‹ Monographie des irritations intermittentes ou traité théorique et pratique des maladies périodiques ... et ... de tout ce qui offre de l'intermittence ou de la périodicité en pathologieChapitre 64 sur 79 · PRINCIPAUX FAITS D ANATOMIE PATHOLOGIQUE. 27I · texte numérisé non relu

PRINCIPAUX FAITS D ANATOMIE PATHOLOGIQUE. 27I

d-iie,et chaque portion enflammée répondait à des pelotons de vers qui étaient encore vivants. Les poumons, la rate, l’estomac, étaient sains. [Ibid.)

Fièvre intermittente et rémittente quotidienne.

No 546. Joseph Totli , vétérinaire, d’un tempérament san^uin-hileux , assez fort, était accoutumé à descendre chaque année dans les lieux marécageux f)our diriger des travaux de semailles ou de moissons ; ce qui lui occasionna des obstructions de la rate et du foie. En 181 1 , au temps de la moisson , étant âgé de quarante ans , et travaillant avec beaucouj) d’activité, il fut affecté d’une fièvre qui fut intermittente , et qu’il supporta sans rien faire jusqu’au troisième paroxysme; enfin , il se rendit chez lui , où la fatigue lui procura un sommeil très court. Je le vis lorsqu’il était affecté du cinquième accé^; son étal était le suivant : agitation, impossibilité de trouver une position qui lui procure du repos; douleur sous les fausses côtes, à droite, remontant au sommet de l’épaule, et s’ôl en da il <à l’hypocondre gauche; douleurs dans les articulations , tête lourde , langue couverte d’un enduit blanc , bouche amère , vomissements , soif, face livide ; pouls irrégulier , ni mou , ni dur; très grande difficidté de respirer; urine rouge avec un nuage, comme elle a coutume d’être chez ceux affectés de fièvres périodiques. Je fis donner un lavement pour desserrer le ventre. 11 eut peu de repos dans la nuit; caria fièvre , revenant précédée d’un froid général dans tous les membres , la douleur de côté fut plus atroce. Sixième jour, toux sèche , fréquente , sans expectoration. Des émulsions calmèrent sa soif, il ne mangeait rien, faute d’appétit ; l’amertume de la bouche avait disparu. Une livre de sang fut tirée du bras : la couenne était presque molle , la lymphe était livide. Nuit sans sommeil. Au retour de la fièvre, le froid s’empara seulement de l’extrémité des pieds. Septième jour , douleur de plus en plus forte; difficulté toujours plus grande de respirer; éructations fréquentes; urine toujours la même. Comme la langue était blanche et qu’il n’y avait pas eu de selles après un lavement, il pril une once de manne qui lui fit rendre des matières bilieuses troubles. La nuit , point de sommeil; délire. Huitième jour, le malade sentit à peine le retour de la fièvre ; la douleur du côté droit s’arn ta dans l'hypocondre et augmenta de violence; les fomentations furent inutiles pour diminuer ces douleurs, qui chaque soir présentaient comme spontanément une rcmissioti bien marquée. Le sédiment briqueté de l’urine fut plus abondant. Le malade ayant bu un bouillon, vomit une matière porracée. Neuvième jour, pouls mou, faible; {irostralion , météorisme , ventre toujours constipé. La nourriture ne s’oppose point à la chute des forces. Il buvait pour boisson une dissolution de nitre ; il ne supjjorlait pas du tout le contact de la main sur le côté droit du ventre. Le soir, il commença à délirer ; la nuit fut sans sommeil , il se leva souvent pour uriner. Dixiéme jour, les deux hypocondres étant très douloureux, comme il ne pouvait se coucher ni sur le dos ni sur l’un ou sur l’autre côté , il re.^tait assis sur son lit ; l’agitation dans laquelle il était le mettait en sueur; il n’avait un peu de repos que lorsqu’il s’a[)j)uyait sur les coudes et les genoux , le dos étant tourné en haut; mais bientôt la toux lui ôtait ce repos. Nuit très pénible. Onzième jour, même état ; urine claire et prompte à se putréfier. Des lavements répétés, un vésicatoire appliqué sur l’hypocondre droit, ne procui érent aucun soulagement; il ne pouvait pas même supporter le poids des couvertures. Le soir, délire. .Après un sommeil court et agité , il devint encore plus malade. Douzième jour , frissons vagues , douleur des membres , pouls grêle , anxiété, diarrhée , face abattue ; veille la ftuil. Treiziéme jour, respiration rare, soupirs interrompus; nuit très triste. Quatorzième jour matin , ne pouvant rester dans aucune position, comme il se levait pour parler à son confesseur, il expira tout-à-coup.

