‹ Monographie des irritations intermittentes ou traité théorique et pratique des maladies périodiques ... et ... de tout ce qui offre de l'intermittence ou de la périodicité en pathologieChapitre 25 sur 79 · SL1BINFLA.M\1AT0IRES INTERNES · texte numérisé non relu

SL1BINFLA.M\1AT0IRES INTERNES

très marqué pendant le jour, disparaît en partie chaque soir 11 change d’habitation , et toutes les fondions reprennent leurs cours ordinaire. (Millioz ancien chirurgien de l’armée d’Égypte.)

Diarrhée mtermittente duodécimane ou quindécimanc.

No 355. Madame la comtesse de B***, âgée de trente-huit ans, était atteinte depuis plus de dix ans d un dévoiement séreux assez considérable , qui revenait tous les douze ou quinze jours. Ce devoiement durait deux , trois ou quatre jours , et empêchait la malade de sortir pour aller en sociélé ou pour vaquer à ses affaires. Elle me consulta pour supfirimer celte évaciiaiion. Celte dame n’élail point fuaigre; cependant son teint était jaune, et je reconnus au tact qu’il y avait un iieu d’engorgement dans le foie et dans la région de l’ovaire droit ; du reste elle joui vsait d’une bonne santé. Je lui représentai qu’une ancienne évacuation qu’elle supportait sans déoéi issement devait être respeciée , et je lui conseillai de ne rien faire qui pût la supprimer ; seulement (ju’il fallait en cornbatlre la cause, qui me [jaraissait évidemment provenir de l’engorgement du foie et d’une altération dans le cours et dans la nature de la bile . par l'usage des [lilules savonneuses avec les extraits amers, une boisson déplantés légèrement a[)éiitives et quelques verres d’eau de vichy. Je consedlai de plus , vu l’état des régies qui étaient |)eu abondantes et peu régulières , quelques sangsues au fondement et aux parties extérieures de la génération , et de suivre pendant quelque temps ce traitement, secondé d'un bon réginie. Ce traitement eut d’abord d'heureux effets; j'en conseillai la continuation; mais mes conseils (jarurent à celte dame d’une trop longue exécution. Elle consulta Tronehin.qui prescrivit l'extrait de quinquina avec le cachou et le safran de mars astringent à des doses fortes ; une décoction de racine de historié en boisson dans du vin de Bordeaux aux repas ; un peu de vin amer de Xérès à la fin du dîner, et un gros de dia.scordiura le soir dans une cuillerée du même vin.

Ce traitement répondit aux vues du médecin , car madame de B*** n’eut plus de dévoiement [jendant quelque temps ; mais les malléoles , les cons-dc* pieds et les jambes s’œdérnaliérent, et enfin le bas-ventre météorisé annonça une hydropisie ascite prochaine. Le pouls était lent et faible avec quebjues inégalités. Appelé de nouveau auprès de cette malade , je lui conseillai l’usage de divers diurétiques , heureusement éprouvés , et un ou deux purgatifs. Ce traitement suffit au bout d'une quinzaine de jours pour rétablir les urines et pour dissiper 1 enflure , moyennant aussi le bénéfice du dévoiement qui était revenu sans être bien considérable, avec augmentation des forces plutôt qu’avec diminution : le pouls était même plus fort et plus régulier Cependant cette dame, encore peu satisfaite , et voulant changer de traitement, désira une consultation. Barthez fut appelé ; il proposa des remèdes amers astrigents, et le soir, l’opium gommeux en assez grande dose. Le dévoiement s’arrêta encore ; mais en peu de jours une nouvelle hydropisie survint et fit de raf)ides progrès. Frappée de cette récidive, et en craignant les suites, la malade finit par me donner son entière confiance. Je revins au traitement que je lui avais prescrit et qu’elle avait si heureusement commencé. Après qu’elle eut fait usage des diurétiques, les mêmes que j’avais déjà prescrits avec succès , je fis prendre pendant long-temps les pilules savonneuses avec les extraits amers et les martiaux , puis les eaux de Vichy, tantôt augmentant ou diminuant la dose de ces remèdes, tantôt faisant quelques additions de terre foliée de tartre particuliérement, et à plus forte dose qu’on ne la conseillait ordinairement La malade finit par guérir; elle a émigré quelques années après, jouissant alors d'une assez bonne santé. (Portai, Obs. sur la nature et le traitement de Vhydropisie^ t. 1er.)

