut sans aucun succé'. Le paroxysme reparut le 10 avec plus de violence que les précédenis. On en combattit les accidents par des sangsues mises à l’anus, par un nuire vésicatoire, par l assa-fœ'id 1, et [lar une potion où en trait l’esprit vola ti! fétide. Tout fut înutile, et la rnilade expira, après avoir éprouvé, pendant trente-six heures, les angoisses inexprimables d’une suffocation mortelle.
A l’ouverture d'i cadavre, on trouva le larynx, la trachée et les bronches tapissés d’un m'icus épais, blanc jaunâtre , mais qui n’avait pas encore acquis la consistance de la concrétion membraiiiforme. (La veille de sa mort, -cette enfant était dans un état si naturel , rintermillencc était si comjilète, qu’on n’eùt pas pu soupçonner un tel accident pour le lendemai n.) {Id., ibid.)
'' (1) (’e Xlf’inoi e esl celui qui a rempnrié le prix de 12,0M fr. dan» le concours sur le-croup ouvert de 18 7 à IS,)9 par ordre de Napoléon. Il n’aiauiais été imprimé , et c’e.»! à l’(»bli};eaiice de notre proîesseur M. Royer-Coll ii-d . que lion» avons da la l'omiu in caiion du lu.iuuscrit où soiit^coiiLenues le« •trois observaiions de croup» réiuilUiils et iateriuiltenls que nous puldions.
SÜBINFLAMMATOIRES INTERNES
Aufre croup avec le type quarte.
N» 344. La fillo de W. P*** , âgi'e de treize moi*; , et bien portante , fut subitement réveillée , dans !a unit du 24 mai 1 803 , par une altai|ue de siiTfocation qui dura enviro f nue demi -heure, et qui fut remarquable en ce qu’elle n’avait précc'dée d’aucnn malaise, en ce qu'elle fut absoltimeni sans toux, et que, pendant sa durée , renfanl avait une propension irrésistible au sommeil. De l’eau sucrée avec de l e. tu de fleurs d'oranger parut soulager la malade, et elle s'endormit pro''ondément dés que l’accès fut terminé Dans la journée l'enfani fui bien; mais cà cinq heures du soir, il survint un tiouvel accès qui dura qu.itre heures. Dans cet accès , le visage était pâle , le cou et les veines jugniaires gonflés ; il y avait un assoupissenueut continuel , mais point de toux. Un sommeil Irauquilie succéda à cet accès. On ai)i)li(iua des sangsues au cou et des sinapismes aux jambes; il y eu! une rémission parfaite de deux Jours , ce qui fil croire à la guérison de l’enfant ; mais le 27, à deux lieures , il se manifesta un nouvel accès aussi fort que le iirécédent ; on le cornb illit par les mêmes moyens et un vésicatoire à la nuque. I.’eufanl fut bien Jusqu’au 30. Ce mêmejour, à sept heures du soir, nouvel accès qui dura cinq heures et causa les plus grandes alarmes Cet accès débuta , comme le précédent , par rassnupi>sement et la pâleur ; le cou se goi fl i ; le pouls était petit, serre, très fréquent; l'ins|)iration , sîertoreuse et profonde, se faisait entendre à une grande distance ; la dyspnée était effrayante, et la respiration ne s’opérait plus que par l’aclion convulsive des muscles abdominaux. Point de toux. On opposa à ce nouvel .accès des sangsues, »in nouveau véOcatoire, le tarlrite de potasse antirnonié , les lavements d’assa-foel ida de deux heures en deux heures. Le vomitif produisit l’évacuation d’utm prodigieuse quantité de matières, que la mère comp.araît à la pellicule épaisse qui se forme par le refroidissemetit sur les soupes farineuses Celte évacuation produisit un soulagement extraordinaire , l’assoupissement se dissipa, le pouls se développa ; la sueur froide , dont le corps était couvert, fit place à une chaleur naturelle. Un sommeil paisible succéda à ce dernier accès. Dés ce moment les accidents disparurent , exce{)lé la fréquence du pouls ; il se manifesta une toux grasse, etc. On donna de nouveau la solution émétisée , qui excita un vomissement abondant des memes matières que celles qui avaient été rejetées la première fois, mais [)lus compactes et divisées par fragrneiUs, qu’on aurait pris facilement pour ceux d’une concrétion memhraniforme. Le rétablissement fut bientôt complet. { fd , 'ibid. )
« I.a marche lémittente de celte maladie , dit M. Royer-Collard , jointe aux antres symptômes, et surtout aux [joHicides membraneuses rendues par le vomissement , dénotent que cette affection n’élait autre chose qu’un croup appelé par qucbiucs auteurs intermittent. »
Hyclrothorax et ascite rémittente quarte.
