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266 FIEVRES liMERMIlTENTES ET REMITTENTES.
le ventriiMile droit était un caillot entièrement formé d’iine albumine d’une couleur jaune aussi prononcée que celle de la peau et delà dure-mère. Le ventre, avant d’étre ouvert, était concave et appliqué sur la colonne verlél»rale. Estomac contracté sur lui-mérne; il était d’une couleur lie de vin dans toute son étendue. Quoiqu’il fui bien lavé, il restait adhérent à la surface un mucus épais, analogue aux crachats cuits des malades atteints de catarrhe pulmonaire. La petite courbure et une portion de la grande présentèrent cette espèce d'éruption décrite au no 30. Examinée à la loupe, elle n’offrait rien de plus remarquable qu’aux yeux nus, seulement au lieu de paraître consister dans de petites élévations parfaitement rondes et entièrement séparées les unes des autres, elles communiquaient entre elles par leur base, mais de manière cependant à former des chaînes montueuses, si l’on peut s’exprimer ainsi, qui serpentaient les unes à côté des autres, c’est-à dire que la communication d’un tubercule par sa base n’avait pas lieu avec tous ceux qui l’entouraient. Celte communication, en général, avait lieu par les deux extrémités d’un diamètre de cette base, et le résultat était des lignes onduleuses tuberculaires, qui se circonscrivaient mutuellement. Cependant il ne faut pas croire que ces lignes tuberculaires fussent indépendantes des autres latéralement, car il n’y avait rien de bien tranché ; seulement la disposition que je viens de décrire était assez générale.
La rougeur de l’estomac était moins vive sur le pylore, mais elle recommençait de suite dans le duodénum, où elle était aussi intense que possible, et se conlinuail sans interruption dans les intestins grêles et gros. La vésicule du bel était verte au dehors et remplie d’une hile noire et épaisse; en comprimant fortement celte vésicule, on pouvait à peine faire suinter quelques gouttes de bile dans le duodénum : l’ouverture du canal cholédoque ne pouvait cire distinguée au milieu des replis rouges, sanguinolents et tuméfiés de la muqueuse du duodénum, que par ce moyen Le canal cholédoque étant ouvert, ne présenta rien de particulier, si ce n’est un rétrécissement de son embouchure dans le duodénum, produit par le gonflement du tissu enflammé de celui-ci; le fuie était d’une consistance ordinaire: sa couleur était d’un jaune de poudre de quinquina. C’est la seule fois que je l’ai vu ainsi, ha rate, dont le volume était ordinaire, était si liquide que lorsqu’on appuyait le scalpel dessus pour la couper, son tissu s’échappait en bouillie plutôt que de se laisser trancher. ibid.)
Fièvre rémittente et intermittente inflammatoire et puis
ataxique.
No 539. Pietro Tartaglia , âgé de quarante-cinq ans , d’une bonne constitution fut apporté à l’hôpital le 28 septembre 1822 , et fut placé au no 86. Malin. Peau brûlante, pouls fort, visage enflammé, ventre un peu douloureux, céphalalgie, langue humide.Saignée d’une livre; kina, trois gros. Soir. Exacerbation de la fièvre , visage rouge , yeux étincelants, pouls fort, vibrant, commençant à être humide de sueur. Potion saline, décoction d’orge. Nuit. Sueur générale, épistaxis d’une livre, quelques selles. On lui vola de l’argent, ce qui le désespéra beaucoup.
