PRINCIPAUX FAITS D ANATOMIE PATHOLOGIQUE
ment opiacé , à une diète farineuse et légère : un vésicatoire fut appliqué sur la poitrine.
Après plusieurs alternatives de mieux et de redoublements desa maladie, Roland succomba , et l’autopsie fit voir la cavité gauche de la poitrine remplie d’un liquide séro-purulenl ; le poumon , repoussé au haut de la voûte thoracique, réduit au volume d’une grosse orange , endurci , contenait des tubercules autour des ramifications des bronches , et qui me parurent être des glandes bronchiques ; elles étaient réduites à l’état pulpeux blanc , mais aucune n’était vidée. La membrane interne de la trachée rouge et même noire , depuis la moitié inférieure de ce conduit, jusqu’où on pouvait la suivre dans les deux divisions des bronches. Quelques taches rouges isolées dans la muqueuse intestinale, une couche de mucus blanc formant une espèce de fausse membrane qui tapissait l’intérieur de l’estomac dont la tunique était peu injectée; les glandes mésentériques d’une grosseur énorme et tuberculeuse.
M. Broussais rapporte une autre observation absolument semblable à celle-ci, et dans laquelle l’autopsie constate les mêmes altérations dans les organes pulmonaires et gastriques. ( Id. ibid. vol. 1er.
Fièvre rémittente bilieuse , txjpe tierce.
No 536. Geneviève Pierrette , âgée de trente-sept ans , d’une constitutioQ assez forte , éprouva une peur très vive. Pendant quelques jours, insomnie , malaise, céphalalgie. Premier jour delà maladie, frisson àdixheures du matin, chaleur, sueur. Deuxième jour, céphalalgie augmentée, douleur dans les membres, chaleur, point d’accès. Troisième jour, entrée à l’infirmerie L’accès avance d’une heure, vomissement pendant le frisson , céphalalgie sus-orbitaire , figure pâle et jaunâtre , langue couverte d’un enduit muqueux , jaune au centre; nausées , soif, sentiment de défaillance et de pesanteur à l’estomac , constipation. Quatrième jour , l’émétique détermine le vomissement de matières vertes , des selles très abondantes ; il y a un peu de rémission , frissons dans la nuit; l’accès ne finit que le lendemain au soir. Sixième jour, peau brûlante, fréquence, roideur du pouls, accès à cinq heures du soir, qui se prolonge jusqu’au lendemain malin. Septième jour, point d’accès, un peu de sommeil dans la nuit. Huitième jour, vomissement de matières verdâtres pendant la durée et à la fin de l’accès; syncope. Neuvième jour, douleur extrême aux régions frontale et pariétale de la tête; douleur dans les membres , nausées , amertume de la bouche , point d’accès. Un grain de tartrate d« potasse antimonié. Dixiéme jour, paroxysme marqué par une chaleur excessive , douleurs plus vives , soif, un peu de sueur. Onzième jour, point de paroxysme, symptômes moins intenses que la veille. Quatorzième jour, retour du paroxysme caractérisé par l’exaspération de tous les symptômes; augmentation de la chaleur suivie d’un peu de sueur. Il en a été de même le seizième et le dix-huitième jour. Vingt-uniéme jour, il se déclare une douleur à la région des côtes sternales droites ; difficulté à rester couchée sur ce côté ; toux petite, fréquente, sèche. Vingt-troisième jour, face plus jaune, nausées, quelques vomissements, tension de la région épigastrique, pouls faible et fréquent. Vingt-quatrième jour, vomissement de matières jaunâtres , épaisses , très amères, provoqué par l’émétique , ce qui fut suivi le lendemain d’une rémission très marquée. Vingt-septième jour, frisson , sueur après la chaleur, douleur de côté plus aiguë , vomissement. Vingt-neuvième jour, accès très violent, très peu de sueur. 11 en fut de même les trente-unièrae^ trente-troisième , trente-cinquième et trente-septième jours. Trentième jour,, vomissement modéré ; il disparaît le lendemain. Trente-sixième jour, retour du vomissement, hypocondres très douloureux, Trente-neuvième jour, poin&
d’accès , léger œdème du côté gauche. Quarante-deuxième jour, sentiment de constriction à la gorge , voix affaiblie , pouls petit , fréquent. L’émétique fait vomir des matières jaunâtres comme huileuses; le vomissement cesse. (Les calmants avaient été sans succès , et c’est ce qui a fait substituer un émétique. ) Quarante-septième jour, retour du vomissement; rien ne peut l’arrêter ; l’abdomen présente le même état de tension , de douleur, de sensibilité , mais aggravé; l'œdème s’étend au côté droit ; enfin , la malade succombe.