Le cadavre n’offrait rien de remarquable qu’une tension du ventre. Dans l’abdomen il y avait de la sanie môlée avec un peu de sang. Le foie était putride et tuberculeux; cette affection commençait vers la partie convexe, s’étendait de tous côtés, et descendait vers la partie concave; cependantla plus grande destruction était à la partie convexe, le reste était engorgé et enflammé : son volume était naturel La vésicule contenait un peu de bile claire et légère , peu visqueuse. La face inférieure du diaphragme était érysipélateuse; l’estomac et l’intestin grêle étaient pleins d’eau ; la rate, double du volume ordinaire , était d’une couleur noire ; la surface extérieure du poumon droite était couverte d’une croûte blanche , la partie inférieure adhérait à la plèvre costale. (/(Z., î’ôid.)

Fièvre intermittente pernicieuse comateuse convulsive.

No 547 Dominique di Marco , âgé de trente ans , d’une bonne constitution, était affecté d’une fièvre tierce simple depuis le 24 juin 1822. Le 7 juillet au .soir, il fut atteint, d’après le rapport de ses parents, d’un accès pernicieux, comateux : il arriva à l’hôpital le 8 au matin , et fut placé au no 89. Son èlatétait le suivant : coma, décubitus sur le dos , face rouge, avant-bras fléchis et contractés , pouls cent douze , tremblements convulsifs des doigts , jambes allongées et immobiles , sensibilité partout; on lui a fait avaler trois onces de quinquina en six heures. Deux heures après midi , pouls cent ; sinapismes aux pieds 9 au malin, il est en sueur; rémission de la fièvre, pouls quatrevingt-huit , coma-vigil. Il entend, mais ne répond pas, quoiqu’il regarde. Deux heures plus tard , pouls quatre-vingt-douze , fort, plein ; plusieurs onces de quinquina. Soir, pouls fort, plein, quatre-vingt-seize; coma profond, roideur résistante du bras droit; il ne peut pas montrer sa langue; peau chaude et toujours humide de sueur. Pour lui faire avaler le quinquina , il faut lui pincer le nez etlui tenir la bouche ouverte avec une clef ; ensuite on lui verse de l’eau, qu’il garde dans la bouche et finit par rejeter. Il a pris sept onces de quinquina dans ce jour. Le 10 au matin , pouls cent quarante , fort plein ; et coma, flaccidité , immobilité générale, bouche ouverte. Une saignée à la jugulaire; respiration stertoreuse. Mort vers midi.

Ouverture. — Injection de tous les vaisseaux de l’arachnoïde jusque dans les plus petites ramifications et des deux côtés ; mais du côté droit et sous le lobe antérieur elle est d’un rouge intense, unie, sans distinction de vaisseaux; lorsqu’on larrachait de dessus les circonvolutions, on enlevait également la pie-mére, qui lui était si intimement adhérente , qu’elles ne semblaient à elles deux ne former qu’une seule membrane, rouge, très épaisse , et dans le tissu de laquelle se serait épanché du sang qui se serait ensuite coagulé ; point d’eau dans les ventricules ; cerveau d’une consistance ordinaire ; quand on le coupe, il paraît une foule de points rouges qui deviennent ensuite le siège d’une large goutte de sang ; l’arachnoïde du cervelet est aussi très injectée , la consistance de cet organe est naturelle. Estomac gris extérieurement, contracté sur lui-même , peu enflammé ; intestins grêles offrant deux invaginations : une portion de ces intestins est blanche , transparente , remplie de gaz ; le reste est gris, contracté, sans gaz intérieurement. Enfin, dans trois endroits de sa longueur, toute la circonférence du tube est rouge au dedans comme au dehors , dans une étendue de deux à trois pouces üe longueur ; tout le gros intestin est blanc, transparent, distendu parldes gaz; les parties enflammées étaient aussi distendues par des gaz. Pendant la vie, il existait une hernie qui rentra pendant la maladie ; elle parut composée seulement du grand épiploon , qui était disposé en cylindreet très injecté. Foie gorgé de sang ; raie du poids de deux ou trois livres et en bouillie grisâtre. (Id., ibid.)

