‹ Monographie des Parrocel; essaiChapitre 5 sur 7 · Les Quatre éléments, en un seul dessin · texte numérisé non relu

Les Quatre éléments, en un seul dessin

au crayon noir et blanc, haut de 11 poucee 7 lignes sur 17 pouces 7 lignes.

5. Minerve sortant étonnée du cerveau de Jupiter, dessin au crayon rouge et blanc, haut de 18 pouces 9 lignes sur 24 pouces de large.

6. Apollon sur le Parnasse distribuant des couronnes aux Muses, dessin au crayon noir, haut de 23 pouces 26 lignes.

Ce dernier sujet était destiné à orner le fond d'une salle de concert.

En 1759, il exposa : 1. un tableau de 12 pieds en carré, destiné à Tabbaye des Bénédictins, pour laquelle il avait exécuté déjà de nombreux travaux. Cette toile représentait Agar chassée par Abraham s'enfuyant dans le désert, où l'eau lui manquant, elle s'éloigne de son fils Ismaël, pour ne pas le voir mourir, lorsqu'un ange lui apparaît et lui montre une source ;

2. Deux esquisses représentant chacune l'Assomption de la Sainte-Yierge, composées pour la coupole de l'église des Bénédictins d'Orléans, dont le diamètre était de 22 pieds; il en avait exécuté une en 1758.

En 1761, le salon ne mentionne de lui

qu'un seul tableau de 8 pieds 9 p., l'adoration des Rois.

Celle de 1763, la Sainte-Trinité, de 11 pieds de haut sur 6 p. 7 p.

Celui de 1765, les deux tableaux de Céphale et de Procris, si dénigrés par Diderot, ainsi que celui de J.-C. sur la montagne des Oliviers, de 16 pieds de haut sur 7 de large, et son esquisse d'une gloire , qu'il exposa en 1767.

En 1771 le salon mentionne un tableau de 11 pieds sur 6 pieds 3 p. destiné à l'abbaye des Bénédictins à Tonnère, représentant une assomption de la Vierge.

L'esquisse de la MiiUiplication des Pains , composition qu'il avait exécuté sur une toile de 22 pieds de large sur 8 pieds de haut , pour le réfectoire des Bénédictins de la Couture-du-Mans, figura à l'exposition] de 1779 et celle de la pêche miraculeuse , tableau qui lui servait de pendant et qui fut également peint par lui pour le même couvent est signalé par le livret de 1781.

Joseph-François ne s'est pas occupé seulement d'histoire , les sujets de genre lu j étaient familiers ainsi que les tableaux de

bataille. Le Musée de Versailles possède de lui huit grandes batailles dont six seulement sont exposées , le sujet des deux autres n'ayant pas été reconnu, elles sont réléguées dans les magasins.

Le livret les donne à Ignace (1), mais c'est Joseph-François qu'il faut lire. Ils portent les numéros 193, 192, 198, 200, 206 et 207.

Les deux premiers représentent le Siège de Tournay, 26 avril 1745 ( Tun de la rive droite, Tautre de la rive gauche de l'Escaut), investi par le maréchal de Saxe , tandis que l'armée ennemie se dirigeait du cùté de Mons et de Maubeuge, qu'elle croyait menacé.

Six mille anglais envoyés au secours de Gand , qui sont défaits près de l'abbaye de La Melle , par une colonne française sous le commandemnet du général Duchayla 9 juillet 1745, sont le sujet du n. 198.

Le n. 200 est le Siège d' Omienarde , 17 juillet 1745.

(1) M. Eud. Soulier, conservateur du musée de Versailles, auteur de la notice auquel j'ai écrit au sujet de ces tableaux, m"a répondu de la manière la plus obligeante, reconnaissant qu'ils sont de Josepli François. Je l'en remercie. 11 comprendra l'importance de cette rectitication. Ignace étant mort en 17-22. et ces tableaux ayant été peints beaucoup plus tard.

Après la prise de Gand, le comte Lowendal fit ouvrir la tranchée devant Oudenarde, le 17 juillet, la ville capitula le 21.

N. 206. Siège de Charleroi, 2 août 1746, le prince de Conty commanda le siège, la tranchée fut ouverte dans la nuit du 28 au 29, et la capitulation fut signée le 2 août, après trois attaques vigoureuses.