No 345. Charles***, cocher, âgé de trente-six ans , avait en dans l’été de 18'22 [)lu.sieurs accès de fièvre tierce. L’adfniuislration mal dirigée du sulfate de quinine suspendit les accès , mais d’une manière incomplète , et Charles , qui fut alors négligé à la cami)a‘'ne, devint beaucoup |)lus malade. Ses forces, son ap[)élil se perdit ent , ses jambes entlérent le soir, et d’après son récit, il fut rarement sans fièvre pendant plus de qinnze jours. Une circonstance heureuse i)our lui ayant ame né à l’aris les maîtres qu’il servait , à la fin de l’automne, je l’observai avec soin. A celte époque une fièvre q uar le avait succédé à une fièvre continue réiniltetde. Chaque accès durait prés de dix heures; il commençait par un fiisson plus long (;ue fort, suivi d une ch \leur h irni Je, à laquelle succédaient des sueurs abondantes qui terminent la fièvre, et qui
étaient accompagnées d’urines sédimenteuses dans chacun de ces accès. Au commencement de ces accès, qui n’étaient pas très pénibles, le malade éprouvait une oppression qui augmentait progressivement jusqu’au moment des sueurs. Il se manifestait en même temps un engorgement séreux , caractérisé par l’œdématie des extrémités , la tuméfaction de l’abdomen qui rendait toute recherche de ce côté pre.sque impossible , et par un épanchement séreux de la poitrine dont je m’assurai par l’auscultation médicale.
Pendant l’apyrexie, la respiration devenait facile, et l’engorgement séreux, qui semblait être te phénomène dominant et principal de chaque accès , diminuait assez pour supposer qu’il aurait disparu entièrement, si un nouvel accès n’était pas survenu. Celte circonstance me dirigea dans le traitement,, et loin de regarder l’état local comme une maladie essentielle , et la Oévre comme conséquence de cet état et comme une affection consécutive, je rapportai tout à cette fièvre, et je me proposai d’en prévenir le retour, bien persuadé que tous les symptômes morbides céderaient avec elle D’après cette opinion je fis prendre à la fin de chaque accès, et en huit doses, un mélange composé de deux onces de quinquina jaune en poudre et vingt-quatre grains de tartre stibié , divisés par bols , avec quantité suffisante de sirop diacode,. L’accès qui devait arriver fut entièrement arrêté par ce médicament, qui ne produisit aucun autre effet sensible au malade , et dans moins de huit à dix jours l’engorgement séreux disparut, au point de rendre l’exploialion des viscères du bas ventre très facile, et de permettre de reconnaître qu’il n’existait aucun engorgement. La moitié de la dose du fébrifuge fut continuée pendant huit jours, puis pendant environ un mois ; ce qui faisait pour le soir et le matin de chaque jour un gros de kina et un grain et demi de tartre antimonié de potasse. ( Moreau de la Sarthe, art. Périodique de Y Encyclopédie méthodique. )
' Subinflammation gastro-entérique , type tierce et quotidien.. j (Fièvre pernicieuse cholérique.)
No. 346. La femme Girard, âgée de cinquante -quatre ans, maigre, hahftuellement tourmentée par des maux d’estomac et des indigestions, résidant près du marais de Sainte-Croix , éprouve, dans le mois de septembre 1822 , un léger frisson avec diarrhée abondante, aqueuse et sans colique , mais accompagnée de cardialgic , de nausées , de vomissement de toute boisson, et même de contractions violentes de l’estomac , sans expulsion d’aucune matière ; la langue est blanche, la soif nulle ; le pouls petit, concentré , très accéléré, et les défaillances fréquentes. Ces symptômes reviennent d’abord avec le type tierce, puis quotidien.