PRINCIPAUX FAITS d’aNATOMIE PATHOLOGIQUE, 275

Fièvre intermittente pernicieuse comateuse et hépatique.

No 548. Paul Tossini , âgé de trente ans, d’une bonne constitution, fut pris ,1e 29 juin au malin , d’une fièvre qui commença par la chaleur , et qui revint tous les jours jusqu’au 6 juillet; il y eut soif, selles sanguinolentes, épreinles , rate volumineuse. Il a pris des boissons rafraîchissantes et un purgatif. Il arriva à l’hôpital le 6 juillet, et fut mis au no 93. Son état était le suivant : air stupide , somnolence plutôt que coma ; douleur de tête générale. Le malade ne paraît qu’assoupi , car il est facile de l’éveiller; il comprend assez bien ce qu’on lui dit. Décubitus sur le dos; les genoux sont élevés, maison peut étendre les cuisses sans qu’il témoigne de la douleur. Pendant l’assoupissement l’œil droit est entr ouvert, le gauche est fermé. On ne peut abaisser la mâchoire inférieure sans produire des douleurs qui font grimacer le malade , et dans cette grimace la commissure des lèvres se porte un peu .plus à droite qu'à gauche. La langue est sèche , rouge , couverte d’une couche noirâtre qui va de la pointe vers le milieu , et dont la largeur transversale n’est que d’un demi-pouce ; elle se porte un peu à droite. Petits mouvements convulsifs des mains par intervalles ; douleur de ventre par la pression ; peau chaude , sèche ; pouls cent vingt. Quand on étend le bras droit, les fléchisseurs se contractent , et le malade témoigne beaucoup de douleur ; si on insiste , on finit par l’étendre , et une fois étendu il y reste. Tamarin , clystéres , boisson adoucissante. Dans la nuit, déjections sanguines extrêmement fétides ; déclinaison de l’accès qui revint le 7 au matin ; à septheures, le malade se plaignit du froid. Je ne vis le malade que le soir à six heures , il commençait à être dans la déclinaison : la peau était chaude et humide ; enduit fuligineux aux lèvres, pouls impossible à trouver, respiration fréquente. Les deux avant-bras fléchis; quand on veut les étendre, surtout le droit , on produit une vive douleur. Sensibilité partout conservée; quelquefois l’œil droit reste entr’ouvert , le gauche ôtant fermé. Il avait eu quelques mouvements convulsifs le matin , vers midi. Il a pris du kina avant l’accès , au moment où il sentait déjà froid. Augmentation du coma ; mort à sept heures et demie du soir.

Ouverture. — Injection générale de l’arachnoïde , surtout de celle qui revêt le cervelet et la partie latérale du commencement de la moelle épinière. L’injection du côté droit était un peu plus intense que celle du côté gauche , quoiqu’elle fût d’ailleurs au-si vive qu’il est possible de l’imaginer, car ce n’était pas une simple injection qui permet de voir les plus petits vaisseaux. L’arachnoïde était d’un rouge profond , intense, comme si tout son tissu était pénétré de sang. Le cerveau ne présentait rien de remarquable. Les intestins étaient injectés de la même manière , depuis l’œsophage jusqu’à l’anus ; toute leur épaisseur paraissait imprégnée de sang : ils n’étaient d’ailleurs ni plus épais qu’à l’ordinaire , ni contractés , ils étaient au contraire distendus par des gaz. Rate du poids de huit à dix livres ; quand on la mil sur la table, elle s’aplatit comme l’aurait fait une vessie a demi pleine d’eau. Son tissu était en bouillie, (/dl., ibicl.)

Fièvre intermittente pernicieuse comateuse.