N. 207. Siège de la ville de Namur, septembre 1746.

Namur fut investi le 9 septembre, cinquante - neuf bataillons et cinquante - six escadrons attaquèrent la ville, cinq batteries de canons ouvrirent le siège par un feu aussi vif que meurtrier, la ville capitula le 19 septembre.

Joseph-François visita a plusieurs reprises sa ville natale, M. le marquis de Javon Baronceli, possède un salon peint par lui en 1760.

Ce salon fut inauguré cette année pour le mariage de la marquise, grand'mère des lavons actuels. Il se compose sur les deux côtés de quatre panneaux de 1 m. 85 c. de longueur sur 1 m. 125 de hauteur, représentant les quatre sujets suivants : Le Camji,

la Préparation à l'attaque, le Combat , après la bataille.

Au fond il existe quatre autres panneaux de 1 m. 25 de longueur sur 95 de hauteur : Un choc de cavalerie, un Convoi de prisonniers, un Camp, une Vue de ville située au bord de la mer. Dans ce dernier tableau Parrocel s'est peint lui -même la dessinant.

La couleur de ces toiles est légèrement bitumineuse, les panneaux du fond sont plus clairs et mieux conservés que les premiers. La composition en est bien entendue , les figures sont dans un bon mouvement et dessinées avec hardiesse, les chevaux sont moins heureux, leurs têtes surtout manquent de vérité.

Le musée d'Avignon possède sous le n.

196 une toile de 1 m. 5 sur 70 c. 4, parfait de conservation, représentant une halte de cavaliers romains, attribuée à Joseph Parrocel.

Ce tableau, peint dans la pâte, possède les mêmes qualités et les mêmes défauts que ceux appartenant à M. le marquis de Javon. C'est la même touche et le même faire. On peut , sans crainte , le restituer à Joseph François.

Manque de style et de correction dans le dessin de ses chevaux et couleur bitumeuse. Voilà deux défauts qui empêcheront toujours de confondre ses batailles avec celles de son grand oncle Joseph et de son cousin Charles.

On doit à Jh-F. Parrocel plusieurs eaux fortes représentant de jolis sujets de genre. M. Prosper de Baudicourt donne la description de son œuvre dans son second volume actuellement sous presse.

L'œuvre de Joseph-François Parrocel est considérable et disséminée plutôt en France qu'à l'étranger.

On conserve de lui de fort beaux dessins à la plume, l'un des plus célèbres après celui dit des Enfants, est la Balaille de Josuë, qui est rehaussé de sanguine, ce qui donne du relief à la pierre d'Italie, dont ce peintre se servait fréquemment.

Au catalogue de la vente Lebrun se rencontre la description d'un tableau attribué à Joseph-François Parrocel, qui représente des soldats revêtus de cuirasses et qui s'apprêtent ù pénétrer dans un fort.

•rO^EPn PARROCEl. ,

Brigadier des Gardes du corps sous F.ouis XV et sous

Louis XVI , mestrc de ranip de cavalerie et

Chevalier de St-Louis , seigneur de Tavel.

D'après les recherches que j'ai fait faire dans les registres des sept paroisses d'Avignon, travail dont M. Canron, avocat, s'est acquitté pour moi, avec un soin scrupuleux et une infatigable persévérance , je vois les enfants de tous les peintres, dont j'ai parlé

précédemment, se disperser et mourir sans postérité.

La trace de la descendance d'Ignace-Jacques Parrocel , se retrouve seule aujourd'hui par les femmes. Jean-Louis, son fils aîné, né le 16 décembre 1696 , époux de Marie Constantin, eut trois fils et trois filles, dont 'un d'eux nommé Joseph, né le 4 juin 1723, sur la paroisse de Saint-Agricol, mérite une mention particulière, bien qu'il n'appartienne pas à l'art de la peinture.

Après avoir conquis le grade d'officier, sur les champs de batailles, dans les campagnes de Flandre, Joseph entra dans les gardes du corps du roi, compagnie de Villeroi, le 18 décembre 1746.

Nommé fourrier-major, le 1" janvier 1-765, son avancement fut dès lors très rapide.