Sixième jour, tisane gommée, diète absolue, potion avec quinze gouttes de laudanum. Les accès, qui débutaient dans la nuit, se montrent à midi avec frisson modéré , suivi d’une chaleur douce, mais sans moiteur ; le ventre est souple, sans douleur; les symptômes précédents ont disparu; la nuit est bonne.
Septième jour. Accès dans la soirée, avec les phénomènes indiqués plus haut , mais qui sévissent d’une manière effrayante. Le froid est glacial pendant plusieurs heures , les syncopes sont prolongées et interrompues seulement par de violents efforts de vomissement , et des déjections séreuses très débilitantes i)ar leur fréquence et leur abondance ; la soif est très vive. Cet état se calme dans la matinée, sans moiteur; la chaleur n’a point dépassé son degré ordinaire ; elle est même restée au-dessous tant que les déjections se sont soutenues.
Huitième jour. Apyrexie comj)léle, faiblesse extrême : huit grains de sulfate de quinine et vingt gouttes de laudanum dans deux onces d eau gom-
SUBINFLAMMATOIRES INTERNES.
mée , à prendre en quatre fois dans l’espace de huit heures. I.es accidents ne reparaissent pas. On continue pendant cinq jours Tubage du rnt'me in('dicament à doses décroissantes. Guérison complète. ( Nepple , ouvrage cité.)
Ictère ou suhinflammation rémittente quotidienne du foie et du canal digestif. (Fièvre pernicieuse iclérique , al(jide, pseudocontinue.)
347. Dolmasch, sergent à la légion étrangère, âgé de vingt-six ans , d’un tempérament bilioso-sanguin, entra à l’hôpital de Boue, le 20 luûl 18:14, le quatrième jour d’une duodénite aiguë avec ictère. I^a veille encore , (|uoique déjà malade et ayant une fièvre assez forte , il était de .service à l’hôpital même : il avait eu , quelque temps auparavant , une fièvre ititermilienie pc^ii grave. A son arrivée, les symptômes inflammatoires éiaîenl très tuodétés; fièvre peu forte , langue rouge au pourtour et à la pointe, couverte, au centre, de mucosités jaunâtres , comme dans la fièvre bilieuse ; soif assez vive, point d’envies de vomir, peau chaude , sèche , fortement colorée en jaune. Dieie , limonade , potion gommée , vingt sangsues à l'épigaslre- — 21 matin , fièvre intense, céphalalgie violente, ictère bien plus foncé encore que la veille. Diète, limonade, saignée du bras de douze onces, vingt-quatre grains de sulfate de quinine en potion. Rien à noter dans la journée. — 22 malin, amélioration sensible ; fièvre beaucoup moins forte , plus de céidialalgie , aspect de la langue toujours le même. Diète , limonade , vingt-quatre grains de sulfate de quinine. A la visite du soir, retour de la céphalalgie, fièvre plus grande que le malin. Trente sangsues au front. — 23 matin, beaucou!) de mieux , rémission aussi tranchée que la veille, à la même heure. Diète, limonade, viîtgtquatre grains de sulfate de quinine. Vers trois heures a [irés midi je trouvai ce malade dans un état algide caractérisé par un froid général non perçu , par la pâleur de la langue et des lèvres , par la petitesse du pouls , par la rareté des pulsations. Je causai avec lui pendant plu.'iienrs minutes ; l’inlellig^nce me parut entièrement conservée ; une demi- heure api é' il était mort. On n’ayait pas même eu le temps d’exécuter les prescriptions que j'avais faites.
Ouverture du cadavre., vingt-trois heures après la mort. — Li‘s vais'-eaux qui rampent à la surface des circonvolutions cérébrale.'; ne sont pas injcciés, comme dans la plupart des autres cas ; l’arachnoïde, légèrement jaunâtre, est cependant encore transparente. La substance du cerveau, très faiblement injectée , et d’une teinte jaunâtre, a la consistance ordinaire. Les envebqqies de la moelle épinière sont aussi d’une teinte jaune ; la pie-mére e't iujeciée , la substance médullaire offre la m.ôme coloration que le.s membranes; du reste elle ne paraît pas altérée. Poumons sains. Cœur fla.'que , pré'entaul la meme altération de couleur que tous les autres organes. La membrane muqueuse de l’estomac est épaissie , noirâtre, ramollie, boursouflée dans toute son étendue. Ces altérations existent dans le duodétiurn, mais elles y sont moins prononcées. Dans le reste de 1 intestin grêle qui e>t ramolli, il n’y a d’autre altération de couleur qu’une teinte jaunâtre ; nulle part de plaques gaufrées , soit anciennes , soit récentes ; au voisinage de la valvide iléo -cœcale, développement anormal d’un grand nombre de follicules isolés. Dans le gros intestin , ramollissement général de la muqueuse avec leii le jaune, • une large plaque noirâtre dans le colon transverse. Foie volurniueux d’une teinte jaune verdâtre à l’intérieur. Rate tuméfiée, en bouillie, d une couleur de chocolat à l’eau. (Maillot, ouvrage cité.)