N’o 549. Antoine de Félice, agriculteur, d’une bonne constitution , âgé de cinquante-sept ans , vint à l’hôpital le 24 juillet, et fut placé au uo 15.11 était alors affecté d’un accès de fièvre double-tierce, avec coma qui eut une légère rémission dans la nuit. Le 25 , je le vis pour la première fois ; son état était le suivant : coma; langue sèche , noirâtre, retirée au fond de la bouche ; pouls fort , quatre-vingt-seize; plaintes, gémissements , surtout quand on le touche , soit au ventre , soit aux paupières ; les pupilles, qui étaient contractées sous les paupières , se dilatent quand on ouvre celles-ci ; quand on les

274 FIÎÎVRES 1NTERMITTE?ÎTES ET RÉMITTENTES.

ouvre d'un côté, 1rs auîres s’ouvreni d’elles-mêmes. Il respire la bouche ouverte : quand on lui verse de l’eau , il ne l’avale point. Sensibilité quand on pince les jambes et les bras. Le soir, sueur générale : la fièvre paraît devoir présenter une rémission ; cependant le coma persiste, la respiration s’accélère , devient bruyante , slertoreuse Immobilité générale; mort.

Ouverture — Engorgement des vaisseaux de l’arachnoïde et des vaisseaux qui rampent sur les circonvolutions. Celles-ci sont écartées les unes des autres par la sérosité. T e cerveau étant enlevé , il reste au moins trois onces de sérosité dans le crAne. Arachnoïde opaque dans plusieurs points par une fausse membrane. Estomac épaissi ;considérable inflammation de son grand cul-de-sac, qui est d’un rouge noir Inflammation générale de tout le tube intestinal; les vaisseaux du mésentère paraissaient injectés artificiellement.

Fièvre intermittente pernicieuse comateuse.

No 550. Thomas Adami , âgé de vingt ans , fut apporté à Chôpital le 23 août 1822 , et placé au n» 39. Il avait le délire. On fut obligé de l’attacher. Après midi , le délire se calma : un coma profond , intense , lui succéda; le pouls était fort , dur . quatre-vingt-cinq ; les membres étaient flexibles, mais immobiles ; décn!)itus sur le dos , pupilles immobiles, visage gonflé etbrûlantp însensibililé générale. Corps couvert d’une sueur visqueuse. Soir , respiration plus fréquente et très embarrassée ; pouls insensible; sortie d’écume par la bouche ; insensibilité toujours persistante quand on pinçait la peau. Mort à une heure du malin.

Ouverture onze heures après. — Inflammation générale de l’arachnoïde, dont les plus petites ramifications étaient injectées; point de sérosité : la substance corticale était d un rouge foncé ; comparée à celle du cadavre mort de la fièvre algide que nous décrirons plus bas, elle faisait paraître celle-ci blanche, car il y avait entre elles deux la même différence de ton qu’il y avait CKÎre la substance corticale de ce dernier et la substance blanche. C’est 0 plus fort exemple de congestion de la substance grise que j’aie vue, la consistance dii cerveau était d’ailleurs ordinaire. Poumons sains, cœur sain. Estomac rouge , enflammé dans toute son étendue; inflammation généralede tous les intestins grêles et gros , qui étaient d’un rouge vif dans toute leur longueur ; foie sain , rate molle et remplie d’un sang noir. [Id., ihid.)

Fièvre intermittente pernicieuse comateuse convulsive.

N® 551. Antoine Turianie , âgé de douze ans, d’une bonne constitution, fut ai)porté à l’hôpital , le 23 juillet 1822, à quatre heures du soir. Il fut placé au no 102. Son étal était le suivant: commencement de stupeur; réponses lentes et peu justes; les questions le mettaient dans un étal de mécontentement et d’ennui ; agitation , il se tourne de tous côtés dans son lit ; yeux ouverts et stupides ; peau chaude et sèche. Saignée de huit onces, lavement, tisane. Le soir , augmentation de la stupeur par l’arrivée d’un nouvel accès de fièvre, coma profond, yeux ouverts, pupilles immobiles et rétrécies, avant bras fléchis sur les bras ; point de douleur au ventre sous la pression. Sinapismes aux pieds. Le 24 juillet au matin , continuation du-coma , pouls cent vingt-quatre ; tête brûlante , flexion des avant-bras; il est impossible de lui abaisser la mâchoire inférieure. Saignée au pied , huit onces. Soir, rémission de la fièvre et des symptômes convulsifs ; peau un peu humide. 11 faut lui pincer le nez pour lui faire avaler deux onces de quinquina. Le 25 matin , retour de la fièvre et de la flexion des avant-bras; continuation de la stupeur; il ne réi)ond pas aux questions; insensibilité de la peau des jambes, peau des bras sensible; tête brûlante; décubitus sur le dos, yeux ouverts. Eau bouillante deux fois aux pieds ; le malade la sentit très vivement. Bain

