DES MOYENS DE LES PREVENIR
des malades qui, après avoir essuyé plusieurs rechutes de fièvres intermittentes , n’avaient plus actuellement d’accès fébriles, mais ils restaient faibles , languissants, et, malgré leur appétit, ne reprenaient ni forces ni embonpoint; en les examinant avec soin , ce célèbre praticien découvrait chez l’un un engorgement de la rate , chez l’autre une nuance de gastro-entérite chronique annoncée par un appétit tantôt nul , tantôt vorace , par le (rouble et l'irrégularité des fonctions digestives et des évacuations alvines ; chez un troisième, c’était une petite toux nocturne, annonçant un catarrhe chronique; dans tous ces cas, si l’on ne parvenait à éteindre complètement ces différents foyers d’irritation , la fièvre intermittente continuait à reparaître à la moindre recrudescence de la lésion locale ; alors celte lésion, exaspérée de nouveau par les frissons fébriles, arrivait promptement cà ce degré d’altération d’où résultaient l’hydropisie et la mort (1).
Nous ne terminerons pas sans insister sur le point principal relatif à l’art de prévenir les rechutes des fièvres intermittentes , comme de toutes les maladies périodiques en général , ce points c’est le régime. On aurait beau calculer avec exactitude les époques paroxystiques et prescrire avec méthode des doses plus ou moins abondantes de quinquina ou de sulfate de quinine , le prétendu spécifique n’empêchera point les accès fébriles de récidiver si le régime n’est parfaitement adapté à la manière d’être du malade , si l’on ne prévient les digestions longues et pénibles par un bon choix d’aliments pris en quantité modérée ; si l’on ne prévient les affections vives de l’àme et la tendance à la tristesse par le changement d’air, la distraction et les voyages ; si l’on n’entretient la régularité des évacuations alvines par un genre de nourriture un peu relâchant et par les lavements ; si l’on ne parvient à régler les goûts et l’appétit du malade , de manière à éviter une hématose trop active , et par suite un état de dureté et de plénitude du pouls qui est presque toujours l’avant-coureur d’un nouvel accès.
Pourquoi les rechutes de fièvre intermittente sont-elles si fréquentes en automne, indépendamment même des grandes variations de température et de toutes les influences atmospliériques? N’est-ce pas parce que c’est la saison de l’abondance et des plaisirs, la saison où l’on recueille le plus grand nombre de fruits,
(1) Ouvrafjes cités.
/j34 FIÈVRES i?îti:r:mittentes et rémittentes.
où des exercices plus lon(5s et plus fréquents activent l’appétit et disposent à faire des excès de table? Püur([uoi les vieillards elles enfants sont-ils plus sujets aux récidives des fièvres d’accès? N’est-ce pas parce que, chez eux, toute l’activité des fonctions de récononiie est en quelque sorte dii'igée du côté de l’appareil ditjestif? C'icz ceux-ci , la fréquence et l’éncnjie de l'appétit et le défaut de prudence , les portent souvent à le satisfaire sans règle ni mesure ; chvz ceux-là, la table étant devenue la première et prii!ci[]ale jouissance , il n’est pas rare qu’ils s’y livrent avec une sorte de suavité ([ui les porte à dé[)asser les besoins de la nature, et cela d’autantplus facilement que ces besoins sont très bornés à cet âge, à cause du peu ri’activité do toutes les fonctions, et surtout de l’espèce d’engourdissement des systèmes cutané et locomoteur.
i)ans certaines circonstances , c’est à l’usage abusif du quinquina qu’on peut attribuer directement ou indirectement le retour de la fièvre intermittente : directement, quand la stimulation qui en résulte est poussée assez loin pour constituer une véritable nuance de gastro-entérite fébrile ; indirectement , quand son emploi, même très modéré, provoque un appétit désordonné qui conduit à des excès de table. Il y a des cas d’irritabilité gastrique avec défaut d’activité et de régularité des fonctions digestives, tels qu’on pourrait au premier abord les attribuer à la faiblesse. La soif est tantôt vive, tantôt nulle, il en est de même de l’appétit; la bouche est mauvaise et pâteuse , la langue à peine d’un rouge bien marqué k sa pointe et sur ses bords, et pourtant si l’on veut vainci’e cet état par l’usage des toniques et du quinquina, on verra reparaître les symptômes d’une fièvre rémittente plus ou moins grave, et cm’oii ne pourra guérir que par un traitement antiphîogistic[uo plus ou moins énergique.
Souvent aussi ce n’est ni l’abus du quinquina , ni des excès en aucun genre qui rappellent la fièvre intermittente ; il suffit, comme nous l’avons dit, d’une hématose trop active, suite d’une alimentation très succulente ou trop substantielle , et qui, eu égard à la prédisposition des convalescents, provoque le retour de la fièvre dont il s’agit. C’est donc le plus souvent au défaut d’un régime convenable , surtout relativement au choix et à la quantité des aliments, qu’on peut rapporter la plupart des récidives de fièvres d’accès. Ce précepte seul , bien observé, dispenserait souvent de revenir à l'emploi du quinquina ou du sulfate de quinine, à litre