‹ Monographie des irritations intermittentes ou traité théorique et pratique des maladies périodiques ... et ... de tout ce qui offre de l'intermittence ou de la périodicité en pathologieChapitre 32 sur 79 · V. Fièvîe interniittente pernicieuse catarrhale · texte numérisé non relu

V. Fièvîe interniittente pernicieuse catarrhale

On n’a qu’cà retrancher le sentiment de suffocation et d’étouffement, ou rendre la difficulté de respirer moins considérable dans les observations précédentes, et au lieu d’une fièvre pernicieuse dyspnéique , on aura une pernicieuse catarrhale. Ce n’est que dans les dernières éditions de son ouvrage que M. Alibert a fait entrer dans son tableau des fievres pernicieuses essentielles l’espèce catarrhale dont il s’agit. 11 s’est fondé sur deux observations dont une lui est propre, et dans laquelle il s’agit

(1) Traité des maladies goutteuses, t. ir. 2j Chomel, ouvrage cité, p 398.

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d’un homme qui , après avoir travaillé quelque temps dans une tannerie près de la rivière des Gobelins , éprouve une grande chaleur , rentre chez lui baigné de sueur , et accablé d’un malaise inaccoutumé ; ayant pris froid , il est tourmenté durant la nuit par des quintes de toux qui gênent beaucoup sa respiration. Le lendemain, frisson, toux violente , pouls tendu et serré; le jour suivant, coryza, toux fréquente et laborieuse, lipothymies, horripilations vagues, délire. On veut attendre l’accès suivant pour s’assurer du caractère pernicieux ; cet accès reparaît plus violent , avec douleur au front , angoisses précordiales, respiration douloureuse , sorte de déchirement dansV intérieur de la poitrine; on donne le quinquina. L’accès suivant est moindre; mais la tension de la poitrine , la toux, etc. , persistent; il survient bientôt une expectoration abondante et facile des crachats , et le malade ne tarde pas à guérir.

Peut-on voir dans cet exemple une fièvre essentielle et pernicieuse? Un observateur non prévenu pourra-t-il y trouver autre chose qu’un simple catarrhe intermittent accompagné de fièvre? Peut-on dire que ce soit la fièvre plutôt que le catarrhe qui mérite le nom de pernicieux et d'essentiel? Est-ce parce qu’on ne peut concevoir un catarrhe pér iodique ou une toux intermittente qu’on veut en faire une fièvre intermittente pernicieuse? Mais Strack, François Home, Ridley , Courbette, Coquereau et Valentin, avaient déjà observé des faits de ce genre ; et, depuis 1820, nous n’avons que l’embarras du choix dans les observations de bronchites et de catarrhes pulmonaires intermittents , avec fièvre ou sans fièvre , parmi lesquelles nous avons choisi, sous les nos 183, 190, 191, 192, 194, 195 et 196, les plus complètes et les mieux caractérisées, appartenant à MM. Gauthier deClaubry, Chauffard, Piorry, Bonnet, Goupil, Vandekéere et Grégoire. Ces observateurs n’ont vu dans ces faits que des bronchites et des catarrhes périodiques ; ils n’ont point songé à en faire des fièvres pernicieu.es catarrhales ou bronchitiques !

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