PRINCIPAUX FAITS d’anATOMIE PATHOLOGIQUE. 2'5

chaud aux pieds pendant dix minutes , neige sur la tête; le pouls baissa à (juatre-vingt'deiix. Retour de l’intelligeirce ; il avale volontairement du quinquina; mais i)eu api és agilalion violente de tout le corps: les extrémités inférieures, qui dés le commencement étaient froides, ne furent ni réchauffées par le bain , ni enflammées par 1 eau bouillante et les sinapismes. De quatre onces de quinquina qu’on lui fit prendre , il en vomit plus de deux ; il n’a pu conserver les lavements de quinquina qu’on lui fit prendre. 11 resta dans cet état jusfiu’à six heures du soir : le coma revint; il mourut à sept heures.

Ouverture. — Injection très vive de toute l’arachnoïde; entre scs feuillets était une membrane résultant de la coagtdalion du sang qui s’était épanché : beaucoup de sérum entre les circonvolutions et à la base du crâne; substance corticale très rouge, très colorée. Dans le ventre, estomac presque naturel , intestins grêles remplis d’une quantité prodigieuse de vers réunis en pelotons ; l’inflammation était assez vive dans celte partie. Le colon était contracté sur lui-même ; ses parois étaient plus épaisses , et la membrane interne étaient très enflammée ; sa couleur était d’un rouge noir. (/cZ.^ ibid.)

Fièvre intermittente pernicieuse commlsive.\ * i'

ÎV‘> 552. Saverio Marozzi , âgé d’environ cinquante ans , fut apporté à l’hôpital le 15 septembre au soir, à neuf heures; son état était le suivant : stupeur , respiration lente et comme slertoreuse , décubitus sur le dos. On ouvre facilement l’œil gauche; quand on veut élever la paupière droite, le malade contracte l’orbiculaire , et tonte sa fiaure grimace en s’opposant à celle tentative. L’avant-hras droit est fléchi à angle aigu sur le bras et très résistant quand on veut l’étendre ; la jambre droite est dans un mouvement continuel d’élévation et d’abaissement ; les membres du côté gauche sont étendus, immobiles et flasques ; quand on les pique ils produisent de petits mouvements qui indiquent que le malade y éprouve de la douleur. La langue e t retirée au fond de la bouche, il est impossible de la faire tirer aa malatle; pupilles contractées. Saignée du bras, sinapismes. 16 matin, respiration plus naturelle; le raie a cessé, mieux-être général, yeux demi-ouverts , coma {irofond, contraction persistante à droite, toujours relâchement à gauche , pouls cent trente-six. Vésicatoires aux cuisses , lavement. Soir , exacerbation de tous les symptômes; sensibilité du côté gauche plus obscure , mais très vive à droite. Autre saignée du bras. Sang dense , peu de sérum. 17 malin, même étal ; il a cependant pu montrer sa langue , qui est couverte d’un mucus visqueux ; peau du cou et de la tête humide de sueur. Soir, pouls cent trente-quatre, contractions persistantes; d'ailleurs même état Saignée de pied , pédiluves sinapisés. 1 8 matin , exacerbation de tous les symptômes ; paralysie complète et absolue du sentiment et du mouvement des membres gauches, qui sont flasques ; toujours sensibilité et contraction à droite. Soir , coma très profond , respiration lente, laborieuse et comme par convulsions ; écume de la bouche; mouvements convulsifs continuels de tout le coté droit , qui est encore sensible ; immobilité de tout le côté gauche : dilatation des deux pupilles ; pouls extrêmement irrégulier et tumultueux. Mort à dix heures et demie du soir.