29 malin. Pouls fréquent, peau presque naturelle, céphalalgie diminuée, ainsi que l’épigastralgie. Soir. Retour de la fièvre avec frisson, augmentation delà céphalalgie et de l’épigaslralgie, intelligence parfaite, constipation ; il se lève très bien sur son séant. Lavement, potion saline; kina, deux gros. 30 , malin. Continuation de la fièvre, pouls fort, peau brûlante; langue rouge, humide* augmentation des douleurs de tête et d’estomac. Une livre de sang; kina, six gros. Soir. Même état, douleur de tête plus forte. Potion saline, tisaned’orge. lia vomi la plus grande partie du kina. Nuit. Sueur générale, le»' octobre. Corn-
PRINCIPALX FAITS d’aNATOMIE PATHOLOGIQUE. sGj
mencemeiitd’liébétude, décubitus sur le dos, réponscsientos. Mouvements vagues et incertains datjs les muscles de la bouche quand on lui demande à voir la langue; pouls lent, ventre aplati, douleurs d estomac. Vésicatoires aux cuisses* Jiina, deux onces. Soir. Stupeur prolbnde, yeux à demi ouverts, i)U|)illes rétrécies, iiiiichoires serrées. Avant-bras lléchis sur les bras, à angles droits et uonlractés ; sensibilité partout , sueur abondante qui coulait de tout le corps à grosses gouttes. Kina, trois onces. A huit heures et demie , cessation de la contraction, mais stupidité ; on fut obligé de lui ouvrir la bouche pour lui faire avaler le kina. 2 octobre, matin. Même état, point de contraction ; il a pris le kina et ne l’a pas vomi. Deux onces de kina , lavement. A onze heures du matin, nouvel accès de Gôvre, qui est venu peu à peu et s’est accompagné des symptômes suivants ; avant-bras rigides, contractés et lléchis à angle aigu sur le bras ; mâchoires serrées, léthargie , respiration lente et sonore pouls dur, langue retirée au fond de la bouche ; ventre aplati ; il pousse un cri quand on lui presse le ventre. On lui tire une livre de sang au pied. Résolution des membres, qui cessent d clre contractés; épigastre toujours douloureux. Vésicatoires aux bras et au col. Râle; mort à six heures un quart du soir.
Oitoerfure.— Vaisseaux de l’arachnoïde excessivement injectés, substance du cerveau offrant à la section une infiuilé de points rouges ; substance corticale d’un rouge brun , point d’eau dans les ventricules; même altération du cervelet; un peu d’eau à la hase du crâne; rien de malade dans la poitrine; intestins contractés sur eux-mcrnes : comprimés entre les doigts, ils conservaient l’impression; trois ifivaginations du jéjunum; une d’elles était double* leur couleur extérieure était rose ; elle était plus foncée sur les parties Invaginées. Estomac d’un rouge brun intérieurement; éruption à la petite courbure et vers le pylore. La plupart de ces tubercules avaient une tache de sang à leur centre. OEsophage naturel , intestins d’un rouge de muscle intérieurement ; l’inflanimation allait en diminuant dans les gros intestins Rate tendue, gonflée, pesante; son tissu se laissait facilement pénétrer par les doigts et se réduisait en bouillie. [Id. ibid.)
Fièvre intermiltente gastrique et puis ataxique , type quotidien.
No 540. Antoine Ercolani, âgé de soixante-trois ans, tomba malade le 6 septembre 1822. D’après le rapport de son üls, il eut chaque jour la fièvre précédée de frissons, accompagnée de chaleur, douleur d estomac , céphalalgie, vomissements , et se terminant chaque nuit par des sueurs : chaque jour elle revenait à midi II prit quelques onces de quinquina qu’il a toujours vomi II entra à l’hô pital du Saint-Esprit le Oseptembre, et fut placé au n^SS. Le soir, il présenta les symptômes suivants : fièvre , stupidité , douleur de tête. Impossibilité de parler, langue sèche et comme revêtue d’un parchemin qui en crispait la surface; ventre excessivement douloureux sous la pression. Lavement de quinquina. 10, matin. Fièvre presque nulle à la suite de sueurs qui ont eu lieu la nuit : langue humide, mais recouverte d’un enduit noirâtre, s probablement coloré en partie par le quinquina; douleur de ventre |)ersistant avec la même intensité. Autres doses de quinquina , qu’en partie il vomit, en partie il retint. A trois heures après midi , retour de la fièvre, coma, décubilus sur le dos, respiration lente , grande et comme par secousses, langue aride, portée au fond de la bouche , rouge dans toute son élendue; yeux { ternes : aspect d’agonisant; bouche s’ouvrant à chaque inspiration : f icultés ï intellectuelles pas entièrement absorbées parle coma; en le réveillant on J aperçoit un reste de pouvoir d’attention. A cinq heures et demie, respiration I plus lente , coma profond. Le malade ne se réveille, ni quand on l’appelle, ni ^ quand on le pince ; mats si on lui presse le ventre , il manifeste de la douleur
par un cri et ouvre les yeux ; langue sèche, ridée; pouls fort, lent ; chaleur hnllanlc à la peau. Dans la nuit, sueur générale. 11 , malin. Rémission de la lièvre; mais cependant il reste de la stupidité; quand on l’appelle il se retourne , mais regarde sans rien dire ; ses yeux restent immobiles; la langue est aride , le ventre doulouleux. Vers midi , retour de la fièvre : respiration grande, bouche fermée, coma profond, paralysie des ailes du nez qui s’affaissent à chaque inspiration; les muscles de la face sont aplatis sur les os et y paraissent collés ; coma profond ; raie. Mort à deux heures après midi.