Diarrhées intermittentes mensuelles.

No 356. llommel rapporte qu’une femme, chaque fois qu’elle devenait grosse, était sujette à des fleurs blanches , qu’elle n’éprouvait point auparavant. Ces fleurs blanches , assez abondantes pendant le premier mois de la grossesse, ne se prolongeaient pas au-delà ; elles étaient alors remplacées par un dévoiement plus ou moins douloureux, qui durait environ sept jours, pendant lesquels la malade rendait chaque, jour environ vingt ou vingtquatre selles, toutes assez abondantes. Depuis ce moment, la malade n’apercevait plus de fleurs blanches pendant tout le temps de sa grossesse, mais elle restait sujette à la diarrhée dont il s’agit, laquelle revenait tous les mois à des temps fixes ; elle présentait chaque fois les mêmes phénoniénes jusqu’à l’époque de l’accouchement, où cette femme en était délivrée sans retour jusqu’à une nouvelle grossesse. Celle affection périodique était devenue si habituelle chez celte femme, que son retour était pour elle un signe assuré de grossesse. [Act. nat., dec. 2 )

Lanzoni a vu un petit garçon qui avait eu une dysenterie à l’àge de quatre ans , et qui était resté sujet , depuis cette époque , à un dévoiement qui le prenait régulièrement une fois par mois, et qui disparaissait chaque fois après deux ou trois jours de durée. {Ibid., cent, l^r.)

Ecoulements morbides de semence, type quotidien.

No 357. Joh. Prückel rapporte qu’il a observé un jeune homme qui était affecté, depuis un certain temps, d’un écoulement de semence qui revenait périodiquement toutes les vingt-quatre lieures environ. Chaque retour de l’écoulement dont il s’agit était annoncé par un déchirement douloureux des lèvres et par un frisson très marqué par tout le corps. Les forces dn malade étaient déjà considérablement affaiblies , lorsqu’il implora le secours de ce médecin , qui parvint à le guérir de cette affection périodique par des moyens convenables. {Acta nat. curios., dcc. an ix. )

Polis a également observé un flux périodique de semence dans un jeune homme qui avait eu la rougeole, et qui était devenu sujet à celte incommodité toutes les nuits, ce qui l’énervait au point qu’il ne faisait rien qu’avee indolence , et paraissait toujours comme assoupi. ( Acad, des scrut. natur., part. IX, p. 38.)

Diabète intermittent quotidien.

No 358. Une jeune femme, sujette aux affections nerveuses, s’étant exposée au froid durant le quatrième mois de sa grossesse, fut prise de symptômes d’asthme qui revinrent par accès avec de fréquentes syncopes, et qui cédèrent au bout de deux semaines par l’emploi de remèdes dans lesquels entrait le sel volatil. Un mois et demi s’était déjà écoulé, lorsque, après une nuit agitée , elle ressentit tout à-coup à son réveil un frisson général , semb’able à celui qui caractérise l’invasion d’une fièvre intermittente. Ce frisson fut suivi de bâillements et de pandiculations fréquentes; il se manifesta en même temps des efforts ou des envies fréquentes de vomir ; l’urine, qui était d’abord naturelle , devint aqueuse, décolorée , et le besoin de l’évacuer se fit sentir à chaque instant , presque à chaque minute ; puis des douleurs assez marquées se firent sentir çà et là dans les lombes et les hypocondres , avec des spasmes légers.

Tous ces symptômes persistèrent depuis le malin jusqu’au soir. Pendant ce temps, la malade rendit une énorme quantité d’urine , c’est-à-dire une quantité au moins trois fois plus grande que celle des boissons qu’elle avait prises; la chaleur et la soif ne furent point augmentées, le pouls conserva

Subinflammatüires internes.

son élût iiütiircl j âprés cg iGnips, lous les symplômcs énumérés dispflrurcntî l’urine reprit sa couleur naturelle et coula comme dans l’état de santé. Le lendemain matin, à la même heure, un nouvel accès, tout-à-fait semblable à celui de la veille, et présentant le même appareil de symptômes, se manifesta et continua à revenir ainsi régulièrement à la même heure , pendant douze jours consécutifs. On opposa à cette affection la saignée; on prescrivit une poudre composée de corail , de perle, d’ivoire , etc. , qu’on fit prendre à la malade dans une boisson convenable. Le matin et le soir on lui administra douze gouttes de teinture d’antimoine. A l’aide de ces différents moyens , la malade ne tarda pas à guérir. (Th. Willis, Oper. omn., vol. 1*’^.)