Ouverture. — Légère adhérence de l’arachnoïde avec la dure-mère ; fausse membrane d’une belle couleur vert-pomme entre les feuillets de l’arachnoïde: on ne distinguait les circonvolutions à travers, que dans les points les plus saillants qui avaient empêché le séjour de l’épanchement. Quand jiarrachai l’arachnoïde, tout fut enlevé avec elle: fausse membrane, vaisseaux de la pie-mère, tout Défaisait qu’une masse intimement adhérente dans ses, parliez : substance grise foncée ; points sanguins dans la substance du cerveau, un .peu d’eau à la base du crâne. Poumons naturels; cœur assez vo-

lumineux. Estomac enflammé , surtout vers sa petite courbure, où il était d’un rouge obscur ; éruption dans tout le reste de sa surface ; l’inflammation se propageait dans la plus grande partie des intestins. Rate assez consistante, cependant on pouvait en faire sortir par la pression du sang caillé; foie présentant dans sa cassure une multitude de petites granulations blanchâtres qui semblaient le composer presque en totalité; vésicule du fiel transparente. [Id.^ ibid.)

Fièvre intermittente pernicieuse gastro-entérique.

No 553. Benoît Lucchetti , militaire, âgé de trente-deux ans, d’une forte constitution , fit, le 28 septembre 1822 , une course à cheval, de la Storta à Baccano ( rue de Rome ) ; il s’échauffa beaucoup. Il fut pris le soir de lassitude dans tous les membres , de frissons suivis d’une forte chaleur, de soif, de douleur vive dans les lombes , d’agitation , de douleurs de ventre, de diar- Thée , de vomissement. Il eut une légère sueur dans la nuit. Le 29 , la fièvre et les autres symptômes étant encore dans toute leur force, il prit un purgatif; les déjections augmentèrent, la fièvre redoubla le soir sans être précédée de frissons , et se maintint sans intermittence bien marquée Jusqu’au 4 octobre. U entra alors à l’hôpital du Saint-Esprit. Il avait des douleurs dans le ventre , dans les lombes, avec fièvre; déjections alvines , bilieuses , fréquentes ; vomissements bilieux. Soif, langue sèche , jaunâtre. Quinze grains d’ipécacuanha. Vomissement très abondant Soir , continuation de la fièvre, point de frissons ; agitation plus grande, douleur persistante; soif, chaleur interne plus vive. Décoction d’orge. 5 octobre matin. Continuation de la fièvre , douleurs du ventre plus fortes, vomissements , déjections continuelles ; soif ardente, langue sèche, peau brûlante. Lavements, décoction d’orge. A une heure après midi, légers frissons, augmentation de la soif et des autres symptômes. Eau à la neige pour boisson, huit ventouses scarifiées, cataplasmes sur le ventre, eau d’orge et lait. Huit heures et demie du soir, pouls fort plein, mêmes symptômes d’ailleurs. Saignée d’une livre Légcresueur dans la nu, t. 6 matin, vomissements moins forts, déjections alvines noirâtres , peau humide , extrémités froides , douleurs de ventre persistantes. Un scrupule de sulfate de quinine, boisson gommeuse, bain général. Soir, vers deux heures , frissons , exacerbations des symptômes. A cinq heures un quart, extrémités froides et livides, pouls petit. Quatre vésicatoires aux membres. Il a vomi tout le sulfate. 7 matin, extrémités froides, légères douleurs de tête, langue humide , ventre douloureux sous la pression ; déjections alvines, abondantes; pouls quatre-vingt-cinq , plein. Un scrupule de quinine qu’il a vomi en partie. Soir , frissons vers midi. A deux heures, extrémités toujours froides et livides , douleurs de ventre et vomissements ; déjections toujours fréquentes. Deux autres vésicatoires aux cuisses , bains sinapisés aux pieds, sulfate de quinine à prendre dans la rémission. Il a vomi plusieurs doses de sulfate. 8 malin , peau plus chaude, déjections persistantes, vomissement moins fréquent , langue âpre comme la peau du requin , douleur de ventre sous la pression , peau brûlante , couleur ictérique de tout le corps. Soir, frissons, extrémités gelées, hoquet fréquent, augmentation des autres symptômes. Ventouses scarifiées , neige , sulfate de quinine. Mort à huit heures. II a conservé son intelligencejusqu’à la fin, excepté pendant les dernières heures, sans cependant qu’il y ait eualors d’autres symptômes nerveux que l'assoupissement qui accompagne toujours les derniers moments de l’agonie.

