‹ Monographie des Myricacées: Anatomie et histologie, organographie, classification et description des espèces, distribution géographiqueChapitre 7 sur 81 · CE ECC · texte numérisé non relu

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Fig. 3. — Différentes formes de cristaux d'oxalate de calcium dans une nervure de Myrica Faya. a, mâcle de cristaux fins; b, mâcle de gros cristaux; €, cristaux tabulaires, G. : 300/1.

férentes formes se rencontrent d’ailleurs généralement dans la même plante (fig. 31. Enfin, d’après HamBriGar et Moore on trouve encore dans l'écorce des Myrica de la gomme, des résines, de l'huile volatile, de l’acide palmitique et myristique.

Ces dernières substances existent à l’état diffus sans localisation spéciale.

Deux auteurs cependant ont signalé chez ces plantes l'existence de canaux ou de cellules à résine.

Le premier, F. v. HoNeL prétend avoir observé des canaux résinifères de formation lysigène chez le A. sapida *.

Nous avons recherché ces réservoirs chez de nombreux exemplaires de cette espèce sans Jamais les trouver. La plante étudiée par v. HonNEL était sans doute mal déterminée. Nous avons toutefois rencontré fréquemment dans l'écorce des Myricacées de petits nodules de cellules mortes et à paroi remplie d'une substance brune insoluble dans la potasse à froid, la lignine-gommeuse sur laquelle nous reviendrons au chapitre suivant. Ces nodules offrent parfois des cellules parenchymateuses recloisonnées parallèlement sur leur pourtour, ce qui donne à l’ensemble de la masse l'aspect de certains canaux sécréteurs. Maïs en recherchant l’origine de ces productions nous avons pu nous convaincre que c’étaient les derniers restes des faisceaux

1 F. von HüaNEL, Beitrage zur Pflanzen Anatomie und Physiologie. Bot. Zeit., t. XL, 1882, p. 165, |

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foliaires détachés du cylindre central, après la chute des feuilles auxquelles ces faisceaux se rendaient. Leur fonction étant achevée, leur paroi et leur contenu s’altèrent, c'est pourquoi il se produit autour d'eux un recloisonnement quiles enferme dans un séquestre en attendant qu'ils soient exfoliés avec la vieille écorce.

Un autre auteur, BERINGER, a signalé (22) et figuré dans l'écorce du Comptonia peregrina des cellules sécrétrices résinifères. Ces cellules que nous avons trouvées souvent, éparses dans tous les tissus des Myricacées, sont encore des cellules mortes remplies de lignine gommeuse.

Le péridesme (ou péricycle) forme en face de chacun des îlots libéro-ligneux gamostéliques des arcs épais de 1 assise de cellules sur les bords et de 1 à 4 assises en leur milieu (pl. 1, fig. 3). Ces cellules se distinguent des autres éléments procambiaux par leur paroi plus épaisse, avec aspect réfringent, par leur taille uniforme et leur contour polyédrique. On peut d’ailleurs observer çà et là parmi elles, des cellules également de grande taille mais qui n’ont pas subi cette différenciation. De bonne heure, les cellules péridermiques réfringentes dont nous venons de parler épaississent leurs parois souvent Jusqu'à oblitération du lumen, en même temps qu’elles s’imprègnent de sclérose.

C'est là l’origine des massifs scléreux extralibériens qui existent chez toutes ces plantes avant l’exfoliation de l'écorce primaire (pl. 1, fig. 4).

Avant que la différenciation ligneuse se soit étendue à tout le tissu procambial du cylindre central moyen, une zone cambiale commence à fonctionner entre le bois et le liber.

Le tissu médullaire, pauvre en cristaux d’oxalate de calcium, comprend de larges cellules d’abord polyédriques, puis plus tard arrondies et laissant entre elles de fins

méats. Elles se lignifient de bonne heure sans épaissir beaucoup leur membrane qui prend des ponctuations simples, au moins sur les parois latérales (25).

Structure secondaire. — Liège. — C'est l’assise externe du parenchyme cortical qui devient zone génératrice du périderme (pl. 1, fig. 9). Les cellules du liège sont fortement aplaties, elles acquièrent tardivement quelques grandes ponctuations. Le parenchyme cortical subit luimême quelques transformations. Ainsi chez les Myrica de la section Morella, les parois s’ornent, çà et là, de gros épaississements cellulosiques.

Lenticelles. — Vis à vis des stomates, l’assise subéreuse devient plus importante et constitue les lenticelles qui demeurent toujours très superficiels (28). Ils se présentent ordinairement sous forme de petites lentilles, tantôt circulaires, tantôt elliptiques à grand axe vertical. Ils sont ordinairement plus nombreux sur les crêtes déterminées par la sortie des faisceaux se rendant aux feuilles. Ce sont le plus souvent des pustules blanchâtres fendues en biseau dans leur milieu, la dimension maximum excède rarement 1 */* de longueur. Les plus beaux s’observent dans les M. pubescens, M. microcarpa, M. esculenta var. Farquhariana.

À mesure que la tige vieillit ou est blessée, l’assise subéreuse génératrice peut être reportée plus en dedans. Elle arrive même dans les espèces arborescentes à se constituer au dépens du liber primaire ou même du liber secondaire ayant cessé de fonctionner.