Suhinflammation gastro-hépatique tierce.
No 348. Le sieur D*** , âgé de trente-cinq ans , d’un tempérament biliosonerveux , et assez bien constitué du reste, était atteint depui- quelque tcmiis
in lu J’ A r K) A s 1 A T E n -> ! r t t 3 . a t e s
d’une fièvre interrniltente tierce très bénigne, lorsque, le 3 mai 1834, sans -cause connue et ()ar le fait seul de la répétition des accès , la langue devint jaune , ainsi que le pourtour des lèvres et des ailes du nez. Les phénomènes fébriles n’élâient pas plus prononcés qu’auparavant , mais il y avait de plus un sentiment de pesanteur à l’épigastre, de légères nausées , un goût de bile, l’hypocondre droit un peu tendu et rénitent. Cet état me parut dépendre plutôt d une sui)ersécrétion biliaire , occasionnée par raccumulalion du sang flans le foie penda d les accès , que d’une gastro- entérite , aussi ne balançaije pas à donner à l'époque de l’a pyrexie deux grains d’émétique, qui déterminèrent des évacuations par liant et par bas. Le malade se trouva très soulagé et la fièvre perdit beaucoup de son intensité. Cependant comme elle persistait, et qu’il était fort douteux qu’un second vomitif la fît disparaître, j’eus recours au sulfite de quinine , qui me réussit complètement. (Bonnet , Traité des fièvres intermit lentes. )
îctères périodiques avec types tierce y quintane et mensuel,
“No 349. Un homme ûgé de soixante ans, très sanguin, grand buveur, Avait nn ictère et une lièvre (lui s’étaient développés en même tem[)S le 2G décembre 1748, et (pu présentaient le type tierce. Cet homme s’étant confié âmes soins, je le purgeai, cl ensuite je lui administrai le quinquina à la dose d’un scrupule toutes les heures; à l’aide de ce médicament, le malade fut bientôt délivré, et delà fièvre et de riclére. (Slrack , Ob&erv. de febr, interrn , obs. 70. )
Le meme auteur rapporte encore d’autres exemples semblables. Miltlhauser a observé nnej iunisse périodique chez un homme qui y était ■sujet tous les quatre jours régulièrement. Il paraissait alors de couleur de safran, et demeurait dans eet état j isifii’au soir, ensuite sa couleur naturelle revenait et se maintenait telle [uiiidant les intervalles d’un accès à l’autre. [Collect. de Breslan, 1730, p. 8i0. )
Schuster parle d’uue Jatuiisse périodique qui revenait tous les mois chez une femme gro'jse. Elle éprouvait d’abord des spasmes à l’estomac; le jour suivant, elle était prise d'une jaunisse qui disparaissait mojennant un cours de ventre; les syrnp'ômes de sp.asrnes et d’ictère revinrent à des époques plus rapprochées après le demi-terme de !a trrossessc ; mais ils dis[)ariirent après racconehement. ( .4ct. natur curios . v vu , obs 5o. )
Blanchi vit aussi une jaunisse périodique récidi\er tous les mois chez ur.e comtesse. Cet ictère persévérait ensuite pendant quatorze jours. [Recueil jériodique , t. v. )
Irritation sécrétoire avec vomissements ; type hebdomadaire
et annuel.