Leucorrhée intermittente , type mensuel et quotidien.

No 359. Madame F***, âgée de trente-six ans , d’un tempérament lymphatico-sanguln, constitution molle, est mariée depuis douze ans sans avoir eu d’enfants. Naturellement triste ou portée à la mélancolie, madame F*** a éprouvé beaucoup de contrariétés et de chagrins qui ont entretenu cette disposition de son moral , joints au grand regret de ne point avoir d’enfants et à un état maladif presque continuel. Cet état consiste en de fréquents maux d’estomac , qui se ré[!étent assez souvent, suivant la mauvaise disposition du moral , et suivant le genre et la quantité de nourriture que prend la malade. Indépendamment de cela, madame F**^ est sujette à des fleurs idanches qui reviennent régulièrement une fois par mois , tantôt avant , tantôt après l'époque de ses menstrues. Quand celles-ci sont peu abondantes, les fleurs blanches devancent leur premier retour de quelques jours ; c’est le contraire quand les règles coulent pendant le temps ordinaire.

A la suite de nouveaux chagrins et d’un défaut de régime, surtout par l’usage abusif du café au lait, madame F***, depuis le 15 octobre 1831^ est devenue plus souffrante que de coutume. Chaque jour, vers les six heures du soir, elle éprouve un frissonnement, une pesanteur et un malaise général, douleurs vagues dans les jointures, et fixes dans les régions dorsale et lombaire gauche, peau sèche, urines rares et chaudes, pouls normal, tendance aux lipothymies. Le développement de ces symptômes est accompagné et suivi de pertes considérables de matières blanches mucoso-albumineuses provenant de la muqueuse utéro-vaginale , où la malade éprouva un sentiment de pesanteur et d’orgasme très fatigant. Cet état se prolonge jusqu’à ce que madame F*** se soit réchauffée dans son lit à l’aide de quelques boissons chaudes, et que le sommeil et la transpiration aient succédé, ce qui n’arrive que plus ou moins tard dans la nuit. Les matinées sont si bonnes , que la malade peut se lever et vaquer à son ménage sans éprouver autre chose qu’un peu de faiblesse; Vappélit est bon, la soif plus prononcée que de coutume. Après avoir fait reprendre à la malade l’usage de la flanelle, qu’elle avait discontinué , et lui avoir prescrit un léger purgatif, deux bains de corps , puis un régime diététique, des boissons tempérantes et rafraîchissantes, la persistance de ces retours morbides réguliers me conduisit à l’emploi du sulfate de quinine , à la dose de six grains délayés dans deux tasses de camomille romaine prises à deux heures d’intervalle dans la matinée. Cette médication , jointe à un changement d’air , aux promenades , aux distractions de la campagne , que je conseillai rigoureusement, a suffi pour faire cesser cet étal de souffrance, et pour prévenir le retour de cette leucorrhée quotidienne, dont l’abondance et la durée de quelques semaines avaient exténué les forces et maigri considérablement la malade, qui dés lors a repris un peu d’embonpoint et une santé meilleure qu’auparavant.

IRRITATIONS INTERMITT ENTES

Gonorrhée périodique , type quarte.

N“ 360. Mohring rapporte qu’im jeune homme Agé «le vi 'gt ans, très sage, après avoir é[)roiJvé une fièvre ardcnie , fnl srj(>l A nri flux muqueux semblable à nn fln\ de semence q’ii revenait régulièrement de trois nuits en trois nnil«. Celte incommodité lui dura i»rés d’un an , avant qu'on ait pu la faire cesser par les secours de la médecine. [Commère. Norimb. 1736 , p. 210.)

Jschurie intermittente tierce.