Il fut fait sous-brigadier, le 3 juillet 1767, commissionné capitaine le même jour, il obtint le grade de brigadier, le 1" janvier 1770, celui d'exempt sous-aide-major, le 5 juillet 1771, et enfin, le brevet de mestre de camp de cavalerie, le 30 septembre 1771.

Comme sou cousin l'ingénieur , Joseph obtint des lettres de noblesse , il fut fait chevalier de Saint-Louis la même année.

11 prit sa retraite le 12 septembre 1774, avec jouissance de trois pensions qui lui avaient été précédemment accordées, elles s'élevaient h trois mille six cents livres sur le budget de la guerre, et à cent vingt livres sur la cassette particulière du roi.

Ces pensions lui furent confirmées par un brevet, en date du l" août 1779.

Des trois sœurs du chevalier, l'une avait épousé le comte Pillet de Beaucaire, l'autre, M. de Gastaldy, natif d'Avignon, médecin du roi et dont le portrait existe au Musée de cette ville , et enfin la dernière était mariée à M. le comte de L'Orme, seigneur de Mallemort €l de Montezargues.

Le chevalier de Parrocel acheta en 1776 , dans le département du Gard, la seigneurie de Tavel (c'était un marquisat), de moitié avec son beau-frère M. de Gastaldy.

Son neveu Charles- Joseph Crépin de L'Orme, officier au régiment Lyonnais-Infanterie, auquel il avait fait épouser demoiselle Agnely Pascale de Conneaux de Varages de Bourbon, fille naturelle de Louis XV, qui avait un douaivo de six cent mille livres, son neveu, dis-je, avait arhelé à son (^)ur la terre

seigneuriale de Saze, prèsTavel, appartenant à M. le marquis de Javon Baronceli.

Bien que royaliste au fond, M. Charles- Joseph Crépin de L'Orme put traverser la Révolution la vie sauve, mais non sans péril, grâce à son énergie peu commune et un certificat de civisme que lui fit accorder M. de Girardin, auquel il avait vendu sa terre de Mallemort, ainsi que le droit d'en prendre les titres au cas où la Révolution les respecterait. Ce fut chez lui que le chevalier de Parrocel trouva un refuge à l'époque de la terreur; il y mourut célibataire, le 20 pluviôse, an VI de la République.

Le frère aîné du chevalier Jean-Jacques François Parrocel, né le 25 février 1721, habitait avec lui; il avait été prieur des Chartreux à Valbonne; il mourut également à Saze, le 28 pluviôse, an II de la République.

Son plus jeune frère Antoine Parrocel, né le 15 juin 1724, était moine des Célestins, état pour lequel il n'avait aucune vocation. Le chevalier lui faisait une pension , ce qui ne l'empêchait pas de faire des dettes. J'ai trouvé une note curieuse, constatant celte particularité, dans le grand livre de comptes

du chevalier, écrite de sa main ; « J'ai payé, dit-il, au père Gilibert, minime, pour faire subsister mon frère, ayant mangé à Marseille son année de pension, qu'il avait empruntée d'un abbé de Sainte-Garde, et lui ai avancé, à commencer du l"*^ juillet 1782, la somme de 120 1., plus, pour six bouts de tabac que je lui ai fournis... 101 1. >- — Suivent d'autres détails.

A la Révolution, ce moine se fît relever de ses vœux, il épousa une femme de chambre dont il eut une fille, mariée à M. Manenti, ancien maître de pension à Avignon, laquelle fille vit encore.

Aujourd'hui, un des fils de M. de L'Orme, vieillard de soixante-quinze ans, M. Casimir de L'Orme et ses petits fils , jeunes gens excessivement distingués, cultivent de leur mains leur propre héritage, le neveu de ce vieillard, M. Auguste de L'Orme, qui possède une vaste propriété sur la même commune, en surveille les travaux.

Je dois à l'obligeance de ces messieurs, les détails que je viens de consigner ici. Quant aux états de service du chevalier, SonExc. le Ministre de la guerre, m'a l'ail l iionueur de

me les adresser sur ma demande. Je retrouve également dans la correspondance de mon cousin , M. Auguste de L'Orme , quelques particularités qui ne manquent pas d'un certain intérêt, et qui trouvent naturellement leur place dans ce petit volume.