I80 350. Pierre Vidau , âgé de treize ans, d’une bonne constitution , habitant du port de la Monnaie a. Bordeaux , et appartenant à des artisans fort aisés, fut pris, dans le mois de mai 1833 , inopinément de vomissements qui durèrent vingt-huit à trente heures , en se répétant toutes les trois ou quatre, surtout dans le jour. Le jeune malade n’éprouvant qu’un peu de fatigue, occasionnée parles efforts des vomissements dont la matière était abondante cl de couleur verte tranchée, ses parents lui donnèrent du thé léger, le tinrent à la diète, et lui firent garder le repos. Ces précautions suffirent pour ramener l’état de santé habituel, et personne ne pensait plus à ce dérangement passager, lorsqu’il se reproduisit absolument de îa même manière, le septième jour suivant (un jeudi), dura le même -espace de temps, et n’altéra pas davantage la santé de Vidau dont les parents
SI BINFLAMMATOIRES INI ERNES.
furent encore sans inquiétude celle seconde fois Néanmoins, les mêmes phénomènes reparurent presque à heure fixe le jeudi suivant, et parcoururent leurs phases ordinaires. Je fus appelé ; 1 enfant, que je vis vomir, opérait cet acte avec peu d'efforts, ne souffrait pas du tout ensuite, et n’éprouvait aucune douleur à l’épij^aslre , même au loucher; il n’avait pas de fièvre; il conservait son appétit , sa lurhulence et toutes ses habitudes dans l’inlervalle des vomissemefils qui étaient moins fatigants et plus rares que pendant les deux [uemiers accès.
Ce vom ssetnenl me parut être périodique hebdomadaire, sans fièvre» sans inflammation , du moins appréciables , et je ne vis rien qui pût contreindiquer l’administration du quinquina ou de ses préparations. Comme Vidau était très difficile , et qti’il n’uurait jamais voulu prendre ces remèdes en potion , je prescrivis {tour le mardi et le mercredi , le vendredi et le samedi suivants, c’est-à-dire pour deux jours avant l’accès, et pour deux jours après, six grains de sulfate de quinine en pilules à prendre en deux doses^ chacun de ces jours , l’une à huit heures, et l’autre à otize heures du malin. Les vomissements commençaient toujours entre trois et cinq heures de l’après-midi. Cet te médication ne réussit qti’en jtartie , car les vomissements reitanirenl le jeudi, mais moins fréqtients , m(dns co|)ieux,et ne durèrent que huit ou neuf heures, l e jeudi ensuite , l’enfant n’éprouva aucun dérangement et {tas la moindre envie de vomir. Pour éviter une rechute , je conseillai le séjour à la campagne {tendant un mois, et la continuation du sulfate de quinine , mais à des doses graduellemeul et décroissantes. Ces vomissements hebdomadaires re{)arurenl en avril 1834 ( un an après ), furent combattus de la même manière, avec le même succès que la prcfnière année, et dès lors ils n ont pas reparu. ( Cazenave , Gazette médicale de Paris ^ 1837.)
Flux diatThéique intermittent sous type tierce.
No 351. Mademoiselle D***, âgée de soixante dix-neuf ans, d’une haute stature, d’une cotislilution robuste, menant une vie austère, affectée depuis neuf ans de carie de quelques {thalanges etos métacarpiens de la main gauche, etc.» était en convalescence d’une affection cutanée de la face, quand elle éprouva le 21 mai un peu d’irritation gastro-intestinale , avec flux diarréique modéré pendant la nuit. Deux jours se passent dans cet état ; des lavements émol« iients,unc décoction d’orge gommée, des i)Olages fécidents, peu copieux, sont prescrits. Ce 24 , dans la nuit , douleur assez vive dans I hypocondre droit ; refroidissement des extrémités , pâleur générale , tremblement spasmo^'ique des mâchoires et des membres; douleurs conlusives dans les muscles des mollets ; coliques , borborygmes , déjections alvines abondantes, muqueuses et biliaires; grand affaiblissement de la malade. Dans la matinée, mieux sensible. On ne me parle de l accident de la nuit que d’une manière fort vague , et sans y attacher d’importance; on me^dit seulement que mademoiselle D*** a eu quelques coliques et un peu de dévoiement. Lavement mucilagineux, décoction d’orge gommée.
Le 25, état satisfaisant; point de selles diarrhéiques, absence de coliques. Dans la nuit du 25 au 26 , vers trois heures , retour des accidents de l’a van tveille. Je ne suis point appelé Dans le jour, je trouve la malade plus affaiblie que je l avais laissée la veille; le ventre endolori ; ayant de la courbature vague dans les membres; on me laisse ignorer ce qui s est passé: j’apprends seulement qu’il y a eu encore hier soir, dit-on, du dévoiement à la suite d’un lavement.