Ouverture douze heures après. — Légère injection de l’arachnoïde, un peu d’eau dans les ventricules. Vaisseau de la moelle lombaire injecté. Ancienne adhérence des poumons aux côtes. Cœur naturel. Estomac d’un rouge brun, vers le pylore. Éruption tuberculeuse dans tout le grand cul-de-sac , le reste

PRINCIPAUX FAITS d’aNATOMIE PATHOLOGIQUE. 277

de sa surface est d’un rouge moins intense, etprésente quelques taches liché- Hoïdes ; le duodénum est d’un rouge qui pourrait être comparé à celui qui résulterait de sa macération dans du sang. Les valvules sont très épaisses et très engorgées. Les intestins grêles sont contractés sur eux-mêmes, et appliqués à la colone vertébrale; leurs parois sont épaisses, molles, d’une couleur rose, et conservent l'impression du doigt, au lieu de revenir à leur premier état ; ils gardaient les angles qui résultaient de la pression qu’on exerçait sur eux; leurs valvules étaient très prononcées, très épaisses , et d’un rouge de fraise. Le cæcum , le colon , étaient pleins d’air et peu enflammés ; te rectum était coniracté sur lui-même , et plus enflammé que le colon. La rate volumineuse , pesante , résistante et d’un tissu putrilagineux. Le foie gorgé de sang, (/d., ibid.)

Fièvre intermittente pernicieu épigastralgique. i

No 554. Santé Pichi , âgé de quarante-quatre ans, d’une bonne constitution , entre à rhôpital le 29 août 1822. Il était affecté depuis plusieurs jours d’une fièvre double-tierce , accompagnée de douleurs épigastriques qui diminuaient pendant les apyroxies , sans cependant dis{)araître entièrement. Les paroxysmes , qui jusqu’alors étaient venus assez régulièrement chaque jour, se rapprochèrent de plus en plus ; les douleurs épigastriques augmentèrent de force et d’intensité; le pouls devint petit , fréquent , grêle ; les ex» trémités froides, avec un sentiment de chaleur brû ante dans le ventre; le hoquet survint; le corps se couvrit d’une sueur visqueuse , et le malade mourut après une agonie d’une demi-heure , le 4 septembre à une heure du matin , sans avoir accusé la plus légère douleur de tète pendant toute sa maladie.

Ouuerfwre. —Couleur générale du corps jaunâtre; injection de l’arachnoïde, engorgement des vaisseaux du cerveau ; poumon , cœur, foie, naturels. Quand la vésicule du fiel fut évacuée , il resta une concrétion muqueuse formant un corps cylindrique de quatre lignes de diamètre sur six pouces de long; sa solidité était celle des polypes al b umi no-sanguins , qu’on rencontre si souvent dans le cœur ; cette même vésicule étant lavée , il resta attaché à ses parois du mucus qui y adhérait assez fortement. Rate gorgée de sang noir et liquide. Estomac enflammé à sa petite courbure vers le cardia , où sa couleur était d’un rouge noir; presque toute sa surface était couverte de l’éruplion déjà décrite. Avant d’être ouvert, il était distendu par des gaz; l’inflammation se continuait dans les petits intestins. Adhérences anciennes de la mâchoire avec le crâne, par suite de la petite-vérole : il ne se nourrissait que de bouillon , qu’il introduisait par un trou pratiqué dans les arcades dentaires , dont on avait enlevé quatre dents ; il n’y avait aucune différence produite par celte nourriture liquide : le diamètre et l’aspectdc l’estomac et des intestins étaient ordinaires. {Id., ibid.)

Fièvre intermittente pernicieuse gastro-céphalique. ' 1

No 555. Laurent Schiaffer , Autrichien , âgé de trente-cinq ans, d’une forte constitution, fut apporté à l’hôpital du Saint-Esprit le 16 août, et placé au no 108 de la salle Saint-Charles. Le 17 matin, il lui restait encore un petit mouvement fébrile, qui était la terminaison d’un accès qu’il avait eu la veille : langue sèche , jaune , bouche amére , ventre resserré. Huile de ricin. Plusieurs selles. Soir, frisson , fièvre , chaleur des mains , du corps; langue sèche. Un lavement, tisane, potion saline. Dans la nuit , sueur générale. 18 matin, apyrexie, mais inquiétude dans les membres, visage inquiet. Une once de quinquina , tisane. Soir, froid plus fort que la veille , chaleur générale très vive , douleur de ventre. Lavement, tisane ordinaire. Sueur dans

