‹ Monographie des irritations intermittentes ou traité théorique et pratique des maladies périodiques ... et ... de tout ce qui offre de l'intermittence ou de la périodicité en pathologieChapitre 53 sur 79 · II · texte numérisé non relu

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2i8 riÈ\RES ijntermittentes et rémittentes.

toirc, et nous verrons un frisson entremêlé de bouffées de chaleur , accompagné d’horripilalions très fortes, surtout dans le dos, et auquel succède une chaleur sensible au tact et fatigante pour le malade î puis la soif, le désir des boissons froides, acidulés , etc. c( Il n’y a point d’espèce de fièvre , dit Hoffmann , quelle soit continue ou intermittente, qui, dans son invasion et ses exacerbations , ne manifeste un refroidissement des parties extérieures du corps, un resserrement des pores de la peau, une détumescence des vaisseaux superficiels , des horripilations, une suppression delà transpiration , etc. >:> Si ces frissons ne se répètent pas durant le cours d’une fièvre ou d’une phlegmasie continue , c’est qu’ils supposent toujours un changement brusque et considérable dans l’économie , un surcroît d irritation ou de congestion locale , soit l’exacerbation d’une maladie continue , soit le passage à l’état aigu d’une affection chronique. Une dernière preuve que les choses se passent ainsi dans l’estomac durant le frisson des fièvres intermittentes , c’est qu’il est bien prouvé et reconnu que, pendant cette période, l’estomac ne peut supporter aucun médicament, aucun aliment solide ni liquide, et qu’il rejette même ceux qui, introduits quelques heures auparavant, n’auraient pas encore été digérés quand survient le frisson fébrile; de là, comme nous le verrons, l’inopportunité et même le danger d’administrer le quinquina pendant l’accès d’une fièvre intermittente ou peu de temps avant son retour.

Quant aux symptômes qui caractérisent spécialement la dernière période de l’accès , comme la rougeur et la moiteur de la peau , la fréquence et le développement du pouls, les sueurs plus ou moins considérables , les urines briquetées , etc., iis ne présentent non plus rien d’extraordinaire et dont on ne puisse se rendre compte facilement. N’admettant pas cju’il y ait une matière morbifique à cuire, à élaborer et à chasser, nous ne verrons dans cette chaleur, ces sueurs , etc., que des phénomènes de réaction très naturels par suite d’un reflux du sang et des humeurs de l’intérieur à la surface du corps dont on remarque de fréquents exemples dans l’état de santé. Ne voyons-nous pas se développer les phénomènes dont il s’agit , après un travail pénible et très accéléré, après une course rapide? Ne voit-on pas, nprès une affection morale très vive et très agréable, l’extérieur du corps s’épanouir en quelque sorte, la peau s’échauffer, se colorer ? Qu’au sortir d’un bain froid, on se place promptement

ANALYSE DES SYMPTOMES

dans lin lit bien chaud , aussitôt on éprouve une douce moiteur bientôt suivie d’une sueur plus ou moins abondante. Nous ne regarderons pas les urines sédimenteuses comme une crise dans I0 sens qu’attachaient à ce mot les anciens , c’est-à-dire comme une évacuation dêpuratrice et sujette à des périodes régulières , ou comme l’élimination de la partie la plus tenace de la matière morbifique, et qui, pour cette raison, ne peut être expulsée par les sueurs ! Nous considérerons ces phénomènes critiques ou cette augmentation de certaines évacuations comme un déplacement de l’irritation congestive inflammatoire ou subinflammatoire qui a provoqué l’accès fébrile : c’est une irritation physiologique qui succède à une irritation pathologique , et qui , du système capillaire sanguin ou du système lymphatico sécrétoire de la muqueuse digestive , se porte sur les organes sécréteurs de i’urine et de la transpiration cutanée. Il en résulte pour ces organes un surcroît d’action qui ne va point au-delà de l’état normal ; c’est une espèce d’irritation transitoire ou supplémentaire qui s’interpose entre l’état morbide et l’état de santé, qui sert de transition de l’un à l’autre , et auquel la nature semble avoir recours pour rétablir d’une manière lente et graduée l’équilibre des fonctions troublées par l’accès fébrile.

Nous avons dit que cette irritation critique ou supplémentaire du système sécréteur cutané et rénal , ne .constituait point une maladie ; cela ne doit s’entendre que du plus grand nombre des cas , parce qu’il arrive quelquefois que cette augmentation d’action des exhalants cutanés et des organes sécréteurs de l’urine, est portée assez loin pour qu’il en résulte un véritable état morbide , comme des sueurs colliquatives et le diabète. Ce n’est là ni une supposition , ni une conséquence forcée de la théorie que nous avons adoptée , c’est une vérité que nombre de faits confirment : Sydenham, par exemple^ a remarqué que les vieillards qui ont depuis long-temps la fièvre intermittente et qui sont traités imprudemment par les saignées répétées ou les purgatifs , tombent dans le diabète quand leur fièvre disparaît. Scara- I mucci (1) et Jean-Jacques Schenchzer (2) ont observé des exemj pies de flux diabétiques à la suite de fièvres intermittentes gué- I ries trop promptement ou traitées par les martiaux. On rapporte

(1) Theoremata physîco-medica.

i (2) Act. nat, cur., t. 11.

2 20 FIEVRES liNTERMITTEMES ET REMITTENTES.

aussi l’exemple d’un homme qui avait été attaqué de fièvre double-quarte au commencement de l’automne, et qui, ayant négligé les moyens convenables , fut délivré de sa fièvre vers le. solstice d’hiver par un écoulement d’urine qui dura cinq semaines, et qui avait graduellement augmenté au point que le malade en rendait plus de seize livres par jour, quoique la cjuantilé des aliments solides et liquides qu’il prenait ne dépassât pas cinqlivres (1). Barthez a vu un homme, atteint de fièvre intermittenlCy qu’on eut l’imprudence de saigner pendant le frisson d’un accès ; il fut délivré do sa fièvre, mais elle fut remplacée par un diabète excessif qui jeta promptement ce malade dans le dernier épuisement. Ce célèbre patricien parvint à le guérir en le mettant à l’usage d’une eau de rouille et d’une infusion de quinquina dans l’eau seconde de chaux.

Nous venons de voir, par l’analyse du groupe de symptômes qui caractérise en général tout accès de fièvre intermittente , que les plus constants, les plus nombreux et les plus importants de ces symptômes indiquaient une irritation congestive, inflammatoire ou lymphatico-sécrétoire de la muqueuse digestive. Nous avons vu, par le rapprochement des symptômes généraux, sympathiques ou accessoires de l’accès fébrile avec d’autres phénomènes analogues observés dans l’état sain , qu’ils concouraient aussi à prouver la même affection gastro-entérique. Donc cette fièvre n’est point essentielle ; donc elle peut être considérée comme symptomatique d’une irritation ayant ordinairement soii siège dans les organes digestifs.

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