N» 361 Un jeune homme âgé de vinet-deux ans, d’un lemî>érament sanguin, avait fait , vers la fin de l’année 1684, un voyage à pied dans lequel, se trouvant peu cotjverl , il avait beaucoup souffert du froid. Sa santé fut dés lors chancelante, il lui survint divers accidents auxquels on opposa différents remèdes; il fut etisuile attaqué de convidsions et d’une ischuric (jui se répétèrent tous les deux jours ; le mé leciu qui fat appelé ayant ap|)ris que le malade restait un jour entier hors de son lit et sans snufirir, lui fit administrer promptement un purgatif qui soulagea tellement le malade , qu'il se crut guéri ; mais vers les cinq heures du soir, il lui survint des bâillements fréquents et très incommodes , puis des convul'ions très fortes par tout le corps, dont on modéra la violence par remi)loi de quehiues remèdes antispasmodiques ; le pouls était naturel, et il y avait en même temps suppression totale des urines ; le malade n'en rendit t)as une seule goutte pendant toute la nuit. Des remèdes céphaliques , cardiaques , furent administrés; des applications émollientes furent faites sur la région i)ubicnne , oVi le malade ressentait de la douleur ; ce ne fut que le lendemain que les urines coulèrent à l’aide d’un lavement. Elles furent moins abondantes qu’on ne devait s’y attendre , d’après le temps que la rétention avait duré. La nuit suivante fut bonne. Mais le troisième jour au soir, l’on vil reparaître, à la même heure exactement que i'avanl-veille , les bâillements , les convulsions et la rétention d’urine; ces symptômes furent seulement un peu moins intenses, et cessèrent le lendemain. Le médecin ayant reconnu que cette affection ressemblait aux fièvres inlermiltentcs , quoiqu’il n’y eût pas de fièvre , joignit l’administration des fébrifuges aux moyens |)récédents. A l’aide de ce traiteternent il n’y eut plus qu’un léger accès caractérisé par des bâillements et quelques autres légers symptômes Le malade fut bientôt rétabli complètement. {Act. nat. curios. dec. 2 ou 3, obs 185 )

Subinflammation de la muqueuse urétrale sous type tierce et quarte. (Urétriiide virulente et périodique de Vauteur. )

362. Dans les derniers jours de février 1825 , je fus consulté par M. de C*‘, étudiant eu droit , jeune homme d’un tem|)érament nerveux-lymphatique, d’une constitution peu forte, quoique d'une bonne santé. Ce jeune homme, après un cuit impur, fut pris le lendemain d’un besoin pressant d'uriner : il ressentit de forts picotements et de la chaleur à l’extrémité de la verge. Pendant la nuit , les envies d’uriner devinrent ti és fréquentes ; le liquide sortait en petite (juantité ; les érections étaient spontanées et douloureuses ; elles ne laissaientaucun repos ; le matin , le malade aperçut à l’orifice de l’urélre un écoulement de matière jaune et puriforme A ma consultation, je trouvai le frein enfl unmé et gonflé , les lèvres de rmèlre saillantes et fortement colorées. Convaincu qu’il y avait là une phlegmaxie de la muqueuse de l’urètre qui n’avait point encore gagné les autres organes , je dirigeai tous mes soins vers la partie malade. Je fis appliquer une assez grande quantité de sangsues à la région périnéale (d’après la méthode de M. Brous-

SDBI1VFLA.M MATOIBES liNTEJWES.