Le 27 , étal satisfaisant; et comme rien n’est dit en réponse à mes questions, qui puisse me donner la moindre inquiétude sur l’avenir de la malade^
je permets un peu d'aliments légers, comme potage, lait de poule. Dans la nuit du 27 au 28, à deux heures du matin, douleurs abdominales, coliques, refroidissement des extrémités, tremblement général, crampes dans les mollets, contraction spasmodique des parois de l’abdomen , vomituritions , nausées fréquentes ; déjections alvines abondantes et nombreuses. Appelé à cinq heures du malin , je trouve mademoiselle avec un pouls petit , faible , facilement dépressible , les extrémités glacées, l’œil éteint, le teint pâle, les membranes muqueuses, oculaire , nasale , buccale , décolorées , l’abdomen rétracté, la région hypocondriaque droite sensible à la pression ; il y a encore des efforts i éniblcs de vomituritions , mais le flux diarrhéique est arrêté. C’est alors que multipliant les questions sur les causes probables du dévoiement, qu’on ne peut chercher dans le régime alimentaire , la malade ii’ayant presque rien pris la veille en fait d'aliments, ni éprouvé d’affection morale qui ait pu troubler le travail des organes digestifs, j’a[)prends que c’est la troisième fois qu’un semblable état se reproduiten ty|)e tierce, que c’est là ce dévoiement de la nuit dont on m’a parlé les jours précédentsavec si peu de précision ; que, depuis le i)remier accès de celte affection évidemment périodique, la manifestation des accidents du flux diarrhéique a eu lieu chaque fois une heure plus tôt que la fois précédente; et qn’enfin ce troisième accès, sauf l’interisilé })lus grande qu’il présente, ne diffère pas des deux précédents ; qu’il y a toujours eu frisson général, refroidissement des extrémités, pâleur de la face , douleurs abdominales, coliques, flux diarrhéique abondant, et qu’il s’en est toujours suivi une grande prostration de forces, du brisement dans les membres, sans que ces derniers symptômes aient présenté autant d'intensité que dans l’accès actuel.
Convaincu alors de la nature et du type intermittent de cette affection , après les moyens convenables pour calmer les accidents actuels, je me hâtai d’administrer le sulfate de quinine , de manière à en faire prendre un scrupule dans les vingt-quatre heures de la journée même du 28, et une douzaine de grains le 29 avant la nuit. Le résultat le plus heureux a suivi ce mode de traitement; l’accès de diarrhée n’eut pas lieu dans la nuit du 29 au 30- Le sulfate fut continué à doses moindres pendant plusieurs jours ; le retour des accès fut complètement empêché, et le rétablissement de la santé de mademoiselle ne se fît pas long-temps attendre. (Gauthier de Claubry , Journal hebdomadaire de méd., octobre 1830.)
Irritation sécrétoire et folliculeuse , exacerbations quotidiennes. (Fièvre intermittente typhoïde avec iléo-colite folliculeuse.)
Ko 352. Arnaud, chasseur au 3® régiment, âgé de vingt-quatre ans, a éprouvé pendant l’année trois atteintes de fièvres intermittentes; l’une d’elles , au mois de juin, a été suivie d’une dysenterie qui n’a été maîtrisée qu’avec beaucoup de peine. Il entra de nouveau à l’hôpital de Bone , le 18 décembre 1834, le quatrième jour d’une fièvre quotidienne avec diarrhée, et dont les accès revenaient à dix heures du soir. Je le vis dans 1 aprèsmidi. Diète, eau gommée, ângt-quatre grains de sulfate de quinine, en potion avec addition de vingt-quatre gouttes de laudanum. Il n’y eut pas d’accès. Je ne donnai plus de sulfate de quinine, la diarrhée cessa entièrement; et le 22, j’avais accordé une pomme cuite malin et soir au malade. Mais cette convalecence , qui jusque là avait été très franche, fut arrêtée par l’invasion brusque et sans cause connue d’un accès auquel en succédèrent plusieurs autres ; et malgré un traitement aussi actif que le comportait une constitution altérée pas des maladies si fréquentes, ces accès s’enjambèrent bientôt, d’où une fièvre pseudo-continue avec délire, avec soif ardente, avec langue noire et rôtie, avec les dents fuligineuses; la
SUBINFLAMiMATOIRES INTERNES, 5^9
langue redevint humide et rosée dans les deux derniers jours une vaste escarre se forma au sacrum , et le malade succomba le 4- janvier!
