‹ Monographie des poissons fossiles du vieux grès rouge ou système dévonien (old red sandstone) des Îles britanniques et de RussieChapitre 57 sur 104 · III. Df.MIRODUS SIGNUIDEl'S Owen · texte numérisé non relu

III. Df.MIRODUS SIGNUIDEl'S Owen

Old Red, Tab. 28, lig. 3.

Les dents de cette espère s'écartent le plus du type des Dendrodes , et il se pourrait que l'exemplaire unique que Pou en connaît, devienne un jour le type d’un nouveau genre. Tandis que chez les autres Dendrodes la hauteur de la dent n’altcinl jamais trois fois la largeur de la base, le I). sigmoiile ns est cinq fois plus haut que large; c’est par conséquent une longue dent presque cylindrique , s'atténuant très-insensiblement vers la pointe. Celle-ci est assez fine, acérée, et le pourtour de la dent présente une très-faible carène longitudinale près du sommet. Plus bas, la dent est entièrement ronde et lisse , et ce n'est que vers la base qu'on aperçoit de fines stries longitudinales. La dent est très-élégamment courliée en S; ce qui lui a valu le nom de sigmoideus.

L'exemplaire figuré provient de Seatcraig où il a été découvert par >1. Ruff. J’en dois la communication à M. Robertson.

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Ce genre, qui n'est qu'un démembrement du genre Dendrodus de M. Ou en, est facilement reconnaissable à la forme comprimée de scs dents, dont les bords tranchans remontent depuis la base jusqu'au sommet de la dent. Il n'y a que la racine dont le pourtour soit arrondi, mais seulement au point de contact avec la mskhoire ; toute la partie de la dent qui s'élevait au dessus de la muqueuse de la bouche, est comprimée latéralement. La forme de ces dents est en général élancée , connue celle des Lamies et d’autres requins. Leur structure microscopique est différente de celle des Dendrodcs; elle se caractérise surtout par une couche uniforme d'émail sur la pointe de la dent, qui ne suit point les replis de la dcntinc à l’intérieur. Je renvoie [mur les détails de cette structure aux descriptions des espèces.

Ces dents sont trop communes pour qu’elles eussent pu échapper à l'observation de M. Kulorga ; ce savant a décrit et figuré dans ses Heilriige sur Géologie uml Palæontologie Dorpals,

I " et ~i" part., une quantité de dents qu'il a réparties dans les genres Crocodilus, Monitor, Tejus, Varanus, Irhthyosaurus et Syodon. Il y aurait par conséquent selon lui dans l’OId Ked de Russie, un mammifère, deux crocodiles, cinq Varans, trois Ichlhyosaures , un Tejus, un Monitor. Le croirait-on , ce pachyderme, ces crocodiles et ces lézards, qui plus tard sont devenus pour M. Kntorga la base sur laquelle il a fondé sa nouvelle théorie cosmogonique, ne sont autre chose que deux espèces de Lamnodus , et le D. Kigmoideiis que nous venons de décrire. Ce n’est certes pas que je trouve extraordinaire que l’ou commette des erreurs dans la détermination de fossiles aussi incomplets que ceux de l’Old Red. Si je m'élève contre les déterminations de M. Kulorga, c’est parce qu'elles sont présentées avec un faux semblant de profondeur et de sagacité, qui va jusqu'à assigner la place que ces dents devaient occuper dans la bouche de ces formidables reptiles et des mammifères, dont l’auteur se plaît à peupler l’époque du vieux grés rouge. C'est là un exemple frappant des erremens auxquels on peut être entraîné, lorsqu'on se laisse aller à suppléer, par de vagues théories, à l'étude comparative et à l’examen minutieux des fossiles eux-mémes.

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