sais).;jo conseillai les émulsions , les bains , les topiques nmeilagineux el la diète végétale. Le vin el les spiritueux furent sévéreinent défendus. Le lendemain, je rencontrai par hasard mon malade , qui m'adressa ses remerciemenls sur rheureusc réussite de mes remèdes. 11 se trouvait lotalerneat guéri ; il urinait faci! ement ; la rougeur el récoulement avaient disparu. J’al- Iribuai ce résultat au caracléie éphémère de l’irritation uréîrale , due sans doute à une cause simple et passagère, et non à ur) principe spécifique. Mais le troisième jour, les symptômes re[)arurenl tels qu’ils s'élaienl montrés trois jours auparavant, el presque à la même heure. Je résolus d’attendre quelque temps pour arrêter le cours de la maladie , qui s’annonçait tout au phis sous le type rémittent. Voulant me convaincre de son caractère intermillenl et de la régularité de ses périodes, j’observai avec beaucoup de soin les symptômes de la phlegma'ie qui venait de reparaître Après avoir jirescrit une médication dchilitanle, j’engageai le malade à s’observer deux fois par jour. 11 revint le (juatiiéme jour m’annoncer d’un air fort gai qu’il ne se ressentait plus de sa maladie. J'examinai la partie pour m’en assurer, et je ne trouvai aucune altération qui indiquât une irritation vasculaire. Convaincu de la Dalure périodique de celle u. éti itide , je chargeai le malade de s’informer si la femme avec laquelle il avait cohabité n’était point infectée ; il ne larda point à en avoir îa certitude. La nature de la maladie m’étant alors bien connue, je me déterminai à prescrire pendant la rémission, et comme moyen perturbateur , quelques injections saturnines combinées avec le sulfate de morphine. J’ordonnai à l’intérieur une forte solution d’hydriodale de potasse dans un véhicule mucilagineux. Sous l’influence de cet le médication, l’urétrilide s’arrêta une troisième fois, revêtant d’une manière évidente le ty pe tierce. Les douleurs en urinant devinrent plus légères , les érections moins fortes el de peu de durée , l’écoulement plus séreux. J’arrêtai la méthode perturbatrice pendant la période d'irritation, et je recommandai les médicaments doux. Lorsque les {rhénoméiies d’irritation eurent dis|)aru. J’employai de nouveau l’hydriodate et les injections. Malgré ce traitement, la maladie revint encore deux fois, mais en laissant deux jours d’intervalle pour reparaître s.ous le type quarte. J’eus cependant la satisfaction de voir diminuer chaque accès, et la maladie fut enfin radicalement guérie, après s’être montrée dans l’espace de quatorze jours, quatre fois sous le type tierce, et deux fois sous le type quarte. (Fulci, Nouvelle bibliotfi. médic., 1827.)

Irritation suhinflammatoire y redoublements fébriles en type

tierce.

No 363 Un indiviilu âgé de dix huit ans était atteint d’une gonorrhée qui pendant long-lerniis ne lui fait éprouver qu’un chatouillement léger danst l’urétre. Ce chatouillement augmente après le repas , et devient douloureux dans les temps froids et humides. Au bout de quelque temps, les urines forment en sortant un filet mince ou se bifurquent; elles sont précédées d’un écoulement de matière visqueuse; il survient des accès fébriles que les bougies de Uaran et un régime délayant dissipent en favorisant l’écoidement des urines. Mais la difficulté d’uriner revient avec la fièvre ; le malade éprouve des dégoûts , des nausées , et ne peut rien digérer ; il est sujet à de violenta accès précédés de longs frissons qui se manifestent parlicidièrement quand U e mangé. Ces accès i)araissent d’abord à des périodes fort éloignées; ils se rapprochent à mesure que la difficulté d'uriner augmente Le malade fut aargné plusieurs fois, misa la diète, aux émulsions, aux boissons délayantes et relâchantes La fievre cède en six jours à ces moyens , les douleurs du Uas-Ycnlre se modèrent; mais l’écoulement des urines étant toujours difficile

et douloureux , des sangsues sont appliquées au fondement , et la dysurie disparaît.

Le malade resta exempt de fièvre tant qu’il fut astreint à des précautions hygiéniques et au régime ; mais dès qu’il s’en écarta , la dysurie et la fièvre revinrent assez régulièrement tous les deux jours. Les fébrifuges , surtout le quinquina en substance , rendirent les accès plus violents et plus longs ; ils ne laissaient plus entre eux qu’un intervalle très court; les urines déposaient le matin un sédiment briqueté ; la douleur du bas-ventre et les difficultés d’uriner augmentaient; les saignées et les bougies introduites ehaque fois que l’envie d’uriner se faisait sentir , dissipèrent en peu de jours la fièvre qui durait depuis plus de trois mois ; l’appétit revint avec la santé. Mais les accès de fièvre continuèrent à revenir de loin en loin chaque fois que le malade renonçait aux précautions hygiéniques, au régime, et à l’usage des bougies; alors les urines coulaient difficilement , précédées d’un écoulement de matière blanchâtre , visqueuse, et déposant un sédiment briqueté. Plus tard, tous les symptômes allèrent en augmentant; les douleurs du bas-ventre devinrent plus vives, plus fréquentes, la fièvre plus forte et continue, la langue brune , aride , la peau sècho , le pouls petit , précipité ; l’estomac ne voulut plus rien supporter ; le hoquet devint continuel ; des sueurs froides , des soubresauts des tendons , une respiration petite et précipitée , furent les préludes de la mort. « Cette observation prouve, dit l’auteur, combien les maladies de l'urétre et delà vessie sont terribles , quand on leur a laissé faire des progrès au point de produire des accès de fièvre précédés de frissons... On juge surtout des progrès du mal par l’estomac , car la vessie ne peut être affectée vivement sans que l’estomac ne s’en ressente.» ( Benjamin- Bell , Traité de la gonorrhée , t. 1®*'. )