Ouverture. — Arachnoïde rouge , épaissie comme par du sang qui s’est infiltré dans son tissu. Quand le cerveau a été extrait , il est resté huit à dix onces de sérosité dans la base du crâne. Adhérences anciennes et récentes d& l’arachnoïde avec la dure-mère, surtout au sommet , où il y a de la sérosité coagulée et d’une consistance gélatiniforme ; substance corticale du cerveam d’un brun rougeâtre très intense. Il y avait entre le cerveau cl le crâne un vide de prés d’un pouce dans toute sa circonférence , et résultant de l’affaissement de cet organe , dont la consistance était presque naturelle, quoique un peu molle. Poumon droit naturel; poumon gauche adhérent, mais par une fausse membrane ancienne. OEsophage à son quart inférieur présentant des granulations , et à sa communication avec i’estomac otïranl une fausse membrane brunâtre , probablement colorée par le quinquina ; la couleur du ventricule est d’un rouge intense tirant sur le noir, et couvert dans toute son étendue de mucosités épaisses qui ne s’enlevéï ent merne pas par des lavages répétés. Eruption très confluente vers le pylore; intestins grêles et gros enflammés dans toute leur étendue et d’un rouge vif; rate de volume ordinaire, mais en bouillie comme de la lie de vin ; foie sain ; épiploon cl surface extérieure des intestins d’une couleur rosée. [Id. ibid.)
Fièvre intermittente bilieuse et ataxique, type tierce. "
"No 541. T. Batlista Vaselli , âgé de dix-sept ans , menuisier à Santa-Maria- Monteroni, prit un bain dans le Tibre le 28 juillet. Il fut aussitôt pris d’une fièvre précédée de frissons, et qui se termina par des sueurs abondantes.. Au milieu de l’accès il y eut douleur de tète , soif, constipation , bouche amère, vomissement. Cette fièvre revint le 29. Il entra à l'hôpital le 30 juillet au soir, et fut placé au n" 1, dans la salle de clinique. Il avait une fièvre violente avec angoisses , soif, douleurs de ventre, anxiétés. Huit grains de sulfate de quinine, en quatre pilules, émulsion. A peine le froid de ce troisième accès commençait-il à disparaître , qu’il parut sur tout le corps une éruption de larges boutons saillants et prurigineux : il vomit des matières jaunâtres.
Le 31, matin, sans fièvre; aucun accident de douleur ou d’incommodité. Quinquina en poudre , une once. Vomissement de matières jaunâtres à deux heures après midi , commencement d’un nouvel accès, puis fièvre ; soif, douleuL* de tète, sentiment de resserrement dans la gorge, difficile articulation des paroles, agitation , anxiétés, délire loquace. Il veut se lever ; pouls très fréquent. Potion saline, quinquina. 1er août malin , continuation du délire , qui a duré toute la nuit; fièvre violente, lange rouge , angoisses , sueurs partielles au front , à la poitrine. Vers deux heures après raidi , le délire augmente; à trois heures, pouls cent trente-deux. Il a pris quatre paquets de quinquina et en a vomi deux. Huile de ricin , une once; sirop d’allhæa , une once. Point de selle , potion saline. Soir. Fièvre, délire ; son langage est presque celui d’un homme ivre ; langue toujours rouge , front très chaud; ventre brûlant, mais non douloureux à la pression ; sueur au front, agitation continuelle, anxiété. Il demande qu’on le détache ; extrémités sensibles, pupilles dilatées. Il a pris en tout deux onces deux gros de quinquina. A quatre
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heures , dans la nuit , froid glacial des extrémités seulement. Mort à sept heures du malin.