Ouverture du cadavre — Substance cérébrale légèrement sablée • sérosité limpide et abondante dans les ventricules ; plexus choroïdes pâles. Moelle épinière généralement ferme et injectée ; ramollissement rouge de six à huit lignes au niveau des dernières vertèbres dorsales ; la substance nerveuse qui avoisine ce ramollissement est très fortement injectée. Injection One et vermeille de la pie-mére. La membrane muqueuse de l’estomac, d’une teinte ardoisée, est ramollie et épaissie; une rougeur poinlillée très serrée, disséminée sur toute la surface intérieure du ventricule, tranche sur cette nuance d’un gris tirant sur le noir. Supérieurement, l’intestin grêle est sain ; inférieurement, on y rencontre un grand nombre de petites plaques circulaires blanchâtres, offrant à leur centre un petit point noir qui indique l’orifice des follicules malades. Le cæcum et le colon , dans ses portions ascendante et transversc , sont farcis de ces plaques; sa portion descendante est ramollie avec une coloration d’un gris foncé Le foie est dans l'état naturel. La rate estrédui te en bouillie, couleur de chocolat à l’eau, (Maillot, owvrage cité.)
Diarrhées sulnnflammatoires avecle type tierce.
No 353. ün homme âgé de trente-cinq ans , d’un tempérament phlegmaliquc, prit un purgatif, je ne sais â quelle occasion ; l’action en fut trop forte, et les évacuations durèrentavec violence pendant troisjours. Lesadoucissants et quelques prises de diascordium arrêtèrent cette superpurgation. Ap rès quelques jours de calme , le mal reparut sur la scène , mais sous un autre aspect. Il survint des frissons irréguliers, des grouillements d’entrailles, des tranchées légères; environ deux heures après, il se manifesta ime diarrhée liés forte qui dura pendant cinq à six heures; elle s’arrêta d’elle-même sans remèdes , pour se montrer encore de nouveau le surlendemain ; elle continua à revenir avec la même régularité pendant quinze jours* Ayant été appelé, j’administrai une tisane de chiendent avec le nitre et le sirop de coing, des carthartiques modérés et le quinquina ; le mal céda sans retour. (Picqué , Journal de médecine, t. xliï , 1774.)
Degner rapporte qu’il a été lui-même sujet à une diarrhée périodique qui récidivait de deux jours l’un. Il fut malade au commencement du mois, et perdit l’appétit. Le quatrième jour, il ressentit un léger tiraillement dans le dos et un peu de froid qui se passa bientôt. Le lendemain, état de santé. Le sixième jour, il éprouva encore un léger tiraillement dans les lombes et un peu de froid , puis il s’établit une diarrhée assez modérée sous le rapport des souffrances, et qui produisit douze évacuations très douces et aqueuses dans l’espace d’une heure et demie. Le septième jour, rien de nouveau. Le huitième, mêmes symptômes que ceux du précédent accès. Les mêmes accidents se renouvelèrent encore le di-xième jour, et le douzième tout fut calmé Ces évacuations fluides ne luf durèrent jamais plus de deux heures à chaque retour périodique ; dans les intervalles, les évacuations alviries avaient lieu comme dans l’état de santé. ( Coll, de Breslaw, t. xiii. )
Diarrhée muqueuse, type quarte.