,, Diabète intermittent octane et quindécimane,

No 364. Camérarîus rapporte qu’un homme veuf, âgé de soixante-trois ans, qui avait toujours joui d’une assez bonne santé, fut sujet depuis l’automne de 1705 à une évacuation difficile et douloureuse de ses urines ; il lui survint ensuite durant le mois de juillet 1706 un diabète, accompagné de strangurie, qui revenait périodiquement tous les huit jours et quelquefois tous les quinze jours. Celte affection continua à se manifester régulièrement jusqu'au mois de février 1707. Il y avait un intervalle de plusieurs jours pendant lesquels le malade se trouvait bien. Les symptômes qui constituaient les paroxysmes de celle affection persistaient un jour et une nuit avec la même intensité ; le lendemain , il y avait déjà une rémission bien sensible; mais le malade n’était parfaitement délivré de toute incommodité que du troisième au quatrième jour: alors il pouvait se livrer à ses affaires et paraître en public aussi bien portant que s’il n’avait jamais rien éprouvé.

Les accès commençaient par une émission très abondante d’urines; cellesci devenaient ensuite très rares et ne sortaient qu’avec beaucoup de difficulté et de douleur ; leur expulsion exigeait des efforts répétés de la part dir malade , et était accompagnée d’un sentiment d’ardeur, de points et de resserrements douloureux dans le bas-ventre. Les accès dont il s’agit ne se ressemblaient point, quant à leur violence et à leur durée ; ils étaient tantôt plus longs et plus violents, tantôt plus courts et plus modérés , suivant les influences atmosphériques. C’était ordinairement le matin que les paroxysmes commençaient par le flux abondant des urines , et les douleurs d’abord légères devenaient déplus en plus intenses. Vers midi, elles étaient déjà assez considérables, et arrivaient à leur plus haut degré d’intensité pendant la nuit; elles ne commençaient à se calmer que vers minuit. Le malade était

SLLINFLAMMATOIRES INTERNES.

obligé de rester au lit ou de courir dans sa chambre pendant prés de quarante heures , pour rendre les douleurs qu’il éprouvait plus supportables.

La quantité des urines qu’il rendait, pendant les vingt-quatre heures que durait l’accès, était beaucoup plus considérable que celle qu’il rendait ensuite pendant tout le temps que durait l’intcrmission. Les urines étaient d’abord claires , un peu jaunâtres et jamais rouges; elles laissaient déposer un sédiment blanc , pulvérulent , semblable à de la craie et d’une odeur très forte ; elles étaient quelquefois mêlées de sang. Pendant l’intervalle des paroxysmes , le tnalade n’éprouvait ni douleurs , ni pesanteur dans la région de la vessie ; il n’y avait que certains mouvements qui y réveillaient de la sensibilité. Durant les accès, il n’y avait ni frisson , ni chaleur, ni vomissements, ni coliques; la soif était modérée, l’appétit toujours bon, même pendant les douleurs; la peau était sèche et rugueuse. La maigreur du malade n'était pas encore très grande. Les longs intervalles de calme, et quelquefois la modération des symptômes qui constituaient les accès firent long-temps espérer la guérison du malade , mais on employa en vain différents moyens, tels que la saignée, les épithemes, les lavements parégoriques, les gommeux, les gélatineux , les médicaments huileux , balsamiques, absorbants, nitreux et relâchants ; le malade succomba à cette affection. {Act. nat. CKrios. cent. ni et iv , obs. 10. )

Diabète intermittent mensuel.

No 365. On trouve dans les Actes des curieux de la nature l’observation d’un homme qui vivait avec beaucoup de tempérance et de sobriété , et qui était attaqué régulièrement tous mois, vers l’époque de la pleine lune, d’une difficulté d’uriner qui était suivie d’un flux diabétique très considérable.