Ouverture. — Arachnoïde injectée , mais non avec autant d’intensité que -dans les comateux ; engorgement des vaisseaux qui rampent sur les circonvolutions. Quand on coupe le cerveau par tranches , on voit dans plusieurs parties les orifices coupés qui laissent échapper des gouttelettes qui reparaissent quand on les essuie. Deux onces de sérum à la base du crâne. Tout est sain dans la poitrine. Dans le ventre, violente inflammation du grand cul-de-sac de festornac ; sa couleur est d’un rouge foncé. La rate, de grosseur naturelle, est composée d’un sang noir et liquide. La première moitié de l’intestin grêle est presque à l’état ordinaire; mais toute la seconde portion jusqu’au cæcum •est vivement enflammée. La couleur de la muqueuse est d’un rouge cerise ; les veines mésentériques sont très injectées : rien de particulier dans les gros intestins. L’intestin grêle était garni dans presque toute sa longueur d’une 'Couche de matière noire , luisante, analogue à de la pulpe de casse , sans aucun mélange de matière qui aurait troublé l’homogénéité de cette bouillie. i^Ius tard, j’ai vu dans plusieurs vésicules de la bile qui avait la consistance et la couleur de cette matière, et qui ne me laisse aucun doute sur sa nature. Foie sain , mais gorgé de sang. [là. ibid.)
I Fièvre intermittente ataxique y type tierce.
No 542. Vincent Coroselli , âgé de cinquante-cinq ans, d’une faible constitution , entra à l’hôpital le 30 juin , et fut placé au no 93. Voici ce qu’on me Taconta sur son état, car je ne le vis que le jeudi 4juillet. Le jour de son arrivée, il présenta un accès de fièvre , qui était le premier. Il avait quelques douleurs dans la région de la parotide gauche ; son air était stupide , cependant il répondait aux questions qu’on lui faisait. Constipation. Cet accès dura toute la journée du le»- juillet.
Le 2 juillet , mardi, il fut sans fièvre. Il prit deux onces de quinquina. Le 3 juillet , mercredi , la fièvre revint le soir. Le 4 juillet, gonflement très dou- Joureux de la parotide gauche; pouls intermittent, petit, extrêmement irrégulier ; il est tellement tumultueux qu’il est presque impossible de distinguer des pulsations bien marquées. Le malade peut montrer la langue , mais elle tremble sur les lèvres ; elle n’a rien que de naturel ; les yeux sont ouverts. Le malade cherche à prendre quelque chose avec les doigts. Soubresauts des tendons , délire tranquille. Quand on lui demande comment il se trouve, il répond qu’il est assez bien. Tendance ausommeil , plus tard coma. Mort dans la nuit.
Ouncrfirre. — Fausses membranes entre les feuillets de l’arachnoïde , qui €St opaque; engorgement des veines superficielles du cerveau; intestins pâles ; excréments très durs dans les gros intestins. Parotide enflammée , mais non à l’état de suppuration ; sérosité dans le crâne. [Id. ibid )
Fièvre intermittente pernicieuse comateuse.
No 543. Jean Olivier, âgé de quarante ans, d'une bonne constitution , fut apporté à l’hôpital le 6 juillet. Il était alors sans fièvre. Le soir, la fièvre arriva précédée de frissons suivis d’un accès de chaleur violente. Le pouls était fort , cent vingt. Coma , décubilus sur le dos , bras droit immobile ; il se sert <lu bras gauche , qu’il porte à la tête. Sensibilité partout : quand on essaie d’ouvrir l’œil gauche , il paraît en éprouver de la douleur et contracte les paupières; ventre douloureux. Le 7 matin , coma , décubitus sur le dos ; pouls Tort , cent huit. Soir , coma , sueur visqueuse, fétide; insensibilité, immobilité des membres ; langue sèche ; pouls , cent quarante. Mort à sept heures du soir.