Mais avant d'aller plus loin, je dois dire comment je fis connaissance de ces messieurs.

11 y a environ deux ans, j'avais appris par un de mes amis, M. l'abbé Roux, que les messieurs de L'Orme de Saze avaient été les héritiers de la maison de Parrocel, je leurs fis une visite, c'était à l'issue du Concours Régional qui avait lieu à Cavaillon, le 3 septembre 1859.

Parti d'Avignon à sept heures du matin, j'arrivais vers huit heures et demie sur le territoire de Saze, devant une grande campagne isolée que j'eus quelque peine à trouver. Je fus accueilli sur le seuil par une femme d'un certain âge, à la physionomie franche et ouverte, c'était la mère de M. Auguste de L'Orme, elle appela son fils. Je vis bientôt devant moi un beau jeune homme à la figure bourbonienne, à la taille haute et au regard doux et bienveillant, je lui exposai le but de

ma visite, il se mit à ma disposition, et nous fûmes de compagnie au village où résidait son oncle, M. Casimir de L'Orme, vieillard à l'œil vif et intelligent. Nous le trouvâmes lui et un de ses fils. Ces messieurs me reçurent dans la grande salle basse de l'ancien château, lequel est précédé d'une grille en fer et dont la cour d'honneur est convertie en basse-cour.

La connaissance faite, la plus parfaite intimité s'établit immédiatement entre nous. Le vieillard me fit voir la place qu'occupaient à la Révolution , les vingt-trois portraits de famille qu'ils possédaient et dont j'indiquerai plustard le sort; j'appris de M. Casimir de L'Orme (1), qu'à l'époque dont je viens de parler, tout les parchemins et toutes les archives déposées au château avaient été brûlées, ou avaient été employées à des usages domestiques; enfin, ajouta M. C. de L'Orme, il en restait deux sacs échappés à ce désastre, nous avions remis ces pièces à M. Bos, notaire d'Avignon, il y a de cela une douzaine

(1) Bien qu'ayant conservé en souvenir de leur famille, les armes réunies des de L'Orme, celle des Varages et des Parrocel, ces messieurs signent aujourd'hui Delorme tout court. Ils me pardonneront, je l'espère, d'avoir rétabli l'orthographe de leur nom.

d'années, elles se sont égarées dans un déménagement et nous n'y pensons plus; le seul souvenir qui nous reste du chevalier de Parroeel, c'est son livre de compte. Je parcourus cette relique et j'y trouvais la date de la confirmation de ses brevets de pension, celle de l'acquition de la terre seigneuriale de Tavel, ainsi que ses recettes de fermages, etc., etc. Je pris ensuite note des explications que me donna M. Casimir de L'Orme sur sa famille, explications qui m'ont été confirmées par M. Auguste de L'Orme dans la correspondance que nous avons échangée.

Je profitai de ma présence à Saze pour relever dans les registres de la paroisse, la date de la mort du chevalier et de celle de son frère, ce qui me fut facile avec le concours de ces messieurs, dont le bienveillant accueil ne sortira jamais de ma mémoire.

Je racontai à mon tour mon intention d'écrire l'histoire de la famille dont ils conservaientunpieuxsouvenir. Ce fut un bonheur pour eux de retrouver en moi un des descendants de ces artistes, et une grande satisfaction d'apprendre le but que je poursuivais. Ils me questionnèrent alors sur mes travaux, sachant

que je m'occupais de peinture, de littérature et de poésie, comme délassement, ils en augurèrent que je devais être un artiste , et ils se formèrent de moi une opinion bien supérieure à mon mérite.

Je constate cette impression laissée par moi sur mes cousins, elle ressort avec une telle force dans la première lettre que m'adressait M. Auguste de L'Orme, que ma modestie en souffrirait cruellement, s'il m'était permis de me faire la moindre illusion sur la valeur de mes œuvres.

Mais la lettre dont je parle est écrite avec une si touchante simplicité, elle reflète si bien un noble cœur, que je suis heureux de l'insérer dans mon ouvrage comme un document et un souvenir de la bienveillante coopération de M. Auguste de L'Orme, en lui donnant ici l'assurance de ma sincère amitié.

La Bouvière, 19 août 1860.

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