Lorsque l’époque du retour de son affection était arrivée, il éprouvait d’abord pendant trois jours des douleurs insupportables dans la région hypogastrique , et il ne rendait de l’urine qu’en très petite quantité. Après le troisième jour, le col de la vessie semblait se desserrer, et il s’écoulait pendant trois jours de suite et involontairement, un fluide aqueux très abondant , tout-à-fait décoloré, et contenant de temps à autre un sédiment blanc. Pendant ces trois derniers jours, des douleurs assez marquées se faisaient encore ressentir dans l’urétre , la vessie et les reins ; mais ces douleurs étaient beaucoup plus supportables que durant les trois premiers jours de l’accès, parce que l’urine sortait à mesure qu’elle était sécrétée et entraînait avec elle beaucoup de sels irritants. Pendant ces trois derniers jours , il sortait environ soixante-douze livres d’urine , quoique le malade en buvait à peine une livre pendant cet intervalle de temps , et quoiqu’il n’en bût qu’à peine quarante livres pendant le mois qui précédait chaque accès. Vers le septième jour, l’urine reprenait peu à peu sa couleur naturelle, les organes urinaires rentraient dans l’état de santé, et le dixiéme jour tout était fini, tout était rentré dans l’ordre; le malade pouvait reprendre ses occupations. Cette affection conserva pendantlong-lemps le même ordre et la même régularité dans le développement et la terminaison ou la disparition des symptômes qui la constituaient, sans que le malade en ait perdu beaucoup de sa force et de son embonpoint. {Act. nat., déc. obs. 167.)

Autres diabètes intermittents avec le même type. ^

No 366. Thomas Bartholin rapporte que le médecin Bulich était sujet , tous les mois régulièrement, à un diabète accompagné de dysurie. D’abord il rendait plus de douze pots d’urine , quoiqu’il ne bût que la troisième partie d’un pot. Malgré celte affection périodique, le médecin dont il s’agit

lEKI i ATIOxNS LMERMITTEINTES INTERNES.

cons^'rvait sa gaielé naturelle', et son corps ne dépérissait point. ( Act. med. tiaffa , vol. 1er.)

Richard Méad a vu une fille Agée de quatorze ans qui était sujette , une fois chaque mois , à un véritable diabète. Cette affection, qui durait depuis son enfance, récidivait à des temps tixes. Pendant sa durée, cette fille lâchait involontairement son urine pendant son sommeil. Ce diabète durait chaque fois quatre ou cinq jours, pendant lesquels la malade lâchait toujours involontairement ses urines pendant la nuit. Ajirés ce temps , l’affection dont il s’agit disparaissait, et la malade ne lâchait [ilus son urine qu’à volonté Pendant cette évacuation périodique , elle était pâle , défigurée , mélancolique ; mais dés que la période était passée, elle reiirenait son état naturel, et redevenait belle et gaie. [Opéra ornnia, p. 47.)

Ilydrométrites périodiques mensuelles.

Ne 367. Fernel rapporte qu’une femme rendait périodiquement, à l’approche du flux menstruel, par le col de rulérus, une quantité d’eau cilririe Irc- chaude, assez considérable pour rem[)!ir six ou huit ba>sins; le ventre s’affaissait totalement; les règles paraissaient bientôt suivant l’ordre naturel. Le mois suivant, une nouvel e collection de sérosité se formait, et ensuite se fai-'-ait jour au temiis marqué. Enfin cette femme guérit , devint enceinte, et mit au monde un enfant bien portant. ( Thérafieut. univi'V^., 1644.)

J.- P Frank rapporte aussi l’exemple d’une femme à (lui il était survenu une hydropisie de la mal rice à la suite d'une percussion violente de la région iliaque droite ; cette hydropisie se renouvela dix fois de suite , et régulièrement de mois en mois. A[trés la seconde évacuation de liquide, les menstrues, supprimées depuis la blessure, revinrent. Au bout d’un an , cette femme devint enceinte , et donna le jour à un enfant très petit, qui mourut quatre jours apiès sa naissance. Deimis cet accouchement , il revint toutes les cinq, semaines un écoulement de sérosité, souvent plus considérable qu’à l’ordinaire, précédé de douleurs dans les mamelles, et qui s’est quelquefois élevé jusqu’à vingt-sep't pintes. Une grossesse qui amena une fille bien portante fut suivie de laicessatiou totale de la maladie. (Delect, Opusc. médic., 1785 )

Ascite intermittente mensuelle.