Autopsie cadavérique. — Le foie était très volumineux et très jaune ; plusieurs calculs dans les pancréas. L’état de la muqueuse digestive ne fut pas examiné. ( Pinel , Médecine clinique. )
, Fièvre intermittente quarte, bilieuse et ataxique,
N’o 537. Don Andréa3Iorroy, prêtre espagnol, âgé de quarante ans, d’une assez bonne constitution, était affecté de la fièvre quarte depuis plusieurs mois. II prit ta poudre de Cotugno; elle supprima la fièvre, qui récidiva quinze jours après, à ta suite d’un excès en liqueurs spiritueuses. Depuis long-temps il avait la rate engorgée et un écoulement hémorroïdal qui chaque mois revenait d’une manière périodique. Depuis deux mois il y avait suspension de ce flux. Vingtjours s’étaientécoulésque la fiévreavait disparu, lorsque le 2 septembre 1822 elle revint avec des frissons très violents, semblables à ceux de la fièvre quarte ; il arrive alors à l’hôpital, après avoir repris inutilement la poudre de Cotugno. La fièvre continua à être très forte, sans présenter la plus légère intermission pendant le jour suivant. Le 4 au matin il y avait soif, ardeur générale, vomissements, angoisses, pouls fort et vibrant. Vers dix heures du soir, pouls dur, agitation, vomissements, douleurs de tête, d’estomac, ardeur à la peau, veille. (Saignée d’une livre au bras, tisane.) 5, matin, pouls fort, plein; peau brûlante, agitation ; il ne sait comment se placer, ne se trouve bien dans aucune position. Vomissement qui revient même quand il prend une cuillerée d’eau ; sentiment d’irritation à la gorge; soupirs continuels ; visage abattu, terne. (Une autre livre de sang au pied; lavement, fomentations, tisanes.) Soir, fièvre moins forte, pouls 1 10 ; vomissements continuels impossibles à arrêter; douleur de tête; ventre brûlant, très douloureux; langue humide, terreuse; le malade dit qu’il lui semble qu’il y ait dessus des grains de sable; agitation. (Eau glacée, émulsion, fomentation, lavement, sulfate de quinine dans la rémission.) A neuf heures du soir, vomissements persistants, exacerbations des autres symptômes. (Saignée d’une livre.] Sueur au point du jour. La nuit, il s’est levé pour éloigner la bouteille qui contenait l’eau à la neige, et dont la paille qui l’entourait sentait mauvais; il la porta dix pas plus loin. Quelques instants après il voulut se lever une seconde fois, mais il tomba en syncope. 6, matin, pouls 105, mou; vomissements moins forts, diminution des douleurs de tête et d’estomac, langue humide, peau jaune. (Huit ventouses scarifiées à l’épigastre, eau glacée, limonade.)
Le soir, vers une heure après midi, froid violent qui dura une heure. On lui mit trois couvertures : la chaleur se développa avec force; il y euj, alors agitation , douleur fixe à la région temporale. Vomissements moins fréquents, langue humide, bouche amère ; le malade croit toujours avoir du sable dessus, pouls 110. (Limonade, eau à la neige, cataplasmes émollients, bains sinapisés et très chauds aux pieds.) 7, malin, légère sueur dans la nuit; vomissements diminués, lavement de kina ; il est plus tranquille. Il a pris trois grains de sulfate de quinine à six heures : pouls 100. Douleur du ventre moins forte, tête dégagée, faiblesse générale, douleur d’estomac assez forte sous )a pression. (Deux onces de quinquina en lavement, trois grains de sulfate de quinine, eau à la neige, limonade.) Sommeil tranquille. Soir, pouls 80, égal.