Ko 354. Un cordonnier, âgé de trente-cinq ans , célibataire, tempérament phlegmatique et morose , logé à l’étroit et au rez-de-chaussée, dans un lieu bas et humide situé au nord-ouest , ne faisant usage que d’aliments visqueux ou féculents et privé de vin depuis plusieurs années, présentait tous les attributs d’une diathèse lymphatique , tels qu’apalhie, faiblesse musculaire, pâleur et bouffissure du visage, appétit souvent nul ou vorace , bouche fade ou pâteuse , renvois fréquents et pesanteur à l’estomac après ses repas , grande
susceptibilité au moindre froid, dont l’impression vive lui cause des coliques et des selles plus ou moins fréquentes. Il était depuis long-temps dans cet étal sans cesser de se livrer à ses travaux ordinaires; lorsqu’il se mit à l’usage du retnéde Leroy pour gagner de l’appétit De fréquentes évacuations par le haut et par le bas en furent la suite. Le malade se trouva bien pendant quelques semaines. Il y revint à différentes repr ses , mais pas toujours avec succé.s ; il lui parut à la fin qu'il pi rdail les fore» s et le somme 1 ; il lui survint des douleurs dans le dos et les arlicu'ations , d( S fr ss .nm menls passagers, puis des aphihes à la bouche et une d arriiée dont la pers slanee le porta à me demander avis sur son état vers la fin de s( ptembre 1822 Le malade était constamment plus souffrant et courbaturé vers la fin de la journée; quelques coliques venteuses, des borborygmes et des selles abondantes lui élaient annoncées , disait-il , par le coucher du soleil. Les matières éva. coées étaient liquides, filantes, muqueuses et bilieuses, dont l’odeur, d’abord très fétide, était devenue moins forte; la peau est sèche et décolorée ; le pouls assez plein , mou et peu fréquent ; urines épaisses et peu abondantes ; ventre as^ez volumineux.
Ce (ju’il y avait de plus remarquable dans cette affection muqueuse , c’est un redoublement de malaise et de souffrances beaucoup pln< pi onoocé lous les trois jours : ce jour-lâ, des frissons fébriles semblaient à diverses reprises parcourir la surface de son corps, et les évacuations alvines étaient précédées de vomissements de matières glaireuses et d’une salivation abtrndante Deux grains d éméti(jue , huit grains d'ipécacuanha, sont admi nislrés le 20 ; il en résrdte plusieurs vomissements de matières Irilieuses et glaireuses el une moiteur assez abondante à la peau , srjivie d’un sommeil prolongé. Le lendemain appétit très marqué, soif vive. Nourriture restaurante et en petite quantité ; consommé. L’e'tomac ne les supporta pas. Diète, boisson adoucissante. Le 28, jour du redoublement , il se manifeste comme de coutume ; même état de fatigue, de courbatureet de malaise général, coliques plus fortes, srdles plus fréquente.s frissons fébriles, inquiétude, morosité, stupeur vers le soir; r êvasseries fréquentes dans la nirit. Régime diététique, eau de riz pour boisson ordinaire; frictions sèches exercées sur tonte la .-ut face du corfis, de trois heures en trois heures, quatr e pilules com|)oséesà partie égale d’extraitalcooliriue de quinquiita , de gomme ammoniaque et d’extrait de rhubarbe. Le second Jour d’intermittence le malade est assez bien el ne se plaint (pte de faiblesse et de lassitude ; l’appétit est tr ès marqué. Consommé au riz qu’il trouve excellent ; continuation des pilules. Le le»' octobre, le malade ressent vivement l’influence de l’atmosphère qui est froide el humide ; il est courbaturé , languissant ; dégoût et envie de vomir; bâillements, pandiculations fréquentes de lous les membres , frissonnements vagues qui se prononcent davantage vers les quatre heures après-midi , époque à laquelle il éprouve de violentes coliques , des roulements d’entrailles el bientôt des selles liquide.':, muqueuses et très abondantes ; les évacuations se répètent d’abord toutes les demi-heures et ensuite à des intervalles plus éloignés. Décoclion blanche de Sydenham avec quelques gouttes de laudanum. Pendant tout le temps que les selles ont éléfréquentes^qualre oucinqheu res envi ro n ), lemaladea ressenti des frissons qui se sont calmé> aussitôt qu’il a élé placé dans un lit chaud et qu’il eut pris une infusion chaude de tilleul et de coquelicot. Bientôt la chaleur et le sommeil sont survenus ; la première partie de la nuit a élé calme, la deuxième agitée par des rêves fréquents. Les urines sont chaudes , troubles, mais évacuées librement. Vin de quinquina , trois onces par jour ; frictions ; appétit qu’on satisfait modérément. Engorgement œdémateux des pieds et des jambes. L’accès ou le redoublement du 4 ne fut marqué que par un léger frisson dans le dos , quelques coliques et une selle liquide; le malade ne s’inquiète que de ses jambes et de sa faiblesse. L'appétit devient insatiable; l’œdème »