No 368. Dans le mois de mai 1820, je fus appelé, dans un village des environs de Catane , pour une maladie qui a maintenant six années de durée. Une fille de vingt-cinq ans, d’une bonne constitution, appartenant à une famille qui n’avait point de maladies héréditaires, ayant toujours mené une vie tranquille et aisée, s’aperçut, après une vive frayeur, que son ventre grossissait uniformément; les urines ne se montrèrent plus aussi qu’en pe ite quantité. On fil venir un médecin, qui, après s être informé de la maladie, et avoir fait les questions convenables, reconnut une ascite , pour laquelle on proposa les remèdes usités dans ce genre de maladie. Les parents, d’abord désolés de cette nouvelle, ne tardèrent pas à se consoler, lorsqu’ils virent que sans l’emploi d’aucun moyen la tumeur fluctuante avait disparu à l’apparition accoutumée du flux menstruel, qui avait été suivi en même temps d’une émission considérable d’urines sédimenteuses; mais à peine la malade avait-elle recouvré la santé, à peine se réjouissait-elle de la disparition rapide de sa maladie, qu’en moins de huit jours à partir de l’apparition des règles on vit les urines diminer de quantiié, le ventre grossir de nouveau, et tous les symptômes de l’ascite reparaître comme la première fois, tes secours de la médecine furent aussitôt réclamés ; on prescrivit les remèdes salins et scillitrques propres à rappeler les urines, et lor.squ’on attendait l’effet des remèdes, le flux menstruel reparut pour la seconde fois, et les urines venant

IRRITATIONS 1 N I ER MI I TENTES NERVELSES DES A'ISCÈRES. 5(jg

à couler en même temps en grande abondance, l’hydropisie abdominale fut jugée, et la malade fut encore une fois rendue à la santé. Inslruii dès lors des conséquences de celle colleclion aqueuse, on n’allendil poinl la fin de l’hémorrhagie physiolog!(|ue de rutérus |)our prescrire des remèdes nouveaux et plus pnissanls, tels (pie les tarlrales, les acétates et les nilrales de potasse combinés aux scillilicjues, les mercuriaux diversement préparés ; on eut aussi recours aux antimoniaux pour rompre le cours de cet éiianthernenl séreux abdominal et empêcher la diminulion des urines. Tous les moyens furent inutiles. Six jours après la cessalion de fécoulement menstruel, les urines ne se montrèrent pins qu’en petite quantité , et le liquide séreux se rassembla de nouveau dans l’abdomen. Les remèdes prescrits ne furent d’aucun avantage, car pour la troisième fois le flux sai g lin détermina une émission abondante d’urines, et fil entièrement disparaître l’hydropisie abdominale. Tel était l’èlal de la malade lorsque je f'is consulté. Après que le médecin ordinaire m'eut fait rhistnire de la maladie et des médicaments employés, j’exaniinai avec beaucoup d’alteniion les symptômes, le cours et la terminaison de cette singulière aftection En i osant soigneusement les conditions orgauii'jues de l’i.'idividu par ra()porl à l'âge, au tempérament, à la manière de vivre et autres eirconsi ances hygiéniques, je fus convaincu qu’il y avait exaltation du [iriucipe vital. En conlimianl l'examen je reconnus aussi l’existence d utie gastro-entérite ir»diqnèe jjar la rongeur des bords de la langue, la couleur sale, le sentiment d’amertume de la bouche, la soif, les éructations fi èi] lient es, la constipation et la sensation de plaisir que causait ^i^ge^llon des boissons. Différents moyens furent tour à tour et successivement employés contre cetiealfcclion, mais inutilement ; la colleclion séreuse continua à se foi mer aux memes époques, et à disparaître à l’époque du flux menstruel, pour se remontrer de nouveau , s’élever à un pouce au-de^sns de rabdrmcn,et ainsi de suite pendant six ans [T u\ci , Nouvelle bibliothèqxie mécl., 1827.)

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