Les arcs péricycles se trouvent alors exfoliés, mais dans

ce cas, il se produit de nouveaux îlots scléreux dans le liber.

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Liber secondaire. — T1 est constitué par de grandes plages de tubes criblés accompagnés de tout un système de cellules compagnes (pl. 1, fig. 6). Les tubes criblés ont des parois de fond très obliques avec cribles, ainsi que des plages grillagées sur les parois latérales. Les îlots de tubes grillagés et de cellules compagnes alternent habituellement avec des groupes de cellules parenchymateuses qui semblent devenir tantôt des sclérites, tantôt des réservoirs à tanin, tantôt, enfin, des glandes oxalifères. Dans ce cas on remarque fréquemment chez les espèces arborescentes (7. cerifera, par exemple) certaines files longitudinales de cellules libériennes littéralement remplies de ces cristaux d’oxalate de calcium, ainsi que l'a constaté d’abord Moezer (29).

Les rayons médullaires traversent toujours le liber et s’étalent chacun en un large éventail ouvert vers l’extérieur.

À mesure qu’un tube criblé a fonctionné il est peu à peu repoussé vers l'extérieur avec ses cellules annexes en partie écrasées et l’ensemble prend un aspect collenchymatoïde.

Bois secondaire. — Le bois secondaire est constitué par de grands vaisseaux à ponctuations aréolées, isolés ou rarement groupés par 2 ou 3. Chez les genres Gale et Comptonia, ils sont légèrement polygonaux et plus petits.

Les fibres ligneuses à paroi très épaissie présentent des ponctuations obliques, doubles, en files longitudinales. Dans le Gale ces fibres sont disposées en files radiales (27 ).

La plupart des rayons médullaires sont formés d'une seule file de cellules parenchymateuses à parois lignifiées ordinairement moniliformes et ne comprenant qu'une dizaine de cellules superposées en coupe longitudinale tan-

gentielle. On trouve en outre quelques rayons larges de 3 à 5 assises de cellules en leur milieu, mais se réduisant à une seule file aux deux extrémités sur une coupe tangentielle (pl. 1, fig. 5). Sur une coupe transversale on remarque qu'ils s’élargissent ordinairement dans les zones correspondant à l'arrêt de la végétation (stade hivernal).

Les vaisseaux ligneux sont accompagnés au moment de leur formation de quelques cellules parenchymateuses qui lignifient très vite leurs parois, mais se remplissent encore d’amidon en hiver.

Dans la plupart des Myricacées, les rayons médullaires du bois âgé et aussi parfois les cellules de la moelle se montrent souvent remplies de la substance brune que nous avons déjà signalée dans l'écorce.

La moelle lignifie toujours ses éléments au centre, mais une zone plus où moins épaisse de petits éléments parenchymateux persiste dans la moelle extérieure et au voisinage des premières trachées.

Ruaizomes. — Le Comptonia et le Gale développent sous terre des rameaux grêles, blancs ou rougeâtres, à tissus parenchymateux gorgés d'amidon en hiver, à feuilles réduites à de très petites écailles. Ces tiges courent horizontalement dans la terre humide ou dans les Sphagnum, se fixant de distance en distance par la production de racines et émettant fréquemment des bourgeons qui deviennent des tiges aériennes. Ces organes permettent à l'individu de s'étendre. Leur structure est la même que celle des tiges normales.

S 4. — La Feuille.

Les feuilles des Myricacées sont alternes, insérées sui-

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vant le cycle 2/5. Elles sont toujours petiolées et à limbe entier où denté. Dans les A7. quercifolia et M. conifera elles peuvent devenir incisées.

Dans le Comptonia peregrina, elles sont nettement pinnatifides. Cette espèce est aussi la seule qui possède des stipules caduques. La forme du limbe est habituellement ovale elliptique ou lancéolée et la dimension varie le plus souvent de 15 à 100 "/", suivant les espèces. Chaque espèce, prise séparément, présente d’ailleurs des feuilles de dimensions fort variables et parfois un polymorphisme très grand. Sous ce rapport, le M. quercifolia présente une variabilité considérable (fig. 4). La nervation

Fig. 4 — Polymorphisme des feuilles dans le M. quercifolia L. À, coll. Zeyher n° 1553 b; B, coll. Zeyher n°1553 a ; C,, herb. de Belgique (Vaillant) H. Mus.; D, E, coll. Ecklon n° 549; F, coll. Drège, a ; les feuilles 4 et5 sont courbées en crochet par suite d’une lésion causée probablement par un insecte; &, coll. du Petit-Thouars, H. Mus. Chaque série marquée d’une grande lettre représente les diverses formes de feuilles prises sur un même rameau. 1/2 gr. nat.

est toujours réticulée et camptodrome (fig. 5 et fig. 7). Nous l'avons examinée en détail en raison de l'intérêt

qu'elle présente pour la détermination des nombreuses espèces fossiles appartenant à ce groupe.

Les nervures secondaires, au nombre de 2 (M. corchfolia) à 30 paires (M. Uinearis) s'unissent à la médiane sous un

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