2^8 FliiVRES IISTERMITTENTES ET RJiMITTENTES.

la nuit 19 matin, pouls petit, déprimé ; regard égaré, mouvement irrégulier des mains et des avanl-bras. Il se plaint de la tête. Autre dose de klna. Soir, retour d’un accès ; p.ouls vif, petit; visage pâle ; hoquet continuel, treize fois dans une minute. Douleur d’estomac, ex rémités froides et livides, langue tremblante , sèche et rouge sur les bords Quinze sangsues à l’anus. Augmejitation de tous les symptômes dans la m it , et surtout de la douleur de tête 20 matin , froid glacial aux extrémités , visage al)attu, hoquet continuel , agitation générale , coma. Mort deux heures après midi.

Ouoerlitre.— Faible injection de l’arachnoïde, fausse membrane sur la partie postérieure et supérieure de cette membrane qui adhérait ainsi avec la dure-mère. Sérosité entre les feuillets de l’arachnoïde et dans les ventricules ; engorgement des vaisseaux qui rampent sur les circonvolutions. Quand on coupait la substance du cerveau , on voyait les ouvertures des vaisseaux ouverts qui laissaient suinter des gouttelettes de sang. Injection un peu plus forte suri arachnoïde du cervelet. Intestins contractés sur eux-mémes, rouges à l’intérieur et recouverts d’un mucus épais et jaunâtre. Estomac plein de quinquina. Étant lavé , il présenta les signes non équivoques d’une inflammation de tous les follicules muqueux , qui , par leur élévation, figuraient assez bien une éruption miliai re : chaque petit follicule, dont le diamètre variait depuis demi ligne jusqu’à une ligne et demie , était très sensible sous le doigt; il était entouré de tous côtés par les autres follicules, sans autre intervalle que celui (]ui indique la terminaison d’un follicule et le commencement d’un antre. Ils étaient tous lisses et sans ai)parence d’ouverture au milieu , comme elle est indiquée par Tlœderer et Wagler. Malgré les lavages répétés de la membrane muqueuse de l’estomac , il resta sur sa surface un mucus jaunâtre, très épais, qui occupait la partie voisine du pylore; lorsqu’on l’enlevait , on découvrait la surface de l’estomac exemj)le de cette espèce d’éruption , qui n’existait que. là où n’était pas le mucus, be foie était naturel ; la rate n était composée que d’un sang noir et de filets qui restaient seuls quand on lavait une portion de cet organe. [Id-, ibid )

Fièvre intermittente pernicieuse convulsive.

îs'o 556. Vincent Boniface , âgé de trois ans , doué d’un cerveau très volumineux et d’une intelligence i)eu ordinaire à son âge , ne se portait pas bien depuis quelques jours , lorsqu’enfîu , le samedi 29 juin 1822 , il fut pris d'une lièvre précédée de frisson ; on l’apporta alors à l'hôpital du Saint-Esprit. Son état fut le suivant : avant-bras étendus et roides, poings fermés , mouvements convulsifs de tous les muscles du visage , qui paraissaient diriger les traits jjlus à droite qu’à gatiche. Le diaphragme et les muscles inspirateurs et expirateurs du thorax produisaient des abaissements et des élévations convulsifs des parois de cette cavité ; perte absolue de connaissance ; coma. Il fit quelques selles involontairement. Le dimanche malin, 30 juin , cessation des contractions des membres et des mouvements convulsifs de la figure. Après deux ou trois petites inspirations , l’abaissement convulsif du dia})hragme en produit une si violente , que tout le corps en éi)rouve une secousse générale ; la tôle , qui est tournée à droite par son propre poids , est portée à gauche ; la mâchoire inférieure que le malade laisse pendan e , s’élève fortement au moment de cette inspiration. Yeux entr'ouverts et ternes , pupilles immobiles; pouls cent soixante-seize Peau en sueur , pieds froids. Mort vers midi.

A l’ouverture du crâne , arachnoïde du cerveau et du cervelet excessivement injectée jusque dans ses plus petites ramifications. On aurait pris cette injection pour le résultat d’une belle préparation anatomique. Elle était plus prononcée à droite qu’à gauche , quoiqu’elle fût déjà extraordinaire de ce côté. Les vaisseaux qui rampent dans les ventricules étaient plus injectés a

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