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vigoureux ; visage abattu, douleur d’estomac persistante ; hoquet, tendance au vomissement. Trois grains de. sulfate, lavement de kina. A six heures, retour de la fièvre ; le froid est moins marqué.
8, matin, sans fièvre; pouls 85; il a eu quelques vomissements dans la nuit ; constipation, ventre douloureux, dur. Il a sué la nuit ; syncope en allant à la chaise percée. Lavement simple, 3 grains de sulfate de deux en deux heures, eau glacée, neige, limonadej bouillon et pain. A trois heures après midi, retour de la fièvre, précédée de frissons; mêmes symptômes, pouls 105 constipation. Lavement avec l’huile de ricin; plus tard lavement simple, bains de pieds, tisane, eau à la neige. Point de selles; dans la nuit quelques: sueurs. 9, matin, pouls 75, chaleur naturelle, ventre très douloureux; le malade désespère de sa vie. Légère douleur de tête, angoisses continuelles. Quatre onces de quinquina en lavement, cinq doses de sulfate de quinine. Soir, retour d’un accès, précédé de frissons; hoquet. Les extrémités restent à moitié glacées ; vomissements, agitation générale, trouble des facultés intellectuelles, douleur de ventre sous la pression, râle- Mort le 10, à deux heures du matin.
Ouverture, quatorze heures après.— Estomac contracté sur lui-même; ses parois sont épaissies, ses replis gonflés, saillants. Le grand cul-de-sac est d’une couleur de suie, le reste enflammé, mais d’une couleur moins foncée. Duodénum enflammé dans toute son étendue. Surface interne des intestins grêles de la couleur du raisin noir ; sesvalvules sont tuméfiées. Leur surface externe est jaune comme la peau du corps; leur calibre est tellement rétréci qu’il est à peine égal à celui du petit doigt. Le cæcum, le colon, sont moins contractés et enflammés intérieurement ; le rectum est très contracté et très enflammé, le foie gorgé de sang, la rate pesante, d’un gros volume, et facile à déchirer. (Bailly, Traité anatomico-pathologique des fiév. intermitt.)
Fièvre intermittente bilieuse , puis comateuse.
No 538. François Lauretti, cordonnier, âgé de soixante ans, d’une constitution maigre, tomba malade le 17 août 1822. Il eut tous les jours la fièvre qui débutait par des frissons et se terminait la nuit par des sueurs : il y avait en même temps constipation et douleur à l’épigastre. Il fut apporté à l’hôpital du Saint-Esprit le 25 août. Soir, couleur jaune-citron foncé de tout le corps; il dit que cette couleur est venue pendant le dernier accès ; peau des extrémités froide, sentiment de chaleur interne, langue rouge et sèche, pouls 108, comme un fil. Il avait tellement sa connaissance qu’il nous sourit en nous voyant approcher, car nous lui avions déjà parlé lorsqu’on l'apporta à l’hôpital, et qu’il n’était pas encore dans son lit. Il ne se plaignait de rien, paraissait fort tranquille, et répondait parfaitement à tout ce que nous lui demandâmes. Le 25 matin, coma, immobilité des membres quand on les pinçait; mais quand on appuyait sur la région de I estomac, tout son corps faisait un mouvement brusque; jaunisse persistante, pouls insensible à l’avant-bras, à la crurale 122. Il prit quelques cuillerées de quinquina pendant cet accès ; il le vomit. Il mourut cette même matinée à dix heures.
Le cadavre était d’un jaune citron. A l’ouverture du crâne, la dure-mére était teinte en jaune d’une manière aussi prononcée que la peau ; cette couleur s’en alla en partie au moyen de lotions répétées. Cependant lorsqu’on regardait le jour à travers cette membrane, la diminution de la couleur était I à peine sensible. Injection de l’arachnoïde, couleur foncée de la substance I corticale, sérositéjaunâtre entre les circonvolutions. Quand on coupait le cer- I veau par tranches il suintait une infinité de gouttelettes par l’ouverture des vaisseaux coupés; un peu d’eau dans les ventricules, cervelet naturel. Poumons sains; les cavités du cœur parurent plus grandes qu’à l’ordinaire. Dans