Si^O FIÈVRES INTERMITTENTES ET REMITTENTES.
A l’ouverture , injection et épaississement de l’arachnoïde; engorgement des vaisseaux qui rampent sur les circonvolutions ; celles ci sont écartées par de l'eau. Lyre gauche fortement injectée; plusieurs amas d’eau à la base du" crAne. Eminences phlegmoneuses de l’estomac qui était d’une couleur gris d’ardoise; invagination de l’intestin grêle; rate volumineuse et en bouillie. [Id., ibid.)
Autre fièvre inter miiten te pernicieuse.
N'' 54i. Vincent Orsini , âgé de soixante ans , vint à l’hôpital le 3 juillet 1822. Il fut placé au no 106. Son état était le suivant ; coma , pouls insensible, extrémités froides. Demi-llexiou des deux membres thoraciques; (piand on veut les étenfire, on éprouve assez de résistance de la part des fléchisseurs; œil gauche à demi fermé, œil droit ouvert; luipilles dilatées, immobiles ; langue sèche , rentrée au fond de la bouche : il manifeste de la douleur quand on comprime le ventre. Mort le soir de son arrivée.
A l’ouverture , vive inflammation de l’arachnoïde avec forte injection de ses vaisseaux : il s’est écoulé de la sérosité qui était entre la dure-mére et l’arachnoïde. Une tumeur fibreuse , du volume d’une grosse noisette , adhérait à la dure-mére sous l’angle postérieur des pariétaux , et comprimait le cerveau. Quoique l’injection de l’arachnoïde Tût très vive des deux côtés , elle était cependant plus forte à gauche qu’à droite, lïydalide de la grosseur d’un, petit pois dans le plexus choroïde ; l’eau qui était entre l’arachnoïde et la dure-mére était plus abondante à gauche qu’à droite. Cerveau assez mou. Inflammation générale de l’estomac; l’Sdu colon était d’un rouge brun. [Ibid.)
Fièvre intermittente pernicieuse comateuse convulsive.
No .545. Uonafo Fanti , charbonnier, âgé de cinquante ans , fut apporté â l’hôpilal du Saint Esprit dans un état comateux , qui ne présenta aucune rémission jusqu’à la mort , qui arriva le lendemain à deux heures après midi. Le pouls était fort, battant quatre-vingts fois par minute. Quand on pinçait les membres , le malade manifestait de la douleur; sa peau était chaude et hum’de ; quand on lui ouvrait les yeux , il ne les dirigeait sur aucun objet. Il fut impossible de voir sa langue , puisqu’il n’entendait rien et qu’on ne pouvait pas lui ouvrir les mâchoires assez grandement pour la voir. Il éprouvait de la douleur quand on comprimait la région du foie seulem.ent, il ne paraissait pas en ressentir par la pression sur le reste du ventre. On ne put obtenir aucuns renseignements sur son état antérieur ; mais la nature delà maladie régnante, la chraleur de la saison , et la ressemblance parfaite qu’il y avait entre son état et celui des malades dont la maladie nous était connue dès le principe , et qui se terminait de la même manière, nous portèrent à regarder cet accès comme celui d’une fièvre pernicieuse. Cette opinion fut encore confirmée par l’ouverture du cadavre
A l’ouverture du crâne, il s'écoula filusieurs onces de sang; l’arachnoïde était fortement adhérente à la dure-mére par des granulations résultant d’une inflammation ancienne; les vaisseaux du cerveau étaient très engorgés : lorsqu’on le coupait par tranches , il sortait par rouverlurc des vaisseaux divisés de grosses gouttelettes de sang, qui se renouvelaient quand on les essuyait. Le foie était noirâtre ; il ne semblait composé que de sang noir légèrement coagulé et de filets celluleux , qui seuls offraient quelque résistance au doigt ; quand cette légère résistance était vaincue, le foie n’avait plus que la consistance d’une gelée qui commence à fondre , car le sang pa raissail épanché dans son tissu , qui d’ailleurs n’existait plus comme tissu , mais plutôt comme bouillie. Les intestins étaient enflammés dans plusieurs points de leur élen-